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Quelques études réalisées sur les Templiers

Eglise Templière de Marcenais
Maison du Temple de Marcenais
Département: Gironde, Arrondissement: Blaye, Canton: Le Nord-Gironde - 33

Commanderie de Marcenais
Localisation: Commanderie de Marcenais


L'église Notre-Dame de Marcenais offre un aperçu exemplaire de l'architecture de l'Ordre du Temple. Seul vestige d'une Commanderie érigée vers la fin du XIIe siècle, elle clôturait au Sud un ensemble de forme rectangulaire « protégé par de fortes murailles en bonnes pierres de taille à l'intérieur desquelles, au XVIIe siècle, se voyaient encore les prisons dans le château et un petit jardin entouré de fossés avec une fontaine à l'intérieur... »

La fondation templière, est caractérisée par un plan rectangulaire de 21 mètres sur 7 mètres, prenant appui sur des murs épais de 1 mètre 40, rythmés de contreforts plats, sans ouvertures latérales hormis une petite porte au sud.

Eglise Templière de Marcenais
Eglise Templière de Marcenais - image Jack Bocar


Les bâtiments de servitude et d'accueil des pèlerins prenaient appui sur les corbeaux des murs latéraux de la chapelle. L'ensemble est abrité par une belle voûte de pierre en berceau brisé, bordée à l'intérieur d'une simple corniche.

Le chevet plat est percé au levant d'un triplet à double ébrasement qui éclaire le chœur. Au couchant, une longue fenêtre ogivale surmonte le portail roman. Hâtivement remanié celui-ci n'a conservé que deux voussures reposant sur des chapiteaux ornés de motifs rabattus et perlés.

Eglise Templière de Marcenais
Eglise Templière de Marcenais - image Jack Bocar


En pénétrant dans la nef on trouve sur la droite un « enfeu » caractéristique des constructions templières.

Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem Ils succèdent au tout début du XIVe siècle aux Templiers. On leur doit peut-être la surélévation du clocher-arcade à deux baies et l'ornementation des mordillons de façade et du mur nord par des têtes humaines et animales hautement symboliques ...

Eglise Templière de Marcenais
Eglise Templière de Marcenais - image Jack Bocar


L'édification des échauguettes (au nord-est et au sud-ouest) remontent aux XVIe et XVIIe siècles: elles correspondent aux guerres de religion et confèrent à l'église son charme et son originalité.

Les vestiges de la sacristie accolée au chevet rappellent également cette « nécessité de protection » : l'oculus nord-est était une fenêtre de tir.

La révolution française n'épargne pas cette église et fait disparaître l'autel érigé par les Chevaliers de Saint-Jean (paroi nord entre le cœur et la chaire à prêcher XIXe siècle).

La création du « ballet » précédant la nef remonte vraisemblablement à cette époque et correspondrait à l'arrivée des populations de langue d'oil : les Gabayes.

Eglise Templière de Marcenais
Eglise Templière de Marcenais - image Jack Bocar


La période moderne (fin XIXe siècle) : surélévation de la toiture, aménagement du cœur et de l'autel en marbre blanc fileté d'or, chaire à prêcher octogonale, fonts baptismaux, dédiés Saint-Jean Baptiste, dans le ballet précédant le portail roman, nouvelle sacristie au nord-est.

Au début du XXIe siècle la commune de Marcenais entreprend, avec le soutien de l'association de sauvegarde AETM, un important chantier de conservation et de remise en valeur de l'église. Au cours de ses travaux un énigmatique décor peint apparaît sur le mur du porche roman. Lié à l'histoire de la commanderie, il est d'un intérêt exceptionnel mais n'a pas encore livré le secret de ses origines.

Eglise Templière de Marcenais
Eglise Templière de Marcenais - image Jack Bocar



Renseignements:
aetm33@gmail.com
Site de l'association: Commanderie de Marcenais
Sources: Amis de l'Eglise Templière de Marcenais (AETM)
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Marcenais ; Queynac ; Saint-Michel-de-Rivière
Dans la vicomté de Fronsac, les Templiers possédaient une petite commanderie qui comprenait les seigneuries de Marcenais et de Queynac, avec les paroisses de Larrivau, Magrigne et Chalauze. Si nous ne pouvons préciser l'origine de cette circonscription de l'Ordre du Temple, les archives nous fournissent les chartes de quelques-unes des donations qui lui furent faites dans le cours du XIIIe siècle.

En 1232, Guillaume Erra, chevalier du Bourg, s'était rendu dans l'église de Marcenais, où se trouvait réunie, sous la présidence d'A, abbé de Saint-Vincent du Bourg, une nombreuse assemblée, composée de seigneurs du voisinage et de chevaliers du Temple ; il venait donner à la maison de Marcenais le moulin du « Peyrat » qu'il possédait sur la Saye ; pour assurer plus de validité à sa donation, G. Erra fit apposer, au bas du parchemin, les sceaux de l'archevêque de Bordeaux, de l'abbé du Bourg et des principaux seigneurs présents à la cérémonie.

En 1250, le Temple de Marcenais recevait encore de la libéralité d'un autre seigneur, Hélie Wilhelm, chevalier de Villegoriges, le moulin Vielh situé également sur la rivière de la Saye.

Peu de temps après avoir pris possession de la commanderie de Marcenais, les Hospitaliers la supprimèrent, en la fondant dans celle de Bordeaux. Dans le courant du XIVe siècle, messire Raymond, vicomte de Fronsac, avait obtenu des habitants de Marcenais, qui relevaient de lui, un secours extraordinaire en blé, vin et argent, pour faire face à certains besoins pressants, où il se trouvait. Mais les vassaux craignant que leur seigneur fût tenté d'abuser de la situation, en transformant le don gratuit en redevance ordinaire, vinrent le prier respectueusement de déclarer qu'il ne se prévaudrait pas à l'avenir de leur bonne volonté et ne leur réclamerait pas la subvention qu'ils avaient consenti à lui accorder. Le vicomte de Fronsac accéda à ces justes désirs et leur octroya, le 14 juillet 1347, une charte solennelle constatant leurs droits et revêtue du sceau de ses armes.

Un des caractères les plus frappants, qui distinguent les hommes de cette époque, c'est le contraste existant entre leurs dehors souvent rudes et impitoyables et l'excessive sensibilité de leurs cœurs. Qui n'a lu, dans notre vieux Joinville, comment ces hommes de fer savaient, après la bataille, s'apitoyer sur les infortunes d'autrui et pleurer moult tendrement à quelque récit émouvant. Ce caractère nous le retrouvons partout. Si parfois la rigueur de la législation du moyen-âge peut surprendre, on voit souvent aussi la pitié des juges venir la tempérer avec une mansuétude, à laquelle un fréquent usage donnait presque force de loi. Voici un épisode, à la fois naïf et touchant, recueilli dans les registres du tribunal de Queynac.

En l'année 1340, tout le pays avait été dévasté par une de ces terribles bandes de routiers, qui tuaient les habitants, pillaient les récoltes, incendiaient les maisons, malheurs fréquents dans ces temps troublés. Grâce aux forces dont put disposer le commandeur, ces redoutables malfaiteurs furent cernés, pris et jetés dans les cachots du donjon de Queynac. Quelques jours après, nous voyons le chevalier Sobiran de Rivalz, commandeur, entouré de ses religieux et des autres membres de son conseil, dans la salle du Consistoire, siégeant sur son tribunal ; devant lui sont déposés les coutumes de la ville et le livre des saints Evangiles, « afin, dit le manuscrit, de se placer en la présence de Dieu, source de toute justice et de toute miséricorde. » Après avoir fait le signe de la croix, il ordonna à ses hommes d'armes d'introduire les accusés. Voici tout d'abord le capitaine de la bande, Ranulphe Guilbaud ; sa culpabilité est trop évidente et le sort qui l'attend, trop certain, pour qu'il songe à recourir à des dénégations inutiles. Aussi la sentence est-elle promptement rendue et le coupable livré à l'exécuteur qui le conduit immédiatement aux fourches patibulaires de Queynac. Puis vient le tour du second accusé ; c'est un jeune homme, le frère du capitaine, que ce dernier avait entraîné par ses conseils et ses mauvais exemples, et dont il avait fait son lieutenant : accablé par l'évidence il n'essaie pas, lui non plus, de nier la longue liste de meurtres et d'incendies, dont on l'accuse. Aussi, malgré la compassion qu'il ressent pour la jeunesse du coupable, le tribunal se dispose à prononcer contre lui la terrible sentence et à l'envoyer partager le sort de son frère ; lorsque se précipite dans la salle une pauvre jeune fille, âgée d'une vingtaine d'années et orpheline de père et de mère. Elle se jette à genoux et, étendant les bras en croix, elle supplie avec des larmes et des sanglots, le tribunal de lui accorder la vie d'Arnaud Guilbaud, qu'elle demande à prendre pour son légitime époux. La foule des spectateurs, attirée par ce procès de tous les environs, s'émeut à ce spectacle ; tous, les nobles chevaliers comme les simples vassaux, joignent leurs prières à celles de la pauvre orpheline, et intercèdent pour le coupable. Le commandeur, touché de son côté à la vue de la grande pitié de cette jeune fille, désirant satisfaire aux vœux de tout ce peuple et persuadé que la miséricorde est, dans le cas présent, agréable à Dieu, et conforme à ses lois, ordonne de délivrer Arnaud de ses liens et de le remettre aux mains de celle qui venait de l'arracher à la mort.

Comme nous l'avons vu plus haut, de ce même membre de Marcenais dépendaient plusieurs petites paroisses. Le peu d'importance de celle de Magrignes avait suggéré à un des commandeurs de Bordeaux l'idée d'économiser le traitement d'un vicaire perpétuel, en réduisant cette église au rang de simple chapelle ; mais les habitants protestèrent vivement, disant que, puisque leur seigneur percevait les dîmes de leurs récoltes, il était juste qu'il s'acquittât de ses devoirs envers eux ; malgré l'évidence de leur droit, ils ne purent obtenir que bien tardivement gain de cause et l'affaire traîna en longueur de 1686 à 1731. L'église de la Rivaux, qui formait jadis une dépendance de Marcenais, sous le nom de Saint-Michel-de-Rivière, n'était dans les derniers temps qu'une simple chapelle desservie par le curé de Saint-Michel. Enfin, sur le territoire désigné sous le nom de Chalauze, on voyait les ruines d'un ancien édifice : c'était jadis l'église paroissiale de cette localité ; l'enceinte des murs en démontre encore l'importance. Elle fut dévastée pendant les guerres de Religion et le procès-verbal de la visite de la commanderie, en 1752, nous apprend que l'on n'avait conservé que la chapelle de Saint-Jean, à cause de la dévotion des habitants de la contrée pour ce sanctuaire.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)

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