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Quelques études réalisées sur les Templiers

Les Templiers de l'Aire Provençale : A propos de la « La Cabane de Monzon » (Tarn-et-Garonne)

La Cabane Monzon
Localisation: La Cabane Monzon

Au XIIe siècle, alors que la langue provençale, dont le nom conservait le souvenir de la Provincia romaine, était lue et comprise aussi bien dans le Midi de la France que dans quelques territoires situés au-delà des Alpes et des Pyrénées — territoires correspondant au secteur Sud de l'aire philologique dénommée Romania Occidentale (1) — , les Templiers, soucieux de se faire comprendre directement par les gens du pays où se recrutait la foule nombreuse de leurs donateurs, avaient articulé leurs domaines suivant des critères d'affinité linguistique. C'est ainsi que leurs possessions situées d'une part entre les Alpes et la Garonne — qui formaient les limites de l'ancienne Narbonnaise — , d'autre part dans le Nord de l'Espagne, de la Navarre à la Méditerranée, se trouvaient rassemblées en une administration unique, soumise à une seule et même autorité.

Le premier personnage qui porte le titre de magister Provinciæ et cujusdam partis Ispanie est Pierre de Rovera, ainsi qualifié dès 1141 (2). Dans l'organisation de l'Ordre ce « maître de la Provence et d'une certaine partie de l'Espagne » était subordonné au commandeur de l'ensemble des territoires d'« en deçà de la mer », par opposition aux forces d'outre-mer, installées en Terre Sainte. Par exemple, en 1196 les attributions respectives de Pons de Rigaud et d'Arnaud de Clermont sont définies en ces termes : P. de Rigaldo magistro citra mare et A. Clarimontis magistro in Provincia et partibus Ispanie (3). Ce n'est que vers 1240 que le titre disparaît et que le territoire provençal-espagnol est scindé en deux : d'une part, l'Aragon et la Catalogne, d'autre part, la Provence, comme en témoignent deux autres textes. Le premier, daté de 1278, indique que le Nord-Est de l'Espagne dépend désormais sans intermédiaire du commandement d'Outremer : Arnaldi de Castro Novo magistri domorum milicie Templi in Aragonia et Catalonia et tenentis locum in Ispania venerabilis et religiosi magistri Templi ultra mare (4). Lesecond texte, daté de 1268, confirme que la Provence a une administration qui lui est propre : fratris Rossolini de Fos magistri domorum milicie Templi in Provincia (5).

Il y a donc eu vers 1240, sous la pression d'événements proches (croisade contre les Albigeois) et lointains (rattachement direct de l'Espagne à l'administration de Terre Sainte, sans doute pour mieux financer les constructions de l'ordre dans cette région), un démantèlement de l'ancien territoire, qui, pendant un siècle, s'était étendu des deux côtés des Pyrénées.

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C'est à la lumière du fait fondamental que constitue la longue durée (1140-1240) de l'unité administrative instaurée chez les Templiers entre la Provence, d'une part, l'Aragon et la Catalogne d'autre part, que va être examiné un problème particulier, dont la solution, jusqu'à présent controversée, peut être désormais proposée avec certitude. Il s'agit des origines de la commanderie de La Capelle-LivronDomaine du Temple de La Capelle-Livron
Domaine du Temple de La Capelle-Livron
(Tarn-et-Garonne), qui, dans les douze premières années de son existence, de 1224 à 1236, était appelée, en langue du pays, La Cabana de Monso (6). Rappelons que Charles Portal et Edmond Cabié, éditeurs du Cartulaire des Templiers de Vaour (Tarn) (7), tout en considérant que l'expression domus de Monzón, contenue dans un texte de leur recueil, daté de 1202 (8), se rapportait à la commanderie de Monzón, située dans la province aragonaise de Huesca, ne se prononcent pas sur le rapport qui pouvait exister entre Monso et Monzón (9). D'un autre côté, M. Louis d'Alauzier, dans une étude plus récente, intitulée Les commandeurs de La Capelle-Livron jusqu'en 1950, pense que dans les deux cas (Cabana de Monso et domus de Monzón) le toponyme correspondant doit être recherché non pas en Espagne, mais dans le département du Tarn-et-Garonne (10).

S'il est compréhensible que le témoignage unique de 1202, qui, par surcroît, était mal assuré sur le plan paléographique (11), ne pouvait d'emblée emporter la conviction des historiens, il faut noter cependant que deux textes supplémentaires, publiés l'un en France, l'autre en Espagne, permettent de trancher définitivement la question.

Le premier, qui avait échappé à l'attention des éditeurs du cartulaire de Vaour (12), avait paru auparavant dans la Revue des Langues Romanes (13). C'est une charte en provençal, datée de 1211, qui s'est trouvée par erreur incluse dans le cartulaire des Templiers du Mas-Deu, en Roussillon. Ce texte, légèrement déformé par un copiste de langue catalane (14), concerne la donation faite à la maison de Vaour des châteaux de GraulhetDomaine du Temple de Graulhet
Domaine du Temple de Graulhet
et d'AmbresDomaine du Temple d'Ambres
Domaine du Temple d'Ambres
, ainsi que de la « force » de MarnavesDomaine du Temple de La Prune Marnaves
Domaine du Temple de La Prune Marnaves
(15), toutes localités situées dans le département du Tarn. Le passage le plus intéressant, du point de vue qui nous occupe, est le suivant : E eu frare Arnal de Bos, comendaire de Vaor, ei recebut tot aquest do ... e aiso ei fag ab mandament e ad voluntat de frare Arnal Cadel, comandador de Monso. Dans ce texte Monso ne peut désigner que
Monzón, non seulement parce qu'il s'agit ici du siège d'une commanderie importante, dont dépend celle de Vaour, mais aussi et surtout parce que La Cabana de Monso n'est attestée, on l'a vu, qu'à partir de 1224.

Le second texte, publié en Espagne (16), confirme le précédent pour ce qui est de l'identification de Monzon et fournit en outre, sur le plan linguistique, un remarquable exemple de ce que certains auteurs appellent le catalan provençalisé (català provençalisat), ainsi que nous le verrons plus loin. C'est pour ces deux raisons qu'il n'est pas inutile de présenter à nouveau cette charte originale suivant une lecture directe, effectuée sur la base d'une excellente reproduction photographique du manuscrit, tout en corrigeant au passage quelques erreurs de la publication espagnole : cf. pièce annexe.

En ce qui concerne le problème toponymique posé par l'identification de Monso, il est vraisemblable que le personnage nommé dans ce texte (lignes 12 et 13) frater G. Catelli comandator de monte sono est le même que Arnal Cadel comandador de Monso mentionné dans le cartulaire du Mas-DeuDomaine du Temple de Mas-Deu
Domaine du Temple de Mas-Deu
, d'autant plus que malgré la différence des prénoms — probablement due à une erreur du copiste roussillonnais — les deux chartes sont datées de la même année 1211.

Il est donc certain à présent que l'expression La Cabana de Monso désigne une dépendance de la commanderie aragonaise de Monzón, fondée vers 1224 dans l'actuel département du Tarn-et-Garonne. Ce fait à première vue surprenant s'explique par l'histoire antérieure de la commanderie de VaourDomaine du Temple de Vaour
Domaine du Temple de Vaour
, telle qu'elle est précisée par la charte du cartulaire du Mas-Deu, qui complète et éclaire les indications fournies par le document de 1202 cité plus haut. Ce dernier texte, qui clôture le cartulaire de Vaour, témoigne qu'à cette date la commanderie tarnaise était passée sous le contrôle de la commanderie de la province de Huesca (17). Il est donc normal que la copie complète de tous les titres de propriété antérieurs (hunc rotulum et hunc translatum in quo continentur et scribuntur omnes carte et omnia instrumenta) ait été remise par Pierre du Castel, commandeur de Vaour, à la maison de Monzón. Il est non moins normal qu'en 1211 la donation reçue par Arnal de Bos en faveur de la même commanderie de Vaour ait été dès lors soumise à l'approbation du commandeur de Monzón.

Dans ces conditions, La Cabana de Monso ne doit pas être considérée comme une création ex nihilo, opérée inexplicablement par un établissement situé à près de trois cents kilomètres de distance, mais comme une simple extension territoriale de la commanderie de Vaour dont le siège se trouve à vingt kilomètres à peine de ce modeste centre d'élevage (18). Le nom de Monzon ne fait que rappeler qu'à cette époque le commandeur de Vaour était subordonné administrativement à la maison aragonaise.

Par ailleurs, les liens étroits qui unissaient ces deux établissements de l'ordre du Temple situés de part et d'autre des Pyrénées, ont été dissous lors de la grande réorganisation de 1240. Comme l'a fort justement souligné M. Louis d'Alauzier (19), « la dernière mention de Monso est de mai 1240. » Désormais, après trente-huit ans de dépendance, la commanderie de Vaour est à nouveau autonome et l'ancienne Cabane — qui a pris le nom de commanderie de La Capelle-Livron — continue à lui être rattachée, mais sans référence à Monzón. Il en est ainsi dans un texte de 1247 (20), où est mentionné Gaillarts de Pardinas, comandaire de Vaor, Montricols (21) et de La Capélla.

Si le toponyme Monso correspond bien, sans aucun doute, à Monzón, un problème topographique subsiste cependant à l'échelon local du Tarn-et-Garonne, car le lieu nommé La Cabana de Monso ne saurait être confondu avec celui de La Capelle-Livron. Un texte de 1236, publié par A. Du Bourg (22), indique en effet qu'il s'agit de deux lieux distincts : Arnals de Bosc, templeir e comandaire de La Cabana de Mosso e de La Capela del Livro. Faut-il rechercher à La Cabane, commune de Caylus, l'emplacement de l'ancienne commanderie ?

La Cabane Monzon
Localisation: La Cabane Monzon


En l'absence de documents d'archives suffisamment précis, comme le serait par exemple une liste de confronts, la réponse ne pourra être fournie que par des constatations d'ordre archéologique (23). Il semble en tout cas qu'il y ait eu dans cette région un déplacement de lieu comparable à celui que l'on constate au début du XIVe siècle dans la commanderie de Sainte-Eulalie-de-CernonDomaine du Temple de Sainte-Eulalie-de-Cernon
Domaine du Temple de Sainte-Eulalie-de-Cernon
, où à l'ancien établissement du FrayssinetDomaine du Temple de Frayssinet
Domaine du Temple de Frayssinet
, fondé par les Templiers, a succédé, dès l'avènement des Hospitaliers, le membre du Viala-du-Pas-de-JauxDomaine du Temple de Viala-du-Pas-de-Jaux
Domaine du Temple de Viala-du-Pas-de-Jaux
, distant du précédent de trois kilomètres (24). Dans les deux cas, la nouvelle implantation a été mise en place lors d'un remaniement administratif important.

* * *


Le nom et l'existence de la Cabane de Monzon témoignent des relations directes qui s'étaient établies depuis l'époque de Charlemagne entre la Provence et le Nord-Est de l'Espagne. De même que la commanderie de La Capelle-Livron a des origines aragonaises, de même, en sens inverse, l'abbaye rouergate de Conques comptait de nombreuses possessions au-delà des Pyrénées, notamment à Caramasa, en Catalogne. Pareillement encore, lorsque en 1214 le roi Alphonse II de Portugal fit son testament, il mentionna l'église de Rocamadour parmi les tout premiers bénéficiaires de ses legs : E mando que den a meu senior o papa MM moravidiis, a Alcobaza MM, u mando geitar meu corpo, a Sancta Maria de Rocamador MM por meu aniversario, a Santiago de Galicia MM... (25).

Il ne faut pas oublier non plus que pendant près d'un siècle aussi, de 1172 à 1258, la domination de la maison d'Aragon s'est étendue sur une partie importante du Languedoc, de Montpellier à Millau et en Gévaudan.

C'est peut-être au cours d'un pèlerinage à Conques ou à Rocamadour que des Templiers aragonais, après avoir fait étape à la commanderie de Vaour, décidèrent, à la suite d'une donation locale et sur la proposition de leurs frères tarnais, d'élever du bétail dans la vallée de la Bonnette, sur les limites du Quercy et du Rouergue.

Ces relations lointaines ont été à coup sûr favorisées non seulement par la parenté linguistique qui unissait les parlers de ces diverses régions, mais aussi par le fait que la littérature provençale du XIIe siècle avait créé un moyen d'expression qui facilitait la compréhension mutuelle des populations occupant l'aire géographique considérée.

Quant au texte publié en annexe, non seulement il confirme l'identification de Monzon, mais encore il présente un grand intérêt philologique. Ainsi qu'il a été indiqué plus haut, sa langue, bien que foncièrement catalane (cosa, Lorens, posat et non causa, Laurens, pausat ; Cabrera et non Cabriera ; enfre et non enfra ; fet et non fag ; meteix et non meteis ; redempço et non redempcio) est transcrite en graphie provençale normalisante (Lorenz et non Llorenz ; Garden et non Gardeny ; razo et non raho
). De telle sorte que les particulartiés phonétiques qui viennent d'être énumérées sont revêtues du même habit souple et précis qui recouvrait alors les divergences parfois plus accentuées encore, qui séparaient les autres dialectes relevant de la koïné provençale, qu'il s'agisse du limousin, de l'auvergnat ou du gascon (26). Comme on le sait, les liens qui ont ainsi réuni, dans ses premières manifestations écrites, le catalan au provençal se sont vite relâchés. La plus grande partie des documents catalans apparaissent après 1250, c'est-à-dire dix ans après l'éclatement du territoire des Templiers et surtout, un peu plus tard, après le traité de Corbeil, qui en 1258 sépara sur le plan politique, suivant une limite linguistiquement exacte, l'aire languedocienne de l'aire catalane.

La charte qui suit concerne la reddition au roi d'Aragon du château de Llorens (province de Lérida) qui appartenait à Géraud de Cabrera, prétendant à la succession du comté d'Urgel. Suivant les termes de l'acte de capitulation, les prisonniers du roi pourront être dirigés, après libération, soit à Alger, soit à Castellô de Farfanya, localités de la même province de Lérida. Parmi les témoins sont nommés immédiatement après l'évêque de Vich les principaux dignitaires de l'ordre du Temple, parmi lesquels le maître de la Provence et du Nord-Est de l'Espagne, ainsi que le commandeur de Monzón.
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ANNEXE
Charte originale conservée aux archives de la couronne d'Aragon n° 404 du dossier du roi Pierre Ie (27)
Texte Ier

Coneguda cosa sia a totz homes que jo en Guerad de cabrera venc en poder de vos seinner en Pere per la gracia de deu Rei /2/ d arago e comte de barcelona . per près e per preso . senes mort e senes affolament de mo cors qe non i sia fet a scient . e Heure us lo castel /3/ de lorenz a tota vostra voluntat en aital guisa qe enfre quatre jorns . aja treta don Elo e mos fils e ls cavalers e ls homes e totes les coses del /4/ castel . e vos qe ls guidetz tro a ager o tro a castello o u mils vullen anar . E es promes de cascuna part entre vos e mi . qe do Aznar pardo /5/ e totz los autres preses qui son preses de cascuna part esters de mi meiteix qui son en vostra preso . sien soltz e deliures . on qe sien ni hom los /6/ sapja ni ls pusca atrobar . sens tota demanda e sens tota redempço . E es dit e promes e posat qe mentre qe jo sere en vostra preso . mos /7/ homes ni mos valedors quais qe sien . no faççen mal ni a vos ni a a vostra terra ni a vostres homes . Ni vos ni vostres homes ni nul hom per /8/ razo de vos . no faççatz mal a ma terra ni a mos homes . Datum in captione castri de lorenz IIII . Idus Septemibris . per manum ferrarii nota- /9/ rii domini Regis et mandato ejus scripta a Bononato . Anno dominice Incarnationis . M° . CC° . undecimo . /10/ Signum Petri dei gratia Regis aragonie et Comitis Barchinone /11/ Signum G. de Capraria vicecomitis /12/ Testes hujus rei sunt dompnus Guillelmus Ausonensis episcopus . frater . P. de monte acuto Magister domorum militie templi in provincia et quibusdam partibus hyspanie . frater . G. catelli comandator de /13/ monte sono . frater . R. berengarii de ager comandator de garden . frater
Sources: André Soutou - Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 88, N°126, 1976. - Fichier numérique Persée
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Notes
* 38, rue des Cèdres, 31000 Toulouse.

1. Dont la limite sud-orientale passe par la ligne La Spezia-Rimini, ainsi que l'a montré W. von Wartburg.

2. J. Miret i Sans, Les cases de Tempters i Hospitalers en Catalunya, Barcelone, 1910, 97.

3. J. Miret i Sans, 235. Pons de Rigaud semble être le même personnage que celui qui est mentionné en avril 1196 dans la charte CX du Cartulaire de Vaour (cf. infra) sous de nom de frater Pondus, merescalcus militie in partibus Provinciæ et in quibusdam Yspaniæ. Le dernier commandeur de Provence et d'Espagne est Uch de Montllor (12354239).

4. J. Miret i Sans, 237.

5. Fonds de Malte de Toulouse, Sainte-Eulalie 4, 108.

6. Fonds de Malte de Toulouse, La Capelle I, passim. Les cinq plus anciennes inentions sont ainsi formulées :
1224. a fraire Doat Garssia comandador de la bailia del bestiar de Monso.
1225. Même texte.
1225. a fraire Doat Garssia commandador de las maios del Temple de Vaor et de Monricolf e del bestiar de Monso.
1230. a fraire Doat Garssia comandador de la cabana de Monso e de Rocola.
1231. Doat Garssias de Bos comandaire de la cabana de Monso.

7. Paris-Toulouse-Albi, 1894.

8. Pièce CXV.

9. Page X de l'Introduction.

10. Bulletin de la Société Archéologique du Tarn-et-Garonne, 1964, 23 : « Il nous paraît peu vraisemblable qu'il s'agisse de Monzon en Aragon, comme l'ont admis Portal et Cabié »

11. Les éditeurs du Cartulaire de Vaour font remarquer (page 104, note 1) que le nom de Monzon est « presque entièrement effacé » sur le manuscrit.

12. Il ne figure pas dans l'Appendice de cette publication, où ont été reproduits des textes de la collection Doat.

13. Texte publié en 1872 (tome III) par Alart sous le titre Charte albigeoise (Pages 5-8).

14. On y lit par exemple frare « frère » au lieu de fraire.

15. « Marlanas », ainsi que l'indique la publication, doit être une erreur de lecture pour Marlavas, antécédent phonétique de l'actuel Marnaves (Tarn). La fortification (força) en question n'est autre que l'actuel château de Laprune, nommé en 1264 Roca Raino et en 1646 Roqueraynou : cf. l'étude de R. Granier publiée dans les Actes du Congrès d'Albi de la Féd. Lang. Pyr. Gascogne, Albi, 1956, 177-194.

16. J. Miret i Sans, El mes antic text literari escrit en catala, Barcelone, 1906.

17. Il est vraisemblable que la subordination à la commanderie de Monzon s'est effectuée en avril 1196, lorsque Pons de Rigaud, maréchal de l'ordre (cf. supra note 3), est venu à Vaour en compagnie de son chapelain, P. d'Huesca (fratris P. de Osca, magistri capellani) et de son notaire (Guillelmus levita, notarius domini magistri) ainsi que du commandeur du Toulousain (fratris Ademar G. commanditons de Tolzano). C'est lui-même qui a reçu ce jour-là une donation au lieu et place du commandeur de Vaour (fratris « Doatdas ») dont le nom, qu'il vaudrait mieux lire Doat Das (cf. les autres formes du cartulaire, pages 87 et 107 : Doatz Dahas et Doat Dahas) n'est cité qu'après ceux de ses illustres visiteurs.

18. Le mot cabana, souvent employé (cf. supra note 6), désigne une installation pastorale où l'on élevait un troupeau (bestiar) qui semble avoir été composé de vaches : cf. l'expression cabana vaccarum, relevée par L. d'Alauzier (opuscule cité, 36-37, note 23) et sa variante trap de las vaccas (cf. infra note 23).

19. Opuscule cité, 33.

20. Cartulaire de Vaour, page 109 : il s'agit d'une copie de la collection Doat.

21. Fausse lecture pour Monricolf.

22. Histoire du grand-prieuré de Toulouse, pièce justificative XCIX.

23. La cabane proprement dite semble avoir été construite avec des matériaux légers, comme l'indique ce passage d'un texte de 1231 : Actum... al trap de las vaccas a La Capella a Fontanillas.

24. Cf. ma plaquette sur La commanderie de Sainte-Eutalie de Larzac, Toulouse, 1974, 42 et 52.

25. J. Huber, Altportugiesisches Elementarbuch, Heidelberg, 1933, 294. Alcobaça, où le roi demande que l'on dépose son corps, est la célèbre abbaye qui abrite les tombeaux des familles régnantes du Portugal.

26. Il est intéressant de noter que dans l'organisation des Templiers au XIIe et au XIIIe siècle la Gascogne et le Poitou, d'une part, le Limousin et l'Auvergne, d'autre part, forment deux groupes distincts de celui qui englobe la Provence et le Nord-Est de l'Espagne : cf. E.-G. Léonard, Introduction au Cartulaire manuscrit du Temple... constitué par le marquis d'Albon..., Paris, 1930, où apparaissent les titres suivants : magister militie Templi Pictavie et Wasconie et magister in Lemovicino et Arvernia. Ces indications semblent signifier que l'intercommunication était alors plus facile entre un Languedocien et un Catalan qu'entre ce même Languedocien et un Gascon ou un Auvergnat. De fait, le nombre relativement restreint de chartes en ancien provençal, recensées par Cl. Brunel pour le XIIe siècle dans les territoires situés à l'ouest du col de Port (limite du gascon) et au nord de la ligne ca/tcha, montre que les parlers de ces pays ne se sont pas facilement fondus dans le moule provençal et ont relativement peu bénéficié d'une promotion culturelle, tout au moins dans le domaine administratif, c'est-à-dire dans des écrits qui devaient être immédiatement compris par un public populaire, différent de celui des troubadours : cf. la carte que j'ai publiée dans Via Domitia, X, 1963, 41. Il serait souhaitable que ces vérifications puissent s'étendre au XIIIe siècle : malheureusement le Corpus de Cl. Brunel s'arrête à la date de 1200, c'est-à-dire au début du siècle même qui marque l'apogée de l'ancien provençal. Par ailleurs, pour le Nord-Est de l'Espagne, il faut attendre aussi qu'un recueil des plus anciennes chartes originales permette une étude comparative plus précise.

27. La transcription du texte est aussi proche que possible de l'original, en particulier en ce qui concerne la ponctuation et l'emploi des majuscules. Les constituants morphologiques d'une même unité phonétique ont été simplement séparés, sans adjonction de signes quelconques : par exemple, ligne 4, qe ls guidetz au lieu de qelz guidetz. A la même ligne 4, le mot do, précédant Aznar pardo, ne présente pas de signe d'abréviation, bien qu'il soit parallèle au don de la ligne 3 (don Elo). Cette suppression de la nasale finale se rencontre souvent en ancien provençal (e pour en « en, dans »).

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