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Les commanderies de l'Ordre du Temple

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Macheron   (71)
La chapelle du Poizat a Macheron
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Mâcon, Canton: Lugny - 71


La chapelle du Poizat a Macheron
Localisation: La chapelle du Poizat a Macheron


Cette chapelle, dont l'emplacement est encore cité en 1615, à Macheron, dans les prés de ce hameau était probablement l'origine de la petite censive ou justice que le temple Sainte-Catherine possédait à Macheron, paroisse de Lugny, et dont dépendaient une grange à Vermilliat (commune de Lugny) des près à Macheron au lieu dit la chapelle du Poizat, des terres aux Chenevières-de-Vermilliat, et aux lieux dits la Pierre-sous-les Crets et en La Frette.
Sources: G. Jeanton - Annales de l'Académie de Macon - Troisième série Tome XX - 1916-1917 - Protat Frères, Imprimeurs.

 

Macon   (71)
Maison du Temple de Mâcon
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement et Cantons Mâcon - 71
1. Chef. Mâcon


Maison du Temple de Mâcon
Localisation: Maison du Temple de Mâcon


Mâcon, situé en la dite ville de Mâcon, avec les dimes de Chaintré.

Annexe. Chaintré
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Mâcon, Canton: La Chapelle-de-Guinchay, Commune: Crèches-sur-Saône - 71


Domaine du  Temple ou de l'Hôpital à Chaintré
Localisation: Domaine du Temple ou de l'Hôpital à Chaintré



2. Membre. Belleville
Département: Rhône, Arrondissement: Villefranche-sur-Saône, Canton: Belleville - 69


Maison du Temple de Belleville
Localisation: Maison du Temple de Belleville


Belleville, avec ses annexes de Dombes et chapelle de Saint-Jean des Essarts, à 2 lieues de Ville-franche, ledit membre situé en Beaujolais, à 4 lieues de son chef et à 7 lieues de Lyon.

Pouilly le Monial, chapelle Saint-Jean
Département: Rhône, Arrondissement: Villefranche-sur-Saône, Canton: Le Bois-d'Oingt - 69


Pouilly le Monial, chapelle Saint-Jean
Localisation: Pouilly le Monial, chapelle Saint-Jean


Un terrier du XVe siècle montre que l'ordre de Malte avait des biens fonciers non négligeables à Pouilly-le-Monial (1)
1. « La paroisse de Pouilly-le-Monial », texte écrit par Mr Louis Delachanal en 1978 »

De nombreux documents attestent de l'existence de la chapelle de Saint-Jean-des-Essarts et des terres qui appartiennent à l'Ordre de Malte.

Une sentence du 27 mars 1517 (2) rendue par le bailli de Mâcon dans une affaire entre Claude Després, curé de Pouilly-le-Monial et frère Jean Laure, commandeur de Belleville, « maintient sous séquestre la chapelle de Saint-Jean-des-Essarts »

10 décembre 1614: Visite (2) du membre de Belleville avec ses annexes de Dombes et « chapelle de St Jean d'Essard en Lionnois » dépendant de la commanderie de Mâcon. « La petite chapelle appelée St Jean d'Essard, distante de Belleville de quatre lieues, est un oratoire de dévotion, sans obligation de service si ce n'est le jour de la St Jean Baptiste, saint patron du pays... » Une petite dîme est due à cause de la chapelle sur le village de Theizé, seulement en vin et non en grains, ainsi que quelques services et cens sur les villages de Theizé, Frontenas, Oingt et autres lieux.

Cette chapelle est en très mauvais état lors de la visite pastorale du 24 juin 1642 (2): « Les habitants redevables refusent de payer la dîme, à cause que la dite chapelle de Saint Jean Dessartz en Lionnois est démolie et ruinée »

Elle est réparée lors de la visite du 26 octobre 1652 (2): « La chapelle appelée St Jean des Essards en Lionnois, qui se trouvait ruinée dans une précédente visite, est maintenant bien remise et en bon état; il ne reste plus qu'à la faire bénir au plus tôt... », ce qui est demandé au sieur moderne commandeur; de plus, il dépend de la dite chapelle une petite dîme sur le village des Essards.
2. Documents se trouvant aux Archives Départementales du Rhône

24 septembre 1681: Visite (2) de la chapelle de « Saint Jean des Essars », annexe du membre de Belleville, dépendant de la commanderie de Mâcon, par le commandeur commissaire et le notaire secrétaire, en présence de Thomas Dubost, Benoît Thomaze et Benoît Barnou, habitants du lieu: « ...Nous sommes entrés dans la dite chapelle laquelle avons trouvé avoir six toises de long et trois de large (1), sans pavé ni lambris, une fenêtre vitrée, l'autre sans vitre ni barreaux, un autel de pierre creuse sans aucun ornement, le choeur blanchi couvert de tuiles creuses, à deux pendants, qui a besoin d'être réparé parce qu'il y pleut en divers endroits. La cloche audessus de la grande porte a été dérobée il y a plus de trente années. La chapelle a deux portes, celle du choeur est fermée; il y a aussi une châsse par derrière la grande porte avec un fermoir à clef. Quand aux ornements, il ne s'en est tenu aucun et quand l'on veut y faire célébrer la messe, il faut en apporter; pour le service, le sieur curé est obligé d'y faire célébrer la sainte messe, le jour de Saint Jean Baptiste, le jour de saint Jean l'Evangéliste et le mardi de Pâques »
1. Environ 12 mètres de long sur 6 mètres de large.
2. Documents se trouvant aux Archives Départementales du Rhône.

Sources: Marie-Aymée Marduel, mai 2006. Beaucoup plus d'informations sur le site Internet de Cécile Marduel

3. Membre. Peyzieux-sur-Saône
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Thoissey - 01


Biens de l'Hôpital à Peyzieux
Localisation: Biens de l'Hôpital à Peyzieux


Peyzieux distant de Belleville d'une grande lieue, affermé le tout ci-dessus.
« Revenu 1336 »

4. Membre. Epinassy
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Charolles, Canton: Charolles, Commune: Changy - 71


Biens de l'Hôpital à Epinassy
Localisation: Biens de l'Hôpital à Epinassy


Epinassy, demeure principale du commandeur, en Charollais, diocèse d'Autun, distant de son chef de 8 lieues, et de la ville de Charolles 1 lieue, à une autre lieue de Colonges.
« Revenu 1200 livres »

5. Membre. Launay
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Charolles, Canton: Chauffailles, commune: Sainte-Foy - 71


Biens de l'Hôpital à Launay
Localisation: Domaine du Temple ou de l'Hôpital à Launay


Annexe de Launay, distant de l'Epinassy 3 lieues, et du Prieuré d'Ancy, 1 lieue.
« Revenu 200 livres »

6. Membre. Ventrigny
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Charolles, Canton: Chauffailles, Commune: Saint-Igny-de-Roche - 71


Biens de l'Hôpital à Ventrigny
Localisation: Biens de l'Hôpital à Ventrigny


Annexe de Saint-Jean de Ventrigny, paroisse de Chauffailles, en Mâconnais, à 1/4 de lieue du château de Chauffailles et distant de Mâcon de 7 lieues et à 12 lieues de Lyon.
« Revenu 55 »

7. Membre. Le Fay
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Charolles, Canton: La Clayette, Commune: Baudemont - 71


Biens de l'Hôpital à Le Fay
Localisation: Biens de l'Hôpital à Le Fay


Le Fay, commune de Baudemont en Brionnais, à 1/4 de lieue de La Clayette, paroisse de Bost du Mont, Diocèse et Baillage de Mâcon, et distant de la dite ville de 8 lieues.
« Revenu 400 livres »

8. Membre. Saint-Jean de Genouilly
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Chalon-sur-Saône, Canton: Mont-Saint-Vincent, Commune: Genouilly - 71


Biens de l'Hôpital à Saint-Jean de Genouilly
Localisation: Biens de l'Hôpital à Saint-Jean de Genouilly


L'Hopital et la Chapelle Saint-Jean de Genouilly, distant du chef de 7 lieues à 1 lieue du Jonchey.
Sur la carte de Cassini, Genouilly, il y a l'Hopital et en dessous, la chapelle Saint-Jean.
« Revenu 180 livres »

9. Membre. Nuzillet
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Mâcon, Canton: Tramayes, Commune: Saint-Pierre-le-Vieux - 71


Biens de l'Hôpital à Nuzillet
Localisation: Biens de l'Hôpital à Nuzillet


Longey appelle Nugligeoy (en fait c'est Nuzillet), à 4 lieues l'Epinassy, dépend dudit membre, une tuilerie avec une forêt et les dimes, en la paroisse de Matour, avec les cens et rentes.
Sur la carte de Cassini, Saint-Pierre-le-Vieux, Trades, Chambosse et Nuzillet
« Revenu 300 livres »

10. Membre. Châteauneuf
Département: Creuse, Arrondissement: Guéret, Canton: Châtelus-Malvaleix, Commune: Cluny - 71


Biens de l'Hôpital à Châteauneuf
Localisation: Biens de l'Hôpital à Châteauneuf


Châteauneuf, anciennement Corchevray ou Courcheval, à une lieue de Cluny, plus la cure de Montagny (probablement Montagny-sur-Grosne).
Sur la carte de Cassini, près de Cluny, il y a un lieu l'Hopital sur la commune Château, il y a aussi un bois Château. Il y a aussi un peut en-dessous une commanderie du nom de Rhode.
« Revenu 199 »

11. Membre.
L'Hôpital de Saint Jean d'Assie, distant du chef de 7 lieues.
Sur la carte de Cassini il y a un Saint-Jean d'Achieu, un bois de Saint-Jean, commune de Simandes
« Revenu 18 »

Charges. 876 livres »
Commandeur: Amable du Palais (Reg. 1615-1635).
Etat de la commanderie en 1745.
Sources: Léopold Niepce: Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Lyon, Librairie Générale Henri Geors - Bâle - Genève - 1883.

Maison du Temple ou commanderie de Macon
La résidence du titulaire de ce bénéfice auquel avaient été réunies les commanderies de l'Epinacy et de Belleville, était établie en la ville de Macon, malheureusement nous n'avons pu nous procurer aucune donnée sur l'époque de la fondation de cet établissement, pas plus que s'il provenait des Templiers ou des Hospitaliers, parce que l'histoire locale et les traditions sur ce sujet sont muettes, et les archives du département de Saône-et-Loire, elles-mêmes, n'apprennent rien et indiquent seulement le nom de Virieu, comme celui de l'un des plus anciens commandeurs, en 1428, ainsi que l'existence de deux terriers des redevances de cette commanderie sur Macon et Saint-Jean de Lisle, en 1502 et 1596, au profit des commandeurs Louis de La Roche et Marcial de Marcilly.
Sources: César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.

 

Maconnex   (01)
Maison du Temple de Maconnex
Département: Ain, Arrondissement: Gex, Canton: Ferney-Voltaire, Commune: Ornex - 01


Maison du Temple de Maconnex
Localisation: Maison du Temple de Maconnex


— Maconay, Masconnex.
— Chapelle rurale sous le vocable de sainte Madeleine.
— Maison de Templiers mentionnée dès 1181, puis unie, après leur suppression, à l'ordre des hospitaliers de Malte.
— Hugues de Chenchez était précepteur de Maconnex en 1277.
— Au XVIIe siècle, les fonds dépendant de cette maison furent mis en ferme et il ne fut plus mention de leurs revenus que dans les procès-verbaux de visite.
— Maconnex dépendit d'abord de la commanderie de la Chaux-en-Vaud, puis de celle des Feuillets.
— Regeste Genevois, nº 125, 1114 et 1602.
— Mémoires et Documentations Genève, tome XIV, page 156.
— Archives du Rhône, fonds de Malte, visite générale de 1652, fº 218, mss. H, 2167.
— Archives de l'Ain, titres de Laumusse.

Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.

 

Madeleine de Provins (La)   (77)
Maison du Temple de La Madeleine
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement et Canton: Provins - 77


Maison du Temple de La Madeleine
Localisation: Maison du Temple de La Madeleine



Propriété privée en cours de restauration par son propriétaire
La Madeleine, image Jack Bocar
Maison de La Madeleine - Image Jack Bocar


C'est le seul édifice restant en ville haute.
Son origine remonte au XIIe siècle.
C'est un bâtiment massif avec une tour d'angle « le toumillon. »
Les salles y sont voûtées d'ogives.
Un puit d'eau salée y a été creusé et date de la même époque.
L'édifice existe toujours (ferme).
On y pesait la laine.
Sources: Monuments de France

 

Madeleine-lez-Joigny (La)   (89)
Maison du Temple La Madeleine-lez-Joigny
Département: Yonne, Arrondissement: Auxerre, Canton: Joigny - 89


Maison du Temple La Madeleine-lez-Joigny
Localisation: Maison du Temple La Madeleine-lez-Joigny


La Madeleine c'était dès l'origine, une commanderie du Temple, dont la maison et la chapelle étaient situées à Joigny, hors de la porte « Prexil » sur la route de Troyes. Il dépendait de cette maison, 120 arpents environ de terre à labour et en pré.

Si l'on devait juger de l'époque de la fondation de cet établissement d'après celle de sa chapelle, il faudrait la faire remonter au commencement du XIIIe siècle. Il nous reste encore une charte de Pierre, comte de Joigny, de l'année 1219, par laquelle il reconnaît avoir donné aux frères du Temple, établis à Joigny, 15 livres de rente, pour faire une chapelle dans leur maison, et y faire dire la messe tous les jours.

Des lettres de la reine de Navarre, comtesse de Champagne, de l'année 1255, confirment celles de Guillaume, comte de Joigny, par lesquelles celui-ci avait reconnu que le Commandeur et les frères du Temple lui avaient payé une somme de 500 livres tournois pour leurs acquêts, tant en fiefs, domaines, qu'en censives dans tout le comté de Joigny.

Le revenu de la Madeleine, avec celui de Saint-Thomas, portait, en 1456, 65 livres tournois; en 1519, 160 livres, y compris le rapport de la terre de Jaulges que nous verrons ci-après. Le même revenu s'élevait, en 1664, à 1,600 livres; et en 1777, à 3,000 livres.

Anciens commandeurs de La Madeleine-lez-Joigny
1355. Fr. Guillaume de Mailg, Grand-Prieur.
1390. Fr. Richard Lecamus.
1465. Fr. Jehan Morand.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Magnac-Bourg   (87)
Maison du Temple de Magnac
Département: Haute-Vienne, Arrondissement: Limoges, Canton: Saint-Germain-les-Belles, Commune: Vicq-sur-Breuilh - 87


Maison du Temple de Magnac
Localisation: Maison du Temple de Magnac


La carte de l'état-major indique un lieu-dit le Temple, au nord de Magnac ; c'est là sans doute qu'il faut placer cette maison du Temple de Magnac « de Manhaco, Lemovicensis diocesis » que dirigeait, en 1307, frère Guillaume « Malmon », chevalier, qui fut enquêté, en 1308, à Rome.
Schottmuller, tome II, pages 22, 26

Précepteur de Magnac
1307, frère Guillaume de Maumont, chevalier.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

 

Magnet   (03)
Maison du Temple Magnet
Département: Allier, Arrondissement: Montluçon, Canton: Hérisson, Commune: Cosne-d'Allier - 03


Maison du Temple Magnet
Localisation: Maison du Temple Magnet


Maison du Temple Magnet, sur la commune de Cosne-d'Allier, n'était qu'une simple annexe de Saint-Jean-entre-les-Vignes. A l'origine, elle appartenait à l'Ordre du Temple. Au XVIIe siècle, les hospitaliers ne possédaient plus que des cens, mais une pièce d'eau appelée étang Saint-Jean et un puits carré dans la cour même du domaine en rappellent le souvenir.
Sources: Georges CHATARD - Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais fondée en 1845. Tome 70 4e trimestre 2000.

 

Magrigne   (33)
Chapelle du Temple de Magrigne
Département: Gironde, Arrondissement: Bordeaux, Canton: Saint-André-de-Cubzac, commune: Tauriac - 33


Chapelle du Temple de Magrigne
Localisation: Chapelle du Temple de Magrigne


L'église de Magrigne, d'allure élancée est de style roman. Elle mesure environ 25 mètres de long sur 10 de large. Une corniche horizontale divise les quatre faces de la construction en deux étages. Au-dessous de cette corniche, des corbeaux régulièrement espacés devaient autrefois supporter les poutres constituant la charpente de bâtiments conventuels qui entouraient l'édifice.


Chapelle de Magrigne
Chapelle de Magrigne - Sources image Jack Bocar


L'oratoire, soutenu par des contreforts très larges mais peu épais, présente un chevet plat surmonté d'un pignon triangulaire percé de trois hautes fenêtres en plein cintre.


Chapelle de Magrigne
Chapelle de Magrigne - Sources image Jack Bocar


Au-dessous du clocher, une fenêtre romane étroite et longue éclaire la nef. Cette nef est voûtée en berceau ogival. Un banc de pierre, caractéristique des constructions religieuses du XIIe siècle dans le bordelais, l'entoure jusqu'au choeur. L'accès à la chaire se fait par un escalier creusé dans l'épaisseur du mur Nord.


Chapelle de Magrigne
Chapelle de Magrigne - Sources image Jack Bocar


Au cours des campagnes de restaurations de la chapelle templière, il a été mis à jour sur les piliers des croix peintes au pochoir.


Chapelle de Magrigne
Chapelle de Magrigne - Sources image Jack Bocar


Elles ont été datées du XIIIe siècle, pour une petite partie d'entres-elles. Quelques-unes ont été restaurées et elles ont retrouvées leur couleur d'antan.


Chapelle de Magrigne
Chapelle de Magrigne - Sources image Jack Bocar


Il a été découvert aux cours des campagnes de fouilles les sarcophages des Templiers inhumés autour de l'église templière. Comme en général, les Templiers avaient droit de imetièreTempliers.netcimetière, il était plus que probable de découvrir des tombes.


Chapelle de Magrigne
Chapelle de Magrigne - Sources image Jack Bocar


Mais, là, où les archéologues ont été agréablement surpris, c'est la mise au jour de ces sarcophages.
Sources: Historique de la chapelle sur la plaquette de la visite

Chapelle de Magrigne
Voici, d'après un document déposé aux archives départementales et intitulé: Procès-verbal de visite générale de la commanderie de Bordeaux, possédée alors par messire frère Pons François de Rosset de Rocazel, bailly de Fleury, commencé le 11 août 1759, et clos le 19 septembre suivant, la liste des églises ou chapelles possédées à cette époque par l'ordre de Malte, et dont bon nombre appartinrent sans doute primitivement aux Templiers. »


Chapelle de Magrigne
Chapelle de Magrigne - Sources image Jack Bocar


« A Bordeaux: chapelle dédiée à Saint-Jean, rue du Temple; plus deux autres chapelles dédiées l'une à Sainte Catherine et l'autre à Saint-Jean, situées la première rue Sainte-Catherine, et la deuxième sur le Port-saint-Jean. »


Chapelle de Magrigne
Chapelle de Magrigne - Sources image Jack Bocar


« Dans le Département: chapelles de Pomérol (près Libourne), Lalande (canton de Libourne), Chalaure, Arveyres et une annexe, Saint-Pierre-de-Vaux, Cadarsac, Quegnac en Fronsadais, Marcenais, Magrigne, Lagrave d'Ambarès, Lairivaux, Martignas, Pellecahus (paroisse de Saint-Julien, Médoc) (en ruines), Artigues en Benon (paroisse de Pauliac-Hôpital), Mignor, Saint-Germain d'Esteuil (hôpital), Grayan (hôpital), Saint-Jean de -Marsillan (Médoc), Benon (Médoc), Saint-Jean-de-Fargues, Mauriac, Saint-Jean-de-Buch, Puch, annexe de Sallebruneau, Sallebruneau, Saint-Jeandes-Esthées (paroisse de Saint-Paul en Born). »
Sources: Bulletin archéologique publié par le comité historique des arts et monuments. Quatrième volume. Paris 1847 et 1848.

Chapelle de Magrigne
Non loin de l'hôpital de la Lande, dans la vicomté de Fronsac, les Templiers possédaient une petite commanderie qui comprenait les seigneuries de Marcenais et de Queynac, avec les paroisses de Larrivau, Magrigne et Chalauze. Si nous ne pouvons préciser l'origine de cette circonscription de l'Ordre du Temple, les archives nous fournissent les chartes de quelques-unes des donations qui lui furent faites dans le cours du XIIIe siècle.


Chapelle de Magrigne
Chapelle de Magrigne - Sources image Jack Bocar


En 1232, Guillaume Erra, chevalier du Bourg, s'était rendu dans l'église de Marcenais, où se trouvait réunie, sous la présidence d'A, abbé de Saint-Vincent du Bourg, une nombreuse assemblée, composée de seigneurs du voisinage et de chevaliers du Temple; il venait donner à la maison de Marcenais le moulin du Peyrat qu'il possédait sur la Saye; pour assurer plus de validité à sa donation, G. Erra fit apposer, au bas du parchemin, les sceaux de l'archevêque de Bordeaux, de l'abbé du Bourg et des principaux seigneurs présents à la cérémonie En 1250, le Temple de Marcenais recevait encore de la libéralité d'un autre seigneur, Hélie Wilhelm, chevalier de Villegoriges, le moulin Vielh, situé également sur la rivière de la Saye.
Sources: A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.

Magrigne sous les Hospitaliers
Comme nous l'avons vu pour la Maison de Marcenais, ce même membre de Marcenais dépendaient plusieurs petites paroisses. Le peu d'importance de celle de Magrignes avait suggéré à un des commandeurs de Bordeaux l'idée d'économiser le traitement d'un vicaire perpétuel, en réduisant cette église au rang de simple chapelle; mais les habitants protestèrent vivement, disant que, puisque leur seigneur percevait les dîmes de leurs récoltes, il était juste qu'il s'acquittât de ses devoirs envers eux; malgré l'évidence de leur droit, ils ne purent obtenir que bien tardivement gain de cause et l'affaire traîna en longueur de 1686 à 1731.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)

Magrigne et les frères Mineur
Le travail est à l'homme condition de vie. Quoique d'ordre avant tout spirituel pour le frère Mineur, il n'en reste pas moins pour lui aussi le moyen providentiel de subsistance. Qu'il se livre plus entièrement à l'étude et à la prière ou qu'il exerce auprès des âmes le ministère sacré, c'est le travail qui lui donne droit à manger. Telle est la loi: « Pro mercede vero laboris pro se et suis fratribus corporis necessaria recipiant. »

Qu'à Saint-André-de-Cubzac le travail ait été pour les Cordeliers le principal moyen de ressources, il est aisé de le constater. N'oublions pas d'ailleurs qu'ils ne pouvaient guère vivre sans revenus fixes dans une petite ville de province, s'ils n'avaient pas assuré leur existence par un ministère assidu et bien rétribué. Au fruit du ministère ajoutons le bénéfice des quêtes, l'honoraire des messes, l'apport des pensionnaires, le produit enfin de l'enclos, et nous connaîtrons à peu près l'état de leurs ressources, la nature de leurs oeuvres.

Ils exerçaient le ministère ordinaire au bourg de Saint-André et dans les chapelles environnantes. Chaque samedi ou veille de fête, ils allaient vraisemblablement, qui à pied, qui à cheval (1), à l'une ou l'autre de ces églises pour n'en retourner le surlendemain qu'après avoir fait tous les offices religieux. Elles leur étaient confiées à titre purement temporaire par celui qui avait charge d'y pourvoir. Les plus souvent nommées sont Magrigne (2), S. Antoine, S. André, La Lande, Cubzac et Espessas. Au début le registre cite également Virsac et Salignac, deux noms qui ne paraissent pas dans les procès-verbaux de la fin. Somme toute, une moyenne de trois églises ou chapelles à desservir incombèrent tour à tour aux Cordeliers jusqu'au moment de leur suppression.
1. Soit pour la quête, soit pour le service de Magrigne, soit pour autres utilités, le cheval du couvent ou, à son défaut, celui qu'on louait au voisin, était de rigueur, paraît-il: « Avons acheté un cheval pour les questes et autres besoins de la maison, qui a couste 75 » (6 novembre 1727). « L'écurie est au bout du chay » (16 avril 1729).
2. L'église de Magrigne est aujourd'hui une annexe de Saint-Laurent d'Arce; d'abord aux Templiers, elle passa ensuite aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.

Sources: La France franciscaine. Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature. Paris 1912.

 

Mainbressy   (08)
Seigneurie du Temple de Mainbressy
Département: Ardennes, Arrondissement: Rethel, Canton: Chaumont-Porcien, Commune: Rocquigny - 08


Seigneurie du Temple de Mainbressy
Localisation: Seigneurie du Temple de Mainbressy


La terre et seigneurie de Mainbressy appartenait, au XIIIe siècle, à un nommé Robert de Mainbressy, « de Mainbreciaco », fils de Gobert, écuyer. Ce seigneur , par ses lettres du mois de décembre 1269, données sous le sceau de l'official de Reims, déclara que mû de dévotion et d'une profonde affection pour l'Ordre de la chevalerie du Temple d'Outremer, il avait fait don à la maison du Temple de Seraincourt de tout ce qu'il avait: « ès viles, et ès terrouers de Mambrecies-le-Grant et de Mambrecies-le-Petit, en terres, maisons, cens, rentes, prés, bois, eaux, moulins, justice et seigncurie. »

Il n'y avait pas longtemps que les Templiers étaient en possession de la terre de Mainbressy, lorsque Ernould, seigneur de Rocquigny, village voisin, voulut leur imposer diverses charges et leur contester certains droits; mais une sentence arbitrale, du mois de juin 1277, vint mettre fin à ce débat, en déclarant que Ernould n'avait pas le droit, comme il le prétendait, de pêcher au biez du moulin de Mainbressy-le-Petit, ni de faire moudre son grain au moulin du Temple; que, d'un autre côté, le choix du mayeur de Mainbressy-le-Grand était à la nomination des Templiers, sans qu'il fût besoin de son avis préalable; et que, pour son manoir, il était tenu de leur payer une laonisine de rente par an.

Nous avons trouvé un bail, fait le 14 mai 1355, de la maison de Mainbressy, « de Manibressi », membre alors de la baillie de Seraincourt, à frère Jehan de Bon-Oeil, moyennant 34 livres tournois de rente, monnaie courante, « et pour ce qu'il n'y a aucunes vignes appartenant à ladicte maison, le Commandeur sera tenu de baillier et délivrer audit frère Jehan, chascun an, trois muys de tel vin, comme il croistra es vignes de la baillie de Seraincourt. »
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Mairac   (11)
Domaine du Temple de Mairac
Département: Aude, Arrondissement: Carcassonne, Canton: Capendu - 11


Domaine du Temple de Mairac
Localisation: Domaine du Temple de Mairac


Les Templiers y possédaient de très nombreux biens en terres, vignes, redevances, pâturages, honneurs, bâtiments et redevances.

1161 (n. st.), 1er juillet
Bernard de Solario donne en propre alleu aux frères du Temple « l'honneur » qu'il avait dans la « villa » et le terroir de Mairac, et impose silence aux revendications possibles de sa postérité.
En 1162, le 1er juillet tombait un dimanche, et non un samedi, concordance qui s'observe par contre en 1161. Nous pouvons supposer que le copiste a employé le style de l'Annonciation, selon le calcul pisan; à moins qu'il n'ait commis la faute de transcrire .LXII. au lieu de .LXI.
Dans la marge de gauche titre de la fin du XIIIe siècle: Donatio quarundam rerum que sunt apud Mayrac.

1167, 15 mai
Richa renonce à ses prétentions sur « l'honneur » de Mairac que son frère, Bernard Seguin, avait donné au Temple en se donnant lui-même, et ce après jugement prononcé par les arbitres que la vicomtesse de Narbonne avait désignés à cet effet.

1168, 2 août ?
Bérenger le Comte donne au Temple, avec le consentement des siens, un « honneur » qu'il tenait de lui, composé de deux pièces de terre, de redevances sur des terres et vignes et de deux prairies, le tout dans le terroir de Mairac, à charge pour les frères de la milice de l'entretenir dans leur maison quand il le voudra.
Le 2 août (IV nonas) tombe un vendredi en 1168, un mercredi en 1167. Il y a erreur du copiste.


1169, 10 avril
Guilhem Auger (Augerii) et Pierre Le Moine son frère donnent au Temple leurs personnes et tous leurs droits. Guilhem Auger et son fils donnent ensuite la moitié d'un maillol au terroir de Mairac, plus 55 sous melgoriens et 25 sous ug. de gages; Pierre Le Moine donne l'autre moitié du maillol, avec 25 sous melg. et 25 sous ug. de gages.


1147 (n. st.), 31 janvier
Etienne Tesseire (Textori) et son fils donnent en alleu à Bernard, prieur de Saint-Jean de Carrière, et à ses confrères, un manse dans la « villa » de Mairac. Isarn et Arnaud, leurs parents, reçoivent pour la lausime qu'ils font de cette donation 12 deniers de Carcassonne.
Cartulaires des Templiers de Douzens - Publiés par Gérard et Elisabeth Magnou, sous la direction de Philippe Wolff - Paris, Bibliothèque Nationale - 1965

 

Maitres Templiers Haute-Avergne   (15)
Liste des Templiers appartenant à l'ancien diocèse d'Auvergne
Note: La liste ci-dessous comprend les frères du Temple de l'ancien diocèse d'Auvergne, quelques-uns sans date, mais de la fin du XIIIe siècle.
Sources: Bibliothèque nationale: Rouleaux Baluse, 3 et 4 - Archives Nationales: Trésor des Chartes, J 413. - Michelel: Procès des Templiers. - Trudon des Ormes: Maisons de quelques Templiers dans Revue de l'Orient Latin. - Marcellin Boudel: Mancrits.

Chevaliers
Alboin (d'), Durand, précepteur de Montforrand.
Alliac (d), Guillaume, précepteur d'Auvergne, 1228.
Blanc, Humbert, grand précepteur d'Auvergne, 1307.
Boisset (de), Guillaume.
Bort (de), François, grand précepteur d'Auvergne, 1289.
Breuil (du), précepteur de Chanonat, 1307.
Breon (de), Pierre, 1307.
Buisson (du), Raymond, grand précepteur d'Auvergne, 1279.
Buisson (du), Pierre, précepteur de Celles, 1282.
Celles (de), Dalmace. précepteur de Celles, 1216.
Cologne (de), Pierre.
Dauphin, Guy, grand précepteur d'Auvergne, 1300.
Fontanes (de), Jean, précepteur de Carlat, 1119.
Greil (de), Robert.
Laire (de), Durand, précepteur du Chambon, 1228.
Laire (de), Guy, précepteur du Chambon, 1228.
Lastic (de), Durand, 1307.
Lespinasse (de), Pierre, précepteur de Celles, 1246.
Lespinasse (de), Robert, précepteur de Celles, 1307.
Madic (de), Guillaume, commandeur de Bellechassagne et Lormetaux, 1280.
Madic (de), Hugues, commandeur de Bellechassagne et Lormetaux, 1297.
Madic (de), Pierre, commandeur de Bellechassagne et Lormetaux.
Montgacon (de), Guillaume, précepteur de la Tourette, 1269.
Sartiges (de), Bertrand, défenseur de l'Ordre, 1310.
Sauzet (de), Géraud, grand précepteur d'Auvergne.


Prêtres
Aureilhe, Pierre, curé de Carlat, 1307.
Carlat, Guibert, curé de Carlat, précepteur de la Fonlhouse, 1307.
Durand, Aldebert, 1307.
Golfier, Guérin, chapelain au Monteil, 1307.
Lajarousse, Etienne, curé d'Ydes, précepteur de la Chassagne, 1307.
Lagarde, Etienne, 1307.
Textoris, Guillaume, curé de Celles, 1307.
Ydes (d'), Etienne, 1307.


Servants
Adam, Jean, précepteur de la Tourette, 1307.
Aleyras (d'), Pierre, 1307.
Amblard, Bernard, 1307.
Auzon (d'), Bernard, 1307.
Auzon (d'), Pierre, 1307.
Avril (d'), Guillaume, 1307.
Blanc, Jean, 1307.
Besse, Géraud, 1307.
Bonhomme, Géraud, précepteur d'Albinhac-Saint-Paul, 1307.
Bonnefons (de), Pierre, 1307.
Cellarier, Etienne, 1307.
Charnier, Hugues, précepteur de Saint-Pourcain, 1307.
Charnier, Bernard, précepteur de Saint-Pourcain.
Charnier, Robert, précepteur de Saint-Pourcain.
Charnier, Durand, précepteur de Celles, 1292.
Charnier, Guillaume, précepteur de Celles, 1295.
Delcher, Aymeric, précepteur de la Rouzière, 1307.
Derame, Pierre, 1280.
Dupuy, Michel, 1307.
Fabre, Vital, 1307.
Gascon, Bertrand, 1307.
Gascon, André, 1307.
Lapeyre, Durand, 1280.
Lespinasse (de), Guillaume, 1280.
Mazagues (de), Guillaume, 1307.
Orcet (d'), Jean, 1307.
Raynaud, Pierre, précepteur de Buxières.
Ros ou Roux, Guillaume, 1307.
Salhens (de), Hugues, 1307.
Sarrazin, Jean, 1307.
Sudre, Géraud, 1307.
Senaud, Jean, précepteur de la Foulhouse, 1307.
Ussel, Barthélémy, 1307.
Villars (de), Bernard, précepteur de la Roche-Saint-Paul, 1307.
Sources: Bouffet (Abbé Hippolyte), Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Haute-Auvergne, dans Revue de la Haute-Auvergne, Aurillac, t. XVI (1914).

 

Maizieres-sur-Amante   (52)
Biens des Templiers de la Romagne à Maizières-sur-Amance
Département: Haute-Marne, Arrondissement, Langres, Canton: Chalindrey, Commune: Laferté-sur-Amance - 52


Biens des Templiers de la Romagne à Maizières-sur-Amance
Localisation: Biens des Templiers de la Romagne à Maizières-sur-Amance


Les Templiers ne possédent que quelques biens en ce finage, vignes et domaine en terres.
Sources: César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.

Maizières-sur-Amance, commune de La Ferté-sur-Amance.
— Maserie, 1170 (Archives de la Côte d'Or, Fonds du Temple de la Romagne)
— Maisières, 1423 (Fonds du Temple de la Romagne)
— Maizière-sur-Amance, XVIIIe siècle (Cassini)
Sources: Alphonse Roserot. Dictionnaire topographique du département de la Haute-Marne. Paris MDCCCCXXIV.

 

Malandrie (La)   (16)
Maison du temple La Malandrie
Département: Charente, Arrondissement: Confolens, Canton: Charente-Bonnieure, Commune: Saint-Laurent-de-Céris - 16


Maison du temple La Malandrie
Localisation: Maison du temple La Malandrie


Ces deux dernières maisons se trouvaient également dans l'ancien diocèse de Poitiers ; l'une a donné naissance au hameau La Malandrie, situé sur la route d'Ambernac à Saint-Laurent-de-Céris, où il ne reste plus aucun vestige.

L'Hôpital de Villetizon
Département: Charente, Arrondissement: Confolens, Canton: Charente-Nord - Commune: Villefagnan - 16


L'Hôpital de Villetizon
Localisation: L'Hôpital de Villetizon


Sur la carte de Cassini, qui date du XVIIIe siècle, le nom du village de Villitizon n'apparait pas encore, il existe sur les cartes de Géoportail
L'autre a vu son nom se transformer en celui de Villetizon, petit village au sud de Villefagnan.

Cette dernière ayant toutes les apparences d'un ancien château, est mentionnée au cadastre sous le nom de l'Hopiteau. Sa désignation confirme son appartenance à l'ordre des Hospitaliers, car de nombreuses commanderies de Malte sont ainsi appelées.
En raison des affinités présentées par le corps de logis avec celui de Villegats, toute proportion gardée bien entendu, on serait tenté de supposer qu'il fut édifié par l'un de ses gouverneurs.
L'oratoire se trouvait englobé dans le bâtiment à l'ouest et une tourelle, avec escalier en vis, occupait le centre de la façade septentrionale, dispositions architecturales communes aux deux édifices.
Des fenêtres à meneaux apparaissaient aux façades; elles furent détruites ces dernières années, ainsi que la tourelle dont il ne reste que la base.

Ce rapprochement avec Villegats permet de découvrir, de nos jours, le champ d'action de cette puissante commanderie qui devait cesser d'exister à la Révolution.
Sources: Les Templiers en Charente les Commanderies et leurs Chapelles - Charles Daras - S.A.H.C.

 

Malleyrand   (16)
Maison du Temple de Malleyrand
Département: Charente, Arrondissement: Angoulême, Canton: Val de Tardoire, Commune: Yvrac-et-Malleyrand - 16


Maison du Temple de Malleyrand
Localisation: Maison du Temple de Malleyrand


De tous les édifices construits par les Templiers, la chapelle de Malleyrand est de beaucoup le plus séduisant. Son architecte, avec une rare habileté, aura concilié le point de vue artistique et les disciplines de l'ordre. De fait, après avoir visité tant de sanctuaires empreints d'une grande austérité et en particulier la chapelle du Petit Mas-Dieu, où ses affinités limousines en accentuent la sévérité, on éprouve une vive satisfaction à rencontrer un monument aussi plein de distinction.

Les belles proportions de l'architecture, ainsi que les qualités de la décoration, témoignent du goût de l'artiste qui ne sera pas resté insensible au charme de nos églises de l'Angoumois. Ses emprunts, toutefois, resteront discrets.


Chapelle du Temple de Malleyrand
Chapelle du temple de Malleyrand - Image Jack Bocar


La chapelle Saint-Jean, encadrée par ses deux pignons, domine à flanc de coteau un profond vallon boisé isolée, non loin du village d'Yvrac-et-Malleyrand. Sa construction sobre se détache du paysage avec beaucoup de caractère.

Son plan rectangulaire, la chapelle est longue de vingt-et-un mètres et large de huit mètres quatre-vingts, comprenant trois travées de dimensions égales, se développe avec la régularité habituelle, mais, cette fois, d'élégantes colonnes, qui soutenaient les doubleaux de la voûte, en atténuent la sévérité. Aucune ouverture n'apparaît aux gouttereaux de la nef; comme à l'ordinaire, la lumière vient du choeur. Ce dernier, faisant corps avec la nef, est éclairé par un triplet et par des fenêtres latérales. De belles moulures soulignent les cintres des baies dont la symétrie est respectée. Aucune reprise n'ayant altéré cet édifice du XIIe siècle, la construction aurait intégralement conservé sa noble ordonnance si la voûte n'avait disparu.


Chapelle du temple de Malleyrand
Chapelle du temple de Malleyrand - Image Jack Bocar


L'ornementation n'est pas moins délicate à la façade. Une archivolte en forme de tresse affine les trois voussures du portail, retombant sur des colonnettes. Le sculpteur n'a pas seulement ouvragé les chapiteaux, mais encore les fûts qui sont entourés de cercles ou annelés sur toute leur longueur. Cette décoration n'est cependant pas exceptionnelle, puisqu'on la retrouve sur plusieurs portails de la région, notamment à l'église de Jauldes. Des cordons, dont l'un repose sur des modillons sculptés, assouplissent la façade sur laquelle s'ouvre une fenêtre, entourée d'un galon mouluré et encadrée de colonnettes.

Un clocher-arcade à une seule baie domine le pignon. Enfin, de légers contreforts répartis, suivant la coutume, aux angles de l'édifice, en assurent la solidité.
Sources: Les Templiers en Charente les Commanderies et leurs Chapelles - Charles Daras - S.A.H.C.

 

Mallolière (La)   (17)
Domaine du Temple de La Mallolière
Département: Charente-Maritime, Arrondissement: La Rochelle, Canton: La Jarrie - 17


Domaine du Temple de La Mallolière
Localisation: Domaine du Temple de La Mallolière


En juin 1284, Pierre Maillou, fils de feu Jean Maillou se donna à Dieu, à Notre-Dame et au Temple de La Rochelle avec tous ses biens, et spécialement son hébergement et toutes ses appartenances, qu'il possédait à La Maillolière et environs.

Par baillette passée le 14 juillet 1327, les Hospitaliers abandonnèrent La Maillolière à Simon Guillem, bourgeois de La Rochelle. Par la suite, elle deviendra seigneurie.
Jean-Claude Bonnin - Les Templiers de La Rochelle. La commanderie, la chapelle, les fiefs, seigneureries et maisons templières. La Rochelle : J.-C. Bonnin. 2005

 

Manciet   (32)
Maison du Temple de Manciet
Département: Gers, Arrondissement: Condom, Canton: Nogaro - 32


Maison du Temple de Manciet
Localisation: Maison du Temple de Manciet


Par cet acte, il donnait en indivis aux Templiers et aux Hospitaliers comme compensation de son pèlerinage, tous ses droits « sur le lieu de Manciet », où s'élevait jadis une célèbre « place forte » excepté les dîmes et les pouvoirs ecclésiastiques qu'il laissait à l'archevêque d'Auch ; pour cette charte il supprimait tout le droit de péage exigé, jadis en son nom de tout voyageur traversant le territoire de Manciet.

Après avoir réglé le paiement de ses dettes, ordonné différentes restitutions et plusieurs legs pieux, le mourant confiait l'exécution de ses dernières volontés à l'archevêque d'Auch, à l'évêque de Tarbes et à ses féaux chevaliers, Garsie de Novaille, Odon d'Audongs, Wilhelm de la Gingue, Raymond-Arnaud de Coaraze.

Avant de mourir, Guillaume-Raymond de Moncade ordonna, par une missive, conservée dans les archives, à Raymond-Arnaud le de Legagnos, « son chevalier et fidèle bailli de Gavarred », de mettre les Hospitaliers et les Templiers en possession du lieu de Manciet et de son territoire. Nous trouvons encore dans cette même liasse un mandement adressé par ce même prince « à ses chevaliers et hommes de Manciet », leur prescrivant d'avoir à reconnaître pour leurs seigneurs du Temple et de l'Hôpital.

La seigneurie et le territoire de Manciet avaient été affectés aux Templiers de Bordères et aux Hospitaliers de Sainte-Christie, qui les possédèrent par indivis. Mais ils ne devaient pas jouir longtemps en paix de leur nouvelle possession.
La Croisade contre les Albigeois avait engendré un nouvel Ordre religieux et militaire, comme de la première croisade étaient issues les deux milices de l'Hôpital et du Temple.

C'était celui des chevaliers de la Foi, de la Paix ou de l'Epée, dont Amanieu de Grezinhan, archevêque d'Auch, avait été le fondateur, en 1230. Leur but était de lutter contre l'hérésie, de combattre l'usurpation des biens ecclésiastiques, de faire respecter là trêve de Dieu et de réprimer les brigandages qui désolaient le pays. Revêtus d'un habit blanc, portant sur la poitrine une croix rouge brodée en sautoir et composée d'une crosse et d'une épée, ces chevaliers formaient une milice, dépendant des archevêques d'Auch, qui favorisèrent de tout leur pouvoir ses progrès. Est-ce d'après l'avis de l'archevêque Amanieu, ou est-ce en suivant ses propres inspirations qu'agit, en cette circonstance, Guillaume II de Moncade, vicomte de Béarn; les archives ne nous l'apprennent pas; toujours est-il qu'il crut pouvoir faire entrer le nouvel Ordre en paréage avec ceux du Temple et de l'Hôpital, et qu'il leur donna une portion de la seigneurie de Manciet.

Forts de cette donation, les chevaliers de la Paix vinrent s'établir sur ce territoire et se mirent en devoir de relever de ses ruines la vieille place de Manciet.

Le Prieur de l'Hôpital et le Précepteur du Temple de Bordères adressèrent aussitôt leurs réclamations au Saint-Siège contre cette audacieuse usurpation, le Pape Grégoire IX délégua, par une bulle, datée des Ides d'Octobre, 10e année de son pontificat (15 Octobre 1236), le prieur de Saint-Marie d'Auch, l'archidiacre de Gimoës et l'official de Carcassonne, pour étudier la question et terminer le différend. Les juges ayant cité les deux parties à leur barre, les chevaliers de l'Epée, peu confiants sans doute dans la justice de leur cause, firent défaut, tandis que les principaux dignitaires des maisons du Temple et de l'Hôpital dans la contrée se présentèrent, produisant les chartes de donation qui établissaient leurs droits. Aussi, la sentence rendue à Manciet, le lundi après la Pentecôte, de l'année 1239, ordonna-t-elle aux chevaliers de la Paix d'avoir à remettre, à leurs adversaires, le château de Manciet avant la fête de Saint-Jacques. Les chevaliers, ayant déclaré ne pas vouloir se soumettre à l'arrêt qui les frappait, les délégués du Saint-Siège fulminèrent l'excommunication contre eux.

Tout porte à croire que les chevaliers gascons étaient soutenus dans leur résistance, qui se prolongea pendant de longues années, par Amanieu de Grezinhan, leur fondateur et leur premier Grand-Maître. Mais après lui, son successeur, Espaing de Massac, reçut de Rome une bulle où le Pape Innocent IV le sommait de faire exécuter la sentence de 1239 (8e jour des calendes de février, an 3 du Pontificat, 25 Janvier 1245, et mit fin, peu de temps après à ces débats, en confirmant solennellement la première sentence (1246). Les chevaliers de l'Epée, ayant perdu leur principal appui, durent se soumettre et abandonnérent à leurs compétiteurs la ville et le territoire contestés.

Hôpital de Sainte-Christie
Département: Gers, Arrondissement: Condom, Canton: Grand-Bas-Armagnac, Commune: Sainte-Christie-d'Armagnac - 32


Hôpital de Sainte-Christie
Localisation: Hôpital de Sainte-Christie


Après la suppression de l'Ordre du Temple, le précepteur de Sainte-Christie eut seul la seigneurie de Manciet. Mais bientôt après, cette commanderie fut supprimée et ne forma plus qu'un membre de celle de la Cavalerie. Outre le territoire de Manciet, l'Hôpital de Sainte-Christie possédait, sur la rivière de Barsalonne, des moulins qui lui avaient été donnés par dame Amate (ou Mathe), comtesse d'Armagnac; cette dernière fut ensevelie, ainsi que nous l'apprend un document de 1622, dans l'église de Sainte-Christie: « en laquelle son tombeau paroît encore avec des marques qui tesmoignent qu'il estoit somptueusement basty. »

Le précepteur était de plus seigneur spirituel des paroisses de Saint-André-d'Esquerens, et de Saint-Jean-de-Barcanères, situées près de Castillon. Dans les dépendances de cette dernière, il possédait aussi l'église et le dîmaire de « Sainte-Marie-que-Diù-no-sap » et devait pour cela l'hommage aux seigneurs de Barcanères, ainsi qu'une paire d'éperons dorés à chaque mutation.

Dans la période postérieure à la suppression de cette préceptorerie, nous ne trouvons à extraire des archives que le procès soutenu par le Commandeur de la Cavalerie contre le roi de Navarre, qui lui réclamait l'hommage pour les terres de Manciet, et terminé en faveur du premier par arrêt du Parlement en 1539.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)

L'hôpital primitif de Barcelonne
Le moyen âge eut ses pèlerinages de dévotion... Les croisades ! Et le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, de Santiago, capitale de la Galice ! Le pape Léon III, c'est-à-dire au commencement du IXe siècle, à la prière d'Alphonse le Chaste, roi de Galice, transféra l'évêché d'Ira dans la ville de Compostelle, où le corps de saint Jacques, le bienheureux apôtre de l'Espagne, retrouvé à Ira, venait d'être transféré. Depuis cette époque, les miracles sans nombre que firent ces reliques rendirent ce lieu si célèbre, qu'après le pèlerinage de Jérusalem et de Rome il n'y en eut point au monde d'aussi renommé. Les princes chrétiens Contribuèrent puissamment à ce renom, en établissant, de toutes parts, des hôpitaux pour loger et nourrir les pèlerins de Saint-Jacques. M. Adrien Lavergne a retracé les Chemins de Saint-Jacques en Gascogne (1).

Notre chemin est celui passant par Notre-Dame du Puy, Sainte-Foy-de-Conques, Saint-Pierre-de-Moissac. Après Moissac, les pèlerins faisaient halte à Auvillars, ensuite, à Miradoux, Lectoure, Condom, Eauze, Manciet, l'hôpital de Sainte-Christie, Nogaro, Arblade-Brassal ou Comtal; de là, la voie passait, non loin de Violes, et prenait, dans cette contrée, d'après les Comptes consulaires de la ville de Riscle, le nom de « chemin de Sainte-Quitterie »
Elle rencontrait l'hôpital de Cosset, « l'hospitalium de Cosseto, Cauffeto, Caufeyo, Coffeido. »

Les Templiers de Manciet auraient-ils fondé l'hôpital de Cosset durant la période de 1118 à 1312 ? Nul n'ignore que les Templiers eurent à Manciet une commanderie, dont l'établissement datait de la première moitié du XIIe siècle. L'Ordre des Templiers fut aboli le IIe des nones de mai 1312, au Concile de Vienne, en Dauphiné, par le pape Clément V. — Quoi qu'il en soit, nous savons qu'après la suppression des Templiers, les Pères du Concile, adhérant à l'avis du pape Clément V, décidèrent que « les biens appartenant aux Templiers, ayant été donnés pour la défense des Saints-Lieux, il fallait leur conserver la même destination; qu'il était juste de les transporter aux chevaliers hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem (d'abord Ordre de Rhodes, et puis Ordre de Malte). » Or, après l'annexion, le corps des hospitaliers fut partagé en huit langues, c'est-à-dire en huit provinces ou nations. La langue de Provence comprenait trois grands prieurés: Saint-Gilles (Gard), Toulouse (Haute-Garonne) et Manosque (Basses-Alpes). Chacun de ces grands prieurés érigèrent des commanderies: le grand prieuré de Toulouse compta, parmi ses membres, la commanderie de la Cavalerie et la commanderie de l'hôpital de Sainte-Christie. L'hôpital de Cosset, s'il n'a pas été fondé de 1118 à 1312, devrait-il son existence aux hospitaliers de Sainte-Christie ?

Ce qui nous inclinerait à croire que, sinon les Templiers de Manciet, du moins les hospitaliers de Sainte-Christie, ont fondé l'hôpital de Cosset, c'est, entre autres bons arguments, le qualificatif conservé par la tradition du lieu: « Cosset » « à las Crotz »

Or, nous savons que le costume des hospitaliers consistait « en un habit, en temps de guerre, dit soubreveste, rouge, en forme de dalmatique, avec une croix blanche à huit pointes qu'ils portaient sur la poitrine et derrière le dos »

Le Cosset possédait une église, un cimetière. Il y a déjà quelques années, l'ouverture d'une marnière mit à découvert des tombeaux, mais sans caractère, du moins au dire des voisins. Il possédait aussi des biens-fonds: à Mondino, à la Magine, aux Artiquabols, au Busquet, à la rue de l'Hospitau.
1. Voyez, Les Chemins de Saint-Jacques en Gascogne, par M. Adrieu Avergne, 1887
Sources: Bulletin de la Société archéologique, historique, littéraire et scientifique du Gers. 1902 A4. Auch 1900-1924

 

Manduel   (30)
Domaine du Temple à Manduel
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Marguerittes - 30


Domaine du  Temple à Manduel
Localisation: Domaine du Temple à Manduel


La plaine de l'arrière-pays à l'ouest du Rhône. Là, la multitude des sites castraux témoigne d'un processus d'urbanisation des campagnes.
En effet, ces centres de peuplement aggloméré, dont certains ont pu accueillir une population non négligeable, offrent un bâti dense, souvent regroupé à l'abri de fortifications.

L'ordre du Temple investit relativement tôt les principaux castra de cette plaine entre Saint-Gilles et Nîmes, mais selon une chronologie qui échappe parfois à la documentation. Ainsi, rares sont les chartes illustrant la constitution des domaines de Calvisson ou d'Aimargues, mais également de castra environnant Nîmes, comme Cabrières, Marguerittes et Manduel. Les Templiers concèdent pourtant des terres en emphytéose dans tous ces lieux dès les années 1160, ce qui suggère la présence d'un patrimoine sans doute déjà respectable. Quelques achats apparaissent à Manduel entre 1160 et 1188:
Chartier du Temple de Saint-Gilles nº 013, 034, 099, 169.
Sources: Damien Carraz - l'Ordre du Temple dans la Basse Vallée du Rhône - 2005. Lyon

Domaine du Temple à Manduel
Rares sont en effet les actes documentant les premiers temps d'existence de la Maison du Temple de Saint-Gilles. Pourtant, les plus anciens actes du cartulaire - baux emphytéotiques ou confirmations de biens - révèlent que, dès les années 1150-1160, l'Ordre posséde déjà un solide noyau patrimonial.
Les Templiers donnent des biens à bail:
Au Luc, nº 279, 9 mars 1150-1151; nº 346, 1162.
A Olozargues, nº 246, 1158.
A Marguerittes, nº 342, 1160.
A Saint-Gilles, nº 42, 1160.
A Manduel nº 346, 1162.
A Bédilhan nº 280, 1160.

Des les années 1160, ils possédent des points d'ancrage au Caylar, à Aimargues ou à Calvisson, qui semble bien prouver qu'ils ont déjà rassemblé en ces lieux un temporel suffisant pour justifier la fondation des premières granges, nº 276, en novembre 1161 et nº 169, en septembre 1167.

Comme rien ne documente ces premières acquisitions, il est possible que des transactions n'aient pas immédiatement donné lieu à la rédaction de chartes et que les Templiers n'aient été incités qu'après coup à en demander une confirmation écrite: Par exemple, Valentia reconnait en 1164 qu'elle a donné une maison (nº 23, juin 1164). Et en 1196 Raimon de Saint-Sauveur confirme une vente effectuée dix-huit ans plus tôt, dont le cartulaire ne conserve pas de trace (nº 45, 1e novembre 1196).

De manière générale, à l'aube du développement des pratiques notariales dans cette région, on ignore s'il a pu arriver que des donations ou des ventes n'aient pas fait l'objet d'une mise par écrit. Il est vraisemblable également que certains parchemins aient été perdus avant la confection du cartulaire: L'inventaire des archives du Temple d'Arles dressé en 1308 ne mentionne aucun acte antérieur à 1156, alors que l'activité de cette Maison débute dès les années 1140.
Sources: Les cartulaires méridionaux - Par Daniel Le Blévec - Volume 19 de Etudes et rencontres de l'Ecole des chartes, Ecole Nationale des Chartes (Paris) - Librairie Droz, 2006.

 

Manteyer   (05)
Domaine du Temple de Manteyer
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement et canton: Gap - 05


Domaine du Temple de Manteyer
Localisation: Domaine du Temple de Manteyer


Les Templiers eurent à Manteyer des possessions assez considérables qui dépendaient de leur Maison de La Roche-des-ArnaudsBien du Temple à Roche-des-Arnauds
Domaine du Temple à Roche-des-Arnauds
.

Il y avait aussi à Mantmeyer une Maison de Sainte-Marie-Madeleine. Il est possible qu'elle fût une propriété de l'Ordre du Temple.

« Sur ce village de Manteyer, les Hospitaliers possédaient un domaine de douze charges de blé de revenu. »
Sources: Tableau historique du département des Hautes-Alpes. Etat ecclésiastique, administratif et féodal antérieur à 1789, histoire, biographie, bibliographie de chacune des communes qui le composent - par J. Roman. A. Picard (Paris) - 1887-1890

Manteyer
Mandement de Manteyer.
— Ancien mandement comprenant la seule commune actuelle de Manteyer.
— Mandamentum de Mantheerio, 1489 (Archives des Bouches du Rhône, fonds de Malte, commanderie de Gap).
Sources: Dictionnaire topographie du département des Hautes-Alpes rédigé par M. J. Roman. Paris Imprimerie Nationnale M. DCCC. LXXXIV.

 

Manthelon   (27)
Domaine du Temple à Manthelon
Département: Eure, Arrondissement: Evreux, Canton: Damville - 27


Domaine du  Temple à Manthelon
Localisation: Domaine du Temple à Manthelon


Il y avait autrefois à Manthelon une maison appartenant aux Templiers, et dont il ne restait plus au XVIe siècle qu'un enclos de vingt acres, sans aucun bâtiment, tenant au sentier allant de Breteuil à Villalet, et aboutissant au chemin de Nogent-le-Sec.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Manziat   (01)
Domaine du Temple à Manziat
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Bâgé-le-Châtel - 01


Domaine du  Temple à Manziat
Localisation: Domaine du Temple à Manziat


— In villa Manciaco, de Manziaco, Manzie, Manzia.
— Paroisse sous le vocable de saint Christophe.
— Le prieur de Saint-Pierre de Mâcon était collateur de la cure.
— Au milieu du Xe siècle, la chapelle Saint-Christophe de Manziat appartenait aux chanoines de Saint-Vincent de Mâcon, qui la cédèrent à leur évêque Adon. C'est très-probablement des évêques que le patronage de l'église de Manziat passa aux religieux de Saint-Pierre de Mâcon, mais je n'ai pu découvrir ni comment, ni à quelle époque. Il est seulement certain que ces derniers le possédaient déjà au XIIIe siècle.

— Dès 1224, les Templiers de Laumusse étaient possessionnés à Manziat. Les revenus de la cure, au XVIIe siècle, s'élevaient à environ 180 livres et consistaient en blé et en foin.
— Carlulaire Saint-Vincent de Mâcon, page 59, charte 70.
— Cartulaire de Savigny et d'Ainay, pages 950, 978, 1006 et 1017.
— Archives du Rhône, fonds de Malte, titres Laumusse.
— Visite pastorale de 1656, fº 371.
— Archives de l'Ain, série G.

Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.

 

Marac   (52)
Seigneurie du Temple de Marac
Département: Haute-Marne, Arrondissement: Langres, Canton: Langres - 52


Seigneurie du Temple de Marac
Localisation: Seigneurie du Temple de Marac


Dès 1159, les Templiers avaient une chapelle et possédaient une partie de la seigneurie de Marac avec les vestiges d'une forteresse, dit M. Courtépée, qu'on prétendait avoir été élevée par les anciens Lingons, et qui aurait été détruite en 1313 par ordre du roi Philippe-le-Bel.

Une voie romaine venant de Langres, appelée dans le pays levée de César, passait aux pieds de ce monument et allait plus loin dans la direction où était placée la maison du temple de Mormant.

Le fait le mieux prouvé, c'est qu'en 1188 Milo, abbé de Saint-Etienne de Dijon, avait donné aux Templiers de Marac un manoir seigneurial qui lui appartenait en ce lieu.
Sources: César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.

Marac, commune de Langres
— En 1789, Marac dépendait en partie de la Bourgogne, baillage de Montagne ou de Châtillon-sur-Seine, intendance de Bourgogne. L'autre partie était située en champagne, baillage et élection de Langres, notamment le château, qui était sur la Suize (Courtépée, tome IV, page 276)
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Haute-Marne, rédigé par Alphonse Roserot. Paris M. DCCCC. III.

 

Marbotte   (55)
Maison du Temple de Marbotte
Département: Meuse, Arrondissement: Commercy, Canton: Saint-Mihiel, Commune: Mécrin - 55


Maison du Temple de Marbotte
Localisation: Maison du Temple de Marbotte


Il s'agit là d'une maison templière qui a laissé des vestiges accessibles, à mi-chemin de Commercy et de Saint-Mihiel. Située à l'écart de la route conduisant de la vallée de la Meuse à Saint-Agnant-sous-les-Côtes, c'est aujourd'hui encore une exploitation agricole, appelée la Commanderie, à proximité d'un ruisseau qui aurait donné son nom au village de Marbotte implanté à huit cents mètres en amont. Cet établissement existait en 1160. En témoigne une charte de cette même année évoquant: « une discussion qui s'éleva alors entre les chevaliers de Marbotte et Ménégaud, abbé bénédictin de Saint-Mihiel. Ce dernier prétendait qu'un moulin appartenant aux Templiers, mais bâti sur un fonds de l'abbaye, était sa propriété, ainsi qu'une terre que ceux-ci possédaient à Mécrin. Les parties s'accordèrent. Ménégaud renonça à ses prétentions et les Templiers s'engagèrent à payer annuellement à l'abbaye un cens de six sous qui devait être porté à dix sous en cas de retard. »


Marbotte Chapelle
Chapelle de Marbotte - Sources image: Jean-Michel de Libdeau


Parmi les donations qui furent consenties aux Templiers figurent celles des seigneurs d'Apremont dont le château se trouvait alors à un peu plus d'une lieue vers le Nord-Est.

En 1223, ils reçurent d'eux une partie des dîmes d'Euville et une rente sur une vigne d'Apremont-la-Forêt.

En 1259, Gobert V promit de leur garantir le don que son aïeul, Gobert et sa femme Morsire leur ont fait de ce qu'ils avaient au ravois d'Apremont et en la grange de Saint-Aubin-sur-Aire.


Marbotte Chapelle
Chapelle de Marbotte - Sources image: Jean-Michel de Libdeau


Avant de partir en Terre sainte, trois chevaliers leur donnèrent des terres Raoul de jouy-sous-les-Côtes en 1216, Arnould de Rumont en 1220 et Laurent de Saint-Agnant-sous-les-Côtes en 1244.

Plusieurs particuliers leur procurèrent des héritages à Mécrin.
En 1263, Gilas de Rambucourt leur octroya le droit de pêche dans la Meuse entre Pont-sur-Meuse et le moulin de pierre de Mécrin.

On notera enfin avec intérêt qu'en 1274, Warnier de Bernécourt se fit templier dans la maison de Marbotte.

Il a été rapporté qu'à Ville-Issey, proche d'Euville, il y aurait eu une chapelle templière antérieure à la fondation du village, et à l'emplacement de laquelle on édifiera l'église paroissiale.


Marbotte Chapelle
Chapelle de Marbotte - Sources image: Jean-Michel de Libdeau


Dès 1338, les documents d'archives font état des Hospitaliers de Marbotte, lesquels succédèrent aux Templiers et fusionnèrent alors avec ceux de Doncourt.
La découverte de Marbotte constitue un pèlerinage aux sources de l'une des plus anciennes exploitations agricoles des Templiers en Lorraine. Ce qui en subsiste aujourd'hui présente les caractéristiques d'une ferme isolée dont les bâtiments sont aménagés autour d'une cour centrale pourvue d'un puits et entourée de la chapelle au Sud, du corps de logis à l'Est et des dépendances leur faisant face. Ces dernières ont été totalement reconstruites à notre époque. Mais l'aile Nord du logis a conservé des fenêtres à meneaux et des linteaux du XVe siècle, au temps des Hospitaliers.

Seule la chapelle, hélas désaffectée, est d'origine templière. Elle est orientée et fut dédiée à Notre-Dame.


Marbotte Chapelle
Chapelle de Marbotte - Sources image: Jean-Michel de Libdeau


Etayées par des contreforts, les façades latérales ont été percées de petites fenêtres étroites de l'époque de transition du roman au gothique, celles du Sud ayant été murées.

L'édifice comporte trois travées qui furent peut-être voûtées en berceau avant de recevoir au XVe siècle des voûtes à croisées d'ogives retombant en pénétration sur des colonnes engagées, mais qui ont disparu récemment.
La première travée était dépourvue de clef de voûte. Elle s'appuie à l'Ouest contre une dépendance moderne.

La deuxième travée avait une clef décorée d'une croix de Malte. C'est au milieu de cette travée, sur la face Nord, qu'on pénètre dans la chapelle par un portail en plein cintre, à archivolte torique et à tympan nu reposant sur des colonnettes à chapiteaux ornés de feuilles d'acanthe.


Marbotte Chapelle
Chapelle de Marbotte - Sources image: Jean-Michel de Libdeau


La troisième travée, aujourd'hui défigurée, était celle du choeur fermé à l'Est par un chevet droit. Celui-ci était percé d'une fenêtre gothique dont subsiste la partie supérieure au-dessus d'une porte charretière moderne. La clef de voûte était armoriée, et entre les nervures, on avait peint les attributs des quatre évangélistes.

On pouvait encore découvrir au siècle dernier des fragments de peintures murales figurant entre autres un Christ en croix, un personnage auréolé et une croix de Saint-André.
A l'intérieur de la nef, un banc de pierre est adossé aux parois et le mur Sud du choeur a conservé son lavabo double.
La couverture est en tuiles modernes à deux versants et ne comporte aucun clocheton.
Austère à l'origine, l'édifice a été embelli par les Hospitaliers qui le dédièrent à saint Jean-Baptiste.

Commandeurs Templiers
1264: Villaris, frère.
1269: Baudignon, frère.
1272: Wauthier, frère.
1274: Martin, frère: maître des maisons du Temple et Bailli de Loraine.
XXXX: Henry de Vauquelour, frère.
Sources: D'après l'ouvrage: Les Templiers en Lorraine de Michel Mazerand. Edition JMC

Maison du Temple de Marbotte
— Marbotte, village sur le ruisseau de Marbotte, à 7 kilomètres au sud de Saint-Michel.
— Novelle domui Templi de Marbottes, 1223 (Charte de Gobert d'Apremont)
— Commanda de Marbot, 1642 (Mâchon)
— Marbot, 1700 (Carte d'Etat Majors)
— Il y avait une maison de l'Ordre de Malte dite la Commanderie; en 1259, Gobert d'Apremont promet de garantir à la Maison du Temple de Marbotte le don qu'il lui a fait, ainsi que Morsire, sa femme, de ce qu'ils avaient au ravoir d'Apremont et en la grange de Saint-Aubin.
— Actuellement, arrondissement et archiprêtré de Commercy, commune et doyenneté de Saint-Michel.
— Ecarts: La Commanderie, Ronville.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Meuse, rédigé par M. Félix Liénard. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXII.

Maison du Temple de Marbode
Marbode ou Marbotte (Marbodus ou Marboda), village situé à une lieue et demie de Saint-Mihiel. Le temple de Marbode était primitivement un prieuré de bénédictins. Après la suppression de l'ordre du Temple, il fut donné aux Hospitaliers, auxquels il appartint jusqu'à la Révolution (1). L'histoire a conservé le souvenir d'un fait relatif à cette maison. Vers l'année 1160, il s'éleva une discussion entre les chevaliers de Marbode et Manegaudus, abbé de Saint-Mihiel. Ce dernier prétendait qu'un moulin appartenant aux Templiers, mais bâti sur un fonds de l'abbaye, était sa propriété, ainsi qu'une terre que les chevaliers possédaient dans une localité nommée Meserin ou Mécraigne (Mecrin, Marbotte.gif - 550). Enfin les parties s'accordèrent. Manegaudus renonça à ses prétentions, et les Templiers s'engagèrent à payer annuellement à l'abbaje un cens de six sous, qui devait être porté à dix sous en cas de retard. Cette transaction fut confirmée par le grand-précepteur de France, ce qui nous confirme dans l'idée que les temples du Barrois dépendaient de la province de France, et non de celle d'Allemagne (2).
1. V. Histoire de Verdun, page CIV.
2. V. Histoire de la célèbre et ancienne abbaye de Saint-Mihiel, etc., par le B. P. Dom Joseph de l'isle, abbé de Saint-Léopold, prieur de l'abbaye de Saint-Mihiel, page 120.

Sources: M. Auguste Didot. Mémoire sur les Etablissements de l'Ordre du Temple en Lorraine (Duchés de Lorraine et de Bar, évêchés de Metz, Toul et Verdun). Tome I, Nancy MDCCCLVI.

 

Marcamps   (33)
Chapelle de Lurzines à Marcamps
Département: Gironde, Arrondissement: Blaye, Canton: L'Estuaire, Commune: Prignac-et-Marcamps - 33


Chapelle de Lurzines à Marcamps
Localisation: Chapelle de Lurzines à Marcamps


Sur la paroisse de Marcamps, les Templiers de Marcenais étaient détenteurs de la chapelle romane de Lurzines.
Il en reste quelques ruines, elles ne sont pas visibles, c'est une propriété privée.
Sources: Les sites Templiers de France, par Jean-Luc Aubardier et Michel Binet, Editions Ouest-France

 

Marcenais   (33)
Maison du Temple de Marcenais
Département: Gironde, Arrondissement: Blaye, Canton: Le Nord-Gironde - 33


Maison du Temple de Marcenais
Localisation: Maison du Temple de Marcenais


Non loin de l'hôpital de la Lande, dans la vicomté de Fronsac, les Templiers possédaient une petite commanderie qui comprenait les seigneuries de Marcenais et de Queynac, avec les paroisses de Larrivau, Magrigne et Chalauze. Si nous ne pouvons préciser l'origine de cette circonscription de l'Ordre du Temple, les archives nous fournissent les chartes de quelques-unes des donations qui lui furent faites dans le cours du XIIIe siècle.

En 1232, Guillaume Erra, chevalier du Bourg, s'était rendu dans l'église de Marcenais, où se trouvait réunie, sous la présidence d'A, abbé de Saint-Vincent du Bourg, une nombreuse assemblée, composée de seigneurs du voisinage et de chevaliers du Temple; il venait donner à la maison de « Marcenais le moulin du Peyrat qu'il possédait sur la Saye »; pour assurer plus de validité à sa donation, Guillaume Erra fit apposer, au bas du parchemin, les sceaux de l'archevêque de Bordeaux, de l'abbé du Bourg et des principaux seigneurs présents à la cérémonie.

En 1250, le Temple de Marcenais recevait encore de la libéralité d'un autre seigneur, Hélie Wilhelm, chevalier de Villegoriges, le moulin Vielh, situé également sur la rivière de la Saye.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)

Maison du Temple de Marcenais
Marcenays: L'Eglise Templière de Marcenais, Construite au 12ème siècle par les Chevaliers de l'Ordre du Temple. Les Hospitaliers et les générations qui suivirent, préservèrent ce témoin de notre histoire. La Commanderie de Marcenais était une étape sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle. L'église servit de moyen de défense pendant les époques troubles comme en témoignent des fortifications.


Chapelle de Marcenais, image Jack Bocar
Chapelle de Marcenais, image Jack Bocar


Au XIIIe siècle, Moulin de Charlot, Moulin à eau sur la Saye, donné aux Templiers en 1232.
Moulin de Maupas: Un moulin est attesté dès le XIIe siècle, les templiers de Montarouch et les moines de la Sauve Majeure s'en disputant la possession au même titre que d'autres possessions dans la région. Le commandeur et l'abbé Pierre de Laubesc prient alors l'archevêque de Bordeaux de régler ce différend. En 1196, il est décidé que le moulin relève du monastère de la Sauve Majeure. Cet établissement est mentionné en 1488 sous le nom de Moulin de Martres de Mal-Pas.
Sources: Historique communal

Marcenais sous les Hospitaliers
Peu de temps après avoir pris possession de la commanderie de Marcenais, les Hospitaliers la supprimèrent, en la fondant dans celle de Bordeaux. Dans le courant du XIVe siècle, messire Raymond, vicomte de Fronsac, avait obtenu des habitants de Marcenais, qui relevaient de lui, un secours extraordinaire en blé, vin et argent, pour faire face à certains besoins pressants, où il se trouvait. Mais les vassaux craignant que leur seigneur fût tenté d'abuser de la situation, en transformant le don gratuit en redevance ordinaire, vinrent le prier respectueusement de déclarer qu'il ne se prévaudrait pas à l'avenir de leur bonne volonté et ne leur réclamerait pas la subvention qu'ils avaient consenti à lui accorder. Le vicomte de Fronsac accéda à ces justes désirs et leur octroya, le 14 juillet 1347, une charte solennelle constatant leurs droits et revêtue du sceau de ses armes.

Un des caractères les plus frappants, qui distinguent les hommes de cette époque, c'est le contraste existant entre leurs dehors souvent rudes et impitoyables et l'excessive sensibilité de leurs coeurs. Qui n'a lu, dans notre vieux Joinville, comment ces hommes de fer savaient, après la bataille, s'apitoyer sur les infortunes d'autrui et pleurer moult tendrement à quelque récit émouvant. Ce caractère nous le retrouvons partout. Si parfois la rigueur de la législation du moyen-âge peut surprendre, on voit souvent aussi la pitié des juges venir la tempérer avec une mansuétude, à laquelle un fréquent usage donnait presque force de loi. Voici un épisode, à la fois naïf et touchant, recueilli dans les registres du tribunal de Queynac. En l'année 1340, tout le pays avait été dévasté par une de ces terribles bandes de routiers, qui tuaient les habitants, pillaient les récoltes, incendiaient les maisons, malheurs fréquents dans ces temps troublés. Grâce aux forces dont put disposer le commandeur, ces redoutables malfaiteurs furent cernés, pris et jetés dans les cachots du donjon de QueynacQueynac, image Jack Bocar
Queynac
. Quelques jours après, nous voyons le chevalier Sobiran de Rivalz, commandeur, entouré de ses religieux et des autres membres de son conseil, dans la salle du Consistoire, siégeant sur son tribunal; devant lui sont déposés les coutumes de la ville et le livre des saints Evangiles, « afin, dit le manuscrit, de se placer en la présence de Dieu, source de toute justice et de toute miséricorde. » Après avoir fait le signe de la croix, il ordonna à ses hommes d'armes d'introduire les accusés. Voici tout d'abord le capitaine de la bande, Ranulphe Guilbaud; sa culpabilité est trop évidente et le sort qui l'attend, trop certain, pour qu'il songe à recourir à des dénégations inutiles. Aussi la sentence est-elle promptement rendue et le coupable livré à l'exécuteur qui le conduit immédiatement aux fourches patibulaires de Queynac. Puis vient le tour du second accusé; c'est un jeune homme, le frère du capitaine, que ce dernier avait entraîné par ses conseils et ses mauvais exemples, et dont il avait fait son lieutenant: accablé par l'évidence il n'essaie pas, lui non plus, de nier la longue liste de meurtres et d'incendies, dont on l'accuse. Aussi, malgré la compassion qu'il ressent pour la jeunesse du coupable, le tribunal se dispose à prononcer contre lui la terrible sentence et à l'envoyer partager le sort de son frère; lorsque se précipite dans la salle une pauvre jeune fille, âgée d'une vingtaine d'années et orpheline de père et de mère. Elle se jette à genoux et, étendant les bras en croix, elle supplie avec des larmes et des sanglots, le tribunal de lui accorder la vie d'Arnaud Guilbaud, qu'elle demande à prendre pour son légitime époux. La foule des spectateurs, attirée par ce procès de tous les environs, s'émeut à ce spectacle; tous, les nobles chevaliers comme les simples vassaux, joignent leurs prières à celles de la pauvre orpheline, et intercèdent pour le coupable. Le commandeur, touché de son côté à la vue de la grande pitié de cette jeune fille, désirant satisfaire aux voeux de tout ce peuple et persuadé que la miséricorde est, dans le cas présent, agréable à Dieu, et conforme à ses lois, ordonne de délivrer Arnaud de ses liens et de le remettre aux mains de celle qui venait de l'arracher à la mort.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)

 

Marchastel   (48)
Domaine du Temple et Chapelle de Marchastel
Département: Lozère, Arrondissement: Mende, Canton: Nasbinals - 48


Domaine du Temple et Chapelle de Marchastel
Localisation: Domaine du Temple et Chapelle de Marchastel


L'ancienne église de Marchastel, qui remontait au XIIe siècle a été démolie en 1898 et remplacée par une neuve. Primitivement l'église paroissiale était à Saint-Andéol, près du lac de ce nom.

« Nomination par M. Bernard de Revel, précepteur de la maison du Temple d'Espalion, diocèse de Rodez, à la cure de Saint-Andéol et à la chapelle de Marchastel, XIIIe siècle. »

« Présentation à la cure de Saint-Andéol par le P. Pierre Ruphi, précepteur de la Commanderie de Palhers, ordre de Saint-Jean de Jérusalem, en 1440. »
Sources: L. Costecalde. Anciennes églises de Lozère antérieures au XVe siècle. Société d'agriculture, industrie, sciences et arts du département de la Lozère. Chroniques et mélanges. Tome II. Editeur: Imprimerie G. Pauc. Mende 1915

Domaine du Temple à Marchastel
[...] L'archevêque de Sens se soumit, et envoya à la Beaume, comme ses procureurs, messire Philibert de Guaint, sieur de Villemorenc, chevalier d'Aubrac ; messire Raymond Dumas, conseiller du roi et messire Biaise Sodrillac, avocat au parlement de Paris.
Les trois mandataires, munis d'une procuration en règle, rendirent à dame Marguerite de Soulages et à son mari, au nom de la seigneurie de Marchastel, l'hommage exigé du dom d'Aubrac.
Les anciennes transactions sur la pêche de Bès, l'établissement des potences, les bestiaux malades, les bêtes d'épaves, etc., etc. (voir Aubrac, première partie), furent de nouveau sanctionnées. Toutefois, le dom d'Aubrac fit demander à son suzerain de renoncer au tribut en poivre et en argent, qu'il prenait sur le mas des Salhens et le moulin du Déroc, offrant de lui abandonner, en échange, quelques censives en blé que son couvent percevait sur le mas de Sinieyres-Croses.

Le seigneur de Marchastel accepta cette proposition; et fit expressément stipuler dans l'acte d'hommage, « que ses rentiers, ses fermiers, etc., etc., pourront aller prendre tout le bois qui leur sera nécessaire aux bois d'Aubrac, soit en Gévaudan, soit en Rouergue; et que les habitants de Marchastel auront la faculté d'en prendre, tant pour le chauffage que pour leurs constructions, dans tous les bois d'Aubrac situés en Gévaudan, excepté dans les bois des Salhens »

La montagne du Faltre et autres terres voisines, qui appartenaient à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et qui dépendaient de la Commanderie de Recoules, suivaient toujours le sort de la domerie d'Aubrac (1).
1. Une transaction du 7 février 1337 était intervenue entre le seigneur de Marchastel et le commandeur de la maison de Recoules sur la juridiction, etc., du terroir du Faltre, assis dans le mandement du château de Marchastel; il avait été réglé:
1° que le seigneur de Marchastel pourrait tenir, ériger et redresser des fourches patibulaires, etc., audit terroir et qu'il aurait l'exercice de la mère impère, ensemble des incestes, adultères, viols, fornication, fustigation et bannissement, épaves, clôture, correction et amendes des bestiaux malades; toutefois, la moitié desdits amendes était réservée au commandeur...
2° Au dit seigneur de Marchastel, était réservé l'exercice et connaissance de toutes blessures, plaie, effusion de sang et de tout larcin. Les amendes au-dessous de 40 sols pour effusion de sang, et de 50 sols pour larcin, devaient appartenir au commandeur seul; mais les amendes dépassant ces sommes étaient réservées en entier au seigneur de Marchastel;
3° le péage appartiendra tout entier au seigneur;
4° le juge de Marchastel prêtera serment entre les mains du commandeur, et le bailli de Marchastel ne pourra lever aucune amende appartenant audit commandeur, sans la présence du juge. etc... (Messire Privat Pelisson, notaire.)


Il m'a paru, d'après certains documents, que ces terres avaient été données à l'ordre du Temple par Bernard de Recoules, qui les tenait d'Astorg. J'ignore la date de cette donation qui, dans tous les cas, remonte à une époque très reculée; car, en 1250, et le dimanche avant la Toussaint, une transaction intervenait déjà, « entre frère Gaillard, précepteur de la maison de la Capelle de l'ordre du Temple, dans le diocèse de Cahors, et Durand, dom de l'hôpital Sainte-Marie d'Aubrac, pour fixer les limites des terres que les deux maisons avaient, entre l'hôpital d'Aubrac, Nasbinals, Marchastel, les Hermaux et l'estrade, qui va de Marvejols vers Marchastel. »

Des pierres furent plantées, par les arbitres, sur les limites des possessions du Temple, possessions qui, après la destruction de cet ordre célèbre, devaient passer entre les mains des chevaliers de Saint-Jean; et c'est là l'origine de ces pierres portant, gravée en relief, la croix de Malte, qu'on trouve dans la montagne de Saint-Andéol, et sur la Montredorte, à Puech-Ventoux, au pré dit de Vernon et ailleurs.
Sources: Bulletin de la Société des Lettres Sciences et Arts du Département de la Lozère. Tome XVII. Mende 1866.

La possession hospitalière
Lorsque les Templiers et les Hospitaliers s'installent sur le plateau de l'Aubrac au XIIIe siècle, ils se trouvent dans un environnement où le réseau seigneurial et paroissial est déjà constitué. L'implantation de ces ordres se limite donc à des enclaves comprises entre les possessions de l'Hôpital d'Aubrac, des seigneurs de Peyre et des Canilhac ; c'est le cas à Recoules d'Aubrac, Saint-Andéol et Marchastel.
Plus d'informations sur le site de Persee, lire l'article sur Le lac de Saint-Andéol en Aubrac.

 

Marche (la)   (01)
Domaine du temple à La Marche
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Thoissey, Commune: Thoissey - 01


Domaine du temple à La Marche
Localisation: La Marche, ancien château-fort avec poype dans la commune de Thoissey


— Ce château, bâti à l'embouchure de la Chalaronne, commandait à la fois la Saône et la grande route de Mâcon à Lyon.
Les sires de Beaujeu, qui le possédaient déjà au commencement du XIIIe siècle, y levaient un double péage.
Le péage de la rivière se perçut, dans la suite, à Belleville.

— Le 24 février 1230, Landry et Etienne Le Beissens cédèrent aux Templiers de Belleville, les droits qu'ils avaient sur le péage de la Marche.


Maison du Temple de belleville
Localisation: Maison du Temple de belleville


Par son testament de 1394, Edouard, sire de Beaujeu, légua à Marguerite de Poitiers, sa mère, 50 francs d'or de rente à prélever sur le produit de ce péage. Il ne reste pas trace ni du château, ni de la poype.
— Aubrel, Mémoires, tome I, page 167.
— Notes sur les fiefs et paroisses de l'arrondissement de Trévoux, page 152.

Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.

 

Marchesoif   (89)
Maison du Temple de Marchesoif
Département: Yonne, Arrondissement: Avallon, Canton: Tonnerre, Commune: Viviers - 89


Maison du Temple de Marchesoif
Localisation: Maison du Temple de Marchesoif


Marchesoif, près Tonnerre. Le commandeur Hospitaliers de Saint-Marc y possédait une belle ferme et une grande chapelle voûtée, provenant des Templiers qui en jouissaient dès 1236.
Ce commandeur prélevait en outre les dîmes sur Ancy-le-Franc et sur Chassignelles près Noyers. Chapelles du Temple dépendante de Saint-Marc.
Marchesoif, ferme commune de Tonnerre
Cartulaire de Saint-Michel de Tonnerre; autrefois commanderie des Templiers: Marchesoy, 1265.
Fond commanderie de Fontenay-près-Chablis: Marchesoif, 1752.
Fond terrier commanderie Fontenay-près-Chablis: Marchesoif, 1752.
Un nom aux origines gallo-romaines, MARCASOLIUM, qui s'est transformé avec le temps en MARCHESOIF, puis MARSOIF.
La commanderie de MARSOIF était vouée à l'accueil, à la protection et aux soins des pèlerins et autres voyageurs. L'hospitalité et la convivialité de MARSOIF ne datent pas d'hier.
Outre celle de MARCHESOIF, de nombreuses commanderies étaient réparties sur l'actuel territoire de l'YONNE. Ce réseau s'étendait sur tout le territoire de la FRANCE.
Sources: César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.

Maison du Temple de Marchesoif
Lieu où se sont installés les Templiers dès 1235; ils en possédent une chapelle et un cimetière, dont celui-ci fut accordé par l'abbaye de Saint-Michel de Tonnerre qui a le privilège de posséder l'unique cimetière de Tonnerre.


Cette chapelle est dans une propriété privée, elle ne se visite pas
Chapelle de Marchesoif
Chapelle de Marchesoif image Jack Bocar


Ils obtiennent une rente du vicomte de Quincy à prendre sur les droits de ventes du marché de Tonnerre, en 1235.
Sources: De Delphine Marie; Les Templiers dans le diocèse de Langres, Des moines entrepreneurs au XIIe et XIIIe siècle. Dominique Guéniot, éditeur.

Maison du Temple de Marchesoif
Marchesoif, ferme sur la commune de Tonnerre.
— Marchesoy, 1265 (Cartulaire de Saint-Michel de Tonnerre)
— Autrefois, commanderie de Templiers.
— Marchesoif, 1752, sous les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, membre de la commanderie de Fontenay-près-de-Chablis (Terrier de Saint-Michel de Tonnerre)
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Yonne, rédigé par M. Max. Quantin. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXII.

 

Marcillac-Saint-Quentin   (24)
Domaine du Temple de Larcy à Marcillac-Saint-Quentin
Département: Dordogne, Arrondissement: Sarlat-la-Canéda, Canton: Sarlat-la-Canéda - 24


Domaine du Temple de Larcy
Localisation: Domaine du Temple de Larcy


Larcy, hameau, commune de Marcillac-Saint-Quentin.
— Manse de Larsitz, 1304 (O.S.J.)
— C'est en 1304 que les Templiers s'installèrent à Larsitz, vue la date, ils n'en profitèrent pas longtemps.
Sources: M. Le Vicomte de Gourgues — Dictionnaire Topographique du Département de la Dordogne — Paris Imprimerie Nationale — M DCCC LXXIII.

 

Marendeuil   (60)
Domaine du Temple de Marendeuil
Département: Oise, Arrondissement: Beauvais, Canton: Grandvilliers, Commune: Sommereux - 60


Domaine du Temple de Marendeuil
Localisation: Domaine du Temple de Marendeuil


D'après le Livre-Vert, la maison de Marendeuil était un annexe de la commanderie de Sommereux, lequel était affermé, en 1373, avec la charrue de terre en dépendant, 16 livres parisis par an.

Voici comment s'exprime le rapport de la visite prieurale de 1495 sur Marendeuil: « En la paroisse de Sommereux, a une ferme, nommée Marendueil, où a C ou Vixx journeux de terre, où a une petite maison et grange pour le fermier et ccccc journeux de boys de tail qui a esté mal entretenu. Par le temps passé, souloit ledit boys valoir de xxxv à xl livres, et maintenant n'en vault que m livres. » Dans les cinq cents journaux de bois, était compris sans doute le bois de Sommereux.
Au siècle dernier, Marendeuil était toujours une dépendance de Sommereux.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Marestaing   (32)
Maison du Temple de Marestaing
Département: Gers, Arrondissement: Auch, Canton: L'Isle-Jourdain - 32


Maison du Temple de Marestaing
Localisation: Maison du Temple de Marestaing


En 1167, un chevalier gascon, Athon d'Escorneboeuf, vint donner à la sainte milice du Temple, à Pierre d'Astugue, Maître de la province Toulousaine, avec sa personne, son riche fief de Tizac situé à GaillarvilleBien du Temple à Gaillarville
Domaine du Temple à Gaillarville
, près de la Save.

Cette donation fut faite avec l'assentiment de son suzerain Guillaume de Montpezat qui y ajouta celle d'une somme de 480 sols qu'Athon lui devait pour ce fief. Quelque temps après, ce dernier la confirmait solennellement dans l'abbaye de Bonnefont, en présence de sa femme Alazaïs et de ses filles Marie et Alamane, entre les mains de Guillaume, archevêque d'Auch, d'Arnaud, évêque de Comminges, et de Gérard, évêque de Toulouse.

La puissante famille de Marestaing, témoigna en maintes circonstances sa bienveillance à la maison de Gaillarville ; un de ses membres, par une charte que les archives ne nous ont point conservée, fit cession aux Templiers de la seigneurie sur une portion de son territoire.
En 1263, nous assistons à la réception du chevalier Bernard de Marestaing comme donat dans l'Ordre du Temple.
Les archives nous ont conservé le souvenir de nombreux bienfaits accordés aux Templiers par les seigneurs de l'Isle.

En même temps que les chevaliers du Temple étaient, comme nous l'avons vu plus haut, en butte aux attaques acharnées des seigneurs de l'Isle, ces derniers avaient dû entraîner dans leur parti un des anciens protecteurs des religieux ; je veux parler de Bernard de Marestaing, nous le voyons leur disputer leurs droits sur le château de l'Isle et la place de Gaillarville.
Toutefois ce seigneur ne tarda pas à rendre ses bonnes grâces aux Templiers, comme nous allons le constater.
Les places de MarestaingMarestaing et de Gaillarville, avaient sans doute subi quelque désastre non mentionné dans l'histoire de la période que nous venons de parcourir.
Toujours est-il que les seigneurs de ces deux villes résolurent d'unir leurs efforts et leurs ressources pour élever à leur place une bastide.
Le 1er novembre 1270, une transaction était conclue entre noble Bernard de Marestaing et Hugues de Radulphe, Commandeur de Toulouse: la juridiction sera partagée également entre les deux seigneurs qui s'engagent à bâtir une nouvelle ville à frais communs: chacun d'eux aura dans l'intérieur de l'enceinte une motte pour y construire son château avec ses fossés. Ils s'engagent à ne jamais réclamer de droits de questes et d'albergues des futurs habitants, qui ne seront tenus d'aider Bernard de Marestaing « que dans le cas où il voudrait faire le voyage d'Outremer ou marier quelqu'une de ses filles, et cela, à la connaissance des consuls et du commandeur. » Les seigneurs se réservent de régler postérieurement les libertés qu'ils accorderont aux habitants.

En effet, deux ans plus tard, les deux seigneurs faisaient planter leur pal sur l'emplacement de la bastide qu'ils allaient construire et qu'ils appelèrent Marestaing-Neuf. Les archives nous ont conservé la charte de libertés concédées aux futurs habitants par les deux fondateurs, Bernard de Marestaing et le précepteur Pierre de Béziers. En voici les principaux traits:
« Les seigneurs commencent par énumérer les donations en terre qu'ils font à leurs vassaux et les redevances qu'ils en exigent: Chaque habitant devait avoir sa terre, son pré, son jardin et enfin dans l'enceinte de la ville un espace de terrain de 4 cannes de large sur 8 de long pour y construire sa maison dans le bref délai de quatre mois. »

Après avoir mentionné les droits qu'ils se réservaient, tels que ceux de forge et de four, les fondateurs exemptent les habitants de l'albergue et de tout droit de leude dans leur territoire. Ils dressent ensuite pour la nouvelle ville le code de justice, où tous les méfaits depuis le simple délit jusqu'au crime, depuis l'injure ou le coup de poing jusqu'à l'adultère et l'homicide, sont indiqués avec la peine qu'ils comportent, code dont l'application était réservée à une cour composée du représentant des seigneurs et des consuls. Ces derniers, élus par les habitants avec le consentement des premiers, devaient jurer en prenant possession de leur charge « de garder loyalement la ville et ses coutumes, les seigneurs et leurs droits. » Ce document n'était sans doute qu'un projet écrit en langue vulgaire par quelque chapelain du Temple, pour être communiqué à la population; car, dans le dernier paragraphe, les seigneurs promettent, pour eux et pour leurs successeurs, d'observer ces coutumes « et d'en faire dresser une charte, aussi bien qu'ils le pourront avec le concours d'hommes érudits. »

Aussi la date n'est-elle pas indiquée, mais, comme l'un des fondateurs fut Pierre de Béziers, qui n'occupa la préceptorerie de Toulouse que de 1262 à 1273, nous pouvons facilement combler cette lacune.

Une pièce, trouvée dans les archives, nous permet d'assister au fonctionnement de cette nouvelle organisation municipale. Le samedi après l'octave de la dédicace de Saint-Michel de l'année 1294, la cour des consuls de Marestaing siégeait solennellement pour juger deux serviteurs du seigneur Bernard, accusés « d'avoir troublé le bon état de la terre du roi de France par plusieurs entreprises criminelles, d'avoir tramé une conspiration contre leur seigneur et maître, dans le but de le livrer aux mains des ennemis. » C'était sans doute quelque épisode de la guerre qui avait éclaté à cette époque dans les provinces du sud-ouest entre la France et l'Angleterre. Ces crimes prouvés et avoués, les quatre consuls, les saints évangiles posés devant eux, condamnèrent les coupables « à courir la ville, à être dépouillés de leurs biens au profit du Seigneur Bernard et à être suspendus par le cou (per gulas) aux fourches patibulaires, jusqu'à ce que la mort s'en suive. »

Marestaing et les Hospitaliers
Comme nous l'avons vu tout à l'heure, Marestaing et l'Isle-en-Jourdain passérent, après la suppression de l'Ordre du Temple, dans la Chambre prieurale de Toulouse. Ce membre fut érigé en commanderie séparée vers le milieu du XVe siècle mais cent ans plus tard, elle rentra de nouveau dans l'apanage des Grands-Prieurs. Elle en fut détachée une seconde fois vers la fin du XVIIIe siècle pour être réunie à la commanderie de Larmont.

Liste des commandeurs Hospitaliers de Marestaing
première période. commandeurs ville ou de particuliers du membre de gaillar-Marestaing.
xxxx-1212. Boson.
xxxx-1213. Loup Anerius.
xxxx-1220. Lobannes.

Deuxième période
(Vers 1450 érection de Marestaing en Commanderie séparée).
1479-1486. Pierre du Puy.
1511-1513. Dominique de Ponsin.
1510-1529. Fourtanie de Polastron.
1529-1531. Pétronet de Polastron.
1531-1534. Claude de Gruel de Labourel.
1537-1541. Jean de Gruel de Labourel.
1541-1544. Dominique de de Bigorre trésorier du Grand-Prieuré.
1541-1537. Etienne d'Arzac.
1557-1503. Antoine de Thézan Venasque.
1563-1564. Guillaume de la Motte.
xxxx-1570. Marc de la Roque de Fontanille.
(Réunion en Grand-Prieuré.)
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)

Vous pouvez lire une étude approfondie sur la Maison des Templiers de Marestaing réalisée par Jean Castan.
Ou allez sur le site de la ville de Marestaing.

 

Margot   (17)
Domaine du Temple de Margot
Département: Charente-Maritime, Arrondissement: La Rochelle, Canton: Marans, Commune: Saint-Cyr-du-Doret - 17


Domaine du Temple de Margot
Localisation: Domaine du Temple de Margot


L'origine de cette commanderie ne nous est pas connue. Nous ne pouvons pas définir si elle fut anciennement aux Templiers ou, dès sa fondation, aux Hospitaliers. Les archives la concernant ne remontent pas au-delà du XIVe siècle et ne nous apportent aucune précision à ce sujet.
Elle dépendait au XIVe siècle de la commanderie hospitalière de Saint-Jean-du-Pérot.
Jean-Claude Bonnin - Les Templiers de La Rochelle. La commanderie, la chapelle, les fiefs, seigneureries et maisons templières. La Rochelle : J.-C. Bonnin. 2005

 

Mariaud   (04)
Biens du Temple à Mariaud
Département: Alpes-de-Haute-Provence, Arrondissement: Digne-les-Bains, Canton: La Javie, Commune: Prads-Haute-Bléone - 04


Biens du Temple à Mariaud
Localisation: Biens du Temple à Mariaud


Le village de Mariaud, situé dans une petite vallée, au pied d'un roc, il est à 15 kilomètres N. N.-E., de la Javie, et à 36 N. E. de Digne. Ce pays est excessivement froid en hiver; la neige y séjourne trois mois de l'année, et l'on n'y moissonne qu'un mois plus tard qu'à Digne. Le sol est en général fertile. on y récolte du blé, des légumes et des fruits. Les pâturages y sont excellents. On trouve dans ce territoire une mine d'argent qui n'est pas exploitée, à cause de son faible produit.

Outre le village qui est central, la commune de Mariaud comprend cinq hameaux: Saumalonge, Senmerrée, Piéfourcha, Ladreche et Champelinchin.

L'étymologie de Mariaud vient de la position topographique du pays au pied d'un roc: marri-aut, mois qui signifient en français, mauvaise hauteur. On trouve, sur le sommet de ce roc, des restes de forte bâtisse, appelée communément le fort.

Les uns croient que c'était une petite forteresse bâtie pendant les guerres de la Savoie et de la France. D'autres disent que les Templiers, établis à Faille-Feu, y avaient construit un observatoire, du haut duquel ils transmettaient leurs ordres aux chevaliers disséminés dans les environs.

L'église paroissiale de Mariaud a cela de remarquable, qu'elle est construite en pierres de taille d'égale dimension, et placées par couches aussi égales. La voûte du sanctuaire et les deux portes d'entrée présentent la même construction. Quoique à une seule nef et très-étroite encore, cette église offre beaucoup de rapports avec les édifices construits par les Templiers. Elle est desservie par un curé.
Sources: Géographie Historique et Biographique du département des Basses-Alpes ou Alpes-de-Hautes-Provence, par J. J. M. Feraud, curé de la paroisse des Sieyres. Digne 1844. Pages 84, 85.

 

Marlhes et Marlhettes   (42)
Temple de Marlhes
Département: Loire, Arrondissement: Saint-Etienne, Canton: Saint-Genest-Malifaux - 42


Temple de Marlhes
Localisation: Temple de Marlhes


La paroisse de Marlhes, avant 1790, faisait partie du diocèse du Puy et du pays de Velay. Au XIIIe siècle, les Templiers y possédaient une commanderie située au Temple, près Marlhettes.

Comme toutes les autres maisons qu'ils avaient dans le diocèse, elle relevait en fief de l'évêché du Puy. Au prieuré de Saint-Sauveur-en-Rue, dépendant de l'abbaye de la Chaise-Dieu, appartenait le patronage des églises de Marlhes, Riotord et Saint-Romain-Lachalm, et, par suite, la dîme de ces paroisses. L'exercice de ce droit suscita entre le Temple et le prieur décimateur de nombreuses contestations qui donnérent lieu à des accords en 1272, 1277 et 1281.
Sources: Augustin Chassaing, Le Cartulaire des Templiers du Puy-en-Velay. Paris 1882.

Marlhes
— Marliæ.
Village dans le Forez, justices de la Faye, Clavas, l'Hôpital du Temple et Saint Sauveur, bailliage de Bourg-Argental, paroisse sous le patronage de Saint Saturnin, dans l'archiprêtré de Monistrol, diocèse du Puy. Le droit de nomination a varié ; il fut successivement au Commandeur du Temple, aux Jésuites de Tournon, en qualité de prieurs de Saint Sauveur, finalement à l'évêque du Puy.

La Faye était, sur Marlhes, le siège de la seigneurie ; il n'en reste que des débris sans caractère. Clavas n'était pas sur Marlhes et n'appartient pas au diocèse de Lyon ; c'était une abbaye royale de religieuses cisterciennes, située sur la paroisse de Riotor, vers les confins du Vivarais et du Velay, et réunie plus tard à celle de Sauve-Bénite, en Velay ; le Temple, appelé aussi La Malhette, indique assez qu'il y eut là une maison de Templiers, qui devint plus tard propriété de l'Ordre de Malte, et dont le seigneur était un Commandeur de l'Ordre, membre de la Commanderie de Devésset en Velay ; enfin, près du Temple, il y avait l'Hôpital du Temple, où était une chapelle de Saint Jean-Baptiste, qui servait d'annexe à la paroisse.
Sources: Abbé Vachet Adolphe - Les paroisses du diocèse de Lyon : archives et antiquités, page 218, Abbaye de Lérins 1899. - Bnf

Marlhettes, hameau sur la commune de Marlhes.
— Templum de Marlhetis, 1272 (Cartulaire de Saint-Sauveur page 129)
— Templum des Marlhetes, 1277 (Cartulaire de Saint-Sauveur page 175)
— Templum de Marletis... Territorium de Marlietis, 1277 (Cartulaire de Saint-Sauveur pages 227-228)
— Domus Templi de Marlhetas, 1281 (Cartulaire de Saint-Sauveur pages 138-139)
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Loire rédigés par J-E Dufour, La Diana, Collection: IERP, Editeur: PU Saint-Etienne 2006

Temple de Marlhes, hameau commune de Marlhes, près de Marlhettes.
— Templum de Marlhetas, 1281 (Cartulaire de Saint-Sauveur page 137)
— Domus Militiae Templi... Domus Templi, 1281 (Cartulaire de Saint-Sauveur page 139)
— L'Hospital du Temple, 1435 (La Mure-Chantelauze, tome III, 2e partie, page 54)
— Le Temple, 1631 (Registre paroissiale de Marlhes)
— L'Hôpital du Temple, 1776 (Almanach de Lyon)
— Le Temple, XVIIIe siècle (Carte de Cassini)
— L'Almanach de Lyon de 1789 signal: « L'Hôpital du Temple, annexe de la paroisse de Marlhes en Forez, archiprêtré de Monistrol, élection de Saint-Etienne. Il y a une chapelle sous le titre de Saint-Jean-Baptiste. »
— Cette ancienne Maison de l'Ordre du Temple dépendait de la Maison du Temple de Saint-Barthélemy du Puy-en-Velay et devint sous les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem un membre de la commanderie de Devesset en Velay après la suppression des Templiers en 1312.
— Le Temple fut momentanément érigé en commune pendant la période révolutionnaire sous le nom d'Hôpital-de-Temple. Les bâtiments du Temple de Marlhettes sont aujourd'hui divisés entre plusieurs propriétaires.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Loire rédigés par J-E Dufour, La Diana, Collection: IERP, Editeur: PU Saint-Etienne 2006

 

Marne   (51)
Poix
Département: Marne, Arrondissement et Canton: Châlons-en-Champagne - 51

— A 19 kilomètres de Châlons, est situé dans un vallon crayeux éloigné de tout cours d'eau.
— Son église, bâtie sur une butte, est une construction régulière du XIIe siècle.
— Ce village est cité sous le nom de Poiz, en 1229 dans les titres de la commanderie des templiers de La Neuville (invantaire page 61)
— Et, en 1655, dans les titres de l'abbaye de Toussaints (invantaire page 173).
— L'ordre du Temple y percevait des redevances en 1229.

Saint-Jean-sur-Moivre
Département: Marne, Arrondissement: Châlons-en-Champagne, Canton: Marson - 51

— Sanclas Joannes supra meviam, pouillé de Châlons, à 18 kilomètres de Châlons, est bâti dans le vallon de cette rivière, mais la plus grande partie de son sol est inégale et montueuse.

— Une bulle d'Eugène III, datée de 1147, confirme aux religieux de Trois-Fontaines divers droits sur cette commune (invantaire des titres page 299).
— En 1185, l'ordre des Templiers possédait des biens à Saint-Jean (titres de la commanderie de la Neuville-au-Temple, invantaire page 28).
— En 1475, le curé de L'Epine employa une partie des 1,200 écus d'or donnés à son église par Louis XI, à acheter quelques dîmes de ce village.
— Une sentence de 1492 condamne les habitants à payer une partie des dîmes au chapitre de la cathédrale de Châlons (titres du chapitre invantaire tome VI, page 127).

Bouy
Département: Marne, Arrondissement: Châlons-en-Champagne, Canton: Suippes - 51

— A 14 kilomètres de Châlons, est situé sur les bords de la Vesle. Une partie de la seigneurie de Bouy appartenait aux dames de l'abbaye d'Avenay, dès 1140, elles achetèrent le reste en 1350, au chevalier Jean de La Tour en Veivre (titres de l'abbaye d'Avenay, invantaire page 101).

— Les habitants de Suippes et de Somme-Suippe ayant envahi une partie des terres de Bouy en 1490, Charles VIII en ordonna la restitution aux dames d'Avenay.
— Les Templiers avaient aussi des propriétés à Bouy dès l'an 1210 (titres de la commanderie du Temple, invantaire page 26).

Dampierre-au-Temple
Département: Marne, Arrondissement: Châlons-en-Champagne, Canton: Suippes - 51

— Dampetra ad Templum, pouillé de Châlons, a 9 kilomètres de Châlons, est situé sur la Vesle.
— A un kilomètre à l'est de Dampierre, était autrefois le village de la Neuville, où l'ordre des Templiers avait, dès son origine, en 1128, une commanderie, la première et la plus importante de la Champagne.
— Le village a disparu depuis longtemps, et les derniers vestiges de la commanderie ont été détruits pendant la révolution.
— Dans une charte de 1188, Henry, comte de Champagne, fait don à la commanderie de la Neuville, de droits importants sur Dampierre-sur-Vesle.
— Le chapitre de la cathédrale percevait les dîmes de Dampierre, en 1588 (titres du chapitre invantaire tome IV, page 52.)

Renneville
Département: Marne, Arrondissement: Châlons-en-Champagne, Canton: Vertus, Commune: Villeneuve-Renneville-Chevigny - 51

— A 21 kilomètres de Châlons, très petite commune qui a une église, un ancien château, et un moulin à eau alimenté par la Berle.
— Cette localité était tributaire des Templiers.

Oiry
Département: Marne, Arrondissement: Epernay, Canton: Avize - 51

— Oureyun, dec. Spamaco, à 8 kilomètres d'Epernay et 25 kilomètres de Châlons, possède un territoire arrosé par la Somme-Soude, et divisé en prés, en terres labourables et en vignes.
— La culture est la principale occupation des habitants.
— Cette commune a une station sur le chemin de fer qui, malgré la proximité d'Epernay, a une assez grande importance à cause des gros vignobles qu'elle dessert.
— On lit dans un titre de 1507 que ce village payait diverses redevances à la commanderie des Templiers de Maucourt, en 1157 (invantaire page 32).

Dampierre-sur-Auve
Département: Marne, Arrondissement et Canton: Sainte-Menehould - 51

— Dampetra supra Meviam, pouillé de Châlons, à 7 kilomètres de Sainte-Ménehould et 36 kilomètres de Châlons, est un village ancien.
— Il est appelé Dominus Petrus, dans une donation, aux Templiers, du seigneur de Possesse, en 1185 (titres de la commanderie de La Neuville, page 28).
— Il a un territoire fertile et bien cultivé ; les marais tourbeux de l'Auve sont traversés par une belle chaussée qui aboutit à la grande route ; des plantations d'oseraies prospèrent dans ces terrains humides et rapportent beaucoup.

Possesse
Département: Marne, Arrondissement: Vitry-le-François, Canton: Heiltz-le-Maurupt - 51

— En 1224, Anselme de Galraude fonda le prieuré de Saint-Crepin de l'ordre de Saint-Benoist.
— En 1265, le fils d'Anselme, dota une Maison du Temple.

Saint-Jean-devant-Possesse
Département: Marne, Arrondissement: Vitry-le-François, Canton: Heiltz-le-Maurupt - 51

— Sanctus Joannes juxta Possessas, pouillé de Châlons, à 24 kilomètres de Vitry et 37 kilomètres de Châlons.
— Ce petit village sur la Vière, a un territoire fertile, bien exploité par les habitants qui s'adonnent tous à la culture. Aussi donne-t-il d'abondants produits.
— L'abbaye de Saint-Pierre de Châlons y exerçait des droits en 1079 (titres de l'abbaye, invantaire page 102).
— En 1331, les religieux de Toussaints de Châlons et les Templiers de Maucourt avaient aussi des propriétés à Saint-Jean.

Frignicourt
Département: Marne, Arrondissement et Canton: Vitry-le-François - 51

— Frimicuria, pouillé de Châlons, à 3 kilomètres de Vitry et 35 kilomètres de Châlons, est situé sur la Marne et traversé par la route de Montier-en-Der.
— Ses terres fertiles sont consacrées à la culture, ou couvertes de prairies naturelles et de bois.
— Il y avait à Frignicourt deux bans de seigneurie, l'un relevant du roi, à cause du château de Vitry, et l'autre appartenant aux religieux de Vitry et de Châlons.
— Le curé était régulier et ordinairement génovéfain, à la nomination de l'abbé de Toussaints de Châlons. Un titre de 1158, cite les moulins de Frignicourt comme appartenant à l'abbaye de Toussaints-en-l'Isle de Châlons (titres de cette abbayes invantaire page 125).
— En 1180, ces moulins et divers droits seigneuriaux furent acquis par les religieux de Trois-Fontaines (titres de l'abbaye invantaire page 183).
— En 1369, les Templiers de Vitry percevaient plusieurs redevances.
— Les dîmes appartenaient au chapitre de Vitry pour deux tiers, et à l'abbé de Toussaints pour l'autre tiers.

Epernay
Département: Marne, Arrondissement et Canton: Epernay - 51

— Sparnacum (époque Gallo-Romaine), à 32 kilomètres de Châlons.
— Il est question d'Epernay, en 1235, dans une charte de l'abbaye d'Hautvillers (invantaire page 235);
— En 1295, dans les titres de la commanderie de La Neuville-au-Temple (invantaire page 25);
— Dans le faubourg Saint-Laurent, on trouve une petite chapelle qui a été bâtie, en 1768, sur l'emplacement d'un ancien hôpital de lépreux, fondé en 1145, et desservie autrefois par chevaliers du temple, puis par ceux des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Charmontois-L'Abbé
Département: Marne, Arrondissement: Sainte-Menehould: Canton: Givry-en-Argonne, Commune: Les Charmontois - 51

— A 20 kilomètres de Sainte-Ménehould et 50 kilomètres de Châlons, est situé sur une éminence au bord de l'Aisne.
— Le sol est fertile et bien cultivé. Les jeunes porcs que l'on élève sont l'objet du commerce le plus important.

— Un titre de 1350 cite ce village comme tributaire de l'ordre du Temple, et les dîmes étaient levées par la collégiale de la Trinité de Châlons, en 1338 (titres de la collégiale, invantaire page 108).

— Son église, qui sert aux deux villages, Charmontois l'Abbé et Charmontois-le-Roi, a un chœur du XVe siècle avec cinq fenêtres flamboyantes à 4 et 5 baies ; les nefs sont en bois ; on y voit quatre niches de la Renaissance.

Charmontois-Le-Roi
Département: Marne, Arrondissement: Sainte-Menehould: Canton: Givry-en-Argonne, Commune: Les Charmontois - 51

— A 20 kilomètres de Sainte-Ménehould et 49 kilomètres de Châlons, n'est séparé du village précédent que par l'Aisne. Il est dans une plaine environnée de bois, parsemée d'étangs et souvent inondée par les débordements de l'Aisne. On y élève des pores comme dans le village voisin ;
— Comme Charmontois-L'Abbé, lui aussi, il était tributaire de la collégiale de la Trinité de Châlons et de l'Ordre du Temple en 1283 (titre de la commanderie du Temple, invantaire page 169).

Contault-Le-Maupas (Contault)
Département: Marne, Arrondissement: Sainte-Menehould: Canton: Givry-en-Argonne - 51

— Contaudium, pouillé de Châlons, à 26 kilomètres de Sainte-Ménehould et 37 kilomètres de Châlons, est situé dans une gorge humide qui lui a fait donner le nom de Maupas ou Mauvais pas.
— Gontault avait un château entouré de fossés, qui appartenait à la famille de Haudos.
— Ce village jouissait du privilége de ne pas avoir de seigneur et de n'être assujetti à aucun droit féodal.
— Les chevaliers du Temple y achetèrent des propriétés en 1287.

Noirlieu
Département: Marne, Arrondissement: Sainte-Menehould: Canton: Givry-en-Argonne - 51

— A 21 kilomètres de Sainte-Ménehould et 40 kilomètres de Châlons, qui doit probablement son nom à la couleur foncée de ses terres, est bâti assez proprement sur les bords d'un vaste étang alimenté par des sources sortant de la Serre, chaîne montagneuse peu élevée, qui sépare, dans cette contrée, le Vallage de la Champagne.

— L'église est un monument bien dégradé, avec un portail Renaissance portant le millésime de 1552.
— Avant la Révolution, les habitants de Noirlieu ne possédaient pas la cinquième partie du territoire, tout le reste appartenait au seigneur et aux établissements religieux.

— Parmi ses dépendances est le domaine de BOUET, qui a été longtemps exploité par M. Barrois, un des agronomes les plus distingués du pays, auquel a succédé son fils, qui suit les mêmes errements.

— Au XIIe siècle, l'ordre du Temple avait sur son territoire une maison dépendant des commanderies de Maucourt et de la Neuville-au-Temple.
— On la nommait commanderie de Noirlieu ou de la Neuville-au-Temple-les-Epense, titres de la commanderie du Temple, de 1150 (invantaire page 34).

Saint-Mard-sur-Le-Mont
Département: Marne, Arrondissement: Sainte-Menehould: Canton: Givry-en-Argonne - 51

— Sanctus Medardus supra montem, pouillé de Châlon.
— Ce village était tributaire de l'Ordre du Temple en 1374.

Tilloy-et-Bellay
Département: Marne, Arrondissement: Sainte-Menehould: Canton: Givry-en-Argonne - 51

— A 23 kilomèters de Sainte-Ménehould et 20 kilomètres de Châlon.
— Ce village appartenait à l'ordre de Malte et payait des droits féodaux fort élevés (titres de la commanderie du Temple de Saint-Amand, 1545, invantaire page 107)

Felcourt
Département: Marne, Arrondissement et Canton: Sainte-Menehould - 51

— A été un bourg considérable détruit, diton, il y a 300 ans, par un incendie; on voit encore sur cette commune divers retranchements faits par les armées prussiennes, en 1792.
— Un titre de 1281, concède à l'ordre du Temple, qui avait une maison à Noirlieu, divers droits sur ce village.

Ripont
Département: Marne, Arrondissement: Sainte-Menehould, Canton: Ville-sur-Tourbe, Commune: Rouvroy-Ripont - 51

— A 24 kilomètres de Sainte-Ménehould et 41 kilomètres de Châlons, bâti sur la Dormoise est presqu'entièrement sur les terres de Champagne.
— La terre de Ripont et le fief de Sézanne qui en dépendait, appartenaient au maréchal de Joyeuse ; la dîme était levée par l'abbaye de Moiremont.
— La cure était à la nomination de l'ordre du Temple.
— En 1251, il y eut une association entre l'abbé de Moiremont et Thibault, roi de Navarre, pour bâtir une ferme auprès de Ripont, sur le banc d'Harcourt ; il avait une prévôté, en 1587.
Sources: Mémoire de la Société d'Agriculture, Commerce, Sciences et Arts du Département de la Marne. Année 1861 - 2e partie. Châllons-sur-Marne; 1861. - Bnf

 

Marseille   (13)
Maison du Temple de Marseille
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et Cantons: Marseille - 13


Maison du Temple de Marseille
Localisation: Maison du Temple de Marseille


Situés aux bords du Lacydon (Vieux-Port), s'élevaient au XIII siècle la commanderie et l'église des Templiers dont le souvenir s'est perpétué par le nom de la Brasserie des Templiers à défaut de la rue qui a disparu.
Après la condamnation de l'ordre, les bâtiments ont été affectés aux Hospitaliers de St Jean lesquels les ont vendus en 1367 aux Augustins venus s'installer à l'abri des remparts de la Ville.
Sources: Bernard CORMIER Archives Diocésaines

Maison du Temple de Marseille
L'ordre du Temple ne pouvait pas ne pas avoir de maison à Marseille, et il est à peine besoin d'en faire ressortir l'utilité, Marseille étant le principal port d'embarquement non seulement pour les Templiers, mais aussi pour beaucoup de pélerins qui se croisaient avec l'espoir d'aller défendre les Lieux-saints. Peut-être l'hôtel du Temple se trouva-t-il situé non dans la ville même, mais dans une des petites îles comprises dans le territoire de cette ville; en effet, un sergent du Temple, originaire d'Auvergne, qui avait été quatre ou cinq fois outre mer comme messager de l'Ordre, frère Etienne del Celeyr, nous apprend qu'il fut reçu, ainsi que deux chevaliers du même pays décédés outre mer, en une île près Marseille, dans la chapelle de la maison du Temple, par le visiteur frère Geoffroi de Vichiers.

Parmi ceux du Temple qui semblent n'être venus solliciter l'habit de l'Ordre à Marseille qu'au moment d'embarquer, on peut citer le chevalier Itier de Roquefort, ou Rochefort, plus tard commandeur de Douzens, dans le diocèse de Carcassonne, qui arrêté, en 1307, fut mis plusieurs fois à la torture. Reçu en 1276 en une tour du Temple de Marseille, par frère Humbert (ou Imbert) Blacas, lieutenant du commandeur de Provence, en présence de huit ou dix frères, il avait pris la mer dès le jour même, et était resté outre mer jusqu'à la prise d'Acre.

Le commandeur de Provence dut venir souvent à Marseille; on l'y trouve par exemple en 1302; il y avait alors comme chapelain de la maison un certain frère Bertrand de Marseille. Mais on y trouve également d'autres personnages du Temple; ainsi, un Italien dit avoir été reçu, en août 1305, par un Templier qui était commandeur en Espagne et en Castille, en présence de frère Vital prieur de la maison.

Un certain Guillaume de Gy, originaire du diocèse de Besançon, qui faisait partie de la maison du grand maître, avec les fonctions de palefrenier ou quelque chose d'analogue, interrogé dès le 21 octobre 1307 (il n'avait alors que trente ans), nous apprend qu'il avait été reçu, en 1303, à Marseille, par frère Simon de Quincy, chevalier, spécialement chargé des Templiers qui s'embarquaient, ou, suivant l'expression latine, « magister passagii ». Il est à remarquer que ce malheureux servant, eut le triste courage de prétendre qu'en Chypre, car il s'était trouvé à Limisso, en l'été de l'an 1305, le grand maître aurait abusé de lui par trois fois en une nuit.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les comminssions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.

Maison du Temple de Marseille
Marseille doit davantage nous retenir pour l'importance stratégique de ce port dans l'organisation de l'ordre. La perte totale des archives de cette commanderie interdit de remonter aux origines de la création de ce centre majeur. Tout juste sait-on que les Templiers y sont présents entre 1171 et 1181, date à laquelle le pape Alexandre III prend leur église sous sa protection.

Les commanderies d'Arles, de Marseille et de Saint-Gilles (avec celle de Montpellier) sont aussi, autant qu'on puisse en juger, les seules à accueillir des chapitres provinciaux voire généraux. En l'absence de sources statutaires produites au niveau provincial, les réunions capitulaires sont uniquement révélées par les actes de la pratique. Un chapitre provincial est mentionnés à Arles en 1152 et en 1296 s'y tient un chapitre général:
Bibliothèque Municipale d'Aix, ms 338, fol. 645. Un chapitre provincial se tient à Saint-Gilles en décembre 1181, un autre vers 1267: Chartier du Temple de Saint-Gilles, nº 108; et H. Finke, Papsttum, vol. 2, p. 347.

Les ordres se sont d'abord appliqués à obtenir la liberté de navigation pour leurs marchandises et la possibilité d'embarquer des passagers sur les navires qu'ils affrétaient. Le port de Saint-Gilles est curieusement absent de ce trafic et c'est surtout la place de Marseille que la documentation met en évidence. Les commanderies des deux ordres étaient installées sur la rade. Celle du Temple, sise paroisse Saint-Martin, dans la ville vicomtale, ouvrait sur une place, dite « platea Templi », où les marchandises étaient débarquées. Probablement peu après leur arrivée, les deux ordres avaient obtenu des vicomtes l'exemption de péage et des droits d'importation et d'exportation à partir du port:
Cartulaire Général des Hospitaliers, nº 542 (août 1178)
Seul l'acte relatif à l'Hôpital est connu, mais les confirmations ultérieures laissent entendre que la même libéralité avait été décernée au Temple.

Ils veillèrent à se faire confirmer ces privilèges par le nouveau lignage vicomtal en obtenant, en 1216, d'Uc V de Baux et de son épouse Barrala la liberté de navigation en direction de la Terre sainte ou de l'Espagne ainsi que le droit de transporter marchands et pèlerins. La même année, l'empereur Frédéric II accorda aussi à la maison du Temple d'Arles un privilège de navigation. On ne connaît pas pour le Temple l'acte d'Uc de Baux, mais seulement sa confirmation par Frédéric II en septembre de la même année. En 1232, le privilège est à nouveau confirmé par Raimon Bérenger V:
R. Pernoud, L'histoire, p. 142.

A partir du siècle suivant, l'activité de fret ressort mieux à Marseille, grâce aux registres notariés et notamment ceux relatifs à la famille commerçante des Manduel. On voit notamment se dessiner enfin la flotte des deux ordres. Celle de l'Hôpital compte au moins trois navires, baptisés le Faucon, la Comtesse et la Griffonne. Robert de Gloucester, Guilhem Odet et Pons Foulques sont respectivement commandeurs du Faucon, de la Comtesse et de la Griffonne: Blancard I, p. 403-405, nº 344-345 (1er août 1248); et II, p. 19-20, nº 396 (7 avril 1248), p. 295-296, nº 1003 (23 juillet 1248).

Les naves du Temple sont de même attestées, au nombre desquelles figurent la Bonne Aventure et la Rose. Les négociants marseillais font transiter leur argent vers la Syrie sur ces deux navires:
Blancard II, p. 272, nº 952 (6 juillet 1248), p. 436, nº 49 (11 mai 1288) et p. 446, nº 79 (13 avril 1290).

Malheureusement, il n'est pas aisé de déterminer si les ordres sont effectivement propriétaires de ces vaisseaux ou s'ils les louent à des armateurs. Entre novembre 1233 et juin 1248, la Bonne Aventure se trouve par exemple successivement aux mains de Guilhem Guillensi, Arnaut Gasc et Bonapresa de Florence, tous laïcs:
Blancard I, p. 56-57, nº 42, p. 261 et suivantes, nº 1, 13, 24, 32, 272; et II, p. 233, nº 875.
Pourtant, en avril 1248, elle figure comme « navem novam », toujours sur le chantier, dans un contrat de nolis adressé par cinq associés aux procureurs du comte Gui de Forez. En avril 1278 et en mai 1280, la Bonne Avenure est encore signalée entre les Pouilles et Acre aux mains de l'Hôpital. Sans doute faut-il donc imaginer au moins deux navires différents portant le même nom.

Entre la fin du XIIIe et le début du XIVe siècle, d'autres vaisseaux apparaissent, les Templiers utilisent le Faucon et la Sainte-Trinité et les Hospitaliers, la Sainte-Lucie et la Montjoie:
A. Demurqer, Vie, p. 221; et A. Demurger, Jacques de Molay, p. 167.
Le Faucon est attesté aux mains du Temple entre 1263 et 1301, mais on ne sait s'il s'agit du même navire que celui qui est utilisé par l'Hôpital en 1248.

Les commerçants marseillais s'embarquent fréquemment sur les navires dirigés par le Temple ou par l'Hôpital pour acheminer de l'argent vers la Syrie en échange de produits du Levant (draps, toiles, safran). Par exemple, le 9 août 1235, Bernat Manduel passe commande à Joan Bourguignon d'une cargaison de corail pour 32 livres coronats à porter sur le navire du Temple:
Blancard I, p. 102-103, nº 68.
Les Manduel font également porter en Syrie, « in nave Templi », des livres coronats à échanger contre des besants « sarrasins »:
Blancard I, p. 28-29, nº 22 (9 août 1229), et p. 134-135, nº 87 (23 février 1240).

Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que les commanderies servent de lieux de dépôt aux marchandises. Deux passages vers la Syrie, le plus souvent Acre, l'un au printemps et l'autre à la fin de l'été, étaient ainsi régulièrement accomplis par au moins un navire de chaque ordre. Après la chute d'Acre, c'est Chypre, où se sont repliés les deux ordres, que desservent régulièrement leurs vaisseaux à partir de Marseille. L'implication des deux ordres dans les traversées à partir de Limassol ou de Famagouste en direction de Marseille et parfois d'Aigues-Mortes, ou bien vers la Syrie-Palestine, est également révélée par les fonds des notaires génois. Les bateaux, et notamment le Faucon du Temple, sont alors utilisés par des négociants provençaux (principalement marseillais et montpelliérains) et italiens (génois, pisans et placentins):
N. Coureas, « Provençal Trade », p. 73-76.

A partir de Gênes même, les marchands s'adressent aussi aux navires templiers et hospitaliers afin d'acheminer leurs commandes jusqu'à Marseille:
L. Balletto, Notai Genovesi, nº 64 (11 février 1279) et 92 (24 mars 1279).

Il est donc incontestable que tout au long du XIIIe siècle le port provençal tint une place prédominante dans la politique méditerranéenne des deux ordres, supérieure peut-être à celle de ses rivales Montpellier et Barcelone. En outre, une nette familiarité apparaît entre les ordres militaires et les milieux négociants provençaux désireux d'accroître leur marché avec les régions levantines.

En 1234, un accord avec la commune permet au Temple et à l'Hôpital d'envoyer en Syrie chacun deux navires par an, aux départs de Pâques et de la Saint-Jean. Chaque vaisseau pourra embarquer jusqu'à mille cinq cents pèlerins. Cartulaire Général des Hospitaliers, nº 2067 (3 octobre 1233). Le chiffre de 1 500 passagers peut sembler exagéré. A. Graboïs, « Aspects économiques », p. 232-233, attribue pourtant une capacité de 800 à 2 000 personnes à ces bateaux aménagés pour le transport des pèlerins.

L'âpreté du conflit qui a précédé ce règlement donne une mesure des enjeux financiers représentés par ce « trafic de pèlerins ». Si des cohortes de négociants et de pèlerins s'embarquent donc sur les navires nolisés par le Temple, ou bien lui appartenant, il peut paraître étrange de ne jamais voir les frères utiliser ces embarcations pour leurs propres besoins. Même s'il est bien évident que les naves templières ne transportaient pas que des voyageurs ou des cargaisons étrangères, l'acheminement du matériel, des provisions ou des fonds destinés à la guerre sainte, est assez mal documenté.

A Marseille, les registres notariés du XIIIe siècle compensent la disparition des archives des deux ordres. Ils révèlent l'emploi fréquent que les négociants ont fait des navires affrétés par les ordres militaires pour acheminer en Provence, à partir d'Acre, de Chypre ou de Gênes, les produits d'Orient. Loin de se contenter de transporter les intermédiaires dépêchés par les « capitalistes » marseillais, le Temple et l'Hôpital ont encore pris part à l'« industrie de pèlerinage. » L'activité de prêt enfin, si elle n'est pas l'apanage des moines-soldats, n'en révèle pas moins les capacités monétaires des frères, mais aussi les difficultés matérielles d'une frange non négligeable de propriétaires laïques. Au total, les réussites matérielles des commanderies et les liens étroits noués avec le monde des affaires témoignent de la parfaite insertion de l'ordre au sein des systèmes économiques des villes les plus dynamiques.

Les vestiges des Ordres ont tous disparus
En ville, les témoins matériels relatifs aux ordres militaires ont rarement échappé au temps. La chute du Temple a très tôt précipité le déclin de nombreux bâtiments, tandis que les restructurations urbaines, de la fin du Moyen Age à l'ère industrielle, ont condamné la plupart des commanderies qui avaient été implantées en des zones périphériques. Dans le meilleur des cas, il demeure aujourd'hui dans le paysage citadin un seul élément marquant de ces établissements, là une église (Avignon, Aix), ici une tour (Avignon, Hyères, Marseille). Aussi, la plupart du temps, il faut tenter de retrouver l'empreinte laissée par les bâtiments dans la topographie quand, par chance, plans et cadastres anciens ont été conservés. Les textes médiévaux n'apportent que quelques indications éparses qui, confrontées aux observations topographiques, complétent un puzzle auquel il manque, de toutes manières, toujours des pièces. L'apport des inventaires de 1308 peut être digne d'intérêt, mais il ne faut pas perdre de vue qu'ils ne laissent entrevoir des bâtiments qu'un état tardif. Les premiers états de ces maisons urbaines nous échappent sans doute à jamais. En outre, cette documentation écrite souffre, elle aussi, de graves lacunes puisque des commanderies telles que celles de Marseille, d'Aix ou de Toulon n'ont pratiquement laissé aucunes archives. Cet aspect là a bien été saisi par Anthony Luttrell qui fait remarquer que « les hasards de la conservation des documents ont peut-être exagéré l'impression que l'Hôpital avait une implantation essentiellement rurale et manquait de propriété et de revenus urbains. » En Provence, les deux enquêtes prieurales sur l'Hôpital (1338 et 1373) ont ouvert des voies pour une approche quantitative de l'économie rurale. Mais l'exploitation de ces documents qui éclairent, je le concède, une époque où l'activité urbaine n'est peut-être pas la plus florissante, a marginalisé tout autre problématique sur la présence provençale de l'ordre.

Rares sont les implantations situées au coeur des villes. C'est le cas pourtant à Marseille où les deux commanderies occupent chacune un emplacement stratégique sur le port.

Ce que l'on sait sur les bâtiments
Autre symbole de la vie commune, le cloître est encore une rareté que l'on trouve cependant dans quelques commanderies majeures extérieures à la région. Si un claustrum est parfois mentionné, ainsi à Arles, les archéologues connaissent toute l'ambiguïté d'un terme qu'il faudrait peut-être traduire ici par clôture monastique. Il n'est cependant pas exclu que la façade de certains bâtiments ait été précédée d'une galerie couverte. Un portique est mentionné devant le réfectoire à Avignon et à Arles. Dans cette dernière maison, un portique est également placé devant l'église, tandis qu'un corridor jouxte la chapelle à Fos et à Marseille. A Marseille, ce corridor est en bois:
Archives Départementales des Bouches-du-Rhône, B 464 (23 janvier 1325).

La plupart des églises sont citées assez tardivement, sans qu'il soit possible de remonter à leur origine. C'est le cas à Marseille (1171-1181).

La présence du cimetière n'est pas systématiquement attestée. On en connaît l'existence à Arles, Saint-Gilles, Avignon, Montélimar, Marseille:
Chartier du Temple d'Arles, nº 004 (cimiterio Sancte Marie de Milicia), 023 et 049.

L'empreinte dans le paysage urbain
La tour apparaît bien comme un élément commun à ces maisons urbaines. A Marseille, l'attestation remonte au XIIIe siècle.

Templiers contrôlent entièrement les abords de leur maison. Le cas se reproduit à Marseille, ainsi qu'il appert en 1325 d'une vente portant sur plusieurs maisons, certaines avec tours, ayant appartenu aux Templiers et confrontant leur ancienne commanderie: Archives Départementales des Bouches-du-Rhône, B 464 (23 janvier 1325).

Certaines de ces acquisitions pourraient avoir été effectuées dans la perspective de travaux d'agrandissement. Si de fréquents chantiers ont animé ces maisons urbaines, comme on l'a suggéré plus haut, le contrôle des environs immédiats des commanderies a permis également d'éviter tout voisinage encombrant, avec son lot de litiges liés aux mitoyennetés et au caractère souvent inextricable du bâti urbain. Les Templiers d'Avignon louaient par exemple une maison imbriquée dans leur propre commanderie et située sous leur « vieille cuisine »:
Chartier du Temple d'Avignon, nº 89.

La toponymie, qui perpétue jusqu'à une époque avancée du Moyen Age le souvenir des Templiers, corrobore la marque laissée par leurs maisons dans la topographie. A Nîmes, Aix ou Toulon, la rue qui accueille la commanderie et dans laquelle l'ordre a accumulé les hôtels est également dénommée « carreria Templi ». L'appellation classique de « portail du Temple » ou de « portail de la Milice » donnée aux portes urbaines situées à proximité des commanderies témoigne encore de la marque de l'ordre sur le quartier. Elle est attestée à Avignon, à Arles ou à Marseille. A Marseille, on relève la mention « porta de Templo sive Annonarie »:
J. H. Pryor, Business contracts, p. 64-67.

La dispersion des biens du Temple
On sait ainsi qu'en 1362, les Bénédictines récupérèrent l'église Sainte-Catherine à Cavaillon et l'année suivante, les Hospitaliers de Marseille cédèrent l'ancienne église du Temple aux Augustins qui venaient de s'installer dans le quartier.

A Tarascon, la chapelle templière fut donnée aux Trinitaires, mais à une date mal fixée. En Comtat, les Hospitaliers durent rétrocéder les biens acquis à la chambre apostolique. L'église Saint-Vincent à Saint-Paul-Trois-Châteaux apparaît ainsi, entre 1317 et 1338, parmi les biens laissés au Saint- Siège. Dans toutes ces villes, le fait qu'hôtels et lieux de culte sortirent du patrimoine de l'Hôpital contribua à effacer assez tôt le souvenir templier. La conjoncture économique et politique des deux derniers siècles du Moyen âge devait encore contribuer à cet oubli.

La communauté des frères du Temple
A certains moments cruciaux où l'avenir de l'Orient latin était en jeu, la nécessité d'envoyer rapidement des effectifs frais sur le « front » justifiait peut-être que l'on passât outre l'année de probation. Bien des frères reçus à Marseille semblent en effet avoir pris le large très peu de temps après leur admission dans l'ordre.

Une petite dizaine de Templiers provençaux ont été interrogés hors de la région, majoritairement à Paris. Certains de ces frères se trouvaient donc au nord de la France en octobre 1307, en poste dans une commanderie ou simplement de passage, mais certains purent aussi avoir été transférés après leur capture comme Guilhem de Ranco. D'autres indices diffus laissent supposer, de la part d'une catégorie du personnel au moins, une certaine mobilité. Les nécessités de l'administration provinciale rendaient déjà, au moins chez les dignitaires locaux, les déplacements temporaires fréquents. Pour s'en tenir au cas d'une maison modeste, Jordan de Cereix, commandeur du Puy, est à Avignon en 1263, accompagné de Raimon Cambarut, commandeur de Richerenches et Aimeric de Noves, également commandeur du Puy, s'y trouve en 1267. En 1273, c'est Guilhem de Saint-Jean, commandeur de Toulouse, qui figure comme délégué du maître provincial:
Chartier du Temple d'Avignon, nº 35, 48 et 63.

Surtout, les quelques mentions de Provençaux effectuant leur carrière loin de leur pays permettent de supposer que ces cas étaient plus répandus que ne le laissent croire les sources tardives. Guilhem de Noves, dit le Provençal, fut commandeur de Lombardie entre 1286 et 1289, et un autre Provençal, Peire de Pierrevert, dit aussi « Ultramontanus », fut dignitaire dans le royaume de Sicile entre 1297 et 1303. Au même moment, un parent, Jaufré de Pierrevert était également maître en Pouille. Un Theouron de Provence fut encore commandeur de Hongrie vers 1304.

Quelques frères intégrèrent encore l'ordre hors de la région, par exemple en Italie - Uc Gaysennon, du diocèse de Vaison, entré à Barletta, ou Peire Cadel, à Venise -, ou en Péninsule ibérique - le chevalier Jaufré de Pierrevert, reçu à Castelo Branco, au diocèse de Coïmbra. Mais, les passages dans la région de frères étrangers ressortent aussi des interrogatoires. Le rôle de Marseille, évoqué dans le précédent chapitre, comme plaque-tournante de première importance dans la logistique templière, se trouve confirmé par le nombre de professions qui y sont signalées. Ordre chronologique des réceptions: Itier de Rupe Forti (c. 1276), Estève de Cellario (diocèse de Clermont, c. 1287) reçu avec deux autres Auvergnats, Barrai de Cainhano (c. 1297), Eubald de Rumolis (diocèse de Bourges, c. 1302), Guilhem de Giaco (diocèse de Besançon, c. 1303), Peire Malamuçça (Le Puy, c. 1303), et Bertran de Brandisio (c. 1305) en présence d'un frère Martin Yspanus. Peire Pic, originaire de Clermont, fut quant à lui reçu à Aix.

Il est évident, d'après certaines dépositions, que ces nouveaux profès transitaient par le port phocéen pour rejoindre l'Orient. Parmi les Templiers cités ci-dessus, deux disent avoir effectué le passage immédiatement après leur réception et trois autres furent interrogés à Chypre. Estève de Cellario, interrogé à Paris, dit avoir été quatre ou cinq fois outre-mer:
A. Forey, « Towards », p. 200-201, a montré que les jeunes recrues, notamment d'origine chevaleresque, étaient immédiatement envoyées outre-mer.

Concurrences avec le clergé séculier
Les nombreux rappels à l'ordre du Saint-Siège sont révélateurs de la rivalité exacerbée pour les revenus mortuaires - quarte, legs et aumônes - à laquelle se livrèrent dès lors séculiers et réguliers à partir du dernier tiers du XIIe siècle. Alexandre III, puis ses successeurs, intervinrent ainsi auprès des prélats de la chrétienté pour qu'ils se contentent de prélever la quarte sur les legs et qu'ils n'exigent rien sur les aumônes. Le même pape entendit bien faire respecter en Provence les privilèges décernés aux ordres militaires, comme en témoigne la protection particulière qu'il accorda à l'église du Temple de Marseille. Il rappela à cette occasion la possibilité de célébrer en temps d'interdit et la liberté d'accueillir des fidèles à la sépulture, à l'exclusion des excommuniés:
Inventaire des Bulles Pontificales relatives aux Ordres Militaires, nº 033 (28 avril 1171-1181).

Malgré la protection apostolique, les ordres militaires n'en furent pas moins en butte de toutes parts au mécontentement des prélats. Parfois, les relations, déjà tendues, dégénérèrent en violences.

A trois reprises, en 1246 et 1247, Innocent IV exhorta ainsi les Marseillais à laisser les Templiers charger librement leurs navires à destination de la Terre sainte:
Inventaire des Bulles Pontificales relatives aux Ordres Militaires, nº 119 (21 avril et 7 décembre 1246) et 121 (2 février 1247).

A la même époque, les Hospitaliers cherchèrent encore à s'appuyer sur un chevalier influent à Marseille, nommé Briton, pour obtenir de la commune l'autorisation d'acheter et d'acheminer des céréales destinées à la Syrie: Cartulaire Général des Hospitaliers, nº 2322 (5 mai [1244-1249]). Ce Briton est membre des Ancelme-Fer, une vieille famille de négociants marseillais:
R. Pernoud, Essai sur l'histoire, p. 188-192.

En 1250, la cité autorisa l'ordre à faire sortir quelques vaisseaux chargés de blé pour secourir les Latins affectés par le désastre de Mansûra. Ce type de faveur, qui n'était pas permanent, fut à nouveau accordé en octobre 1279: E. Isnard, Inventaire sommaire, nº 143.

Charles Ier intervint également, à plusieurs reprises, pour faire respecter les privilèges de navigation des Templiers dans le même port:
Registri della Cancelleria Angiona, t. 6, p. 42, nº 147 (16 octobre 1270), et t. 27, p. 483, nº 61 (6 septembre 1284).

Saint-Louis et la croisade
La croisade de 1248 a laissé à ce titre un dossier fourni faisant largement intervenir les ordres militaires. Saint Louis disposait d'un port à Aigues-Mortes, mais non de navires, il en commanda seize à Gênes et vingt à Marseille. Or le roi se reposa presque totalement sur l'expérience des ordres militaires pour organiser ces nolis. En août 1246, André Polin, prieur de l'Hôpital en France, et Renaud de Vichiers, maître du Temple en France, furent chargés, avec trois autres membres de l'hôtel du roi, de traiter avec les deux syndics de Marseille. La commune s'engageait à livrer à Aigues-Mortes vingt vaisseaux équipés et gréés d'ici la Saint-Jean-Baptiste prochaine:
Layettes, t. II, nº 3537 (19 août 1246). Les mêmes dignitaires des ordres militaires furent également chargés de traiter avec le podestat génois quelques mois plus tard, Cartulaire Général des Hospitaliers, nº 2425 (octobre 1246).

Pour définir au plus juste le prix de 1 300 marcs sterling réclamé par bateau en fonction de la taille et du tonnage, le contrat prit comme référence le navire nommé la Comitissa del Hospital. En outre, la ville dut encore participer en fournissant à ses frais dix galées équipées, armées et capables d'emporter un minimum de vingt-cinq hommes. En mai 1248, les frères Otton de Gavi, commandeur de l'Hôpital de Marseille, André de Gignac, templier, et Peire Bonel, probablement commandeur du Temple de Marseille, à partir de cette ville, transmirent aux deux amiraux du roi basés à Gênes, Ugo Lercaro et Jacopo de Levante, une commande de trois navires. Dans les jours suivants, les notules du notaire Giovanni Vecchio ont conservé les contrats de nolis passés par les deux amiraux avec plusieurs armateurs génois pour des naves entièrement équipées avec leurs marins qui devaient être amenées à Aigues-Mortes. Il en coûta au roi, pour ces trois vaisseaux, baptisés le Saint-Esprit, le Saint-François et le Paradis, respectivement 1 095, 900 et 1 259 marcs d'argent. Dans cette affaire, on retrouve, comme bien souvent, les moines-soldats en position d'intermédiaires financiers, puisque c'est à eux que devaient s'adresser les envoyés des armateurs afin de recevoir les sommes prévues par les contrats de nolis.

Son frère Charles Ier utilisa également à plusieurs reprises les bateaux affrétés par les ordres militaires. En 1278, il demanda par exemple à son officier chargé de l'armement des navires en Pouilles d'équiper plusieurs navires à destination d'Acre, dont la Bonne Aventure, un vaisseau alors aux mains de l'Hôpital, mais dont la présence à Marseille est bien attestée autour de 1250 par les notules de Giraud Amalric.

Et c'est dans la maison marseillaise du Temple que Charles Ier concéda aux citoyens de cette ville la liberté de commerce à Acre en remerciement de l'aide apportée contre les rebelles de Sicile. L'acte est évoqué dans la confirmation qu'en fit le prince à partir de Brindisi, en septembre 1284:
H. E. Mayer, p. 212-213, nº 27.

Malheureusement, la disparition totale des archives des deux ordres à Marseille ne permet pas de préciser davantage la nature des relations qu'ils entretinrent avec les milieux de négociants. Si les gens du Midi traversaient donc assez facilement la Méditerranée pour commercer, quelle fut la part de leur investissement militaire ?

Marseille plaque tournante des Ordres Militaires
Chargées du soutien matériel, les commanderies locales avaient encore l'obligation de fournir des combattants. Comme les ordres militaires étaient devenus, dès les années 1180, les pièces maîtresses de la défense puis de la reconquête de l'Orient latin, le recrutement et le transfert de frères ne s'interrompit jamais. Or, les commanderies provençales contribuèrent pleinement à l'effort général. En 1268, lorsque le maître de l'Hôpital appelle l'Occident à l'aide, c'est d'abord au prieur de Saint-Gilles qu'il s'adresse. Et en 1302, le chapitre général demande à la Provence d'envoyer quinze combattants à Chypre - un chiffre atteint seulement par la langue de France - sur un total de quatre-vingts. La situation n'est pas différente pour le Temple. On a vu qu'une dizaine de Provençaux étaient attestés en Orient dans les deux décennies précédant le procès. Nombre de transferts outre-mer eurent encore lieu à partir de Marseille, où plusieurs réceptions sont signalées entre les années 1270 et 1300. Et c'est par là encore, qu'à trois reprises au moins, en mai 1293, en août 1296 et à l'automne 1306, Jacques de Molay transita. Il débarqua en mai 1293, dans le but de tenir un chapitre général à Montpellier en août. Après le chapitre général d'Arles, le 15 août 1296, il rentra probablement à Chypre par le port « phocéen ». Enfin, appelé de Chypre par Clément V pour l'organisation d'une nouvelle croisade, il transita encore par la Provence, entre octobre et novembre 1306:
A. Demurger, Jacques de Molay, p. 118, 121-123 et 211-212.

La cité phocéenne reste donc véritablement « le port d'attache de la navigation templière en Méditerranée occidentale », ainsi qu'en témoigne encore la présence du magister « passagii », c'est-à-dire du dignitaire responsable de l'acheminement du matériel et des hommes vers l'Orient. L'importance stratégique du port ne se limite d'ailleurs pas aux deux ordres internationaux. La présence d'un hôpital du Saint-Sépulcre atteste bien de l'étroitesse des relations avec la Terre sainte. Et le développement de la maison de l'ordre de Santiago, autour de 1248, s'explique notamment dans le cadre des projets préparés en 1306 par Foulques de Villaret et Jacques de Molay. Une initiative au départ de ce port pourrait ainsi être mise en relation avec les plans du maître du Temple. A l'été 1306, le maître en Auvergne, Humbert Blanc, et un citoyen marseillais, Pierre de Lengres, qualifié d'« amiral des galères dépêchées pour le secours de la Terre sainte », prévirent en effet un passage particulier avec le soutien de Clément V. Or il est difficile de penser que le maître n'ait pas été au courant de ces préparatifs:
A. Demurger, Jacques de Molay, p. 209-210.

Peut-être ce projet est-il lié à un autre passage qui dut avoir lieu au même moment, celui de Peire de Saint-Just, un dignitaire catalan, parti rejoindre Molay à Limassol, où il avait été convoqué pour le chapitre général. Le 14 juin 1306, Pierre de Castillon, qui avait été dépêché en Aragon par le grand maître, écrit au maître des passages à Marseille, Jehan de Villamer, afin qu'il pourvoie au transfert de Peire de Saint-Just, de sa suite et de ses montures:
Archives de la Couronne d'Aragon, Jaime II (Templarios), 139, nº 334 « je remercie (Damien Carraz) A. Demurger de m'avoir communiqué ce document. »
Peire de Saint-Just avait été convoqué par Molay avant janvier 1306 et il obtint de ce dernier l'autorisation de quitter l'île de Chypre en octobre 1306:
A. Demurger, ibid., p. 210-211 et 173.

Les arrestations des Templiers du Rhône
Il paraît évident qu'avant le 24 janvier 1308, les Templiers provençaux étaient déjà sur leurs gardes. Des rumeurs couraient sur l'ordre depuis 1306 au moins:
A. Demurger, Jacques de Molay, p. 213-219.
Le magister passagii basé à Marseille avait d'ailleurs tenté d'informer Jacques de Molay de certains des dangers menaçant l'ordre. D'après le témoignage d'un frère mineur lyonnais déposant à Paris en janvier 1311:
Michelet I, p. 458; et A. Demurger, Jacques de Molay, p. 214-215.
Et le coup de filet conduit juste de l'autre côté du Rhône n'augurait rien de bon. Dans les semaines qui précédèrent leur arrestation, les Templiers semblent d'ailleurs avoir pris quelques précautions. A Avignon, le chapelain Jaume Castelli avait confié aux frères prêcheurs, dont le couvent voisinait la commanderie, un paquet contenant quelques objets personnels. Les commissaires se transportérent au couvent le 2 février 1308 pour vérifier le contenu du paquet à la suite de la déclaration d'un frère mineur. Celui-ci renfermait surtout des vêtements et deux livres liturgiques:
Chartier du Temple d'Avignon, nº 89.
Peut-être les reconnaissances de biens, auxquelles la maison procéda dans les mois précédant l'opération conduite en France, dénotent-elles encore une certaine inquiétude ?
Sources: Damien Carraz - l'Ordre du Temple dans la Basse Vallée du Rhône - 2005. Lyon

Maison du Temple de Marseille
A l'entrée du port, fut bâtie en 1075, une chapelle sous le titre de Saint-Jean-Baptiste; en 1240 elle devint l'église de la commanderie des Templiers, qui obtiennent, pour elle, plusieurs privilèges des papes et en outre d'Innocent IV, en 1246, une indulgence plénière, pour tous ceux qui la visiteraient le jour de la fête. Ils édifièrent près de la chapelle la tour Malbert, ou Tour du Port, turreta portus.


la tour Malbert, ou Tour du Port
La tour Malbert, ou Tour du Port. Sources: Marseille en Vue


En 1307, l'Ordre du Temple ayant été supprimé, le roi Charles II, alors à Marseille, donna cette propriété aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. La tour fut réparée en 1318; démolie par les Aragonnais en 1423, elle fut rebâtie en 1448, telle qu'elle est encore de nos jours; elle fut dès lors appelée, tour Saint-Jean, soit à cause de la chapelle, dont nous avons parlé, soit parce qu'elle était la possession des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. En 1664, Louis XIV fit construire le fort Saint-Jean, qui renferme le couvent et l'hôpital des Chevaliers; cet hôpital avait été fondé en 1384 spécialement pour les pauvres marins. En effet, le 27 juillet de cette année, Arnaud de Montolieu, syndic, expose que Raymond Francisque, tonnelier, mû par un sentiment de piété, désir faire construire un hôpital sous le nom de Saint-Jean, pour hospitalier les marins pauvres et autres indigents, et demande que la ville lui cède une maison située près de l'église.

Le conseil, après délibération, donne pleins pouvoirs de vendre la maison en question moyennant 50 livres (1).

Le bureau de la santé, établi sous la tour Saint-Jean, fut alors transféré à bord d'une patache, et ce ne fut qu'en 1719 que le roi autorisa l'établissement de la Consigne sur l'emplacement actuel. En 1803, ce bâtiment fut agrandi tel qu'il est aujourd'hui.

La chapelle Saint-Jean fut en partie démolie et M. Thomas Bouche, nommé en 1676 recteur de cette chapellenie dite de Sainte-Croix, Sainte-Madeleine et Notre-Dame la Belle dans cette église, ne put prendre possession de son titre, parce que ladite église avait été unie à la citadelle. Il n'en resta que le choeur qui servit de chapelle à la garnison (2).
1. Archives communale, BB, 30 page 107.
2. Institutions ecclésiastiques, folio 757.

Sources: Abbé Veritier, Confréries et Chapellenies. Provincia, Bulletin trimestriel de la Société de Statistique d'Histoire et d'Archéologie de Marseille et de Provence. Tome VI, année 1926. Marseille 1926.

Marseille, rue Fontaine Sainte-Anne
Cette rue s'appelait, au quatorzième siècle, de la Chandellerie-du-Temple, La Candelaria del Temple (1) parce qu'il y avait des fabricants et des marchands de chandelles, et que la maison des Templiers était dans le voisinage. En 1684 on la nommait encore de la Chandellerie (2).
1. Livre-Trésor de l'hôpital Saint-Jacques de Galice, 1400, folio 56 recto, aux archives de l'Hôtel-Dieu de Marseille.
2. Registre coté X des censes et directes de l'Hôtel-Dieu, folio 87, aux archives de cet hôpital.


Marseille, rue des Alfiers
Comme cette rue était proche l'ancienne maison des Templiers, à peu près située où se trouve aujourd'hui l'église des Augustins, on l'appela longtemps la rue du Temple. Elle portait, en 1392 (3), ce nom sans doute beaucoup plus ancien ; et plus tard on appelait indistinctement rue du Temple, des Templiers, de Saint-Augustin. Dans le seizième siècle, un autre nom prévalut, en concurrence toutefois avec celui des Templiers.
On l'appela d'aou Vlat deis Cougourdos. C'est qu'il y avait là un grand ruisseau ou fossé dans lequel, en temps de pluie orageuse, la violence des eaux entraînait les produits et surtout les citrouilles des jardins les plus rapprochés de la ville.
3. Registre contenant des délibérations municipales de 1469 à 1485, folio 62 verso, aux archives de la ville.

Marseille, rue Sainte-Claire
Le 28 décembre 1357, le conseil général de la commune de Marseille délibéra, dans un intérêt de défense et de salut public, de raser jusqu'en leurs fondements les faubourgs voisins des remparts (4). Le couvent des clarisses fut ainsi condamné à la démolition mais il parait qu'il ne la subit qu'en 1359. Les religieuses, au nombre de dix-neuf, se réfugièrent dans l'église de l'ancienne maison des Templiers à Marseille, et y demeurèrent environ deux ans, jusqu'à ce que la construction de leur nouveau monastère fut terminée à la rue dite alors de l'Escarlate, et qui fut appelée plus tard rue Neuve de-Sainte-Claire.
4. Ruffi, Histoire de Marseille, tome II, page 65-67.
Sources: Augustin Fabre. Notice historique sur les anciennes rues de Marseille démolies en 1862 pour la création de la rue Impériale, pages 27, 34, 174. Marseille 1842. - Bnf

 

Martignas   (33)
Domaine du temple de Martignas
Département: Gironde, Arrondissement: Bordeaux, Canton: Mérignac-2, Commune: Martignas-sur-Jalle - 33


Domaine du temple de Martignas
Localisation: Domaine du temple de Martignas


Ce lieu appartenait bien à la Maison du Temple de Bordeaux.

Les dépendances de la Maison du Temple de Bordeaux étaient très nombreuses, soit dans le Bordelais, soit dans les contrées limitrophes. Diminué dans le principe par la création de la commanderie d'Arceins, leur nombre s'accrût peu à peu dans la suite par la suppression de plusieurs petites circonscriptions qui vinrent se fondre successivement dans leur importante voisine. Ses principaux membres étaient:
Le Vigean, Blanquefort, Eysine, Martignas, Salles, Billos, Cunctis, Parentis, la Grave d'Ambarès, Arbeyre, avec son annexe Saint-Pierre-de-Vaux, Cadarsac, la Lande, Pomeyrols et Chalauze près de Libourne; Marcenays, Queynac, Mayrigne, dans le Fronsadois; Salebruneau, Puch, Mauriac, Frontenac, Bach, Saint-Léger, en Bazadais; Bénon en Médoc et ses dépendances La Grayanès, Pellecahut, Saint-Germain d'Esteuil, Mingot, Marcithan, Casteinau-de-Médoc, Saint-Sauveur, Verteuil, etc.
Sources: A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.

 

Mas de la Garrigue   (66)
Domaine du temple de Mas de la Garrigue
Département: Pyrénées-Orientales, Arrondissement: Perpignan, Canton: La Vallée de la Têt, commune: Millas - 66


Domaine du temple de Mas de la Garrigue
Localisation: Domaine du temple de Mas de la Garrigue


Mas de Lagarrigue ou de « Font couverte », sur, le Réart.
En 1149, la milice du Temple reçut de la munificence de Gaufred, comte de Roussillon, et de son fils Guinard, un alleu qui s'étendait depuis une métairie appelée d'Escarbot jusqu'à Saint-Julien de Vilanova, entre deux chemins, dont l'un conduisait de Mallolas et l'autre de Perpignan au même lieu de Vilanova.

Les mêmes seigneurs confirmèrent et accrurent cette donation en 1153 et en 1155.
Telle fut la commanderie du Mas de la Garriga, dénomination qu'on trouve déjà en 1167.

L'acte connu le plus ancien où figure le titre de commandeur est de l'an 1199.
Sources: M. Puiggary, correspondant. Histoire et mémoires de l'Académie royale des sciences, inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse. Années 1834, 1835, 1836. Tome IV, première partie.

Mas de Garrigue
Le Mas de la Garrigue était une grange rurale qui se consacrait à l'exploitation agricole d'un maximum de 27 pièces de terre. Les frères étaient nombreux, mais nous n'en connaissons pas le nombre exact.
Sources: M. Robert Vinas, L'Ordre du Temple en Roussillon. Editions Trabucaire 1988 - Site Internet de M. Robert Vinas

 

Mas Deu (Le)   (66)
Maison du Temple Le Mas Déu
Département: Pyrénées-Orientales, Arrondissement: Perpignan, Canton: Thuir, Commune: Trouillas - 66


Maison du Temple Le Mas Déu
Localisation: Maison du Temple Le Mas Déu


L'année suivante et le 4 des calendes d'août, une veuve nommée « Azalaïdis » donna à la sainte milice, avec l'assentiment de ses trois fils et de son gendre, un alleu situé au lieu dit « Cira » dans les territoires d'Anyils et de « Vilamulaca », que les chevaliers avaient racheté des mains d'Oliba de Candell, à qui il avait été engagé pour quatre livres d'argent. Cette donation fut acceptée par le chevalier Hugues Rigald, assisté de ses confrères Pierre-Bernard, de Perpignan, Bernard de Peralada et Bernard Utalgar.

L'alleu de Cira prit bientôt le nom de Mas-Deu (Maison-Dieu) et devint la commanderie principale et centrale de la contrée. Le nom de Mas-Deu paraît pour la première fois dans un acte de l'an 1137, et le titre de commandeur dans un autre de 1160. Dans un acte de 1151, on trouve un Arnaud de Saint-Cyprien, avec le titre de « magister ad mansionem templi. »

Le détail de toutes les acquisitions, que fit successivement cette commanderie, serait beaucoup trop long à exposer ici. Nous nous contenterons d'en signaler un qui paraît être le plus notable. C'est celle de l'Ancien Monastère double de Saint-Sauveur de Cira, près du Mas-Deu, vendu en 1237 par ordre de l'abbé de Saint-Sauveur de Beéda, diocèse de Gironne, de qui il dépendait, pour le prix de 12,000 sous melgoriens. Ce domaine se composait d'un grand nombre de métairies et d'autres propriétés situées dans les territoires de Toluges, de Canohas, de Banyuls, de Trullars, d'Anyils, du Monastir-del-Camp, de Saint-Jean de Pla-de-Corts, etc.

Les membres du Mas Deu
— Canton de Perpignan
Alenya, Bonpas, Cabestany, Canet, Canohas, Castel-Roussillon, Cornella-del-Bercol, Mallolas, Perpignan, Saint-Mamert, Orle, Toluges, Tésa, Vernet, Villeneuve-de-la-Raho, Villeneuve-de-la-Rivière.

— Canton de Rivesaltes
Garrius, Juègues, Saint-Hippolyte, Saint-Laurent, Salses, Torrellas.

— Canton de Millas
Corbéra, Saint-Feliu-d'Aval (dès 1137, nombreuses propriétés).

— Canton de Tuhir
Anyils, Bages, Brulla, Camelas, Candell, Forgues, Llauro, Llupia, Monastir-del-Camp, Ortafa, Passa, Pollestres, Pontella, Terrats, Trullas, Trasserra, Vilamulaca, Vilarmila.

— Canton de Saint-Paul
Auxonis, Borrat, Calmes, Jonqueroles, Prugnanes, Saint-Arnac, Saint-Etienne-de-Derg.

— Canton de Latour
Mateperuste (bois), Tournefort.

— Canton de Céret
Banyuls-dels-Aspres, Céret, la Clusa, las Illas, le Vilar-d'Amont, Maurellas, (dix ou douze métairies, terres, droits, etc.), Saint-Jean-Pla-de-Corts, Saint-Martin, Vilaclara, Vivers.

— Canton d'Argelès
Albéra, Argelès, Collioure, Palau, Pacol, Pujols, Suréda, Tatzo d'Aval, Vallbona.

— Canton d'Arles
Montbolo, Saint-Marsal.

— Canton de Prats-de-Mollo
Mas-Tallet.

— Canton de Prades
Mosset, Orbanya, Villefranche.

— Canton de Vinca
Belpuig, Finestret.

— Canton de Sournia
Rebolhet.

— Canton d'Oléta
Carensa.

C'est une chose digne de remarque, que le territoire de la Maison du Mas-Deu s'étendait précisément jusqu'aux limites qui ont été assignées à notre département dans la nouvelle division de la France.
Sources: M. Puiggary, correspondant. Histoire et mémoires de l'Académie royale des sciences, inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse. Années 1834, 1835, 1836. Tome IV, première partie.

Reconnaissance des droits justiciers des Templiers
Le 8 janvier 1255, le roi d'Aragon avoir mis sous sa sauvegarde les biens des Templiers qu'ils possédaient en Roussillon, concéda ou reconnut aux Templiers du Roussillon des privilèges justiciers, leurs concédait ou reconnaissait toutes les justices et juridictions civiles et criminelles desdites seigneuries, si ce n'est que les officiers royaux pourraient entrer dans les lieux du Mas-Deu en cas de violation des constitutions de paix et trêves (contre l'ordre public), et pour punir et même pour éviter des meurtres, « ainsi qu'ils l'avaient fait jusqu'alors. » Les lieux où les commandeurs du Mas Deu possédaient des droits de justice plus ou moins étendus, étaient le territoire du Mas-Deu, Anyils (Nyls), Terrats et Saint-Hippolyte.
Sources: Les Coutumes de Perpignan. Suivi des usages sur la dime des plus anciens privilèges, de la ville et de documents complémentaires. Par Société archéologique de Montpellier. Montpellier 1848

Maison du Temple du Mas Deu
Les Templiers y arrivent à la fin du XIe siècle, juste après les Cisterciens, bien présents dans la Catalogne et le proche Languedoc à Fontfroide.

Les acquisitions se font entre 1180 et 1240 et le patrimoine de cette immense commanderie est fait par achat et regroupement des terres.

Situé à 108 mètres d'altitude, sur une colline qui domine la plaine de quelques dizaines de métres, le Mas Déu a certainement été occupé beaucoup plus tôt dans l'histoire, comme semble le démontrer la découverte de débris de mosaïques gallo-romaines dans les vignes qui l'entourent.

A propos du Mas Déu, Barthélemy écrit: « Seul le Mas Déu se montre encore sur le haut d'une colline qui domine à la fois les plaines et la mer. » C'est aujourd'hui une ferme: quelques pans de murs annoncent par l'appareil de la maçonnerie le XIIe siècle, mais les deux ou trois fragments architectoniques qui subsistent ne remontent pas au delà du XVIe siècle.
Sources: Damien Carraz - L'Ordre du Temple dans la basse Vallée du Rhône - Presses Universitaires de Lyon - 2005

La Mas Deu, Qu'en reste-t-il aujourd'hui
C'est surtout l'appareil des murs, avec la disposition générale des galets en épi, caractéristique des XIIe et XIIIe siècles chez nous, qui peut nous guider dans ces recherches.


Vestiges de la commanderie du Mas Deu
Vestiges de la commanderie du Mas Deu. Image Jack Bocar


Ces dimensions sont vastes et bien en rapport avec la réputation qui a été faite au Mas Déu par les auteurs médiévaux. L'ensemble était sûrement flanqué, lorsqu'il était entier, de quatre tours d'angle. Il est possible qu'elles aient été ajoutées à l'édifice primitif.


Vestiges de la commanderie du Mas Deu
Vestiges de la commanderie du Mas Deu. Image Jack Bocar


Comme pour la maison de Perpignan, nous ne pouvons nous référer qu'à des sources hospitalières modernes (XVIIe et XVIIIe siècles) pour imaginer le Mas Deu des Templiers.


Vestiges de la commanderie du Mas Deu
Vestiges de la commanderie du Mas Deu. Image Jack Bocar


A l'intérieur, ses dimensions sont de 19,50 m. de long pour 7,50 mètres de large. Ce qui frappe surtout, c'est son extraordinaire simplicité c'est un simple rectangle. Tout l'appareil est en galets, sauf les angles et les piédroits des ouvertures qui sont en tuf taillé.
Sources: M. Robert Vinas, L'Ordre du Temple en Roussillon. Editions Trabucaire 1988 - Site Internet de M. Robert Vinas

Maison du Temple Le Mas Deu
L'importante commanderie du Mas-Deu a ceci de particulier qu'elle fut l'objet d'une enquête spéciale, publiée, nous ne savons pourquoi, dans l'édition de Michelet, étant donné tout ce qui devrait se trouver dans le procès des Templiers et qui a été omis; car il ne faudrait pas croire que le procès des Templiers de France figurât en entier dans cette publication composée de deux enquêtes faites à Paris, à des époques différentes, sur les mêmes détenus, et d'une enquête plus impartiale et fort restreinte faite sur les Templiers du Mas-Deu et du Roussillon.

C'est en présence de l'évêque d'Elne, lequel dépendait de l'archevêque de Narbonne, que comparurent, en 1310, les Templiers du Roussillon, et, fait digne de remarque, ce procès est tout l'opposé de celui de Paris, c'est la négation absolue de tous les chefs d'accusation imputés à l'Ordre.

Avant de donner la liste des commandeurs du Mas-Deu (1), disons que le Temple du Mas-Deu (« domus Mansi Dei prope Trulars »), parait avoir été sous la dépendance, non du maître du Temple en Provence, mais de celui d'Aragon; sa chapelle ou église était desservie par plusieurs chapelains. Un de ces chapelains parle d'un livre contenant la règle de l'Ordre, que possédait la maison et qui était en langue romane (2); il est aussi parlé d'un livre des statuts et de la règle de l'Ordre, peut-être le même que le précédent, qui fut livré à l'enquêteur, l'évêque d'Elne (3).

Un autre des habitants du Mas-Deu, nous donne la liste des derniers précepteurs de la maison (4); il est aussi fait allusion aux chapitres tenus à diverses reprises dans la chapelle.

Précepteurs du Mas-Deu
vers 1272-1280, frère Raymond « de Baco »;
vers Noël 1287, frère Raymond de Benajes;
vers 1294-1295, frère Arnaud « de Torrosella »;
vers 1295-1299, frère G. de Abelars;
vers 1305-1307, frère Raymond « de Gardia »
— 1. B. Alart, Suppression de l'Ordre du Temple en Roussillon.
— 2. Procès, tome II, page 434.
— 3. Procès, tome II, page 509.
— 4. Procès, tome II, page 435.
— 5. Procès, tome II, page 499.

Sources: Trudon des Ormes, Revue de L'Orient Latin, tome 7, page 587. Paris 1899.

Procès, tome II, page 434.
Ad LXXXVI articulum respondens, dixit quod ipse qui loquitur fuit receptus in domo Mansi Dei, per fratrem Raymundum de Baco tunc preceptorem ejusdem domus, in vigilia Natalis Domini proxime preterita fuerunt XXIX anni elapsi, astantibus et presentibus in ipsa recepcione fratribus Petro de Camporotundo, Jacobo Olerii, Arnoldo Rocha camerario dicte domus, et pluribus aliis de quibus non recordatur, qui mortui sunt, et fratre Jordano et fratre Arnoldo Canicii et fratre Symone, nunc viventibus, ordinis supradicti. Modus autem sue recepcionis et aliorum, quos ipse vidit recipi in eadem domo Mansi Dei, fuit observatus per receptores per modum qui sequitur.

Procès, tome II, page 509.
Ad LXXXVI articulum diligenter interrogatus, respondens dixit quod frater Arnaldus de Torrosella tunc preceptor dicte domus Mansi Dei, in festo Penthecostes proxime futuro erunt XV anni elapsi vel circa, recepit ipsum qui loquitur in fratrem dicti ordinis, in capella dicte domus Mansi Dei, presentibus et ibidem astantibus Aro Rocha, Raymundo Sageti, Laurentio Regalis, Jacobo de Oleriis et pluribus aliis fratribus dicti ordinis.

Procès, tome II, page 435.
Quem inquam librum idem frater Bartholomeus capellanus fecit de dicta domo Mansi Dei per quendam juvenem aportari, et presentari eidem domino episcopo Elnensi et canonicis Elnensis ecclesie predictis, necnon viris religiosis Predicatoribus et Minoribus predictis secum inquirentibus et astantibus, quorum nomina in exordio hujus enqueste sunt superius interserta. Liber autem predicte regule sic incipit in romano:
Quan alcum proom requer la compaya de la Mayso.

Procès, tome II, page 497.
XX. Frater Guillelmus de Terratis ordinis dicti Templi et domus Mansi Dei, testis juratus ad sancta Dei Evangelia super predictis articulis et eorum quolibet sibi expositis in vulgari, ut principalis de se ipso, et ut testis de aliis, diligenter et sigillatim interrogatus, respondens ad primum, II-XXIX articulos inclusive, diligenter et sigillatim interrogatus, negavit ipsos articulos et omnia et singula contenta in eis; adiciens quod si magnus Magister ordinis predicti confessus est predicta, mentitus est in capud suum et falso modo per gulam suam.

Procès, tome II, page 499.
Ad LXXXVI articulum diligenter interrogatus, respondens dixit quod frater Guillelmus de Benaies preceptor tunc domus Mansi Dei predicte, recepit ipsum qui loquitur in fratrem dicti ordinis similiter cum Bernardo Morerii et Johanne Olibe fratribus dicti ordinis tunc viventibus, nunc defunctis, in capella dicte domus Mansi Dei, XXII anni fuerunt elapsi vel circa in vigilia Natalis Domini proxime preterita, astantibus et presentibus P. de Redorta, Bertrando de Rippis Altis militibus, Jacobo de Oleriis et Petro de Camporotundo, et pluribus aliis fratribus dicti ordinis viventibus aliquibus et aliis nunc defunctis.

Procès, tome II, page 501.
Ad XXXIIII-XXXVII articulos inclusive, diligenter et sigillatim interrogatus, respondens dixit vera esse contenta in illis; adiciens quod statuta ipsius ordinis hoc habent in se ut recepti fratres ad ipsum ordinem promittant recipienti ne pro majori vel minori alio ordine susceptum Templi ordinem derelinquant, nisi obtenta licencia ejus qui concedere illud possit; addens quod recepti ad dictum ordinem confestim pro professis habentur. Ipse autem nusquam alibi fuit ubi fratrum recepcio fieret ad dictum ordinem, nisi in domo Mansi Dei duntaxat quod est in diocesi Elnensi, in cujus capella fratres de more recipiuntur januis clausis ejus et exclusis omnibus preter fratres.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 — Imprimerie Nationale — Paris — M. DCCC. LI.

Charte Albigeoise
Donation des lieux de Granoillet (Graulhet), Marlanas et Ambres (entre Lavaur et Alby), à l'Ordre du Temple

(Mars 1211)
In noraine Jhu Xpi. Notum sit omnibus hominibus presentibus atque futuris que eu P. de Granollet ei donat a deu e a ma dona sancta Maria e a la maio del Temple ma arma e mo cors, e ei donat e lauzat a deu e a ma dona sancta Maria e a la maio del Temple e als frares que ara i son ni adenant i seran, per salut de ma arma e per remissio de mos peccatz, totas las mias causas entegrament e totas las mias honors e totas las mias seynorias e totas las mias drechuras, on eu meyls las i havia ni las tenia ni hom ni femena de me. So es a saber el castel de Granoillet dins ni defora e totz mos ornes e mas femenas, on que eu los aia ni aver les deig. e la força de Marlanas ab totz sos apartanemens, e totas mas terras e mas honors on que sio, ermas e condrechas. e tota la sejnoria e tota la honor e la terra erma e condrecha queu ei el castel d'Ambres dins ni defora, on meyls eu las i ei ni hom ni femena de me.

E eu frare Arnal de Bos, comendaire de Vaor, ei recebut tot aquest do entegrament aici com desus es escrich, on om meyls o pot entendre per ara e per totz temps, per me e per los autres fraires del Temple que ara i son ni aenant i seran. e aiso ei fag ab mandament e ab voluntat de frare Arnal Cadel, comandador de Monso. e ab conseil e en presencia de frare P. lo capela de Vaor, e de frare Daide de Seinta Crocz, e de fraire Gausbert Arnal, e de frare R. Pelicer. E eu frare Arnals de Bos e li autre fraire sobredig, avem promes a vos P. de Granoillet que, dementre que estaretz donatz, podetz tener e possedir totas vostras causes, ab encapio de la maio del Temple, a vostra voluntat.

Tot aquest do aci com desus es escrich [ 1 ] ieu P. de Granollet a la maio del Temple, salva la seynoria de monseynor lo comte de Tolosa.

E eu frare Arnals de Bos e li autre fraire sobredig avem promes a vos P. de Granoillet e als autres cavalers e als prohomes del castel de Granoillet, quil (2) castel gardarem e deffendrem a nostre poder a bona fe.

De tot aiso aici com desus [es] escrich, on om meyls o pot entendre, son testimoni Fortz lo capelas del castel, Arnals dAuta Riba, Bernat Raimons, Arnal de Serra Peira, R, Arnal, Vidal de Gontaut, Pons de Sacor, G. de Fares, Sicartz [ ] et, P. Arnal Manens, Berengers de Fares, Matfre de la Volta, P. Carbonel, aquist so cavalier. Arnal de B[ois]asso, P. Ladon, Pons de Catunac, B. Arribat, Ar. de Cavanac, Pons Aymerich, A. de la Roqueta, Sicart de Cavanac, S. de Boissaso, P. Fabre, S. de la Gleia, Fort Sanz, Ar. de Liralbac, R. de Candeil. P. escrivas, qui escrius aquesta carta.

Hoc vero factum fuit anno ab incarnacione domini. M. CC. X. mense martii die dominica vespera sancti Benedicti in ecclesia ipsius castri de Granoillet, Innocencio papa Rome regnante, Philipo rege Franchorum et Johanne rege Anglorum, et sedente Ar. episcopo Albiense.
— Archives du département des Pyrénées-Orientales, Cartulaire du Temple, fº 133.
— 1. Un mot illisible, dont le sens doit être j'accorde, Confirme ou concède.
— 2. Il faut lire quel.

Sources: Cartulaire du Mas-Deu en Roussillon (dans la Revue des langues romanes, tome III, page 7

Commandeurs du Mas Deu
Tous les noms de ces Templiers qu'ils soient Grands Dignitaires, Maîtres, commandeurs ou chevaliers, sont issus du Cartulaire du Temple du Marqui d'Albon.

Hugues de Rigaud - 1128-1136.
(Rigaud, Alpes Maritimes, arrondissement de Nice);
Maître des Maisons du Temple de Catalogne, Mas Deu, Douzens, Uzès, Dauphiné.
Très souvent ne porte pas de titre, ou alors on le nomme:
« confrère de la compagnie des chevaliers du Temple »,
« confrère et serviteur des chevaliers du Christ »,
« procureur de la chevalerie. »

Première mentions 1128, 28 novembre, Pierre Bernard et sa femme donnent à Dieu et à la chevalerie du Temple leurs propres personnes et tous leurs biens, dans les mains de Hugues de Rigaud et de Raymond Bernard (Cartulaire de Douzens).

Arnaud de Bedoz 1136-1139
Catalogne, Mas Deu, Villedieu, Douzens, Richerenches, Roaix.
Le plus souvent ne porte pas de titre, parfois
« chevalier de Dieu », (ou du Christ),
« frère et ministre » (de la chevalerie),
« maître de la chevalerie du Temple de Salomon »,
« frère et bailli des chevaliers de la milice du Temple »,
« serviteur et bailli et maître de la chevalerie du Temple »

(1135, 5 mars) Raymond-Arnaud de Bedoz fait donnation au Temple de ses biens à Osomort, Vilatort, et Folgaroles (Espagne, près de Barcelone, partido judicial de Vich) en la main de son fils Arnaud, confrère de la chevalerie du Temple de Jérusalem. (Cartulaire d'Albon).
(Note de Marion Melville. d'après les statuts de l'Ordre, chaque Templier devait avoir un « compagnon de rang » (socius) pour qu'ils s'entraident selon le précepte de l'Evangile « vous irez deux par deux. ».. Hugues de Rigaud agit le plus souvent seul; à partir de 1138 Arnaud de Bedoz a deux « socii », Hugues de Bessan (Hérault, arr. Béziers) et Raymond de Gaure (Aude, arr. Carcassonne). Ils sont ses conseillers et adjoints, très actifs à cette époque où les commanderies se fondent et les donations se multiplient.

Hugues de Barcelone 1159-1162
Catalogne, Mas Deu, Saint Gilles, Marseille;
« Procureur de cette maison ès parties d'Espagne et de Provence »,
« maître de la chevalerie »,
« maître ès parties d'Espagne. »

Hugues Geoffroi 1163-1166
— De la famille des vicomtes de Marseille (Cf. A.J. Forey, « The Templars in the Corona of Aragon »)
— « Maître de toute l'Espagne et en Provence »,
— « notre maître. »
Commandeur de Mas Deu, 1158-1159.

Arnaud de Torroge 1167-1180
Noté partout dans les territoires de Provence et d'Espagne. Catalogne, Mas Deu, Douzens, Saint Gilles, Arles;
Porte souvent le titre de « maître »,
Parfois « maître d'Espagne et de Provence »,
Ou « maître sur la province espagnole » (Espalion).

Maître du Temple 1181-1184, ambassadeur de Baudoin IV avec le patriarche Héraclius et le maître de l'Hôpital, pour obtenir du secours pour le Royaume Latin; mort en cours de route, 1184.

Bérenger d'Avignon 1181-1183
Catalogne, Mas Deu, Saint Gilles.
« Maître de Provence et de ces parties d'Espagne »,
« maître. »

Raymond de Canet 1184-1186
(Aude, arrondissement de Carcassonne)
En 1133 Bernard de Canet et sa famille donnent au Temple, en la main de Hugues de Rigaud, leur château de Douzens, et leur part dans cette ville, avec tout ce qui leur appartient dans la ville et le château - que les Templiers s'empressent de démolir pour bâtir un moulin. (Cartulaire d'Albon).
Avant d'être maître en Provence, Raymond de Canet fut commandeur de Mas Deu, 1165-1168, 1172-1177, 1180-1184, et de Sainte Eulalie, 1181 (sic).

Catalogne, Mas Deu, Montsaunès, Douzens, Pézenas, Lunel, Arles.
« Maître en Provence et ès parties d'Espagne »,
« procureur de la maison du Temple ès parties Provence et Espagne. »

Pons de Rigaud 1189-1196, 1206
(février 1195, sic Forey)
Catalogne, Mas Deu, Montsaunès, Saint Gilles.
« Maître des maisons du Temple en Provence et ès parties Espagne »,
« commandeur des maisons du Temple ès parties Provence et Espagne »,
« maître de la chevalerie. »
Il ne fut d'abord que « maître en Provence » 1184-1189; à partir de 1196 et jusqu'en 1202 et peut-être même de 1193 jusqu'en 1207 il était « maître en deçà-mer. » Ne fut-il pas maître en Provence et Espagne jusqu'en 1207 ?
— A.J. Forey, The Templars in the Corona of Aragon (Oxford University Press 1973) continue la liste des « Maîtres en Provence et Espagne » comme suit: Vu l'importance des manuscrits auxquels Mr Forey avait accès, ses conclusions doivent primer celles de Léonard.

Raymond Patot 1233
Catalogne, Mas Deu;
« maître en Provence et ès parties Espagne » mai 1233-avril 1234 (Forey).

Bernard de La Roche c. 1300 jusqu'à la suppression de l'Ordre.
Probablement de la même famille que Amaury de La Roche, maître en France 1265-1271.
Fit des réceptions à:
La Capelle,
Sainte Eulalie,
Jalez, Roaix,
Ruou.
« Commandeur de Provence »,
« grand commandeur en Provence »,
« maître en Provence. »
— Michelet, Schottmuller, Finke

Les Inquisiteurs n'ayant retenu aucun témoignage de sa part, nous pouvons penser qu'il est mort en captivité - on n'enregistrait que les aveux et non les dénégations. Selon les intentions de Clément V les Templiers qui n'avaient rien avoué devaient être relâchés, mais les Inquisiteurs les condamnèrent à la prison perpétuelle.

Les « parties d'Espagne » jusqu'alors jointes à la Provence sous l'autorité d'un seul maître (et entre les deux, le Roussillon avec la grande commanderie de Mas Deu) furent régies après 1239 par « le maître des maisons du Temple en Aragon et Catalogne. »
— Voir A.J. Forey, The Templars in the Corona of Aragon, Oxford University Press 1973, qui remplace Miret y Sans.
Sources: Biographie extraite de l'ouvrage: E-G. Léonard, Introduction au Cartulaire Manuscrit du Temple (1150-1317) constitué par le Marquis d'Albon.

Etablissements des Templiers en Roussillon
Les Templiers vinrent de Catalogne en Roussillon (1): une première charte, du 5 des nones d'octobre 1132, nous fait connaître une donation faite à leur ordre par le seigneur de Banyuls-del-Aspre, et un autre document de l'année 1138 nous apprend que, dès ce moment, la grande commanderie du Roussillon, le Mas-Deu, existait; cette dernière pièce est la donation faite aux Templiers par Guillaume de Villamolaça et Orgollosa, sa femme, de la dîme qu'ils percevaient « in ipso campo in quo est jam aedificatus et coustructus mansus supra dictae Militiae hierosolomitanae qui appellatur à militibus mansio Dei. » Les aumônes affluaient déjà depuis plusieurs années (2): en août 1133, dame Azalaïdis avait donné l'alleu de Cira à Villamolaça, et c'est sur cet alleu que fut construite la commanderie; en même temps l'Ordre héritait de biens à Nille et à Palau-del-Vidre; Bernard Bérenger, vicomte de Terrasiis, cédait ses biens de Premane dans le Fenouillet (1136), et l'alleu de Saint-Cernau, en 1137, pour être enseveli au Mas-Deu. Le précepteur de ces biens, qui semble être encore le frère Hugues Rigold, le même qui avait emmené la première colonie de Barcelonne, acquérait de l'abbé de Saint-Sauveur-de-Bréda, près de Girone, le prieuré de Cira pour 12,000 sols melgoriens, et vit dès-lors les domaines de la maison s'étendre à Toluges, Canohès, Trullas, Anyils (Nyle), Pla-de-Cors, etc.
— 1. Le comte Bérenger de Barcelonne avait reçu les premiers Templiers; il leur donna le château de Granyena et mourut parmi eux (Archives de Barcelonne, Cartulaire du Temple, folio 84).
— 2. Tous ces documents sont extraits du Cartulaire du Temple, Et libre de la Creu, aux archives départementales des Pyrénées-Orientales.


Peu après la fondation du Mas-Deu, des préceptories secondaires se formèrent en Roussillon: d'abord au Mas-de-la-Garrigue, au Pont-Couvert-sur-Réart, don de Gaufred, comte de Roussillon (1149); puis à Palau-del-Vidre, où les Templiers héritèrent du château par la libéralité du comte Gérard (1172), et les chartes nous ont conservé les noms de deux précepteurs, Guillaume de Rocafort (1198) et Bernard de Belcaire (1199). Ce ne fut que plus tard que se fondèrent les maisons de Perpignan et de Saint-Hippolyte; les Templiers avaient déjà quelques propriétés, dans cette dernière localité, provenant de la générosité de Bérenger de Palazol (1207), quand Pons de Vernel leur céda le château (1246) (1); cinq ans après, on trouve un frère Cabot, précepteur de ce manoir. Les précepteurs du Mas-Deu avaient acquis une grande partie des terrains qui environnaient Perpignan; ils avaient acquis, par legs du comte Gérard de Roussillon, les fours banaux (1172) qui donnèrent lieu à toutes sortes de discussions
1. Les Templiers furent assez longtemps à acquérir entièrement ce beau domaine; mais ils firent preuve d'une persistance soutenue;
En 1207, Bérenger de Pallol (ou Palazol) leur lègue ce qu'il possédait en ce lieu;
Pons de Vernet ajoute à ces biens quelques terres (1209);
Puis bientôt tout le village (1211);
Pierre de Sainte Marie cède un fief, moitié par vente moitié par aumône (1222);
Pierre de Castel délaisse ce qu'il y tient en terres, serfs, etc. (1236);
Pons de Vernet enfin se dessaisit par vente du château (1246), ce que Armangard son fils se hâta d'approuver; mais le précepteur du Mas-Deu voulait si bien tout posséder qu'en 1256, il achète une rente d'une oie et se fait donner, (1264) un sixième de la dime par Villa de Mar. Les Templiers commencèrent la même année, à inféoder le château. Les deux premiers gentilshommes qui le détinrent à ce titre furent Raymond de Castell et Guillaume de Saint-Hippolyte frères, jusqu'à ce qu'enfin le comte Nuno Sanchez reconnût solennellement cette propriété (1227), et que le conseil de la ville se fût définitivement soumis à cette décision, en novembre 1267; dès avant 1187, l'Ordre avait une maison à Perpignan dans laquelle Jacques Ier, roi de Majorque, déposa son trésor, ce qui indique que ce devait être une maison forte, et un acte de 1211 nous fait connaître qu'un frère Balaguer en était précepteur. Quand le roi Jacques voulut faire agrandir la ville, il eut recours aux Templiers qui possédaient tous les alentours, et de 1241 à 1282, on ne comptait pas moins de trois cents inféodations de terrain souscrites par eux. En 1207, le roi Pierre d'Aragon avait donné à l'Ordre un terrain à Collioure pour y faire construire une maison qui subsista jusqu'en 1310.

La position des Templiers en Roussillon avait démesurément grandi; je vais donner une rapide indication de leurs acquêts gratuits d'après le texte du cartulaire:
Alleu à Ceret, du seigneur du lieu (1143);
Terres aux Clusas, de Raymond de Montesquieu (1144);
Fief à Toluges, d'Arnaud de Montescot (1153);
Terres à Saint-Félix-d'Aval, du vicomte de Castelnon (1153);
Métairie, à Bompas, du comte Gaufred (1153);
Autre métairie du même à Pollestres près Malloles (1155);
Terres à Brulla, de Bernard de La Roche (1178);
Terres à Palau, du même (1172);
Un fief à Saint-Félix-d'Aval, d'Arnaud de Cabestany (1174);
Alleu de Berges, de Pons d'Ortaffa (1174);
Alleu de Mosset, d'Adhemar de Mosset (1176);
L'étang de Bages, de Bérenger de Bages (1181);
Fief de Finestret, de Hugues de Nava (1182);
Le village d'Anyls, par Guillaume de Montesquieu (1182);
Fief d'Urbanya, par Guillaume de Paracoles (1186);
Des terres à Pratz-de-Mollo, (1187);
Alleu de Pontella, par Béranger de Couma (1195);
Fief de Villeneuve-de-la-Raho, par Raymond de Castel-Rossello (1194);
Une métairie à Villefranche de Conflent (ll96);
Fief à Sainte-Marie, par Bertrand de las Clusas (1198);
Les dîmes de Palau, Sorrède et Villaclare, par Raymond de Castel-Rossello (1205);
Le château de Granollet, par Pierre de Granollet (1210) (1);
Un fief à Théza, par Hersende Rifardis, pour être inhumée dans le cimetière du Mas-Deu (1215);
Des terres et des serfs à Baixas, par Bérenger de Malloles (1216);
Le village de Terrats (1228);
Deux fermes à Vilar, par Guillaume d'Oms (1228);
Le marché de la Gélinerie à Perpignan, par le comte Nuno Sanchez (1237);
En 1271, Bernard d'Oms, frère d'Arnaud de Montesquieu, vendit au Mas-Deu le village et le château d'Orle (1271);
D'autres avaient fait des legs divers aux Templiers:
Curbo de Brouilla leur laissa son palefroi et ses armes (1169);
Bernard de Brouilla, le quart de sa récolte d'olives pour entretenir perpétuellement un cierge allumé dans la chapelle du Mas-Deu (1172);
Bernard de La Rocque, ses biens de Palau et son cheval qui était engagé pour 100 sols à Perpignan (1172);
Raymond d'Orle, ses armes (1185);
Guillaume de Montesquieu ses armes et son palefroi (1214);
Pierre de Llupia fit de même en y ajoutant des terres « timens paenas inferi et cupiens pervenire ad gaudia Paradisi » (1214);
Bérenger de Céret et sa femme léguèrent leur fief de Maurellas, à condition de pouvoir se retirer au Mas-Deu, s'il voulaient (1233).
— 1. Cette donation, en catalan, porte avec la date l'indication des règnes du roi de France et du roi d'Angleterre.

Comme on le voit, toute la noblesse du Roussillon voulut figurer parmi les bienfaiteurs de l'Ordre.

Le précepteur du Mas-Deu comptait aussi de nombreux hommes liges dont plusieurs appartenaient à la noblesse, comme:
Pons d'Ortaffa (1174);
Bérenger de Baixas (1161).

Les souverains même ne demeurèrent pas en arrière dans ce mouvement en: 1194, le roi Alphonse d'Aragon complète la donation de l'étang de Bages pour que les Templiers puissent le dessécher et le cultiver;
Pierre confirme cette générosité en 1204;
Le roi Jacques voulut qu'aucun de ses officiers ne pût entrer dans l'une des maisons du Temple pour poursuivre un des Templiers et de leurs hommes, sans observer un délai de dit jours à partir de la signification de la plainte (1259).

Mais aussi ces privilèges, joints aux larges concessions de Jacques-le-Grand, portèrent à ce point l'orgueil des frères que, lors de l'érection du royaume de Majorque, ils ne craignirent pas de réclamer souveraineté absolue, pour les villages et châteaux possédés par eux en Roussillon, Cerdagne, Valespir, et Conflent; l'infant Jacques, héritier de Majorque, Conflent, Roussillon et Vallespir, s'en rapporta à l'arbitrage de Gérald, abbé de Saint-Paul de Narbonne, et de Gauzbert de Voconaco. abbé de Saint-Félix de Girone, qui conclurent simplement à ce que les Templiers conserveraient toute juridiction sur Orles, Saint-Hippolyte, Nyls et Terratz, sauf encore pour les crimes emportant peine de mort, perte d'un membre on bannissement, qui demeuraient aux officiers royaux (6 des ides de décembre 1271).

Le précepteur du Mas-Deu avait la haute direction des précepteurs secondaires du Roussillon auxquels il devait cependant en référer, car une charte de 1263, par laquelle il inféodait le domaine de Saint-Hippolyte, est faite après que les autres précepteurs eurent été consultés; il se trouvait lui-même sous la dépendance du maître du Temple en Catalogne et son principal officier était le bailli forain du Mas-Deu. Comme on le voit par la donation de l'étang de Bages, les Templiers étaient agriculteurs; ils employaient des esclaves et jusques à la fin eurent des Sarrasins. Le cartulaire que j'ai déjà cité contient l'acte d'une vente de ce genre, accomplie à Perpignan le 1er des calendes de mars 1286. Jacques de Oleriis, précepteur du Mas-Deu, acheta un Sarrasin, nommé Azmet, de Pierre Floris, procureur de Pons de Castelario, chevalier, moyennant une somme de 11 livres 10 sols, bonne monnaie de Montpellier.

Les Templiers ne furent pas plus heureux en Roussillon que dans les autres parties de la France, lors du grand drame qui mit fin à l'existence de leur ordre: ils furent pris et enfermés au nombre de vingt-cinq dans le château de Trullas: Raymond de La Garde, était alors précepteur du Mas-Deu: l'information dirigée contre eux par l'évêque d'Elne, en vertu d'une délégation de l'archevêque de Narbonne, commença en février 1309, et se termina le 11 des calendes de septembre 1310. Tous protestèrent de leur innocence et la soutinrent énergiquement.

Il ne reste plus aucun souvenir matériel de cette milice fameuse, de cette fière caballaria, comme on peut le lire, dans quelques-uns des titres que nous venons de parcourir: les manoirs de Perpignan, de Collioure, de la Garrigue, de Palau, de Saint-Hippolyte, d'Orles n'existent même plus à l'état de ruines: seul, le Mas-Deu se montre encore sur le haut d'une colline qui domine à la fois les plaines et la mer; c'est aujourd'hui une ferme: quelques pans de murs annoncent par l'appareil de la maçonnerie le XIIe siècle; mais les deux ou trois fragments architectoniques qui subsistent, comme l'écusson du pigeonnier, ne remontent pas au-delà du XVIe siècle.

Voici la liste des localités où les Templiers et, après eux pour la plupart, les Hospitaliers exercèrent des droits ou possédèrent des biens:

Arrondissement de Perpignan.
— Préceptorie principale du Mas-Deu;
Alenya, Bonpas, Cabestany, Canet, Canohès, Castel Roussillo, Cornella del Vercol, Mailloles, Perpignan, Saint-Mamert, Orles, Toluges, Théza, Vernet près Perpignan, Villeneuve-de-la-Raho, Villeneuve-de-la-Rivière, Garrius, Juegues, Saint-Hippolyte, Saint-Laurent-de-la-Salanque, Salses, Toreillas, Corbere, Saint-Féliu-d'Avall, Anyils, Bages, Brulla, Camelas, Candell, Forques, Llauro, Llupia, El Camp, Ortafa, Passa, Pollestres, Pontella, Trullas, Terratz, Trasserra, Villamolaça, Vilarmila, Auxonis, Borrat, Calmes, Jonqueroles, Prugnanes, Saint-Arnald, Saint-Etienne de Derg, Mateperuste (bois donné en 1143, par Udalgarius, proconsul Feniolotensis), Tournefort.

Arrondissement de Prades.
— Préceptorie principale du Mas-Deu;: Mosset, Orbanya , Villefranche, Belpuig, Fenestret, Rebollet, Carensa.

Arrondissement de Ceret.
— Préceptorie de Palau
Ceret, las Clusas, las Illas, Vilar-d'Amont, Maurellas (plus de douze métairies), Placorte, Saint-Martin, Villaclara, Viviers, Albara, Argèles-del-Mare, Palau, Palol, Pujols, Sorrède, Tazod'Avall, Vallbona, Montbolo, Saint-Marsal, le Mas-Tallet à Pratz-de-Mollo.
Sources: Bulletin monumental, Volume 23. Par Société française d'archéologie ou, Collection de mémoires et de renseignements, sur la statistique des monuments de la France, troisième série, tome 23, publié par M. De Caumont. Paris 1857.

Interdiction du droit d'albergue
1234, le roi d'Aragon défendait à ses officiers de se loger ou faire héberger par force dans les maisons ecclésiastiques ou chez leurs « hommes. » On sait que tous les seigneurs s'attribuaient ou se réservaient le droit d'albergue, c'est-à-dire de se faire héberger et loger avec leur suite chez leurs vassaux, et il y a un acte de cette année, 4 des calendes d'août 1234, par lequel le commandeur du Mas Deu réduisit à une redevance de 9 sols par an « une albergue pour douze rations d'homme et dix rations de montures » qu'il recevait chez un de ses vassaux, Arnald Beneset, d'Anyils. Il y avait à ce sujet, entre le seigneur et le vassal, un procès dans lequel ce dernier avait été condamné au fond et en outre, au payement des frais. Il est dit que la sentence avait été rendue « sous l'autorité de Ferrand de Norvaix, par Marqués, juge, et par les autres prohomens de la ville de Perpignan (2). » Ferrand de Norvaix était un des viguiers de Nunyo, et ce remarquable document prouve que, sous ce Seigneur, les prohomens de Perpignan prenaient encore part aux jugements du viguier, ainsi qu'on l'a déjà vu aussi dans le jugement rendu dans cette ville en 1209, sous le viguier du comte Sanche. Cette manière de procéder était tout à fait conforme au texte des Coutumes de Perpignan dont Nunyo avait prescrit l'observation.
— 2. Diffinimus tibi omnes expensas quas fecimus ni causa quam tecum habebamus, que fuerunt nobis adjudicate in posse Ferrandi de Noruaix per Marchesium judicem et per alios probos homines ville Perpimani, et coram preseneia tua frangimus instrumentum judicii illarum expensarum.(Cartulaire du Temple, folio 181)
Sources: M. Puiggary, correspondant. Histoire et mémoires de l'Académie royale des sciences, inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse. Années 1834, 1835, 1836. Tome IV, première partie.

Contributions communes ou questes
Le 19 février 1237, Nunyo décida, pour la ville de Thuir, une question qui soulevait beaucoup de difficultés dans toutes les seigneuries royales. On a déjà vu que le roi Pierre avait pris des mesures au sujet des propriétés du terrritoire de Thuir qu'il avait défendu d'aliéner en faveur des maisons religieuses privilégiées; il en avait fait autant à Perpignan au sujet des hommes du Temple et de l'Hôpital qui ne voulaient pas contribuer à la construction des murs de la ville. La même opposition se manifestait partout, les hommes des corps privilégiés refusaient de contribuer aux questes et autres contributions imposées aux habitants des villes royales, et cette résistance était fortement préjudiciable au reste de la population, lorsque ces « hommes » exempts se trouvaient en nombre considérable dans une petite localité. C'est le cas qui se présentait à Thuir où la maison du Mas Deu, de l'ordre du Temple, possédait à elle seule trente-trois « hommes propres » ou vassaux, et un autre chef de maison qui se trouvait dans une autre condition. Le Seigneur du Roussillon entendait apparemment les soumettre tous à la même règle que les autres habitants de Thuir; mais, sur l'avis « des notables et sages de sa cour », il entra en composition de la manière suivante avec Pierre de Malon, commandeur du Mas Deu.

Il fut convenu que 31 des chefs de maison, hommes ou femmes du Temple, ne seraient pas tenus de contribuer, pour leur personne ni pour leurs biens, aux contributions communes ou questes des autres hommes de Thuir, et qu'ils auraient seulement à en répondre au commandeur, « comme ses hommes propres »; mais il y en avait deux autres, Raymond de Puig-Bosca et ses frères, et Bernard Guirau, de Passa, et leurs biens, qui devaient désormais contribuer comme les hommes royaux de la ville. Enfin, Ferrer de Na Bernada et les siens devaient être soumis aux questes et autres impositions du seigneur de Thuir, en raison seulement des biens qu'il tenait de ses père et mère; il n'en serait affranchi que dans le cas où il aliénerait cet héritage.

Nunyo consentait encore à ce que les hommes du Temple habitants de Thuir pussent plaider et donner caution en la cour du seigneur de cette ville, ainsi que le faisaient les autres habitants selon leurs coutumes et privilèges; mais il défendait aux Templiers d'acquérir aucun autre homme amansat ou abordat de cette ville, à moins qu'il ne provint de quelque autre seigneur, et, dans ce cas, l'homme acquis devait toujours rester dans la même condition que par le passé, en ce qui concerne les droits du seigneur de Thuir. Enfin, il était défendu au commandeur du Mas Deu de faire apposer les scellés ni d'exiger des cautions dans la ville de Thuir, ni d'y exercer aucun autre acte relatif à la juridiction et aux régalies de Nunyo, qui entendait conserver ces droits dans toute leur plénitude.
(Archives communales de Thuir: Livre vert, folio 39 vº)
Sources: M. Puiggary, correspondant. Histoire et mémoires de l'Académie royale des sciences, inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse. Années 1834, 1835, 1836. Tome IV, première partie.

1243 - Saint-Feliu-d'amont
Ce fut dans le cours de l'année 1243 que mourut le dernier vicomte de Fenollet, depuis longtemps dépossédé de son titre et de ses anciennes seigneuries du Languedoc et retiré en Roussillon, où ses descendants occupèrent un rang des plus considérables. Pierre de Fonollet, qui vivait encore le 15 des calendes d'août (1), est déjà mentionné comme décédé dans un document du 30 décembre suivant (2): il fut enseveli au Mas Deu, et il laissait, outre un fils qui porta le nom d'Hugues de Saissac, deux filles, dont l'une, Ava, avait épousé Jausbert, vicomte de Caslellnou.
— 1. Archives de l'Hôpital d'Ille, G. 12 et B. 2. Dans cet acte, relatif à Saint-Feliu-d'amont, on parle d'un procès entre l'Hôpital d'Ille et « le seigneur Pierre par la grâce de Dieu vicomte de Fenollet, » à une époque où ce personnage avait sans doute repris le titre de ses ancêtres; mais dans la suite de l'acte il n'est plus appelé« seigneur Pierre de Fenollet » et il signe tout simplement Petrus de Fenoleto.
— 2. Archives de l'Hôpital d'Ille, C 59.

Sources: M. Puiggary, correspondant. Histoire et mémoires de l'Académie royale des sciences, inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse. Années 1834, 1835, 1836. Tome IV, première partie.

Construction du château de Paulau-Del-vidre
Dans un acte du 23 août 1246, un autre exemple de l'existence d'une autre commuauté d'habitants dans le lieu de Palau, dit aujourd'hui Palau-del-Vidre, dont la seigneurie appartenait à l'ordre du Temple. Par cet acte, frère Guillaume de Cardona, maitre de la chevalerie du Temple en Aragon et Catalogne, après en avoir délibéré avec frère Pierre Exemeniz, précepteur du Mas-Deu, frère Martin Periz, commandeur du château de Palau et les autres membres de l'ordre, « considérant l'utilité de toute la ville de Palau et de tous ses habitants, » fait remise et abandon à perpétuité à toute la communauté du château et ville de Palau, et à « tous les habitants tant hommes que femmes de ladite ville, » de 200 sols de Malgone que lesdits habitants s'étaient engagés à payer tous les ans « pour la construction dudit « château de Palau, tel qu'il est délimité et clôturé par des murailles eu pierre. » En reconnaissance de « ce grand bienfait » tous les chefs de maison, c'est-à-dire 47 hommes et trois femmes (Beatrix Lombarda, Maria Guitarda et Ermessende Pons), au nom « de tous les habitants, hommes et femmes, » du château et ville de Palau, « concèdent ou reconnaissent à leur seigneur pleine et libre faculté de faire construire tous les fours qu'il lui conviendra dans cette ville, selon la coutume des fours de Perpignan, » dans lesquels fours tous les habitants seront tenus de faire cuire « leur pain d'orge, de blé ou de tous autres grains, » en payant un pain cuit ou cru pour droit de fournage, avec défense à tous habitants de construire des fours ou fournaux particuliers dans leurs maisons. Le commandeur du Mas-Deu était en outre autorisé à forcer lesdits habitants à observer cette convention, « ainsi qu'un seigneur peut et doit contraindre ses sujets (1). »
— 1. C'est le dernier comte de Roussillon qui avait légué le lieu de Palau à l'ordre du Temple, auquel il avait légué en outre le droit de banalité qu'il avait sur les fours de Perpignan; mais il parait que ce droit de banalité n'existait, pas originairement à Palau, au profit du seigneur, puisque les habitants ne s'y soumirent que par la convention de 1246.
(Archives départementales, Cartulaire du Temple, folio 89)

Sources: M. Puiggary, correspondant. Histoire et mémoires de l'Académie royale des sciences, inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse. Années 1834, 1835, 1836. Tome IV, première partie.

Bénéfice et de charités dans l'église du Mas Deu
Six jours après, le 10 des calendes de février 1252 (1253), le roi Jacques rendit à Perpignan, après avoir pris l'avis de l'évêque d'Elne « et de plusieurs autres sapientes (savants en droit), » une sentence sur une décision prise par Arnau de Tegurs « juge de sa cour » et par Bernard de Granada, son assesseur, au sujet de la fondation d'un bénéfice et de charités, faite dans l'église du Mas Deu par Arnau de Mosset (1).
— 1. Cartulaire du Temple, folio 3.
Sources: M. Puiggary, correspondant. Histoire et mémoires de l'Académie royale des sciences, inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse. Années 1834, 1835, 1836. Tome IV, première partie.

Reconnaissance des droits justiciers des Templiers du Mas Deu
Le 8 janvier 1253 le roi d'Aragon concéda ou reconnut aux Templiers du Roussillon des privilèges justiciers à peu de chose près semblables à ceux qui avient accordés à l'abbaye de la Grasse, si ce n'est que les officiers royaux pourraient entrer dans les lieux du Mas Deu en cas de violation des constitutions de paix et trêves (contre l'ordre public), et pour punir et même pour éviter des meurtres, « ainsi qu'ils l'avaient fait jusqu'alors. » Les lieux où les commandeurs du Mas Deu possédaient des droits de justice plus ou moins étendus, étaient le territoire du Mas Deu, Anyils, Terrats et Saint-Hippolyte.
Cartulaire du Temple, folio 4
Sources: M. Puiggary, correspondant. Histoire et mémoires de l'Académie royale des sciences, inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse. Années 1834, 1835, 1836. Tome IV, première partie.

Bail à ferme perpétuelle aux Templiers du Mas Deu
Bail à ferme perpétuelle des herbages de Camps-sur-l'Agly, concession de droit de boisage dans la forêt de Peyrosa pour les habitants de Prugnanes

Il y a un acte du 7 novembre de cette année 1268, relatif à la commune de Camps-sur-l'Agly, située en dehors du département des Pyrénées Orientales, et intéressant pour la commune de Prugnanes et pour la question des pacages.

C'est une espèce de bail à ferme perpétuelle des herbages de tout un territoire, moyennant une redevance annuelle, et assez semblable à l'acte que nous avons déjà vu relativement aux herbages d'Ultrera, mais avec cette différence que les seigneurs de Camps-sur-l'Agly ne vendent que les droits d'herbage et de boisage de ce territoire, en se réservant expressément les droits de justice, d'agrier et autres, ainsi que la propriété des terrains qui y sont situés. Il y a donc quelque intérêt pour le Roussillon et la Cerdagne à connaître ce qui se pratiquait dans le pays de Fonollet en matière de pacages.

Par cet acte les donzells Arnaud de Solage et Pierre de Cucugnan vendent ou louent à perpétuité à Raymond dez Bach, commandeur du Mas Deu et à ses successeurs, pour le prix annuel de cent sols tournois, leurs herbages situés au territoire du château de Calms « Galamus » (1), pour le pacage des troupeaux des Templiers, ainsi que de ceux de leurs donats, « et même des autres étrangers, » pourvu qu'ils soient dans la « cabane du Temple. » Dans le cas où les Templiers ne tiendraient pas leurs troupeaux dans lesdits pacages, ils auraient toute liberté de les vendre ou affermer à des étrangers et comme ils le jugeraient à propos. Les vendeurs donnent au commandeur du Mas Deu « toute liberté de prendre, pour les besoins et pour l'usage de ses bergers ainsi que de la maison de Prugnanes et des habitants audit lieu, du bois pour le chauffage et la construction (ligna et fustam) dans la forêt de Peyrosa appartenant auxdits seigneurs. »
— 1. Ce lieu est appelé une fois de Calmut et ensuite de Calmis dans l'acte de vente. C'est peut être la première forme qui a produit le nom de Galamus (commune de Saint-Paul-de-Fenouillet) donné à l'ermitage de Saint-Antoine situé sur l'Agly, à la sortie du territoire de Calms « Galamus » où il prend sa source. Quant à la mutation du C en G, on peut remarquer que l'on mentionne dans ce même document un col de Genternac, qui devrait probablement s'écrire Centernac.

Les vendeurs se réservent ensuite expressément toute juridiction, en ce qui concerne les foriscapis, agrers et autres droits, avec la propriété des terrains, sauf les droits ou usages des herbages et boisages susdits. Ils se réservent en outre, ainsi qu'à leurs hommes de Calms « Galamus », le droit de faire pacager leurs troupeaux dans les susdits pacages, à l'exception du bétail de « trasnueita (3) » mais leurs bêtes bovines pouvaient y rester la nuit pendant l'été.
— 3. C'est ce qu'on appelait en Roussillon (bestiar de tranuyta), c'est à dire le bétail qui ne rentrait pas la nuit au lieu de résidence.

L'acte donne la délimitation des herbages vendus, correspondant à peu près avec les limites du lieu de Camps-sur-l'Agly, c'est à dire avec les rochers de Bugarag, avec le territoire del Boys (compris aujourd'hui dans le territoire de Candiès) et autres lieux du domaine royal de Fonollet jusqu'au lieu dit (a Campel Redon), et enfin du côté du midi « avec le territoire du château ou lieu de Prunhanes. » Il y a aussi une clause que l'on trouve rarement énoncée dans les actes de ce genre rédigés en Roussillon et Cerdagne, en vertu de laquelle les troupeaux introduits par les Templiers dans lesdits pacages pourront descendre librement pour l'abreuvage aux trois (abeuradors) dits (del Leuder d'Assanas et de la Ola), et les dommages causés par les troupeaux allant à l'abreuvage ou en revenant, seront réparés sans amende aucune, d'après l'estimation de l'un des gardes du troupeau et d'un (prohomen) de Calms « Galamus. »

Cet acte fut reçu probablement à Saint-Paul, par un notaire royal des pays de Pierre-Pertuse et de Fenouillèdes, en présence de trois religieux du Temple qui avaient accompagné le commandeur du Mas Deu, et du jurisconsulte Pierre Roig, de Perpignan, qui lui avait sans doute donné son assistance (4).
— 4. Pierre Roig porte le titre de juge de Perpignan dans un acte du 23 janvier 1268, ainsi que dans d'autres documents des années précédentes et suivantes. (Archives départementales, Cartulaire du Temple folio 67)
Sources: M. Puiggary, correspondant. Histoire et mémoires de l'Académie royale des sciences, inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse. Années 1834, 1835, 1836. Tome IV, première partie.

L'organisation topographique de la commanderie du Masdéu en Roussillon
Installée dès 1136 au coeur du comté de Roussillon, la commanderie du Masdéu est l'un des plus anciens établissements de l'ordre religieux-militaire du Temple fondé dans les Etats chrétiens d'Europe occidentale. A défaut de fouilles archéologiques et suite à la destruction d'une grande partie des bâtiments en 1944, les différentes étapes ayant scandé l'évolution de l'organisation topographique de cet établissement tout au long de sa longue existence templière (1136-1307), puis hospitalière (1315-1792), sont ici caractérisées à partir des informations que délivrent avec parcimonie les sources écrites et planimétriques

Une étude très approfondie de Monsieur Rodrigue Tréton - Suite

Le procès des Templiers du Mas Deu
Vous pouvez aller lire le procès dans la rubrique Etudes templières.

 

Mas-des-Cours   (11)
Domaine du temple de Mas-des-Cours
Département: Aude, Arrondissement: Limoux, Canton: Carcassonne-2, Commune: Villefloure - 11


Domaine du temple de Mas-des-Cours
Localisation: Domaine du temple de Mas-des-Cours


Les Templiers y possédaient de très nombreux biens en terres, vignes, redevances, moulins, pâturages, honneurs, bâtiments et redevances.

Extraits du Cartulaire des Templiers de Douzens
1136 (n. st.), 18 mars
Divers alleutiers donnent aux frères du Temple des terres, jardins et prés situés aux Cours. Ceux-ci leur en rendent la moitié sous l'obligation de la faire fructifier et de payer l'agrier, et ils énumèrent les conditions sous lesquelles les alleutiers et leurs hommes pourront habiter la « villa » des Cours, parmi lesquelles le versement d'un cens annuel de 4 deniers pour chaque manse tenu par eux ou par leurs hommes.

1147 (n. st.), 14 février
Guilhem de Clermont et Raimond de Rieux abandonnent aux frères de la milice les droits de garde (batlia) et de pâturage qu'ils avaient dans la « villa » et le terroir des Cours et dans le terroir de Layrou. Ils ajoutent une clause portant sur la réparation des dommages causés par les hommes ou les animaux du Temple dans leurs labours.
Publié par le Marquis d'Albon, Cartulaire général de l'Ordre du Temple, nº CCCCXXVIII, p. 267-268.

1147 (n. st.), 15 février
Anglaise, dite Arlota, et Bernard de Montirat son mari donnent aux frères du Temple les droits de garde (batlia) et de pâturage qu'ils avaient dans la « villa » et le terroir des Cours et le terroir de Layrou. La clause relative à la réparation des dommages que pourraient causer les hommes ou les animaux du Temple est identique à celle de la charte précédente, mais incluse dans le corps de l'acte.
A. Original: Archives Haute-Garonne, H Malte, Douzens 34 (anc. Cours, liasse 1, nº 7).
Publié par le Marquis d'Albon, Cartulaire général de l'Ordre du Temple, nº CCCCXXIX, p. 268-269, d'après A.

1147 (n. st.), 17 février
Pierre de Clermont, ses frères et leurs enfants, Bernard de Villar et ses enfants abandonnent aux chevaliers du Temple les droits de garde et de pâturage qu'ils avaient dans la « villa » et le terroir des Cours et dans le terroir de Layrou. Mêmes stipulations que dans les deux chartes précédentes.
A. Original: Archives Haute-Garonne, H Malte, Douzens 34 (anc. Cours, liasse 1, nº 7).
Publié par le Marquis d'Albon, Cartulaire général de l'Ordre du Temple, nº CCCCXXX, p. 269, d'après A.

1167 (n. st.), 23 janvier
Arnaud de Brucafel et les siens vendent aux frères du Temple deux pièces de terre dans le terroir de Brucafel pour 9 sous ug, en monnaie octena, et leur donnent « retorn » sur un champ qui leur appartient aux Cours.
Sources: Cartulaires des Templiers de Douzens - Publiés par Gérard et Elisabeth Magnou, sous la direction de Philippe Wolff - Paris, Bibliothèque Nationale - 1965

 

Massingy   (21)
Domaine du Temple de Massigny
Département: Côte-d'Or, Arrondissement: Montbard, Canton: Châtillon-sur-Seine - 21


Domaine du Temple de Massigny
Localisation: Domaine du Temple de Massigny


Les Templiers acquirent une vigne dans le finage de ce lieu, la vigne de « Vauseins », en mai 1233.
Sources: De Delphine Marie; Les Templiers dans le diocèse de Langres, Des moines entrepreneurs au XIIe et XIIIe siècle. Dominique Guéniot, éditeur.

 

Maubourguet   (65)
Domaine du Temple à Maubourguet
Département: Hautes-Pyrénées, Arrondissement: Tarbes, Canton: Maubourguet - 65


Domaine du  Temple à Maubourguet
Localisation: Domaine du Temple à Maubourguet


A Maubourguet, où se trouvait un hôpital ayant appartenu aux Templiers.
Les Templiers possédaient à Maubourguet son église, fût-elle bâtie par les Templiers ?

A MonlezunBien du Temple à Monlezun
Domaine du Temple à Monlezun
, ancien chef-lieu du comté de Pardiac, où se trouvait l'hôpital Saint-Antoine, « près de Monttezum sur la carte de Cassini » Département: Gers, Arrondissement: Mirande, Canton: Pardiac-Rivière-Basse - 32

Possession templière des Hautes-Pyrénées:
Baillas-Bas ; Bazillac; Campan ; Gajen, Guchen, Gramoulas ; La chapelle de Notre-Dame de Boisset dans la vallée d'Aure; Perroton, la Fitolle, Mengoi, Marquerie, Castelnan-de-Rivère-Basse.
Sources: Revue de Gascogne - Société historique de Gascogne.

 

Maucourt (Vitry-le-François)   (51)
Maison du Temple de Maucourt
Département: Marne, Arrondissement et Cantons: Vitry-le-François - 51


Maison du Temple de Maucourt
Localisation: Maison du Temple de Maucourt


Hugues de Payns qui y fonda la première commanderie, ne tarda pas à établir une préceptorie à la Neuville-au-Temple, près de Châlons-sur-Saône. Le territoire avoisinait la Vesle et était inoccupé: les Templiers s'y fixèrent, y construisirent des bâtiments, et, grâce aux nombreuses donations qu'ils recueillirent, dès 1132, ils firent de ce domaine un des plus beaux de la province.

Le village de Maucourt, sur l'emplacement duquel devait s'élever plus tard Vitry-le-François, devint de son côté le siège d'une préceptorie qui, sans égaler celle de la Neuville, jouit d'une certaine prospérité.

Des évènements historiques importants ont modifié le statut de la maison de Maucourt et entraîné son rattachement à la Neuville-au-Temple fondée en 1185 par les donations de Jean et Hugues de Possesse de terres, bois, près, rivière, et surtout de la seigneurie de Maucourt, elle constitua une commanderie prospère.

Maucourt perd son autonomie en 1544 à cause de la destruction de la ville de Vitry-en-Perthois par Charles Quint ; François Ier intervient dans sa reconstruction en choisissant le site de plaine de la seigneurie de Maucourt et en réquisitionnant ses terres. Il y fait transporter les matériaux de l'ancienne ville pour rebâtir une agglomération au plan régulier, Vitry-le-François.

Sous les hospitaliers, le commandeur de la Neuville devient alors aussi celui de Maucourt, et la maison est désormais appelée commanderie de la Neuville-au-Temple et de Maucourt-lès-Vitry.

Citée dès le XIIe siècle dans les chartes de donations.
Citée au XIIIe, la seigneurie dépendait de la châtellenie de Chaulnes.
Le village a été totalement détruit en 1914-1918.
Sources: Héléne MAIGRET. La commanderie de Neuville-au-Temple (Marne). Etude du temporel et perspectives archéologiques. Bulletin Archéologique du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques et Moyen-âge, Renaissance, Temps Modernes Nº 27 année 1999.

Maucourt par Trudon des Ormes
Des évènements historiques importants ont modifiè le statut de la maison de Maucourt et entraîné son rattachement à la Neuville-au-Temple fondée en 1185 par les donations de Jean et Hugues de Possesse de terres, bois, près, rivière, et surtout de la seigneurie de Maucourt, elle constitua une commanderie prospère.

Autre maison du Temple, qui ne nous est connue que grâce à une réception-faite, vers 1285, par le chevalier du Temple, Pierre « de Torbona ».
Procès, tome II, page 34.
De aliis illicitis non fuit locutus eisdem nec ipse receptor nec alius. Item, dixit quod viderat per eumdem modum, ut sibi videtur, recipi quoad licita, sed primo dixerat in generale fratrem quemdam militem Lotoringum, cujus nomen vel cognomen ignorat, in quadam camera domus Templi de Moncourt Cathalanensis diocesis, per dictum fratrem Petrum de Torbona, sunt XXVI anni vel circa, presentibus dicto fratre Raynaudo et ipso teste.

Les bâtiments de cette templerie, qui n'est pas autrement désignée, durent disparaître au XVIe siècle, car c'est sur l'emplacement du village de Maucourt, que, d'après M. Auguste Longnon (Dictionnaire topographique de la Marne), fut construite, en 1545, la ville de Vitry-le-François.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

Maucourt par Edouard Barthélemy
Juillet 1306. Vente faite aux Templiers par Jean de Brecons, écuyer, de ce qu'il possédait a Maucourt, justice, seigneurie et terres labourables, main morte et for mariage pour, la somme de 3,400 livres payée comptant. En présence de l'official de l'archidiacre de Châlons.
Sources: Diocèse ancien de Châlons-sur-Marne, histoire et monuments: suivi des cartulaires inédits de la commanderie de la Neuville-au-Temple, des abbayes de Toussaints, de Monstiers et du prieuré de Vinetz. Par Edouard de Barthélemy. 1861

Maison du Temple de Maucourt
Département: Marne, Arrondissement et canton: Châlons-en-Champagne - 51

La Maison du Temple de Maucourt fut fondée par Jean, seigneur de Possesse, et Hugues, son frère, en 1165. Le Procès des Templiers signale, vers 1283, la réception d'un chevalier lorrain « in quadam camera domus Templi de Moncourt, Cathalaunensis diocesis », par Pierre de Torbona, alors précepteur de la baillie de Châlons, en présence de Renaud de Dampierre et de Pierre de Janz, sergent, de Beauvais. Après la prise et l'incendie de Vitry-en-Pertois (Vitry-le-Brûlé), en juillet 1544, par l'armée de Charles-Quint, le roi François Ier chargea Henri de Lenoncourt et l'ingénieur bolonais, Jérôme Marini, de choisir un emplacement à l'effet de fonder, dans le voisinage, une ville fortifiée, mieux placée, pour arrêter les invasions. On reconnut que la meilleure position était un terrain, un peu élevé, situé à quatre kilomètres de la place démantelée, contenant 84 à 88 arpents, appartenant à la commanderie de Maucourt.

Maucourt, Moncourt, village sur l'emplacement duquel on construisit en 1545, la ville de Vitry-le-François.
— Mauri Curtis, commune du XIe siècle (Polypt. de Saint-Rémy)
— Morcorz, 1165 (Diocèse ancien de Châlon, tome I, page 402)
— Morcort, 1225 (Saint-Pierre-aux-Monts, c. 28)
— Morcuria, 1225 (Hautefontaine, c. 6)
— Morcourt, 1240 (Cheminon, c. 1)
— Villa de Moncourt, 1248 (Fonds de la Neuville-au-Temple, c. 4)
— Mocort, vers 1252 (Archives Nationales, J. 202, 55)
— In villa que dicitur Morcors, 1273 (Fonds de La Neuville-au-Temple, c. 4)
— Moucourt, 1275 (Saint-Pierre-aux-Monts, c. 28)
— Mocourt, 1326 (Fonds de La Neuville-au-Temple, c. 5)
— Mortiscuria, 1405 (Pouille de Châlon, folio 76 v)
— Commanderie de La Neuville-au-Temple et Maucours-lès-Vitry, son annexe, 1778 (Fonds de La Neuville-au-Temple, c. 2)
Sources: Dictionnaire Topographique du département de la Marne, par Auguste Longnon. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. XCI

— Maucourt est devenu Vitry-le-François
— Après l'incendie de l'ancienne ville de Vitry (aujourd'hui, Vitry-le-Brûlé), par les Impériaux, en 1544, François Ier ordonna que Vitry serait reconstruit sur l'emplacement du village de Maucourt: Nous... avons le dict lieu de Moncourt destiné, astabli et ordonné pour en icelui estre refaicte et reédiffiée la dicte ville de Vitry ruinée, 1545 (ordonnance royale du 31 mai: diocèse ancien de Châlon, tome II, page 297).
— Laquelle ville nouvelle nous aurions voullu estre appelée Vitry-le-François, 1547 (ordonnance du 27 mars 1546: diocèse ancien de Châlon, tome II, page 299)
— Le finage de Moncourt, de de présent appellé Vitry-le-François, 1571 (Archives Nationales, P, 179, 113)
Sources: Dictionnaire Topographique du département de la Marne, par Auguste Longnon. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. XCI

 

Mauléon   (79)
Maison du Temple de Mauléon
Département: Deux-Sèvres, Arrondissement: Bressuire, Canton: Mauléon - 79


Maison du Temple de Mauléon
Localisation: Maison du temple de Mauléon


Au XIIe siècle, les Templiers reçurent des terres à Mauléon, ces terres appartenant aux seigneurs de Mauléon. Ils eurent aussi l'autorisation de construire des bâtiments et une chapelle de ces mêmes seigneurs.

La Maison des Templiers fut fondée au XIIe siècle. L'église fut construite en 1848 avec les pierres de l'ancienne chapelle de La Commanderie.
A l'intérieur, on peut voir l'autel et le bénitier en granit provenant de la même Chapelle.
De l'ancienne Commanderie, il reste seulement une partie des bâtiments (visite extérieure seulement).

Les commanderies templières furent introduites en Bretagne en 1142. Attestée à Clisson avant 1213, Elle dépendait de la Commanderie de Mauléon, diocèse de Maillezais, en Poitou. Elle disposait, en plus de l'église, d'un manoir, du moulin de Plessard, de terres cultivées et d'un cimetière.
Sources: Le Patrimoine des communes de Loire-Atlantique, Flohic éditions, 1999 ; Clisson et ses monuments, Berthou, copyright Gisèle Coulon-Lumeau, 1990

Commanderie du Temple de Mauléon
Plusieurs chapiteaux romans, trouvés parmi les ruines, indiquent l'existence de cette maison dès le XIIe siècle.

On a transporté dans l'église du village un superbe bénitier en granit, du XIIIe siècle, provenant de la chapelle des Templiers. La cuve affecte la forme d'un quatre-feuilles.

Leur cellier est une belle cave voûtée, construite au XIIIe siècle, longue intérieurement de onze mètres, large de cinq, et dont le sol est un peu au-dessous du niveau du sol extérieur. De chaque côté, les murs ont un mètre cinquante d'épaisseur à la base. Ils vont en épaississant à mesure qu'ils s'élèvent, vu la forme cambrée de la voûte, de sorte que cette voûte est protégée extérieurement par un massif de constructions dont la plus grande épaisseur est de deux mètres cinquante. Ce massif va jusqu'à la toiture. La voûte est brisée, supportée par trois arcs doubleaux également brisés.

Aussitôt qu'on a franchi la porte, dont le cintre est brisé, on trouve à droite, dans l'épaisseur du mur, un petits puits, aujourd'hui comblé. Au-dessus de l'ouverture carrée de ce puits est une poulie en fer tout rongé par la rouille, et très ancienne.

La construction est assez soignée intérieurement, et en moyen appareil régulier. A l'extérieur, ce cellier a l'apparence d'un petit édifice carré construit en morceaux de granit de dimensions irrégulières, à peine dégrossis au marteau, et cubant jusqu'à cinquante centimètres. — Tout le reste de la commanderie a été bâti par les Hospitaliers au XVe siècle.
Les chevaliers reçurent des donations.
en 1215, de Thibaut de Beaumont, seigneur de Bressuire.
en 1221, de Savary de Mauléon.
en 1228, de Guillaume, seigneur de la Forêt-sur-Sèvre.

A la même époque le vicomte de Brosses, seigneur de Pouzauges, et les Templiers, ne s'étant pas entendus au sujet d'une redevance, prirent comme arbitres au Boupère, près de Pouzauges : l'archidiacre de Thouars et l'abbé de l'Absie, pour le vicomte de Brosses, et les chevaliers Etienne de Coudrie et Guillaume Galant pour le maître des Templiers d'Aquitaine, G. de Brayes.

Commandeurs de Mauléon.
Frère de Vandeheigne, 1304.
Frère de Montrichard, 1307-1310.
Chevaliers en 1304 : Pierre et Jean Bocher.

Le Frère de Montrichard comparut à Paris devant les commissaires pontificaux. D'après ses dépositions, il avait été reçu dans l'ordre par Jean-François, maître des Templiers d'Aquitaine, en présence de Renaud Bertrand, commandeur de Montgauguier, et de Pierre de Valgordon, commandeur d'Auzon. Il fut absous et réconcilié.
Sources : Henri de la Rochebrochard. Archives historiques de Saintonge et d'Aunis.

Chartes de la Maison du Temple de Mauléon
P. Cailleau, seigneur de la Caillère, donne aux Templiers Guillaume Papin.
(D. F., volume LII, d'après l'originale scellé en cire verte sur cordon à double queue de soye rouge et blanche (1) aux Archives du Temple de Mauléon)

1215.
Universa negotia mandata litteris et voci testium ab utroque trahunt immobile firmamentum. Notum sit omnibus tam futuris quam presentibus quod ego P. Calleas, dominus castri Callerie, dedi Deo et beate Marie et fratribus milicie Templi, pro remissione meorum peccaminum et parentum meorum, Willelmum Papin hominem meum liberum et immunem, nullo michi retento servicio, eisdem quiete et pacifice cum heredibus suis in perpetuo possidendum.
Hec donacio facta fuit apud Pozaugium, coram domo mea, anno ab Incarnatione Domini M° CC° XV°, audientibus et videntibus istis : fratre Salomone de Mauge, tunc temporis preceptore domus Templariorum Sancti Salvatoris de nemore Malleonii, Willelmo Rosea et C. de Copos, militibus, A. Meinnart, Luca de Salebon, J. Bissaut, W. Mauigendre, J. Viau et pluribus aliis.
Et ad majorem confirmacionem, ego P. Calleas presentemcartam sigilli mei munimine roboravi.
1. Sur le sceau en partie brisé on distinguait un lion armé et lampassé, les griffes passant dans un franc quartier.

Geonroy et Guillaume de Mouchamps donnent aux Templiers Thomas du Périer. Eustachie, dame de Mortagne, confirme ce don.
(D. F., volum LII, d'après l'originale scellé en cire rouge et blanche sur cordon de soye rouge et blanche (1) aux Archives du Temple de Mauléon)

1218.
Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod Gaufridus de Molli Campo et Guillelmus de Molli Campo, milites, dederunt et concesserunt Deo et fratribus Templi in perpetuam helemosinam Tomam do Perer et heredes suos et omnia illa tenementa que dictus Tomas a predictis militibus possidebat, cum assensu etiam et voluntate Eutachie, domine Moritanie, ita dicti nichil sibi retinuerunt.
Postea vero sciendum est quod Eutachia, domina Moritanie, dedit et concessit Deo et fratribus Templi in perpetuam helemosinam omne illud juris quod habebat super Tomam do Perer et super heredes suos, ab omnibus costumis et ab omnibus serviciis liberos et immunes.
Hec dona concessa (annuit R. de) Malebrario, tunc temporis maritus Eutachie, domine Moritanie.
(Hanc) helemosinam recepit frater Mauricius de Cheintres, tunc temporis preceptor domus Templi Sancti Salvatoris de Malleone.
Hujus rei testes sunt : frater Salomon de Mauge, Simon de Roorta, Matheus Foresters, Gaufridus Baudarz et plures alli.
Ut hoc ratum et stabile in posterum habeatur, Eutachia, domina Moritanie, sigilli sui apposuit firmitatem.
Actum publice, anno ab Incarnatione Domini M° CC° XVIII°.
1. Sur le sceau en partie brisé on distinguait trois roses ou trois besants.

Savary de Mauléon, seigneur de Pareds, donne aux Templiers Pélerin de Pouzauges, auquel il fait don de certaines redevances.
(Originale jadis scellé. Archives de la Vienne, H 3, liasse 845)

1221.
Universis presentes litteras inspecturis Savaricus de Malo Leone, dominus Alperusiensis, satutem. Noverit universitas vestra quod nos, pro salute anime nostre et omnium parentum nostrorum tam antecessorum quam successorum et anime domini Petri Alperusiensis bone memorie, in puram et perpetuam helemosinam dedimus et concessimus Deo et fratribus militie Templi, Jherusalem Pelegrinum de Pozaugiis et heredes suos, cum omnibus tenementis suis, ab omni tailliata, cosduma, exactione et servicio liberos et immunes.
Insuper dedimus predicto Pelegrino, pro servicio ab eodem recepto, quicquid capiebamus super homines de Barris Dorynni et eorum tenementa, et reddet ipse dictis fratribus singulis annis V solidos censuales in Nativitate beati Johannis Baptiste.
Si vero dictus Pelegrinus decesserit, heredes sui vel propinquior generis sui qui tenementum suum habebit reddet de mortagio quinquaginta solidos tantum fratribus memoratis.
Et ut hec donatio rata et inconcussa permaneat in posterum, presentes litteras sigilli nostri munimine fecimus roborari.
Actum anno gracie M° CC° XX° primo.

Guy de Tulle, précepteur des Templiers d'Aquitaine, reçoit Guillaume Asselin comme homme du Temple de Lande Blanche.
(Copie du XVe siècle, non scellée. Archives de la Vienne, H 3, liasse 398)

Mai 1222.
Universis Christi fidelibus presentibus pariter et futuris presentes litteras inspecturis frater Guido de Tullo, domorum milicie Templi in Aquitania preceptor humilis, salutem in Domino.
Noveritis quod nos, de assensu et consilio fratrum nostrorum, fratris Stephani preceptoris de Codria, fratris Hamelini preceptoris de Landa Alba et plurium aliorum, recepimus in custodia et defensione domus nostre Guillelmum Acelini, cum omnibus rebus ad ipsum pertinentibus, ab omni servicio et costuma liberum et immunem ; ita tamen quod domui nostre de Landa Alba annuatim tenetur reddere quatuor solidos censuales monete currentis, apud Lesessars ad festum Sanctorum Omnium persolvendos.
Si autem dictus G. unicum habuerit heredem vel plures, unicus heres, qui a patre emancipatus fuerit, patre vivente dicte domui tenetur reddere annuatim III solidos censuales, patre mortuo quatuor ; si autem plures fuerint heredes, quilibet illorum emancipatus III solidos census simili modo, sive patre vivente, sive mortuo, dicte domui tantum modo persolvere tenetur ; in obitu autem dicti G. vel uxoris sue vel alicujus heredum emancipatorum, quicumque sit ille, vel eciam uxor heredum, in obcione succedentis mortuo erit ut reddat pro mortagio dicte domui nostre XXX solidos aut de mobilibus ipso mortuo remanentibus percipiet dicta domus juxta consuetudinem nostrorum hominum anorum (1).
Et sub dicta forma dictum Guillelmum in hominem recepimus, et in hujus rei testimonium eidem contulimus nostras litteras, sigilli nostri munimine sigillatas.
Actum apud Landam Albam, anno Domini M° CC° XXII, mense maii.
1. Une Bulle du pape Honorius III du 21 décembre 1216 (dat. Rome, apud Sanctum Petrum, XII kal. januarii, pontificatus nostri anno primo)fait défense à tous prêtres et clercs de s'attribuer une part du droit appartenant aux chevaliers du Temple sur la succession de leurs sujets, droitqui était du tiers quand ceux-ci laissaient des héritiers, et de la moitié quand ils ne laissaient ni héritiers ni femme.

Hugues du Bois, seigneur de Chantemerle, et Agnès, sa femme, donnent aux Templiers Jean Rezis et certaines choses au Teil.
(D. F., volume LII, d'après l'originale jadis scellé de deux sceaux, dont l'un en cire verte sur cordon de soie rouge et verte (1), aux Archives du Temple de Mauléon)

1225.
Sciant omnes tam presentes quam futuri presentem cartulam inspecturi quod ego Hugo de Boscho, dominus Cante Merule, cum assensu et voluntate domine Angnetis, uxoris mee, pro salute anime mee et sue, dedi et concessi in puram et perpetuam helemosinam Deo et beate Marie et fratribus milicie Templi Johannem Rezis, hominem meum, et heredes suos, cum omnibus suis possessionibus, scilicet cum domibus et terris et rebus aliis, ab omnibus costumis et exactionibus liberos in perpetuum et immunes.
Preterea dedi et concessi predicto Johanni et heredibus suis, cum voluntate et assensu predicte Angnetis, quicquid habebam in feodo Teyliau, exceptis hominibus et homenagiis, bieno et terragio et excepta parte Teobaldi Chaboz.
Necnon dedi et concessi eis duo prata, que sunt infra nemus prope Lardeyriam, et illud pratum quod est inter domum Johannis de Sollers, militis, et molendinum Bonet et duo predicta prata, juxta la Furore, et terram cum pratis in duobus locis juxta Aubreteriam, et unam sexteriatam terre en la Lardere.
Et ut hoc donum ratum et inconcussum permaneat, sigilli mei et sigilli dicte Angnetis, uxoris mee, presentem cartam feci munimine roborari.
Actum anno gracie M° CC° XX° V°.
1. Sur le sceau fort endommagé on distinguait les branches d'un chêne remptissant l'écu.

Aimery Rouaut donne aux Templiers Etienne et Jean Cochineau.
(D. F., volume LII, d'après l'originale jadis scellé aux Archives du Temple de Mauléon)

1226.
Universis ad quos presentes littere pervenerint Aimericus Roeas, miles, salutem. Noyerint universi, presentes pariter et futuri, quod ego do et concedo Deo et milicie Templi Stephanum Cochinea et J. Cochinea fratrem ejusdem et heredes ipsorum et domum quam de me habebant censualem, cum assensu et voluntate dominarum Hilarie scilicet et Cecilie germanarum mearum, que mecum partiebantur illud idem.
Et ut istud ratum et firmius haberetur, sigillo domini Willelmi Chastegnerii militis, tunc temporis domini Castanarie, de cujus feodo res supradicta movebat, presentes litteras sigillari voluit pars utraque.
Hoc. vero actum est anno gracie M° CC° XX° VI°.

Guillaume, vicomte de Brosses, seigneur de Pouzauges, et Belle-Assez, sa femme, abandonnent à des arbitres le jugement de leurs ditterends avec les Templiers au sujet de Guillaume Papin, Pierre Alon, Pelerin et Jean Rezis (1)
(Vidimus donné le 4 janvier 1386 soubz le scel duquel l'on use ès contraiz en la chastellenie de Mauléon, par J. Petit. Archives de la Vienne, H3, liasse 728)

5 décembre 1227.
Ego G., vicecomes Brociarum, dominus Pozaugiarum, et domina Bellassatis, uxor nostra, notum facimus universis quod cum esset contencio inter nos, ex una parte, et fratres milicie Templi, ex altera, super pluribus hominibus, pacificatum fuit in hunc modum quod nos tenemur reddere super juramento proprio, quod ego vicecomes interposui, et juramentum J. de Teyl, Guilleimi Raimunt J. de Rammoia, Davi de Riaumo et P. Uleco, militum, die mercurii tercia infra Quadragesimam apud Boscum Rolandi, novies viginti libras viginti solidos minus, ad probaciones hominum per eorum juramenta, et similiter tenemur reddere magistro Arberto et Guilemo Bonar, fratribus, quinquaginta quinque tibras, que continentur, in jam dicta servicia novies viginti tibrarum viginti solidos minus, ad probacionem dictorum fratrum per eorum juramenta.
Et eadem die et eodem loco, ego Guillemus, vicecomes, et domina Bellasatis, uxor nostra, et frater G. de Breyes, preceptor milicie Templi in Aquitania, tenemur ponere quilibet pro parte sua duos arbitres, ego et uxor nostra dominum archidiaconum Thoarcensem et dominum abbatem de Absya, frater G. de Breyes debet ponere fratrem Stephanum de Codrya et Guillemum Galant, vel quitibet parcium tenetur ponere duos probos viros ad arbitrandum coram Rolando Giraut, milite, mediatore communiter a partibus electo.
Et tam mediatur quam arbitri tenentur jurare a principio quod super hiis de quibus data est eis a partibus potestas arbitrandi bona fide secundum jura procedant arbitraturi, set etiam super quatuor hominibus, videlicet super Guillelmo Papin, P. Alun, Pelegrino, J. Rezis, et eorum bonis ; tali forma quod si per sententiam mediatoris et arbitrorum supradictorum dicti homincs judicabuntur esse fratrum milicie Templi ego dictus vicecomes et uxor nostra tenemur super dampnis satisfacere dictis hominihus ad summam arbitrorum, sin autem nobis remanerent ex bonis suis sine contradicione.
Item sciendum quod super dampnis junctis a nobis Templariis et eorum hominibus irrogatis, ut dicitur, tenemur sibi satisfacere et passis injuriam ad summam arbitrorum super conviciis et maledictis que nobis opponuntur tenemur satisfacere fratribus milicie Templi ad dictum fratris Stephani de Codrya et fratris R. Eboris ; hoc addito quod Vincencius Tuez, homo Temptariorum bona sua que movent a Templariis habebit in pace et si quidem haberet de burgensiis nostris, non posset illa retinere nisi de voluntate nostra.
Item sciendum quod finito arbitrio isto super hiis que nobis et fratribus milicie Templi remanebunt, dabimus cartas nostras ad invicem ut partibus firmum et statile perseveretur.
Actum die mercurii ante festum beati Nicholai apud Albam Petram, presentibus partibus consencientibus, anno Domini M° CC° XX° septimo.
1. Les deux chartes de 1228, qui viennent après la suivante, prouvent que la décision des arbitres donna raison aux Templiers, dont tes droits étaient établis par quatre chartes rapportées ci-dessus.

Guillaume, seigneur de La Forêt-sur-Sèvre, donne aux Templiers tous ses droits sur la bourgeoisie et les biens de Guillaume de Cerisay, clerc.
(D. F., vol. LII, d'après l'originale jadis scellé aux Archives du Temple de Mauléon)

25 mars 1236.
Viro venerabili et dilecto fratri Guillelmo de Sonaio, preceptori fratrum milicie Templi in Aquitania, et omnibus presentes litteras inspecturis Guillelmus, dominus de Foresta saper Separim miles, salutem in perpetuum.
Notum vobis facto quod, anno ab Incarnatione Domini M° CC° XXX° V°, die jovis proxima ante Pascha Domini, ego diotus Willemus constitutus apud Guernateriam dedi liberaliter et concessi in perpetuum Deo et fratribus milicie Templi Sancti Salvatoris prope Malleonium quidquid juris et dominii habebam in burgencia et tenamentis Willelmi de Cerezyo, clerici, sub annuo censu quinque sotidorum a predicto W. in festo Assumptionis beate Marie dictis fratribus annis singulis solvendorum.
Et ad majorem hujus rei noticiam, presentibus litteris sigillum meum apposui in veritatis testimonium et muninien.

Thibaut Herpin, chevalier, donne aux Templiers tous ses droits sur deux pièces de terre sises en fief de Bazoges, sur les bords de l'Arcanson, et appartenant à Jean Cochineau et sa femme.
(D. F., volume LII, d'après l'originale scellé de deux sceaux, dont en cire verte sur cordon de soie jaune, rouge et blanche (1), aux Archives du Temple de Mauléon)

1234
Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris presentem cartulam inspecturis quod pgo Theobaldus Harpini, miles, dominus de Frogeriis cum assensa et voluntate Radulphi Arpini, militis et P. Arpini, fratrum meorum, dedi liberaliter et concessi in puram et perpetuam helemosinam Deo et fratribus milicie Templi Sancti Salvatoris prope Malleonem terragium et quidquid juris et dominii habebam et habere poteram in duabus peciis terre sitis prope ripariam d'Arquencum quas scilicet pecias terre Stephanus Cochunneas et Maria, uxor sua, de me tenebant ; ita quod dictus Stephanus et dicta uxor sua et eorum heredes habebunt et tenebunt in perpetuum quiete et pacifice dictum terragium cum omnijure et dominio predictis de fratribus milicie Templi prenotatis, sub annuo censu duodecim denariorum, scilicet sex denariorum in Pascha Domini et sex denariorum in festo Omnium Sanctorum, dictis milicie Templi fratribus annis singulis reddendorum.
Et ut dicta donacio firmior in posterum haberetur, R. Silvestri, tunc temporis gerens vices archipresbiteri Atperusiensis et Hugo Lunetti, dominus de Bazogiis, in cujus feodo predicte terre pecie continentur, et de ejus assensu et voluntate facta fuit dicta donacio, salvis tamen eidem Hugoni duobus denariis et uno obolo, quos ipse de dicta terra de taillia percipit annuatim, presenti cartule, ad peticionem meam et fratrum meorum predictorum, sigilla sua apposuerunt in veritatis testimonium et munimen.
Actum anno Incarnationis dominice M° CC° XXX° IV°.
1. Sur ce sceau on voyait d'un côté un écu chargé d'oiseaux sans nombre, semblables à des merlettes mais becqués et membrés. De la légende on ne lisait plus que ....LLERM.... de l'autre côte, un oiseau fantastique la queue terminée en queue de serpent. De la légende on lisait seulement ....LLERM....RE.... C'était le sceau de l'archiprêtre de Pareds, dont la légénde était sans doute « Sigillum Guillermi archipresbiteri. »

Guillaume, vicomte de Brosses, seigneur de Pouzauges, et Belle-Assez, sa femme, abandonnent aux Templiers tous les droits qu'ils avaient prétendus sur Jean Rezis, Pierre Alon, Guillaume Papin et les hommes de la Davière.
(D. F., vol. LII, d'après l'originale jadis scellé aux Archives du Temple de Mauléon.)

17 août 1228.
Que geruntur in tempore ne labantur poni debent in voce testium vel scripture. Ideo universis Christi fidelibus presentes litteras inspecturis ego G., vicecomes Brocearum, dominus Pozaugiarum, et ego Bellasatis, uxor ejus, salutem.
Universis per presens scriptum notificamus quod cum quedam contentio verteretur inter nos ex una parte, et fratres milicie Templi, ex altera, super quibusdam hominibus et eorum tenementis post multas alegationes et altercationes, tandem inter nos et ipsos talis pacis compositio fuit fucta quod nos, pro redemptione anime nostre et parentum nostrorum in perpetuum quitavimus Deo et fratribus milicie Templi quidquid juris habebamus in predictos homines, scilicet in Johanne Rezis, Petro Alum, Guillelmo Papin et eorum tenementis et in hominibus de Davieria et eorum tenementis.
Quitavimus etiam tenementa et omnia bona predictorum hominum, que in hujus compositionis tempore possidebant.
Quitavimus insuper Vincentium Cleruet cum ejus tenementis et fraternitate sua, quam in terra nostra habere jure hereditario debebat.
Dicti vero fratres milicie Templi quitaverunt nobis sex vigenti et octo libras Turonenses quas dictis fratribus et eorum hominibus debebamus.
Remiserunt etiam nobis injurias et dampna que predictis fratribus nobis dicebant et eorum hominibus intutisse et injurias et dampna et expensas, que occasione dictarum injuriarum a nobis petebant, penitus quitaverunt.
Et ut hec pacis compositio ratam et inconcussam obtineat firmitatem ego Giraudus, vicecomes Brocearum, dominas Pozaugiarum, et ego Bellasatis, uxorejus, sigillorum nostrorum munimine roborari fecimus presens scriptum.
Actum apud Absiam die jovis prima post Assumptionem beate Marie, anno ab Incarnatione Domini M° CC° XX° VIII°.

Guillaume, seigneur de la Forêt-sur-Sèvre, affranchit de certains devoirs Robin Delart.
(D. F., volume LII, d'après l'originale jadis scellé aux Archives du Temple de Mauléon)

1238
Universis Christi fidelibus presentem cartulam inspecturis ego Willelmus, dominus Foreste super Separim, satutem in eo qui est vera salus.
Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod ego, cum assensu et voluntate Segebrandi, fratris mei, militis et Reginaldi filii mei, feodavi spontanea voluntate in perpetuum Robinum Delartum et heredes suos de venda et pedagio, quod michi dfbebat eundo et redeundo per totam terram meam, libere et pacifice possidendum.
Et ne possit de cetero supradicto Robino et heredibus suis super hoc calumpnia suboriri, ad majorem rei certitudinem, dedi eidem Robino et heredibus suis supradictis presentem cartulam sigilli mei munimine roboratam in testimonium veritatis.
Factum fuit hoc anno Domini M° CC° XXX° VIII°.

Geoffroy de Lusignan, seigneur de Vouvent et Mervent, affranchit Jean Galoubeau du service militaire et donne cet affranchissement aux Templiers.
(D. F., volume LII, d'après l'originale scellé aux Archives du Temple de Mauléon)

1238
Universis Christi fidelibus presentes litteras inspecturis G. de Lezigniaco, vicecomes Castri Eraudi, dominus Volventi et Mareventi, eternam in Domino salutem.
Noverit universitas vestra quod nos in puram et perpetuam helemosinam absolvimus perpetuo Johannem Galobea et heredes suos cum omnibus tenementis suis ab omni exercitu et costuma, salvo jure vassallorum nostrorum et alieno ; et ipsum et heredes suos voliumus et concessimus esse a predictis serviciis perpetuo liberos et immunes ; in cujus rei memoriam nostras eidem J. dedimus patentes litteras sigilli nostri robore communitas.
Hanc autem quictacionem fecimus et concessimus Deo et fratribus milicie Templi Sancti Satvatoris prope Malleonem habendam in puram et perpetuam helemosinam ac pacifice possidendam.
Actum anno Domini M° CC° XXX° VIII°.

Hugues Gifard précepteur des Templiers d'Aquitaine, compose avec Pierre et Jean Gabard, frères, au sujet du droit de mortuage.
(D. F., volume LII, d'après l'originale scellé aux Archives du Temple de Mauléon)

1258
Universis presentes litteras inspecturis vel audituris fater Hugo Gifardi, domorum milicie Templi in Aquitania preceptor humilis, eternam in Domino salutem.
Noveritis quod inspecta, considerata et cognita et cogitata utilitate et hones tate nostra, de voluntate et assensu fratrum nostrorum, quitavimus et remisimus Petro et Johanni Gabardi (1), fratribus et eorum uxoribus, quas habent ve! habituri sunt, omnibusque liberis et heredibus eorum et eciam uxoribus predictorum heredum quicquid juris funeratilii seu mortagii in eis habere possumus vel debemus in morte cujuslibet eorumdem : ita tamen quod, post mortem cujuslibet eorumdem, successor defuncti vel heres preceptori nostro Sancti Salvatoris prope Malleonem, qui, tempore fuerit, centum solidos reddere tenebitur et nichil amplius poterimus seu poterit predictus preceptor de bonis defuncti extorquere vel habere ratione mortagii antedicti ; ita eciam quod liberis seu pueris in patria potestate constitutis nec centum solidi nec aliud mortagium exsolvetur.
Et ut hoc ratum et stabile in perpetuum permaneat, dedimus super his predictis Petro et Johanni Gabardi et uxoribus et heredibus eorumdem nostras patentes litteras sigillo nostro sigillatas in testimonium predictorum.
Datum anno Domini M° CC° L° VIII°
1. Probablement les possesseurs des Gabardières, commune de Saint-Philibert du Pont-Charrault, canton de Chantonnay.
Sources: Société des archives historiques du Poitou, Poitiers 1872 - Bnf

Temple (Le), commune de Châtillon-sur-Sevré.
Ancienne commanderie de l'ordre du Temple, puis de Malte.
— Domus Templariorum Sancti Salvatoris de nemore Malleonii, 1215 (archives historiques de Poitiers I ; Font. III).
— Templum Sancti Salvatoris prope Malleonem, 1234 (id.)
— Le Temple de Mauléon, 1262 (arch. V. H. 3, 721).
— Lopital d'auprès Mauléon, jadis du Temple, 1330 (id. 723).
— Lospitau de Mauléon, jadis do Temple, 1334 (id. 725).
— Domus de Templo prope Malleneansi, 1384 (arch. Abbaye de Saint-Loup).
— Chapelle Saint-Sébastien fondée au Temple, vers 1486, par Guyon Guerry (arch. V. H. 3, 721).
Le Temple dépendait de la sénéchaussée de Poitiers, de l'élection et du duché de Châtillon-sur-Sèvre, jadis Mauléon. Il y avait 57 feux en
1750.
Sources: Dictionnaire Topographique du Département des Deux-Sèvres, par Bélisaire Ledain. Poitiers M. DCCCC. II

Châtillon-sur-Sèvre, arrondissement de Bressuire.
— Castellum de Maloleone, v. 1080 (cartulaire Marmoutier forme Latine 5441).

— Mauleonium, 1090 (cartulaire Trin. Maul.).
— Malleo, 1123 (id.).
— Mauleo, 1155 (cart. l'Absie).
— Maleonium, 1182 (cart. Orbest.).
— Mauleum, 1205 (id.).
— Malus Léo, 1214 (lay. tr. ch. I).
— Maleon, 1251 (id. III).
— Malleonium, 1300 (gr.-Gauthier).
— Mauleion, 1317 (archives Vienne. Brosse-Guilgault, 7).
— Maulyun, 1326 (arch. Historiques de Poitiers XI).
— Molléon, 1672 (archives de la Vienne. Brosse-Guilgault, 15).

Mauléon fut nommé Châtillon-sur-Sèvre en 1736, lors de son érection en duché-pairie en faveur du comte de Chatillon. Cette dénomination nouvelle était assez mal choisie, car la ville est située sur l'Ouin, affluent de la Sèvre-Nantaise.

Chatillon possédait trois églises : celle de l'abbaye de la Sainte-Trinité, ordre des Génovéfains, et deux paroisses, Saint-Pierre et Saint-Melaine.

L'église abbatiale, seule conservée, sert de paroisse. Saint-Pierre était à la nomination de l'abbé de la Trinité, et Saint-Melaine avait pour patron l'abbé de Saint-Jouin-de-Marnes. L'ancienne aumônerie, qui avait peu d'importance, fut transformée en hôpital en 1747 par le duc de Chatillon.

La baronnie de Mauléon relevait de la tour Maubergeon de Poitiers, 1405 (gr.-Gauthier, des bénéf.).

Elle comprenait Mauléon, le Temple, Rorthais, Saint-Aubin-de-Baubigné, les Aubiers, Nueil-sous-les-Aubiers, la Petite-Boissière. Lors de son érection en duché de Chatillon, elle fut placée dans la mouvance directe de la tour du Louvre.

La juridiction ducale rassortissait directement au parlement. Il y avait aussi une juridiction des traites (archives du Poitou 1177).

Chatillon dépendait du doyenné de Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée), et de la sénéchaussée de Poitiers. Il était le chef-lieu d'une élection comprenant 75 paroisses en Poitou et 8 paroisses dans les marches communes de Poitou et Bretagne. Sept paroisses seulement de cette élection sont situées dans le département actuel des Deux-Sèvres. Ce sont :
Rorthais, Saint-Jouin-sous-Châtillon, le Temple, Saint-Aubin-de Baubigné, les Echaubrognes, le Puy-Saint-Bonnet.

Il était aussi le chef-lieu d'une subdélégation de l'intendance de Poitiers, qui comprenait 60 paroisses, dont 25 dans le département actuel des Deux-Sèvres, savoir :
Châtillon, Beaulieu, Bretignolle, Breuil-Chaussée, Chambroutet, Cerizay, Cirière, Clazay, Combrand, la Chapelle-Largeau, la Petite-Boissière, le Pin, le Puy-Saint-Bonnet, les Aubiers, le Temple, Montigny, Montravers, Moulins, Nueil-sous-les-Aubiers, Rorthais, Saint-Amand, Saint-Aubin-de-Baubigné, Saint-Clé me ntin, Saint-Jouin-sous-Châtillon, Voultegon.
Châtillon comptait 147 feux en 1730 (cartulaire alphabetiques de Poitiers).
En 1790, Châtillon devint chef-lieu de district. Mais le décret du 30 août 1792 lui enleva cette qualité au profit de Bressuire.

Le canton de Châtillon comprenait les communes de Saint-Aubin-de-Baubigné, Saint-Amand, la Petite-Boissière, Saint-Jouin-sous-Châtillon, Rorthais et le Temple.

En l'an VIII, on lui adjoignit le canton supprimé des Echaubrognes, c'est-à-dire la Chapelle-Largeau, Moulins, le Puy-Saint-Bonnet, Saint-Pierre et Saint-Hilaire des Echaubrognes.
Châtillon-sur-Thoué, commune de Parthenay.
— Castellon, 1300 (gr.-Gauthier).
— Châteillon, v. 1400 (arch. Barre, II).
— Châtillon en Parthenay, 1750 (cartulaire alph. Poitiers).
— Saint-Pierre de Châtillon sur Thoué, 1782 (pouillé).
Dépendait de l'archiprêtré et baronnie de Parthenay, de la sénéchaussée et de l'élection de Poitiers. La cure était à la nomination du prieur de Saint-Paul de Parthenay. Il y avait 81 feux en 1750.
Sources: Dictionnaire Topographique du Département des Deux-Sèvres, par Bélisaire Ledain. Poitiers M. DCCCC. II

 

Maupertuis   (44)
Maison du Temple de Maupertuis
Département: Loire-Atlantique, Arrondissement: Nantes, Canton: Blain, Commune: Le Temple-de-Bretagne - 44


Maison du Temple de Maupertuis
Localisation: Maison du Temple de Maupertuis


Les Templiers s'établirent de bonne heure à Maupertuis et acquirent en ce lieu assez d'autorité pour y obtenir de l'évêque de Nantes l'érection d'une paroisse. Celle-ci prit le nom de Temple-de-Maupertuis et les commandeurs en présentèrent le recteur jusqu'à la Révolution.

La charte de 1182 mentionne, en effet, Maupertuis parmi les possessions de l'Ordre du Temple « molendina de Maupertus. » Mais une autre charte de 1219 est encore plus explicite. Le 28 août de cette année-là, un croisé du pays nantais, voisin du Temple de Maupertuis, Philippe de Vigneux, se trouvant en Palestine au camp de l'armée assiégeant Damiette, fit don à Dieu, à la bienheureuse Marie et aux Frères de la Milice du Temple de Salomon, pour le salut de son âme, de tous les droits de pacage et coutumes lui appartenant au village desdits Frères de Maupertuis « omnia pacagia et consuetudines in villa predictorum Fratrum de Malpertus. » Il fit cette donation en présence d'autres croisés nantais tels que Chantarel de Rougé et Rosselin de Sion.

Lorsque les Hospitaliers eurent hérité des Templiers, ils unirent le Temple de Maupertuis à leur commanderie Sainte-Catherine de Nantes ; cette union était un fait accompli en 1383.

Le commandeur de Nantes avait une haute justice exercée à l'origine au bourg même du Temple de Maupertuis, et il y jouissait des droits de moulin et de coutumes. Il lui appartenait aussi de « pourvoir de prestre, la cure et paroisse Saint-Léonard du Temple de Maupertuis, ladite église et son presbytère se trouvant en son fief et fondé par luy. »

Le rôle rentier de la juridiction du Temple de Maupertuis ne montait toutefois en cette paroisse, l'an 1580, qu'à 20 livres par denier, plus 5 chapons et 2 poules, le tout payable à la Toussaint et à Pâques. Mais le fief du Commandeur s'étendait dans les paroisses voisines, notamment en Cambon, Prinquiau, où se trouvait le village de la Templerie, Guenrouët, Quilly, et en la tenue de l'Hôpital au bourg de Malleville.

Appartenaient encore au commandeur le droit de lever la dîme dans toute l'étendue de la paroisse du Temple de Maupertuis, et « un droit de neume sur les biens meubles des gens partables demeurant et mourant en ses fiefs. »

Au XVIe siècle, les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem n'avaient pas de manoir au Temple de Maupertuis, mais ils y possédaient un domaine composé de ce qui suit:
« Au bourg dudit Temple un bois de haulte fustaye contenant 8 journaux et une prairie de quatre journaux. »
Ailleurs 9 journaux de terre en bois et prés; plus 400 journaux de landes et communs « où les hommes du commandeur font pasturer leur bestail par sa permission et aux debvoirs accoustumés. »
Enfin le commandeur et ses vassaux du Temple de Maupertuis avaient: « droit d'usage de bois de chauffage et pasturage ès bois et landes du Thiémay. »

Le recteur du Temple de Maupertuis était tellement bien sous la dépendance du commandeur de Nantes, que vers 1702, Antoine Astruc ayant été nommé recteur par ce dernier, reçut de lui la défense formelle de demander à l'évêque de Nantes un visa de sa nomination, le commandeur prétendant conférer la cure « pleno jure. » Parfois, les Chevaliers nommaient recteur quelque prêtre de leur Ordre; tel fut « Frère Honoré Magouët, religieux profès de l'Ordre de Malte », qui vint prendre possession le 14 novembre 1777 de la cure du Temple de Maupertuis.

L'église paroissiale du Temple de Maupertuis « que l'évêque de Nantes n'avait point le droit de visiter sans l'autorisation du commandeur » était dédiée à saint Léonard ; outre l'autel majeur on y voyait en 1718 deux autres autels consacrés à la sainte Vierge et à saint Jean-Baptiste. Le commandeur était tenu de faire célébrer en cette église une grande messe tous les dimanches et fêtes, plus deux messes basses par semaine ; il devait, en outre, pendant le carême faire chaque semaine dire une troisième messe basse et donner trois absoutes pour les défunts.

Quant au presbytère relevant de la commanderie, il jouissait en 1547 d'un pourpris contenant une dizaine de journaux de terre, en jardins, prés et bois taillis.
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) - Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne - Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902

 

Maurepaire   (10)
Ferme du Temple de Maurepaire
Département: Aube, Arrondissement: Troyes, Canton: Piney - 10


Ferme du Temple de Maurepaire
Localisation: Ferme du Temple de Maurepaire


Cette ferme avait été construite sur les terres de l'ancien essart de Bernard de Montcuc, vendu en 1230, aux chevaliers du Temple. Elle comprenait 400 arpents de terre en labour et prairie.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Maurepas (Aisnes)   (02)
Ferme du Temple de Maurepas
Département: Aisne, Arrondissement: Saint-Quentin, Canton: Saint-Simon, Commune: Cugny - 02


Ferme du Temple de Maurepas

Localisation: Le ferme de Maurepas


La tradition veut aussi qu'il y ait eu une maison du Temple à Maurepas, près de Cugny, non loin de Ham.

Dans un fragment de journal du trésor du Temple, nous avons trouvé plusieurs mentions relatives à une maison du Temple, dite de Maurepas. Est-ce bien celle que nous avons désignée ?

Quoi qu'il en soit, nous voyons que le 9 août 1295, 42 livres étaient inscrites au nom du précepteur de Maurepas, sur le registre « inparvo libro novo », et 60 sous, sur un autre registre « in parvo libro veteri. »

Le 20 octobre de la même année, nouvelle inscription de 12 livres au nom du même précepteur, mais pour le compte d'un tiers, sans doute un tenancier du Temple. Un peu plus tard, 48 livres d'une part et 4 livres de l'autre (7 décembre 1295) sont inscrites, comme les précédentes, sur le registre « in parvo libro novo. »

En 1295, le 25 février, 30 livres sont encore inscrites au compte de la maison et sur le même registre, pour des bois qui avaient été vendus par le précepteur.

Les 10 livres versées le 28 mai de la même année, au compte du précepteur, avaient été inscrites sur un autre registre « in parvo libro veteri »; enfin 50 livres étaient inscrites au nom de cette maison de Maurepas, le 4 juillet 1296.

Nous ajouterons qu'il reste encore quelques vestiges de cette maison du Temple, aujourd'hui une ferme.
Sources: Trudon des Ormes: Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893

Le ferme de Maurepas
La prévôté de Maurepas (de Malo repastu, mauvais repaire), dépendante du doyenné de Vendreuil, était un couvent de Templiers qui a passé dans les mains des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, puis qui appartenait en divers lieu à l'abbaye d'Homblières.

On sait que les Templiers avaient:
A Saint-QuentinDomaine du Temple à Saint-Quentin
Domaine du Temple à Saint-Quentin
la maison du Temple.
A EterpignyDomaine du Temple à Eterpigny
Domaine du Temple à Eterpigny
.
Près Péronne, une commanderie.
Au CâteletDomaine du Temple à Câtelet
Domaine du Temple à Câtelet
, un château-fort.
Des fermes importantes à MontescourtDomaine du Temple à Montescourt
Domaine du Temple à Montescourt
, à l'HôpitalDomaine du Temple à l'Hôpital
Domaine du Temple à l'Hôpital
, près Libermont.
A la CourtemancheDomaine du Temple à Courtemanche
Domaine du Temple à Courtemanche
, près Cugny (entre Annoy et Flavy-le-Martel).
La ferme de Maurepas était une de leurs maisons.

On y voyait encore, il y a moins d'un siècle, une église, une grande salle et une entrée fortifiée; de l'ancienne maison, il ne reste aujourd'hui que les écuries et quelques vieux bâtiments bas, construits en grès extérieurement et en briques intérieurement.

La ferme ancienne était entièrement bâtie en grès et entourée de hauts murs, également en grès. Ces murs ont été démolis en 1845 exploités et vendus à un entrepreneur pour le pavage de la rue Saint-Martin à Saint-Quentin. Les caves actuelles de la maison, que nous avons visitées, sont à deux étages; elles sont voûtées en plein-cintre, entièrement en grès, et les galeries de descente sont aussi voûtées en plein-cintre et en grès, mais avec des assises taillées et piquées en retraite à chaque marche.

La tradition dit qu'il se trouvait sous l'ancienne église de Maurepas des galeries de refuge conduisant à 3 kilomètres de là, vers le Coquerel et qu'elles sont écroulées en plusieurs endroits; nous n'avons pas pu vérifier cette tradition.
Sources: M. Charles Gomart - Le Jardin-Dieu. Société française pour la conservation et la description des monuments historiques. Page 369. Paris 1861. Bnf

 

Mauressargues   (30)
Fief du Temple de Mauressargues
Département: Gard, Arrondissement: Alès, Canton: Lédignan - 30


Fief du Temple de Mauressargues
Localisation: Fief du Temple de Mauressargues


Dans les années 1140-1141, Raimon de Mauressargues donne des droits sur un jardin et une maison à Mauressargues.

L'investissement du village de Mauressargues, durant les trois dernières décennies du XIIe siècle, apparaît quant à lui mieux éclairé:
Chartier du Temple de Saint-Gilles, pour Mauressargues: nº 054, 105, 166, 246, 277.

Si la détention d'un bien qualifié de fief n'entraîne a priori pas plus de contrainte que la possession emphytéotique, il n'en existe pas moins un pouvoir de domination. Comme leurs confrères du Rouergue, les Templiers du Bas-Rhône ont acquis des reliquats de vieux droits d'origine publique passés dans le domaine seigneurial. L'albergue, que l'ordre figure en position de bénéficiaire, ou qu'il s'acquitte au contraire de cette charge, apparaît le plus souvent:
Chartier du Temple de Saint-Gilles, nº 013 (moitié d'une albergue de deux cavaliers), 166 (albergue de deux milites que Bernat de Clauso doit pour un honneur allodial à Mauressargues), 330, 456.
Sources: Damien Carraz - l'Ordre du Temple dans la Basse Vallée du Rhône - 2005. Lyon

 

Mauzé   (79)
Domaine du Temple de Mauzé
Département: Deux-Sèvres, Arrondissement: Niort, Canton: Mignon-et-Boutonne, Commune: Mauzé-sur-le-Mignon - 79


Domaine du Temple de Mauzé
Localisation: Domaine du Temple de Mauzé


Un document du XVIIIe siècle intitulé Mémoire pour servir à la recherche des devoirs deus au Comté de Benon, signale :
« Il y a à Mauzé un nombre de maisons tenues à cens du Comté. Ces maisons étoient anciennement aux religieux Templiers dont l'ordre fut aboli. Ces maisons ne font pas de suite, elles sont en plusieurs endroits du bourg et à l'entrée, près le Dauphin, en Chambranger et ailleurs, et hors du bourg. On a peine à les découvrir. »

L'établissement d'une maison du Temple à Mauzé paraît bien improbable, mais nous savons que la commanderie du Temple de La Rochelle y possédait biens et rentes, qu'elle y avait droit de juridiction, droit de mesure à blé et à vin. Ces droits firent d'ailleurs l'objet d'un accord entre le seigneur de Mauzé et les Hospitaliers du Temple de La Rochelle, en octobre 1364.
Jean-Claude Bonnin - Les Templiers de La Rochelle. La commanderie, la chapelle, les fiefs, seigneureries et maisons templières. La Rochelle : J.-C. Bonnin. 2005

 

Mayet-d'Ecole   (03)
Maisons du Temple de Mayet d'Ecole
Département: Allier, Arrondissement: Vichy, Canton: Gannat, commune: Mayet-d'Ecole - 03


Maisons du Temple de Mayet d'Ecole
Localisation: Maisons du Temple de Mayet d'Ecole


La commanderie du Mayet comme il vient d'être dit, s'adjoignit la commanderie de la Marche. Les commandeurs habitaient le château que l'on peut voir encore le long de la route de Moulins à Clermont.
Malgré les deux tours qui le flanquent, il a perdu sa silhouette de maison forte.
Sources: Georges CHATARD - Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais fondée en 1845. Tome 70 4e trimestre 2000.

1. Chef. Le Mayet d'Ecolee
— Mayet d'Ecole, diocèse de Clermont, ressort de Riom, à une lieue et demie de Gannat, à une lieue de Charroux.
« Revenu 1735 livres. »

Annexe. Le Quilliat
— Le Quilliat, à une lieue de Mayet d'Ecole. Le moulin banal appelé l'Infernal, à un quart de lieue du chef.
— Ce moulin n'est plus localisé sur les cartes de Cassini ou de Géoportail.

2. Membre. La Marche
— La Marche en Bourbonnais, à une demie lieue de l'église paroissiale Notre Dame de La Salle, à une demie lieue de Sarrans.
— Peut-être est-ce La Marche près de Charroux ?
« Revenus - 948 livres. »

3. Membre. Métairie de Beauvais
— Métairie de Beauvais, était située en la paroisse de Saint-Cyprien, à une lieue du chef (Le Mayet d'Ecole).
« Revenus - 90 livres. »

4. Membre
— Bauvenas, Montignat, en Bourbonnais, à une demie lieue du bourg de Chassié ?.
« Revenus - 200 livres. »
Sources: Léopold Niepce - Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Lyon, 1883

Le Moulin du Temple l'Infernet
Département: Allier, Arrondissement: Vichy, Canton: Gannat, commune: Mayet-d'Ecole - 03


Moulin du Temple l'Infernet
Localisation: Moulin du Temple l'Infernet


Le Moulin d'Infernet que l'on nomme aussi « l'Infernal », se trouve sur la Sioule à un kilomètre de la commanderie du Mayet dont il dépendait. C'était un moulin banal auquel les habitants du village du Mayet étaient tenus de faire moudre leurs grains. Aujourd'hui, une petite centrale électrique y a été installée.
Sources: Georges CHATARD - Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais fondée en 1845. Tome 70 4e trimestre 2000.

Le Quilliat
Quilliat se trouvait d'après L. Niepce à une lieue de Mayet d'Ecole. Et le moulin banal appelé l'Infernal sur la Sioule à un quart de lieue de Mayet d'Ecole.
Sources: Léopold Niepce - Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Lyon, 1883

 

Mayonnette (La)   (81)
Maison du Temple de Mayonnette
Département: Tarn, Arrondissement: Albi, Canton: Carmaux-2 Vallée du Cérou, Commune: Virac - 81


Maison du Temple de Mayonnette
Localisation: Maison du Temple de Mayonnette


Les Templiers possédaient encore de l'autre côté du Larzac, dans le Bas-Languedoc plusieurs domaines rattachés depuis longtemps à Sainte-Eulalie.

1147. Pierre de Lodève et Anne, sa femme, donnent au Temple de Salomon, à Pierre de Montlaur et Hugues de Pézenas, « frères et ministres de l'Ordre », le Campmas de Roquosel, situé dans la paroisse Notre-Dame de Seilles.

1240. Transaction entre Bernard, évêque de Béziers et Pierre de Campfait, commandeur de Sainte-Eulalie, au sujet de la paroisse de Roquosel ; le commandeur aura le droit de présentation et l'Evêque celui d'institution pour le vicaire perpétuel qui, pour son entretien, percevra les dîmes de la paroisse.

Commandeurs Templier de Mayonnette
1147. Pierre de Montlaur.

Commandeurs Hospitaliers
1351. Barthélémy Guercy.
1480-1492. Pierre Maignan.
1532. Penavayre de Sales
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)

 

Mazan   (84)
Domaine du Temple de Mazan
Département: Vaucluse, Arrondissement: Carpentras, Canton: Pernes-les-Fontaines - 84


Domaine du Temple de Mazan
Localisation: Domaine du Temple de Mazan


Mazan avait été entouré de murs pendant le XIVe siècle, et il avait eu une commanderie de Templiers.
A côté de l'église, dit M. J. Courtet, un gros pâté de maisons remplace l'ancienne commanderie des Templiers.
On voit encore sur un mur un chevalier sculpté, dans son armure, il reste une belle porte du XIIe siècle.
Puis, selon le même auteur, le cimetière est très-pittoresque, par la forme des tombes il rappelle celui des Aliscamps à Arles. M. Garcin et Achard signalent près de Mazan la chapelle de Saint-Andéol bâtie, selon lui, sur les débris d'un temple païen dont il reste des traces.
Sources: Du Boys, Jean. Revue de Paris, page 93. Paris 1868. - Bnf

 

Mejanes   (13)
Maison du Temple de Méjanes
Département: Bouches-du-Rhône, Arrondissement et canton: Arles, Commune d'Arles - 13


Maison du Temple de Méjanes
Localisation: Maison du Temple de Méjanes


De nos jours, c'est Le Domaine Paul Ricard de Méjanes

Les Templiers de Saint-Gilles, habitent une stare « Maison » à Méjanes, mais celle-ci peut être aussi appelée casal:
Chartier du Temple d'Arles, nº 127 et 129 (février 1249).

Certains lieux reçoivent le vocable de stare, terme qui désigne plutôt la maison de qualité en milieu urbanisé, voire d'hospicium, qualificatif s'appliquant également aux demeures relativement prestigieuses.

Les Templiers ont de même choisi des bourgs castraux pour y percevoir les redevances ou y fonder une « domus », qu'il s'agisse de la rive droite du Rhône (Aubais, Générac, Le Caylar, Calvisson, Meynes) ou de la rive gauche (Méjanes, Lansac, Laurade). Mais les sources écrites ne permettent pas de préciser si ces maisons monastiques se sont implantées au sein du tissu urbain ou légèrement à l'écart.

Seuls les qualificatifs de stare évoqués à Méjanes ou la mention d'un solarium à Châteauneuf-de-Gadagne, renvoient à des édifices de qualité et à étage. Cela ne doit toutefois pas occulter le fait que ces maisons de village, comme les granges campagnardes, ont avant tout une fonction économique. Les chartes montrent clairement qu'elles centralisent les produits des redevances en nature apportées par les tenanciers:
Chartier du Temple d'Arles nº 071 (in solario majori domus Templi).
Elles devaient donc comporter des annexes agricoles destinées à conserver les réserves.

A Méjanes, les Templiers ont concédé des terrains à bâtir en emphytéose:
Chartier du Temple d'Arles, nº 128 (18 février 1249): « quoddam casale ad domum faciendam. »

Dans l'inventaire arlésien de 1308, les ferrages de Méjanes sont donnés contre un cens fixe s'élevant de 2 à 6 setiers d'orge prélevés à la fête de saint Pierre aux Liens (1er août) ou à la moisson. L'accapte apparaît plus modérée que pour les maisons, entre 1 et 5 sous. En 1247, une terre, un jardin et une vigne à Méjanes sont concédés contre un cens de 6 setiers d'orge et 5 sous raimondins d'accapte. Les jardins de Méjanes rapportent entre 1 et 2 sous d'accapte:
Chartier du Temple d'Arles, nº 125, 127 et 129.

Ainsi, des salines sont citées parmi de nombreux autres biens acquis à Méjanes:
Chartier du Temple d'Arles, nº 119 (décembre 1243) et 122 (juillet 1245).
En 1204, l'ordre avait déjà reçu de Guilhem de Valflor des salines à la « Lona comitali », nº 041.

Le Temple a tenu la justice seigneuriale dans plusieurs villages du Bas-Rhône, ainsi à Méjanes, Générac, Meynes, peut-être Richerenches. La vente de la seigneurie de Méjanes, en avril 1240, par Gilbert de Baux, comprend « les justices sur les hommes, les bans, les juridictions »:
Chartier du Temple d'Arles, nº 112;
Générac et Meynes:
Chartier du Temple de Montfrin et des Maisons du Gard rhodanien, nº 085, 127, 131, 135 et 141.
A Richerenches, on n'a aucune idée des relations entre la commanderie et la communauté d'habitants, mais si cette dernière s'est bien regroupée autour de la première, il ne serait pas étonnant que les Templiers aient exercé des droits sur les hommes.

Une affaire permet d'illustrer la rivalité sans merci que se livrèrent les juridictions comtale et templière et autorise quelques remarques sur les mécanismes juridiques employés au service de l'ordre. L'origine de l'affaire peut être précisée grâce au procès-verbal du jugement rendu en appel:
Chartier du Temple d'Arles, nº 163 (26 février 1292) ; et Chartier du Temple de Tarascon, Lansac, Laurade, nº 21 (26 février 1292).
Cette affaire en prolonge alors une autre opposant le Temple à Gui de Buco, prédécesseur de Gui de Tabia en tant que procureur de la cour royale, à propos de jugements prononcés par les cours d'Arles et de Tarascon contre des hommes relevant de la seigneurie templière de Méjanes.

En ce dernier tiers du siècle, le cas de Peire de la Milice, par son engagement et sa générosité au service du Temple, n'est-il pas déjà marginal ? Le flux des donations pieuses s'est en effet ralenti dès les premières décennies du XIIIe siècle. Il s'agit bien sûr d'une évolution générale qui n'est en rien spécifique ni au Bas-Rhône, ni à l'ordre du Temple. Partout en Occident, les ordres militaires connaissent, de manière décisive à partir du milieu du XIIIe siècle, un recul de la générosité laïque. Et en Provence à la même période, l'ensemble des nouveaux ordres religieux accuse le contrecoup des difficultés matérielles de la noblesse aggravées par la fragmentation lignagère. Pourtant, pour être moins massives, les aumônes n'ont jamais véritablement cessé. A Arles, le chartrier de la maison conserve encore, même après 1250, de véritables marques de générosité émanant de la chevalerie urbaine:

Chartier du Temple d'Arles
nº 172 - janvier 1256 donation de l'épouse de Raimon Gibert, miles;
nº 172 - 1278 Rainaud Porcelet donne des droits de pacage dans la Crau;
nº 154 - juillet 1279 Guilhem Raimon donne tous ses biens à Méjanes;
nº 147 - 14 octobre 1274 Guilhemet et Uc Laget donnent un cens sur une maison aux arènes;
nº 158 - 18 avril 1285 Imbert Dardier donne un cens aux arènes;
nº 162 - juillet 1289 Autard Aurella donne des terres à Rupta « pour toutes les grâces et bénéfices que la maison du Temple d'Arles m'apporte continuellement. »
Sources: Damien Carraz - l'Ordre du Temple dans la Basse Vallée du Rhône - 2005. Lyon

Villa Mejanis
La première mention de la terre de Méjanes remonte au XIe siècle. En effet, en mars 1048, un acte de l'archevêque d'Arles évoque déjà la « Villa Mejanis. »
Au XIIIe siècle, le domaine aurait appartenu aux Templiers et c'est peut-être à cette époque qu'a été construite la tour qui subsiste encore aujourd'hui et qui aurait été fortement modifiée au XVIIe siècle (porte principale, mascarons, escalier intérieur) au moment de la reconstruction du logis, plusieurs fois remanié par la suite (modifications de baies, adjonctions, surélévations).

Erigée en marquisat en 1723 pour Guillaume de Piquet, la terre de Méjanes passa ensuite à son fils Jean-Baptiste-Marie Piquet, marquis de Méjanes, célèbre pour avoir légué son importante bibliothèque à la ville d'Aix-en-Provence en 1786 (c'est vraisemblablement un membre de la famille Piquet qui a fait sculpter le blason ornant la porte principale).
Sources: base de données Mérimée ministère de la Culture et de la Communication - direction de l'Architecture et du Patrimoine.

 

Melac   (16)
Chapelle du Temple de Mélac
Département: Charente, Arrondissement: Cognac, Canton: Brossac, Commune: Sauvignac - 16


Chapelle du Temple de Mélac
Localisation: Chapelle du Temple de Mélac


Peu importait, d'ailleurs le choix de l'Ordre hospitalier, l'essentiel n'était-il pas d'assurer le fonctionnement d'un hôpital dans cette contrée déshéritée ?
Avant de pénétrer en Gironde, le pèlerin parvenait à Mélac, dernière étape du voyage dans ces régions des Charentes.

La chapelle édifiée par les Templiers, au nord de ce hameau, disparut de nos jours, tout comme les bâtiments conventuels au XVIIIe siècle; mais leur souvenir est resté vivace dans le pays.
Sources: Charles Daras - Les Templiers en Charente: les commanderies et leurs chapelles - Société Archéologique et Historique de la Charente - Editions: P. Oudin et E. Beaulu (Poitiers) 1981

 

Menesble   (21)
Domaine du Temple à Menesble
Département: Côte-d'Or, Arrondissement: Montbard, Canton: Châtillon-sur-Seine - 21


Domaine du  Temple à Menesble
Localisation: Domaine du Temple à Menesble


Les Templiers de Bure-les-Templiers acquirent des prés à Ménesble dès juin 1254, du seigneur de Recey-sur-Ource.

A Menesble d'après les historiens locaux, il y a une chapelle qui a été commencée par les Templiers et ne fut jamais terminée. Menesble faisait partie de la commanderie mère de Bure-les-Templiers.
Sources: César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.

Menesbles, canton de Recey-sur-Ource
— Radulfus de Minelves 1189 (Fonds de la Maison du Temple de Bure, H 1158)
— Mennesvles, 1254 (Fonds de la Maison du Temple de Bure, H 1161)
— Menyeuvles, 1305 (Montmorot, H 1244)
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Côte-d'Or, rédigé par Alphonse Roserot. Paris Imprimerie Nationale, MDCCCCXXIV.

 

Menois   (10)
Seigneurie du temple de Ménois
Département: Aube, Arrondissement: Troyes, Canton: Lusigny-sur-Barse, Commune: Rouilly-Saint-Loup - 10


Seigneurie du temple de Ménois
Localisation: Seigneurie du temple de Ménois


Non loin de Sancey, de l'autre côté de la Seine, se trouvait une autre terre seigneuriale appartenant aux Templiers, la terre de Ménois, sur la paroisse de Rouilly. Elle leur avait été donnée par un seigneur, dont nous avons déjà parlé, Clérambaut de Chappes qui, par ses lettres du mois de mai 1213, déclara faire abandon aux frères de la chevalerie du Temple, de tous les fiefs qui relevaient de sa maison de Ménois, « de villa que dicitur Anienois », avec tout ce qu'il avait au dit lieu, en hommes, terres, prés, terrages, cens, bois, justice haute et basse, et aussi avec ce qu'il possédait dans le bois et le finage, entre Sancey et Ménois, « inter Sanci et Amenois »; le tout approuvé et confirmé par Blanche, comtesse de Troyes.

Parmi les fiefs qui relevaient de la seigneurie, il y avait celui de ChaussepierreBien du Temple à Chaussepierre
Domaine du Temple à Chaussepierre
, (Commune de Rumilly-les-Vaudes), qu'une noble dame, Ermangard de Chaucepierre, veuve du chevalier Thomas de Bussy, à qui il appartenait, engagea en 1247, pour une somme de 260 livres et 60 sols de Provins qu'elle reçut des Templiers, sous la condition qu'après sa mort, ce fief reviendrait à ces derniers.

La terre de Ménois fut en grande partie aliénée ou donnée à rente perpétuelle vers le milieu du XIIIe siècle, par les Templiers.

Les Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem n'y possédaient plus, au XVIe siècle, qu'un petit nombre de terres et une assez grande quantité de censives.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Ménois, hameau, commune de Rouilly-Saint-Loup
— Amenoys, 1213 (Cartulaire de la Maison du Temple de Troyes)
— Esinenoys, 1250 (Cartulaire de la Maison du Temple de Troyes)
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Aube, par MM. Théophile Boutiot et Emile Sogard. Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXIV.

 

Mens   (38)
Maison du Temple de Mens
Département: Isère, Arrondissement: Grenoble, Canton: Matheysine-Trièves - 38


Maison du Temple de Mens
Localisation: Maison du Temple de Mens


Archives des Bouches-du-Rhône, H. 1143, Fonds du Grand Prieuré de Saint-Gilles, commanderie de Valence: « et pro sex denariis censualibus domui Templi de Mencio moris antique faciendis, de cujus domino consistit. (13 décembre 1310) »
Sources: Roland Delachenal - Cartulaire du Temple de Vaulx, Paris Picard - 1897

Maison du Temple de Pommiers-la-Placette
Département: Isère, Arrondissement: Grenoble, Canton: Voiron - 38


Maison du Temple de Pommiers-la-Placette
Localisation: Maison du Temple de Pommiers-la-Placette


Cité dans le Grand Prieuré d'Auvergne: La Maison du Temple de Pommiers était rattachée à la commanderie de Saint-Georges de Lyon et du Temple de Vaux, à trois lieues de Lyon, à une demie de Chavrieux.
Il y avait dans cette Maison du Temple, chapelle, Maison, domaine, terres bois dîmes, vignes, rentes et des dîmes à Feyzin.
Sources: Léopold Niepce - Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Lyon, 1883

 

Merck-Saint-Lievin   (62)
Domaine du Temple de Merck-Saint-Lievin
Département: Pas-de-Calais, Arrondissement: Saint-Omer, Canton: Fruges - 62


Merck Saint-Lievin
Localisation: Domaine du Temple de Merck-Saint-Lievin


Les Templiers possédaient une Maison au village de Merck-Saint-Lievin, l'endroit se nomme le Petit-Bruveau par les habitants du pays.

Saint-Omer
Plusieurs habitations ont été indiquées comme lieu où les Templiers avaient vécu en communauté ; mais on s'accorde à admettre que ce que possédaient les frères de la Milice du Temple à Saint-Omer, était située à l'extrémité sud de la rue du Poirier, et occupait l'emplacement des maisons qui forment les angles de cette rue.
La muraille est du jardin de l'hôtel de M. de Follart, date, prétand-on, du temps des Templiers, et les portions d'arcade que l'on remarquait encore, il y a quelques années, au coins de la rue du Poirier, étaient généralement regardées comme des vestiges de l'ancienne maison de ces religieux-chevaliers.

Les Templiers possédaient une commanderie au village de Merck-Saint-Lievin dans l'endroit nommé le Petit Bruveau par les habitants du pays. Nous pensons que la Maison de Saint Orner était une dépendance de la commanderie de Merck-Saint-Lievin (1).
1. Les restes de construction anciennes que l'on remarque dans le bois de Lederzele, passe pour avoir appartenu à une Maison de Templiers, mais rien ne confirme l'exactitude de cette tradition.
Sources: Derheims Jean, Histoire de la ville de Saint-Omer, 1843 - Livre numérique Google

 

Merlan   (08)
Maison du Temple de Merlan
Département: Ardennes, Arrondissement: Rethel, Canton: Juniville, Commune: Aussonce - 08


Maison du Temple de Merlan
Localisation: Maison du Temple de Merlan


Le Temple de Merlan était situé dans la paroisse d'Aussonce, à deux mille toises au sud de ce village. Guy de Cerisy, et Ofelice, sa femme, par des lettres d'Alberic ou d'Aubry, archevêque de Reims, du mois de décembre 1217, donnérent aux frères de la chevalerie du Temple la moitié de leur villa nommée Aussonce, « que Aussuntia nominatur » et leur vendirent l'autre moitié avec tout ce qui en dépendait, hommes, cens, justice, terrages, etc., pour le prix de 300 livres.
En retour de cette concession, les Templiers abandonnérent au chevalier de Cerisy la métairie de La Neuville, « medietatem Ville nove », près de leur grange de Merlan, « juxta Grangiam eorwn de Merlen », avec tout le territoire, jusqu'à la grosse borne plantée contre le chemin, mais à la condition que la justice de La Neuville resterait appartenir comme celle d'Aussonce, aux frères du Temple.

Ces deux maisons paraissent avoir été liées l'une à l'autre, au point que le précepteur de l'une est donné parfois comme étant aussi précepteur de l'autre; toutes deux étaient du diocèse de Reims, et avaient chapelle.

Merlan était d'ailleurs baillie du Temple et Roux était compris dans cette baillie:
« in capella domus Templi de Mellans, Remensis diocesis de Melleuno », « de Merlans », « domus Templi de Bois, Remensis diocesis. » La carte de Cassini indique un lieu-dit la Commanderie à côté de Boux.
Procès, tome I, page 518
Nec hoc credebat, quia viderat recipi in capella domus Templi de Mellans Remensis diocesis, per fratrem Terricum de Boscis quondam magistrum Boscorum Templi, sunt XI anni vel circa, fratrem Godardum de Alto Vivari servientem, dicte diocesis Remensis, qui fuit captus una cum aliis, de cujus vita vel morte nunc non habet certitudinem, presentibus fratribus Johanne de Anesio Laudunensis, et Manesserio de Cormerssi Remensis diocessum, deffunctis.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 — Imprimerie Nationale — Paris — M. DCCC. LI.

En 1287, le précepteur de la baillie de Merlan était frère Thierri, et le Procès nous apprend qu'il aurait alors procède à des réceptions en la chapelle du Temple de Boux c'est même de cette dernière maison qu'il semble avoir tiré son nom « frater Thierricus de Boscis », « Therricus Bosconnarius. »
Procès, tome II, page 34
Vidit eciam recipi fratrem Terricum le Petit Laudunensis diocesis, et fratrem Petrum le Bergier de Viromandia servientes quondam, simul in capella domus Templi de Bois Remensis diocesis, per fratrem Therricum quondam preceptorem tunc baillivie de Merlans, presentibus fratribus Albrico agricultore et quodam alio bergerio dicte domus qui vocabatur Petrus, sunt XXIIII anni vel circa.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 — Imprimerie Nationale — Paris — M. DCCC. LI.

Un peu plus tard, vers 1295, Thierri reçoit au Temple de Seraincourt, maison qui dépendait sans doute de sa baillie.
Procès, tome II, page 372
Anno ejusdem Domini millesimo trecentesimo septimo, indicione sexta, mense novembris, ejusdem mensis die decima, pontificatus sanctissimi patris et domini domini Clementis divina providencia pape quinti anno secundo, in religiosi viri et honesti fratris Guillelmi de Parisius ordinis Predicatorum, inquisitoris heretice pravitatis auctoritate apostolica deputati, in domo milicie Templi Parisius, pro inquirendo contra quasdam personas dicti ordinis eidem delatas super dicto crimine existentis, nostrum notariorum publicorum et infrascriptorum testium presencia personaliter constitutus frater Matheus de Attrebato, etatis quadraginta quatuor annorum vel circa, juratus ad sancta Dei Evangelia ab eo corporaliter tacta in causa fidei de se et aliis dicere veritatem, et requisitus de tempore et modo sue recepcionis, dixit per juramentum suum quod receptus fuit duodecim anni sunt Dominica ante festum beati Johannis Baptiste ultimo preteritum, in domo de Saraincourt, per fratrem Thierricum de Boscis preceptorem baillivie de Melleuno, presentibus fratribus Johanne de Cella et Tierrico de Mares et quibusdam aliis de quorum nominibus non recolit.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 — Imprimerie Nationale — Paris — M. DCCC. LI.

L'importance, assurément relative, de la commanderie de Merlan est encore attestée par divers passages du Journal du trésor du Temple; il est à remarquer toutefois que, dans ce Journal, Thierri de Boux est dit précepteur de Boux: « de preceptore de Broul, fratre Terrico », « de fratre Therrico Bosconnario, 16 livres super preceptorem Mellenti » (juillet 1296). Mémoire sur les opérations financières des Templiers, pages 176, 177, 198, 209 et 210.

Serait-ce donc la maison de Merlan qui aurait été subordonnée à celle de Boux ? A l'appui de cette seconde supposition, on trouvera, dans le Procès, le récit d'une réception faite à Merlan, vers 1300, par Thierry, « magister Boscorum Templi ».
Procès, tome I, page 518.
Nec hoc credebat, quia viderat recipi in capella domus Templi de Mellans Remensis diocesis, per fratrem Terricum de Boscis quondam magistrum Boscorum Templi, sunt XI anni vel circa, fratrem Godardum de Alto Vivari servientem, dicte diocesis Remensis, qui fuit captus una cum aliis, de cujus vita vel morte nunc non habet certitudinem, presentibus fratribus Johanne de Anesio Laudunensis, et Manesserio de Cormerssi Remensis diocessum, deffunctis.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 — Imprimerie Nationale — Paris — M. DCCC. LI.

Le précepteur du Temple de Merlan, un peu avant la chute du Temple, fut frère Gaubert, cité comme étant venu à La Neuville, en 1304.
Procès, tome I, page 407.
Ipse autem receptus fuerat in domo Templi de Nova Villa juxta Cathelanum, per fratrem Johannem Ademari, quondam militem, tunc preceptorem ballive vocate de Paganis, in festo Nativitatis beati Johannis Baptiste proximo preterito fuerunt XVIIII vel XXti anni, in capella dicte domus, inter primam et terciam, presentibus fratribus Andrea de Rocha, presbitero quondam, Hugone de Gabilone milite, quem credit esse vivum, Johanne de Aubon serviente et aliquibus aliis de quorum non recordatur nominibus, in hunc modum; nam receperunt eum ad participacionem bonorum ordinis et panem et aquam et pauperem vestitum ordinis; et fecerunt eum vovere et jurare castitatem, obedienciam, vivere sine proprio, servare secreta capituliorum; et dictus receptor tradidit ei mantellum, et ipsi astantes fuerunt eum osculati in ore; postmodum instruxit eum de multis bonis punctis ordinis et qualiter deberet dicere Pater noster et consimilia; postmodum dixit ei dictus receptor quod ipsi habebant aliquas observancias quas ipse diceret ei et non curaret, quia non erant contra animam suam, et ea poterat facere et dicere ore non corde et aliqua verba consimilia inductiva; et tunc precepit ei quod abnegaret Deum, et dictus testis fuit de hoc admiratus et causabatur; sed finaliter quia dixit quod talis modus servabatur in recepcionibus aliquorum aliorum fratrum, abnegavit ore non corde.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 — Imprimerie Nationale — Paris — M. DCCC. LI.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

Maison du Temple de Merlan
Le Temple de Merlan était situé dans la paroisse d'Aussonce, à deux mille toises au sud de ce village. Guy de Cérisy, et Ofelice, sa femme, par des lettres d'Alberic ou d'Aubry, archevêque de Reims, du mois de décembre 1217, donnèrent aux frères de la chevalerie du Temple la moitié de leur villa nommée Aussonce, « que Aussuntia nominatur » et leur vendirent l'autre moitié avec tout ce qui en dépendait, hommes, cens, justice, terrages, etc., pour le prix de 300 livres. En retour de cette concession, les Templiers abandonnèrent au chevalier de Cérisy la métairie de La Neuville, « medietatem Ville nove », près de leur grange de Merlan, « juxta Grangiam eorwn de Merlen », avec tout le territoire, jusqu'à la grosse borne plantée contre le chemin, mais à la condition que la justice de La Neuville resterait appartenir comme celle d'Aussonce, aux frères du Temple.

Avant de céder sa ville d'Aussonce aux Templiers, Guy de Cérisy avait affranchi les hommes de cette terre, et leur avait donné une charte communale. Par cette charte expédiée sous le sceau de Guillaume, archevêque de Reims, et portant la date de 1187, Guy exemptait de toutes tailles et exactions, les manans d'Osson, à la condition qu'ils lui donneraient chaque année, à différents termes, vingt livres, monnaie de Reims, cent setiers de froment, autant de seigle; et en outre, par chaque quartier de terre arable qu'ils cultiveraient, treize deniers de cens, et par chaque arpent de vigne, deux deniers.

Dans le cas où Ausson viendrait à être ravagé par la guerre ou l'ouragan, les jurés de la commune devaient fixer ce que serait, eu égard aux circonstances, la redevance annuelle des habitants.

La liberté individuelle était garantie par cette clause, que nul ne pouvait être arrêté sans l'assentiment des jurés et échevins.

Différentes peines étaient édictées contre les délits et les crimes: Un homme qui en tuait un autre, était mis lui et ses biens à la merci du seigneur. S'il ne l'avait qu'estropié, il payait 60 sols d'amende, et s'il l'avait blessé avec des armes remoulues, l'amende était de 15 sols.

Une femme qui, en plaidant contre une autre, disait de vilains mots devant les juges, était mise à l'amende de 2 sols.

Chaque fois qu'à l'appel du seigneur, les habitants devaient sortir en armes pour quelque expédition, ils avaient à se pourvoir pour le premier jour, de tout ce qui était nécessaire à leur subsistance. Les jours suivants, c'était le seigneur qui était chargé de ce soin.

Le seigneur, en venant à Osson, devait être logé pendant trois jours aux frais des habitants, qui étaient tenus de fournir le foin à ses chevaux et à ceux des personnes qui l'accompagnaient.

Cette loi continua d'être en vigueur sous les Templiers de Merlan, devenus seigneurs d'Aussonce. Ce n'était pas la seule seigneurie qu'ils possédaient aux environs de leur maison. L'année avant que Guy de Cérisy leur eut cédé la terre d'Aussonce, un autre seigneur, Bauduin de Saint-Pierre, près de Bethinville, leur avait donné toutes les terres avec les droits seigneuriaux qu'il possédait entre la rivière d'Arne et celle d'Amélie, « inter Arnam et Arninam », à l'exception toutefois des terres du quartier de Saint-Clément (Saint-Clément-sur-Arne, Ardennes), ainsi qu'il résulte de la charte de donation dudit Bauduin, du mois de décembre 1216.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Merleac   (22)
Chapelle de Merléac
Département: Côtes-d'Armor, Arrondissement: Saint-Brieuc, Canton: Uzel - 22


Chapelle de Merléac
Localisation: Chapelle de Merléac


Cette chapelle de Saint-Jacques à Merléac, était une possession de l'Ordre du Temple, dès la fin du XIe siècle, les Templiers étaient en possession de cette chapelle ainsi que de l'hospice qui était tout près de cet endroit.

En la paroisse de Merléac, au village de Saint-Léon, la belle chapelle Saint-Jacques passe pour avoir été fondée par les Chevaliers du Temple. Dans les curieuses peintures du moyen-âge qu'on y voit encore, on prétend découvrir des Templiers ; « ce qui ne saurait surprendre, dit M. Jollivet, attendu qu'il existe, tout près de la chapelle, des ruines ayant appartenu à un établissement de moines de cet Ordre célèbre, et que l'on nomme encore le Temple des Moines Rouges (Jollivet, Les Côtes-du-Nord, tome IV, page 431). »
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) - Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne - Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902

 

Merlevenez   (56)
Domaine du temple de Merlevenez
Département: Morbihan, Arrondissement: Lorient, Canton: Port-Louis - 56


Domaine du temple de Merlevenez
Localisation: Domaine du temple de Merlevenez


Merlevénez est une antique paroisse appelée d'abord Trévalsur et ayant son église au village actuel de Trévelzun; quant à Merlevénez ou Brélevénez, comme on disait alors, c'était un Temple. « On sait, en effet, raconte encore l'abbé Le Mené, que les Templiers eurent en ce lieu, dès la fin du XIIe siècle, un établissement considérable, qui leur fut donné par le seigneur de Kermadio, en Pluvigner, avec le concours du duc de Bretagne. L'église, bâtie par les Chevaliers ou par leurs bienfaiteurs, subsiste encore en partie, et porte les caractères de l'architecture de la fin du XIIe siècle. Au pignon du choeur on trouve encore des substructions qui sont très apparentes dans le chemin, et le champ voisin porte le nom très significatif de « Parq er Hloestr », Champ du Cloître. A la suppression des Templiers, en 1312, le temporel de ce monastère fut offert à l'évêque de Vannes, qui érigea la chapelle de Brélevénez en église paroissiale et y transféra le siège de la paroisse (1). » Il est à noter que, quoique Notre-Dame de la Joie soit titulaire de l'église de Merlevénez, le patronage du territoire paroissial demeure encore à saint Jean-Baptiste.
1. Histoire des paroisses du diocèse de Vannes, tome I, page 537.
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) - Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne - Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902

Merlevenez informations de la Mairie
« L'église paroissiale du dit Merlevené située au bourg contenant de long cinq cordes et demie et un pied, de franc quarante et trois pieds sans comprendre ses deux ailes qui font la croisée d'icelle de ses deux cotés. Sous fond tant de la dite église et cimetière cernés de murailles, il y a quarante et cinq cordes et trois quarts, y compris la sacristie étant au bout du levant de la dite église »

Déclaration du 13 mars 1680, document Archives départementales de Loire-Atlantique
L'église de Merlevenez n'est devenue paroissiale qu'à la fin du Moyen-Age; la tradition attribue le siège primitif de la paroisse au village de Trevelzun. Si les origines de sa construction restent inconnues, l'hypothèse souvent émise d'une fondation templière est eclue. En effet, les parties les plus anciennes de l'édifice sont antérieurs à l'époque de l'installation des Templiers dans la région, vers 1130.


Eglise de Merlevenez - Bnf
Sources image BNF


De style roman, l'église date pour l'essentiel du XIIe siècle: majeure partie de la nef et ses bas-cotés, les deux croisillons et la croisée formant le transept, et le coeur à chevet plat. La tour-lanterne romane supportée par les piles de la croisée a été reconstruite après son écroulement en 1533. Les grandes baies de style flamboyant des croisillons sont un apport du XVe siècle.

Bombardée en 1944, l'église perdit ses toitures et tout son mobilier; le décor sculpté fut préservé. L'église a été entièrement restaurée, avec grands soins, à l'identique. Les vitraux sont l'oeuvre du maître verrier Gruber.

L'église de Merlevenez conserve l'un des plus beaux ensembles de sculptures de l'époque romane en Bretagne. Outre les martyres de saint Laurent et de saint Simon, les chapiteaux sont ornés de personnages à têtes grimacantes, d'acrobates, de lutteurs, d'animaux fantastiques et de végéteaux.Symboliquement, toute ces scènes enseignent les fidèles sur le bien et le mal.

En Bretagne le décor est le plus souvent géométrique et végétal. Ici, à Merlevenez, le style des sculptures est proche de celles du POitou et de Saintonge. L'église de Merlevenez en est d'autant plus originale.
Sources: Mairie de Merlevenez

 

Merry   (89)
Domaine du Temple de Merry
Département: Yonne, Arrondissement: Auxerre, Canton: Ligny-le-Châtel, Commune: Montigny-la-Resle - 89


Domaine du Temple de Merry
Localisation: Domaine du Temple de Merry


La maison de Merry a été une des dernières fondations des Templiers.

Elle formait un petit domaine qui leur avait été donné quelques années avant la suppression de leur Ordre. Nous avons encore des lettres du garde de la prévôté d'Auxerre, de l'année 1301, qui font connaître qu'un seigneur, nommé Jean de Merry de lez Montigny, dit Chaînplateux.

« considérant les grands titres, honneurs et cortoisies que religieux hommes li commandier et li frères de la chevalerie don Temple en France, li ont fait au temps trespassé, leur a fait don d'une maison provenant de l'héritage de son père, sise à Meru, à la voie du Four ; d'une ouche et d'une vigne au lieu dit Suynel, et de diverses pièces de terre sur Méry, situées en différents endroits, au Val du Tremblay, à Champlateux, au Val Galopin, au Charbonniaul, aux Cortegnes, au Champ de Blegny, aux Grés, à la Morainne, etc., » avec toute la justice et seigneurie.

Il ne restait plus au siècle dernier, du domaine du Temple de Méry, que la chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, avec une petite métairie et huit arpents de terre, sans aucun droit seigneurial.

Les commissaires préposés en 1777 à la visite prieurale des biens de la commanderie, ordonnérent la suppression de la chapelle et de la métairie qui exigeaient trop de frais d'entretien et de réparations.

Dans la même visite, les commissaires se rendirent à MôlayBien du Temple à Môlay
Domaine du Temple à Môlay
, (commune de Saint-Vertu, Yonne 89) à six lieues d'Auxerre, où la commanderie avait une chapelle dédiée à saint Blaise, chargée de deux messes par semaine, et plusieurs pièces de vigne et de bois, dont le revenu n'était alors que de 426 livres.

C'étaient là les restes d'un ancien établissement du Temple, ruiné depuis des siècles ; et vu le peu de produit qu'on en retirait, les visiteurs décidèrent de supprimer la chapelle, dont le service était une trop lourde charge pour le Commandeur.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Fief du Temple de Merry
Ce fief fut donné, en 1301, aux Templiers, par Jean de Mesri, avec maison, terres et prés, en récompense des grands biens et courtoisies qu'il en avait reçu.

En 1683, les Hospitaliers y firent réédifier la chapelle de saint Jean-Baptiste.
Sources: César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.

Maison du Temple de Mery


Maison du Temple de Merry
Localisation: Maison du Temple de Merry


La maison de Méry a été une des dernières fondations des Templiers. Elle formait un petit domaine qui leur avait été donné quelques années avant la suppression de leur Ordre. Nous avons encore des lettres du garde de la prévôté d'Auxerre, de l'année 1301, qui font connaître qu'un seigneur, nommé Jean de Merry de lez Montigny, dit Chaînplateux.

On trouve, dans le Procès, une allusion à une maison du Temple que nous croyons être celle de Merry: « domus de Salice et de Marrin. » On peut voir dans ce dernier nom la localité de Merry, près de laquelle il y eut, d'après Ed. Mannier (Les commanderies du grand prieuré de France), une maison du Temple d'origine assez récente ; la maison de Merry située au nord-est d'Auxerre était voisine de celle de Fontenay.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les comminssions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.

Procès des Templiers, tome I, page 337
Item, ad XCVII respondit quod in domibus de Salice et de Marrin, in quibus fuerat commoratus, vidit fieri convenienter ellemosinas, et hospitalitatem servari, et credit quod idem fieret in aliis domibus ordinis.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 — Imprimerie Nationale — Paris — M. DCCC. LI.

 

Mesnil-Saint-Denis (Le)   (60)
Maison du Temple Le Mesnil-Saint-Denis
Département: Oise, Arrondissement: Senlis, Canton: Neuilly-en-Thelle, Commune: Mesnil-en-Thelle - 60


Maison du Temple Le Mesnil-Saint-Denis
Localisation: Maison du Temple Le Mesnil-Saint-Denis


La maison du Temple du Mesnil-Saint-Denis (de nos jours Mesnil-en-Thelle), située à un quart de lieue au nord de celle de Vernes, n'est connue que par la charte de Philippe IV, roi de France, de l'année 1294. Cependant nous avons trouvé qu'une partie des terres qui dépendaient de cette maison, avait été donnée en 1266, par Jean de Frocourt aux frères du Temple, du consentement de Pierre et de Gervais de Fresnoy-en-Thelle, chevaliers, dans le fief desquels ces terres se trouvaient situées.

Elles comprenaient 33 arpents en plusieurs pièces, aux lieux dits: à Codrel, à la Pointe-Lambert, aux Néfliers, à la Fosse-Laurent-Caille, au Marais, à la Haie du seigneur Renaut, entre les deux Ormeaux, etc.

Cette donation comprenait en outre quelques cens et rentes seigneuriales au Mesnil, et un droit de champart sur quarante journaux de terre à Baudoval.

La maison du Mesnil-Saint-Denis n'existait plus au XIVe siècle, car le Livre-Vert n'en fait pas mention. Les terres et les droits seigneuriaux avaient été réunis à la maison de Bernes.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Mesnil-Saint-Loup (Le)   (10)
Maison du Temple de Mesnil-Saint-Loup
Département: Aube, Arrondissement: Nogent-sur-Seine, Canton: Marcilly-le-Haye - 10


Maison du Temple de Mesnil-Saint-Loup
Localisation: Maison du Temple de Mesnil-Saint-Loup


Ancienne maison de l'Ordre du Temple. Déjà au XIIIe siècle, les Templiers possédaient des biens à Mesnil-Saint-Loup; ce qui est constaté par des lettres de Hatton, évêque de Troyes, de l'année 1143, portant qu'un nommé Drogon le Louche, « Strabo », leur a donné tout ce qu'il possédait dans un lieu nommé Mesnil-Saint-Loup, « in loco qui dicitur Vesnilinum Sancti Lupi. » Ils avaient là une maison au commencement du XIIIe siècle, alors que, par des lettres de Pierre, archevêque de Sens, du mois de mars 1207, Raoul Bressans, chevalier, et Marguerite, sa femme, donnèrent aux frères de la chevalerie du Temple, demeurant à Mesnil-Saint-Loup, « fratribus militie Templi apud Maisnilium commorantibus », tout ce qui leur appartenait dans le moulin du Vicomte à Fruvin, en leur vendant en outre, au prix de 360 livres de Provins, ce qu'ils avaient à Mesnil, dans la rue « Futeaoite. »


Chapelle templière de Mesnil-Sain-Loup   Chapelle templière de Mesnil-Sain-Loup
Sources image: Jack Bocar


Le Commandeur était seigneur et haut-justicier de Mesnil-Saint-Loup. Il avait la collation de la cure, et jouissait de toutes les dîmes de la paroisse.
Il ne parait pas que la maison, qui fut détruite au commencement du XVe siècle, ait été plus tard rétablie. Les terres qui en dépendaient étaient de 200 arpents, avec la dîme de Mesnil, celle de Somme-Fontaine, des droits de minage à Villemaur, « apud Villammauri », à Marcilly, « Marcilliacum », avec les moulins d'Oiselot.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Chapelle de Mesnil-Saint-Loup
Il reste au Mesnil-Saint-Loup, la petite chapelle qui appartenait aux Templiers et ensuite aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.


Chapelle templière de Mesnil-Sain-Loup   Chapelle templière de Mesnil-Sain-Loup
Sources image: Jack Bocar


Si l'on se rend sur les lieux, on constatera la présence d'un monastère qui daterait du XIXe siècle. Il est tout proche de cette petite chapelle.

Maison du Temple de Mesnil-Saint-Loup
Déjà au XIIIe siècle, les Templiers possédaient des biens à Mesnil-Saint-Loup; ce qui est constaté par des lettres de Hatton, évêque de Troyes, de l'année 1143, portant qu'un nommé Drogon le Louche, « Strabo », leur a donné tout ce qu'il possédait dans un lieu nommé Mesnil-Saint-Loup, « in loco qui dicitur Vesnilinum Sancti Lupi »


Chapelle templière de Mesnil-Sain-Loup   Chapelle templière de Mesnil-Sain-Loup
Sources image: Jack Bocar


Ils avaient là une maison au commencement du XIIIe siècle, alors que, par des lettres de Pierre, archevêque de Sens, du mois de mars 1207, Raoul Bressans, chevalier, et Marguerite, sa femme, donnérent aux frères de la chevalerie du Temple, demeurant à Mesnil-Saint-Loup, « fratribus militie Templi apud Maisnilium commorantibus », tout ce qui leur appartenait dans le moulin du Vicomte à Fruvin, en leur vendant en outre, au prix de 360 livres de Provins, ce qu'ils avaient à Mesnil, dans la rue « Futeaoite »


Chapelle templière de Mesnil-Sain-Loup   Chapelle templière de Mesnil-Sain-Loup
Sources image: Jack Bocar


Autre maison du Temple « domus Templi de Maynilio Sancti Lupi », peu éloignée de Coulours, et dans la chapelle de laquelle eut lieu, vers 1290, une réception faite par le précepteur de la baillie de Coulours, en présence du frère Michel, prêtre-curé du Temple de Turny « Procès, t. I, pages 306, 307 »

A la même époque, l'évêque de Troyes, Jean de Nanteuil, serait venu à passer par cette maison, qui était située dans son diocèse, Jean de Nanteuil mourut en 1298, d'après Gams « Sèries episcoporum »
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

 

Mesnil-sous-Verclives (Le)   (27)
Fief du Mesnil-Verclives
Département: Eure, Arrondissement: Les Andelys, Canton: Fleury-sur-Andelle - 27


Fief du Mesnil-Verclives
Localisation: Fief du Mesnil-Verclives


Ce fief noble du Mesnil-sous-Verclives fut acquis par les Templiers au commencement du XIIIe siècle, d'un seigneur du lieu, le chevalier Amaury de Verclives, « de Varcliva. » Par ses lettres du mois d'août 1222, Amaury déclara avoir vendu aux frères de la chevalerie du Temple de Salomon, soixante acres de terre que lui avait cédés Eustache de Cleri, et qu'il tenait de Jean de Borrez, au Mesnil-sous-Verclives, « apud Mesnillum subtus Warcliviam », en jardins, terres, hôtes, et en toutes autres choses dépendant de son lier.

Il y avait aussi une maison près du cimetière, qui fut détruite pendant les guerres du XVe siècle, comme il est dit dans la visite prieurale de 1495:
« Au Maisnil soubs Vacquélivre, soulloit avoir une cense, où de présent n'a rien d'habitation, mais est toute par terre depuis les guerres des Anglois. Touttefoiz encore, y sont environ L acres de terres labourables, qui donnent de prouffit par an, L mynes de froment et IIII d'avoinne »
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Mesnil-sous-Vienne   (27)
Domaines du Temple de Mesnil-sous-Vienne
Département: Eure, Arrondissement: Andelys, Canton: Gisors - 27


Domaines du Temple de Mesnil-sous-Vienne
Localisation: Domaines du Temple de Mesnil-sous-Vienne


Nous commençons par nous étonner, avec Toussaint Duplessis, du surnom de sous-Vienne: « suldus Vianam, » dans un pays où il n'y a point de lieu qui s'appelle aujourd'hui Vienne.
Cependant on voit figurer au XIIIe siècle, dans des actes relatifs au Vexin, une famille de Vienne, et c'est peut-être l'origine de ce surnom.

1239. « Johannes de Viana », avec le consentement de sa femme Axendis, donna aux Templiers de Bourgoult une pièce de terre à CahaignesBien du Temple à Cahaignes
Domaine du Temple à Cahaignes
: « Unam perchiam suldus monasterium de Kaheignes, inter terram Petri de Blaru et terram Matildis de Wauvilla...; perchiam inter terram Johannis de Castello et terram Petri de Niesio apud Malletum...; pechiam terre apud Keminuin de Kitre...; pechiam inter terram Johannis de Castello et terram (......) de monasterio de Fonlegecio » (1210, décembre).
Parmi les témoins, Raoul et Laurent « de Saignencourt. »

1250. En décembre, Axende, veuve de Jean Viane, donne aux Templiers « ... unum masagium... » qu'elle tenait d'eux, situé « inter masagium Petri de Blaru et masagium Laurenti de Sainencourt ; unam perchiam terre inter terram Radulfi de Sainecourt..., ad Keminum de GisancourtBien du Temple à Gisancourt
Domaine du Temple à Gisancourt
, qui ducit ad Vernonem ; unam percham terre inter terram Emmelot, neptis Johannis de Viane defuncti, et terram Ricardi de Aubigni. »

On lit dans le pouillé d'Eudes Rigaud: « Ecclesia de Mesnillo subtes Vianam, XVI libras turonensium; parrochianos, IXX. Prior Sancti Laurentii la Leonibus presentavit... »
Ce passage prouve clairement que le droit de présenter à la cure du Mesnil-sous-Vienne ne fut pas donné comme on l'a prétendu, au prieuré de Saint-Laurent de Lions par Enguerrand de Marigni au XIVe siècle, ce prieuré avait 800 livres de fermage en la paroisse du Mesnil-sous-Vienne.
Sources: Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l'histoire du département de l'Eure. Tome 2, Partie 1, recueillis et publiés par MM. Léopold Delisle et Louis Passy. Evreux 1869

 

Messelan-Frouville   (95)
Maison du Temple de Messelan
Département: Val-d'Oise, Arrondissement: Pontoise, Canton: La Vallée-du-Sausseron, Commune: Frouville - 95


Maison du Temple de Messelan
Localisation: Maison du Temple de Messelan


La maison de Messelan a été sous les Templiers le chef-lieu d'une commanderie. Elle était située sur le chemin de Frouville à Amblainville. Plus tard, les Hospitaliers en firent un membre de la commanderie de Sommereux jusqu'au XVIIe siècle, où on l'en détacha pour la réunir à la commanderie d'Ivry.

On ne sait rien sur la fondation de cette maison qui existait en 1245, car on trouve encore une charte de cette année-là, de l'official de Beauvais, portant vente au profit des frères du Temple, par Gérard Scoup de Messelan, de la paroisse de « Frovile », de deux pièces de terre, dont une située au-dessous du clos de la maison des dits frères à Messelan, « infra clausuram domus dictorum, fratrum apud Messerant. »

De 1246 à 1257, nous voyons les Templiers continuer leurs acquisitions de terres à Messelan, aux lieux dits: à la Vallée de « Messerant », à la Vallée « Maluestevin », au Champ-Fereus, à le Pré, à la Carrière, sur le Mont, en la Bruière, etc.

D'après le Livre-Vert, le domaine de Messelan comprenait, en 1373, 60 arpents de terre arable, 43 arpents de pré et 5 arpents de vigne avec un moulin à eau et quelques cens et rentes seigneuriales. Le tout était alors: « baillé à ferme à un homme séculier, parmy la somme de LIII florins d'or au franc, et un millier de tuille qu'il devoit rendre par chascun an à ladite maison de Messelant, en devant recevoir les frères et les conduire à ses couts, et autres passans selon la puissance de la maison. »

En 1472, le Commandeur renouvelait bail à un nommé Noël Perrin et à sa femme, de la maison de Messelan, pour 29 ans, au fermage de six livres: « attendu que ledit Perrin et sa femme se sont bien comportés dans la maison et cense de Messelen, qu'ils ont tout faict pour la relever de ses ruines, qu'ils ont refaict ung petit oratoire qui estoit là où ils servent Dieu par très-grande dévotion et comme leur intention est de refaire ung petit molin qui y souloit estre; confiant en leur loyauté et preudomye », le Commandeur leur loue la maison et les terres, sous la réserve des droits de justice et de seigneurie, d'une chambre dans la maison, pour y loger lorsqu'il viendrait à Messelan, et d'une écurie pour son cheval.

Messelan, Messelan-Frouville
Comme on le verra dans l'histoire des maisons du Temple, telle que nous avons pu la reconstituer, il était assez dans les habitudes de leurs précepteurs de voisiner de maison à maison ; c'est ainsi que le frère Richard, précepteur de Messelan « domus de Messelant » assistait, vers 1290, à une réception faite en la maison du Temple de Beauvais.

Messelan était avant tout une maison de rapport, avec chapelle, bâtiments agricoles, grange, et de très grands territoires, ce qui explique que le précepteur de Puiseux, dans le récit de sa réception, ait pu dire qu'il avait été reçu vers l'an 1304 « in grangia de Messelent »; mais il ne faudrait pas cependant prendre à la lettre ce mot de grange, étant donné que le recevant fut le visiteur de France en personne et qu'il y avait d'autres frères, tels que Jean, précepteur du Temple d'Ivry-en-Vexin et un certain frère Pierre qui demeurait à Bernes « apud Barne », parce qu'il devait s'y trouver une maison de l'Ordre du Temple, qui n'a pas laissée de traces et surtout, ne devait pas être pourvue d'une chapelle.

Procès des Templiers tome II, page 336
Item anno, indicione, pontificatu, anno et die predictis, frater Johannes de Amblanvilla preceptor de Puteolis, quinquagenarius vel circa, eodem modo constitutus, juratus et interrogatus, dixit per juramentum suum quod bene sunt tres anni vel circa elapsi quod fuit receptus in grangia de Messelent, per fratrem Hugonem de Paraudo visitatorem Francie, presentibus fratre Johanne preceptore de Yvriaco in Weuquesino, et fratre Petro morante apud Barne.

Procès des Templiers, tome I, page 450
Lectis autem et diligenter sibi expositis omnibus et singulis articulis, respondit ad eos, et primo ad primos XIII, se nescire si vera sint contenta in dictis articulis, credit tamen quod aliqui reciperentur sicut ipse fuit receptus, circiter xx anni fuerunt in festo Magdaleneae proximo preterito, per fratrem Galterum de Ote, militem quondam, tunc preceptorem de Somerens Ambianensis diocesis, in capella domus Templi Belvacensis, presentibus fratribus Roberto de sancto Pantaleone, presbitero quondam, tunc curato dicte domus Belvacensis, Petro Gande, tunc preceptoré deu Boys Destruz Belvacensis diocesis, Roberto Anglico, quondam residente in dicta domo, Ricardo preceptore domus de Messelant.

Le dernier « custos domus de Messelant » fut un frère Nicolas, de Puiseux-lès-Louvres (Puiseux-en-France - 95); il avait été reçu dans la maison d'Ivry que nous venons de citer.

Procès des Templiers, tome II, page 391
Item frater Johannes de Mortuis Fontanis presbyter dicti ordinis, etatis XXXVI annorum vel circa, eodem modo constitutus, juratus et interrogatus, dixit per juramentum suum quod receptus fuit apud Puisieus per fratrem Hugonem de Paraudo, circa festum beati Martini hyemensis nuper preteritum fuerunt septem anni, presentibus fratre Thierrico de Lannoy et quibusdam aliis fratribus de quorum nominibus non recolit.

Procès des Templiers, tome II, page 403
Item anno, indicione, pontificatu et die XIX novembris predictis, in dicti fratris Laurencii de Nannetis commissarii domini inquisitoris prefati, nostrum notariorum publicorum et testium infrascriptorum, personaliter constitutus frater Nicolaus de Mesnillio subtus Montem Desiderii, etatis quinquaginta quatuor vel circa, juratus et requisitus eodem modo, dixit per juramentum suum quod XXII anni vel circa erunt in festo Penthecostes proximo futuro, quod ipse fuit receptus in domo de Puisiaus vel Puisieus subtus Laudunum, per fratrem Petrum Normannie militem, preceptorem ballivie Laudunensis, presentibus fratre Guillelmo de Braye preceptorem de Moisiaco, et quibusdam aliis de quorum nominibus non recolit; et dixit quod dictus recipiens fecit sibi jurare quod ipse servaret statuta ordinis et secreta, et postea fuit sibi mantellum ad collum positum, et osculatus fuit recipientem et alios fratres in ore, et tunc dictus recipiens precepit fratri Guillelmo de Braye quod alia que oportet fieri in ordine sibi faceret fieri, et tunc idem frater Guillermus aportavit sibi quamdam crucem in qua erat ymago Jhesu Christi, et petivit recipiens cujus ymaginem credebat esse ibi, et ipse respondit quod ymaginem Jhesu Christi; et tunc precepit sibi quod negaret illum cujus figura erat ibi, et spueret ter supra crucem, quia hoc erat modus ordinis, et tunc ipse fecit, ore et non corde.

Enfin, on retrouve cette maison du Temple dans un compte de l'an 1295, compte que nous citerons fréquemment: « de domo de Messelonc... super preceptorem Parisiensem » (Mémoire sur les opérations financières des Templiers par M. Léopold Delisle, page 189).
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

 

Messon (Domaine d'Errey)   (10)
Domaine du Temple de Messon au domaine d'Errey
Département: Aube, Arrondissement: Troyes, Canton: Estissac, commune: Messon - 10


Domaine du  Temple de Messon au domaine d'Errey
Localisation: Domaine du Temple de Messon au domaine d'Errey


L'origine des biens de l'Ordre du Temple dans cette localité parait avoir été la vente que fit aux Templiers, Herbert d'Errey, des biens qu'il y possédait (D'après je Cartulaire du Temple, il faudrait, semble-t-il, reporter cette origine à l'an 1220, date d'une vente consentie aux Templiers par les héritiers de Guyot Jollain. Dans la charte de l'évêque de Troyes, Hervé, relatant cette vente il est question de Chamoy, de Sommeval, de Bercenay et de Maroy, mais il n'est pas fait mention d'Errey ni de Messon. Nous croyons donc devoir laisser de côté cette charte, estimant que le copiste l'a classée par erreur en tête des documents relatifs à Errey et à Messon.)

Quelle fut la date précise de ce contrat ?
Quelle était l'étendue du domaine ainsi aliéné ?
A quelles conditions fut-il cédé ?
Nous l'ignorons.

Tout ce que nous pouvons dire, c'est que la femme d'Herbert, Ermanjarde, approuva et ratifia, le samedi après la Toussaint de l'an 1232, la vente faite par son mari. Comparaissant à cette date par devant Pierre de Clesles, official de Troyes, les deux époux promirent avec serment de ne jamais revenir sur leur parole et dans le cas où, ce qu'à Dieu ne plaise, ils seraient infidèles à leur engagement, ils autorisèrent l'official à les frapper d'excommunication.

L'année suivante les Templiers prirent, à titre d'amodiation perpétuelle, des Bénédictins de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, tout ce que ces derniers possédaient sur les finages d'Errey et de Messon, en terres, cens, terrages, coutumes, prés et autres droits, réserve faite des hommes. L'amodiation eut lieu moyennant une redevance annuelle de 15 setiers de grain(Quatre setiers et demi de seigle et 10 setiers 1/2 d'avoine), mesure de Troyes, et une rente de 30 sous, monnaie forte de Provins, le tout payable à Errey, la veille de la Toussaint. Le maître du Temple en France, O. de la Roche (de Rupe), notifia ce contrat par lettres scellées de son sceau et datées du mois de janvier 1234 (D'après un vidimus sous le sceau de la Cour de l'église de Troyes, en date du dimanche de la Pentecôte de l'an 1314).

Chose presque miraculeuse, pendant soixante ans et plus la paix régna, complète, absolue, entre les deux familles religieuses, et ce fut seulement au commencement du XIVe siècle que la discorde éclata. Depuis plusieurs années, nous ignorons pour quelle raison, les Templiers ne payaient plus la redevance convenue en grain et en argent et les Bénédictins en réclamaient instamment les arrérages.

Un procès était imminent. Pour en éviter les ennuis et surtout les frais, frère André Passeloire, au nom des religieux de Saint-Benoît-sur-Loire, et frère Jean de Cerres (Aube, commune de Montceaux, arr. de Troyes, cant. de Bouilly), « alias » Caire, au nom des chevaliers du Temple, convinrent en vertu d'un compromis passé en 1303 sous le sceau de la prévôté de Paris, de s'en rapporter à la décision de deux arbitres:
Pierre de Vauchassis (Aube, arr. de Troyes, cant. d'Estissac);
Et de Pierre de Courcelles (Pierre de Courcelles fut un des deux députés envoyés par la communauté d'Ervy aux Etats généraux de Tours en 1308), bourgeois d'Ervy.

Après avoir entendu la défense de Jean de Cerres, défense sur laquelle ils ne nous ont pas laissé le moindre renseignement, les arbitres, du consentement des parties, réglèrent le différend sur les bases suivantes: l'abbaye de Saint-Benoît demeurerait, ou plutôt rentrerait en possession de tous ses droits en terres, bois, près, coutumes, terrages, hommes, femmes et vignes, et les Templiers seraient quittes envers elle de toute redevance, aussi bien pour le passé que pour l'avenir.

Les hommes de l'abbaye cités dans l'acte étaient Perrinauz Trumauz, Jeannette femme de Gilot Vyé, Guioz, Pignarz et Perrinauz ses fils, Jean de Sagnères, Marie la Greselle, de Messon, Guioz de Villarcel, (Aujourd'hui Villecerf, hameau commune de Messon) et ses enfants.

Les biens à restituer consistaient en 125 arpents ou environ, répartis en 35 pièces qu'on trouvera énumérées aux Pièces justificatives, en: un bois appelé le Bois de la Haye Saint-Benoît,
En quatre osches;
Un verger;
Et quelques autres parcelles dont la superficie n'est pas indiquées.

Une pièce de 4 arpents nommée Le Clos et un quartier de pré, sis à Villarcel, étant contigus et « nécessaires » à la maison du Temple d'Errey, les religieux de Saint-Benoît les abandonneraient aux Templiers et recevraient, en compensation, 5 arpents de terre en deux pièces lieu dit les Boichetz.

Afin de rendre ce compromis ferme et stable, les parties prirent l'engagement d'en faire rédiger des lettres « en la meilleure forme et en la meilleure manière qu'elles pourraient être faites », et de se les délivrer réciproquement. Celles qui seraient remises aux Templiers devraient être scellées des sceaux de l'abbé et du couvent de Saint-Benoît-sur-Loire, et celles destinées aux Bénédictins devraient également porter le sceau du Grand Visiteur de la Chevalerie du Temple au royaume de France.

Ecrite sous la signature des arbitres, cette convention porte la date du samedi après la saint Martin d'hiver de l'an 1303 (D'après un vidimus sous le sceau de la Cour de l'église de Troyes, en date du dimanche de la Pentecôte de l'an 1314).

La sentence des arbitres demeura sans effet, car, lors de leur arrestation, en 1307, les Templiers jouissaient encore des biens qui leur avaient été amodiés en 1233, de sorte que ces biens furent mis sous séquestre comme tous leurs autres domaines et que la gestion en fut confiée à des administrateurs nommés par le pape et par le roi. Ces administrateurs, comme nous avons déjà eu occasion de le dire (Voir l'étude: Les Hospitaliers Seigneurs de Sancey, aujourd'hui Saint-Julien), étaient pour la France:
Guillaume de Gisors, archidiacre d'Auge en l'église de Lisieux;
Et Rénier Bourdon, « valet du roy », c'est-à-dire officier de la Couronne. Siégeant à Paris;
Ces administrateurs généraux avaient comme délégué dans la baillie de Champagne, Jean Guérin de la Villeneuve-le-Roy (Yonne, arr. de Joigny, chef-lieu de cant), et comme subdélégué à Troyes, Guillaume du Temple. Ce dernier refusant de payer les 30 sous de Provins et les 15 setiers de grain, prix de l'amodiation, les religieux de Saint-Benoît-sur-Loire chargèrent leur procureur, Pierre de Lannoy, d'intervenir et de faire valoir leurs droits près des administrateurs généraux:
Dans une requête adressée à cet effet à Guillaume de Gisors et à Rénier Bourdon, Pierre de Lannoy demanda que la « pension » fût payée, ou que la sentence rendue en 1303 par Pierre de Vauchassis et Pierre de Courcelles fût mise à exécution, c'est-à-dire que les droits et les biens amodiés fussent rendus à l'abbaye.

Après examen des titres produits à l'appui de la requête, et renseignements pris près des Templiers Raoul de Gizy et Jean de Cerres, qui, au temps du compromis, étaient, le premier receveur de Champagne et de Brie, et le second procureur de l'ordre du Temple, les administrateurs généraux, par lettres datées de Paris le 23 janvier 1311, mandèrent à Jean Guérin de la Villeneuve-le-Roy de mettre à exécution, sans délai, la sentence prononcée parles arbitres. Le jour même, par lettres également datées de Paris, Jean Guérin transmit cet ordre à Guillaume du Temple, avec la réserve que si, parmi les biens à rendre, certains avaient été antérieurement donnés à ferme et se trouvaient déjà ensemencés, les fermiers en percevraient les fruits lorsque le moment de la récolte serait venu (D'après un vidimus sous le sceau de la Cour de l'Eglise de Troyes, en date du dimanche de la Pentecôte de l'an 1314).

D'après la requête de Pierre de Lannoy, Guillaume du Temple avait à choisir entre le paiement de la redevance en, grains et en argent, ou la restitution des biens. En prenant ce dernier parti, il eût peut-être outrepassé les droits restreints que lui donnait son titre d'administrateur provisoire, aussi il aima mieux payer les arrérages réclamés. Les biens ne furent donc pas rendus et, en 1313, ils passèrent aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, comme les autres possessions des Templiers.
Sources: Templiers et Hospitaliers dans le diocèse de Troyes. La Commanderie de Payns et ses dépendances: par l'Abbé A. Pétel; 1872

Domaine du Temple d'Errey
Errey, hameau sur la commune de Messon.
— Erre, Erry, 1314 (Cartulaire du Temple).
— Errey, 1641 (fonds de la commanderie de Troyes)
— Airée, XVIIIe siècle, carte de Cassini
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Aube. Par MM. Théophile Boutiot et Emile Sogard. Paris M DCCC LXXIV

Domaine du Temple d'Errey
Il y avait en ce lieu un domaine qui avait appartenu à l'Ordre du Temple, et qu'un seigneur d'Errey, nommé Jean le Tartier, tenait à vie du commandeur de Troyes au commencement du XVIe siècle. On trouve une déclaration de ce domaine, fournie par ce seigneur en 1528. La maison n'existait plus alors, car on lit dans cet acte: « Un arpent et demi de verger devant la maison dudit Jehan le Tartier, où soulloit estre la maison de la commanderie, appellée Temple, sis à Erey, tenant de trois sens à deux chemins u communs. »

Les terres, divisées en plusieurs pièces, étaient situées aux lieux dits « devers Prugny, à La Croix, au-dessoubs des vieilles vignes, à la Voie de la Garenne, au Champ de la Brebis, au Chauffour, à la Haie Saint-Benoit, à Vauthiery, à la Pierrière, à la Corroyure, au Chemin de Villarcer, en Vau-Regnard, à Torvillers, au Chemin de Cheingy. »

La totalité des terres étaient au nombre de 130 arpents.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Metz   (57)
Maison du Temple de Metz
Département: Moselle, Arrondissement et Canton: Metz-Ville - 57


chapelle templière de Metz
Chapelle templière de Metz - Sources image: Jack Bocar


Comme on l'admet généralement aujourd'hui, les Templiers s'implantent à Metz en 1133, soit quatorze ans après la fondation de l'Ordre à Jérusalem. A cette époque, l'abbaye bénédictine de Sainte-Glossinde est située au Sud-Ouest de la ville, à proximité et en deçà de son mur d'enceinte. Les terres qui s'étendent alors au-delà de la porte Saint-Thiébaut relèvent du monastère et l'une d'elles est mise, par l'abbesse Agnès à la disposition de quelques chevaliers qui font à Metz les mêmes voeux que ceux des frères du Temple en Terre sainte.
Agnès leur confie un oratoire qu'ils dédient à saint Maurice. Tout près de là, ils bâtissent une maison et entreprennent la mise en culture des terres concédées.
Selon Philippe de Vigneulles, ce domaine sera repris vers 1259 par les Augustins et était occupé avant eux par des espèces de religieux nommés Cesses qu'on dit avoir été des Templiers ou Hospitaliers de Jérusalem.


chapelle templière de Metz
Chapelle templière de Metz - Sources image: Jack Bocar


Il s'agit bien de Templiers, mais on ignore tout des conditions dans lesquelles ils sont venus s'installer à Metz. Or, quelques observations sont susceptibles de conduire à des hypothèses crédibles.
A l'issue du concile de Troyes en 1128, des chevaliers rentrés de Terre-Sainte, sont retournés sur leurs terres respectives pour y recruter, et peut-être bien aussi en Lorraine. On sait de plus qu'en 1132 une assemblée épiscopale réunit parmi de nombreux prélats, l'archevêque de Reims, l'évêque de Troyes, l'évêque de Chalons et aboutit à un engagement collectif de soutenir et de favoriser l'implantation des Templiers dans les diocèses. On ne fait pas mention des évêques lorrains qui y participent peut-être aussi. Cependant, saint Bernard y assiste, puis vient à Metz en 1133 où il fonde une maison de cisterciennes, le Petit-Clairvaux. Il y rencontre l'évêque de Metz, Etienne de Bar qui ne peut pas rester étranger à l'installation des Templiers, lui qui se croisera bientôt et prendra part à la deuxième croisade.
Il n'est donc pas exclu qu'un chevalier messin, rentré de Terre sainte suscite l'adhésion au Temple de quelques-uns de ses proches ou encore que l'évêque de Metz soit à l'origine de cette fondation en écho aux recommandations de l'assemblée épiscopale de 1132.
Quoiqu'il en soit, seule de nos jours, la rue des Augustins près de la gare centrale, évoque leur couvent et, partant, l'emplacement du premier temple de Metz.


chapelle templière de Metz
Chapelle templière de Metz - Sources image: Jack Bocar


On peut observer, qu'à la même époque, intervient à Nancy, la première implantation en Lorraine des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, appelée Saint Jean-du-Vieil-Aître, à proximité de l'actuelle place de la Commanderie.
On ne sait pas en quelles circonstances les Templiers quittent le domaine proche de Saint-Thiébaut, vraisemblablement à la fin du XII, siècle pour s'établir, à l'Ouest de la ville, dans les parages de Saint-Pierre-aux-Nonnains.
C'est grâce aux nombreux dons qui leur sont octroyés, qu'ils entreprennent alors, à cet endroit, la construction d'un établissement de qualité. Les Hospitaliers qui leur succédèrent au XIVe siècle, devenus plus tard chevaliers de Malte devront s'incliner vers 1556 devant l'ordre du roi de France Henri II qui décidera la réalisation d'une citadelle entraînant la disparition des édifices du Temple.
Cependant, la chapelle sera épargnée, ayant été désaffectée et convertie en magasin à poudres.


chapelle templière de Metz
Chapelle templière de Metz - Sources image: Jack Bocar


Erigée tout au début du XIIIe siècle, la chapelle est orientée. La nef repose sur un plan octogonal irrégulier puisque mesurant dans oeuvre huit mètres quarante du Nord au Sud et huit mètres d'Est en Ouest. Le choeur rectangulaire, de quatre mètres trente sur trois mètres soixante-cinq, est fermé par un chevet rond d'environ deux mètres soixante-quinze de rayon. La nef comporte sept pans sur huit alvéolés, flanqués de pilastres et percés chacun d'une petite fenêtre en plein cintre .
Sa voûte présente huit branches d'ogives retombant sur des colonnettes engagées, rehaussées de chapiteaux à crochets. La clef de voûte est ornée d'un aigle à visage humain.


chapelle templière de Metz
Clef de voûte de la chapelle de Metz - Sources image Harchéologia


Le chevet est éclairé par trois fenêtres en plein cintre et voûté d'ogives. La clef représente l'agneau pascal. L'intérieur a conservé des enfeu jumelés à arcades tréflées et plusieurs lavabos dont l'un à deux cuvettes. Il a gardé des traces de peintures murales apparemment du XIVe siècle dont l'une représente une Vierge et un personnage agenouillé. Extérieurement, le portail occidental est à linteau droit et à tympan décoré de la croix templière. La corniche à modillons, le chéneau et les gargouilles sont le fruit d'une restauration en 1882. Les toitures en tuiles ont été rétablies à l'origine en 1904.
Cette chapelle était flanquée d'un bâtiment presque carré abritant deux vaisseaux voûtés et décorés de peintures murales du début du XIIIe siècle. Il a été rasé en 1904.


chapelle templière de Metz
Sources image Harchéologia


En 1861, on découvrit, enterré devant la chapelle, un monument funéraire représentant en bas-relief, un personnage habillé et coiffé, et portant l'inscription: Ci gist Mesires... Ns Freires chapelens ki fut maistres des mazons dou tanple de Lorene XXIII ans ki fut mors la vigile de la chandelour Lan M CC IIII XX VII.
D'après l'ouvrage: Les Templiers en Lorraine de Michel Mazerand. Edition JMC

 

Meung-sur-Loire   (45)
Domaine du Temple de Meung-sur-Loire
Département: Loiret, Arrondissement: Orléans, Canton: Meung-sur-Loire - 45


Maison du Temple de Saint-Marc
Localisation:


La Maison du Temple de Saint-MarcBien du Temple à Saint-Marc
Domaine du Temple à Saint-Marc
possédait à Meung-sur-Loire deux maisons: l'une nommée la Croix-Blanche, dans la rue de ce nom ; et l'autre située devant l'église de Saint-Pierre, faubourg de Meung. Cette dernière avait été vendue par le doyen et le Chapitre de la dite église de Meung-sur-Loire, « ecclesie Magduni super Ligerim », à Guy de Basinville, maître du Temple dans les possessions cismaritimes, pour le prix de 140 livres parisis, ainsi que le constate la charte d'acquisition faite à Meung en 1254, dans l'octave de la fête de saint Liphart, au mois de juin, et confirmée par Robert, évêque d'Orléans, le 9 décembre de la même année année.

La Ferme de La Bovrie
C'était le nom donné à une ferme située dans la dite paroisse de Meung-sur-Loire, au lieu-dit Saint-Pierre, qui comprenait plus de 230 arpents de terre, traversés par le chemin de Meung à Gravant, et par celui de Beaumont à la Croix du Trousset, bornés au levant par le chemin de Beaugency au Pardon; au midi, par celui de Vendôme à Orléans. Cette ferme dépendait du Temple de Meung-sur-Loire.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Meurival   (02)
Domaine du Temple à Meurival
Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Neufchâtel-sur-Aisne, Commune: Maizy - 02


Domaine du  Temple à Meurival
Localisation: Domaine du Temple à Meurival


Guillaume d'Acy « de Aci » cèda aux Templiers un cens de douze deniers à Meurival, « in Murivalle »
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Meynes   (30)
Domaine du Temple de Meynes
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Aramon 30


Domaine du Temple de Meynes
Localisation: Domaine du Temple de Meynes


En 1146, Pons de Meynes donne la coseigneurie de quatre castra avec tous les biens qu'il y possède (Trévils, Montfrin, Meynes et Théziers).

Les Templiers ont de même choisi des bourgs castraux pour y percevoir les redevances ou y fonder une domus, qu'il s'agisse de la rive droite du Rhône (Aubais, Générac, Le Caylar, Calvisson, Meynes) ou de la rive gauche (Méjanes, Lansac, Laurade).

Le Temple a tenu la justice seigneuriale dans plusieurs villages du Bas-Rhône, ainsi à Méjanes, Générac, Meynes, peut-être Richerenches (1). Mais les modalités de l'exercice de ce pouvoir nous sont surtout connues par la documentation portant sur les castra de Lansac et de Montfrin. Ces dossiers, riches d'une trentaine de pièces dans le premier cas, d'une quinzaine dans le deuxième, comportent quelques témoignages directs sur la pratique judiciaire - criées, procès-verbaux de sentences, nomination de juges, mais ont surtout gardé trace des nombreux conflits avec les juridictions concurrentes. Les procès-verbaux de ces conflits, parce qu'ils cherchent à déterminer, sur la base d'une procédure inquisitoire désormais bien huilée, le contour précis des juridictions templières, sont riches d'enseignement.
1. La vente de la seigneurie de Méjanes, en avril 1240, par Gilbert de Baux, comprend « les justices sur les hommes, les bans, les juridictions », Cartulaire du Temple d'Arles, nº 112; Générac et Meynes: Chartier du Temple de Montfrin et des maisons du Gard rhodanien, nº 085, 127, 131, 135 et 141. A Richerenches, on n'a aucune idée des relations entre la commanderie et la communauté d'habitants, mais si cette dernière s'est bien regroupée autour de la première, il ne serait pas étonnant que les Templiers aient exercé des droits sur les hommes.

La documentation portant sur la rive droite du Rhône dépendante du comté de Saint-Gilles, si elle ne permet pas aussi bien que le cartulaire de Richerenches de mettre en évidence les réseaux d'alliances aristocratiques, révèle également le rôle d'un certain nombre de familles chevaleresques. Dès novembre 1146, la donation de Pons de Meynes portant sur des parts de coseigneurie dans les castra ou villae de Meynes, Trévils, Montfrin et Théziers, permet de remonter à l'origine de l'implantation de l'ordre en ces lieux.

Cependant, par l'intermédiaire de la coseigneurie de Montfrin, que partagent un temps les Meynes et les Albaron, ces derniers poursuivront jusqu'à la fin du XIIIe siècle d'étroits rapports avec l'ordre, désormais bien installé dans les castra de Montfrin et de Meynes.
Sources: Damien Carraz, L'ordre du Temple dans la Basse vallée du Rhone (1124-1312) - Presses Universitaires de Lyon - 2005

 

Miellin   (70)
Domaine du Temple de Miellin
Département: Haute-Saône, Arrondissement: Lure, Canton: Mélisey — 70


Domaine du Temple de Miellin
Localisation: Domaine du Temple de Miellin


Il y avait à Miellin une chapelle de style roman qui portait le millésime 1111; ses fenêtres plein-cintre étaient beaucoup plus hautes et plus larges au choeur que dans le reste de l'édifice. Cette vieille chapelle a été démolie en 1819, et remplacée par une construction moderne, qui a elle-même fait place en 1849 à l'église actuelle. En creusant les fondations de ce dernier édifice, on a déterré un certain nombre de pierres taillées provenant évidemment d'un bâtiment qui avait été jadis attenant à l'antique chapelle de 1111. On croit dans le pays, d'après la tradition, que la fut une maison de Templiers. Elle aurait donc été détruite lors de la suppression de l'ordre au XIVe siècle.
— Miellin a longtemps dépendu de Servance pour le culte; c'est seulement en 1807 que son église est devenue succursale.
— Patron, S. Main.
— Cloche qui date de 1683; elle porte cette inscription: MAR. s. BLAISE, ORA PRO NOBIS. Cela indiquerait-il que l'antique chapelle de Miellin était sous le vocable de Saint-Blaise ?
— Miellin fut une des terres dotales de l'abbaye de Bithaine, qui y a conservé ses droits seigneuriaux jusqu'en 1789.
La Haute-Saône, Dictionnaire Historique et Topographique et Statistique des Communes du Département. Par L. Suchaux. Tome II, Vesoul, 1866.

 

Migneres   (45)
Domaine du Temple de Mignères
Département du Loiret, Arrondissement de Montargis, Canton de Ferrières-en-Gâtinais - 45


Domaine du Temple de Mignères
Localisation: Domaine du Temple de Mignères


A une demi-lieue de ce village, à droite de la route de Montargis à Sceaux. C'était un petit domaine, composé d'une maison et d'une cinquantaine d'arpents de terre, affermés en 1662, 40 livres, en 1788, 200 livres. A cette dernière époque, la maison n'existait plus.

Il appartenait encore à la commanderie, dans la ville de Pithiviers, quelques censives, le patronat et la collation de la cure de l'église de Saint-Jean-en-Val qui, en 1560, valait 25 livres par an.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Millançay   (41)
Maison du Temple de Millançay
Département: Loir-et-Cher, Arrondissement: Romorantin-Lanthenay Canton: Romorantin-Lanthenay - 41


Maison du Temple de Millançay
Localisation: Maison du Temple de Millançay


La maison du Temple de Villeloup était située dans la paroisse de Millançay. Elle existait en 1220, car le Templier qui en était alors commandeur, figure dans l'acte d'achat d'une partie de la dîme de Saugirard. Il est à remarquer qu'alors cette maison ne portait pas le nom de maison de Villeloup, mais bien celui de Maison de Millançay, « domus de Millenciaco », du nom de la paroisse où elle était située.

Le domaine de Villeloup comprenait une maison, une chapelle dédiée à Saint-Marc, et 200 arpents de terre en une masse, aboutissant vers nord à l'étang de Mordeset.

La commanderie avait toute justice et seigneurie à Villeloup, avec une partie des dîmes de Millançay.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Millau   (12)
Domaine du Temple à Millau
Département: Aveyron, Arrondissement et Canton: Millau - 12


Domaine du  Temple à Millau
Localisation: Domaine du Temple à Millau


La Maison du Temple de Sainte-Eulalie avait plusieurs dépendances dans la ville de Millau ou ses environs immédiats.

1168. Donation par Berengère du Prat et Hue Mir son mari, à Elie de Montbrun, Maître du Temple en Rouergue, du mas Senal.

1189. Echange conclu entre Pierre, abbé de Bonneval, et les Templiers de Sainte-Eulalie. Le premier cède aux seconds la grange de Lescure et les maisons que son couvent possédait à Miliau, et en reçoit un territoire situé près de la rivière du Dourdou.

1195. Donation par Raymond de Saint-Véran à Eymeric de Salles, Maître de Sainte-Eulalie, de plusieurs fiefs situés dans la paroisse de Saint-Véran.

1341. Accord entre le commandeur du Temple de Millau et le Prieur de l'église Notre-Dame de cette ville, au sujet de la juridiction d'un territoire, situé dans la paroisse de Saint-Amans de Trossit.

1504, le Grand-Maître E. d'Amboise, détacha de la commanderie de Sainte-Eulalie pour la joindre à celle de Saint-Jean de Millau, le membre du Temple de cette ville.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)

 

Millery   (54)
Maison du Temple Millery
Département: Meurthe-et-Moselle, Arrondissement: Nancy, Canton: Pont-à-Mousson - 54


Maison du Temple Millery
Localisation: Maison du Temple Millery


Aujourd'hui encore, dans le haut du village dominant la Meurthe et Moselle, une section cadastrale porte le nom de Saint-Prejet qui avait été évêque de Clermont en Auvergne au VII, siècle. On y a abattu récemment une vieille maison que la tradition attribuait aux Templiers. C'est sans doute près de là que s'est situé l'établissement pourvu d'une chapelle dédiée à saint Prejet.

Aucun acte ne contribue à certifier l'époque de son origine.
Selon Auguste Digot: il fut fondé, en fonction de toutes les apparences, par un comte de Bar Henri Lepage a prétendu: qu'il aurait été bâti, dit-on, en 1200 par les Hospitaliers (sic) de Libdeau...

En 1338, le comte de Bar, Henri IV, donna en aumône à l'église de Metz ce qu'il avait à Autreville et à Millery Dom Calmet a rapporté que l'église des Templiers de Millery fut rasée en 1752 par ordre du chapitre messin.

En 1837, Grille de Beuzelin a fait la description de l'édifice: La nef était toute simple, rehaussée d'un étage, au dessus d'un plafond plat. Son chevet droit était éclairé sur chacune de ses trois faces de trois fenêtres gothiques, étroites et accolées.
Dans le choeur, des nervures retombaient sur des colonnes à chapiteaux à feuilles saillantes.

Des petites fenêtres en plein cintre donnaient le jour à la nef. Au droit du mur pignon de la façade antérieure primitive, se dressait une tour carrée de trois étages aux fenêtres géminées. Il y avait une croix au-dessus du portail auquel on accédait par un escalier de six marches à partir du sol de la nef.

Tout porte à croire que son origine remontait à la période transitoire du roman au gothique, mais la tour-clocher fut sans doute élevée après l'abolition de l'Ordre du Temple.

Dom Calmet s'est limité à rapporter que l'église Saint-Prejet, quoique petite, était fort bien bâtie en pierres de taille.

On avait suspendu une cloche qui sera transférée plus tard à l'église paroissiale, tout en bas du village. On y découvrait, gravée, l'effigie d'un chevalier avec l'inscription Ave Maria. D'après la légende, on ne la sonnait que pour inviter les serviteurs du temple à réciter des Ave Maria.

A Jezainville, à Champey, à Landremont et à Saint-Blaise, devenu ermitage, sur le bord de la Moselle proche de Charpagne (Scarpone). Il y a au village de Sainte-Geneviève un canton de vigne appelé le Cloître; et plus bas, près de Loisy, un autre canton nommé La Cour-Chevalier; qu'on croit tirer son nom des chevaliers du temple à qui ils ont autrefois appartenu.

Il n'est pas exclu que le Temple ait eu une dépendance à Belleau, village dont l'église paroissiale a conservé une travée romane que la tradition attribue aux Templiers.

Le vocable de Millery-aux-Templiers a subsisté longtemps et a disparu, semble t-il, à la Révolution.
D'après l'ouvrage: Les Templiers en Lorraine de Michel Mazerand. Edition JMC

Maison du Temple de Millery
Le temple de Millery (1) fut fondé, selon toutes les apparences, par un comte de Bar. Il semble avoir été fort important, car les traditions, assez vagues, il est vrai, placent des maisons de Templiers dans plusieurs localités du voisinage, ce qui veut dire que l'ordre y possédait des terres. Ces localités sont:
La montagne de Mousson, Champey, Landremont, Belleau, Doncourt (différent de celui dont nous parlerons plus bas) et Autreville. A Loisy, un canton de vignes porte encore aujourd'hui le nom de Cour-Chevaliers. A Sainte-Geneviève, un autre canton de vignes s'appelle le Cloître. Il résulte de toutes ces traditions que le temple de Millery devait être fort bien doté.
1. Millery est situé sur la rive droite de la Moselle, entre Nancy et Pont-à-Mousson.

Il faut cependant remarquer que plusieurs des lieux que nous venons d'indiquer sont assez voisins du village de Jezainville, situé dans le diocèse de Toul, et où il y eut aussi un temple. Nous croyons donc que toutes ces fermes et tous ces biens devaient, appartenir, les uns à Millery, les autres à JezainvilleMaison du Temple de JezainvilleMaison du Temple de Jezainville - Département: Meurthe-et-Moselle, Arrondissement: Nancy, Canton: Dieulouard, Commune: Jezainville - 54

Le temple de Millery retourna probablement à la famille de son fondateur; et, vingt-six ans après la suppression de l'ordre, en 1338, Henri IV, comte de Bar, céda la terre de Millery au chapitre de la cathédrale de Metz, avec la clause que ni lui, ni ses hoirs, ni ses hommes, qui ne seraient point chevaliers, ne pourraient jamais rien acquérir ni posséder dans ce lieu. Le chapitre demeura propriétaire de ce bien jusqu'à la Révolution; mais, en 1752, il eut la fâcheuse idée de faire démolir l'ancienne église des Templiers, qui était dédiée à saint Préjet ou Pravé, et fit transporter dans l'église paroissiale une cloche, qui avait été fondue par ordre des chevaliers, et sur laquelle on avait tracé la figure d'un Templier revêtu de l'habit de son ordre, et les mots Ave Maria, qui rappellent une coutume particulière à l'ordre du Temple (2).
2. V. Dom Calmet, Notice de la Lorraine, article Millery, tome I, supplément, col. 205 et 206, Dom Calmet fait observer que l'église Sainl-Prejet, « quoique petite, était fort bien bâtie en pierres de taille. »

« ChampeyMaison du Temple de ChampeyMaison du Temple de Champey Département: Meurthe-et-Moselle, Arrondissement: Nancy, Canton: Pont-à-Mousson, Commune: Champey-sur-Moselle - 54 »

« AutrevilleMaison du Temple de AutrevilleMaison du Temple de Autreville Département: Meurthe-et-Moselle, Arrondissement: Nancy, Canton: Pont-à-Mousson, Commune: Autreville-sur-Moselle - 54 »

« LoisyMaison du Temple de LoisyMaison du Temple de Loisy Département: Meurthe-et-Moselle, Arrondissement: Nancy, Canton: Pont-à-Mousson, Commune: Loisy - 54 »

« LandremontMaison du Temple de LandremontMaison du Temple de Landremont Département: Meurthe-et-Moselle, Arrondissement: Nancy, Canton: Pont-à-Mousson, Commune: Loisy - 54 »

Millery ou Millery-aux-Templiers, commune de Pont-à-Mousson.
— Miliriacus, 745 (Diplom. II, page 399)
— Ecclesia in Melariclo, in comitatu Scarponensi, 896 (H. T., page 12)
— Melaridum, Xe siècle (Histoiria episcoporum, tullensium, ad anno 895-907, H. L. I, c. 130)
— Vin de montagne de Millerie, 1238 (Trésor des Chartes, tome I, Pont., dom., II, n° 2)
— Millery, 1403 (Dom., de Condé)
— Mellerey, 1424 (dom., de Nancy)
Millery (Les Bâtiments), ferme, commune de Millery.
Sources: Dictionnaire Topographique du département de la Meurthe-et-Moselle, par M. Henri Lepage. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXII

« BelleauBlason de BelleauBlason de Belleau Département: Meurthe-et-Moselle, Arrondissement: Nancy, Canton: Nomeny - 54 »
« De gueules à cinq roses d'argent boutonnées de gueules en sautoir »

Ce sont les armes de l'ancienne famille de Morey, aujourd'hui annexe de Belleau.
Les cinq roses symbolisent les cinq villages, communes rassemblées sous le nom de Belleau, à savoir: Belleau, Lixières, Manoncourt/Seille, Morey et Serrières.
Sources: M. Auguste Didot. Mémoire sur les Etablissements de l'Ordre du Temple en Lorraine (Duchés de Lorraine et de Bar, évêchés de Metz, Toul et Verdun). Tome I, Nancy MDCCCLVI.

 

Milly (La)   (10)
Ferme du Temple de La Milly
Département: Aube, Arrondissement: Troyes, Canton: Piney, Commune: Brévonnes - 10


Ferme du Temple de La Milly
Localisation: Ferme du Temple de La Milly


La ferme de ce nom se composait d'une partie défrichée des 600 arpents de bois, que le seigneur du lieu, Guy de Milly, donna en 1254 aux frères du Temple.

C'est du nom de ce bienfaiteur que la ferme a tiré le sien et le conserve encore aujourd'hui.

Les terres de La Milly, comprenaient, au siècle dernier, 300 arpents de labour et de pré.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Miradoux et Castelarroy   (32)
Domaine de Miradoux et Castelarroy
Département: Gers, Arrondissement: Condom, Canton: Miradoux - 32


Domaine de Miradoux et Castelarroy
Localisation: Domaine de Miradoux et Castelarroy


On ne peut donner de date pour ces domaines qui appartenaient très probablement aux Templiers. Le choix que je fais en attribuant ces métairies au Temple, s'appui sur le fait que ces biens ont été soustraient de la Maison du Temple de Golfech et que le premier commandeur Hospitalier est nommé en 1686.

On désignait sous ce nom un domaine composé de la métairie de « Randé » et de la « Bourdette », situées dans la juridiction de Miradoux, et de celles de « Borducq » et de « Rauquine », situées dans territoire de Castelarroy (de nos jours Castet-Arrouy).

Dans le XVIIe siècle, elles avaient été distraites de la commanderie de Golfech, pour former une circonscription dont les revenus étaient affectés au trésor de la vénérable Langue de Provence. Cette commanderie, qui subsista jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, était affermée à des chevaliers de l'Ordre, qui l'administraient directement et portaient, comme ailleurs, le titre de commandeurs. Vers 1780, les métairies de Saint-Pastou furent réunies de nouveau à Golfech.

Commandeur Hospitaliers de Saint-Pastou
1686-1693. Jean de Laroquain d'Ayguebère.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)

 

Mirailles   (11)
Domaine du Temple de Mirailles
Département: Aude, Arrondissement: Carcassonne, Canton: Fabrezan, Commune: Saint-Pierre-des-Champs - 11


Domaine du Temple de Mirailles
Localisation: Domaine du Temple de Mirailles


Les Templiers de Douzens possédaient de nombreux biens à Mirailles, ci-dessous quelques actes extraits du cartulaire de Douzens.

1161, 6 novembre
Arnaud de Clermont et les siens donnent en alleu au Temple leur « honneur » de Mirailles comprenant des terres, des revenus et des droits sur ces terres, et reçoivent une aumône de 20 sous melg.

1162, 26 mars
Raimond Séguier de Barbaira, reconnaissant que son père, Bernard Séguier, a fait don à la milice du Temple de « l'honneur » qu'il possédait dans le terroir de Mirailles, confirme cette donation et reçoit de la milice une aumône de 3 sous ug.
En 1162, le 26 mars tombe bien un lundi; le millésime a donc changé ici avant cette date. Le style employé n'est pas celui de Pâques, qui tombe le 8 avril, mais bien plutôt celui de l'Annonciation, d'après le calcul florentin.

1162, 27 octobre
Guilhem de Clermont et son frère Bertrand donnent en alleu au Temple tous les biens qu'ils possèdent dans le terroir de Mirailles, et reçoivent une aumône de 5 sous ug.

1163, 7 janvier
Raimond de Rieux, Chabert (Xatbertus) et leurs familles, Sicard frère de Chabert abandonnent à la milice du Temple « l'honneur » qu'ils revendiquaient à Mirailles, à l'exception des dîmes et prémices qu'ils retiennent pour eux, et reçoivent d'elle pour cet abandon une aumône de 4 setiers de blé (triticum) et 4 d'orge.

1168, 16 mai
Bernard de Bon Effort (de Bono Esforc) et les siens vendent au Temple « l'honneur » qu'ils tenaient de lui dans les terroirs des Cours et de Mirailles, pour 8 sous ug.

1168, 17 décembre
Hugues de Trèbes et les siens, Arnaud le Clerc, diacre, donnent aux frères de la milice les biens qu'ils possèdent dans le terroir de Valséguier, renoncent à « l'honneur » qu'ils revendiquaient d'eux dans le terroir de Mirailles et qu'ils avaient partagé par moitié avec leur cousine, et reçoivent du Temple une aumône de 12 sous ug., un muid et 2 setiers d'orge.

1168, 5 avril
Guilhem Pons de Clermont donne en alleu au Temple tout ce qu'il possède dans le terroir de Mirailles et reçoit une aumône de 5 sous ug.

1175, 18 avril
Bernard Rainard et sa famille, et Jean Rainard vendent aux frères du Temple les agriers de 5 pièces de terre, une située dans le terroir de Mirailles, les quatre autres dans celui de Valséguier, pour 10 sous ug.; Guilhem de Bel Afaire et les siens ont donné leur consentement à cette vente et reçu le « forascapium »
Sources: Cartulaires des Templiers de Douzens - Publiés par Gérard et Elisabeth Magnou, sous la direction de Philippe Wolff - Paris, Bibliothèque Nationale - 1965

 

Miribel ou Mirival   (01)
Domaine du Temple de Miribel
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Miribel - 01


Domaine du Temple de Miribel
Localisation: Domaine du Temple de Miribel


Cette maison fondée par les Templiers au XIIIe siècle, était une dépendance de la très puissante maison de Lyon. Elle possédait des bâtiments, des pâturages, des vignes, des rentes et des dîmes.
Sources: Société Historique de l'Ain

 

Moissac   (82)
Maison du Temple de Moissac
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement et Canton: Castelsarrasin - 82


Maison du Temple de Moissac
Localisation: Maison du Temple de Moissac


Cette ville posséda également une Templerie d'une certaine importance, car dans le catalogue donné plus loin des Templiers qui furent conduits à Paris, on en trouve plusieurs amenés de Moissac.

Fr. Alberti (Sichardus vel Chicardus) de Tolosa; Sicard d'Albert;
— comparaît le 23 février 1310, amené de Moissac, diocèse de Cahors, et déclare prendre la défense de l'Ordre. Le 28 mars 1310 on le convoque pour la nomination d'un délégué. Le Ier avril 1310, il proteste contre les accusations dont le Temple est l'objet, et refuse de nommer un délégué. - (Michelet, Procès des Templiers, tome I pages 82, 108, 114).

Fr. Braye ou Braie (Guillelmus de), miles; Guillaume de Braye. - Etait vers 1285, Commandeur du Temple de Moissac (de Moisiaco), et en 1291, appartenait au Temple « de Themis », baillie de Prunay.

Procès des Templiers, tome II pages 342
Item frater Robertus de Momboin, etatis quadraginta annorum, juratus eodem modo de se et aliis in causa fidei plenam, puram et integram dicere veritatem, et requisitus de tempore et modo sue recepcionis, dixit per juramentum suum quod fuit receptus in domo de Themis in ballivia de Prunay, per fratrem Symonem de Quinci preceptorem dicte ballivie, sexdecim anni sunt elapsi vel circa, presentibus fratribus Guillelmo de Braie et fratre Egidio Monachi militis, et quibusdam aliis fratribus de quorum nominibus non recolit. Dixit tamen per juramentum suum quod, post multas promissiones -342- factas ab eo de statutis dicti ordinis observandis, et mantello ad collum posito, idem recipiens ostendit sibi quamdam crucem, et precepit sibi quod supra illam spueret, et quod abnegaret signum crucis; et ipse recusavit facere quantum potuit, et tunc dictus recipiens dixit sibi quod, nisi faceret, ipse poneret eum in carcere perpetuo; et tunc fecit compulsus.

Fr. Calvioni (Hugo de), miles Ruthenensis; Hugues de Calvion. - Comparaît à Paris le 23 février 1310, venant de Moissac, diocèse de Cahors, et se porte défenseur de l'Ordre.
— On ne connaît ce nom que par la procédure. (DE BARRAU; Documents sur les Templiers en Rouergue).

Procès des Templiers, tome I page 82
Post hec, die Lune sequenti, que fuit XXIII dies mensis Februarii, convenerunt in capella dicte aule adherenti dicti domini Narbonensis et Lemovicensis, Matheus, Tridentinus et Magalonensis archidiaconi; et fuerunt ibidem coram eis adducti fratres subscripti, qui adducti fuisse dicebantur de Moysiaco Caturcensis diocesis: videlicet fratres Hugo de Calvioni miles Ruthenensis, P. de Telheto presbyter Lemovicensis, P. de Castanherio Agenensis, Arnaldus de Portello Aquensis, Sichardus Alberti de Tholosa, et Durandus de Viveriis Lectorane diocesium. Qui singulariter et separatim interrogati, si volebant dictum ordinem defendere, responderunt quod sic.

Fr. Castanherio vel Castanhier (P. de), Agenensis; P. de Castanier. - Comparaît à Paris le 23 février 1310, venant de Moissac, et se porte défenseur de l'Ordre. Le 28 mars, on le convoque pour la nomination d'un délégué. Le 30 mars, il proteste contre l'acte d'accusation et demande justice.

Procès des Templiers, tome I page 114
Post hec, nos notarii predicti, et Hugo Nicolai, et Guillelmus Radulphi predicti accessimus apud Templum Parisiense, et adducti ibidem coram nobis Templarii ibidem detenti, videlicet fratres P. de Bononia presbyter, Humbertus de sancto Jocro miles, Robertus de Monboyn, P. de Latignaco sico presbyter, Thomas de Martingni presbyter, P. de Blays, P. de Sivref chevalier, Egidius de Chenru, Christianus de Bisi, Gualterus de Latigniaco sico, Johannes de Clipes, Gerardus de Somons, Johannes le Camber, Johannes de Lorscius, Radulphus de Balle Yglisse, Guillelmus de Marennet, Marsiletus de Floer, Thomas Enval, Theobaldus de Plomion, Stephanus Pacon presbyter, Poncius de Buris, Johannes Genefle, Arbertus de Jemville, Guillelmus de Lafons, Ricardus Lecharem, Gossoynus de Bruges, Johannes de Orbis, Guido de Bolle Ville, Gerardus de Mongneville, Hugo de Chaminant, P. de Trelhet presbyter, Durandus de Vineis, P. de Cheru, P. de sancta Gressa, Matheus de Clissi, P. de Boncoli, Simon de Remis, Thomas des Cames, Johannes Braz de Fer presbyter, Egidius de Fontancort, Guillelmus de Vergnes, Johannes de Noviomis, Henricus de Pressigni, Radulphus de Ponte, Guillelmus de Brioys, Guillelmus Digi, Philippus de Villesubterre, Poncius de Bono Opere, Jacobus de Vergus, Aymo de Barbone, P. de Jans, Ponsardus de Gifli, Guillelmus Ardoini, Thomas Quintini, Stephanus de Pruino, Johannes de Furno, Gobertus de Malle, Chicardus Alberti, Arnulphus de Portel, P. de Castanhier, Johannes de Turno, Guido Bocelli, Johannes de Serencourt, Nicolaus de Serencourt, -115- P. de Sacellis, P. le Picart, Johannes de Corville, Toumez de Legnoville, Johannes de Lavione, Johannes de Ponte Episcopi, R. de Treploy presbyter, Reginaldus de Larchent, Theobaldus de Basimonte, Radulphus de Senonis, et Nicolaus de Trecis, qui alias se ad defensionem ordinis obtulerant, et fuerunt, die Sabati preterita, coram dictis dominis commissariis in prato domini episcopi Parisiensis, et fuerunt per nos supradictos notarios interrogati utrum deliberassent super procuratoribus per eos constituendis et faciendis, secundum et prout dictum fuit eisdem, dicta die Sabati per dominos commissarios antedictos.

Fr. Portello (Arnaldus de), Aquensis; Arnaud de Portel ou Du Portail.
— Comparaît le 23 février 1310, venant de Moissac, diocèse de Cahors. Il se porte défenseur de l'Ordre.

Procès des Templiers, tome I page 82
Post hec, die Lune sequenti, que fuit XXIII dies mensis Februarii, convenerunt in capella dicte aule adherenti dicti domini Narbonensis et Lemovicensis, Matheus, Tridentinus et Magalonensis archidiaconi; et fuerunt ibidem coram eis adducti fratres subscripti, qui adducti fuisse dicebantur de Moysiaco Caturcensis diocesis: videlicet fratres Hugo de Calvioni miles Ruthenensis, P. de Telheto presbyter Lemovicensis, P. de Castanherio Agenensis, Arnaldus de Portello Aquensis, Sichardus Alberti de Tholosa, et Durandus de Viveriis Lectorane diocesium. Qui singulariter et separatim interrogati, si volebant dictum ordinem defendere, responderunt quod sic.

Fr. Telheto (P. de), presbyter Lemovicensis diocesis; Pierre de Teillet.
— Amené de Moissac, comparaît le 23 février 1310 et se porte défenseur de l'Ordre.

Procès des Templiers, tome I page 83
Post hec, die Lune sequenti, que fuit XXIII dies mensis Februarii, convenerunt in capella dicte aule adherenti dicti domini Narbonensis et Lemovicensis, Matheus, Tridentinus et Magalonensis archidiaconi; et fuerunt ibidem coram eis adducti fratres subscripti, qui adducti fuisse dicebantur de Moysiaco Caturcensis diocesis: videlicet fratres Hugo de Calvioni miles Ruthenensis, P. de Telheto presbyter Lemovicensis, P. de Castanherio Agenensis, Arnaldus de Portello Aquensis, Sichardus Alberti de Tholosa, et Durandus de Viveriis Lectorane diocesium. Qui singulariter et separatim interrogati, si volebant dictum ordinem defendere, responderunt quod sic.

Fr. Viveriis (Durandus de), Lectorane diocesis; Durand de Viviers.
— Amené de Moissac, diocèse de Cahors, comparaît le 23 février 1310 et se porte défenseur de l'Ordre. -

Procès des Templiers, tome I page 82
Post hec, die Lune sequenti, que fuit XXIII dies mensis Februarii, convenerunt in capella dicte aule adherenti dicti domini Narbonensis et Lemovicensis, Matheus, Tridentinus et Magalonensis archidiaconi; et fuerunt ibidem coram eis adducti fratres subscripti, qui adducti fuisse dicebantur de Moysiaco Caturcensis diocesis: videlicet fratres Hugo de Calvioni miles Ruthenensis, P. de Telheto presbyter Lemovicensis, P. de Castanherio Agenensis, Arnaldus de Portello Aquensis, Sichardus Alberti de Tholosa, et Durandus de Viveriis Lectorane diocesium. Qui singulariter et separatim interrogati, si volebant dictum ordinem defendere, responderunt quod sic.
Sources: Les Templiers de Cahors, par M. L. Esquieu - Bulletin de la Société des Etudes Littéraires, Scientifiques et Artistiques du Lot. Tome XXII, 1898 et tome XXIV 1899. Cahors, Imprimerie F. Delpérier

 

Moisy-le-Temple   (02)
Maison du Temple de Moisy-le-Temple
Département: Aisne, Arrondissement: Château-Thierry, Canton: Neuilly-Saint-Front, Commune: Montigny-l'Allier - 02


Maison du Temple de Moisy-le-Temple
Localisation: Maison du Temple de Moisy-le-Temple


Les Templiers puis les Hospitaliers ont possédé trois commanderies dans notre arrondissement de Château-Thierry: Moisy, la Sablonnière et Viffort.
La commanderie de Moisy, la plus importante des trois faisait partie du diocèse de Meaux.
Ses dépendances (ou membres) furent: Brumetz, la Sablonnière, l'ancien temple de Nanteuil, Villiers le Vast, l'hopital de Betz, Boutigny, Magny-St-Loup, l'ancien temple de Montaigu, Trilbardou, l'Hôtel St Jean à Meaux (1).


C'est une habitation privée, elle ne se visite pas
Chapelle de Noisy-le-Temple
Moisy-le-Temple - Sources: M. Rouge, F. Archives Photographiques (Médiathèque du Patrimoine) CMN


An 1184
On ignore la date de fondation du temple de Moisy.
L'Ordre des Templiers avait été fondé dés 1119 et régulièrement constitué dix ans après; la plus ancienne date qui nous apprenne l'existence du Temple de Moisy est celle de 1184, Le précepteur ou grand prieur de la maison s'appelait Pierre. A cette époque, Simon, évêque de Meaux, termina un procès entre les Templiers et Hugues, comte de Meaux, « au sujet d'un droit d'usage que les Templiers prétendaient avoir dans le bois de Cerfroid (in nemore de Cerfaei). Il fut convenu, qu'ils auraient dans ce bois, le même droit d'usage que dans les bois qui appartenaient à leur maison de Moisy (ad domum de Moysi). De plus, il fut entendu que si le comte de Meaux faisait couper son bois de Cerfroid, il devait en laisser une partie pour l'usage des frères qui ne pourraient envoyer leurs bestiaux dans les parties coupées avant trois ans révolus (2) »

An 1297
Il nous faut sauter plus d'un siècle, jusqu'en 1297 pour avoir un nouveau renseignement. Nous apprenons qu'à cette époque, Guidon de l'Oratoire fut reçu templier à Moisy.

A cette époque nous sommes bien près de la chute de l'Ordre, Créés pour combattre les musulmans contre lesquels ils luttèrent héroïquement, les Templiers étaient devenus en peu d'années, très puissants et très riches; on; prétend que leurs manoirs atteignaient dans toute l'Europe, le nombre de dix mille (environ).

Pourvus de privilèges qui les égalaient aux princes, ils ne pouvaient être jugés que par le Pape ou par eux-mêmes. Cette puissance inquiéta Philippe le bel; ces richesses le tentèrent. Prenant prétexte des rumeurs répandues sur certaines de leurs cérémonies, s'appuyant sur les jalousies et les haines qu'ils avaient suscitées par leur orgueil et leurs rapides accroissements, il transmit, à tous les officiers royaux des ordres dont le secret fut fidèlement gardé, et le 13 octobre 1307, tous les Templiers de France furent arrêtés.


Chapelle de Noisy-le-Temple
Moisy-le-Temple - Sources: M. Rouge, F. Archives Photographiques (Médiathèque du Patrimoine) CMN


An 1299
Jean de Cormeilles (de Cormele ou de Cormellis), qualifié servant, du diocèse de Soissons, avait été reçu à l'âge d'environ 29 ans dans l'ordre du Temple en. 1299, au mois de mars, par Raoul et Rémi de Plassy.

An 1301
Vers 1301, Jean de Cormeilles assista à Moisy, à la réception de Milon de Saint-Fiacre, qui était prêtre ou le devint un peu plus tard et n'avait que 18 ans, par le même Raoul de Gisi précepteur de Champagne en présence du chapelain de Moisy, Albert de Reyans et de Guidon de l'Oratoire.

An 1304
Jean de Cormeilles assistait dans la chapelle du Temple de la Sablonnière à la réception d'Adam né à Pontivy ou dans le Ponthieu. Cette réception était faite par Jean de Sernois ou Sernoy Cernoy, Cerneys, Sernay); précepteur de Moisy. Nous savons que ce Jean de Sernois a été aussi précepteur du temple d'Oisement dans le diocèse d'Amiens et du Temple de Soissons. C'est probablement peu après à sa mort que Jean de Corneilles devint précepteur de Moisy. Tout ce que nous savons pourtant sur sa mort, c'est qu'en 1311, la déposition au procès de Jean de Corneilles le qualifie de défunt sans préciser la date de son décès; mais nous supposons qu'il était antérieur au procès des Templiers.

An 1305
Jean de Cormeilles assiste encore à la réception de Montonetus de Provins dans la chapelle de la Sablonnière vers 1505.

An 1307
A la première enquête de 1307, où beaucoup de templier périrent dans les tortures, Jean de Cormeilles fut cruellement mis à la question, et quatre dents lui furent arrachées. Milon de Saint-Fiacre fut aussi interrogé; dans les deux années suivantes nous n'avons pas de renseignement précis sur ces deux templiers.

An 1309
Le 8 août 1309, les commissaires du pape citent les Templiers à comparaître au premier jour non férié après la Saint Martin d'hiver.

An 1310
Jean de Corneilles précepteur de Moisy qui avait alors environ 41 ans, fit sa soumission et déposa le manteau de l'Ordre au concile de Sens, et se fit raser la barbe.


Chapelle de Noisy-le-Temple
Moisy-le-Temple - Sources: M. Rouge, F. Archives Photographiques (Médiathèque du Patrimoine) CMN


An 1311
Le 11 février 1311, Jean-de Cormeilles est interrogé par les commissaires. Il ne témoigna pas une grande fermeté; il fut de ceux qui cédèrent devant l'horreur du bûcher; et pourtant dans cette dernière enquête, sa conscience se révolte quand on lui demande de confesser de nouveau son infamie et celle de l'Ordre qu'il avait voulu défendre. Le premier jour il ne peut s'y résigner, il veut protester, mais il se rappelle les tortures souffertes, il voit le bûcher, il s'arrête. Le second jour, son courage était brisé, il avoua et nous ignorerons toujours, quels moyens de prières, pour parler comme le procès verbal quels moyens d'avis de crainte d'amour, de haine et d'avantages temporels obtenus ou à obtenir, le décidèrent à parler, nous les ignorerons, mais nous pourrons peut-être les soupçonner parmi les plus tristes et les plus honteux pour la mémoire de Philippe le Bel, et des juges et geôliers qu'il employa.

Nous ne savons ce que devint Jean de Cormeilles précepteur de Moisy. Remi de Plassy et Albert de Reyans étaient morts en 1311; celui-ci comme chapelain de Moisy. Quant à Ponsard de Gisy qui défendait l'Ordre en 1310, il est qualifié défunt en 1311 et c'est assez pour dire qu'il fut l'un des courageux défenseurs de l'Ordre que l'archevêque de Sens avait fait brûler. Nous savons en effet positivement les noms de huit de ces 54 malheureux.

An 1312
La fin de l'Ordre était proche. Une bulle du 22 mars 1312 supprima l'Ordre et le 2 mai 1312 le pape attribua les biens du Temple, aux Hospitaliers.
Le pape Clément V, eut été porté à la douceur, mais créature de Philippe le Bel, il sanctionna petit à petit on laissa faire toutes les cruautés et toutes les iniquités qui furent commises en France. Dans les autres pays de l'Europe, l'Ordre fut supprimé mais du moins ses membres furent traités avec ménagements. Les frères Hospitaliers nommés aussi Chevaliers de Malte, existaient depuis 1099. Leur ordre avait été fondé par Gérard TOM de Martigues-en-Provence, pour secourir les pèlerins. En 1121 il devint un ordre Militaire et s'illustra par ses luttes contre les Musulmans qu'il attaquait de Rhodes, puis de Malte lorsqu'il eut perdu la première de ces îles. Les grands Maîtres français Pierre d'Aubusson, Villiers de l'Ile Adam, la Valette sont particulièrement célèbres
Héritiers de Moisy, les Hospitaliers y joignirent le fief de Brumetz à une lieue de Moisy. Il se composait d'une ferme et de 150 arpents de terres. La ferme se trouvait devant le cimetière du village, le long du chemin de Gandelu. Ce domaine, où le Commandeur avait toute justice haute, moyenne et basse, s'était formé dans le cours du XIVe siècle des religieux du prieuré de la Ste Trinité, résidants à Cerfroid dépendance de Brumetz.

An 1357
Les Hospitaliers réunirent à Moisy la commanderie de la Sablonnière avec les membres qui en dépendaient, Nanteuil-les-Meaux et Villiers le Vast.

An 1398
La commanderie de Moisy fut supprimée et réunie à celle du Temple de Paris.

An 1476
Les Hospitaliers achetèrent d'Etienne et Adam de Vaux, écuyers, le fief de Rocquemont, situé à Moisy et se composant d'une maison avec des terres près de la rivière de Clignon. Ce fief fut réuni au XVIe siècle au domaine de Moisy. Il comptait alors 150 arpents de terre arable, 40 arpents de prés et un bois de 115 arpents nommé le Bois de l'hopital.


Chapelle de Noisy-le-Temple
Moisy-le-Temple - Sources: M. Rouge, F. Archives Photographiques (Médiathèque du Patrimoine) CMN


An 1530
La commanderie possédait encore un grand marais compris entre Moisy, Fulaines, la rivière d'Ourcq et les bois de Cresmes. Un long procès eut lieu en 1530 entre le commandeur et les habitants de Moisy et de la Chausse, au sujet d'un endroit de pâturage dans ce marais que ceux-ci réclamaient, et que le commandeur finit par leur accorder à la condition qu'ils opposeraient avec lui à ce que ceux de Mareuil-la-Ferté usassent du même droit s'ils en soulevaient la prétention.
A Bourneville, à une lieue de Moisy, il y avait une grange dimeresse qui servait à renfermer le produit des dimes du-dit Bourneville (Oise) et de Vaux-Parfond (Oise) lesquelles appartenaient à la commanderie.
Le commandeur était seigneur de Moisy, grand décimateur et collecteur de la cure de Montigny l'Allier dont il avait le patronage. La haute, moyenne et basse justice lui appartenait tant à Moisy que dans deux localités voisines, la Chaussé, et Froide-Fontaine. Il percevait plusieurs rentes en grains sur la dîne de Lizy, sur 1e moulin de Congy et sur le fief de Rouillon, au terroir de Mareuil-la-Ferté. En 1633, la commanderie de Moisy fut rétablie avec Moisy, Brumetz, la Sablonniere, Villers le Vaast.

Le revenu de la commanderie de Moisy en 1388 alors qu'elle ne comptait qu'une seule dépendance, le domaine de Brumetz n'était que de 90 1ivres.

La commanderie rétablie en avait alors un revenu de:
En 1633, ce revenu montait à 600 livres.
En 1734, ce revenu montait à 10.355 livres.
En 1757, ce revenu montait à 14.000 livres.
EN 1783, ce revenu montait à 17.279 livres.
En 1787, ce revenu montait à 31.000 livres.
1. certains domaines cités furent hospitaliers et rajoutés à Moisy après la chute du Temple.
2. Mannier page 240


Le Manoir de Moisy-le-Temple
Dans un livre de M. E. Mannier intitulé « Les Commanderies du Grand Prieuré de France », nous lisons ces lignes au sujet de Moisy: « Moisy possédait au XVIe siècle pour la résidence du commandeur, un superbe château. C'était une véritable forteresse, avec fossés et pont-levis. Au milieu de la cour d'honneur, on voyait une petite église qui fut dédiée d'abord à St Christophe et ensuite à St Jean Baptiste, Près du Château était la ferme, et un peu plus loin, un moulin banal sur la rivière de Clignon. Cette rivière appartenait à la Commanderie depuis le pont Poulin, jusqu'à la rivière d'Ourcq. »


C'est une habitation privée, elle ne se visite pas
Chapelle de Noisy-le-Temple
Moisy-le-Temple - Sources image Jack Bocar


Une courte distance, 1500 mètres, sépare le village de Montigny L'Alliers de la Commanderie de Moisy. Un petit édifiée carré, avec tourelle d'angle, construit au XVIe siècle, et qui devait servir de conciergerie nous annonce le commencement de la propriété, que borde sur la route un mur épais, flanqué de deux échauguettes; un peu plus loin, l'on entre dans une vaste cour et l'on se trouve en présence de ce qui fut autrefois la Commanderie de Moisy-le-Tempe.
L'Ordre du Temple était divisé en maîtrises; les maîtrises en baillives, et celles-ci se subdivisaient en Commanderies.
Ces Commanderies, tout en offrant à certains points quelques moyens de défenses, n'étaient généralement que des établissements agricoles que sous la conduite des Chevaliers, ils faisaient valoir par des Frères servants; Toutefois, les bâtiments étaient assez vastes, pour y abriter un certains nombre de Chevaliers qui y exerçaient une certaine vie religieuse; toutes avaient une chapelle ou même une église assez vaste et la Commanderie de Moisy remplissait toutes ces conditions.

L'Eglise
La chapelle peut se visiter, avec l'accord préalable des propriétaires
Elle fut d'abord dédiée à St Christophe, puis à St Jean Baptiste.
Elle consiste en un simple vaisseau de trois travées, terminé par un sanctuaire à huit pans, éclairé de même que la nef par de longues croisées. Les voûtes sont supportées par un faisceau de trois colonnettes accolées à des chapiteaux-feuillage. L'ouvrage est de la fin du XIIe siècle, c'est à dire de la belle époque de l'architecture, ogivale.
Ce bâtiment sert à usage de grange, et se trouve encore en bon état de conservation.
On y remarque l'inscription suivante, en forme d'acrostiche, conservée sur une plaque de marbre.

« Pauluin sistegradus festinos, lector amice
Et morula gressum compesce. Hos perlege tantum
Tersenos versus, nec énim legisse pigebit;
Rhetoris flos nullus his phalerataque longa
Verborum séries, ast cum cognomine nomen
Sincere versus majuscule littera quaeque
Depicta (ut cernis) auro minioque légenda
Exhibit herois, vitae qui plurima postquam
Lustra et felices annos felicibus egit
Auspiciis prima multo venerabilis aevo
Francix in illustri tenuit tandem; haccque superba
Omnia quae lustras tecta instauravit et auxit
Nulli par pictate, magistrotum magnorum
Tot quot Joannis Soliman ex ordine sacro
Abstulit atra dies: huic templo insignia pinxit
Incolumenque hostis de faucibus eruit. Ergo
Nune illum (o bone fons) pictatis flumen riga
Et petra, defunctum muris coelestibus apta.
(Petrus velafontaine) »

L'extérieur fort simple n'est orné que par des modillons variés soutenant la corniche et dos dents de scie contournant les fenêtres; entre chacune de ces dernières règne un contrefort qui contribue à donner de l'assiette à l'édifice.
Seule de tout le manoir l'église conserve son stylo primitif tout le reste a été remanié et presque reconstruit à la fin du XVIe siècle, en 1574, date formulée par quatre ancres placées sur le pignon de l'ouest.

Le logis
Le principal corps de logis est rétabli parallèlement à l'église; il consiste en un bâtiment carré portant un seul étage sous un comble élevé, orné autrefois de deux lucarnes dont une seule subsiste aujourd'hui et dont la riche ornementation fait regretter sa soeur jumelle.
On y parvient par un palier de plusieurs marches donnant sur une tourelle d'angle renfermant un escalier qui conduit aux étages supérieurs.


C'est une habitation privée, elle ne se visite pas
Chapelle de Noisy-le-Temple
Moisy-le-Temple - Sources image Jack Bocar


La porte de cet escalier, qui donne également accès dans les pièces du rez-de-chaussée est en anse de panier entre deux pilastres décorés de riches chapiteaux ornés de têtes de chérubins, l'entablement est surmonté par une décoration qui consiste en une niche, dont une coquille forme le fond et des contre-courbes les côtés; cette niche est encadrée par des feuillages et de riches ornements d'un goût très pur, au-dessus desquels plusieurs ont cru distinguer les traces d'un Christ qui aurait été détruit, mais qui n'est que la tige d'un fleuron dont les feuilles ont été détruites.

A l'intérieur, toutes les pièces ont été conservées avec leurs solives apparentes, autrefois ornées de riches dessins en couleur, avec leurs vastes cheminées sculptées, et il y aurait certes peu de chose à faire pour rendre à cet élégant logis sa splendeur ancienne.

Par derrière, au midi, accolée à l'angle du pi '-non, vers l'Orient, se trouve la grosse tour du Temple, qui formait ce qu'on pourrait appeler le donjon du manoir.

Un escalier secret, merveilleusement conservé, monte en spirale dans l'épaisseur du mur, et relie le bas du logis avec la chambre du commandeur au premier.

Sous la tour, une prison voûtée en calotte est encore fermée par une lourde porte bardée-de formidables ferrures. Un ensemble de magnifiques caves aux voûtes superbes, et reliées entre elles par des souterrains, est pratiquée sous tout le bâtiment.
Tout est encore bon un état de conservation parfaite.
A la suite règnent encore les ruines de constructions et de bâtiments assez vastes et des restes de fortifications.

Entre l'église et le manoir existe un grand bâtiment, orné de pilastres de la date de la restauration générale, dans lequel on peut supposer qu'étaient établis les dortoirs et le réfectoire des chevaliers religieux.
Sur tout le pourtour de la cour étaient établis les bâtiments de l'exploitation agricole.

L'ensemble de ce manoir, que borde la petite rivière du Clignon vers le midi, sans avoir le caractère bien net d'un château féodal pouvait cependant être susceptible d'une défense très sérieuse.
« C'est plus qu'une ferme nous dit Mr. Hachette, mais elle a conservé dans son architecture, le cachet très marqué du moyen-âge elle nous enseigne, malgré ses transformations successives et ses ruines, ce qu'était un grand manoir féodal dans notre contrée, du temps des croisades et ce qu'il était devenu plus tard, sous les Valois. »
Sources: Abbé Tiburce PIN, Curé de Blesmes. 1949. Renseignements d'après notices de Mrs. Rannier, J. Naciet, R. Barbey, Michelet, Recueillis aux Archives Nationales.

Moisy-le-Temple et le Procès
L'installation des Templiers dans cette région est à fixer aux environs de 1160, lorsque les seigneurs de Brumetz donnèrent à l'Ordre les terrains, forêts et bois que le seigneur de Meaux contestait. Après la suppression de l'Ordre, les Hospitaliers continuèrent à agrandir le domaine par divers achats effectués aux XIVe et XVe siècles. La chapelle dédiée à saint Christophe, une partie des caves, les granges et le puits sont d'époque templière. La chapelle, de style gothique, comporte quatre travées et se termine par un chevet à sept pans. Très élégantes, les voûtes sur ogives conservent leur cachet originel. Les croisées présentent un profil simple et reposent sur des chapiteaux sculptés en crochets, ou représentant la flore de la région.

La maison du Temple de Moisy, au diocèse de Meaux, fut une maison d'une certaine importance.
On trouvera dans E. Boutaric, Actes du parlement de Paris, nº 985, un arrêt de l'an 1265 maintenant les Templiers dans le tiers de la mainmorte sur les hommes du trésorier de Meaux, habitant la terre du Temple « apud Moyssiacum. »

Le précepteur de Sablonnière-le-Temple, un vieillard en 1307, nous apprend qu'il fut reçu à Moisy par frère Pierre le Normand, chevalier, maître du Laonnais, l'année même du dernier concile de Lyon, soit en 1274. C'est là la plus ancienne référence du Procès quant à cette commanderie.

« Procès, tome II, page 319. Pierre le Normand, qui était lieutenant du précepteur de France vers 1267, fut dans la suite précepteur du Laonnais ; il faudrait donc traduire ici, maître du Laonnais, à moins de supposer une maison du Temple d'Aulnois, arrondissement et canton de Laon. »

De 1274, il nous faut aller jusque vers 1286; le précepteur de Moisy, qui était alors frère Guillaume de Braye, serait allé cette année même au Temple de Puisieux-sous-Laon « Procès, T, II, p. 403 »; puis de 1286 jusque vers 1301, pour la réception d'un jeune homme qui, en novembre 1307, était prêtre du Temple. Il avait été admis à Moisy par un Templier déjà cité comme ayant été au service du pape « fratrem Reginaldum de Argivilla cubicularium pape », et sa réception aurait été celle de tous les malheureux Templiers interrogés en France: « recipiens traxit eum ad partem, in quadam camera retro ecclesiam, etc. » Parmi les frères présents se trouvait le chapelain, frère Albert « Procès, tome II, pages 393, 394. »

Le dernier précepteur du Temple de Moisy fut Jean de Cormeilles, frère sergent; il avait été reçu (vers 1303) dans la maison même par Raoul de Gisy, le receveur de Champagne et précepteur de Brie 3. Outre ce précepteur de la maison, il y avait un précepteur de la baillie de Moisy (« ballivie de Moysiaco « ), frère Jean de Cernay, qui, comme tel, alla procéder à une réception vers 1304, en la chapelle du Temple de la Sablonnière; or nous avons vu plus haut que Jean avait été précepteur du Mont-de-Soissons vers 1302 « Procès, tome I, page 520, domus Templi de Moysiaco, Meldensis diocesis. »

D'après un passage du Procès, frère Raoul de Brie, plus connu sous le nom de Gisy, aurait été, lui aussi, vers 1306, précepteur de la baillie de Moisy « Procès, t. I, p. 520 »; mais il faut entendre par là, sans doute, que la maison ou baillie de Moisy était comprise dans la baillie du Temple de Brie et que celui qui pouvait se dire précepteur de la Brie, pouvait à plus forte raison être donné comme maître de la baillie de Moisy.

Nous avons cité, plus haut, le nom du chapelain du Temple de Moisy, frère Albert; ce prêtre originaire de Lorraine « fratre Alberto de Cooperto puteo Lotoringo quondam, presbytero ordinis, in capella domus de Moysiaco, « Procès, tome I, page 528 », habitait la maison depuis l'an 1300 ou environ.

Précepteurs de Moisy-le-Temple
Vers 1286, frère Guillaume de Braye.
En 1307, frère Jean de Cormeilles, sergent.
Précepteur de la baillie de Moisy: vers 1304, frère Jean de Cernay.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

Opérations financières de Moisy-le-Temple
Il semble qu'il ne soit fait qu'une seule mention de la maison de Moisy dans les comptes du Temple déjà cités, et l'on trouve, à la date du 4 juillet 1295, entre les mentions relatives aux précepteurs de la Ville-Dieu, de Chanu, et d'Arville, celle du précepteur de Moisy: « de preceptore Moisiaci, 200 livres 5 sous, in magnis fratrum. »
Sources: Mémoire sur les opérations financières des Templiers, page 176

Olime 985
Arrêt maintenant les Templiers dans le tiers de la mainmorte sur les hommes du trésorier de Meaux habitant la terre du Temple à Moissy (apud Moyssiacum). - Gérard de « Keuresis » était alors bailli de Senlis.
Olim, tome I, folio 39 vº
L'an 1265. Saint-Louis.
Sources: Les Olim ou registres des arrêts rendus par la cour du roi sous les règnes de Saint-Louis, Philippe le Hardi, Philippe Le Bel, Louis le Hutin, et Philippe le Long, Volume 1, années 1254 à 1273. Par Arthur Auguste Beugnot. Paris Imprimerie Royale M. DCCC. XXXIX

 

Molac   (56)
Domaine du Temple à Molac
Département: Morbihan, Arrondissement: Vannes, Canton: Questembert - 56


Domaine du  Temple à Molac
Localisation: Domaine du Temple à Molac


Les deux ordres de Saint-Jean de Jèrusalem et du Temple reçurent au XIIe siècle des biens en la paroisse de Molac, évêché de Vannes.

Nous en avons la preuve dans les deux chartes de 1160 et de 1182; la première confirme les Chevaliers Hospitaliers dans la possession de l'aumônerie de Molac, « Eleemosina de Mollac »; la seconde accorde la même faveur aux Templiers pour leur terre de « MoëLac. »
La tradition attribue à ces derniers chevaliers la construction de la chapelle de Notre-Dame de l'Hermain en Molac, mais c'est tout ce que nous en savons.
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) - Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne - Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902

 

Molay   (89)
Bien du Temple à Molay
Département: Yonne, Arrondissement: Avallon, Canton: Chablis, Commune: Sainte-Vertu - 89


Bien du Temple à Molay
Localisation: Bien du Temple à Molay


Les Templiers y possédèrent une métairie, un moulin et l'ancienne léproserie qu'on nomme l'Hermitage de Saint-Blaise.

Ces possessions qui annoncent la présence incontestable des Templiers à Molay, et le nom de ce lieu identique avec celui que portait le dernier grand-maître du Temple, ont fait croire à plusieurs que ce fut là que Jacques de Molay aurait reçu le jour. Alors, et comme il était noble et chevalier, ainsi qu'il le déclare dans ses interrogatoires lorsqu'il fut mis en jugement, alors, n'aurait-il pas pu être issu d'un des sires de Frolois, grands seigneurs bourguignons auxquels la terre de Molay, près Noyers, appartint de 1250 à 1370 ?

Dans une visite réalisée en 1316 par les commissaires du Grand Prieuré de Champagne se rendirent à Molay, à six lieues d'Auxerre, où la commanderie avait une chapelle dédiée à saint Blaise, chargée de deux messes par semaine, et plusieurs pièces de vigne et de bois, dont le revenu n'était alors que de 426 livres.

C'étaient là les restes d'un ancien établissement du Temple, ruiné depuis des siècles; et vu le peu de produit qu'on en retirait, les visiteurs décidèrent de supprimer la chapelle, dont le service était une trop lourde charge pour le Commandeur.

Voyez la page consacrée à Jacques de Molay, dans la rubrique des Grands-Maîtres.

Jacques de Molay
Cette prétention assez naturelle serait peut-être aussi bien fondée que celle des historiens de la Franche-Comté qui, sans meilleure preuve que l'existence d'un village du même nom de Molay près de Dole, persistent à vouloir que ce personnage, assez tristement célèbre, soit né au château voisin de Rahon et l'un des fils de Jean de Longwy, seigneur de ce lieu, auquel aurait été donné le surnom de Molay, à cause du voisinage de cette terre. Et cependant Saint-Julien de Baleure, qui a établi assez scrupuleusement la filiation de beaucoup de nos anciennes familles historiques ne donne, dans ses Mélanges historiales, qu'un seul fils à ce seigneur de Rahon, qui fut Mathé de Longwy, marié à Alix de Vienne (1).
1. « Il est certain, dit Saint-Julien de Baleure, que messire Mathéy de Rahon eust une fille qui fut mariée à messire Jean de Longwy, dict de Chaussin, d'eux vint messire Mathéy de Longwy qui fut mary de dame Alis de Vienne seigneur de Pidmont, ils eurent un fils nommé messire Henry de Longwy qui épousa dame de Faucougner, etc. » Et pas un mot indiquera un autre fils du nom de Jacques.

Comment notre vieux chroniqueur aurait-il pu omettre de faire mention de Jacques Molay, cet autre prétendu fils de Jean de Lonwgy, après le mémorable et touchant événement de sa chute et de son supplice, qui, malgré plus de cinq siècles écoulés, reste encore profondément gravé dans la mémoire de tous (2) ?
2. Jacques de Molay et Guy, frère du Dauphin, furent brûlés vifs, le 11 mars 1313, sur la place du Pont-Neuf où est la statue d'Henri IV. Cette exécution fut suivie quelques jours après de celle de 59 Templiers sur le lieu où était l'hôtel des mousquetaires. Puis il y en eut encore 54 suppliciés derrière l'abbaye de Saint-Antoine.

Mais nous laisserons cependant ces questions indécises, en rappelant, pour être juste, que ce fut dans la maison du Temple de Beaune que Jacques de Molay vint faire son noviciat et son entrée dans cet ordre fameux avec lequel il devait succomber, faisant remarquer que la ville de Beaune n'est séparée de Rahon et de Molay, du Jura, que par une dislance de 50 kilomètres au plus, tandis que de Molay, près Noyers, jusqu'à Beaune, il y en a au-delà de 120 kilomètres. Les probabilités seraient donc en faveur de la Franche-Comté, d'autant mieux qu'il existe encore en cette province un autre Molay, dans les environs de Gray, dont la seigneurie, au XIIIe siècle, appartenait aussi à un grand seigneur Henri de Vergy, sire de Mirebel, sénéchal de Bourgogne, qui aurait bien pu avoir également un fils cadet qui aurait reçu le nom de Molay. On peut voir au sujet de cette possession un acte de 1256 qui existe aux archives de Dijon par nous consultées.
Sources: César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.

 

Molieres   (11)
Domaine du Temple à Molières
Département: Aude, Arrondissement: Carcassonne, Canton: Capendu, Commune: Villar - 11


Domaine du  Temple à Molières
Localisation: Domaine du Temple à Molières


Les Templiers de Douzens, possédaient à Molières de très nombreux biens en terres, vignes, redevances, moulins, pâturages, honneurs, bâtiments et redevances.

Quelques actes extrait du cartulaire de Douzens
1167, 20 septembre
Raimond Sicfré (Sicfredi) et les siens donnent au Temple leur part, c'est-à-dire le sixième de « l'honneur » qu'ils avaient dans les terroirs de Molières et de l'Ourtigue avec les autres co-possédants (pariarii), et reçoivent pour ce don une aumône de 25 sous melg., bien qu'il s'agisse d'une donation pieuse.

1166 (n. st.), 31 octobre
Raimond de Villar et les siens, Saurine sa parente et les fils de celle-ci donnent au Temple leur part, à savoir le sixième, des biens qu'ils possédaient avec les seigneurs de Villar dans les terroirs de Molières, de l'Ourtigue et de Monthaut, à l'exception d'un champ et d'une modiata de terre qu'ils retiennent en alleu, sous la réserve que, s'ils étendent leurs labours, ils devront l'agrier au Temple; ils reçoivent de lui pour ce don 6 sous ug.
La concordance du 31 octobre avec un lundi s'observe en 1166. Le rédacteur de l'acte semble avoir utilisé le style de l'Annonciation selon le calcul pisan.

1163 (n. st.), 27 février
Pierre de Villar, son frère Raimond et leurs familles donnent au Temple leur part, c'est-à-dire le sixième, des agriers qu'ils possédaient avec les seigneurs de Villar dans la « villa » et le terroir de Molières et dans le bois de l'Ourtigue; ils reçoivent du Temple pour ce don 4 setiers de froment et 4 setiers d'orge.

1167, 11 décembre
Isalguier de Villar et Pierre-Raimond son frère donnent au Temple leur part, c'est-à-dire le huitième, des droits qu'ils possédaient dans le terroir de Molières, et reçoivent en aumône du Temple 10 sous ug., bien qu'il s'agisse d'une donation pieuse.
Sources: Cartulaires des Templiers de Douzens - Publiés par Gérard et Elisabeth Magnou, sous la direction de Philippe Wolff - Paris, Bibliothèque Nationale - 1965

 

Moliets-et-Maa   (40)
Maison du Temple de Moliets-et-Maa
Département: Landes, Arrondissement: Dax, Canton: Soustons, Commune: Moliets-et-Maa - 40


Maison du Temple de Moliets-et-Maa
Localisation: Maison du Temple de Moliets-et-Maa


On trouve dans les Rôles gascons la mention de routes de Saint-Jacques qui ne sont autres que des routes romaines, dit Camille Jullian dans la Revue des Etudes anciennes, 1901, page 222. Or, sur la route romaine du sud, entre la mer et les dunes perpendiculaires, il existait en 1289 une Maison du Temple à Moliets, avec dépendances à Messanges, d'après un document de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem à Malte, cité au Bulletin Borda par l'abbé Départ (1894, page 130).

Moliets était donc le gîte d'étape entre Mimizan, qui avait une abbaye, et Capbreton, où se trouvait une commanderie. La halle suivante, en traversant l'Adour à Hausquette, était à Erromardi (de qui aime, de qui fréquente Rome), sur la côte, avant d'arriver à Saint-Jean-de-Luz. Pour les Basques, comme poulies Gascons, ce qui se rapportait à Rome ou aux pèlerins ne faisait qu'un.
Sources: Saint-Jours, Capitaine des Douanes. Bulletin de la Société de géographie commerciale de Bordeaux. Date d'édition: 1876-1911. Page 166. Sources: BNF

 

Mollissole   (01)
Maison du Temple de Mollissole
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Pont-d'Ain, Commune: Druillat - 01


Maison du Temple de Mollissole
Localisation: Maison du Temple de Mollissole


Dans la région des Dombes, entre Bourg et Lyon, les Templiers possédaient la maison de Molissole, fondée au XIIIe siècle, elle avait de nombreuses dépendances en terres, pâturages, vignes, jardins, moulin, rentes, dîmes et rentes.
Sources: Société Historique de l'Ain; Dictionnaire topographique de l'Ain.

Maison du Temple de Druillat
Ici se trouvait l'importante Maison du Temple de Molissole.

— En 1230, Garnier du Balmey et son frère Aimon firent donation à la maison de Molissole d'une terre et d'un pré situés à Condamine, avec autorisation d'y construire un moulin, un battoir et un foulon.

— En 1232, les Templiers qui y avaient fait bâtir une maison, furent contraints de la démolir sur les réclamations des Chartreux de Meyriat. Josserand était alors précepteur de Molissole.

— En 1238, mois de septembre, Guichard, seigneur d'Anthon, donna aux frères de Molissole tout ce qu'il possédait en fonds ou en directe à Follet et à Gourdans, ne se réservant que la garée du prieuré de Niost.

— En 1253, au mois de novembre, Hugues, fils de Pierre Mouton, leur donna aussi tous les droits et les fonds qu'il possédait à Béligneux.

— A Druillat où se trouvait le temple de Molissole, on ne compte pas moins de cinq lieux-dits qui en rappellent le souvenir: le Temple, Champ du Temple, Terre du Temple, Pré du Temple, Bois du Temple.

— En 1254, le précepteur du Temple de Molissole abergea aux Chartreux de Meyriat tous les cens en blé et en argent qui lui étaient dus dans les villages de Condamine, du Balmay, et tous les droits qu'il avait sur le cours d'eau de la Doye.

— Le vendredi après la Saint-Michel 1302, frère Bérard Robert, précepteur de Molissole, transigea avec Aymon de la Palud, seigneur de Varambon, et Humbert, seigneur de Morestel, au sujet des pâturages de Druillat et de Varambon. Le précepteur obtint que ses hommes seraient exempts de tout service à raison du parcours de leur bétail sur les terres vagues de ces seigneurs, à la condition de faire chanter, le lendemain de la fête de Saint-Michel, une messe pour le repos de l'âme du seigneur de Varambon, et de donner à dîner, ce même jour, à trois pauvres.

— Outre les terres et les rentes qu'ils possédaient à Druillat, les Templiers de Molissole avaient encore quelques prairies dans la paroisse de Sainte-Croix qui firent le sujet d'une transaction avec l'abbé de Chassagne, en 1396, lorsque les Hospitaliers furent entrés en possession des biens du Temple.
Sources: Alain Jantet, l'Ain des Templiers - Edition Trevoux - Archives de l'Ain, archives du Rhône, dictionnaire Topographique et historique de l'Ain.

Mollissole, commune de Druillat (01).
— Moillisola, 1224 (Archives de 1'Ain, H 307).
— Mollysola, 1285 (Polypt. de Saint-Paul de Lyon, page 95).
— Maillisola, 1341 environ (Documents linguistiques de l'Ain, pages 46, 48, 52 et passim).
— Mallisola, 1341 environ (Documents linguistiques de l'Ain, page 51).
— La maison de Maillisola, 1341 environ (Documents linguistiques de l'Ain, page 55).
— Li clodels de Maillisolan, 1341 environ (Documents linguistiques de l'Ain, page 54).
— En Maillisolan, 1361 (Documents linguistiques de l'Ain, page 54).
— Molisola, 1350 environ (Archives du Rhone: titres des Feuillées).
— Domus de Molysola, 1396 (Archives de l'Ain, H 801).
— Mollisola, 1443 (Archives de l'Ain, H 801).
— Mollissole, 1554 (Archives de l'Ain, H 912, folio 16 r

 

Monéteau   (89)
Maison du Temple de Moneteau
Région: Bourgogne, Département: Yonne, Arrondissement: Auxerre - 89


Maison du Temple de Moneteau
Localisation: Maison du Temple de Moneteau


Moneteau, à une petite lieue d'Auxerre. Les Templiers y eurent une maison désignée comme « chef de baillie du Temple », en 1230, dont celle ci-dessus dépendait.

La chapelle de cet établissement donna lieu, en 1260, à une difficulté que nous croyons utile de citer. Les Templiers, dit l'abbé Lebeuf, historien d'Auxerre, qui étaient accoutumés à étendre leurs privilèges au-delà des justes bornes, avaient donné à leur chapelle de Monestal l'extérieur d'une église paroissiale, y avaient fait placer une cloche pour appeler le peuple à leur messe et se permettaient d'y célébrer des mariages; mais Guy de Mello, évêque d'Auxerre, s'y opposa, porta ce conflit devant le nonce du pape et obtint justice.

Lors du procès, en 1310, on voit un frère Jean de Monestal, qui avait été reçu dans le Temple du Saulce, par frère Maurel de Beaune qui en était précepteur.
Sources: César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.

Monéteau, conton d'Auxerre
— Monastallum, XIIIe siècle (Bibliothèque historique de l'Yonne, tome I, page 499)
— Monestallum ultra aquam, 1290 (Chapitre d'Auxerre)
— Monestal, 1311 (Abbaye de Saint-Pierre d'Auxerre)
— Monestaul, 1337 fief qui relève du comté d'Auxerre (Cartulaire du comté)
— Il y avait au XIIe siècle une Maison du Temple, chef de bailly ? Monéteau.
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Yonne, rédigé par M. Max. Quantin. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXII.

Maison du Temple de Monéteau
Les documents concernant la paroisse jusqu'au XVIe siècle sont très rares. Le plus important se rapporte à la juridiction spirituelle. Le Chapitre d'Auxerre était non-seulement seigneur, mais encore curé de Monéteau et, pour remplir cette dernière fonction, il déléguait un de ses membres ou un autre prêtre faisant l'office de vicaire.

Dans le courant du XIIIe siècle, les Templiers possédaient dans le village, sur la rive droite de l'Yonne, une maison dans laquelle ils établirent une chapelle. Peu à peu ils en vinrent à empiéter sur les attributions curiales en célébrant des mariages et en s'attribuant d'autres droits attachés à l'église paroissiale. Le Chapitre, lésé dans sa juridiction, se plaignit à l'évêque d'Auxerre, Gui de Mello (1247-1269) ; mais comme les Templiers ne relevaient que de la cour de Rome, la contestation fut portée devant le légat du pape en France, Simon, cardinal du titre de Sainte-Cécile ; l'évêque obtint une sentence qui condamnait les Templiers à descendre la cloche qu'ils avaient suspendue au-dessus de leur chapelle et à célébrer l'office divin exclusivement pour les religieux de leur communauté (1). Ainsi fut maintenue la juridiction du curé sur toute l'étendue de la paroisse.
1. Bibliothèque historique de l'Yonne. tome I, page 498.

Maison des Templiers
A côté des ordres monastiques qui se répandirent, surtout au XIIe siècle, dans nos contrées et parsemaient de tous côtés des colonies de moines pour défricher les terres et apprendre la culture aux populations de la campagne, on voit apparaître d'autres familles monastiques, moitié religieuses et moitié militaires, qui avaient pour but de s'associer d'une manière permanente au mouvement des croisades et de combattre les musulmans en Terre sainte. Le principal de ces ordres fut celui des Templiers.

Leur règle, tracée par saint Bernard, le grand moine bourguignon, était enthousiaste et austère. Ils devaient toujours accepter le combat, fut-ce d'un contre trois, ne jamais demander quartier et ne point donner de rançon (1).
1. Voir Annuaire, 1882. Quantin.

Les Templiers possédaient, au XIIe siècle, dans la région, plusieurs commanderies. Chacune de ces maisons avait à sa tête un « précepteur » ou maître, et était composée soit de frères prêtres, soit de frères servants employés aux travaux de l'intérieur. Une des premières commanderies fondées dans l'Auxerrois fut celle de Monéteau. Elle était sous la dépendance de la commanderie du Saulce (commune d'Escolives).

Les Templiers de Monéteau firent, au XIIe siècle, plusieurs acquisitions d'héritages dans l'étendue du village. Leur maison se trouvait sur la rive droite de la rivière, à l'endroit où celle-ci fait un coude presque à angle droit et reçoit les eaux du petit ruisseau descendant du Thureau.

En 1235, ils acquièrent d'Ermangarde de Champigny (aujourd'hui les Dumonts), 21 arpents et demi de terre et 8 sous de cens avec un setier d'avoine, sis dans la plaine de l'Yonne, pour la somme de 280 livres tournois. Cette vente est approuvée par Thibault de Champigny, chanoine, Robert, clerc, et Jacoba, leur soeur.

Onze ans plus tard, ils reçoivent d'Adeline, veuve de Jean Escorchebault, le don d'un bichet de châtaignes de rente à prendre sur sa châtaignerie.

En mai 1245, une transaction reconnaît aux « frères du Temple » de Monéteau le droit de moudre leurs grains aux moulins de l'Etang, appartenant aux moines de Saint-Marien, moyennant certaines conditions (2).
2. Archives nationales, Cartulaire S, 5235. ? Cet étang devait se trouver dans la vallée du Sinotte.

L'extension de leur maison poussa les Templiers de Monéteau à empiéter sur les prérogatives du curé. Ils avaient suspendu une clochette au dessus de leur oratoire pour convoquer les paroissiens à leurs offices religieux et ils tendaient à former une seconde paroisse. On a vu plus haut comment ils furent condamnés, vers 1250, par le légat du pape.

Une des principales occupations des frères servants était d'élever du bétail. Les Templiers eurent un accord, en 1252, le 23 février, avec le Chapitre, pour régler les conditions dans lesquels ils pouvaient mettre leurs troupeaux pacager dans la forêt du Bar.
Cette charte, que nous renvoyons aux Pièces justificatives (3), à cause de sa longueur, donne des détails fort curieux sur la manière dont se pratiquait alors le droit d'usage dans les forêts.
3. Voir n° 1.

En 1309, l'ordre des Templiers fut supprimé dans des circonstances extraordinaires et dramatiques qui ont fourni aux historiens le texte d'explications bien diverses.

Dans le procès qui fut instruit contre chacun des membres, un frère du diocèse de Sens, Jean de Branles, déclara devant le tribunal qu'il avait été reçu dans le Temple du Saulce-sur-Yonne par plusieurs frères, et en particulier par « frère Jean de Monéteau » qui l'introduisit dans la chapelle et le présenta au précepteur.

Après cette suppression, les biens de l'Ordre furent abandonnés aux Hospitaliers, ou chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Ces moines soldats, en dehors de leurs engagements, analogues à ceux des Templiers, s'adonnaient au soin des malades et des pèlerins.

En 1426, frère Jean du Bois, commandeur de Saint-Bris et de Monéteau, amodie, à Auxerre, place de la Fanerie, l'hôtel du Chapeau-Rouge, qui était l'ancien chef-lieu de la commanderie des Hospitaliers.

En 1456, il est fait une visite générale des commanderies de France, par ordre du grand prieur, frère Nicole de Giresme. Le procès-verbal mentionne « un meix à Monéteau » appartenant à la commanderie de Saint-Bris.

Comme on le voit, la commanderie de Monéteau avait été supprimée dans le courant du XVe siècle, et elle n'était plus qu'une ferme. Le cultivateur qui la faisait valoir en 1492 portait le nom de Guyot Loiseau (1).
1. Archives de l'Yonne, E 372.

Le revenu se montait, en 1735, à 345 livres. En 1787, il se composait de 50 bichets de blé et de 200 livres de revenu. La maison comprenait un corps de ferme, et les dépendances étaient constituées par 75 arpents de labourage, 60 arpents de pré et 102 arpents de bois.

Forêt de Bar
Accord entre les Templiers de Monéteau et le Chapitre d'Auxerre au sujet des droits d'usage dans la forêt de Bar.

(1252, 23 février).
A tous ceux que ces présentes lettres verront, Nicolas de Manoto, bailli de Sens, salut dans le Seigneur. Savoir faisons à tous qu'un différend s'est élevé entre le doyen et chapitre d'Auxerre, d'une part, et le précepteur et les frères de la milice du Temple, en France, de l'autre. Les Templiers revendiquaient le droit d'usage dans toute la forêt du Chapitre qu'on appelle la forêt de Bar, pour le pacage de tous les animaux de leur maison de Monéteau, soit dans le grand bois, soit dans les taillis ; le Chapitre, au contraire, leur déniait ce droit. Enfin les parties ont transigé par l'accord suivant :

Le Chapitre a assigné la moitié de la forêt aux Templiers pour la pâture des hestiaux de leur maison de Monéteau, à l'exception des chèvres. Il pourra planter en bois (ponere in foresta), l'autre moitié de la forêt dans laquelle les Templiers ne pourront mettre de bestiaux dans l'espace de cinq ans. Après ce temps, le Chapitre pourra vendre cette forêt s'il le veut, ou la garder. Le Chapitre pourra aussi couper l'autre moitié réservée aux Templiers et la conserver en bois pendant cinq années. Pendant ce temps, les Templiers pourront mener leurs bestiaux dans la partie que le Chapitre s'est réservée dans la forêt. S'il arrivait que les deux portions de la forêt, l'une appartenant au Chapitre et l'autre aux Templiers, aient atteint cinq années, les Templiers pourront faire paître leur bestiaux dans n'importe quel endroit de cette forêt, âgée de cinq ans.

Le Chapitre pourra couper ou vendre une partie quelconque de la forêt, s'il lui plaît, pourvu qu'il en réserve la moitié pour le pacage des bestiaux des Templiers, et il ne pourra accorder à d'autres le droit de pâturage dans la forêt. Le Chapitre devra partager la forêt de telle façon que les bestiaux des Templiers puissent entrer dans la partie qui leur est réservée, et en sortir.

A ceux qui avaient coutume, avant cette transaction, de mener leurs bestiaux dans la forêt, le Chapitre permet de continuer, s'ils le veulent, sans aucune opposition, et à condition qu'il ne recevra d'eux aucun bénéfice pour cette permission. Et parce qu'il y a dans la forêt quelques arpents qui sont tenus à cens par le Chapitre, il a été conclu que s'ils viennent à appartenir au Chapitre, ils seront soumis aux mêmes conventions que le reste de la forêt ; mais tant qu'ils seront hors des mains du Chapitre, celui-ci ne s'opposera pas à ce que les Templiers y aient les mêmes droits d'usage qu'auparavant.

Au sujet de cette convention, le Chapitre devra fournir des lettres de lui et de l'évêque d'Auxerre, des Templiers, du précepteur de la milice du Temple en France et du trésorier du Temple, à Paris. L'échange de ces lettres devra être fait dans le courant du mois où le précepteur du Temple de France viendra à Paris. Chacune des parties s'obligera à observer fidèlement cette transaction, sous peine de payer cent marcs d'argent.

Les témoins responsables des Templiers ont été Nicolas Arrode, Thibaut de Neuvy et Thomas de Tiboud ; ceux du Chapitre, Geoffroy, archidiacre de Chartres, l'archidiacre d'Auxerre et Pierre Guignor. Après l'échange des lettres, lesdits témoins seront déliés de leurs engagements.

Moi, Nicolas de Manoto, bailli de Sens, j'ai reçu dans mes mains les gages du consentement des parties et, sur leur demande, j'ai scellé les présentes lettres en témoignage et comme ratification de leur accord.

Nous, Herbert, doyen de l'église d'Auxerre, et Pierre, trésorier du Temple, pour la force et la ratification de cette transaction, nous avons fait apposer notre sceau aux présentes lettres.

Fait à Paris, l'an du seigneur 1251, le premier vendredi après les Brandons (1).
1. Pièce en latin, aux archives de l'Yonne, G. 1941.
Sources: Bouvier, Henri, Histoire de Monéteau : Yonne, page 93, Auxerre 1897. - Bnf

 

Mondoubleau (Le Temple près)   (41)
Le Temple près Mondoubleau
Département: Loir-et-Cher, Arrondissement: Vendôme, Canton: Mondoubleau, Commune: Beauchene - 41


le Temple près Mondoubleau
Localisation: le Temple près Mondoubleau


L'histoire des maisons de Mondoubleau et d'Arville est tellement connexe qu'il est difficile de les séparer.

Le Temple de Mondoubleau, aujourd'hui commune et paroisse du Temple, situé à 7 kilomètres de cette dernière ville, était déjà assez, bien constitué, en 1134, pour recevoir Geoffroy, vicomte de Châteaudun et ses nombreux chevaliers venus conclure un accord avec les moines de la Trinité de Vendôme: « Actum in foreste que Pertieus dicitur, in domo militum de Templo, anno MCXXXIV (Cartulaire de la Trinité de Vendôme. II. p. 264) » C'était par suite une des premières fondations de France, puisque celle de Piusieux-sous-Laons, la plus ancienne en date, remonte à 1130. On peut, sans crainte d'erreur, en attribuer la fondation à Geoffroy, fils de Geoffroy, vicomte de Châteaudun, et seigneur de Mondoubleau et à sa femme Helvise. Dans la charte IV, de 1176, Hugues, le vicomte de Châteaudun, dit expressément que les Templiers demeuraient sur le terrain appelé Défais, donné par son père: « Fratribus Templi, qui in elemosina patris sui manent, scilicet domui que vocatur Defessum. » Et plus loin encore: « Domus sua que in elemosina patris sui et sua sita est. »

Arville, d'ailleurs, eut une même origine, et en cette même année, les chevaliers du Temple s'y trouvaient nombreux et y possédaient de riches troupeaux. Pour faciliter cette exploitation, Hugues permit le transfert libre de 20 vaches et de 10 porcs, d'Arville au Temple, avec le privilège de les faire paître dans ses forêts et d'y prélever le bois mort. L'acte nomme le commandeur, frère Gohier: « frater Goherius, tunc praeceptor domus illius, » et six chevaliers: Henri de Couesmes, Herman de Dreux, Archambaud de la Chaine, Gautier, Regnaud et Guillaume le vigneron, mais le texte ne dit pas clairement s'ils habitaient Arville ou le Temple près de Mondoubleau.

On voit déjà la dépendance de ces deux maisons dont les revenus sont ainsi mis en commun. Le droit concédé par le vicomte va d'ailleurs engendrer bientôt des contestations qui accentueront la confusion au bénéfice d'Arville.

De plus, une charte de Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou, qui n'est certes pas postérieure à 1130, nomme comme témoin Guillaume d'Arville; « Guillelmus de Aridavilla. » Si on veut voir en lui un commandeur d'Arville, et nous trouverons un cas semblable entre 1227 et 1239 où le doute n'est pas possible, Arville aurait été fondé simultanément avec le Temple près Mondoubleau.

Arville reçut en 1185 du comte Thibault de Blois l'abandon en toute propriété des gages des duels (Charte XIII: Thibaud, comte de Blois, abandonne aux Templiers les gages des duels et des hommes d'Arville). En 1199, Raignaud d'Alluyes donne deux charretées de bois dans la forêt de Montmirail (Charte XXXI: Donation par Regnauld, seigneur d'Alluyes, de deux charetées de bois dans la forêt de Montmirail, aux Templiers d'Arville, et confirmation aux mêmes Templiers de la maison de Mellerets, donnée par Guillaume Gouet, son prédécesseur.). Enfin, en 1208, Robert d'Avelin, commandeur d'Arville « praeceptor » est présent avec ses religieux. Laurent et Garin, à la donation des terres sises à La Bourdinière, par Robert de Chartres (Charte LII: 1208 - Robert de Chartres, fait accord avec les Templiers au sujet de la terre de la Bourdignière, à Saint-Loup. Pour obtenir le pardon de ses injustices et de celles de ses ancètres, il ajoute 5 setiers de terre au Bois-Mivoye.). L'année suivante, Hugues Maître ou Marcq, commandeur, « praeceptor Areville » fut témoin de la cession par Albert d'Ormoy d'une maison sise à Chatonville.

Cependant des difficultés avaient surgi pour la jouissance de la forêt. Dès 1205, la discorde battait son plein. Les seigneurs de Mondoubleau, vicomtes de Châteaudun, prirent ombrage de la puissance et de la richesse des nouveaux chevaliers, et après leur avoir fait dans le principe d'abondantes aumônes, ils les poursuivirent de leurs injustes vexations.

Le vicomte Geoffroy IV voulut empêcher les Templiers de conduire leurs hommes faire des convois en dehors de la châtellenie de Mondoubleau, leur interdire d'avoir un four, d'étaler les marchandises, de recueillir la fougère dans le bois, etc. Un accord fut cependant conclu, mais sans chance de durée: le four fut réservé aux religieux et à leurs familiers, les autres habitants de la ville du Temple cuiront leur pain au four du vicomte, le droit d'étal fut restreint aux denrées, la vente des grains, chevaux et bestiaux restant soumise aux droits seigneuriaux, les autres privilèges furent purement confirmés (Charte XLII: Juin 1205 - Geoffroy, vicomte de Châteaudun se désiste de toutes ses réclamations contre les Templiers; il leur accorde le droit de four dans le bourg du Temple, le chauffage et la fougère dans ses forêts, en particulier dans celle du Défens, le pacage pour leur troupeaux, et la faculté de vendre des vivres à l'étal), Les différents droits d'usage dans la forêt du Bouchet, une première fois reconnus par le vicomte cette même année 1205 (Charte XLIII: Accord entre Geoffroy de Châteaudun et les Templiers sur leurs droits respectifs dans la forêt de Bouchet), furent l'objet d'une nouvelle convention en 1212. Les Templiers, pour avoir la paix, en firent abandon en échange de 45 arpents de bois en un seul tenant; le vicomte, toutefois, s'y réservait le droit de chasse et de poursuite pour le cerf et la biche, le sanglier et le chevreuil (Charte LII: 1208, Robert de Chartes fait accord avec les Templiers sur la terre de La Bourdinière, à Saint-Loup, pour obtenir le pardon de ses injustices et de celles de ses ancètres, il y ajoute 5 setiers de terre au Bois-Mivoye).


Eglise du Temple
Eglise du Temple - Sources: Le Temple


La querelle s'envenima bientôt à ce point que l'abbé de Sainte-Geneviève de Paris, délégué par le Pape, se vit obligé d'excommunier le terrible vicomte qui de bienfaiteur était devenu persécuteur acharné. Le pape Honorius III confirmait de son autorité souveraine cette terrible sentence, le 30 mai 1216 (Charte LXVIII: Le pape Honorius III confirme la sentence prononcée contre le viconte de Châteaudun par l'abbé de Sainte-Geneviève).

Geoffroy avait enlevé deux chevaux et une charrette à deux serviteurs des Templiers, extorqué 30 sols à l'un, 4 livres à un autre, emprisonné plusieurs manoeuvres employés à creuser les fossés, avait fait faucher l'étang d'Aigues-Mortes extirper le bois du Deffais, encombrer les chemins qui vont du Temple à Mondoubleau, Arville et Châteaudun, etc. Mais vaincu par l'excommunication du Pape, il consentit enfin à l'accord amiable proposé par les juges, à savoir à payer aux Templiers la somme de 80 marcs et à reconnaître les droits des religieux, mars 1217 (Charte LXX: Sentence condamnant Geoffroy IV, vicomte de Châteaudun, à payer 80 marcs pour les dommages qu'il causé aux Templiers, et à rendre à leurs hommes ce qu'il leur avait enlevé, à ne plus faucher les marais d'Aigues-Morte ou Mortève, et à cesser toutes ses injustices). Ceux-ci s'empressèrent de mitiger ces dures conditions, lui firent remise de la somme d'argent et lui permirent d'exploiter le bois du Deffais sans nuire à leur droit d'usage, etc., novembre 1218 (Charte LXXIII: Accord entre le vicomte de Châteaudun et les Templiers, par lequel le vicomte s'engage à respecter les droits des Templiers sur Aigues-Morte ou Mortève, sur le bois du Défens, et à ne pas barrer les chemins du Temple à Châteaudun, et enfin à payer 30 marcs pour les dommages et intérêts).

Ces troubles, malgré leur solution favorable, semblent avoir été funestes à nos chevaliers d'Arville et du Temple près de Mondoubleau. Les donations disparurent ou du moins il ne nous en reste plus de trace. Les chartes désormais sont muettes.

Signalons toutefois la présence, le 12 juin 1218, d'un Guillaume d'Arville à la dédicace de l'abbaye des Clairets (Cartulaire des Clairets, par le vicomte de Souancé, charte LIII). De même Renaud d'Arville en 1227 donnait à l'abbaye de Saint-Avit une rente d'un 1/2 muid de blé. Ce qui nous porte à croire que l'un et l'autre étaient commandeurs d'Arville, c'est qu'en 1239, Albéric. évêque de Chartres, fit sommation au précepteur d'Arville en personne « magistro domus militiae Templi de Aridavilla » d'avoir à payer cette dernière rente (Charte CXXVII: Lundi 20 juin 1239, Albéric, évêque de Chartres, écrit au Maître du Temple d'Arville de payer à l'abbaye de Saint-Avit une rente d'un demi-muid sur le moulin de Launay, près de Saumerais). Les Templiers ne se seraient pas ainsi substitués à un étranger pour subir les charges qui lui incombaient.

Enfin en 1270 Randoin ou Baudouin de Cornouailles et Culvende sa femme, se donnèrent eux et leurs biens à Dieu et à la maison du Temple selon les us et coutumes d'Arville (Charte CLXVI: février 1270, Randoin de Cornouailles et sa femme Culvende se donne eux et tous leurs biens aux Templiers, en particulier une maison près de la Porte Saint-Jean-en-Vallée).

Arvile et le Temple de Mondoubleau sous les Hospitaliers
Nous trouvons encore mention d'un commandeur d'Arville en 1380, Jean Le Tort, qui avait été commis à gouverner la commanderie de Chartrain, et reconnaissait devoir à Oudart de Cloyes 18 muids de grains pour cause de la moitié des dîmes de Chatillon-en-Dunois.

Le Temple de Mondoublel n'est pas plus favorisé. La principale mention est celle de la franchise que les Hospitaliers accordèrent en 1326 aux habitants, bourgeois et mansonniers de l'Hôpital de tous les droits de terrage, moyennant un cens annuel de 4 deniers par arpent de terre et les dîmes.

Le Livre-Vert donne le procès-verbal de la visite de 1495: « Le membre d'Arville, y est-il dit, a ung villaige de XXV ou XXX feuz, tous hommes de la Commanderie, a toute jurisdiction et justice levée, ou a une églize parochiale fondée de Notre-Dame, servie par ung frère chapelain, à présentation de Mgr le Grand Prieur de France, et y a une maison de la commanderie fort vieille et demyte, et donne de prouffit en argent LXIIII livres, XIII sols, VI deniers, III sestiers de meteil et un muis, V sestiers d'avoine.

« Au Temple-lez-Mondoubleau, le villaige dudit lieu est de XVI ou XX feuz, hommes de la commanderie à toute juridiction, ou à une église parochiale fondée de Notre-Dame et de Saint-Jehan, servie par ung frère et y a une maison fort vieille et en ruyne, où ledit frère chappelain faict sa résidence et donne de prouffict adjoint avec Groschenne et Materas LXXXl livres IIII sols VIII deniers. »


Le Temple de Mondoubleau
Le Temple de Mondoubleau - Image Jack Bocar


L'église du Temple fut probablement construite par les Templiers. En voici la description technique donnée par M. Launay dans son Répertoire archéologique de l'arrondissement de Vendôme:
« Eglise paroissiale de la sainte Vierge, du XIIe siècle, comprise dans l'enclos de la Commanderie. Construction d'époques différentes. Longueur, 32 mètres; largeur, 9,20 mètres; hauteur. 5,30 mètres. Tour quadrangulaire, élevée en dehors du mur du Sud. La partie primitive depuis le pignon ouest jusqu'à la tour inclusivement, mesure 22 mètres environ. Elle est éclairée au midi et au nord par d'étroites fenêtres romanes, au-dessous desquelles se terminent en rampe des contre-forts peu saillants. Pignon ouest percé d'une fenêtre à la hauteur des autres, et dans la pointe de deux ouvertures du XIIIe siècle, avec écusson dans l'intervalle portant la croix des Templiers.


Le Temple de Mondoubleau
Le Temple de Mondoubleau - Image Jack Bocar


Le clocher Tour rectangulaire de 4,45 mètres sur 3,75 mètres et 16 mètres de hauteur. Chapelle au rez-de-chaussée avec voûtes à nervures. Restes de fresques couvrant autrefois les murs. Fenêtre élancée à cintre brisé, au midi. Toit pyramidal en charpente, incendié en 1782, cloche fondue. La partie de l'église à l'Est date du commencement du XVIe siècle.


Le Temple de Mondoubleau
Le Temple de Mondoubleau - Image Jack Bocar


Elle est percée, au midi, d'une fenêtre ogivale surmontée d'un fronton aigu dont les rampes sont ornées de crosses et de statuettes d'anges à leur naissance et à la pointe. Pignon est à doubles contreforts saillants aux angles et percé de trois fenêtres ogivales, à larges embrasures intérieures, descendant jusqu'au sol. Rampes à crosses et statuettes. Lambris de la voûte de 1537 (M. Beauvais de Saint-Paul a lu 1553). Ancien pèlerinage à la Vierge. »

« Le lambris, nous écrit-on, avait beaucoup de ressemblance avec celui de la salle des Etats du château de Blois. Dans la partie supérieure on voyait autrefois, dans un ordre symétrique, les bâtons de commandeur, terminés par une belle fleur de lis dorée, qui furent barbouillés de chaux à la Révolution. »

Les bâtiments de la commanderie étaient assez vastes et mesuraient 20 mètres sur 11. Les quelques vestiges qui en subsistent dans le presbytère, spécialement un pan de mur d'une grande épaisseur avec deux fenêtres primitives à plein cintre, conservent le caractère indéniable du XIIe siècle.

Le terrier S. 5426 des Archives Nationales, dressé en 1640, pour Gilles de Bernard de Courmenil, commandeur de Sours, seigneur châtelain du Temple de Mondoubleau contient quelques lignes de description: « Le domaine consistant en un grand corps de logis appelé l'Hospital, assis proche de l'église dudit Temple, consistant en chambres basses, chambres hautes, greniers, une salle où se tient la jurisdiction... la prison de la chastellenie du Temple... estables, cours, jardins, bois taillis, etc. »

Les principaux déclarans sont: Marie du Plessis, veuve de Jehan de Coustances, escuyer, sieur de la Maillardière (On connaît deux Maillardières, une à Sarge et l'autre à Cormenon); Claude de Coustances, son fils aisné; François

Lhermite, escuyer, sieur de Prazé (Il y a dans l'église un tableau au maitre-autel représentant le Rosaire donné par le sieur de Rougerie de Prazé, 1645, peint par Janvier: « F. Janvier, invenit et pinxit, 1645. »); Jehan Brossier, sieur de la Morandière, baron de Mondoubleau; René Viau, conseiller ordinaire de Mgr le prince de Condé, Bailly de Mazangé; Pierre de Courtalvert (Le peuple dit encore Courtalvert pour Courtarvel, famille actuellement éteinte), escuver, sieur du Grand-Boucher; Renée de Courtalvert, veuve de Louis d'Espiers, escuyer, sieur des Matraz; Marguerite du Bouchet, veuve en deuxièmes noces dudict seigneur des Matraz; Charles de Félines, escuyer, sieur de Villersfaux.
Sources: Abbé Charles Métais - Les Templiers en Eure-et-Loir - Histoire et Cartulaire - Archives du diocèse de Chartres - VII - Chartres 1902

 

Mons (Ain)   (01)
Domaine du Temple à Mons
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Pont-de-Veyle, Commune: Laiz - 01


Domaine du Temple à Mons
Localisation: Domaine du Temple à Mons


— Terntorium de Mont.
— Les templiers de Laumusse étaient possessionnés dans ce village, en vertu de donations que leur firent, en décembre 1236, Thomas de Tornas, écuyer, et, en avril 1238, Etienne de Châtillon, chevalier.
— Documents de Dombes, tome I, page 112.
— Archives du Rhône, Inventaire de des titres de Laumusse de 1627, fº 8.

Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.

 

Mons (Corrèze)   (19)
Maison du Temple de Mons
Département: Corrèze, Arrondissement: Tulle, Canton: Naves, Commune: Saint-Hilaire-Peyroux - 19


Maison du Temple de Mons
Maison du Temple de Mons


La commanderie du Temple de Mons, dans la paroisse de Varetz occupe le sommet d'une petite colline qui s'avance en promontoire sur la vallée de la Vézère à peu de distance du confluent de cette rivière avec la Corrèze. Elle se compose d'un bâtiment rectangulaire de trente mètres environ de longueur sur huit mètres de largeur, orienté d'est en ouest, et d'une grande cave voûtée, de six mètres sur six, extérieure à la construction principale, à laquelle elle est reliée par un escalier intérieur en pierre bien conservé. L'origine de ces constructions remonte aux Chevaliers du Temple, vers le XIIe siècle.

La façade sud était percée de trois ouvertures ogivales dont deux ont été bouchées par l'adjonction vers le XVe siècle, d'une tour carrée, renfermant un escalier à vis, qui sert encore aux propriétaires actuels (Figure 1).


Commanderie de Mons, façade sud
Commanderie de Mons, façade sud



On remarque plusieurs fenêtres à meneaux des XVe et XVIe siècles, dont une assez richement décorée, porte deux écussons jadis peints et est ornée de deux têtes d'homme d'une sculpture assez naïve et réaliste (Figure 2)


Commanderie de Mons, fenêtres à meneaux
Commanderie de Mons, fenêtres à meneaux


Des écussons garnissent également les autres fenêtres, ainsi que deux grandes cheminées en pierre, remontant à la même époque de transformation de l'ancienne demeure des Templiers On y retrouve les trois demi-vols des Grain de Saint-Marsault et peut-être les billettes des Ferrières, surmontés, les uns et les autres d'une croix en chef.

Il existait autrefois une chapelle, malheureusement détruite depuis longtemps, et dont il n'a été retrouvé, lors des réparations effectuées en 1871 par la famille des propriétaires actuels, qu'une partie des fondations, remarquables par l'épaisseur des murs qui atteignait près de deux mètres. Cette chapelle était placée sous le titre de saint Jean-Baptiste ; elle n'était pas paroisse, mais un simple oratoire, pour l'usage du commandeur, qui devait y faire célébrer la messe les dimanches et jours de fête, et pour celui de ses domestiques et des habitants du village de Mons (1).
1. Visite du Membre du Temple de Mons, le 11 mai 1616 Archives de la Corrèze, H 98.


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D'après l'abbé Poulbrière (2), cette chapelle, qui possédait d'ailleurs deux autels, était également sous le vocable de saint Rémi. Un procès-verbal du 17 mai 1704, dont il sera parlé plus loin, constate en effet qu'il s'y trouvait à cette époque des reliques de ce saint. Ce sont sans doute celles que l'abbé Poulbrière signale en 1906 comme possédées par l'église de Varetz, où elles auraient été transférées quand la chapelle de Mons a disparu.
2. Dictionnaire des Paroisses du diocèse de Tulle, Tome III, voyer Varetz.

Le culte du baptiseur de Clovis et des Francs s'associait naturellement à celui du saint qui avait baptisé le Sauveur. Aussi saint Rémi était-il dans la localité l'objet d'une vénération spéciale. Une fontaine située sur le bord de la route de Varetz à Larche, au bas de la colline sur laquelle est bâtie la commanderie, et dont l'eau passait à la fois pour guérir les maux d'yeux et pour donner les fièvres, conserve encore aujourd'hui son nom. On y « portait la procession » en temps de sécheresse pour y venir « chercher la pluie », et l'on prétend que la procession, partie de l'église paroissiale avec le soleil, revenait à son point de départ avec la pluie.

Une curieuse légende s'y rattache encore. Celui des habitants du village de Mons qui s'étant levé « à la pique du jour, arrivait le premier à la fontaine Saint-Rémi y trouvait une paire de bœufs tout liés pour le labour. Il pouvait s'en servir durant la matinée, mais dès que tintait l'Angélus de midi il devait les ramener à la place où il les avait pris et d'où ils disparaissaient aussi mystérieusement qu'ils étaient venus. Il faut croire qu'il s'est rencontré, au cours des temps, un laboureur peu scrupuleux, qui aura voulu conserver au-delà du terme fixé l'attelage de saint Rémi, et que c'est en punition de son impiété que les bœufs miraculeux n'ont plus jamais reparu.


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La chapelle de Mons renfermait les tombeaux des commandeurs, notamment celui de Géraud, qui y avait son portrait à côté de celui du Commandeur de Naberat.

La cloche, enlevée à la Révolution par un habitant du village du Temple et transportée à Brive dissimulée dans une charrette de fumier, subsiste encore aujourd'hui et sert à l'église de la Chapelle-aux-Brocs. Elle porte la date de 1608 et est placée sous l'invocation de saint Jean-Baptiste. L'inscription qui y est gravée lui donne pour parrain Ferréol Balbe, commandeur, et pour marraine Toynette Pascharelle. Elle est timbrée de trois écus, portant sous le chef de l'Ordre les armoiries du commandeur, trois étoiles ou molettes dominant une croix de Malte (3).
3. Dictionnaire des Paroisses du diocèse de Tulle, Tome III.

On remarque dans la cour de la commanderie un ancien puits, à margelle moulurée, d'une profondeur de dix à douze mètres, et où il a été trouvé, lors d'un curage effectué vers 1884 une pièce d'argent à l'effigie de François Ier. On a trouvé également, au cours de travaux de terrassement, une pièce à l'effigie de Louis XIV jeune, et un sceau du Pape Clément VI, et enfin, lors de la démolition de divers bâtiments relativement récents, plusieurs colonnettes en pierre calcaire, de style nettement roman, des chapiteaux à coquille, un bénitier monolithe, une petite croix de pierre du genre dit croix de pèlerins, une pierre tombale, en forme de chasse, timbrée d'une croix de Malte, avec imbrications sur les pans coupés, et une autre pierre de cinquante centimètres sur vingt centimètres, portant en latin du XIIIe siècle, l'épitaphe, encore très lisible, du chevalier Hélie de Cornil :


Commanderie de Mons, Figure 3
Commanderie de Mons, Figure 3


HELIAS DE CORNELIO [JACET HIC] TUMULATUS
MILES ERAT SATIS INSIGNI DE STEMMATE NATUS

MILICIAM DU[M] NON CAUTE SECTATUR OBIVIT
HOC TEXEROS ANNOS NON MATURESCERE SIVIT
OCTOBRI QUE PRIMA DIES FUIT, ULTIMA LUXIT
ILLL. CUI GENITOR LUCIS SUPER ETHERA DUX SIT.

Hélie de Cornil gît ici, sous ce tombeau. C'était un chevalier de maison assez marquante. En suivant la milice avec trop peu de précautions, il a trouvé la mort. Ce qui n'a pas permis à sa tendre jeunesse d'arriver jusqu'à maturité. Le jour qui est le premier jour pour octobre fut le dernier qui ait brillé pour lui. Daigne le Père de la lumière le conduire en son ciel.
(Lecture et traduction M. Poulbrière)


* * *


La commanderie de Mons, fondée par les chevaliers du Temple, a passé, lors de la suppression de l'Ordre en 1312, aux Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, plus connus sous le nom de Chevaliers de Malte, qui l'ont conservée jusqu'à la Révolution. Elle rassortissait à la commanderie du Temple d'Ayen, dont elle formait « un membre, estant cependant comme le chef et principalle demeure du commandeur (4) »
4. Visite du 11 mai 1616. Archives de la Corrèze. H 98.

Des propriétés et des droits divers en dépendaient. Il est assez difficile d'en apprécier exactement l'importance, qui a dû d'ailleurs varier suivant les époques. Une sentence, rendue le 27 mars 1448, par Jean de Bretagne, vicomte de Limoges, pris comme arbitre entre frère Jean Cottet, chevalier commandeur de Poliac (?) et du Temple de Montz... d'une part, et Jean Beaupoil, « escuyer à cause du chasteau nouvel (Castel-Novel), d'autre part donne cependant à cet égard quelques indications. La contestation soumise au vicomte de Limoges portait principalement sur la propriété de diverses pièces de terre, clos ou prairies, d'un lai et d'une « serve (mare) », située dans la plaine entre la commanderie et le château de Castel-Novel.

La sentence donne comme limite aux propriétés des deux plaideurs un petit ruisseau qu'elle dénomme « rieu de Lira Mahana. » Il n'a pas été possible d'en retrouver l'emplacement exact, mais il ne devait pas être très éloigné des limites actuelles du domaine de Castel-Novel, de ce côté, si même il ne se confondait pas avec elles. Elle attribue toutefois au commandeur au-delà de cette limite, un clos en contestation, appelé « clos Manhac. »

Il restait donc entre le rieu de Lira Mahana et la colline du Mons, un vaste espace de terrain attribué au moins en partie à la commanderie. Il s'y ajoutait un moulin au bord de la Vézère, au droit de la fontaine Saint-Rémy ; ce moulin a disparu complètement depuis lors. Nous verrons qu'il était déjà ruiné en 1616 et considéré comme à peu près irréparable.

Le commandeur est autorisé par une disposition particulière de la sentence à « tenir s'il veut, une nau de maison (bac pour le passage de la rivière) entre le moulin dudict commandeur et ledict lai pour le service seulement dudict commandeur, de sa maison et de ses hommes » ; mais il lui est interdit de faire ou laisser passer aucun étranger, au préjudice de la nau de Castel-Novel, qui était sans doute banale, et il est précisé que s'il le faisait il devrait en rendre compte par serment et « porter l'argent et pontonnage audict chastel. »


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Parmi les revendications du commandeur, figuraient celle « des quatres croix. » Voici comment s'exprime à ce sujet, la sentence de 1448:
« Davantage nous ont dit les susdicts y avoir en ladicte commanderie du Temple de Montz quatre croix appelées autrement la franchise de ladicte commanderie (5), aux-quelles le chappellain dudict sieur commandeur du Temple de Montz a coustume faire la procession les jours de rogations, la première est appelée Poteyres, la seconde des Bernards, la troisième de Sainct Rémy et la quatriesme la croix du cymetière, entre lesquelles ledict sieur commandeur a toute franchise et juridiction basse, néantmoins en ce qui est des prés et clostures de sa maison il a toute franchise, sans que aucun seigneur y aye que voir ny cognoistre. »
5. Les limites des franchises, en particulier des franchises communales, étaient souvent marquées par des croix.

Dans quelle mesure cette prétention fut-elle accueillie ?
La sentence n'est pas d'une clarté absolue à cet égard : il semble toutefois que le commandeur n'ait pas obtenu tout ce qu'il demandait.

Elle confirme en effet ses privilèges et franchise dans l'enclos du Temple, mais, « réserve toute justice et obéissance audict chastel Nouvel, comme estant dans les fins et limites dudict chasteau et chastellenie de Chasteau Nouvel. » Et elle ordonne plus loin que les dixmes se payeront audict chastel, ainsy qu'est de coustume payer par les hommes de ladicte commanderie et autres. » Enfin, chaque partie ayant triomphé sur certains chefs et succombé sur d'autres, les dépens sont compensés.

Le libelle de la sentence est suivi d'une « Enquête et veue figurée de la séparation et limites des terroirs du Temple de Montz et du Chasteau Nouvel par Martial Audrier, conseiller en la cour de parlement de Bourdeaux (6). »
6. Archives de la Corrèze. H. 98.


* * *


Cent vingt-cinq ans plus tard, le 25 juillet 1573, un contrat est passé entre François Sudrie, marchand de Brive, et quatre autres habitants de la même ville pour mettre en société par cinquièmes le bail à ferme qu'il a obtenu pour trois années de Charles de Saint-Viance, commandeur de Carlat, visiteur général de l'Ordre de Malte, « de la commanderie du Temple de Mons, avec ses annexes d'Ayen et dépendances d'icelle » suivant afferme reçue par Bosredon, notaire de Varetz. On peut en conclure que cette ferme représentait une valeur d'une certaine importance.

On peut remarquer, à propos de ce contrat, que le rédacteur, plus soucieux sans doute des réalités que respectueux de la légalité, qualifie la commanderie d'Ayen d'annexe de la commanderie de Mons, alors qu'en droit Mons était au contraire une annexe ou « un membre » d'Ayen.

Il semble que nous ayons atteint à ce moment l'heure de la plus grande prospérité de la commanderie de Mons. Les guerres de religion viennent dévaster la contrée, et, comme il est naturel, le fléau s'abat plus durement sur les possessions ecclésiastiques. Mons est ravagé sous les commandeurs Gabriel Géraud et Ferréol Balbe. Ce dernier tente cependant quelques timides essais de restauration ; le procès-verbal de visite de 1616, dont nous parlerons tout-à-l'heure, lui attribue en effet l'édification d'un petit oratoire, destiné sans doute à remplacer provisoirement la chapelle ruinée, et nous savons d'autre part qu'en 1608, il a été parrain de la cloche de la chapelle. Il meurt probablement peu de temps après et n'est pas remplacé immédiatement, puisqu'on dresse le 12 avril 1615 un inventaire des meubles trouvés à Mons « lors du décès de feu frère Ferréol Balbe, dernier commandeur de ladicte commanderie » et qui avaient été confiés à la garde de Jean Bosredon, prêtre du village de Bosredon, qui était venu à cet effet habiter la commanderie de Mons (7).
6. Archives de la Corrèze. H. 98.


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Le premier mai 1616 le nouveau commandeur, frère Anne de Naberat, « docteur es droicts, prieur des prieurés de Sainct Chartrier et Sainct Jean d'Aix, aumônier ordinaire du Roy, » est mis en possession par Charles de Saint Viance, commandeur de Carlat. La copie d'un procès-verbal détaillé de l'installation et de la visite qui va suivre existe aux Archives de la Corrèze (H 98).
Il commence par relater le titre du nouveau commandeur, des bulles et provisions, « en peau de parchemin, langage latin », du Grand Maître de l'Ordre de Malte, frère Allof de Veniacourt, enregistrées en chancellerie le 11 décembre 1614.
Les formalités d'usage sont minutieusement accomplies.

Le commandeur de Naberat est introduit dans la chapelle et installé dans le siège réservé à sa fonction ; on lui fait baiser l'autel, toucher le livre missel, et la cloche sonne ; la messe est ensuite célébrée. Comment ces cérémonies s'accordent-elles avec l'état de délabrement et de ruine de la chapelle ? Il y a là un point qui demeure obscur.

Le procès-verbal de visite, tant de la chapelle que des bâtiments et des domaines, dressé le 11 mai suivant, à la requête du nouveau commandeur, qui ne veut pas qu'on impute à sa faute et coulpe « les grandes ruines et despérissements, desmolitions de presque toutes les églises, chappelles, maisons, moulins, usurpations et procès advenus du temps de ses prédécesseurs, frère Gabriel Géraud et frère Férréol Balbe, les guerres passées », est à cet égard d'une lamentable éloquence. La voûte de la chapelle est fendue en plusieurs endroits, un des coins qui la soutiennent est rompu et brisé par dehors, la moitié de la toiture a disparu ; aux murs du chœur de grandes lézardes vont jusqu' à terre, le grand portail est béant, la pierre de l'autel est rompue aux deux coins, les armoires pour les ornements ont leurs portes brisées ; il n'y a plus de tabernacle ni de custode, les ferrements seuls subsistent. Du mobilier et des ornements il ne demeure que d'informes débris. Les mots « rompus » et « brisés » reviennent à chaque ligne sous la plume des enquêteurs ; on devine la dévastation voulue, la destruction intentionnelle autant et plus peut-être que le pillage.

Enfin les visiteurs notent en passant qu'il n'y a aucun clocher, et qu'il y a néanmoins sur le galetas (grenier) une cloche, sans doute celle qui avait été consacrée en 1608, huit ans auparavant, sous le parrainage du commandeur Férréol Balbe.

Dans les bâtiments d'exploitation, qui sont nombreux et relativement importants, la dévastation est presque pareille ; il s'y ajoute les conséquences d'un manque d'entretien prolongé. Le puits est « tout rompu par le dedans » les murailles du jardin sont « rompues des quatre costés », ainsi que la porte, « des pierres avec de la terre estant au dessoubs de ladicte porte pour empescher que le bétail n'entre audict jardin. »

La grange tombe en ruines ; il y pleut de tous côtés ; un des pignons de pierre est « tout rompu par le hault » ; quatre soliveaux du fournil sont brisés.

Les visiteurs passent ensuite à la maison d'habitation.
Si la dévastation est moins accentuée, les effets du défaut d'entretien sont plus sensibles encore. Presque partout les vitres sont brisées, les fenêtres en morceaux, les serrures, quand il y en a, n'ont plus de clés, les cloisons sont à moitié abattues, le plancher haut (plafond) de la cuisine est étayé par des piliers de bois, les planchers bas du grenier sont « rompus et brisés en plusieurs endroits. »

Il manque des tuiles à la couverture. Aussi est-ce avec une sorte d'étonnement que les visiteurs notent au passage que la girouette au-dessus du bâtiment de l'escalier est « en bon estat. »

Le moulin sur la Vézère est en ruines ; il y a neuf ou dix ans qu'il n'a pas tourné. Il manque trois meules sur six ; les canaux sont ensablés ou convertis en pacages ; « l'escluse et prinze d'eau de ladicte rivière de Vezes (Vézère) toute rompue », presque toutes les pierres « ayant été emportées par le grand cours d'icelle et pour n'avoir pas été entretenues. » La remise en état est estimée à la somme, énorme pour l'époque, de trois mille livres au moins.

Les garennes sont « gastées et mal entretenues » ; il y a été coupé depuis peu de temps quarante-sept arbres.


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A la suite de cette visite, une ordonnance intervint, prescrivant au commandeur de Naberat de faire exécuter au moins les réparations les plus indispensables. Tout d'abord démolition de la voûte de la chapelle, qui sera remplacée par un plancher de bois avec grenier au-dessus ; édification d'un clocher, avec guérite ; fermeture du grand portail par une porte en bois.

Il devra faire repasser les couvertures de la maison et de la grange. En ce qui concerne le moulin, les frais de construction étant hors de proportion avec le revenu probable, les améliorations à y faire sont remises à sa discrétion et volonté.

Par contre l'ordonnance l'oblige à faire planter à l'entour de ses domaines mille arbres ou piéboux (peupliers), et à faire planter ou provigner dans la vigne de la commanderie mille pieds de vigne ce qui suppose un état d'entretien vraiment lamentable.

Enfin il lui est enjoint de « continuer à faire recognoistre les terriers de ladicte commanderie », tache commencée par ses deux prédécesseurs immédiats, et de constituer ainsi un nouveau terrier en deux extraits, signés, l'un pour mettre dans les archives de l'Ordre à Lyon et l'autre dans le cabinet ou archives de la commanderie « pour la commodité des fermiers. »

On sait en effet par une curieuse lettre, écrite par le commandeur de Naberat à M Chabran, fermier général du Temple d'Ayen, et datée de Paris, janvier 1619, que la perte des titres anciens avait été très préjudiciable à l'Ordre. « Mes prédécesseurs, écrit-il, se sont dessaisis de tous leurs vieux et antiens titres et les ont délivrés aux fermiers particuliers des membres escartés de Saint Jean de Domme et de Saint Légier, d'Argental, de Salon, mesmes du Temple d'Ayen, mesdicts prédécesseurs ne se sont réservé ce que concernait le Temple de Montz et ses annexes, voylà le malheur de la perte de la Commanderie (8) »
8. Archives de la Corrèze. H 98


* * *


Comment ces prescriptions turent-elles exécutées ? Le texte même de l'ordonnance constate l'empressement du commandeur de Naberal à se soumettre aux injonctions des enquêteurs. Il traite immédiatement à forfait avec quatre entrepreneurs pour la réparation de la chapelle et l'édification d'un cabinet d'archives, moyennant une somme totale de cent soixante-quatre livres, et impose aux fermiers du domaine la charge d'exécuter les plantations d'arbres et de pieds de vigne. Un procès-verbal de visite, dressé d'ailleurs quatre-vingt-dix uns plus tard, le 17 mai 1704, (on n'était pas au siècle de l'électricité) par frère Libéral Geouffre d Aurussac, vicaire général du prieuré d'Auvergne et frère Jean-Louis Darche prêtre conventuel, constate que des acquisitions assez importantes ont été faites, « en exécution de l'ordonnance. » Il donne la liste des objets du culte qui ont été représentés aux enquêteurs ; « deux chasuhles, un crucifix sur croix de letton, un missel, un relicaire ainsi qu'un corporalier, une bource et trois purificatoires, un voile de satin blanc garni de dentelle d'or et une nappe. » Il énumère ensuite les réparations laites aux bâtiments et termine par l'inventaire d'une vaisselle d'étain assez importante.


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Le procès-verbal du 17 mai 1616 contenait en annexe un « dénombrement du domaine du membre du Temple de Montz. »
Ce domaine comprend alors :
Quinze séterées de terre labourable et deux jardins autour de la maison.
Une terre et pacage dits la Garenne et deux autres garennes, le tout tenant ensemble et de la contenance de vingt séterées ou environ.
Une autre garenne dite de Veynas, sur le bord de la Vézère, d'une contenance d'une séterées.
Un pré, contenant quatorze journaux, appelé du moulin de la commanderie (ce pré porte encore aujourd'hui le nom de pré Commandeur)
Et enfin la vigne dite de la Commanderie, contenant environ soixante-dix journaux, et dans laquelle on peut recueillir, dit l'état, soixante charges de vin, avec une terre de trois séterées attenant.

A ce petit domaine, dont la vigne de la Commanderie constitue le fleuron, il faut ajouter le moulin sur la Vézère qui ne parait d'ailleurs pas avoir été restauré, et un pigeonnier, où les visiteurs de 1616 avaient trouvé « quelques vingt paires de pigeons. » L'abbé Poulbrière estime l'ensemble du revenu annuel à six cent livres environ, plus cent quatre-vingt-dix livres provenant de la grande vigne de la Commanderie. Les enquêteurs de 1616 donnent indirectement un chiffre plus élevé. Il est précisé en effet dans l'ordonnance que la remise en état du moulin ruiné, estimée, on le sait, à plus de trois mille livres, exigerait le revenu de la commanderie près de deux années entières, ce qui porte à quinze cent livres au moins ce revenu.

La différence provient sans doute des droits féodaux, rentes foncières, dimes etc., dépendant du domaine. Il était dû des rentes foncières à Mons, dit l'abbé Poulbrière, « quinze setiers de froment, trente setiers de seigle, quinze setiers d'avoine, quatre livres dix sols, des poules et des corvées : et dans les villages et tènements du Piq, d'Escurrous, de la Chapelle, de Vars, de Bos, de Bosredon, de la Toumazie, du Four, de Grand-Gorse, de la Brousse, de Biscaye, de Lachavade, de Troussac, d'Ussac, de Rochebacon, de Lagrange, du Rieux, de Lintillac, d'Auger, de Trébeyret, du Mas, de Bois-la-Combe, de Salvaniac, de la Jaubertie, de Sadroc, de la Chèze, et de l'Hopital-Saint-Viance, quatre-vingt-quinze setiers de froment, deux cent quatre-vingt-cinq setiers de seigle, cent quatre setiers d'avoine, trente livres, soixante-trois poules et trente-cinq jours de corvées. »

« Le commandeur percevait encore quelques petites rentes sur la ville de Donzenac et les dîmes du village de Lagrange et du tènement du Bois-d'Aurel, valant quarante-cinq livres. »

Nous voyons en effet en 1673 noble frère Etienne de Pradal, religieux de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem, seigneur commandeur du Temple d'Ayen, de Mons, la Vinadière et autres, affermer pour trois années à Hélie Goursat, apothicaire du Saillant, « tous les cens, rentes, droits et devoirs seigneuriaux, lods et ventes, dus audit seigneur sur les tènements de Chausagnet, Lavialle, la Constantigue, La Péruchie, La Guaye, la Vigerie, La Sauvezie, La Vergne, Vertougy, La Piat, le Poureture, moyennant cent-quarante livres (9). »
9. Acte reçu par Fraysse, notaire royal de Varetz.

Le 22 juin 1725 est passé un bail à ferme par le commandeur Libéral Geouffre d'Aurussac au profit de Jacques Margot, marchand, habitant du village de la Mouilade, et Bernard Boule, laboureur, habitant du village de Lintillac, « de la dixme du bled et vin du quartier de la Grange, situé en la paroisse de Saint Viance, pour le prix et somme de 85 Livres pour chacune desdites cinq années (10). »
10. Archives de la Corrèze. H. 98.


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Les successeurs du commandeur de Naberal jugèrent-ils ces revenus insuffisants, ou subirent-ils le contre-coup des transformations de la société au cours du dix-huitième siècle ? Rien ne nous renseigne à cet égard ; mais l'Etat général des fonds de la paroisse de Varetz, dressé en 1756 (11), après avoir signalé comme propriété de Messieurs les Commandeurs de Malte une maison haute à trois travées, ajoute aussitôt « laditte maison yinbitté. »
11. Archives de la Corrèze. H. 98.

En face de cette mention laconique je n'ai pu m'empêcher de songer au récit que m'avait fait, il y a quelque cinquante ans, un vieux paysan du village du Temple, et où se retrouve, vivace encore après six siècles, le souvenir du procès des Templiers et de leur citation au Parlement de Paris par les huissiers à verge du roi, vêtus de noir et montés sur des chevaux blancs. « Il y avait, il y a très longtemps, disait-il, un méchant commandeur, qui avait vendu son âme au diable. Et un jour le diable vint, monté sur un cheval blanc, — Commandeur, veux-tu me suivre ? Mais le commandeur refusa. Le diable revint encore une seconde fois, puis une troisième, et alors il emporta le commandeur, et on ne les a jamais plus revus. »

A leur tour les Chevaliers de Malte ont quitté la vieille demeure des Templiers, qu'ils avaient transformée et embellie, et où ils avaient vécu quatre siècles et demi. Eux aussi on ne devait plus les revoir. La Révolution, renouvelant l'attentat de Philippe-le-Bel, déclara la commanderie de Mons bien national. Le domaine, acheté, dit-on, par une bande noire, passa de mains en mains jusqu'à ses possesseurs actuels, transformé et modifié par chacun au gré de ses convenances ou de ses goûts.

Ainsi tout passe, tout s'écroule, tout se transforme ; rien ne reste du passé que le souvenir que nous essayons d'en fixer.
Sources: P. Dubost. Bulletin de la Société scientifique historique et archéologique de la Corrèze, pages 237 à 251, tome cinquante-troisième, août-décembre 1931. Brive 1931 - Bnf

Maison du Temple Le Mons
Département: Corrèze, Arrondissement: Tulle, Canton: Naves, Commune: Saint-Hilaire-Peyroux - 19


Maison du Temple Le Mons
Maison du Temple Le Mons


L'inventaire des archives départementales de la Corrèze mentionne le Temple de Mons, sans en indiquer la place; en supposant vraie notre identification, la maison aurait été voisine de Conborn, d'où le précepteur de Paulhac, Humbert de Conborn, était originaire.

Un des derniers précepteurs de cette maison fut frère Géraud de Brive; il était au Mons « in domo Templi de Montibus, Lemovicensis diocesis », en 1289, lorsque Francon de Bort vint à passer par la maison « Procès de Clermont, Bibliothèque Nationale ms. de Baluze, 395, pièce 19 »; il fut aussi témoin, en 1293, à Paulhac, de la réception du dernier maître de Saint-Paul-la-Roche « Procès, tome II, page 122 »

précepteur du Mons: vers 1289-1293, frère Géraud de Brive.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

Procès, tome II, page 122
Quo facto, dictus frater Bertrandus de Villaribus de diocesi Lemovicensi oriundus, preceptor de Rupe Sancti Pauli, quadragenarius vel circa, absolutus et reconciliatus per dominum Claramontensem episcopum, qui inquisiverat cum eo, mantellum ordinis defferens, lectis,et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire, nec credere, nec audivisse de contentis in ipsis articulis nisi quod sequitur. Dixit enim se fuisse receptum in capella domus Templi de Paulhaco Lemovicensis diocesis, circa instans festum nativitatis beati Johannis Baptiste erunt XVIII anni vel circa, per fratrem Gerardum de Sanzeto militem quondam, tunc preceptorem Alvernie, presentibus fratribus Johanne de Sancto Hilario tunc preceptore dicte domus, Gerardo de Briva tunc preceptore de Montibus, Gerardo de Sancto Martineto, Petro Reynaudi Tulle preceptore domus de Buxeria Raspit Lemovicensis diocesis, deffunctis, in hune modum nam ante omnia fecerunt eum jurare quod non revelaret secreta capituiorum, et postmodum vovere et jurare castitatem, obedienciam, et vivere sine proprio [...]
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

Commanderie de Mons
Jean-Paul Lherminot responsable de l'atelier Patrimoine du club des Sans Souci a animé avec son équipe une conférence sur les commanderies en général et plus particulièrement celle de Mons située sur un promontoire au sud de la commune.

La commanderie de Mons, une imposante bâtisse de l'époque des Templiers construite vers 1100 sur d'imposantes fondations avec des murs extérieurs de bonnes maçonneries de 1,25 mètre d'épaisseur.

S'appuyant sur une série de photos prises en accord avec la famille Pennel actuelle propriétaire des lieux, Jean-Paul Lherminot a défini ce qu'était une commanderie à l'époque des Templiers. C'était un monastère avec une activité économique à vocation agricole, une ferme de rapports permettant de subvenir aux besoins des campagnes militaires des Croisés en Orient.

L'organisation administrative des commanderies ressemblait à celle de nos sous-préfectures et préfectures actuelles. La commanderie de Mons levait des impôts divers sur sa région de pouvoir qui s'arrêtait vers Ayen d'un côté, de Belveyre par ailleurs, de Donzenac au nord et d'Allassac à l'est. La commanderie sera ruinée en 1616 pour la dernière fois.

Le commandeur Frère Anne de Nabérat, un proche du roi Louis XIII, par sa capacité de Docteur au Droit gagnera de nombreux procès qui feront rentrer de l'argent et permettront de remettre en état la bâtisse.

Anne Nabérat deviendra l'avocat de l'Ordre des Hospitaliers.

Intarissable conférencier, Jean-Paul Lherminot, a captivé le nombreux public tout au long de son intervention étayée par de très nombreuses photos prises récemment à la commanderie de Mons.
Sources: Varetz - La Montagne

 

Mons, Replonges   (01)
Domaine du Temple à Mons
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Bâgé-le-Châtel, Commune: Replonges - 01


Domaine du Temple à Mons
Localisation: Domaine du Temple à Mons


— En 1295, Jean de Châtelus, commandeur de Laumusse, et Barthélemy Rebulin procédèrent au partage des fonds qu'ils possédaient en commun dans ce village.
Inventaire des titres de Laumusse de 1627, mss., fº 32.
Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.

 

Mont-d'Olivet (Grange du)   (28)
Grange du Temple de Mont-d'Olivet
Département: Eure-et-Loir, Arrondissement: Dreux, Canton: Senonches, Commune: La Saucelle - 28


Grange du Temple de Mont-d'Olivet
Localisation: Grange du Temple de Mont-d'Olivet


On voit sur la carte de Cassini, au-dessous du village de La Saucelle, un lieu nommé Commanderie d'Olivet. Nous ne trouvons pas que les Templiers aient possédé là autre chose qu'une grange dimeresse; et un peu plus près de La Saucelle, sur la rivière, un moulin appelé le moulin d'Olivet, qui devaient être des dépendances de leur maison des Pelles.

La Grange qu'on nommait la Grange du Mont-d'Olivet, appartenait à la Maison de La Villedieu-en-DreugesinBien du Temple à Villedieu-en-Dreugesin
Domaine du Temple à Villedieu-en-Dreugesin
, en 1277, lorsqu'un seigneur, Jean de Beaumont, s'étant rendu coupable d'un meurtre commis sur la personne de Pierre Ecrinel, Robert de Beaumont, son frère, qui était commandeur de La Villedieu, pour arrêter les poursuites judiciaires qu'on commençait contre le meurtrier, fît un accord avec Renauld Ecrinel, père de la victime, par lequel celui-ci se désistait de toutes poursuites, à la condition que Robert de Beaumont donnerait chaque année deux minots de blé de la grange du Mont-d'Olivet, afin de fonder un anniversaire dans la chapelle de la maison de La Villedieu, pour le repos de l'âme de Pierre Ecrinel.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Mont-de-Cravant   (45)
Domaine du Temple du Mont-de-Cravant
Département: Loiret, Arrondissement: Orléans, Canton: Beaugency, Commune: Cravant - 45


Domaine du Temple du Mont-de-Cravant
Localisation: Domaine du Temple du Mont-de-Cravant


Autre dépendance du Temple de Beaugency, qu'on désignait par la « Ferme du Mont », et aussi par le nom de « Temple de Proilly », plus rapprochée de ce dernier village que de celui de Cravant. Ce domaine était situé sur le chemin de Reaugency à Villermain, et les Templiers en prirent possession à la fin du XIIe siècle. Nous avons trouvé des lettres de H. l'évêque d'Orléans, de l'année 1199, portant qu'un seigneur du nom d'Henri de La Porte, a donné à Dieu et aux frères de la chevalerie du Temple, avec le consentement de son fils Robert, sa terre située au Mont-de-Gravant, « apud Montera Cronan. » Comme cette terre était dans le fief de HuberL de Villorceau, celui-ci en consentit l'amortissement en faveur des Templiers.

Le Mont-de-Cravant, avec les terres de La Villette dont il est parlé ci-ailleur, comprenait environ 150 arpents de terre qui rapportaient, en 1757, 444 livres, et en 1783, 723 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Mont-de-Soissons   (02)
Maison du Temple de Mont-de-Soissons
Département: Aisne, Arrondissement: Soissons, Canton: Braine, Commune: Serches - 02


Maison du Temple de Mont-de-Soissons
Localisation: Maison du Temple de Mont-de-Soissons


On peut considérer le Mont-de-Soissons comme l'un des plus anciens établissements du Temple; car il n'y avait pas quinze ans que l'Ordre était fondé; que, déjà, il avait là des biens.

En 1133, Gauthier, évêque de Soissons, à cause du dévouement que les Templiers montraient à la religion, leur faisait donation des menues dîmes de sa cour ou ferme de Serches à la condition qu'ils lui paieraient un cens de douze deniers chaque année.

Des lettres de Anscufle, autre évêque de Soissons, de l'année 1157 portent que Eudes, seigneur de Saint-Médard, donnait alors aux frères du Temple, sa maison et ses terres censuelles et vinales avec son héritage mobile, pour en jouir seulement après sa mort.

Robert, comte de Braisne, et Agnès, sa femme leur accordaient, en 1158, tout ce qu'ils possédaient à Vauberlin.

En 1192, Nivelon, évêque de Soissons, confirma la donation faite par Emeline, femme de Thomas de Fismes, aux frères de la chevalerie du Temple, de la tierce partie de sa terre de Bucy sous réserve d'usufruit, mais en s'obligeant à payer chaque année à la maison du Temple, un cens de douze deniers. Cependant dans le cas où la donatrice viendrait plus tard à avoir un enfant, il était convenu que cette terre ferait retour à ce dernier, lors de sa majorité.

Godefroy, abbé de Saint-Médard, donna, en 1200, aux Templiers pour obtenir en faveur de son église le bénéfice de leurs prières, un champ que son couvent avait à Serches, près de leur maison, sur le Mont-de-Soissons.

Au XIIIe siècle, nous trouvons les seigneurs de Faveroles comblé de leurs libéralités les chevaliers du Temple. En 1206, Landry de Faveroles leur accordait la libre possession de tout ce qu'ils avaient dans sa mouvance au Mont-de-Soissons. En 1240, Gilbert de Faveroles leur donnait divers terrages. En 1247, c'était Robert de Faveroles qui leur amortissait des terres achetées par eux dans son domaine, au lieu dit Culeron. Le même seigneur leur accorda en en 1253, l'amortissement d'autres biens nouvellement acquis.


C'est une propriété privée, elle ne se visite pas
Chapelle de Mont-de-Soissons
Mont-de-Soissons - Sources: Jack Bocar


Les Templiers possédaient à Vilblain, paroisse de Chacrise, un moulin qui était grevé d'une rente de vingt essieus de blé envers Gérard, seigneur du lieu. Celui-ci voulut bien leur en faire l'abandon en 1269, par des lettres émanées de l'archidiacre de Soissons, du mois de décembre de la même année.

Après la chute des Templiers, la maison du Mont-de-Soissons ayant passé en la possession des Hospitaliers, le Grand-Prieur de France crut devoir faire dresser alors un état estimatif des biens et revenus de cette commanderie. Cet état écrit en latin porte la date du 10 mars 1309.

Nous voyons, par ce curieux document, qu'il appartenait alors à la maison du Mont-de-Soissons, « ad domum de Monte Suessionensi », cinquante-cinq muids, « modios », et quatre setiers de terre valant en revenu, année commune, pareil nombre de muids et de setiers de grains, nature de blé, au prix de 65 sols tournois le muid, contenant douze setiers.
Somme: CCVII livres X sols;
XXX arpents de pré, à raison de XXV sols l'arpent, XXXVII livres X sols tournois;
XIV arpents de vigne, à X sols l'arpent, VII livres tournois;
Blé de rente, VII muids IIII setiers et un esseu, à raison de V sols le setier, XXII livres II sols VI deniers;
Avoine de rente, II muids X setiers, et un esseu à III sols et IV deniers tournois le setier, XCV sols tournois;
En vinages à Soupir, upud S'oupy, dix tonneaux de vin à XV sols le tonneau, VII livres X sols;
A Cerseuil, « apud Cersueil », un muid de vin, XV sols;
A Augy, « apud Augis », et à Cerseuil, en menues dîmes, lots et ventes, XVI sols;
Le four et autres revenus de Serches, « de Cherchiis », XII livres;
En terrages, à Cery, VI livres VIII sols tournois;
Pour un jardin à Dhuizy, « apud Duisyy », XL, sols tournois;
« Apud Chevagium », par an, X sols;
IIII marc d'argent, faisant VI livres tournois dus chaque année par le seigneur de Coucy, « de Concieo »;
La valeur du revenu de la maison du Mont-de-Soissons, CCCXV livres VI sols VI deniers;
Les charges de la maison n'étaient par année, que de 29 livres 18 sols, 6 deniers tournois.


C'est une propriété privée, elle ne se visite pas
Chapelle de Mont-de-Soissons
Mont-de-Soissons - Sources: Jack Bocar


Les guerres du XVe siècle causèrent de grands dommages à la maison du Mont-de-Soissons, si l'on en juge d'après le rapport des commissaires délégués pour la visite prieurale de 1495, conçu en ces: termes: « Avons visité la chapelle du Temple du dit lieu du Mont-de-Soissons; laquelle est fort grande et de grant coust d'entretien, chargée de troys messes la sepmainne, bien entretenue et enverrinée, assez mal garnie d'ornements pour le service d'icelle. Auprès de la chappelle est la maison tout en ung clos; la-dite maison souloit estre fort grande de ediffices, mais à présent est fort destruicte à cause des guerres des Angloys. Audit lieu, la religion a toute jurisdicion et y souloit avoir justice levée, qui est destruicte de XV ans en ça, car les pilliers vielz y apparent encore, et le commandeur a promis de la faire relever. »

Le Commandeur, seigneur et haut justicier du Mont-de-Soissons, percevait un assez grand nombre de cens et de rentes à Serches Nanteuil, Vasseny et autres lieux circonvoisins.
Les terres dépendant du Mont-de-Soissons montaient à plus de 500 arpents.

Beaucoup de membres ou maisons dépendaient du Temple de Mont-de-Soissons. Nous en donnons la liste d'après l'inventaire fait en 1309.
C'étaient:
La maison de Soissons, « domus de Suessione »
La maison d'Acy, près Soissons, « domus de Aciaco prope Suessionem »
La maison d'Ambrief, « domus de Arabriers »
La maison de Rosières, « domus de Roseriis »
La maison de Mont-Hussart, « domus de Monthaussart »
La maison de Vieil-Arcy, « domus de Veteris Arceio »
La maison de Chassemy, « domus de Chasserai »
La Maison de Vailly, « domus de Valiaco »
La maison de Chavonne, « domus de Chavoniis »
La grange d'Oulchy, « grangia de Ulcheia »
La maison de Billy-sur-Oureq, « domus de Billy super Urcam »
La maison de Vaux-Saint-Nicolas, « domus de Vaus .Sancti Nicolai »
La maison de Mortefontaine, « domus de Mortefontana »
La maison de Fismes, « domus de Fismis »

Il y avait encore:
La maison de Passy-sous-Sainte-Gemme, « domus de Pacy subtus sanctam Gemmam »
La maison de Châtillon, « domus apud Castellionem »
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Maison du Temple de Mont-de-Soissons et le Procès
On peut considérer le Mont-de-Soissons comme l'un des plus anciens établissements du Temple; car il n'y avait pas quinze ans que l'Ordre était fondé; que, déjà, il avait là des biens.

En 1133, Gauthier, évêque de Soissons, à cause du dévouement que les Templiers montraient à la religion, leur faisait donation des menues dîmes de sa cour ou ferme de Serches à la condition qu'ils lui paieraient un cens de douze deniers chaque année.

Des lettres de Anscufle, autre évêque de Soissons, de l'année 1157 portent que Eudes, seigneur de Saint-Médard, donnait alors aux frères du Temple, sa maison et ses terres censuelles et vinales avec son héritage mobile, pour en jouir seulement après sa mort.

Robert, comte de Braisne, et Agnès, sa femme leur accordaient, en 1158, tout ce qu'ils possédaient à Vauberlin.

La petite baillie du Temple du Mont-de-Soissons dépendait de celle de Brie. C'est là que fut reçu entre autres, le précepteur de la maison de Senevières (60), par un chevalier du Temple, nommé Hervé de Villepreux.

Peu après, vers 1283, une autre réception était faite au Mont-de-Soissons, mais par frère Arnoul de Wesemale, que l'on sait avoir été précepteur de Brie après avoir été maître du Temple de Reims «  Procès, tome II, page 346, et Léopold Delisle. »

Hervé de Villepreux déjà nommé, avait été auparavant précepteur du Ponthieu, d'après le Procès, puis précepteur de la baillie du Mont-de-Soissons, et, dans ce cas, la réception faite par lui vers 1281 s'explique naturellement. D'ailleurs, si Hervé reçut, vers 1284, au Mont-de-Soissons, celui que nous avons trouvé comme clavaire, en 1307, à Lagny-le-Sec, ce fut précisément en qualité de maître de la baillie: « Henricum [pro: Herveum] de Villapetrosa militem, magistrum ballivie Suessionensis », « Procès, tome II, page 326. »

Il nous faut maintenant, quitter ce précepteur pour revenir à celui de Brie, Arnoul de Wesemale, qui reçut, vers 1286, au Mont-de-Soissons, celui qui devait être le dernier précepteur du Temple d'Ambrief (02), « d'Amblers, Procès, tome II, page 312. » Ce même Arnoul aurait donné l'ordre un peu plus tard, vers 1288, à frère Nicolas de Saint-Alban, alors précepteur du Mont-de-Soissons, d'aller procéder à une réception au Temple de Viffort (02), dans la baillie de Brie « Procès, tome II, page 410. »

Nicolas fut même précepteur de la baillie du Mont-de-Soissons; car si, dans la réception faite par lui, vers 1291, en la chapelle du Mont-de-Soissons, il n'apparaît que comme précepteur de la maison « per fratrem Nicolaum de Sancto-Albano quondam, preceptorem tunc Montis Suessionensis », « Procès, tome I, page 551 », il est en revanche indiqué comme précepteur de la baillie de la dite maison, à propos d'une réception faite vers 1293, à Noël « Procès, tome II, page 358. »

En 1299, le précepteur de la maison est Jean de Cernay, frère sergent, des réceptions ayant été faites alors par lui « in domo Suessionensi », parmi lesquelles celle d'un frère Jacques de Cormeilles, qui habitait en dernier lieu la maison « morans et procurans in domo Suessionensis », et qui avait été admis dans le courant du mois d'août, en présence du frère Robert, chapelain de la maison « Procès, tome II, pages 351, 404. » Bien que le texte invoqué ici par nous, semble indiquer une maison du Temple de Soissons, il faut l'entendre du Mont-de-Soissons d'après un autre extrait du Procès où il se trouve être question de cette même réception, sous les auspices de Jean de Cernay, précepteur du Temple du Mont-de-Soissons, le curé [chapelain] de la maison étant frère Robert, « Procès, tome I, page 545. Le mot « curatus » semble indiquer, comme nous l'avons dit déjà, que le chapelain de la maison était curé du village voisin. »

Dans le récit d'une réception faite au Temple de Dormelles postérieurement à 1300, frère Gérard de Villiers est dit précepteur du Mont-de-Soissons, alors qu'ailleurs il est indiqué comme précepteur des baillie de Brie et du Mont-de-Sois-sons « Procès, tome I, page 401 » Or ces assertions ne seraient qu'en partie exactes, en ce sens que Gérard, étant précepteur de la baillie de France, se trouvait être par là même, le maître des deux baillie susdites, comprises dans celle de France.

Le précepteur du Temple (non de la baillie) du Mont-de-Soissons fut donc Jean de Cernay déjà cité, lequel reçut encore en 1302 « Procès, tome I, page 552. »

De 1302 il nous faut passer à la fin de l'année 1304 pour trouver le récit de la réception d'un certain frère Adam, depuis maréchal de la maison même, par Gérard de Villiers, chevalier, maître de la baillie du Mont-de-Soissons, en présence de frère Robert, chapelain de la maison « Procès, tome II, page 327. » Un an après, Gérard procédait à de nouvelles réceptions faites soit au temps de Pâques, soit à la fin de l'année « Procès, tome I, page 637. Schottmuller, tome II, page 39. Dans les deux textes Gérard est donné comme précepteur de la Brie et du Mont-de-Soissons », en la chapelle de la maison et en présence du même chapelain, et de douze ou quatorze frères du Temple.

En 1306, autre réception par Gérard, celle du « dispensator » du Temple de Provins « Procès, tome II, page 381. »

Pour 1307, aucune admission à signaler au Mont-de-Soissons; ce fut environ le jour de la Saint-Rémi (1er octobre), que les officiers du roi vinrent arrêter les Templiers habitant la commanderie « Procès, tome I, page 553 » et, parmi eux, combien étaient d'humble condition et pouvaient sembler être à l'abri de poursuites.

Précepteurs de la baillie du Mont-de-Soissons
Vers 1281-1284, frère Hervé de Villepreux;
Vers 1288-1293, frère Nicolas de Saint-Alban.

Précepteur de la maison
Vers 1299-1302, frère Jean de Cernay, sergent.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

Revenus de la Maison de Mont-de-Soissons
Quant aux rapports financiers qui existèrent entre cette commanderie et la maison du Temple de Paris, ils sont attestés, pour les années 1295 et 1296, par les comptes déjà cités:
Le 5 juillet 1295, « de preceptore Montis Suessionensis, 200 livres 68 sous, in magnis fratrum »
Le 6 juillet 1295, « de preceptore Montis Suessionensis, 40 livres, in magnis fratrum »

Le 3 février 1296, « de preceptore Montis Suessionensis, per clericum Johannis Giffe, 80 livres, in raagnis fratrum »
Le 29 août 1295, « de preceptore Montis Suessionensis, per Gerricum, 147 livres. »
Le 2 juillet 1296, « de preceptore Montis Suessionensis 160 livres, in magnis fratrum »
Le 3 juillet 1296, « de preceptore Montis Suessionensis 160 livres, in magnis fratrum. »
Léopold Delisle, opérations financières, pages 177, 181,199, 209
Sources: M. Léopold Delisle. Mémoire sur les opérations financières des Templiers. Mémoires de l'Institut de France. Académie des inscriptions et belles-lettres. Institut royal. Paris 1833

 

Mont-Hussard   (02)
Domaine du Temple de Mont Hussard
Département: Aisne, Arrondissement: Soissons, Canton: Braine - 02


Domaine du Temple de Mont Hussard
Localisation: Domaine du Temple de Mont Hussard


La maison que les Templiers possédaient en ce lieu est mentionnée dans les archives de l'Ordre dès le milieu du XIIIe siècle. Des lettres de l'official de Soissons, du mois de juillet 1250, portent que Ancel de Bugnies, se disant chapelain de la maison du Temple de Monthaucart, au diocèse de Soissons, a abandonné aux maître et frères de la chevalerie du Temple tout ce qu'il avait acheté et pourrait acheter par la suite, en vignes ou autres choses, compris entre les rivières de l'Aisne et de la Vesle, « inter ripariam Auxone et ripariam Vitule. »

Un seigneur du pays, Lambert de Ciry, « de Cyriaco », en vertu des lettres données sous le sceau de l'archidiacre de Soissons, du mois d'avril 1266, concéda aux Templiers plusieurs pièces de terre qu'il avait acquises sur le mont de Mont-Hussard, « in monte de Monte Haucard », aux lieux dits à la Couture « de Frambour », à la Maunière, « à la Monioie », au chemin du Pont, contre les terres du Temple, dans la censive de Saint-Médard, etc.


C'est une propriété privée, elle ne se visite pas
Grange de Mont-Hussard
Grange de Mont-Hussard Sources image: Jack Bocar


De 1271 à 1290, on trouve plusieurs donations faites aux Templiers de Monthaussart, de terres à Boves, « Bovis », à Cys, « Ciis », à Chacemy, à Brenele, et sur d'autres villages circonvoisins.

La maison de Mont-Hussard avait sa chapelle, dont il est fait mention dans la visite prieurale de 1495: « Une cense ou mestayrie », nommée le Monthaussart où a une maison et grange pour le mestayer et une chappelle fondée de Sainte-Anne, servie de troys messes pour sepmaines par ung chappelain ou frère à voulenté du commandeur. Donne de pourffit ladite mestayrie VIIII muys; IIII sestiers froment et IIII muys VIII sestiers d'avoyne. »

La maison et la chapelle étaient situées sur le chemin de Courcelles à Vailly-sur-Aisne.

Les terres dépendant de Mont-Hussard contenaient en 1309, 54 muids de labour, valant en revenu, chaque muid, un demi-muid de blé; quatre arpents de vigne, rapportant 20 sols par arpent; six arpents de pré de pareil rapport; le tout produisant, avec les droits de dîme et de seigneurie, une somme de 83 livres par an, déduction faite de toutes charges. Ce revenu était, en 1757, de 1,533 livres; et en 1788, de 4,300 livres. Il y avait alors 445 arpents de terre en labour, bois, prés et friches.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Mont-Renaud (Le)   (60)
Domaine du Temple Le Mont-Renaud
Département: Oise, Arrondissement: Compiègne, Canton: Noyon - 60


Domaine du Temple Le Mont Renaud
Localisation: Domaine du Temple Le Mont Renaud


Cette éminence de terrain, sur laquelle s'élevait au Moyen-Age une maison de Templiers, fut plus tard convertie en un monastère pour Chartreux par un chevalier nommé Renaud de Rouy.
La Chartreuse prit alors le nom de son fondateur et devint le « Mont Renaud. » La colline a 100 mètres d'altitude, et domine de 40 mètres la contrée environnante. Elle est devenue célèbre depuis les luttes furieuses qui s'y livrèrent en 1918.
Sources: Noyon-Roye-Lassigny, page 49 - Bnf

 

Mont-Saint-Rémy   (08)
Seigneurie du Temple de Mont-Saint-Rémy
Département: Ardennes, Arrondissement: Rethel, Canton: Château-Porcien, Commune: Bignicourt - 08


Mont-Saint-Rémy
Localisation: Seigneurie du Temple de Mont-Saint-Rémy


La terre et seigneurie de Mont-Saint-Remy est une acquisition que les Templiers firent de Thibaut, fils de dame Mathilde de Mont-Saint-Remy, suivant des lettres de l'official de Reims, de l'année 1244. Par cet acte, le seigneur Thibaut vendit aux frères du Temple de Reims, pour le prix de 40 livres, toutes les terres, revenus, justice et seigneurie qu'il avait à Mont-Saint-Remi et qu'il tenait desdits frères. Le même Thibaut leur céda encore, en 1242, des rentes qui lui restaient dues par divers habitants de Mont-Saint-Remi, « de Monte Sancti Remigii. » Nous ne savons ce que devint la terre et seigneurie de Mont-Saint-Remi, car il n'en est plus fait mention dans aucun titre postérieur au XIIIe siècle.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Montagna-le-Templier   (39)
Maison du Temple de Montagna-le-Templier
Département: Jura, Arrondissement: Lons-le-Saunier, Canton: Saint-Amour, Commune: Montagna-le-Templier - 39


Maison du Temple de Montagna-le-Templier
Localisation: Maison du Temple de Montagna-le-Templier


Une autre possession des Templiers, hors du diocèse, à proximité de Gigny ; elle fut acquise, lorsque Manassès, s'engage dans la Milice du Temple vers 1212-1220, la puissante famille de Coligny qui domine le sud du Revemont, donne à l'Ordre du Temple le domaine de Montagna dans la vallée du Suran, cette même vallée qui longeait la route de Lyon. (Acte connu par la confirmation que donne le frère du Templier Manassès « Aimé de Coligny » en faveur de l'Ordre, en 1237 - Cartulaire des comtes de Bourgogne).

La Maison de Montagna possédait deux dépendances connues, elles sont citées par Rousset, dans le dictionnaire des communes du Jura: Varessia et Graveleuse.
(Comme l'auteur ne donne aucune donnée chronologique, elles ne peuvent être reconnues comme des Maisons à part entière, plutôt comme des dépendances. Et pour conforter cette hypothèse, elles ne sont connues dans les biens Hospitaliers, qu'après 1314, date à la quelle ils reçoivent les biens de l'Ordre du Temple).

Tout comme les terres de l'Etoile, cédées contre une rente au comte de Bourgogne Jean de Chalon pour 150 livres, celle de Montagna, ne s'élève qu'à 25 livres, cette fois, prise sur les revenus du comte à Dole. En accordant ces échanges, l'Ordre du Temple réorganise son temporel et réuni du même coup ses terres autour des Maisons.
Sources: René Locatelli - Sur les chemins de la perfection - Moines et chanoines dans le diocèse de Besançon vers 106-1220 - Publications de l'Université de Saint-Etienne.

 

Montaigu   (77)
Seigneurie et moulin du Temple de Montaigu
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Meaux, Canton: Crécy-la-Chapelle, Commune: Villiers-sur-Morin - 77


Moulin du Temple de Montaigu
Localisation: Moulin du Temple de Montaigu


Les Templiers possédaient en 1202, un moulin à Montaigu. En 1237, Hugues de Châtillon, comte de Saint-Pol et de Blois, prenait en arrentement de frère Ponce d'Albon, commandeur des maisons du Temple en France, ses moulins de Montaigu, « molendina sua de Monte acuto », savoir: le moulin d'Orval et les trois quarts du moulin de Saux, avec les quatre deniers que Jean Lécuyer Scutifer rendait par an, pour le dernier quart de ce moulin. Le prix de cet arrentement consistait en une rente annuelle de quatre muids de grain, que Hugues de Châtillon s'engageait à livrer aux frères de la chevalerie du Temple de Choisy, moitié à la Noël, moitié à la saint Jean-Baptiste.

Une partie de la terre et seigneurie de Montaigu fut cédée au XIIIe siècle aux Templiers, par Drogon, fils de feu Gautier, seigneur du dit Montaigu, ainsi qu'il résulte des lettres de l'official de Meaux, du mois d'avril 1244.

Les Templiers firent, en 1295, l'acquisition d'une maison, des enfants de feu Jean de Voulangis. Cette maison, d'après la charte d'acquisition, tenait à celle de la chevalerie du Temple de Montaigu, « domui militie Templi de Monte acuto. »
Mais pour augmenter leur domaine et en rendre le revenu plus considérable, Gauthier de Châtillon, connétable de France et seigneur de Crecy, donna aux Templiers, par ses lettres du mois de septembre 1287, avec le consentement d'Isabelle de Dreux, sa femme, dame de Crécy, deux bois, dont l'un « assis deseure Ville-Neuve-Saint-Denis en Brie », près du Tillay-Patouart; et l'autre, au « Souchet, devant la Grange aux malades de Crecy », contenant ensemble 164 arpents.

La maison de Montaigu, avec ses dépendances, fut donnée en 1367, par Robert de Juilly, Grand-Prieur de France, à sa sueur Jacqueline de Juilly, veuve de messire Baudart de Mein. On ne dit pas ce qui put motiver cette libéralité. Cette dame devait jouir viagèrement de la maison, de la rente des moulins de Montaigu, et d'une autre rente de vingt livres tournois sur le péage de Crécy. Ces rentes cessèrent d'être payées, lorsque les moulins et le péage n'appartinrent plus au duc d'Orléans, et devinrent la propriété du Roi. Jacqueline de Juilly et le Chapitre du Grand-Prieuré de France en réclamèrent, en 1376, les arrérages que le Roi ordonna l'année suivante à son receveur de Meaux de solder et d'en continuer à l'avenir le paiement comme par le passé.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Montanet   (01)
Domaine du Temple de Montanet
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Pont-de-Veyle, Commune: Perrex - 01


Domaine du Temple de Montanet
Localisation: Domaine du Temple de Montanet


— Montanie, Montanez.
— Ce hameau apparaît en 1223. Il ne comprenait encore que quelques mas en 1230, époque où il fut donné aux templiers de Laumusse par Ogier Boche.

— En 1450, il était possédé en fief par Antoine de Corsant, seigneur de Broces, dont le petit-fils, Louis de Corsant, chevalier de Malte et commandeur de Laumusse, le vendit, le 2 juin 1508, à Jean Morin, citoyen de Lyon.
— Philippe Morin, fils de Jean, rendit hommage pour Montaney, au roi François Ier, en 1536, et l'aliéna ensuite à Jean Duret, qui le céda à Philibert de Geres, écuyer; ce dernier le laissa, avec ses autres biens, à Jean-François de Lucinges, seigneur de Gy, lequel le remit à Laurent Brassard, avocat au bailliage de Bresse, dont les descendants le possédaient à la fin du XVIIe siècle.
— Guichenon, Bresse, page 76.
— Archives du Rhône, fonds de Malle, titres de Laumusse.
— Titres de Saint-Martin-le-Châtel, chap. II, nº 2.

Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.

 

Montarouch   (33)
Maison du Temple de Montarouch
Département: Gironde, Arrondissement: Langon, Canton: Targon, Commune: Saint-Léon - 33


Maison du Temple de Montarouch
Localisation: Maison du Temple de Montarouch


Architecture de l'église de la commanderie des Templiers de Montarouch
La puissante commanderie de Montarouch ne se signale plus aujourd'hui à l'attention du passant que par les ruines de son église: de cette dernière ne demeurent plus que deux pans de murs, à l'est et au nord, ainsi que l'amorce de leur homologue à l'ouest.

La construction a perdu sa couverture, qui n'est en place que sur une tour carrée flanquant au nord le mur du chevet. L'ensemble est d'un pittoresque très romantique, accentué par la présence d'une végétation grimpante ou retombant depuis le sommet des murs éventrés.

Ces quelques témoignages sont cependant très précieux, nous allons le voir, pour permettre de reconstituer comment se présentait l'église templière telle qu'elle était à l'apogée de sa puissance, du XIIe au XIVe siècle.

Une construction romane d'une simplicité raffinée
Le plan de l'église est parfaitement identifiable: à une courte nef rectangulaire succède un chevet de même largeur, terminé à l'orient par un mur plat. Un pilastre engagé dans le mur marque discrètement le passage de la nef au sanctuaire. Nous avons affaire là au plan très simple fréquemment adopté par les églises des commanderies templières et hospitalières et dont le Temple de Cressac, en Charente, offre, par exemple, un tracé identique.

L'élévation de l'église peut être déduite grâce aux restes du mur Nord. Ce dernier est construit, comme le reste de l'édifice, dans un appareil régulier de calcaire soigneusement layé.

A l'extérieur, le mur est renforcé par des contreforts, particulièrement nombreux dans la partie orientale de la nef. Nous ne pouvons plus savoir aujourd'hui si de semblables dispositions existaient au Sud ou si la présence de ces contreforts au Nord était liée à la proximité d'une rupture de pente assez accentuée située à une dizaine de mètres de l'église.

Le mur roman se termine par une corniche creusée en doucine, supportée par des modillons rapprochés, tous identiques, d'un dessin élégant et simple: ils sont chanfreinés, et soulignés par une moulure dans le plan vertical. Entre ces corbeaux, une unique pierre rectangulaire se trouve dans la position des métopes antiques.

Le soin apporté à la construction est manifeste: si on retrouve comme dans la plupart des murs romans, des hauteurs variables d'assises, la régularité parfaite de la corniche montre particulièrement la très grande qualité de la stéréotomie.

A l'intérieur, le mur se termine par une moulure en fort relief, au profil en doucine. L'ensemble de l'édifice était autrefois couvert par une voûte, dont on voit encore le départ au-dessus du mur nord et qu'on peut reconstituer grâce à l'arc formeret conservé à l'est: c'était une voûte en berceau brisé longitudinal dont le seul renfort était un arc doubleau qui retombait sur le pilastre marquant les limites de la nef et du chevet plat. Seuls les reins de cette voûte subsistent au Nord.


Modillons du portail nord   Modillons du portail nord
Modillons du portail nord


La mise en valeur des couvertures dans les murs par des restaurations récentes
L'édifice, inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, souffrait de la présence de la végétation sur les murs, et l'angle nord-ouest de l'église présentait des fissures qui mettaient en péril la solidité des murs tout entiers.

L'Atelier Départemental du Patrimoine intervient tout d'abord de 1991 à 1993, pour nettoyer le bâtiment et remettre en état la toiture de la tour nord, puis une première campagne de restauration fut entreprise pendant l'été 1994, sous la direction du Service Départemental de l'Architecture; les fissures de l'angle nord-ouest furent consolidées, et le portail nord fut débarrassé des pierres qui le fermaient, révélant un portail roman de grande qualité que nous étudierons plus loin.

La seconde campagne, prévue au cours de l'été 1996, permettra la consolidation du chevet et la réouverture des deux baies obstruées du mur oriental.


Montarouch le mur nord du chevet   Montarouch sarcophage
A gauche: dents de loup peintes sur le mur nord du chevet à droite: sarcophage, côté nord


Intérêt du portail nord nouvellement découvert
Ce portail se situe dans la partie occidentale du mur nord; il avait été prévu dès le début de la construction comme le montre l'espacement de contreforts à cet endroit. La situation de cette porte au Nord est peu fréquente, on la retrouve cependant dans une autre église templière de Gironde, celle de Blésignac.

Cette porte, de bonnes dimensions, avait été obstruée, d'une façon très soigneuse, par un moyen appareil assez régulier, de même épaisseur que le mur, à une époque que nous préciserons plus loin.

Le dégagement de 1994 a permis de retrouver la forme générale du portail, dont l'arc intérieur est polylobé. Montarouch peut ainsi se placer parmi les églises à portails polylobés, particulièrement nombreuses dans le Libournais et le nord de l'Entre-deux-Mers oriental: citons principalement Petit Palais, Guîtres, Puisseguin, Lalande de Pomerol, Queynac, et surtout l'église templière de Villemartin.

A Montarouch, les lobes sont au nombre de quatre, ils sont réunis par un rouleau et moulurés. Le portail est ébrasé vers l'extérieur. L'archivolte présente quatre voussures, très sobrement décorées, avec des dents de loup et des fleurs à quatre pétales. Les quatre chapiteaux qui, de part et d'autre, reçoivent cette archivolte, sont mutilés. Les piédroits ont une disposition particulière: leurs angles sont abattus en quart de rond pour simuler des colonnettes, comme à Saint-Genis-du-Bois, par exemple.

Aussi, ce portail est d'une ampleur et d'une sobriété bien en accord avec le style général de l'architecture.

Plus que l'ornement sculpté, c'est l'équilibre des formes, et la perfection de la taille de la pierre - dans les polylobes notamment - qui ont été recherchés.

Présence d'un décor peint sur le portail et les murs de l'église
Des traces de couleurs en particulier du jaune, du rouge et du noir, sont encore visibles à l'intérieur de l'église et sur le portail. Le décor peint, aujourd'hui très dégradé comportait tout d'abord un faux appareil de couleur rouge qui couvrait le haut des murs et probablement la voûte.

Les percements dans le mur étaient mis en valeur par un décor coloré dont on peut apercevoir quelques éléments sur les claveaux de la porte.

Au-dessous de la corniche, dans le chevet, une frise de dents de loup a été modelée en relief dans l'enduit frais, et soulignée d'un trait rouge. Ce procédé décoratif rappelle, sans doute à moindre frais, les dents de loup sculptées dans la pierre par exemple, dans les fenêtres de Notre-Dame de Langon, ou le portail occidental de l'église de Cardan, ou bien encore les corniches de la collégiale de Saint-Emilion.

Les éléments que nous venons de décrire pourraient appartenir à une campagne de décor suivant immédiatement la construction. Ainsi pourrait-on expliquer la présence de deux voussures parfaitement lisses dans le portail par le fait qu'elles devaient avoir été prévues pour porter un décor coloré. En revanche d'autres éléments peints ne semblent pas appartenir à l'époque romane, mais plutôt à la période gothique, en particulier les souples rinceaux rouges qui couvrent la corniche ou le décor de triangles imbriqués qui forment une frise sous le bandeau qui reçoit la voûte, ou bien encore la bande, limitée par deux lignes jaunes, qui suit tous les murs conservés à environ deux mètres du sol, et qui semble contenir des personnages.

Rappelons que les églises templières portaient souvent un décor peint: c'était le cas à Magrigne en Gironde; l'exemple le plus connu est fourni par les peintures murales romanes de Cressac en Charente.

Des baies pour éclairer le sanctuaire
Comme dans de nombreuses églises templières et hospitalières c'est la formule du triplet absidial qui a été retenu dans le mur plat du chevet. Les trois baies en plein cintre, fortement ébrasées et talutées, devaient verser une lumière abondante dans le choeur; elles étaient complétées par un oculus dont la facture est encore très romane à l'intérieur, mais qui est en forme de quadrilobe à l'extérieur.

Une fenêtre romane a été percée dans le mur nord de l'abside. Elle présente la particularité, en raison de ses grandes dimensions, de pénétrer la partie inférieure de la voûte.

Il est probable que si le chevet était aussi largement éclairé, la nef devait, par contre, être sans doute dépourvue de baies (comme c'est le cas à Villemartin, Magrigne ou Blésignac).


Montarouch, 1994   Montarouch 2012
A gauche: avant restaurations (en 1994)   à droite: état actuel (juin 2012)


Les modifications postérieures
L'église a été flanquée à l'angle nord-est, par une tourelle d'escalier sur laquelle s'élève en encorbellement une tour, percée de deux portes d'accès. On ne peut comprendre cette construction que si l'on imagine que l'église a été, à ce moment-là, dotée d'un système de fortification dont on voit seulement les restes au-dessus du mur nord mais qui devait couvrir toute l'église et pour l'accès duquel la présence du voûtement demandait un escalier extérieur. Le mur nord conserve une surélévation réalisée, comme la tourelle d'escalier, en bel appareil régulier. Des consoles à trois redents à l'origine - il n'en subsiste que deux - devaient porter des mâchicoulis, et des créneaux et merlons, tous aujourd'hui disparus.

On peut rapporter cette fortification à la période de la guerre de Cent Ans, sans doute dès avant le milieu du XIVe siècle.

Le système défensif étant prévu pour protéger le pied des murs de l'église, aucune construction adjacente ne devait exister contre l'église. C'est sans doute postérieurement à la Guerre de Cent Ans, à la fin du XVe siècle, ou au XVIe siècle, que l'on établit, le long du mur nord, une série de consoles destinées à porter la charpente d'un bâtiment accolé à ce mur. Les consoles se poursuivant sur toute la longueur du mur, c'est sans doute à cette date que l'on réalise le comblement du portail nord, afin d'étendre la nouvelle installation, qui a aujourd'hui disparu.

Intérêt de la construction romane
L'église de Montarouch que l'on peut situer, par son style dépouillé et par la qualité de sa stéréotomie, dans le dernier quart du XIIe siècle, est donc un très bon exemple d'architecture caractéristique des ordres militaires. Si d'autres constructions templières dans cette région, comme par exemple Saint-Genis-du-Bois, ne se distinguent pas des églises paroissiales, ce n'est pas le cas à Montarouch, où s'affirme une volonté de suivre les canons pratiqués par l'ordre.

Cette architecture va par la suite servir de modèle et rayonner sur les constructions plus modestes de la région où l'on retrouve, en particulier dans le canton de Targon, des chevets plats comme à Lugasson, ou une simplicité du part architectural comme à Bellefond; ce retour à la pureté de l'art roman est bien la marque caractéristique de la fin du XIIe siècle.
Sources: Article de Michelle GABORIT, Université Bordeaux III, Centre de recherche Léo Drouyn (Bouliac) dans l'ouvrage collectif de l'ASPECT « La commanderie de Montarouch », septembre 1996.


Le gisant de Montarouch   Le gisant de Montarouch
Le gisant de Montarouch (chevalier en cotte de maille)


Le gisant de Montarouch (chevalier en cotte de maille), présenté debout, dans l'église Saint Romain de Targon - avec une inscription gravée dans la pierre: Ensemble honneur duquel il était garde - Aussi vertu son cy-dessoubs en garde - Or toi que veulx ceci entendre - Prie au Seigneur d'un tel honneur comprendre.
Sources: Internet Sud-Ouest

Maison du Temple de Montarouch, par Léo Drouyn


Montarouch portail Nord
Le portail nord - Sources image: Ivan Souverain



« Une construction romane d'une simplicité raffinée »
La commanderie de Montarouch est bâtie sur le sommet de coteaux qui divisent les bassins de la Dordogne et de la Garonne. Elle domine en conséquence presque toute la Bénauges et une partie de l'Entre de Mers. Une motte artificielle faite avec la terre des fossés qui l'entourent sert de base à la chapelle et aux bâtiments qui s'y adossaient; ces bâtiments s'étendaient à l'ouest et au sud de la chapelle laissant à découvert le nord et l'Est de ce monument. Le fossé fort rapproché de l'église la protégeait de ces deux derniers côtés; il s'en éloignait plus de deux mètres: dans ces derniers temps la construction d'une route a déformé la motte et comblé le fossé méridional.

Le plan de la chapelle est barlong il se compose d'une seule travée à l'ouest et du choeur à l'Est séparé de la travée par un pilastre et un arc doubleau ogival, forme qu'affecte la voute de tout l'édifice. Cette voûte en berceau retombe sur un cordon sans moulure. La porte s'ouvrait au nord près de la façade elle est maintenant murée, ses archivoltes en plein cintre retombant sur un chapiteau peu orné de moulures que voici.


Montarouch   Montarouch   Montarouch
Montarouch dessins de Léo Drouyn


La nef ne devait pas avoir de fenêtres mais le choeur était éclairé par une fenêtre au nord et très probablement une autre au sud. Celle du nord, seule existante, est en plein cintre avec une archivolte dont les claveaux sont encadrés d'un mortier ou saillie formant une arcade sur chacun d'eux. Enfin le chevet est percé de trois longues fenêtres surmontées d'un oculus encadrant une rose à quatre feuilles et entourée d'une moulure à torsades. Les trois fenêtres sont en plein cintre à l'intérieur mais à l'extérieur (l'archivolte de deux d'entre-elles sont légèrement ogivales. Ces archivoltes recouvrent les ouvertures qui sont fort longues et très étroites.

Le mur de la nef était couvert de peintures dans lesquelles on ne distingue que des fragments de personnages, et où il est impossible de reconnaître un sujet quelconque. Il y a certainement fort longtemps que les peintures sont dégradées puisqu'à une époque déjà bien ancienne on les a recouvertes d'un badigeon sur lequel on a simulé des assises au moyen de lignes rouges et des claveaux rouges et en plein cintre sur les voussoirs de la porte. Les peintures anciennes étaient surmontées d'un encadrement peint représentant des feuillages et des ornements variés en style du commencement du XIIIe siècle époque où les premières décorations ont été faites.

On voit encore dans la nef du côté du nord une ancienne table d'autel sur laquelle sont gravées des croix.

L'édifice était bâti en bel appareil et soutenu par des contreforts plats tout chez lui dénote la fin du XIIe siècle et le commencement du XIIIe. C'est le style de transition entre le roman et le style ogival. Sur les flancs les contreforts qui partant d'un banc qui suit la base du mur, montent jusqu'à la corniche soutenue par des modillons assez laids et fort mal sculptés.

Cent ans environ après la construction de cette église et le château dont elle faisait partie durent subir un siège et être démolis en partie. L'abside ne paraît pas avoir souffert à cette occasion, elle est encore intacte ou à peu près, mais il ne dut pas en être de même de la façade, celle-ci en effet n'a plus que sa base qui remonte à la construction primitive tout le haut est du XIVe siècle; alors on surmonta les flancs de l'église d'un mur que l'on couronna d'un chemin de ronde: et de mâchicoulis continus sur des consoles à trois assises de saillies, supportant sans aucun doute des créneaux maintenant abattus; alors aussi on du bâtir ou rebâtir un château qui n'existe plus; Plus tard au XVIe siècle on monta, contre l'angle nord Est du choeur une tour carré surmontée d'un pigeonnier.

On trouve des pierres tombales recouvrant des sarcophages près du mur septentrional et une croix brisée devant la façade. Trop d'arbres, peu beaux d'ailleurs entourent cette église qu'on ne peut bien voir que pendant l'hiver.

J'ai trouvé dans les environs une certaine quantité de silex taillés, ce qui prouve que Montarouch a été habité dès les époques les plus reculées.


Montarouch linteau de porte   Montarouch linteau de porte
A gauche Décor peint, à droite Linteau d'une petite porte


A gauche: décor peint sur un mur de l'église   à droite, sur le linteau d'une petite porte, l'inscription suivante: Qui fut meurtri, tué et mis à mort - Cruellement et sans en avoir remort - Par la fureur de la Communauté - de Saint Léon en grand déloiauté

Pour en savoir plus sur l'église de la Commanderie des Templiers de Montarouch:
« Léo Drouyn et le Canton de Targon (14 mai 1867) de Léo Drouyn sur la Commanderie de Montarouch) - Notes manuscrites commentées » (ASPECT, 1993)
« A la découverte de l'Entre-Deux-Mers - La commanderie de Montarouch » (ASPECT, 1996)
Ces livres sont en vente à l'Office de Tourisme de Targon ou chez Eliane L'église à Bellebat.
ASPECT: Association pour la Sauvegarde du Patrimoine et de l'Environnement du Canton de Targon (présidente: Martine BOIT à Faleyras)

Sources: Internet Sud-Ouest

 

Montayral   (47)
Château du XIII ème siècle, Montayral était le Fief de la Maison du Temple d'Agen, d'origine templière.

 

Montbègue   (01)
Domaine du Temple à Montbègue
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Pont-d'Ain, Commune: Druillat - 01


Domaine du  Temple à Montbègue
Localisation: Domaine du Temple à Montbègue


Au début du XIVe siècle, le hameau de Montbègue appartenait aux Templiers, qui possédaient une grande partie des fonds de ce hameau.
Sources: Alain Jantet, l'Ain des Templiers - Edition Trevoux - Archives de l'Ain, archives du Rhône, dictionnaire Topographique et historique de l'Ain.

Montbègue
Montbègue, hameau sur la commune de Druillat.
— Pieros de Montbeggo, 1341 environ (Terrier du Temple de Mollisole, folio 35 vº)
— Montbegos, XVIIIe siècle, carte de Cassini.
Sources: Dictionnaire topographique du département de l'Ain, rédigé par M. Edouard Philipon. Paris, Imprimerie Nationale MDCCCCXI.

 

Montbellet   (71)
Maison du Temple de Sainte-Catherine du Montbellet
Département: Saône-et-Loire, Arrondissement: Mâcon, Canton: Lugny, Commune: Mercey - 71


Maison du Temple de Montbellet
Localisation: Maison du Temple de Montbellet


Montbellet en Maconnais, seigneurie qui dépendait de la commanderie de Châlon par succession des Templiers ayant eu une maison en ce lieu, laquelle est citée et indiquée plusieurs fois dans leur procès en 1309, ainsi: « Domus ordinis vocata Montebeleti, Matisconensis diocesis. » Une belle propriété était attachée à sa chapelle qu'on nommait « Sancte Catherine de Murcey. »
Sources: César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.

La Maison du Temple de Montbellet
Nous ne voulons pas nous attarder sur la question de la fondation du Temple de Montbellet dont nous avons déjà dit un mot au sujet de la chapelle. Les précieux sacs, contenant les titres de fondation, encore existant au XVIIIe siècle, sont malheureusement perdus.

D'après un travail récent Les débuts de l'Ordre du Temple en France de M. Victor Carrière, l'ordre des Templiers fut à ses origines, et à cause de son fondateur Hugues de Payns, une institution essentiellement champenoise qui prit naissance au Concile de Troyes, le 13 janvier 1128; parmi les évêques et les grands féodaux présents, presque tous sont Champenois, mais on relève cependant, parmi les étrangers à cette province, quelques évêques ou abbés bourguignons des pays limitrophes (évêque d'Auxerre, abbé de Cîteaux, de Pontigny, de Saint-Etienne de Dijon, de Molesme); parmi ceux-ci se trouve un féodal dont le nom est significatif et très intéressant, en ce qui nous concerne, c'est Hugues, comte de Mâcon, abbé de Pontigny.

Après ce concile, Hugues de Payns parcourut la chrétienté pour faire du prosélytisme; il alla d'abord en Anjou, en Poitou, puis en Flandre, enfin en Angleterre d'où il revint avec de nombreuses recrues; les nobles avaient partout, avec enthousiasme, répondu à son appel. En retournant en Terre Sainte, il descendit la vallée du Rhône avec un important cortège de chevaliers portant le manteau blanc de la nouvelle milice du Christ.

En Bourgogne, saint Bernard se fit le propagateur de l'ordre naissant avec un zèle enflammé. Aussi l'historien du Temple Mansuet a pu dire au XVIIIe siècle: « A peine sept ou huit ans s'étaient écoulés depuis la confirmation de l'ordre qu'on le vit s'étendre prodigieusement. Les donations qu'on leur fit (aux Templiers) n'étaient pas des terrains incultes ou à défricher, comme ceux que recevaient les disciples de saint Norbert ou de saint Benoît, c'étaient des châteaux, des fiefs, des forts, des bourgades avec leurs appartenances. »
A quelle époque se place la fondation du Temple Sainte-Catherine de Montbellet ? Il nous est absolument impossible de donner une réponse à cette question. Tout ce que l'on peut dire sur ce point sont des conjectures.

Le Temple Sainte-Catherine n'est cité, à notre connaissance, par aucun titre antérieur au XIVe siècle, alors que nous avons des actes mentionnant le temple de Rougepont, dès le début du XIIIe siècle. Le temple de Rougepont était une annexe de celui de Montbellet au moment de la réunion des biens des Templiers à ceux des Chevaliers de Saint-Jean en 1313, mais en 1255 il ne relevait que du Temple de l'Aumusse près de Mâcon.
Pour toutes ces raisons nous estimons, jusqu'à preuve du contraire, que la fondation du Temple Sainte-Catherine est contemporaine de la construction de son église, c'est-à-dire de la fin du XIIIe siècle.

En ce qui concerne les fondateurs on ne peut faire que des suppositions. Faut-il les rechercher dans la puissante famille de Montbellet ?
Faut-il les trouver parmi les seigneurs de Grenod qui avaient une chapelle privée dans l'église même du Temple ?

Nous ne saurions donner la préférence à aucune de ces deux hypothèses bien que penchant plutôt pour la seconde. A l'appui de la première rappelons en revanche que Frère Jean de Montbellet, commandeur de Launay (Launay, commune de Saint-Martin-sur-Oreuse (89), diocèse d'Autun, figura aux Procès des Templiers (1310-1313).

C'est dans cette période, qui va de la fondation du Temple de Montbellet à la suppression de l'Ordre (1310-1314), que la Commanderie de Sainte-Catherine fut à son apogée. Nous n'avons rien malheureusement ou presque rien concernant cette époque. Nous savons seulement par un texte reproduit par Niepce dans le Grand Prieuré d'Auvergne, page 217-241.
« Maison du Temple de Chalon-sur-Saône, Maison fondée au XIIe siècle par les Templiers, cédée plus tard au Grand-Prieuré de Champagne.
Ses membres étaient en dernier lieu:
— Sainte-Catherine, paroisse de Montbellet, près de Macon.
— Le Temple de Sevrey, près de Chalon-sur-Saône.
— Bois (Boye).
— Sevry, chef-lieu de commune, Chalon-sur-Saône, Le commandeur du Temple de Chalon doit au seigneur de Sevrey et à ses officiers un fromage qu'ils vont chercher, avec fanfare et musette, le jour de l'Ascension au lieu de la Maison du Temple près de Sevrey, contre le bois (description du Chalonnais M. Coutépée, Tome IV, page 193.)

— Buissy en Chacort - Buxy (Buxum, Buxiaum, Bussiacum en Chaonois ou Chonois), Saône-et-Loire, chef-lieu de commune. Le Temple de Buxy était près les bois (M. Courtépée, Tomr IV).

— Montret, à deux lieues de Louhans, Saône-et-Loire, sur la route de Chalon à Louhans, chef-lieu de canton, appelé anciennement Monteray.

— Rougepont, commune de Jugy, Saône-et-Loire, sur le ruisseau de Merderix, anciennes limite du Chalonnais et du Maconnais, ferme dont les ruines ont été rasées après 1830.

— Montbellet, en latin Mons Belleti, XIIe siècle, canton de Lugny, Saône-et-Loire, chef-lieu de commune, dîmes à Saint-Oyen (Saint-Ouin). »


Et qu'au moment de sa réunion à l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, le Temple de Montbellet possédait dans ses dépendances le Temple de Rougepont et des biens à Saint-Oyen, et qu'il dépendait de La Langue et du Grand-prieuré d'Auvergne ainsi que de la baillie de la Commanderie de La Marche (Commune de Charoux (23).

— Peu après la réunion du Temple de Montbellet à l'ordre de l'Hôpital en 1333, il fut procédé par Jean de Paroy, juge d'appel de Lyon pour le roi de France, à une enquête sur la valeur des revenus des biens des hospitaliers de Saint-Jean et plus particulièrement de ceux provenant de l'ancien ordre du Temple.

On peut par cette enquête se rendre compte de l'importance du Temple Sainte-Catherine à l'époque des Templiers, car il est peu probable que ces revenus aient notablement changé entre 1313 et 1333.

Voici l'extrait de cette enquête concernant Montbellet (d'après Charmasse):
C'est la prins de la Maison de Mont-Bellot qui fut jadis du Temple: Premièrement en rantes de deniers déhues en divers lieux par menues parties: 6 livres.

Item 4 bichez de froment de rante, 4 bichez de seigle et 6 bichets d'avoyne qui sont estimez, l'un parmi l'autre, à la somme de 100 sols tornois.

Item 20 gélines, 6 deniers la géline, valant 10 sols.
Item 12 livres de cire, qui sont converties pour l'usaige de la chapelle.
Item 60 ouvrées de vigne, l'ouvrée 5 sols, valant 5 livres.
Item 40 soitures de prés, la soiture estimée à 5 sols, valent 10 livres.

Item environ 70 journaux de terres gaynable, le journal 2 sols, 6 deniers, valent 8 livres, 15 sols.

Item pour un molin qui est estimez 6 bichez de blé mouture, le bichet où pris de 6 sols, valent 36 sols.

Item la disme déhu en certain lieu à Saint-Ouein, qui vaut environ 5 bichez de blé commun, le bichet estimé à 6 sols, valent 30 sols.

Item en ladite maison à environ cent journaux de menus bois qui se gastent en l'usage de la maison.
Sources: G. Jeanton - Annales de l'Académie de Macon - Troisième série Tome XX - 1916-1917 - Protat Frères, Imprimeurs.

 

Montblanc (Hérault)   (34)
Moulin du Temple de Montblanc
Département: Hérault, Arrondissement: Béziers, Canton: Pézenas - 34


Moulin du Temple de Montblanc
Localisation: Moulin du Temple de Montblanc


Les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem (plus tard Chevaliers de Malte) avaient succédé dans leurs biens aux Templiers, lors de la suppression de l'Ordre.

Les Templiers possédaient des biens à Montblanc dès le douzième siècle ; en 1189, le commandeur de Marseillan et de Montblanc acheta au recteur de la maladrerie (hôpital) de Pézénas, une terre située à Pléguebiaux (banlieue de Pézénas) (1).
1. Delouvrier, Histoire de Pézénas, page 128.

La Commanderie de Grézan possédait en outre le moulin à blé, situé au bas du village, qui était alimenté par le chenal amenant les eaux des terres de la Bégude. La communauté lui payait, comme censives, douze livres, pour droit sur la mouture, à la fête de saint Nazaire(28 juillet) (2).
2. En 1618, des réparations furent exécutées au moulin bladié.

La Commanderie vendit à H. Mazel, vers la fin du dix-huitième siècle, ce moulin avec le jardin attenant, ainsi qu'une étable située au plan Saint-Jean (3).
3. Déclarés par Mazel, comme biens privilégiés, le 28 mars 1790.

Elle posséda jusqu'à la Révolution deux champs et quatre prés, situés à l'Isle, ou à Tieulet, d'une contenance d'environ huit sétérées (4).
4. Compoix de 1758. Tome 1er, folio 199.

Le tout fut vendu comme bien national le 16 juillet 1796 à Fierrard de Montpellier ; celui-ci les revendit deux mois après à H. Mazel.
La famille d'Albret vendit le château avec les terres qui en dépendaient ; le 21 avril 1542, Françoise de Frontignan, dame de Montferrier, les revendit à Antoine de Malefosse, baron de la Caunette et Aigne en Minervois (5).
5. Albert Fabre.
Sources: Abbé Bougette, Emile - Montblanc : l'église, histoire, page 48. Saint-Paul (Bar-le-Duc) 1905 - Bnf

Maison du Temple de Marseillan
Département: Hérault, Arrondissement: Béziers, Canton: Agde - 34

Le Répertoire 56H ajoute comme dépendance de Pézenas, 5278:
Marseillan (Hérault, canton d'Agde) 1142-1241
Sources: E.-G. Léonard. — Introduction au Cartulaire manuscrit du Temple (1150-1317), constitué par le marquis d'Albon et conservé à la Bibliothèque nationale, suivie d'un Tableau des maisons françaises du Temple et de leurs précepteurs. — Paris, E. Champion, 1930.

 

Montbouy   (45)
Maison du Temple de Montbouy
Département: Loiret, Arrondissement: Montargis, Canton: Châtillon-Coligny - 45


Maison du Temple de Montbouy
Localisation: Maison du Temple de Montbouy


La maison du Temple aurait été construite en 1165; la tour d'escalier semble appartenir au 15e siècle. Sources: Monuments de France, Bardisa Marie; Billon Claire

Ancienne commanderie du Temple. La maison de Montbouy était le chef-lieu d'une seigneurie assez importante, qui eut beaucoup à souffrir des guerres du XVe siècle, d'après le rapport de la visite prieurale de 1493: « A Monlboy, y a villaige où sont XXX habitans, hommes de la religion justiciables à toute justice. Audit lieu, y a maison où de présent se tient le censier; les ediffices qui estoient par le passé sont tous par terre des les guerres des Anglois. Le domaine est baillié à ung fermier qui en rend de seigle XVII setiers et autant d'avoine. »

Au siècle dernier, la terre et seigneurie de Montbouy se composait d'une maison qui était placée à l'angle formé par le chemin qui conduisait à Nogent-sur-Vernisson et la rue qui descendait vers l'église de Montbouy, avec 135 arpents de terre, droits de cens et autres revenus seigneuriaux.

Il dépendait de la terre de Montbouy le domaine de Courjanvier, situé en la paroisse de Boismorand (Département: Loiret, Arrondissement: Montargis, Canton: Gien - 45). C'était une ferme avec une centaine d'arpents de terre, sur le grand chemin de Nogent à Gien.

Il y avait aussi au XIVe siècle un fief qui relevait de la seigneurie de Montbouy, appelé le fief de La Maiserie. Il appartenait en 1374, à Guillaume Limoysin, écuyer.

La dime de Montbouy, avec celles de la Chaume, de Mousseaux, de Boisrond et de la Rabbe, appartenait à la commanderie.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Ce qui veut dire que les bâtiments qui existaient au siècle dernier sont l'oeuvre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Le seul vestige qui restait au siècle dernier des Templiers est ce porche qui permétait aux homes du Temple d'aller au village de Montbouy


Commanderie de Montbouy
Sources image: Montbouy base Mérimée Bnf


Domaine Templiers de Courjanvier à Boismorant
Il dépendait de la terre de Montbouy le domaine de Courjanvier, situé en la paroisse de Boismorand (2). C'était une ferme avec une centaine d'arpents de terre, sur le grand chemin de Nogent à Gien.

Fief Templiers de Maiserie
Il y avait aussi au XIVe siècle un fief qui relevait de la seigneurie de Montbouy, appelé le fief de La Maiserie. Il appartenait en 1374, à Guillaume Limoysin, écuyer.

La dîme de Montbouy, avec celles de la Chaume, de Mousseaux, de Boisrond et de la Rabbe, appartenait à la Maison du Temple de Montbouy.
1. Montbouy (Loiret), arrondissement Montargis, canton Chalillon-sur-Loing.
2. Boismorand (Loiret), arrondissement et canton Gien.

Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Montbouy d'après le Procès


Commanderie de Montbouy
Sources image: Montbouy base Mérimée Bnf


Plus qu'ailleurs, Montbouy, au point de vue historique, pratique l'amalgame entre toutes les phases de son histoire, où plus exactement, par choix historique, Montbouy a axé sa notoriété sur la période gallo-romaine et négligé le reste.

Il est vrai que les vestiges gallo-romains méritent l'attention des historiens, mais comment peut-on, en ce qui concerne les Templiers, occulter deux siècles de son histoire quand on a la chance d'être, de surcroît, le centre d'une commanderie régionale ?

Distinguons les Hospitaliers de Montbouy, ou Chevaliers de Malte qui n'ont fait que bénéficier des biens des Templiers, pour les faire fructifier jusqu'à la Révolution. L'amalgame vient du fait qu'ils ont la même structure que celle des Templiers, que leurs chefs s'appellent également des commandeurs et qu'ils ont habité tous les sites appartenant aux Templiers, après l'extermination de ceux-ci. (A. Charron dans « Essai Historique sur Montbouy » distingue à peine les deux ordres).

Maison du Temple, qui ne nous est connue que par une simple mention au Procès, le précepteur du Temple de Montbouy, Procès, t. I, p. 291: « de Monte Boini », au diocèse de Sens, étant, en 1307, frère Jean de Thère. Ajoutons que la maison se trouve citée dans le Journal du trésor du Temple, à deux reprises:
Les 4 et 5 juillet 1295 et que le second versement fait par le précepteur de Montbouy se trouve être inscrit immédiatement après celui fait par le précepteur d'Auvernaux, pour le compte du précepteur d'Etampes:

De preceptore Montis Boin, 140 livres 40 sous;
De preceptore Montis Boyni, 15 livres.
« Mèmoire sur les opérations financières des Templiers, pages 176, 177. »

La maison de Montbouy dépendait sans doute de la baillie d'Etampes.

Précepteur de Montbouy: 1307, frère Jean de Thère.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.

Maison du Temple de Montbouy
Je vous livre le texte tel qu'il est dans les annales du Gâtinais par Alfred Charron, il faut que vous sachiez, l'auteur de ce texte ne fait pas la distinction entre les Templiers et les Chevaliers de Malte. Montbouy était une Maison du Temple, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem l'ont eut en héritage.

L'église actuelle a été bâtie au XIe siècle par les Frères hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et dépendait de la Commanderie de Saint-Marc d'Orléans. En forme d'une croix latine à chevet polygonal, elle est placée sous le vocable de la sainte Vierge (Assomption), et sous celui de saint Blaise, martyr, évêque de Sébaste en Arménie, patron des tailleurs de pierre, assez nombreux à Montbouy. On a fait aussi de saint Blaise le patron des bouviers, des cardeurs, des tisserands, et on le fête le 3 février. Cependant la fête patronale tombe le 29 juin, jour de la fête de saint Pierre et de saint Paul. Une seconde fête patronale, fondée en 1878, sous l'administration de M. le maire Trochet, se célèbre le lundi de Pâques.

Le portail de l'église, assez remarquable, est roman et bien plus ancien que le reste de l'édifice; il provient sans doute de l'église primitive située à la Commanderie, suivant la tradition. Le choeur est aussi roman; on y remarque, dans le pignon nord, deux ouvertures en forme de meurtrières. Les deux nefs sont gothiques et de style ogival flamboyant; une porte latérale rectangulaire date de la Renaissance. La fenêtre de la chapelle de la Vierge est du XVe siècle et posséde un vitrail ancien remarquable par son tableau de la Vierge de saint Sixte (1) le sanctuaire est aussi orné de magnifiques vitraux modernes, d'un bel autel en pierre sculptée et d'une grande mosaïque dus à la munificence de Mme la baronne de Lilate, propriétaire de Bennes. La chapelle du clocher, qui date du XIe siècle, s'appuie sur deux piliers du choeur; le clocher contient trois cloches, dont l'une a été bénite en 1611, et nommée Anne-Marie, par Marc-Etienne Bardollat, fils de M. Etienne Bardollat, procureur fiscal de Montbouy, et Marie de Haultemaison (4); l'autre est de 1859; la troisième de 1893, bénite par Msr l'évêque d'Orléans. Avant la Révolution, il y avait cinq cloches, dont la seconde avait été bénite le 8 août 1756 par messire Jean Paul Arrault des Bazins, bachelier en droit, curé de La-Chapelle-lez-Paris, et nommée Marie-Catherine par M. Jacques Carré et sa soeur, Marie-Catherine Carré, femme de sieur Etienne-Henry de la Boire. On raconte, à Montbouy, qu'on ne sonnait point les cloches quand le duc de Châtillon venait à passer, car le bourg de cette paroisse était indépendant de la châtellenie de Châtillon.

L'église posséde quelques tableaux, un grand christ en bois peint remarquablement sculpté, et d'autres statues anciennes. On voyait encore, il y a quelques années, dans le sanctuaire, de grandes peintures à fresque, assez médiocres; on remarque dans le choeur des stalles à écussons, dont on a malheureusement fait disparaître les armes; c'était sans doute dans ces stalles que se tenaient les seigneurs et leurs familles (5). Un grand nombre de personnes ont été inhumées dans l'église, entre autres Georges Robeau, lieutenant de la maréchaussée de Montargis, conseiller du roi, écuyer, le 1e avril 1707 (6); et l'on y voit encore plusieurs pierres tombales. Les fonts baptismaux actuels datent de 1778; la sacristie est toute moderne (1865). Tous les papiers, parchemins, cartulaires et titres de propriété de la paroisse furent renfermés, en 1793, dans un pilier de l'église, afin de les soustraire à la destruction; on les posséde encore (7).

Une visite de l'église de Montbouy a été faite, le 29 juillet 1762, par le frère chevalier Charles-Pierre de Saint-Pol-Hécourt (9), commandeur de Villedieu-le-Bailleul en Normandie, et le frère chevalier Hervé le Febvre-Duquesnoy, commandeur de Beauvais en Gâtinais (9), assistés de Jean-François de Thieuville, chevalier non profès de Saint-Jean-de-Jérusalem, du sieur Dumonchel, receveur général de la Commanderie d'Orléans, et du religieux seigneur frère Jean du Merle, chevalier de Blanc-Buisson, commandeur d'Orléans. Ces visiteurs ont trouvé l'église entretenue par le curé Lohou « avec le soin et le zèle d'un bon pasteur. »

1. Reproduit par Edmond Michel dans ses Monuments religieux, civils et militaires du Gâtinais, planche. LXVII.
2. Cette église, à charpente apparente, n'est pas terminée, car les colonnes engagées qui devaient soutenir les arcs doubleaux de la nef sont restées à deux mètres du sol.
3. D'après Raphaël (tableau qui se trouve aujourd'hui au musée de Dresde).
4. Les descendants de la famille de Haultemaison existent encore à La Chapelle-sur-Aveyron.
5. Les seigneurs haut-justiciers avaient le droit de placer un banc à dossier et avec accoudoir dans le choeur.
6. Les Robeau étaient nombreux autrefois à Montargis dans les offices de judicature.
7. L'abbé Patron, Recherches historiques sur l'Orléanais.
8. Chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem depuis le 29 août 1714, qui portait d'argent au sautoir de sable dentelé. Vertot, Histoire de Malte.
9. Près de Nemours.

Sources: Alfred Charron - Annales de la Société historique et archéologique du Gâtinais - Société historique et archéologique du Gatinais - Imprimerie E. Bourges (Fontainebleau) - 1883-1939

 

Montbran   (22)
Le Temple de la Caillibotière ou Montbran ou Tréhen
Département: Côtes-d'Armor, Arrondissement: Dinan, Canton: Matignon, Commune: Pléboulle - 22


Le Temple de la Caillibotière
Le Temple de la Caillibotière ou Montbran ou Tréhen


Ce membre de la commanderie de la Nouée portait à l'origine le nom de Temple de Montbran ou de Tréhen ; d'après deux anciennes déclarations, l'une faite en 1424 et l'autre en 1499, voici de quoi il se composait au XVe siècle:
Le Temple de Montbran ou de Tréhen, en Pléboulle, au diocèse de Saint-Brieuc, avec le bailliage du Chemin-Chaussée;
— Le Port-à-la-Duc et la Ville-Morhen en Pléhérel;
— Le Temple de la CaillibotièreBien du Temple à Caillibotière
Domaine du Temple à Caillibotière
en Plurien.
— Le TempleBien du Temple à Hénanbihen
Domaine du Temple à Hénanbihen
en Hénanbihen.
— Le Temple-Rugeart en Hénansal.
— Le TempleBien du Temple à Saint-Alban
Domaine du Temple à Saint-Alban
de la Lande et le Temple-Fougeray en Saint-Alban.
— Le Temple-Prestan en Planguenoual. - En savoir plus sur Planguenoual
Peut-être est-ce l'HôpitalBien du Temple à Planguenoual
Domaine du Temple à Planguenoual
à Planguenoual ?
— Le TempleBien du Temple à Pléneuf
Domaine du Temple à Pléneuf
de Pléneuf.

Voyons ce que nous savons de chacune de ces localités.
Il y avait dés 1201, à, Montbran, une Templerie et une chapelle sous le vocable de la sainte Croix. « Monasterium Sancte Crucis de Munbran - Sources: Anciens évêchés de Bret. »

Aujourd'hui on retrouve dans la paroisse de Pléboulle les villages du Temple et de Montbran et, à côté d'eux, la tour de MontbranRuines de la Tour de Montbran - image Jack Bocar
Tour de Montbran
et la chapelle Sainte-Croix. Cette tour est un fort curieux monument du XIIe siècle: octogone extérieurement avec quatre faces plus larges que les autres et cylindrique à l'intérieur, haute d'environ dix mètres, elle est assise sur un rocher dominant une courbe décrite par la rivière du Frémur. Le rez-de-chaussée n'a pour toute ouverture qu'une sorte de barbacane percée dans la face Nord; à l'étage supérieur une baie s'ouvre vers l'Ouest; à l'intérieur on voit la place de l'escalier occupant l'angle Nord-est. Cette construction est formée de moellons largement noyés dans un mortier de chaux renfermant des coquilles.

Jadis, autour de cette tour, se développaient les bâtiments de la Templerie, protégés par un terrassement qui subsiste encore, le tout formant une enceinte fortifiée.


Montbran, Cadastre
Montbran, Extrait du cadastre de 1826 (AD 22) Sources: Montbran


Tout près de la voie gallo-romaine d'Aleth à Carhaix franchit la Frémur sur un pont également gallo-romain dont on reconnaît les débris. A l'ombre de la tour et du village de Montbran se tient chaque année, à la fête de Sainte-Croix, en septembre, une foire « si ancienne que les échanges s'y font encore en partie en nature, si considérable que c'est une ville entière qui s'y dresse sous toile pendant plusieurs semaines. »
Guillotin de Corson (Abbé) - Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne - Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902

 

Montchosson   (69)
Maison du Temple de Montchosson
Département: Rhône-Alpes, Arrondissement et Canton: Lyon, Commune: Saint-Genis-les-Ollières - 69


Maison du Temple de Montchosson
Localisation: Domaine du Temple à Montchosson


Entre Lyon, et tout près de Grèzieux ou Grèzieu-la-Varenne, sur la carte de Cassini, Mont Chausson.

Les Templiers de Vaux y possédaient un grand domaine qui se constituait en maisons, chapelle, grange, bois, terres, près, justice, cens et dîmes.

La chapelle se situait dans la paroisse de Sainte-Consorce, les chanoines de Saint-Just de Lyon devaient une rente au précepteur du Temple de Vaux.

Sous les Hospitaliers, les différents biens du Temple de Vaux rapportaient 4 729 livres.
Sources: Léopold Niepce: Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Lyon, Librairie Générale Henri Geors - Bâle - Genève - 1883.

 

Montcornet   (02)
Domaine du Temple de Montcornet
Département: Aisne, Arrondissement: Laon, Canton: Rozoy-sur-Serre - 02


Domaine du Temple de Montcornet
Localisation: Domaine du Temple à Montcornet


Cette maison fut l'objet d'un échange en 1398, entre le commandeur de Boncourt et un sieur Jehan Petit de Seraincourt, par lequel le Commandeur céda sa maison de Montcornet pour une rente d'un muid de blé de mouture que lui abandonna le dit Petit sur le moulin et le ferrage de Dolignon, appartenant à la commanderie.

Il paraîtrait que cet échange ne fut pas ratifié par le conseil de l'Ordre ; car cette maison fit retour à la commanderie. Elle était louée en 1783, avec 40 arpents de terre, 280 livres par an.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Temple de Montcornet
Suivant une tradition consignée dans le manuscrit de feu M. Carton, doyen, l'église actuelle n'aurait pas toujours été seule à Montcornet ; une autre qu'on dit avoir été l'église paroissiale se trouvait, assure-t-on, au bas de la grande place, vers l'endroit où s'élève aujourd'hui l'hôtel-de-ville.

Quant à l'église encore existante, elle aurait appartenu, d'après ce manuscrit, à une communauté religieuse soit de bénédictins, soit de Templiers.

Qu'il y ait eu deux églises à Montcornet, c'est ce dont il ne faudrait pas s'étonner ; car il serait possible que là, comme à Aubenton, l'accroissement de la population, amené par le régime communal, eût nécessité l'érection d'une seconde paroisse ; mais ce qu'on ne peut admettre, c'est que l'église actuelle ait jamais appartenu a l'un des deux ordres religieux dont parle le manuscrit Carton, ni même à aucun autre. D'abord, si les Bénédictins avaient eu une maison à Montcornet, leurs annales sont trop explicites et trop exactes pour ne pas en faire mention; or, on n'y trouve aucune indication de ce genre. Les frères de l'Hôpital de Jérusalem, résidant à Boncourt, qui héritèrent, au siècle suivant, des biens que les Templiers possédaient dans le pays, avaient à Montcornet une maison de refuge; mais ils n'y possédaient ni terre, ni église. Il en était de même de l'abbaye de Foigny qui y avait une semblable maison.
Sources: Essai Historique sur Rozoy-sur-Serre et les environs. Par G.-A. Martin, tome premier. Laon 1863

Montcornet
Nous avons retrouvé deux pouillés de cette époque, le premier est le codex daté de 1346, et contenant:
1. l'estimation du revenu de chaque bénéfice régulier ou séculier, simple ou double, dans le diocèse.
2. le nom de chaque bénéfice.
3. la taxe de chacun d'eux aux décimes.
Ce manuscrit est le seul où se trouve consigné ce qui concerne les abbayes et les chapitres.

Le second pouillé du XIVe siècle n'est pas daté, mais nous le croyons antérieur au premier, et dressé entre l'année 1305 et l'année 1312. En effet il mentionne la chapelle de Montcornet fondée par Jeanne de Rumigny, l'an 1303, le jeudi après la fête de Saint-Leu (Pouillé de M Bauni III page 131), et indique comme patrons de divers lieux les Templiers dont les biens furent attribués aux Hospitaliers en 1312. Ce pouillé dont l'original existait encore au dernier siècle dans les archives du chapitre layette g, liasse 15.
Sources: Archives administratives de la ville de Reims, Volume 4 Par Pierre Varin, tome second. Paris M DCCC XLIII.

 

Montcrozier   (01)
Domaine du Temple de Montcrozier
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Bâgé-le-Châtel, Commune: Dommartin - 01


Domaine du Temple de Montcrozier
Localisation: Domaine du Temple à Domaine du Temple de Montcrozier


— Les templiers de Laumusse possédaient la plus grande partie des dîmes de ce hameau. En 1244, Alexandrine de Vienne, dame de Bâgé, leur en avait donné la moitié. En 1323, les hospitaliers acquirent la part qu'y prétendait, du chef de sa femme, Jean Beaugarçon de Bourg.

— Au dernier siècle, le reste des dîmes se partageait entre les religieux de Saint-Pierre de Mâcon et ceux de Nantua, les curés de Dommartin et de Saint-Didier, le seigneur de Montépin et le prébendier de la chapelle de la Valle.
— Guichenon, Bresse, première partie, page 52.
— Archives du Rhône, Inventaire des titres de Laumusse de 1627, fº 51.
— Inventaire de 1652, fº 189, mss. H, 2167.

Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères, accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Par Guigue, Marie-Claude. Editeurs: Gromier ainé (Bourg-en-Bresse), A. Brun (Lyon), Dumoulin (Paris) 1873.

 

Montecourt   (80)
Maison du Temple de Montécourt
Département: Somme, Arrondissement: Péronne, Canton: Ham, Commune: Monchy-Lagache - 80


Maison du Temple de Montécourt
Localisation: Maison du Temple de Montécourt


Le procès des Templiers fait mention d'une maison du Temple à Montécourt. Cette commanderie fut même d'une certaine importance. Nous avons aux Archives nationales quelques actes qui se rapportent, selon toute vraisemblance, à cette Maison.

Montécourt peut être compté au nombre des plus anciennes possessions du Temple; son origine paraît remonter au milieu du XIIe siècle.

En effet, une bulle du pape Eugène III, datée du 11 novembre, 1150 ou 1151, confirme la donation faite aux Templiers (de Vermandois), par feu noble homme Simon, de tout ce qu'il possédait à Montécourt (maison, vigne, moulin, prés, hôtes, cens etc.), d'une maison à Ham, et de tout ce qu'il tenait en fief d'Eudes de Ham.

Cette pieuse donation fut confirmée par le roi Louis VII, en 1155.

Un acte émané d'A., de Coulours, précepteur du Temple en France, c'est-à-dire dans la province de France, mais qui ne se rapporte qu'indirectement aux Templiers, nous apprend que Monchy faisait partie du fief des Templiers (janvier 1220-1221).

En 1227 Eudes de Coudun, chevalier, vendait aux Templiers dix journaux de prés, sis sous sa tour de Monchy. Il est vrai d'ajouter que sur ces 10 journaux, il avait distrait 35 verges qu'il avait données, dans une pieuse intention, aux mêmes frères du Temple.

Cette même année, Gilles de « Marchars » avait vendu au Temple sa dîme de Tertry.

Les Templiers de Montécourt avaient en outre des biens à Quivières, comme le constate un accord survenu en mars 1250 entre Daniel, recteur des maisons du Temple en Vermandois et Marie de Moy, fille d'Eudes de Ham cité précédemment, accord par lequel la noble dame reconnaissait n'avoir aucun droit au revenu dit « sommage », qu'elle prétendait avoir sur deux hostises à Quivières, et que Jean et Eudes du Four tenaient du Temple.

Nous compléterons ces quelques renseignements, à l'aide du Procès des Templiers. Et d'abord, cette maison du Temple avait sa chapelle, comme la plupart des commanderies.

Il se peut que Montécourt ait été chef de baillie, le précepteur de cette baillie étant d'ailleurs soumis à celui du Vermandois. En effet un Templier, frère Albert de « Rumercourt » prêtre, dit dans sa déposition avoir été reçu en 1305 à Montécourt, par le frère Gilles de Chivres, chevalier, sur l'ordre d'un autre chevalier du Temple, Robert de Sarnois, précepteur de la baillie de Montécourt. Le même avait assisté à une réception faite par le précepteur de la baillie de Vermandois, Eudes, c'est-à-dire entre 1305 et le mois d'octobre 1307.

Un autre Templier, Pierre de Grez, frère sergent, avait été reçu en 1304 environ dans la chapelle de la maison, par Guérin de Grandvilliers, précepteur du Ponthieu, en présence de Robert de Sarnois, précepteur de Montécourt. Robert était-il simplement précepteur de cette commanderie, ou bien était-il précepteur de la baillie du même nom ? Nous l'ignorons.

A la même époque, le sénéchal de la maison était Jean de Pont-l'Evêque, qui n'était dans l'Ordre que depuis l'année 1301.

Enfin, un certain Pierre de Bouillancourt, frère sergent du Temple, successivement claviger des maisons du Temple d'Aimont et du Bois près Libermont, avait été reçu dans la chapelle de Montécourt, par le frère Robert de Beauvais, prêtre, précepteur du Ponthieu, en 1305 environ.

La Commanderie de Montécourt étant déjà en ruines au XVe siècle, il n'est pas étonnant qu'il n'en reste plus aucune trace aujourd'hui. Il est dit en effet dans le rapport d'une visite prieurale faite en 1495 sous les Hospitaliers, qu'il y a à Montécourt: « une chapelle fondée de Saint-Jehan-du-Temple, chargée de 3 messes la semaine; et une grande maison fort ancienne et desmyte par les guerres, tant des Angloys comme de Mgr de Bourgogne. »

Cependant l'abbé De Cagny dit qu'il y a 26 ans, on voyait encore des restes de la maison et surtout une grande et belle église. C'était un monument d'architecture ogivale, en beau grès. La tour du clocher n'avait été conservée qu'à la hauteur du bâtiment et renfermait un escalier assez remarquable; il y avait aussi des souterrains considérables. Le même auteur nous apprend que cette maison avait plus de 100 journaux de terre (ce qui doit être bien au-dessous de la vérité), et que l'habitation s'étendait du haut de la côte, jusqu'aux bords de la rivière l'Omignon. Même, elle aurait communiqué par une chaussée solide avec le château de Monchy, qui s'élevait de l'autre côté de l'Omignon.

Précepteur de Montécourt.
En 1304-1305. - Robert de Sarnois, chevalier.
Sénéchal de la maison, Entre 1301 et octobre 1307. - Jean de Pont-l'Evêque.
Prêtre de la maison, Vers 1304. - Herbert.
Sources: Trudon des Ormes: Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893

 

Monteil-Guillaume   (23)
Domaine du Temple de Le Montel-Guillaume
Département: Creuse, Arrondissement: Aubusson, Canton: Crocq - 23


Domaine du  Temple à Montel-Guillaume
Localisation: Domaine du Temple à Montel-Guillaume


Jadis chef-lieu de commune, réunie à celui de Crocq, le 6 mai 1836.

— C'était une annexe de celle de Saint-Anne (Haute-Vienne).
— L'Ordre de Malte avait ici, une église paroissiale, sous le vocable de Saint-Jean. On y voyait un reliquaire de cuivre émaillé (1616).
— Le curé recevait 10 setiers de seigle (1616). Il réclamait 6 livres en qualité de chapelain du château, ce qui lui fut refusé, cette chapelle étant en ruines (1616).
— En 1517, noble Jean Guérin, était seigneur en partie de ce lieu.
— En 1741, le rôle de la collecte s'élevait à 509 livres 1 sou.
Sources: L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, en Limousin, par A. Vayssière, in-8, 1884, page 92.

Le Monteil-Guillaume
Monteil-le-Guillaume, « Nasbeyraud », diocèse de Limoges à 20 lieues du chef, à demi-lieue de la ville de Crocq, en la paroisse de Monteil-le-Guillaume, consiste en une église paroissiale, un château, un domaine, deux étangs, terres, bois, cens, rentes, dimes, justice. « Revenu 34 livres »

M. Léopold Niepce, nomme cette Maison du Temple « Nasbeyraud », en fait c'est Nabéron, et c'est une commanderie des Hospitaliers de Saint-jean de Jérusalem.
Membre de Commanderie de Sainte-Anne, Haute-Vienne, sous les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Par ordonnance du 6 mai 1836, la commune de Montel-Guillaume est supprimée et réunie à celle de Crocq, Creuse.
Sources: Léopold Niepce: Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Lyon, Librairie Générale Henri Geors - Bâle - Genève - 1883.

 

Montel-au-Temple (Le)   (23)
Maison du temple de Montel-au-Temple
Département: Creuse, Arrondissement: Aubusson, Canton: Auzances, Commune: Lioux-les-Monges - 23


Maison du temple de Montel-au-Temple
Localisation: Maison du temple de Montel-au-Temple


1309. Les Templiers d'Auvergne, incarcérés au nombre de 69 au château de Montferrant, furent interrogés dans le palais épiscopal de Clermont. Ils possédaient des biens dans notre contrée, notamment la commanderie du Montel-au-Temple.
Tout le monde connaît là triste affaire des Templiers et l'injustice qui pesa sur eux en supprimant leur Ordre [1312]. Leurs biens passèrent en grande partie à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Sources: Histoire illustrée des villes d'Auzances et de Crocq, dans le pays de Combraille (département de la Creuse), par Ambroise Tardieu, et Auguste Boyer. Editeur: A. Tardieu Herment Puy-de-Dôme 1888

Le Montel-au-Temple, commune de Lioux-lès-Monges.
— Saint-Jean-du-Temple, 1535.
— Le Monleil au Temple 1745.
— Cure. Fête: Saint-Jean-Baptiste.
— La commanderie. A l'origine c'était une dépendance des Templiers dont l'Ordre fut supprimé, en 1312, et ses biens, comme on sait, passèrent aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem; cette commanderie devint une annexe de celle de Saint-Romain-en-Gal (Rhône), qui était à l'Ordre de Malte, ce qui dura jusqu'en 1789.
— [Voyez BrousseCommanderie de Saint-Jean de Brousse
Commanderie de Saint-Jean de Brousse
, Dictionnaire, où l'on trouvera la liste des commandeurs.]
Sources: Histoire illustrée des villes d'Auzances et de Crocq, dans le pays de Combraille (département de la Creuse), par Ambroise Tardieu, et Auguste Boyer. Editeur: A. Tardieu Herment Puy-de-Dôme 1888

Le Montel-au-Temple
— A une demi-lieue de La Brousse (Creuse 23)
Sur l'ouvrage de M. Léopold Niepce, cette Maison du Temple est devenue sous les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, un membre de la commanderie de Vienne (Isère)
Sources: Léopold Niepce: Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Lyon, Librairie Générale Henri Geors - Bâle - Genève - 1883.

Le Montel-au-Temple
Un Templier clermontois dit avoir été reçu, en 1297, au Montel « in grangia Templi de Monlilio, Claromontensis diocesis » par le chevalier du Temple Dalmace « Giri », en présence d'un frère prêtre et de deux frères sergents « Procès, tome II, page 181. »
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

Procès des Templiers tome II, page 181
Frater Gaufredus de Montchausit serviens, Claramontensis diocesis, testis supra juratus, mantellum et barbam defferens, triginta quinque annorum vel circa, cum quo inquisitum fuerat, absolutus et reconciliatus per dominum archiepiscopum Turonensem, lectis et diligenter sibi omnibus et singulis articulis, respondit quod nullum alium viderat recipi in ordine, unde nesciebat, nec credebat, nec audiverat dici de contentis in dictis articulis nisi quod sequitur: Dixit enim se fuisse receptum, in festo Purificacionis beate Marie proximo preterito fuerunt circiter XIIII anni, in grangia Templi de Montilio Claramontensis diocesis, per fratrem Dalmacium Gili militem quondam, presentibus fratribus Golfero Garini presbitero, Petro Vinee et Andrea Jacobi servientibus, quos credit vivere, in hunc modum: nam cum requisivisset panem et aquam ordinis, et ei concessi fuissent, fecit dictus receptor eum vovere et jurare super quemdam librurn apertum castitatem, obedienciam, vivere sine proprio, non revelare secreta capitulorum, servare elemosinas et bona ordinis, et debite acquirere ordini suo posse; et imposito sibi mantello, dictus receptor et astantes fuerunt eum oscuiati in ore.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

Montel-au-Temple
Un vite d'un établissement de l'Ordre de Malte

Notre collègue M. Adrien Rivet a trouvé un procès-verbal, en date des 13 et 14 août 1759, dressé par Pierre Lacoux, notaire royal à Mérinchal, relatif à l'établissement que l'Ordre de Malte avait au Monteil-au-Temple, paroisse de Lioux-les-Monges. C'est un document intéressant.

Il présente l'état d'un « membre » d'une commanderie lointaine, car Le Monteil-au-Temple, situé dans une paroisse, Lioux-les-Monges, qui a fait partie, jusqu'en 1790, du diocèse de Clermont-Ferrand, dépendait de la commanderie de Saint-Romain-en-Gal [actuellement département du Rhône]. Le titulaire de cette commanderie était, en 1759, un Marchois appartenant à une famille de la région de Chénérailles, Charles Peschant, « prêtre conventuel. » En vertu d'une procuration que, devant un notaire de La Valette (île de Malte) il lui avait donnée le 13 mars 1743, sa sœur, demoiselle Jeanne Peschant de Malleret, demeurant au château de Malleret, paroisse de Saint-Chabrais, administrait ses biens. C'est elle qui s'entendit avec les deux commissaires délégués par le Grand-maître de l'Ordre de Malte pour la visite qu'ils étaient chargés de faire au Monteil-au-Temple. Ces deux, commissaires étaient : frère Henri Bertrand du Masdon, chevalier de l'Ordre et commandeur de Féniers où il demeurait, et Gabriel Tournyol du Rateau, chapelain prêtre conventuel de l'Ordre, demeurant au château du Rateau, paroisse de Bonnat.

Avec le notaire assisté de deux témoins, Joachim Perret de Laforest, curé de Pierrefitte, et Jean-Louis Loyseaud, curé du Compas, et Mlle Peschant présente, les commissaires se rendirent, le 13 août 1759, au Monteil-au-Temple où les attendait demoiselle Angélique Besse du Monterant, fermière du domaine, moyennant un loyer annuel de 440 livres. Elle leur présenta son bail en date du 17 octobre 1743, les terriers de 1711 et 1733 et le procès-verbal de la précédente visite faite en 1743, mentionnant les réparations prescrites au commandeur. Ces pièces examinées, les commissaires remirent au lendemain la continuation de leur visite parce qu'il n'y avait « aucun logement sur les lieux pour loger. »

Le 14 août, ils se rendirent à l'église de Brousse dont le patronage appartenait au commandeur. Au son des cloches, le curé Jacques Tord les reçut, revêtu de son surplis et de son étole. Tout, dans l'église, leur parut en bon ordre. Ils allèrent ensuite au pré du Verger, où ils remarquèrent « deux bornes marquées aux croix de l'Ordre qui font séparation dudit pré d'avec celui du seigneur de Brousse. »

De là ils gagnèrent « le lieu de Larfeul où il y a une chapelle dépendant dudit membre », desservie par le curé de Brousse. Cette chapelle que mentionne la carte de Cassini, que le Dictionnaire de Lecler (article Larfeux) indique comme située sur la paroisse de Saint-Bard (alors du diocèse de Clermont-Ferrand) et démolie en 1887, venait d'être reconstruite par les soins du commandeur ; elle était en parfait état, munie de deux cloches placées « dans un pinacle » [clocher-mur].

Puis eut lieu la visite du moulin du Monteil-au-Temple, du bois du même nom planté en « faux » (hêtres) de haute futaie, des terres, prés et paturaux du domaine, tous bien cultivés, enfin de l'étang du Chatelard et de celui du Martineix, dont la situation n'est pas indiquée.

Ces vérifications faites, les commissaires, conformément aux statuts de l'Ordre, disent-ils, firent appeler « secrètement » six habitants, quatre du Monteil-au-Temple, deux de la paroisse de Saint-Bard, à qui ils posèrent diverses questions :
L'église de Brousse et la chapelle de Larfeul étaient-elles bien desservies ?
Le curé était-il de bonnes mœurs ?
Connaissaient-ils des fondations charitables à la charge du commandeur ?
Celui-ci n'avait-il pas aliéné quelque dépendance du membre ?
Les réponses furent toutes satisfaisantes.

Mlle Peschant fournit alors quelques explications sur les dépenses faites pour des réparations aux étangs et la construction de la chapelle ; elle indiqua que son frère avait obtenu des lettres de chancellerie pour le renouvellement du terrier du Monteil-au-Temple et de Brousse dont le notaire Lacoux s'était chargé moyennant un honoraire de 240 livres.

Les commissaires purent donc terminer le procès-verbal par l'affirmation que tout était en règle au Monteil-au-Temple et ils y apposèrent leurs cachets armoriés, sur cire rouge, à côté de leur signature.
Sources: Louis LACROCQ. Mémoires de la société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, tome XXV, pages CV et CVII. Guéret 1931. - Bnf

 

Montelimar   (26)
Maison du Temple de Montélimar
Département: Drôme, Arrondissement: Nyons, Canton: Montélimar - 26


Maison du Temple de Montélimar
Localisation: Maison du Temple de Montélimar


Il faut citer la famille des Adhémar qui apparaîtra liée à l'ordre du Temple dans sa seigneurie de Montélimar.

Durant le voyage, Urbain II, en habile diplomate, s'appuie sur les réseaux ecclésiastiques et aristocratiques pour assurer le succès de son entreprise. Ainsi, son étape à Valence s'explique par le fait que l'évêque Gontard est en rapport avec Adhémar de Monteil (169), l'évêque du Puy, qui est lui-même lié au comte de Saint-Gilles.

La dévotion de Tiburge a pu en revanche se transmettre aux Adhémar par l'intermédiaire de son premier époux Géraut Adhémar (mort 1127/9). L'attrait pour le Temple, ici un peu plus tardif mais tout aussi profond, paraît être à l'origine de la présence de l'ordre à Montélimar dont le lignage tenait la seigneurie. Il est d'abord le fait de Guilhem Uc III (205) et de Géraut I Adhémar (206), deux neveux de Géraut Adhémar, puis sera poursuivi par le fils de ce dernier, Lambert Adhémar I (207).

La présence du cimetière n'est pas systématiquement attestée. On en connaît l'existence à Arles, Saint-Gilles, Avignon, Montélimar, Marseille (453).

La plupart des églises sont citées assez tardivement, sans qu'il soit possible de remonter à leur origine. C'est le cas à Marseille (1171-1181), Saint-Paul (1203), Cavaillon (1209), Montélimar (vers 1304), Fos (1308), Tarascon et Orange (1373) (457).

Dans bien des cas, seuls demeuraient donc des Templiers quelques souvenirs relayés par la culture populaire et la toponymie (532).

Les liens sociaux que les commanderies furent capables d'entretenir avec leur entourage laïque doivent aussi se comprendre dans cette perspective du recrutement. Des rapports personnels ont pu favoriser ces liens, comme dans le cas de ce frère de Montélimar reçu vers 1300 à Richerenches par le maître en Provence Guigue Adhémar, qui n'était autre que son «seigneur charnel» (32).

Sous la nouvelle domination aragonaise, cette maison devait encore accueillir de grandes manifestations du pouvoir seigneurial, et notamment la rédaction du contrat de mariage entre Peire Ier et Maria de Montpellier en 1204. On retrouve sensiblement la même attitude à Montélimar, où la maison templière semble intimement liée à la famille seigneuriale des Adhémar qui a sans doute contribué à la fonder. C'est dans l'église de la commanderie que Géraut II Adhémar (mort 1230), bien que paré du titre prestigieux de vicomte de Marseille, a souhaité se faire inhumer et où épitaphe et messes anniversaires perpétuent donc sa mémoire. Et c'est là encore qu'entre décembre 1280 et janvier 1281, Géraut VI Adhémar et Lambert Adhémar mettent fin à leurs querelles, en présence du frère du premier, le templier Guigue Adhémar, futur maître en Provence. Nombreux sont donc les grands à conserver leur confiance envers les frères au point de les prendre à témoin de leurs conciliations.

On a remarqué la présence auprès des commanderies de nombre d'individus qui, sans verser d'aucune manière dans l'hérésie, furent pourtant loin d'apparaître comme des chantres de l'orthodoxie aux yeux des autorités ecclésiastiques. Ont ainsi émergé quelques figures significatives d'hommes qui se signalèrent par leur refus d'un ordre clérical et qui furent parmi les plus chauds partisans de la cause toulousaine: les troubadours Cadenet et Gui de Cavaillon, qui finirent leurs jours respectivement comme hospitalier et templier, Géraut II Amie, connétable de Raimon VI (1209-1211) et proche des deux ordres, Géraut II Adhémar, inhumé à la maison du Temple de Montélimar, Peire de la Milice, inhumé à la commanderie templière de Saint-Gilles, et bien d'autres.

169. Une tradition veut que le futur légat de la croisade soit issu d'une famille chevaleresque artésienne, C. Lauranson-Rosaz, «Le Velay», page 51. Mais son origine valentinoise et sa parenté avec les seigneurs de Monteil (aujourd'hui Montélimar) est bien attestée, R. Bayle, Adhémar de Monteil en Orient, mémoire de maîtrise, Université d'Avignon, 1996, p. 6-7 et 112.

205. Le 24 août 1156, il effectue une importante donation foncière entre les mains du maître Peire de Rovira et reconnaît finalement être entré en confraternité en promettant son cheval et ses armes à sa mort.
L'acte prévoit en outre la levée d'un péage à l'une des portes de Montélimar au profit des frères, Cartulaire de Richerenches, nº 129.

A Montélimar, les Hospitaliers possédaient, encore au XVe siècle, deux maisons héritées des Templiers en plus de leur propre établissement (528). Mais à la fin du siècle suivant, l'église Saint-Jean et l'ancienne église du Temple étaient toutes deux ruinées (529).

La remise des biens du Temple aux Hospitaliers
La visite générale de 1338 prouve que, dans l'ensemble, l'intégration des patrimoines du Temple avait été effectuée à cette date:
B. Beaucage, «La saisie», pages 98-100.
Pourtant, il s'en faut de beaucoup pour que la dévolution fût complète en Provence. Ainsi, Honoré Bouche prétendit qu'à son époque, beaucoup de biens templiers étaient encore en des mains laïques:
H. Bouche, La chorographie, tome II, page 333.

En 1373, autour de Montélimar, donc en Dauphiné cette fois-ci, l'ordre de Saint-Jean se trouva encore contraint d'arrenter plusieurs membres provenant du Temple, mais dont il n'avait jamais pu s'assurer la transmission effective:
B. Beaucage, «Les Alpes du Sud en 1338», page 121.
Sources: Extrait de l'ouvrage de Damien Carraz, L'ordre du Temple dans la Basse vallée du Rhone (1124-1312) — Presses Universitaires de Lyon — 2005 — Livre numérique Google
206. Il apparaît surtout dans le cartulaire de Richerenches pour approuver et confirmer des donations faites sous son dominium, Cartulaire de Richerenches, nº 51 (23 octobre 1150) et 227 (1180).
Le 5 septembre 1157, alors qu'il vient de succéder à son frère comme seigneur de Montélimar, il confirme les donations effectuées par ce dernier l'année précédente et y rajoute l'exemption du paiement de la lesde et d'autres péages pour le transport de biens de l'ordre, nº 130.
Le 15 février 1174 enfin, il confirme en grande pompe, en présence de tous ses amis, des évêques de Vaison et de Saint-Paul, et de tous les frères de Richerenches, les biens acquis par les Templiers sur ses terres, nº 201.

207. Il concédera encore en 1230 l'usage de l'eau du Jabron pour faire tourner les moulins de l'ordre, baron de Coston, Histoire de Montélimar, tome I, page 92.
Ripert-Monclar, Cartulaire de Richerenches, pages XCVII-XCVIII, a aussi relevé les relations avec les moines-soldats, d'autres Adhémar dont il présume l'appartenance au même lignage.
Citons notamment un certain Uc Adhémar, très souvent présent dans le cartulaire dans un rôle de témoin, de fidéjusseur ou de conseiller entre 1150 et 1175 et Pons Adhémar, frère du Temple à Roaix en 1178, Cartulaire de Roaix, nº 139.

453. Chartrier du Temple d'Arles, nº 004 (cimiterio Sancte Marie de Milicia), 023 et 049 ; Chartrier du Temple de Saint-Gilles, nº 041 ; CTAv, nº 70-71; Coston, Histoire de Montélimar, tome I, page 92; Archives départementales des Bouches-du-Rhône (Marseille), B 464 (23 janvier 1325).

454. A Saint-Gilles, il y a dans le cimetière un puits et un ormeau, Chartrier du Temple de Saint-Gilles, nº 458. A Marseille, une sépulture sert de point de repère dans un bornage, Archives départementales des Bouches-du-Rhône (Marseille), B 464. A Aix, est attesté le tombeau de Dragonet de Mondragon (mort 1311), Y. Esquieu, «L'église», pages 116-117.

528. Archives départementales des Bouches-du-Rhône (Marseille), 56 H 124, folio 54v (1429): Membrum Templi Montilii habet duas domos videlicet unam domum infra muros castra Montiliis et aliam extra muros; et 56 H 125, folio 65 (1495). La maison hors les murs s'applique sans doute au membre de Boynesac.

529. A. Lacroix, L'arrondissement de Montélimar, page 315 (d'après une visite de 1597).

532. Au XVIIIe siècle, à Montélimar, subsiste le souvenir de la «rue et de la place du Temple» et à Saint-Paul existe aussi une «placette de la commanderie», Archives départementales des Bouches-du-Rhône (Marseille), 56 H 3415 et 56 H 3435.

32. H. Finke, Papsttum, tome 2, page 344: ad mandatum dicti magni preceptoris, cui non fuit ausus resistere, cum essetfrater domini Geraudi Audemarii domini sui carnalis.

Sources: Extrait de l'ouvrage de Damien Carraz, L'ordre du Temple dans la Basse vallée du Rhone (1124-1312) — Presses Universitaires de Lyon — 2005 — Livre numérique Google

Les Templiers de Montélimar et le Procès
D'autres Templiers issus de diocèses languedociens ou provençaux n'apparaissent en revanche que dans les registres parisiens 60. Certains d'entre eux se portèrent volontaires pour défendre l'ordre en mars 1310, comme Guilhem de Ranco, Peire de Agusano ou Peire Jubini.
60. Pons Tortose et Estève Saurini, du diocèse de Nîmes, furent interrogés en février-avril 1310. Raimon de Fara (Montélimar) est passé devant la commission royale en novembre 1307. Un certain nombre de frères venaient en outre des diocèses de Maguelone et Aix.

Michelet tome I, page 70, 106-107, 130
Eisdem die et loco fuerunt simul adducti coram eisdem dominis commissariis fratres subscripti, qui adducti fuisse dicebantur de seneschallia Carcassonensi, videlicet fratres P. de Mossio Narbonensis, J. Maurini Narbonensis, Raymondus de Corbes Elnensis, Guillelmus de Nebias Narbonensis, Raymondus de Pruhanis Narbonensis, Poncius Tortossa Nemausensis, J. Cassanhas Carcassonensis, Arnaldus de Spel Appamiensis, Johannes Olibe Tholosane, Guillelmus de Castro Novo Carcassonensis, Stephanus Saurini Uticensis, Johannes Amelii Carcassonensis, Raymondus de Roianis Agatensis, Poncius Espes Biterensis, Martinus Rebol Agatensis, Bertrandus de Moleta de Anicio, Bartholamus Andree Agatensis, Guillelmus de Fuxo miles Appamiensis, P. de Terrasone Petragoricensis, Bertrandus Cascavelli Agatensis, P. Stephani Agatensis, Bertrandus Aiuda Dieu presbyter Magalonensis diocesium. Qui sigillatim et separatim requisiti, si volebant dictum ordinem deffendere ab hiis que sibi imponebantur, dixerunt quod sic, adiciens dictus P. Stephani: Pro posse.

Noms des Templiers du diocèse de Nîmes au tome I:
Petrus de Agusano Nemausensis, Petrus Gibellini Nemausensis, Petrus de Agusano Nemausensis, Petrus Jubini Nemausensis, Stephanus Saurini Nemausensis, Poncius Tortossa Nemausensis diocesium: Diocèse de Nîmes.

Michelet tome II, page 155 et 359
Credit tamen quod predicta illicita confessata per eum, facta et dicta in presencia predictorum, intervenirent communiter in recepcionibus aliorum fratrum ordinis vel post, licet viderit duos recipi, in quorum recepcionibus nichil illicitum intervenerit, quod ipse sciverit vel audiverit dici, videlicet fratrem Guigonem de Namans militem, detentum in diocesi Ruthenensi, quem recepit frater Hugo de Penrando, in quadam capella domus Templi de Montilio Ademari, sunt sex anni vel circa, presentibus dicto fratre Guidone Ademari et fratre Iacobo de Mallavalle serviente, quem credit vivere, et ibidem, et per eumdem, et eodem modo, et eisdem presentibus, fuit receptus frater Mondetus de Fara miles, de Montilio Ademari, qui detinetur Parisius.

Item frater Raymundus de Fara miles dicti ordinis, etatis XXI anni vel circa, juratus eodem modo, bona voluntate et spontanea de se et aliis in causa fidei dicere veritatem, et interrogatus de tempore et modo sue recepcionis, dixit per juramentum suum quod fuit receptus in domo Templi de Montelio Ademari, per fratrem Hugonem de Peraudo, tres anni sunt vel circa, presentibus fratre Guidone Goemorii et quibusdam aliis de quorum nominibus non recolit.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 — Imprimerie Nationale — Paris — M. DCCC. LI.

Maison du Temple de Montélimar
Lorsque Richerenches fut fondée il ne paraissait pas que l'influence allait toucher les grandes seigneuries du Dauphiné. C'est ainsi qu'après plusieurs donations faites par les seigneurs de Monteil, les Templiers établirent une de leur maison sur le passage du Rhône et en firent une commanderie.

La première donation concernant les biens du Temple de Montélimar fut passée le 24 août 1156 lorsque Guillaume Hugues de Montélimar fait son testament. S'affiliant à l'Ordre du Temple, il promet qu'à sa mort il donnera son cheval, mais qu'en cas où il n'aurait plus rien, ce don serait remplacé par 500 sous à prendre sur le péage de la porte de la ville (52).

Le 5 septembre 1157, Géraud Adhémar exempte les Templiers de Richerenches de tous les leydes et péages dans ses domaines. Or les dits domaines s'étendaient aux environs de Montélimar, mais la première mention concernant la commanderie titulaire date du 6 août 1229. Ce jour-là les bâtiments et une église étaient déjà construits puisque Mabilie, épouse de Géraud Adhémar, donne aux Templiers une somme d'argent pour l'entretien, à perpétuité, d'un prêtre pour célébrer l'office dans l'église Notre-Dame du Temple où se trouve l'épitaphe de son époux. A cela Géraud, le fils, ajoute 100 sous viennois de cens à prendre sur le leyde et le péage de la ville (53).

Les mentions que nous avons sur la vie des templiers de Montélimar sont rares mais assez explicites pour nous donner une juste idée de l'influence et des droits de la commanderie. Le 13 octobre 1259, lors d'une vente, nous apprenons que les templiers possédaient un bois près de Montélimar. Le commandeur Arnaud d'Altenna apposa son sceau au document de vente et Guigues, donné du Temple, en fut le témoin (54).

Le 22 juillet 1275, Raymond de Bavas donne par testament la somme de quinze livres à l'église du Temple et demande à être enseveli dans le cimetière de la commanderie, ce qui prouve bien que des droits de sépulture et ecclésiastiques avaient été concédés par l'évêque (55).

Les derniers actes permettent de signaler l'existence de la commanderie de Montélimar sont datés de la fin du XIIIe siècle et concernent surtout les affaires de la ville. Ainsi le 10 août 1280, Giraud Adhémar passe un acte de franchise et d'immunités pour les habitants de Montélimar dans la galerie de la maison du Temple (56). Le 30 décembre suivant, le même seigneur passe une concorde avec Lambert, tous deux seigneurs du lieu dans laquelle il est précisé que Guigues Adhémar, frère de Giraud, est commandeur du Temple de Montélimar (57). Cette concorde n'aboutit qu'à octroyer certaines récompenses aux habitants de Montélimar, puisque le 25 janvier 1281, Géraud Adhémar réunit une assemblée ordinaire dans la maison du Temple de la ville au cours de laquelle il exempta ses hommes des veilles et rondes et leur donna le droit de faire paître dans les forêts seigneuriales et d'en prendre le bois (58).

Commandeurs de Montélimar
Arnaud d'Altenna, 1259-1260
Guigues Adhémar, 1280 — sera maître en Provence de 1291 à 1301.
Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Provence — Alpes-Mediterranée Editions, 1977, Impres'Sud — Nice
52. — Ripert-Monclar. Cartulaire de Richerenches. nº 148 — Chevalier, Regests, Dauphinois. nº4001.
53. — Grenoble, Archives Départementales, B.3913 — IV. 12.
54. — Valence, Archives Départementales, H. Temple.
55. — Lacroix dans Bulletin de la Société Académique et archéologique de la Drôme. 1894. nº28, p. 185-186.
56. — Copie de 1354. Archives municipales de Montélimar et Archives privées, fol. 38 — Chevalier, Cartulaire municipal de Montélimar, nº 25.
57. — Ibid., fol 38 et nº 25.
58. — Grenoble, Archives Départementales, tome III H. 362.

Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Provence — Alpes-Mediterranée Editions, 1977, Impres'Sud — Nice

Maison du Temple de Montélimar
Le Temple de Montélimar possédait une chapelle, il était situé dans la ville même de Montélimar ; un chevalier du Temple «Raymond ou Mondet de la Fare», entendu lors du procès le 7 novembre 1307, âgé de 21 ans, y avait été reçu trois ans plutôt par «Hue de Perraud» Il est aussi parlé durant ce procès mais, cette fois si en Rouergue d'un Templiers reçu en la même chapelle de Montélimar, à la même époque toujours par «Hue de Perraud», en présence de Frère Guigue Adémar, chevalier de Montélimar.

Ce même Guigue Adémar était Précepteur du Temple en Provence, il est à supposer que le Temple de Montélimar était sous sa dépendance.
Sources: Trudon des Ormes : Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France. La plupart de ces informations sortent des archives départementales, de la bibliothèque nationale et des textes rédigés par Michelet sur le Procès des Templiers.

Maison du Temple de Montélimar
Les Templiers furent abolis en 1311-1312 par le concile de Vienne sur les instances de Philippe le Bel. Leur commanderie de Notre-Dame-de-Theronc a été ruinée depuis longtemps mais l'église romane où ils célébraient les offices existe encore. Elle est à une nef sans chapelles et mesure 12 mètres de long sur 6 de large large En 1235 une difficulté surgit entre eux et l'évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux mais l'évêque d'Orange la termina en décidant que le commandeur recevrait le prélat tricastin une fois chaque année dans le château de Chamier avec tout le respect dû à sa dignité et donnerait à souper et à dîner à l'évêque et à ses gens:
Histoire de l'Eglise de Saint-Paul page 88.

Pareille redevance constituait un fief de paisse feu «dum procurationis» et rappelait aux Templiers les libéralités des prélats tricastins et de leurs diocésains comme celles de Hugues de Montségur en 1138 à Arnaud de Bedos maître des Templiers de Provence originaire peut être de Châteauneuf-du-Rhône où nous avons trouvé une famille de ce nom et de Bertrand de Baumes qui céda à l'Ordre l'église et le quartier Saint Jean dans la cité épiscopale:
Histoire de l'Eglise de Saint-Paul page 88.
Sources: L'arrondissement de Montélimar: géographie, histoire et statistique, Volumes 1-2 — Par André Lacroix.

 

Montels   (12)
Maison du Temple de Montels
Département: Aveyron, Arrondissement: Millau, Canton: Causses-Rougiers, Commune: Saint-Sernin-sur-Rance - 12


Maison du Temple de Montels
Localisation: Maison du Temple de Montels


Petite circonscription de l'Ordre du Temple, dont nous trouvons l'existence mentionnée dès le milieu du XIIe siècle et qui, dans le courant du siècle suivant, fut réunie à la commanderie de Sainte-Eulalie.

1169. Donation par Eudie de Copiac à Sainte-Marie de Montels et au commandeur P. Gérald, du fief des Cabanes.

1306. Le commandeur de Sainte-Eulalie porte plainte au Pape contre le vicaire de la chapelle de Notre-Dame d'Orient, annexe de l'église de Saint-Sernin, qui se refusait à lui payer ses droits sur les vêtements et dépouilles des défunts.

Liste des Commandeurs Templiers de Montels
1166. Pierre Gerald.
1248. Raymond de Montfort.
1263. Raymond de Posquières.

Sous les Hospitaliers de Saint-Jean
1318. Le commandeur de Sainte-Eulalie inféode aux habitants le devois de Montels sous la redevance de 30 gelines.

Du consentement de l'Ordre de Saint-Jean et pour faciliter le service religieux dans la contrée, l'Evêque de Vabres avait établi un chapitre de chanoines séculiers à Saint-Sernin.

En 1459, Raymond de Ricard, Grand Prieur de Saint-Gilles et commandeur de Sainte-Eulalie, régla avec les chanoines l'exercice de leurs privilèges respectifs; il fut convenu que les commandeurs auraient le droit de nommer à l'office de sacriste et à deux canonicats, et que l'élection de prévôts se ferait avec leur licence et approbation; les chanoines promirent de plus que tous les ans ils célébreraient dans l'église de Saint-Sernin deux messes solennelles, l'une, le premier dimanche de mai, pour les frères vivants de l'Ordre; l'autre, au jour de la décollation de saint Jean-Baptiste, pour les frères trépassés.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)

Maison du Temple de Montels
Selon M. Du Bourg, la petite maison de Montels, gérée par Elias en 1170-1171, avait pour commandeur à la même époque: Pierre Gérard (1167-1171), Guillaume de Montels (1186) et Pierre de La Couvertoirade (1195). Elle fut jointe à la Maison du Temple de Saint-Eulalie au XIIIe siècle.
Sources: E.-G. Léonard. — Introduction au Cartulaire manuscrit du Temple (1150-1317), constitué par le marquis d'Albon et conservé à la Bibliothèque nationale, suivie d'un Tableau des maisons françaises du Temple et de leurs précepteurs. — Paris, E. Champion, 1930. ln-8º, xv-259 pages.

 

Montenaille   (21)
Fief du Temple de Montenaille
Département: Côte-d'Or, Arrondissement: Dijon, Canton: Grancey-le-Château-Neuvelle, Commune: Busserotte - 21


Fief du Temple de Montenaille
Localisation: Fief du Temple de Montenaille


Montenaille, petit fief avec une église donnée à la maison de Montmorot en 1197.
Le commandeur de Montmorot jouissait de plus, par indivis avec le commandeur de Bure, de la terre de Chaugey, près Salives.

Les Templiers obtiennent le droit de justice, en 1295.
Sources: César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.

Maison du Temple de Montenailles
En 1268 Hugues, dit Buroz de Santenoge, chevalier et Hue d'Autricourt, chevalier, en qualité d'arbitres, notifient un accord entre le seigneur de Grancey et les Templiers de Montenailles.
Originale Archives de la Côte-d'Or, H. 1176.

Maison du Temple de Montenailles
En 1271 (1270 janvier), Guillaume, seigneur de Grancey, notifie qu'en sa présence Isabelle, fille de feu Guillaume de Lougeau, damoiseau, femme d'Aimon de Grancey, dit Pernet, a fait un accord avec Henri de Dôle, précepteur des Templiers de Bures, et a cédé aux Templiers une terre dans la vallée de Laignes et divers champs à Montenailles.
Originale Archives de la Côte-d'Or, fonds de Bures, H. 1161.
Sources: Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne, avec des documents inédits et des pièces justificatives. T. 5 - par Ernest Petit. - Lechevalier (Paris) - 1885-1905

Montenailles, hameau sur le commune de Busserotte
— Montenalis, 1197, (Temple de Bure, H 1161)
— Montegnailles, Montegnoilles, 1268 (Temple de Bure, H 1161)
— Montenailles, ancienne possession des Templiers de Bure-les-Templiers.
— En 1789, Montenailles était une communauté d'habitants de la province de Bourgogne, bailliage de la Montagne. Son église aujourd'hui église paroissiale de Busserotte, situé entre les deux villages et sous le vocable de Saint-Ambroise, était succursale de celle de Fraignot.
— Pendant la période intermédiaire, Montenailles a fait partie d'une municipalité du district d'Is-sur-Tille, au canton de Grancey, dit tantôt de Busserotte-et-Montenailles, tantôt de Montenailles-et-Busserotte.
Sources: Alphonse Roserot. Dictionnaire topographique du département de la Côte d'Or. Paris MDCCCCXXIV.

Montenaille
Une transaction intervient en 1269 entre Guillaume de Grancey et les Templiers de Bure, interdisant à ces derniers, toute acquisition sur (super) les hommes de Guillaume à Montenaille (1).
1. A.D.C.O., 111 H 1161-1

Alors que les autres moulins appartenant à Bure étaient mus par la force hydraulique, celui de Montenaille était un moulin à vent (Ce sont des moulins à eaux, à l'exception de celui de Montenaille. Sur la carte IGN au 1/25 000, un lieu-dit « Le moulin à vent » désigne l'emplacement de celui-ci, à 300 mètres au nord du village.)
Sources: Michel Miguet Templiers et Hospitaliers de Bure

 

Montfalconnet   (01)
Seigneurie du Temple de Montfalconnet
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Viriat - 01


Seigneurie du Temple de Montfalconnet
Localisation: Seigneurie du Temple de Montfalconnet


Seigneurie en toute justice et avec château fort, possédée d'abord par des gentilshommes qui en portaient le nom. Les plus anciens connus sont Bernard de Montfalconnet, vivant vers 1250, mari de Marguerite de la Vavrette, veuve de lui en 1270 Roland de Montfalconnet, damoiseau, père de. Jean et de Guillermet, lesquels firent des concessions aux templiers de Saint-Martin-le-Châtel, en 1276, 1286, 1288, 1289.
Sources: Revue nobiliaire, héraldique et biographique, publiée par M. Bonneserre de Saint-Denis. Editeur: J. B. Dumoulin Paris 1862-1908

Montfalconnet, hameau de la commune de Polliat.
— De Montefalconeti, 1288 (Archives du Rhône, titres de la aison du Temple de Laumusse, Saint-Martin-le-Châtel, chapitre I)
— De Monttefalconneto, 1501 (Archives du Rhône, titres de la aison du Temple de Laumusse, Saint-Martin-le-Châtel, chapitre I. Saint-Jean, armoire Lévy, volume 42, nº3 foluo 3 vº)
— En 1789, Montfalconnet était un village de la paroisse de Polliat.
— De Montfalconneto, 1286 (Archives du Rhône, titres de la aison du Temple de Laumusse, Saint-Martin-le-Châtel, chapitre II, nº4)
Sources: Dictionnaire Topographique du département de l'Ain. M. Edouard Philipon. Paris MDCCCCXI.

 

Montfort   (15)
Domaine du Temple de Montfort
Département: Cantal, Arrondissement et Canton: Mauriac, Commune: Sourniac - 15


Domaine du Temple de Montfort
Localisation: Domaine du Temple de Montfort


Montfort, autrefois dans la paroisse de Jaleyrac, aujourd'hui dans celle d'Arches, est également porté par Jean de Trye, bailli d'Auvergne, au rang des préceptories de la milice du Temple (Auguste Chassaing. Spicilegium, page 212).

Au moins un quart du village appartenait à la maison de Sartiges. Au XVIe siècle, les chevaliers de Malte y possédaient encore une maison avec une tour.
Sources: Bouffet (Abbé Hippolyte), Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Haute-Auvergne, dans Revue de la Haute-Auvergne, Aurillac, t. XVI (1914).

Montfort, ferme avec manoir, moulin et chapelle domestique, sur la commune d'Arches.
— Preceptor de Montfort, 1293 (Spicil Brivat)
— Reparium de Montfortis, 1346 (Archives générales de Sartiges)
— Montfort a renfermé une ancienne commanderie de l'Ordre du Temple.
Sources: Dictionnaire topographique du département du Cantal, par M. Emile Amé. Paris Imprimerie de Nationale M DCCC XCVII.

 

Montfort-sur-Argens   (83)
Maison du Temple de Montfort-sur-Argens
Département: Var, Arrondissement: Brignoles, Canton: Cotignac - 83


Maison du Temple de Montfort-sur-Argens
Localisation: Maison du Temple de Montfort-sur-Argens


Que d'imaginations, que d'hypothèses, de mystères et de secrets ont été émis sur cette maison du Temple dont les constructions dateraient des Templiers, ce qui est faux et dont nous allons voir les origines.

Au mois de septembre 1197, Foulques de Pontevès cède aux Templiers du Ruou tout ce qu'il possède à Montfort et dans la vallée de Carcès. L'acte fut signé dans la maison des Tailles de Marseille en présence de l'évêque et de son cousin, le vicomte Roncelin (1).
1. Marseille. Archives Départementales. 56 H. ancienne côte, 56 H 5282.

C'est au mois d'octobre 1207 que fut donnée la seigneurie de Montfort aux Templiers d'Hyères. Alphonse II d'Aragon, comte et marquis de Provence, de sa propre volonté, fait donation aux frères de la maison du Temple située près d'Hyères et à Guillaume Gralhi, maître en partie de la Provence, tout ce qu'il a, qu'il tient, possède, pourrait posséder et tenir dans tout le territoire du château de Montfort ou dans ses dépendances. Il accorda en plus un droit d'albergue annuel de cent sous ainsi que les droits de justice, seigneurie, cavalcade, usages, fiefs, pâturages et autres. Le comte fait cette donation en règlement à une livraison de blé qui lui avait été remise par la maison d'Hyères. L'acte fut passé au château du Puy-Sainte-Réparade en présence de l'archevêque d'Aix et de plusieurs frères du Temple: Guillaume de La Tour, commandeur d'Aix, Pierre d'Alègre, Bertrand de Gardanne, S. Garanos, Hugues Déodat, Hugues Bodon (2).
2. Marseille. Archives Départementales. 56 H. ancienne côte, B.4, fol 185.

Une autre donation fut faite par Raimond de Cotignac. Ce seigneur local étant à Acre se fait Templier et donne tous les biens qu'il possède à Montfort et qui lui venaient de sa mère Adélaïde.

Après le procès, le domaine de Montfort passa aux hospitaliers qui rasèrent le château dans sa totalité pour le reconstruire au XVe siècle, c'est celui que nous voyons aujourd'hui.

Les inventaires de la suppression signalent le nom d'un administrateur de Montfort: frère Pierre Borgondion. Cette maison de l'Ordre était comme la plupart, riche en biens fonciers, pauvre en ustensiles.

L'inventaire nous précise que pour la vie matérielle il y avait dans la chambre 3 matelas, 3 couvertures et 5 rouleaux de toile ou sac pour dormir. Deux épées pendaient au mur. Dans la cuisine se trouvaient seulement un gril, une crémaillère, une marmite et un tonnelet. C'était vraiment le strict nécessaire. Dans les dépendances fermières les enquêteurs trouvèrent un cuvier plein de vin, un setier de pois-chiches, une émine de farine, une émine de vesces, deux émines de figues, quatre gourdes d'huile et soixante setiers de forment (3). C'est tout ce que l'inventaire signale.
3. Marseille. Archives Départementales. 56 H. ancienne côte, B. 155. fol. 61-63
Sources: Laurent Dailliez - Les Templiers en Provence - Alpes-Méditerranée - Editions - Nice 1977.

Maison du Temple de Montfort-sur-Argens
Les Templiers soutenus par le comte de Provence, qui confirma, le 12 décembre 1200, toutes les acquisitions de la Maison du Temple du Ruou. Cette dite Maison, avait pour dépendance de nombreux biens dans bon nombre de localités et en ce qui nous concerne, Montfort-sur-Argens.

1209, le comte de Provence fit donation aux Templiers de Montfort-sur-Argens qui conserve dominant le village, la maison forte de la commanderie, rebâtie au XVIe siècle par les chevaliers de Malte et récemment restaurée.
Templiers et Hospitaliers en Provence et dans les Alpes-Maritimes, par Joseph-Antoine Durbec - 2001

Montfort-sur-Argens, bâtiment Hospitaliers


Montfort-sur-Argens
Montfort-sur-Argens - Sources image: Internet


Le château des commandeurs est au sommet de la colline de Ville vieille, avec la chapelle St Blaise. Il a appartenu aux Templiers, puis aux Hospitaliers de St Jean de Jérusalem, puis à l'ordre de Malte.

Le premier château des Templiers datait du XIIe XIIIe siècle.
Il a été détruit à la fin du XVIe siècle, il ne subsiste qu'une partie des sous-sols.


Montfort-sur-Argens
Montfort-sur-Argens - Sources image: Jack Bocar


Reconstruit au XIVe siècle puis transformé aux XVI et XVIIIe siècles, les façades et les toitures du château sont classées.

Propriété privée
La croix de l'ordre des hospitaliers, au-dessus de la porte d'entrée, a remplacé celle de l'ordre du temple.


Montfort-sur-Argens
Montfort-sur-Argens - Sources image: Jack Bocar


La façade principale est encadrée de deux tours carrées à contreforts (trois à l'origine) qui délimitaient la cour intérieure du château primitif. Cette cour sera couverte au siècle suivant de voûtes en berceau qui supportent les deux étages. Des fenêtres à meneaux ont remplacé les meurtrières.


Montfort-sur-Argens
Montfort-sur-Argens - Sources image: Jack Bocar


Le toit possède quatre rangs de génoise, signe distinctif des demeures seigneuriales de Provence.
Escalier intérieur à vis daté du XVe siècle.

Rasé et reconstruit par les Hospitaliers il ne subsiste qu'une partie des sous-sols.
Texte provenant de la mairie de Montfort-sur-Argens

 

Montfort-sur-Meu   (35)
Maison du Temple de Montfort
Département: Ille-et-Vilaine, Arrondissement: Rennes, Canton Montfort-sur-Meu - 35


Domaine du  Temple de Montfort
Localisation: Domaine du Temple de Montfort


Dès 1163, nous trouvons les Templiers établis à Montfort « ce Temple faisait parti du TempleBien du Temple à Romillé
Domaine du Temple à Romillé
de Romillé. »

A cette époque, en effet, Josse, archevêque de Tours, adjugea aux religieux de Saint-Molaine de Rennes le four banal de Montfort, voisin du prieuré de Saint-Nicolas, membre de cette abbaye, et que leur disputaient les Chevaliers du Temple « sources: Cartulaire Sancti Melanii Redon. » D'après la tradition locale, qui place au haut de la rue de Coulon l'ancien cimetière des Templiers, il paraîtrait que le manoir de la commanderie de Montfort se trouvait vers cet endroit, auprès du puits de Coulon, entre l'église de ce nom et celle de Saint-Nicolas.

Voici comment la Déclaration du comte de Montfort au XVIIe siècle parle des biens dépendant en ce pays du commandeur de la Guerche et de la Nouée:
« Les Chevaliers de Malte, dit-elle, ont plusieurs fiefs, rentes, juridictions et bailliages s'extendant ès paroisses du Verger, Tallensacq et Monterfil, sous la mouvance et ressort de la cour et seigneurie de Montfort, à debvoir de foy et sans rachapt.
Ils possédent aussi en la paroisse d'Iffendicq, (Le Temple HélouinBien du Temple à Temple-Hélouin
Domaine du Temple à Temple-Hélouin
, commune de Saint-Malon-sur-Mel) plusieurs fiefs et juridictions sous ladite mouvance de Montfort, entre autres aux environs des maisons nobles du Val, du Bois-Marquer, de Canlou, de Tréhieuc, du bourg d'Iffendicq, de la Ville-Briand, de la Cordonnaye, de la Ville-Marchand et plusieurs autres endroits de ladite paroisse.
Ils possédent encore ès paroisses de Saint-Maugand, Saint-Gonlay et Saint-Malon plusieurs fiefs, juridictions et bailliages sous ladite mouvance de Montfort, laquelle juridiction desdits Chevaliers s'exerce en l'auditoire de Montfort « Déclaration du Comté de Montfort en 1682. »

Une autre Déclaration de la même époque nous dit que le commandeur de la Guerche possédait anciennement « le manoir des Maisons-Neufves en Saint-Malon, avec ses jardins, rabines, colombier, bois, estang, moulins, etc. » Ce manoir fut aliéné par les Chevaliers aussi bien que celui de Saint-Jean, situé dans la même paroisse. Ce dernier semble, en effet, avoir appartenu à l'origine aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Enfin, l'on retrouve encore de nos jours quelques souvenirs du passage des Templiers dans le pays de Montfort: « ainsi, en Parthenay, Montauban et la Chapelle-Thouarault sont les terres du Temple, en Saint-Gonlay est un village appelé la Ville-ès-ChevaliersBien du Temple à Ville-ès-Chevaliers
Domaine du Temple à Ville-ès-Chevaliers
, et en Iffendic se trouvent deux autres villages nommés les Temples.
De ces derniers, l'un est limitrophe de Saint-Malon, et l'autre avoisine la NouayeBien du Temple à La Nouaye
Domaine du Temple à La Nouaye
; c'est probablement à cause de celui-ci que la tradition place des Templiers à la Nouaye, où se voit d'ailleurs le village de la Fontaine-aux-Chevaliers.

Quant aux Hôpitaux de Talensac et de Monterfil, mentionnés dans la, charte de fondation de l'abbaye de Monfort en 1152, ce devait être des établissements de l'ordre des Hospitaliers, réunis plus tard au Temple de Montfort et que rappelaient encore en 1681 les fiefs du commandeur de la Guerche en ces deux paroisses de Talensac et de Monterfil.

Le domaine du Temple de Romillé ne consistait plus guère au siècle dernier qu'en la métairie de la Metterie en Romillé, affermée 300 livres par François Allain, prêtre de la paroisse en 1708. Cette métairie se composait d'un petit logis qu'occupait messire Allain, de l'habitation d'un métayer, des étables de ce dernier et d'une douzaine de pièces de terre « Sources: Archives de l'Ille-et-Vilaine, 3. H, 1. »
Sources: Guillotin de Corson (Abbé) - Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bretagne - Nantes - Librairie Ancienne et Moderne L. Durange - 1902

 

Montfrin   (30)
Maison du Temple de Montfrin
Département: Gard, Arrondissement: Nîmes, Canton: Aramon - 30


Maison du Temple de Montfrin
Localisation: Maison du Temple de Montfrin


Uc Rigaut comme Arnaut de Bedos ont accompli leurs missions sous des qualificatifs variés. Il faut attendre Peire de Rovira, actif entre 1136 et 1158, pour qu'apparaisse la titulature de « maître en Provence et partie des Espagnes » (1143). L'apparition de cette distinction, qui coïncide avec l'implication de l'ordre dans la Reconquista, fait de cette province l'une des premières créées au sein de l'administration templière. Or, la présence fréquente de ce dignitaire dans le Bas-Rhône montre bien l'intérêt revêtu par la région pour les Templiers. Cet infatigable voyageur n'a cessé de raffermir les fondations locales, comme en témoigne son action à divers moments de grande importance pour l'avenir de ces maisons 53.
53. En décembre 1142, Peire de Rovira préside un chapitre à Arles, CGT, nº 281. Après un séjour en Catalogne et en Languedoc, il revient à Richerenches à la fin de 1143 et y reste peut-être un an, Cartulaire de Richerenches, nº 8, 9, 12, 11, 40. En décembre 1145, il y est à nouveau pour inciter la famille de Bourbouton à poursuivre ses bienfaits à l'égard de l'ordre, nº 7. Un an plus tard, il préside cette fois à la réception de Pons de Meynes accompagnée de la donation fondatrice de la maison de Montfrin, CTGard, nº 01. Il revient enfin dans la région de 1151 à 1157 et est notarrjment présent à des moments importants pour les maisons d'Arles (1152) et de Saint-Gilles (janvier 1156), tout en continuant à assurer le succès de celle de Richerenches, Chartier du Temple d'Arles, nº 004; Chartier du Temple de Saint-Gilles, nº 007; Cartulaire de Richerenches, nº 129, 117, 130.

La réforme vue de Rome progresse aussi dans la province de Narbonne au moment où arrivent les Templiers: les évêques de Nîmes et d'Uzès, et parmi eux Aldebert d'Uzès (1141-1180) ou Evrard (1139-1155), apparaissent assez liés aux milieux pontificaux. L'action de Raimon d'Uzès en faveur des Templiers à Trévils-Montfrin est également approuvée par Alexandre III. Pourtant, l'adhésion aux positions théocratiques de la papauté rencontre encore bien des limites jusqu'à la fin du XIIe siècle: Raimon de Montredon à Arles comme Jaufré à Avignon n'hésitèrent pas à soutenir l'empereur Frédéric Barberousse et l'antipape Victor IV. Aussi, ne faut-il pas lier trop vite, dans l'esprit des prélats locaux, allégeance à Rome et accueil des nouveaux ordres. En Provence, la direction de l'Eglise se conçoit encore plutôt comme une affaire locale.

Les mobiles précis du soutien des prélats aux ordres militaires sont par conséquent délicats à déterminer. On a évoqué par exemple dans le cas de l'archevêque d'Arles, la volonté de « faire pièce au chapitre cathédral trop souvent indocile. » Mais à part leur valeur d'exemple, je ne vois pas quelle influence les moines-soldats ont pu exercer sur les chanoines. La recherche d'appuis dans l'oeuvre pastorale me semble plus décisive. C'est ainsi qu'il faut comprendre les nombreuses concessions de lieux de culte, souvent avec charge d'âmes, accordées aux ordres militaires dans les campagnes. Les évêques ont donc pu compter sur les moines-soldats pour renforcer l'encadrement spirituel dans des espaces où l'organisation du peuplement était en pleine recomposition et où le réseau ecclésial n'était pas définitivement constitué.

Ainsi, sur les territoires de Richerenches et de Roaix, semble-t-il dépourvus de lieux de culte et où l'habitat pouvait encore être fluctuant, ou sur celui de Trévils-Montfrin où les cures des églises de Saint-Martin et de Saint-Paul attendaient des patrons. Si les moines-soldats ont donc pu seconder les efforts d'encadrement des évêques, il ne faut pas pour autant négliger le contexte politique.

Certaines munificences seigneuriales sont particulièrement remarquables. En 1146, Pons de Meynes donne la coseigneurie de quatre castra avec tous les biens qu'il y posséde (Trévils, Montfrin, Meynes et Théziers), un jardin et un manse à Bassargues avec l'homme qui l'habite, un honneur à Montagnac, ce qu'il a à Cabrières, un fief à Fourques, des biens à Saint-Gilles et enfin le quart du fief de Pouzilhac.

A Montfrin, l'accumulation foncière, qui ne débute vraiment que dans les années 1180, repose sur une complémentarité des donations et des achats. Elle est irrégulière (avec des pics autour de 1200-1210 et de 1230-1240), mais les donations demeurent nombreuses jusqu'au dernier tiers du XIIIe siècle.

La donation de Pons de Meynes en 1146 avait déjà bien amorcé la présence de l'ordre. Mais ce n'est qu'une quarantaine d'années plus tard que Bernat Catalan, commandeur de Saint-Gilles, commence à recevoir quelques biens, tandis qu'un commandeur propre apparaît en 1196:
Chartrier du Temple de Montfrin et des maisons du Gard rhodanien, nº 006 (1185) et 007 (mai 1196).

Cette autonomie par rapport à la maison-mère inaugure une période d'intense activité culminant dans le premiers tiers du XIIIe siècle. A Montfrin et dans les bourgs castraux environnants (Théziers, Meynes, Vallabrègues...), le Temple a exploité les zones de culture intensive qui entourent ces habitats groupés (vignes, jardins, terres à céréales): Acquisitions de vignes à Montfrin:
Chartrier du Temple de Montfrin et des maisons du Gard rhodanien, nº 006, 007, 012, 015, etc.; de jardins: nº 001, 021, 049, 056, 067, 090 etc.; de terres: nº 008, 010, 029.
Le commandeur s'est notamment appliqué à rassembler des terres autour de l'église Saint-Martin de Trévils tenue par l'ordre.

Et on l'y voit également tenir des dizaines de maisons qualifiées de stare: Stare à Montfrin:
Chartrier du Temple de Montfrin et des maisons du Gard rhodanien, nº 001, 015, 030, 034, 049, 050, 056, 057, 074, 076, 090, 105, etc.), Meynes (nº 067, 091: 11 maisons), Montagnac (nº 038), Saze (nº 070) et Vallabrègues (nº 066, 068, 101, 102 (6 demeures), 138 (9 maisons).

Ce type d'investissement, que l'on retrouve en bien d'autres lieux et notamment à Aubais où les frères louent des maisons, est somme toute assez peu étonnant dans ces « villages urbanisés »: Maisons à Aubais:
Chartier du Temple de Saint-Gilles, 129, 138, 162, 260, 300; et dans d'autres castra: nº 004 (Luc), 013 (Manduel), 287 (Calvisson).
Mais, typique comme on va le voir des temporels urbains, il montre que, même en zone rurale, les Templiers ne se sont pas limités aux revenus de l'agriculture.

L'autre produit de rapport est constitué par la vigne que les Templiers ont développée, tant dans la plaine du Trébon, où ils ont constitué un clos, qu'à Saint-Gilles, dans le clos Saint-Jacques: Contrat d'accapte pour planter des vignes au Trébon:
Chartier du Temple d'Arles, nº 019, 024, 049; contrats de complant au clos Saint-Jacques et à Montfrin, Chartier du Temple de Saint-Gilles, nº 481; et Cartulaire du Temple de Montfrin, fol. 43-44 (3 juin 1214).

Le long du Gardon enfin, au niveau de Montfrin, les frères ont également cherché à obtenir la concession des eaux et des rives de plusieurs propriétaires afin d'installer des moulins:
Chartrier du Temple de Montfrin et des maisons du Gard rhodanien, nº 054; Chartier du Temple de Saint-Gilles, nº 427 (accapte de 2360 sous raimondins), 432 (moulins tenus en fief du roi), 433 (versement de 500 sous raimondins pour rachat des parts à un ayant-droit).

Ces droits d'usage, chèrement payés, étaient transmis en emphytéose et prévoyaient la construction des canaux et de retenues d'eau nécessaires aux moulins et aux pêcheries. Les moulins pouvaient faire tourner des meules mais aussi des fouloirs. Aussi, en 1243, le Temple exploite-t-il au moins deux moulins à Montfrin près desquels il cherche à étendre ses possessions:
Chartrier du Temple de Montfrin et des maisons du Gard rhodanien, nº 086 (avril 1243); nº 435 (novembre 1243) et 436 (février 1244).

En décembre 1245, Azalaïs de Meynes remet encore ses droits sur les moulins de l'ordre, nº 439.
Deux moulins sont encore mentionnés en 1491 dans une visite de l'Hôpital, mais ils sont en ruine en 1649:
Archives départementales des Bouches-du-Rhône (Marseille), 56 H 124, fol. 161; et 56 H 136.

Il semble y avoir eu à Montfrin un glissement de l'habitat de la villa au castrum, mais antérieurement à l'arrivée de l'ordre. En 1146 en effet, la donation de Pons de Meynes porte à la fois sur la villa de Trévils et sur le castrum ou castellum de Montfrin:
Chartrier du Temple de Montfrin et des maisons du Gard rhodanien, nº 001 (novembre 1146).

Le lieu-dit Trévils est aujourd'hui un quartier au sud de l'actuel village de Montfrin. L'érudition conserve le souvenir d'une occupation ancienne: la villa comporte une église Saint-Martin, donnée aux Templiers en 1161, et installée sur un cimetière et un lieu de culte paléochrétiens, voire sur un site antique:
E. Trenquier, Mémoire de Montfrin, p. 106.

En 1146, celle-ci est habitée puisque l'acte de donation y mentionne des tenanciers. Mais c'est dans le castrum que les Templiers choisissent d'élever leur commanderie avec une chapelle appelée à devenir paroissiale, le tout mentionné pour la première fois en 1168-1169. Il est probable que la présence templière et la création d'une paroisse contribuèrent à renforcer l'attraction exercée par le castrum.

A Montfrin, la paroisse et le cimetière se trouvaient à la villa de Trévils155. Mais dès 1169, les Templiers ont construit une église dans le castrum, à laquelle, en vertu de la concession de l'évêque d'Uzès, étaient rattachés les droits paroissiaux. Cette église, sous le vocable de Notre-Dame, et son cimetière sont ensuite cités à plusieurs reprises dans le chartrier. L'évêque se réserve pour l'église Saint-Martin de Trévils ou pour une éventuelle église construite à Montfrin un cens récognitif de deux modiées de froment, plus dix sous de Saint-Gilles et deux livres de cire pour la taxe synodale. Il réclame en outre l'investiture du desservant et la Présence de ce dernier aux synodes:
Chartrier du Temple de Montfrin et des maisons du Gard rhodanien, nº 002 (12 octobre 1161).
Les cas aussi bien documentés que celui de Montfrin demeurent rares dans l'espace bas-rhodanien, mais faut-il en conclure pour autant que les Templiers exercèrent un rôle négatif dans la constitution de l'habitat.

A Montfrin, les bâtiments de l'ancienne commanderie templière, transmis à l'Hôpital après 1312, sont parvenus jusqu'à nous. Bien que transformés sous l'ordre de Malte et aujourd'hui fort dégradés, ils présentent une organisation probablement héritée de l'état médiéval. Occupant un îlot complet dans le village, partie résidentielle et chapelle sont séparées, ce qui concorde assez avec le statut paroissial attribué à cette dernière. La partie résidentielle, composée de quatre ailes de bâtiments aujourd'hui fermées sur la rue, s'organise autour d'une cour comme la majorité des commanderies. Les Templiers durent mener conjointement les travaux des bâtiments et du lieu de culte, ce qui expliquerait la coïncidence des premières mentions, en 1168-1169. Il est possible encore que la bulle de confirmation d'Alexandre III pour la chapelle (1168-1169) ait été réclamée par le Temple à l'achèvement du gros oeuvre. Le tympan du portail de Notre-Dame de Malpas à Montfrin apparaît comme un décalque de celui du « portail de la Vierge » à Saint-Gilles. Le programme iconographique et son traitement présentent en effet de grandes similitudes sur les deux monuments.
La rapidité de la construction (1161-1169) implique des disponibilités financières déjà importantes, mais aussi la capacité à trouver facilement matériaux et main d'oeuvre qualifiée. Ces deux conditions ont pu se trouver réunies à Montfrin où l'ordre possédait une carrière et où résidaient des lapicides:
Chartrier du Temple de Montfrin et des maisons du Gard rhodanien, nº 129 et 125 ter.

Dès lors, plusieurs parties du bâtiment apparaissent dans les chartes au hasard des souscriptions: l'entrée principale de la maison, la cour, le réfectoire, la chambre du commandeur:
Chartrier du Temple de Montfrin et des maisons du Gard rhodanien, nº 059 (in domo Templi de Montefrino, prope portam majorem), 052 (in curte domus Templi), 100 (in reffretorio domus Templi de Montefrino), 119 (in caméra dicti preceptoris).

Le logis comportait un étage puisqu'est évoqué un solarium, mais aussi une aula, un type de pièce noble que l'on trouve de préférence en hauteur:
Chartrier du Temple de Montfrin et des maisons du Gard rhodanien, nº 050 (in solario quod est supra tinas); mentions de Vaula: nº 113, 120, 125 ter et nº 495.

Il faudrait compter enfin avec la présence d'un dortoir et d'annexés agricoles telles que celliers et greniers. Le premier était prévu par la règle (Règle du Temple, nº 145), les seconds figurent même dans les commanderies urbaines.
La confrontation des vestiges actuels et des textes suggère par conséquent un programme architectural s'apparentant à celui des grandes demeures urbaines. D'ailleurs, les termes de « stare, hospicium » et même « palacium » qui désignent la maison templière ne trompent pas:
Chartrier du Temple de Montfrin et des maisons du Gard rhodanien, nº 053 (in stari domus milicie Montisfrini), 062 (in stari cavallarie), 114 (in spicio domo Templi), 090 (in palacio domus Templi de Montefrino).

Aussi, les Templiers n'ont pas hésité à entreprendre des travaux pour rendre les bâtiments dignes de leur rang seigneurial. Dès les années 1220, ils achétent une cour et une maison confrontant leur commanderie, peut-être pour opérer des travaux d'agrandissement, et à la fin du XIIIe siècle, l'aula, qui était ornée de peintures, est refaite:
Chartrier du Temple de Montfrin et des maisons du Gard rhodanien, nº 050 (avril 1228), 052 (avril 1231), 129 (in aula picta domus Templi de Montefrino, octobre 1286), 141 (in aula nova, décembre 1294) et 126 (in aula nova domus Templi de Montefrino ubi consuetum est reddijus in curia domus Templi, août 1295).

L'ensemble de Montfrin constitue l'unique commanderie du Bas-Rhône à peu près conservée dans son intégrité. Il attend encore une étude du bâti à l'instar de celle qui a été récemment menée sur le seul bâtiment subsistant de la maison de Richerenches. Les frères ont pu avoir quelques facilités à se procurer des matériaux: les Templiers possédaient une carrière à Montfrin.

A Montfrin, une tour massive en grand appareil s'élève encore à l'angle nord-ouest du quadrilatère formant le palais de l'ordre.

Les hommes au service du Temple
Dans l'orbite des maisons templières gravitent effectivement un certain nombre de clercs, prêtres, diacres ou lévites, dont on ignore souvent s'ils sont effectivement frères de l'ordre ou non:
Catulaire de Richerenches, nº 70 (juin 1151), 69 (janvier 1151), 213 (1175), etc.
Il est, d'une manière générale, délicat de distinguer les clercs proches de l'ordre, frères ou non, des autres, notamment dans un environnement cléricalisé comme celui de Richerenches: dans une charte de 1169, on compte par exemple quatre chapelains et deux clercs sur treize témoins cités et dans un autre acte de 1175, il y a quatre chapelains (dont un sûrement templier), un diacre et deux clercs, nº 98 et 212. Le personnel clérical apparaît encore nombreux dans les chartes de Montfrin:
Chartrier du Temple de Montfrin et des maisons du Gard rhodanien, nº 033, 043, 047, 050, 090, etc.

Le statut externe est clair pour certain d'entre eux, par exemple à Saint-Gilles pour le prêtre Guilhem Amblard (1186-1193), fidèle du Temple, ou bien pour Pons de Saint-Baudile ( 1175-1185), qualifié de « sacerdos sed non Templarius » et qui, à l'occasion, se fit scribe pour l'ordre. Guilhem Amblard s'associe à son frère pour une donation à l'ordre et apparaît très fréquemment en qualité de premier témoin, mais jamais parmi les frères.

Beaucoup de clercs séculiers, qui apparaissent régulièrement dans les listes de témoins, notamment à Saint-Gilles, Montfrin ou Richerenches, étaient sûrement au service de l'ordre. Même si le phénomène est peu perceptible, le Temple gérait un réseau d'églises paroissiales, en plus des chapelles des commanderies dont dépendait également une cure. Ces prêtres ou diacres pouvaient donc desservir quelques églises rurales sous le patronage du Temple. Mais ce personnel pouvait également officier dans les maisons mêmes de l'ordre. Outre le soin des âmes des membres de la communauté, il fallait aussi satisfaire aux exigences spirituelles des laïcs proches de l'ordre, notamment dans l'encadrement de la mort. Lorsque des testateurs élisant sépulture dans une commanderie du Temple demandaient les services de quatre à dix chapelains, on imagine bien qu'il devait être fait appel au service de clercs séculiers: Chartrier du Temple de Montfrin et des maisons du Gard rhodanien, nº 110 (anniversaire annuel fêté par dix chapelains à Montfrin en 1277). Ce recours à des clercs séculiers est-il symptomatique d'une pénurie de frères prêtres.

Le lignage d'Albaron, qui partage avec l'ordre la seigneurie de Montfrin, fait encore preuve d'une remarquable constance vis-à-vis des Templiers, puisque les relations inaugurées par Peire d'Albaron (1160-1190) furent poursuivies par plusieurs de ses descendants jusqu'à Albaron (1228-1243). Dans le cas des Albaron, comme dans celui des Guidator ou des Marroc à Saliers, le partage de la coseigneurie avec les Templiers a pu favoriser un esprit communautaire fondé sur des valeurs identiques. A n'en pas douter, l'extrême fréquence des copossessions foncières entre les commanderies et d'autres propriétaires laïques dut favoriser bien des rapprochements entre les uns et les autres.

Au cours du XIIIe siècle, les relations avec les communautés rurales organisées en consulats se sont également progressivement dégradées. Relativement tôt, les conflits portérent sur l'exploitation des droits d'usage concernant notamment les espaces servant aux animaux. En 1216 par exemple, la commanderie du Temple de Montfrin et les prud'hommes du village se disputèrent l'exploitation d'une forêt aux Orgnes qui fournissait du bois et un terrain de pâture. Classiquement, l'arbitrage aboutit au partage et au bornage du lieu. En 1286, les consuls de Montfrin et la commanderie réglèrent par voie d'arbitrage l'usage des pâturages et des carrières du territoire.

En 1279, les consuls de Montfrin s'élevèrent contre les tentatives de l'ordre pour étendre à ses « famuli » l'exemption des prélèvements sur le pacage des troupeaux. Les représentants villageois avaient en outre promulgué des statuts recommandant le boycott du four et du moulin templiers, symboles du pouvoir banal, et prohibant les offrandes à l'église de l'ordre. Sans doute, les troubles causés lors de l'office divin relèvent-ils encore de la contestation anticléricale classique. L'acte de 1279 fait allusion aux excès perpétrés par des habitants dans l'église et une procédure de 1293 cite le nom d'un habitant, P. Palud, accusé d'avoir troublé l'office:
Chartrier du Temple de Montfrin et des maisons du Gard rhodanien, nº 139 (avril-mai 1293).

Il semble toutefois que le pouvoir temporel de l'ordre ait suscité bien plus d'inquiétude de la part des villageois que ses attributions ecclésiastiques. A Montfrin, le prélèvement de la dîme n'a par exemple pas laissé de trace de conflit.

Face au pouvoir central: l'érosion des droits et des revenus
L'extension des justices princière et royale aux dépens des juridictions seigneuriales constitue une étape caractéristique de la marche de l'Etat moderne. On a déjà commenté la recrudescence, à partir du dernier tiers du XIIIe siècle, des querelles entre la cour templière de Lansac et la juridiction voisine de Tarascon, relevant du comte de Provence. Ce phénomène est général: partout se sont répétées les atteintes des officiers comtaux contre les prérogatives des seigneuries justicières des ordres militaires.

Si les deux cours d'appel aixoises donnérent, en général, raison aux commanderies contre le zèle des viguiers et des juges locaux, il n'en demeure pas moins que la justice comtale, par le développement de la procédure d'appel, s'insinuait dans la vie des justiciables. En 1307, un accord entre Charles II et le maître Foulques de Villaret établit ainsi que, dans les seigneuries de l'Hôpital, les appels seraient réservés à l'ordre, mais que les seconds appels relèveraient de la cour comtale. Il n'en alla pas différemment de l'autre côté du Rhône, en terre capétienne, où les empiétements des officiers royaux devinrent systématiques. Autour de Jalès et d'Anduze, ceux-ci s'en prirent notamment aux symboles du pouvoir justicier des ordres militaires, comme les fourches patibulaires. A Montfrin, après s'être emparés, sans autre forme de procès, des droits de la famille d'Albaron, les agents du pouvoir central s'attaquèrent à la juridiction templière en disputant à la commanderie la connaissance de plusieurs affaires. Face à ces menaces, les Templiers usèrent, comme à Lansac, de l'appel aux instances supérieures - ici le sénéchal ou le juge de Beaucaire ou de Nîmes -, tandis que la procédure d'enquête réussit encore à clarifier avec succès les positions de l'ordre. Pourtant, rien ne devait empêcher la pénétration inexorable du pouvoir étatique dans les seigneuries justicières.

Les arrière-pays d'Aramon, de Beaucaire et de Nîmes, ainsi que la terre d'Argence, étaient, depuis saint Louis, parfaitement quadrillés par les officiers royaux. A Montfrin, le sénéchal de Beaucaire et le juge mage se saisissaient désormais des différends entre le seigneur templier et la communauté pour imposer leur arbitrage. Et bientôt, le juge du Temple dut promettre, à son entrée en charge, de juger « selon les lois et les coutumes du roi de France. » L'avancée du pouvoir royal devait tout aussi bien s'illustrer aux dépens de l'Hôpital, comme le prouve l'affaire de la seigneurie de Saint-Maurice de Cazevieille tenue par la commanderie d'Alès.

La fin de l'ordre du Temple dans les pays du Bas-Rhône (1307 - vers 1320)
Les premières enquêtes furent conduites à Aigues-Mortes par les commissaires royaux entre le 8 et le 16 novembre, apparemment sans recours à la question. L. Ménard, p. 195 et 197-206. Le templier Guilhem Penchenat affirmera en effet, en juin 1310, devant les inquisiteurs pontificaux, ne pas avoir été torturé au cours de cette partie de la procédure.

Le dernier jour, le prieur et le lecteur du couvent dominicain de Nîmes, mandatés par l'inquisiteur de France, Guillaume de Paris, intervinrent pour faire confirmer leurs dépositions aux quarante-cinq Templiers et les exhorter à confesser leurs erreurs. Dès le 20 septembre 1307, Guillaume de Paris avait chargé de l'affaire les inquisiteurs de Toulouse et de Carcassonne assistés par les frères prêcheurs.
L. Ménard, p. 206.

Ce même jour du 16 novembre, le nouveau sénéchal, Odard de Maubuisson, se rendit encore à Nîmes afin d'interroger les quinze Templiers qui y étaient emprisonnés.
L. Ménard, p, 206, 209.

Le lendemain, les deux frères prêcheurs renouvelèrent la procédure conduite la veille à Aigues-Mortes. Au printemps de l'année suivante, l'évêque de Nîmes, Bertran de Languissel, s'attacha à son tour, en qualité d'ordinaire habilité à agir « ex officio », à obtenir des aveux de huit frères de la commanderie de Saint-Gilles. Seuls les aveux réitérés du commandeur de Montfrin, Pons de Castelbon, figurent sur le procès-verbal.
L. Ménard, p. 181-183 (22 avril 1308).

Cette première phase de la procédure produisit, comme ailleurs, les résultats escomptés puisque les Templiers avouèrent plusieurs graves déviances - crachat sur la croix, reniement du Christ, communion sous l'hostie non consacrée, adoration d'une idole, pratiques sexuelles contre nature. Ce résultat n'est guère surprenant dans la mesure où les interrogatoires furent entièrement menés par des officiers royaux, les Dominicains n'intervenant que bien tardivement dans le cadre de l'inquisition et, selon toute apparence, seulement pour légitimer les dépositions obtenues. L'action entamée dans un second temps par Bertran de Languissel doit inciter de futures recherches à examiner le rôle que joua le haut clergé séculier méridional lors des premières procédures. On a en effet un peu de mal à croire à son indépendance par rapport au pouvoir capétien, notamment dans cette province de Narbonne dirigée par Gilles Aycelin, l'un des conseillers les plus écoutés de Philippe le Bel, qui joua justement un rôle-clé dans l'affaire du Temple.
J. Favier, Philippe le Bel, Paris, 1978, p. 27-29.

Convaincu de l'hérésie des Templiers, Gilles Aycelin demanda leur punition en mai 1308 à Poitiers, et il fut désigné pour présider la commission pontificale chargée de recueillir les témoignages des frères dans le royaume de France.
M. Barber, The Trial, p. 93-94 et 155-156.

L'évêque Bertran de Languissel semble pourtant avoir fait preuve d'une certaine liberté d'action, notamment en 1303, lors du conflit entre le roi et Boniface VIII.

Leurs frères du royaume de France étaient déjà enfermés depuis quatre mois lorsque les Templiers du comté de Provence furent arrêtés à leur tour, à la demande du Saint-Siège cette fois-ci. Les procès-verbaux de l'arrestation conservés pour trois maisons du Bas-Rhône - Avignon, Arles et Fos - donnent une mesure de l'opération entreprise par les officiers angevins à l'échelle du comté. Pour un exemple complémentaire, le procès-verbal concernant la commanderie d'Aix a été étudié par B. Beaucage, « La fin des Templiers en Provence. »

Dans la partie royale de la basse vallée du Rhône en revanche, la gestion des biens templiers est, on l'a dit, plutôt mal documentée. Toutefois, à en juger par la rapidité avec laquelle la justice royale se substitua à la juridiction templière à Montfrin, on peut imaginer que les agents capétiens s'empressèrent, ici encore, de récupérer biens et droits. Le patrimoine foncier fut, comme en Provence, confié à des procureurs laïques. C'est le cas à Saint-Pierre de Campublic, d'après un acte de vente de décembre 1310, B. Beaucage, « Difficultés économiques », p. 3.
Sources: Damien Carraz - l'Ordre du Temple dans la Basse Vallée du Rhône - 2005. Lyon

Commandeurs de Montfrin
Bernard Catalan (Bernardus Catalamus)
Durand d'Alairac (Durantus de Alairaco) 1196-1197
(Alairac, Aude, arrondissement de Carcassonne, canton Montréal)
Guillaume Rostan (Guillelmus Rostagnus) 1199-1206
Rostan d'Aramon (Rostagnus de Aramone) 1206-1210
(Aramon, Gard, arrondissement de Nîmes)
Bertrand de Faraud (Bertrandus Faraudi) 1213
Ermangaud (Ermenganus) 1215-1217
Bernard Dominic (Bernardus Dominicus) 1220-1222
Bernard de Case (Bernardus de Casa) 1227-1228
Commandeur de Saint Gilles, q.v.
Guillaume Garchon (Guillelmus Garchonus) 1230-1234
Commandeur de Perpignan, 1206, 1235-1237
Commandeur de Saint Pierre-Camp-Public, en 1241
Pierre Martaud (Petrus Martaudus) 1234-1235
Bertrand de Beaucaire (Bertrandus de Bellicadro) 1235
Raymond de L'Amandelaye (Raimundus de Amigdalario, Amenlerio, Alemanlier) 1237-1238
(Mandelieu, Alpes Maritime, arrondissement Grasse)
Sous-Commandeur de Saint Gilles en 1240-1244 q.v.
Commandeur de Pézenas, en 1245-1247
Commandeur de Montpellier en 1249-1250, 1262-1264
Commandeur de Nice, Grasse, Biot en 1252
Commandeur de Valence en 1259
Jean Castane (Johannes Castaneus) 1239-1241
Camérier de Saint Gilles en 1244
Pierre Lobat (Petrus Lobatus) 1241-1249
Commandeur de Saint Pierre, 1243, 1251
Hugues Arthur (Hugo Artus) 1251-1252
Sous-Commandeur de Saint Gilles, q.v.
Pierre Guigues (Petrus Guigo) 1259
Hugues de Fos (Hugo de Fos) 1261-1263
(Fos, Bouches du Rhône)
Bernard (Bernardus) 1265
Bernard du Lavandou (Bernardus Lavanderii) 1266
(Le Lavandou, Var, arrondissement Toulon, canton Collobrières)
Hugues de Tronne (Hugo Tronni) 1276-1282
(Trons (les), Alpes de Haute Provences, commune Méolans-Revel)
Camérier de Saint Gilles en 1275
Jean de Baudin (Johannes Baudini) 1278-1279
Selon la charte de 1279, il remplace Hugues de Tronne, malade.
Guillaume Lo Cues (Guillelmus lo Cues) 1283
Guillaume de Hugolin (Guillelmus Hugolini) 1286
Bérenger de Rogues (Berengarius de Rogacio) 1286-1288
(Rogues, Gard, arrondissement et canton Le Vigan)
Ripert du Puy (Ripertus de Podio) 1289
Commandeur de Saint Gilles, q.v.
Ermengaud Travas (Ermengavus Travas) 1291-1293
Commandeur de Lunel en 1290
Commandeur de Saint Gilles, q.v.
Pons d'Audibert (Poncius Audiberti) 1295
Raymond d'Alazand (Raimundus Alazandi) 1295-1297
Pierre Cabasse (Petrus Cabassa) 1296-1297
Pons de Castelbon (Poncius de Castelbon) 1307

Sous-Commandeurs de Montfrin
Guillaume de Soquer (Guillelmus Soquerii) 1287

Les Templiers de Montfrin possédent une Maison, ou plutôt une grange, à Meynes (Gard, arrondissement de Nîmes, can. Aramon).
Ainsi en 1278 Jacques Bertrand est appelé « juge de cour de la Maison du Temple à Montfrin et à Meynes. »

En 1295, Raymond d'Alazand s'intitule « Commandeur de la chevalerie du Temple et de la cour de la dite Maison à Montfrin et à Meynes. »
— Archives des Bouches du Rhône: H2 liasses 87-102, 135, 137.
— Archives d'Arles: Authenticum Templi.
— Archives de Montfrin, liasse 2.
— Archives du Gard: E 227.
— Cf. Trudon des Ormes, op. cit. p. 257.

Sources: E.-G. Léonard. - Introduction au Cartulaire manuscrit du Temple (1150-1317), constitué par le marquis d'Albon et conservé à la Bibliothèque nationale, suivie d'un Tableau des maisons françaises du Temple et de leurs précepteurs. - Paris, E. Champion, 1930. ln-8º, xv-259 pages.

Maison du Temple de Montfrin (Gard)
Ancienne commanderie des Templiers - Inscription par arrêté du 1 er aout 2003.
Commanderie de Montfrin Montfrin, situé sur le chemin de Beaucaire à Remoulins, au niveau du gué permettant de traverser le Gardon, fut donné par Pons de Meynes en 1146 à l'ordre du Temple qui y construisit une église avec une commanderie à coté: l'ensemble devint en 1312 propriété des Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem qui continuèrent l'oeuvre entreprise. Les bâtiments furent repris après les guerres de religion (fin XVIe ou tout début XVIIe), travaux datés par les armes du commandeur Gaspard de Barras. La commanderie fut vendue à des privés en 1799.

La commanderie est structurée autour d'une grande cour carrée et semble cantonnée de tours: seule celle du Nord-Ouest est encore bien visible.

La première entrée du XIIe siècle avec ses grands claveaux allongés se situe sur la rue Nord.


Commanderie de MontfrinCommanderie de MontfrinCommanderie de Montfrin


L'escalier extérieur qui date de la même époque est encore en place dans l'angle N-E de la cour avec ses deux volées à angle droit et la trace du toit qui le protégeait.

Dans l'angle opposé, au Nord-Ouest se trouvait une galerie au 1 er niveau mais il n'en reste que les portes avec les corbeaux supportant les poutres de la toiture.


Commanderie de MontfrinCommanderie de Montfrin


Il est difficile de retrouver l'ampleur des travaux du XVe siècle, modifiés par la reconstruction après les guerres de religion. Celle-ci concerne surtout l'aile sur la grande rue: elle a été surélevée, les baies reprises et une nouvelle entrée en plein cintre construite.


Commanderie de Montfrin


L'autre modification importante est la construction (ou la reconstruction) d'un escalier à vis dans l'angle Sud-Ouest de la cour où se trouvent des éléments plus anciens, ainsi la porte palière du 1 er niveau sur le mur sud qui date du XVe.
Sources: photos J. CLIER — CRMH Languedoc-Roussillon - Sources Textes: Languedoc-Roussillon Culture

Chapelle de la Commanderie
Cette chapelle était située entre le puits et la prison de la commanderie de l'hôpital Saint-Jean; elle sert actuellement de laboratoire à M. Bressac, pharmacien; une voûte gothique annonce encore l'ancienne destination de ce petit local consacre autrefois à la prière.
Sources: Texte original - d'Eugène Trenquier - Mémoire pour servir à l'histoire de la ville de Montfrin - 1847.
Réédition: Montfrin et ses environs. Par Eugène Trenquier. Collections, Le Livre d'Histoire-Lorisse. 1989. Res Universis.


Eglise Saint-Paul
La Bibliothèque du grand séminaire de Nîmes posséde un extrait de la donation de cette église, faite aux Templiers de Monlfrin, par l'évêque d'Uzès, l'an 1178.

Nous y voyons que l'évêque d'Uzès, avec l'avis de son sacristain Raynoard, donna cette église aux Templiers sous les conditions suivantes: Défense expresse de n'enterrer dans Saint-Paul-de-Monlanhac aucun paroissien du diocèse, à moins qu'il n'eût donné tout son bien à l'ordre, ou qu'il n'en eût pris l'habit; la retenue de deux sous, et le droit de seigneur pour chaque synode, avec la faculté de prendre la quatrième partie de la dime, laquelle serait partagée avec son procureur, obligation imposée au chapelain de se rendre à toutes les assemblées de l'église d'Uzès.

Catalani, procureur de l'ordre, et d'après l'avis de Arnaud de Mirola, maître de la milice du temple, promit en outre à l'évêque d'Uzès que les Templiers ne pourraient jamais se faire un privilège de cette église auprès de la Cour de Rome

L'église Saint-Paul est située au couchant de l'Hôpital-Pauvre; elle a dix-sept mètres de longueur sur sept de largeur; l'extérieur est en moellons noyés dans du béton, et l'intérieur en pierres de taille.

En dehors et au couchant de l'église, un escalier en limaçon conduisait à sa cloche; il prenait naissance à la hauteur des fenêtres et était soutenu par deux arcades; il en existe encore dix-sept marches situées au second étage. Près l'escalier s'ouvre une porte devant déboucher aux tribunes. Deux autres portes donnaient accès dans le caveau. situé au rez-de-chaussée; l'une, en plate-bande et très-basse, devait servir à passer les morts; l'autre, cintrée et double de hauteur, mais plus étroite, devait servir de vestibule, sur lequel on aurait gravé les noms des défunts; sa construction date à-peu-près de la même époque que celle de Sainte-Marie; sa façade regardait le nord et avait quatre grandes croisées semblables à celles de la Commanderie Saint-Jean; en supposant des vitraux coloriés à toutes ces ouvertures, l'imagination peut se figurer toutes les teintes vaporeuses des antiques chapelles. Le mur du levant posséde une niche respectée par la main des révolutions; la forme gothique en est des plus heureuses et ne laisse rien à désirer; sa corniche se rapproche beaucoup de celle de l'église paroissiale, sauf les modifions qui lui manquent. Ruinée lors des guerres de religion, elle fut vendue à différents particuliers, qui ont changé ses murs sacrés en caves et en écuries. Les superbes voûtes que l'on remarque dans les constructions du couchant, liées entre elles par une foule de portes très-anciennes, devaient appartenir et servir de logement aux chapelains.

Les vieux actes des différents notaires de Montfrin sont tout-a-fait muets relativement à cette église.
Sources: Texte original - d'Eugène Trenquier - Mémoire pour servir à l'histoire de la ville de Montfrin - 1847.
Réédition: Montfrin et ses environs. Par Eugène Trenquier. Collections, Le Livre d'Histoire-Lorisse. 1989. Res Universis.


Eglise Saint-Martin
L'évêque d'Uzès donna cette église aux Templiers de Montfrin, l'an 1161. Cette donation est antérieure de dix-sept ans à celle de Saint-Paul; nous l'avons également extraite de la bibliothèque du grand séminaire de Nîmes.

Les clauses de l'acte sont à peu près les mêmes que celles de Saint-Paul; les redevances en étaient seulement plus fortes; ainsi, les templiers étaient tenus de donner à l'évêque deux boisseaux de blé par an, dix sous et une livre de cire, à chaque synode; et cinq sous pour le droit de fief, payables à la Saint-Michel de chaque année.

Le grand nombre d'urnes, de celles appelées « olloe » ou « cineraria », ou tout simplement « urnoe », trouvées en cet endroit, et cet article de la loi des douze tables « in urbe ne sepelilo neveurito », qui défendait aux Romains d'être enterrés dans les villes, donneraient à penser que c'était le cimetière de Montfrin qu'ils auraient appelé « Campus Elysius. » Lors de l'établissement du christianisme, les chrétiens y ayant élevé une chapelle dédiée à Saint-Martin, auraient remplacé le mot « Elysius » par ceux de « Sancti Martini. »

Voici un passage de la « Roma moderna » par le cardinal Barberini, édition de 1638, chapitre 4, quartier de Trevi, page 267, qui nous a paru digne de figurer dans ce mémoire, par rapport à l'étymologie de Trevils, nom donné à l'ancienne paroisse Saint-Martin: « Le quartier de Trevi porte trois épées dans un camp roux, et occupe toute la partie du Mont-Quirinal qui regarde Rome.....Ce nom de Trevi a été corrompu par le vulgaire, et l'on devrait dire Trivio, à cause des trois grandes routes qui aboutissent sur cette place, où jaillit une belle fontaine appelée de Trevi, à raison de la réunion de ces roules... (Traduit de l'italien). »

Ce nom convenait parfaitement à cette paroisse, car Si. Martin ayant été gendarme, est représenté avec l'épée, et la façade de son église regardait Montfrin; ce quartier est en outre entouré d'une foule de chemins. Ainsi Saint-Martin-de-Trevils était, par rapport à Montfrin, ce que le Mont-Quirinal était à Rome. Paris a aussi dans le faubourg Montmartre un quartier ou rue appelée de Trévise, nom que porte même de nos jours un duc et pair de France. II y avait encore sous Richelieu la compagnie de Trevil.

Lors de la peste qui sévit dans Montfrin, depuis le mois de mars 1588, jusqu'à la fin de juin, cette église fut transformée en hôpital. Le maître chirurgien, chargé de traiter les malades, était Jean Augerat, et l'apothicaire Claude Forestier. Trois personnes charitables soignaient les pestiférés; leurs noms méritent de passer à la postérité: de tels actes de dévouement font trop d'honneur au pays, pour les négliger; voici les noms de ces personnes: Vincent Peyras, Marguerite Domplan, et Catherine Gallard.

Au mois de janvier 1590, l'épidémie apparut de nouveau, le 6 du même mois; les consuls de Montfrin traitèrent avec le sieur Jacques Salles, apothicaire d'Uzès, qui se chargea, moyennant trente écus de soixante sous pièces par mois, de fournir tous les médicaments nécessaires aux pestiférés. Les consuls s'obligèrent en outre, à lui donner un lit et une chambre pour son laboratoire et, au cas où il serait atteint lui-même, promirent de le faire panser dans la ville, et de lui donner une domestique, le tout aux frais de la communauté; cet acte fut passé au milieu de la Grand-rue. Le 10 janvier, les consuls donnérent à Salles quatre salmées de blé, une de seigle, une de paumelle et trois écus en espèces. Cette épidémie dura moins que la première, et le 24 février, même année, Georges Faulcher demanda aux consuls à être payé des soins qu'il avait donnes à la communauté, pendant la contagion.

Dans les guerres qui suivirent, les Montfrinois ruinèrent entièrement l'église et les constructions des alentours; car les ennemis, s'emparant de cette position, auraient vivement inquiété leur ville; ces sacrifices forcés se voient presque toujours en temps de guerre.

L'an 1616, les protestants se permettaient d'enterrer leurs morts dans le cimetière de Saint-Martin. Le 5 du mois de mai, Barras, par acte de sommation, en porta plainte aux consuls en ces termes:

L'an mil six cens seize et le cinquiesme jour du moys de may appres midy devant moy notz royal soubzné et tesmoingz bas nommés a été en personne monsieur fraire Gaspard de Barras chevalier de l'ordre Saint-Jehan de Hierusallem seigneur et commandeur du dit ordre de la commanderie du dit Montfrin, lequel ayant la présence de Pierre de Records escuyer premier consulz du dit Montfrin tant en son non que des autres consulz communauté et habitans de la dite ville luy a remonstré que iceulx qui font protection de la relligion prethandue reforme résidans au dit Montfrin et des environs depuis quelques années de leur authorité auraient entreprins et se seraient juges de mettre en sépulture ceulx quy dexcedent de la dite relligion prethendue dans le cimintière de l'églize et paroisse antienne Saint-Martin, guy est hors le dit Montfrin bien que doict et de toute antienneté ne puisse estre encesvelly dans le dit cimetière autres que ceulx guy font profection de la relligion catholique applicque et romaine lesquelz de la dite relligion prethendue continuent les dites sépultures au dit cimintiere contre les édietz du roy et au préjudice de ceux de la ditte relligion catholicque portant et sôme et requiz le dit de Records côme consul susdit de voulloir prouvoir à la dite entreprinse autrement a faute de se faire a prostesté contre luy et la communauté d'en avoir recours pour y prouvoir pardevant et côme il appartiendra requérant acte.

Lequel sieur de Records consul susdit enthendu ce dessus a requis coppie pour en advertir et communiquer au conseil de la dicte communauté que luy a été concédé.

Faict et recytté au dict Montfrin maôn de la dicte comanderie, présens Guillaume Maurand viguier en la dicte comanderie et Jehan Guirard jeusne du dict Monfrin soubzné aux parties et de moy Jehan Prat, notaire royal du dict Montfrin requis soubzné fraire de Barras, de Recordz consul, Maurand, J. Guirard présens, Prat notaire, ainsin signés à l'original. Prat nre.

L'an 1628, le cimetière de Saint-Marlin s'apprêta à recevoir de nouvelles victimes, et le 7 septembre, la peste, qui se déclara dans le faubourg de la Guillotière à Lyon, jeta l'épouvante dans Montfrin. Les consuls, voulant éviter le fleau, placèrent aux portes de la ville des hommes capables, destinés à vérifier les papiers de ceux qui arriveraient et renvoyer les personnes suspectes.

Le dernier juillet 1629, la ville fut entourée de la peste; en même temps qu'elle sévissait à Beaucaire, Remoulins et Fournés, elle avait respecté notre pays. Des piquets de paysans, disséminés sur toutes les avenues, défendaient aux fuyards l'entrée du territoire.

Malgré toutes ces mesures de précaution, la maladie se déclara à Montfrin, au mois de septembre, et dura jusqu'à la fin de mars 1630. Lors de cette peste, la ville fut purifiée par M. de Faure, médecin du Dauphiné, envers lequel la communauté se déclara débitrice de la somme de quinze cents francs.

La conslruction de l'église était très-simple, celle des Pénitents nous la rappelle assez bien, elle ne prenait jour que par deux fenêtres, l'une sur la porte, et l'autre au milieu du cintre du choeur, celui-ci était décoré de peintures à la fresque. Il ne reste de tout cela que quelques débris et des pierres tumulaires employés à soutenir ce terrain enrichi de nos récoltes.
Sources: Texte original - d'Eugène Trenquier - Mémoire pour servir à l'histoire de la ville de Montfrin - 1847.
Réédition: Montfrin et ses environs. Par Eugène Trenquier. Collections, Le Livre d'Histoire-Lorisse. 1989. Res Universis.


Moulins du Temple
Les deux moulins à écluse, établis sur le Gardon, avaient été construits par les Templiers, dans les premiers temps de leur séjour dans la ville. Celui de la rive gauche, situé sous le pigeonnier des commandeurs, a entièrement disparu sous les alluvions de la rivière; celui de la rive droite sert actuellement de point d'appui au pont en fil de fer. Ne pouvant donner la description du premier, voici celle du second:
Largeur du moulin, les murs compris, 7 mètres; longueur sans comprendre l'angle, 11 mètres et 90 centimètres; les murs ont en épaisseur 1 mètre et 50 centimètres; la bissectrice de l'angle, situé en tête du moulin, 4 mètres, 25 centimètres. La façade du levant repose sur des pilotis, et celle du couchant sur le rocher. Un éperon, bâti en forte maçonnerie, protégeait au nord les constructions servant de magasins. Un fossé longeant les terres du Grès, y conduisait la fontaine de Bord-Nègre, qui Jointe aux eaux de Meynes, faisait mouvoir une roue, appuyée sur un autre mur paralléle au moulin. Ce mur avait un conduit alimenté par Bord-Nègre, et servait à arroser les extrémités du cylindre. Deux portes cintrées, disposées face à face, et ayant en largeur 75 centimètres, et en hauteur environ 4 mètres existaient à la tête du moulin; c'était dans la hauteur de ces portes, que selon l'état des eaux, l'on faisait jouer l'axe à volonté. Au midi, était une grande ouverture qui communiquait avec le rez-de-chaussée, où se trouvait un escalier, ayant à sa droite des cases propres au lavage des grains. Les roues des moulins avaient à peu près la dimension de celles de nos charrettes. Nul vestige chronologique ne fut trouvé sur les murs, si ce n'est quelques croix de blasons, tracés par le couteau indifférent de l'un de ces étres, qui toujours ont la manie de graver sans réflexion des emblèmes donl ils ne savent pas se rendre compte.

Les moulins étaient en pleine activité en 1515; un article d'une ordonnance de cette époque, relative à la police les concernant, porte: « .... Semblablement ne laisser passer aucuns gens et personnes étrangers sur la Paissière étant entre les deux moulins, par la planche et expaissier ... »

Jacques de Mauléon, dans sa visite de 1612, les cite comme entièrement détruits. Le fil du Gardon s'est tellement exhaussé, que si l'intérieur de ces moulins était déblayé, il y aurait, la plupart du temps, plus d'un mètre d'eau dans leurs parties basses.
Sources: Texte original - d'Eugène Trenquier - Mémoire pour servir à l'histoire de la ville de Montfrin - 1847.
Réédition: Montfrin et ses environs. Par Eugène Trenquier. Collections, Le Livre d'Histoire-Lorisse. 1989. Res Universis.


Maison du Temple de Montfrin
En 1161, l'évêque d'Uzès fit don aux Templiers de l'église de Saint-Martin-de-Trévilz et de l'église de Montfrin à condition que les Templiers fondent à Montfrin une commanderie. Cette dernière fut achevée en 1178 ainsi que l'église du Temple dédiée à Notre-Dame de Malpas.

Cette commanderie à conservée en centre ville, les structures d'un ensemble encore important, bien remanié au cours des siècles. On peut ainsi voir, autour d'une petite cour carrée percée de deux portes fortifiées, les restes d'une vaste salle voutée, correspondant au couvent ou à l'hôpital, un puits aujourd'hui bouché, une curieuse cheminée et une tour menant à l'étage supérieur. Un souterrain d'environ 200 mètres reliait cet ensemble à l'église. Cette dernière, de plan rectangulaire, présente une nef divisée en trois travées égales.
Sources: Titre L'ordre Des Templiers - Editeur Editions L'Harmattan.

Maison du Temple de Montfrin
Montfrin posséde un château terminé par Mansard. Ce château bâti dans une situation magnifique est flanqué d'une tour du XIIe siècle qui fit autrefois partie d'une maison de Templiers. La maison dite maison Calvières renferme une cheminée remarquable
Sources: Itinéraire général de la France: de Paris à la Méditerranée- Par Adolphe Laurent Joanne - Paris librairie de L. Hachette et C. 1865.

Le programme architectural d'un pôle seigneurial : la commanderie de Montfrin
À la différence de commanderies implantées dans le plat-pays, les établissements insérés dans un tissu urbanisé ont rarement traversé les siècles postérieurs à la Révolution. La commanderie de Montfrin (Gard) dont la plupart des bâtiments médiévaux, bien que fortement dégradés, ont été fossilisés dans l'habitat actuel, méritait donc une étude. Les Templiers s'installèrent dans la basse vallée du Gardon au milieu du XIIe siècle à la suite d'une importante donation. Dès 1169, ils avaient érigé, dans la villeneuve de Montfrin, une domus et une église appelée à devenir un centre paroissial. Les chartes montrent que la construction se poursuivit pendant tout le XIIIe siècle et attestent de l'existence d'un certain nombre de bâtiments relevant de la vie monastique et de la fonction seigneuriale. Héritiers de la commanderie après 1312, les Hospitaliers réalisèrent, à la fin du Moyen Age et après les guerres de Religion, un certain nombre de travaux que l'analyse du bâti et les visites prieurales permettent d'appréhender. L'enquête archéologique conduite en 2007 et en 2009 ne constitue qu'une première approche, mais elle a permis de rendre compte de l'intérêt architectural de ce complexe monumental et de déterminer l'évolution chronologique du plan d'ensemble. Peut-être née d'un binôme touraula, la commanderie s'est rapidement structurée autour de deux cours : l'une destinée aux fonctions résidentielles et seigneuriales, tandis que l'autre regroupa les communs. La présence de trois tours d'angle carrées et d'une rhétorique architecturale militaire, qui n'empêcha en rien le développement des espaces privatifs et des percements en façade, rattachent la commanderie de Montfrin aux palais aristocratiques urbains du Midi.

Une étude très approfondie de Damien Carraz, Sophie Aspord-Mercier - Suite

 

Montgauguier   (86)
Maison du Temple de Montgauguier
Département: Vienne, Arrondissement: Poitiers, Canton: Mirebeau, Commune: Cherves - 86


Maison du Temple de Montgauguier
Localisation: Maison du Temple de Montgauguier


En 1258, Hugues Poitevin, chanoine de Notre-Dame de Mirebeau, donna aux Templiers quatre deniers de cens, qu'il percevait sur un prè situé près de la terre de la Chaume et de la Commanderie.

Les domaines des chevaliers étaient fort étendus à la fin du XIIIe siècle. De nombreuses terres en dépendaient, ainsi que les villages de:
La Prairie, village sur la commune de Vouzailles
Département: Vienne, Arrondissement: Poitiers, Canton: Mirebeau, Commune: Cherves - 86


Domaine du  Temple à La Prairie
Localisation: Domaine du Temple à La Prairie


— La Procherie, 1408 (Commanderie de Saint-Georges, 30)
— La Praerie, 1489 (Seigneurie de Vouzailles)
— La Prairie, 1638 (Cure de Vouzailles)

Craon
Département: Vienne, Arrondissement: Châtellerault, Canton: Loudun - 86


Domaine du  Temple à Craon
Localisation: Domaine du Temple à Craon


— Craon, 1393 (Commanderie de Saint-Georges, 19)

Maison-Neuve, village commune de Montgauguier
Département: Vienne, Arrondissement: Poitiers, Canton: Mirebeau, Commune: Cherves - 86


Domaine du  Temple à Maison-Neuve
Localisation: Domaine du Temple à Maison-Neuve


— Les Maysons noes, 1284 (Commanderie de Saint-Geroges, 19)
— Molin de Meson nueve, 1396 (Ibidem)

La Lande, hameau sur la commune de Craon
Département: Vienne, Arrondissement: Châtellerault, Canton: Loudun - 86


Domaine du  Temple à La Lande
Localisation: Domaine du Temple à La Lande


— La Lande de Creon, 1284 (Commanderie de Saint-Georges 19 et 33)
— La Lande de Craaon 1393 (Ibidem)
— La Lande de Craon 1482 (Ibidem)
— Ancienne commanderie de l'Ordre de Malte, annexée à celle de Saint-Georges.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Vienne, rédigé par M. L. Rédet. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXXI

Thibaut de Bosmez, valet, seigneur châtelain de Mirebeau et de Blazon, était alors en désaccord avec F. Renaud Bertrand, commandeur de Montgauguier, qui réclamait les droits de haute, moyenne et basse justice sur tous les hommes du Temple demeurant en la seigneurie de Mirebeau. Après de longues discussions, ce seigneur reconnut aux frères ces droits, avec celui d'avoir un gibet et de faire passer les condamnés par les possessions du seigneur de Mirebeau, pour les conduire au supplice. Enfin il leur accorda l'usage d'un jaleau (mesure de liquides) marqué de son seing, et ajusté à la mesure de Mirebeau, afin de délivrer de pareilles mesures à leurs hommes.

Le maître du Temple de Mauléon nous apprend qu'il fut reçu en la chapelle de la maison du Temple « de Monte Gauguerii », dans le diocèse de Poitiers, vers l'an 1270, en présence des frères Regnaud Bertrand, chevalier, précepteur de la maison, et Pierre de Vaugourdon, précepteur du Temple d'Auzon; il est encore question de la maison de Montgauguier en un autre passage du Procès: « in domibus de Campo Gillonis, de Montgagniet (sic) Pictavensis diocesis. »

précepteur de Montgauguier
vers 1270, frère Regnaud Bertrand, chevalier.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

Montgauguier, commune de Mirebeau.
— ancienne commanderie de Templiers, unie à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, puis, au xve siècle, annexée à la commanderie de Saint-Georges-les-Baillargeaux.
— Domus milicie templi de Monte Gaugerii, 1258 (commanderie de Saint-Georges, 19).
— Montguaugueir, 1284; l'ospital de Montgauguier, 1408 (commanderie de Saint-Georges, 19).
— Montguauguer, 1478 (commanderie de Saint-Georges, 5).
— La paroisse de Montgauguier, que ne mentionnent pas les pouillés du diocèse antérieurs au XVIIIe siècle, fut démembrée de celle de Cherves. Par un arrêt du conseil d'Etat du 19 mars 1781, la distinclion qui existait depuis longtemps quant au spirituel entre les paroisses de Cherves et de Montgauguier fut adoptée quant au temporel et dès lors cette dernière eut son syndic et ses collecteurs particuliers.
— Le commandeur était seigneur haut justicier de la paroisse, qui faisait partie de l'archiprêtré de Parthenay (Deux-Sèvres) et de la baronnie de Mirebeau.
— Montgauguier est un hameau composé de trois maisons. La principale localité de la commune est Maison-Neuve, où se trouve l'église paroissiale érigée en 1856.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Vienne, par M. L. Rédet, Paris, M. DCCC. LXXXI

 

Montheil (Le)   (15)
Grange du Temple Le Montheil
Département: Cantal, Arrondissement: Mauriac, Canton: Mauriac, Commune: Saint-Rémy-de-Salers 15


Grange du Temple Le Montheil
Localisation: Grange du Temple Le Montheil


Le Monteil était une grange du Temple, c'est-à-dire un domaine composé de maisons, granges, cours, jardins, prés, champs, montagnes et bois, situés dans la paroisse de Saint-Rémy-de-Salers, à l'endroit encore dit la terre du commandeur, « la terra del commandaïro. »

Elle avait les terres et prés du « Lanion », du « Riou-Gros », du « Claux », de la « Coste », « del Gely », de la « Barbe », de « Ribeyrolles » etc.
Dalmace Gély en est précepteur, en 1294, et y reçoit Pierre de Montchoisy, probablement un Montignac.

En 1307, Guérin Golfier, Templier chapelain, est au Temple du Monteil. Il est plus que probable que le chef-lieu de cette préceptorie était la belle maison des Templiers à Salers (Auguste Chassaing. Spicilegium, page 212).
Sources: Bouffet (Abbé Hippolyte), Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Haute-Auvergne, dans Revue de la Haute-Auvergne, Aurillac, tome XVI (1914).

Le Montheil, hameau sur la commune de Saint-Rémy-de-Salers désormais rattaché à Saint-Martin-Valmeroux (15140) Auvergne - Cantal, aujourd'hui détruit.
— Le Montel (carte de Cassini)
— Le Monteil faisait partie de la Maison du Temple de Carlat.
— Un château parait y avoir existé et l'emplacement qu'il occupait est désigné au plan cadastral sous le nom de « La Terra-del-Commandaire. »
Sources: Dictionnaire topographique du département du Cantal, par M. Emile Amé. Paris Imprimerie de Nationale M DCCC XCVII.

 

Montignat   (63)
Domaine du Temple de Montignat
Département: Puy-de-Dôme, Arrondissement: Riom, Canton: Saint-Eloy-les-Mines, Commune: Servant - 63


Domaine du  Temple de Montignat
Localisation: Domaine du Temple de Montignat


Montignat a été au début un site Templier comme en témoigne une motte encore visible dans un champ situé au nord du village. Par la suite, les Chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, de la Marche et Mayet s'y sont installés.
Sources: Georges CHATARD - Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais fondée en 1845. Tome 70 4e trimestre 2000.

Bauvenas, Montignat
Bauvenas, Montignat, membre de la Maison du Temple de Mayet d'Ecole, en Bourbonnais, à une demie lieue du bourg de Chassié.
« Revenus - 200 livres. »
Sources: Léopold Niepce - Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Lyon, 1883

 

Montigny-sur-Aube   (21)
Domaine du Temple à Montigny-sur-Aube
D?partement: Côte-d'Or, Arrondissement: Montbard, Canton: Châtillon-sur-Seine - 21


Domaine du  Temple à Montigny-sur-Aube
Localisation: Domaine du Temple à Montigny-sur-Aube


Les Templiers d'Epailly obtiennent que divers pâturages en 1232 de ce lieu.

Fond d'Epailly H 1183: Monteignieium, 1236.
Fond d'Epailly H 1185: Montigni, Montigné, Montingni, 1232.
Fond d'Epailly H 1185: Montaigneium super Alban, 1285.
Sources: De Delphine Marie; Les Templiers dans le diocèse de Langres, Des moines entrepreneurs au XIIe et XIIIe siècle. Dominique Guéniot, éditeur.

 

Montigny-sur-Vingeanne   (21)
Domaine du Temple à Montigny-sur-Vingeanne
Montigny-Mornay-Villeneuve-sur-Vingeanne: Département: Côte-d'Or Arrondissement: Dijon, Canton: Fontaine-Française - 21

L'Ordre du Temple y possédaient des rentes seigneuriales et des cens, concédés aux Templiers de Bourgogne en 1225.
César Lavirotte. Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne. Congrès Archéologique de France, Séances Générales tenues à Dijon en 1852. Paris 1853

Montigny-sur-Vingeanne
Montigny-sur-Vingeanne, commune de Fontaine-Française.
— Montenei, Montennei, Mon tenniacum, 1163-1179 (Archives du Temple de La Romagne, H 1230)
— Monteigneium, 1215 (Archives du Temple de La Romagne, H 1230)
— Montagneium, 1225 (Archives du Temple de La Romagne, H 1238)
— Montegneium, Monteigni, 1240 (Archives du Temple de La Romagne, H 1242)
— Monteneium, Monteneum, Monteneium super Vingennam, 1254 (Archives du Temple de La Romagne, H 1242)
— Monteigneyum, 1270 (Archives du Temple de La Romagne, H 1242)
Sources: Alphonse Roserot. Dictionnaire topographique du département de la Côte d'Or. Paris MDCCCCXXIV.

 

Montiracle   (38)
Maison du Temple de Montiracle
Département: Isère, Arrondissement: La Tour-du-Pin, Canton: Charvieu-Chavagneux, Commune: Villemoirieu - 38


Maison du Temple de Montiracle
Localisation: Maison du Temple de Montiracle


Archives de l'Isère, B 2978, folio 212 (19 avril 1317): « in baronia de Turre, super rebus et juribus domus Montelliaco. »
Pouillé de Vienne du XIVe siècle: « Preceptor de Montilliaco. »
Archives du Rhône, H 1312, folio 14, 1er février 1338 - Terrier de Montiracle: « preceptor domus Templi de Montylliaclo. »
Une erreur de lecture ou de transcription a rendu Montiracle méconnaissable sous la forme « Monthiach » (Valbonnais, II, 162 - Mansuet, Histoire des Templiers, Paris 1780.

Au XVIIe siècle cette Maison du Temple n'était plus qu'un simple membre de la commanderie de Saint-Georges de Lyon.

« La Praeceptoria S. Joannis de Bethenos », du pouillé de Vienne de 1523, publié par M. UL. Chevalier dans le bulletin archéologique et statistique de la Drôme 1867.
Sources: Roland Delachenal - Cartulaire du Temple de Vaulx, Paris Picard - 1897

Maison du Temple de Montiracle
Cité dans le Grand Prieuré d'Auvergne: Montériacle-Les-Crémieu, dépendance de la commanderie de Saint-Georges de Lyon et du Temple de Vaux. Diocèse de Vienne, à un quart de lieue de la ville de Crémieu, La Maison du Temple avait Château, domaine, grange, prés, terres, cens et rentes.
Sources: Léopold Niepce - Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Lyon, 1883

Maison du Temple de Montiracle
Montiracle, avec son étymologie latine (mons-oraculi), rappelant des souvenirs druidiques sur lesquels viennent se superposer ceux diversement célèbres des chevaliers du Temple et de Saint-Jean de Jérusalem qui se retrouvent encore dans le temple de Tirien et dans la commanderie de la Balme.
Sources: Congrès scientifique de France - Vingt-quatrième session, tenue à Grenoble au mois de septembre, 1857, Volume 2.

 

Montluel   (01)
Grange du Temple de Montluel
Département: Ain, Arrondissement: Bourg-en-Bresse, Canton: Montluel, Commune Balan - 01


Grange du Temple de Montluel
Localisation: Grange du Temple de Montluel


Cette maison fondée par les Templiers au XIIIe siècle, était une dépendance de la très puissante Maison du Temple de Lyon. Elle possédait des bâtiments, des pâturages, des vignes, des rentes et des dîmes dans les hameaux voisins.

La Maison d'Ecorcheloup, dépendait de cette dite Maison de Lyon. La Maison du Temple d'Ecorcheloup avait quelques dépendances, c'était une maison entourée de fossès et appelée Tanay, située dans la commune de Tramoyes, qui avait été donnée aux Templiers en 1200 par Guichard, seigneur d'Anthon, avec tout ce qu'il possédait dans les terres, les fonds, les prés et les vignes compris entre le chemin de l'Orme, le territoire de Châne, la côte de Rappant et la forêt Grumer.

Par ce même acte de donation, le seigneur d'Anthon cédait aux frères du Temple le droit de parcours dans toute sa terre pour le bétail de leurs granges de Domenas, de Miribel, de Montluel et de Tanay.
Sources: Société Historique de l'Ain.

Humbert II, du nom, Seigneur de Montuel, Chevalier, vivant en 1217, qui fit plusieurs à la chartreuse de Porte en Bugey. Son testament est du mois d'août 1236; il le rédige avant d'entrer dans l'Ordre du Temple.
Sources: Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France, Volume 10. Paris M. DCC. LXXV. (Livre numérique Google)

 

Montmirail   (05)
Domaine du Temple de Montmirail
Département: Hautes-Alpes, Arrondissement: Gap, Canton: Embrun, Commune: Crots - 05


Domaine du Temple de Montmirail
Localisation: Domaine du Temple à Montmirail


Montmirail, il n'y avait aucune paroisse dans le mandement de Montmirail, mais une très ancienne chapelle de Notre-Dame existait dans le hameau principal.
En 1708 un nommé Jean Albrand en fonda une autre au hameau du Bois sous le vocable de saint Benoit.
Montmirail dépendait de la paroisse des Crottes l'abbaye de Boscodon et les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, successeurs aux Templiers, se partageaient la dime d'une manière inégale. Sur le territoire de ce mandement existait l'abbaye de Notre-Dame de Boscodon, fondée en 1132.

L'Ordre du Temple possédait en 1234 des biens assez considérables à Montmirail a l'endroit nommé maintenant encore Le Temple et le Champ-Chevalier.

L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem succéda aux Templiers; ce domaine relevait de la commanderie templière d'Embrun et il avait été aliéné avant 1667.

La Maison du Temple d'Embrun, relevaient les terres possédées par les Templiers à Montmirail.
Sources: Tableau historique du département des Hautes-Alpes. Etat ecclésiastique, administratif et féodal antérieur à 1789, histoire, biographie, bibliographie de chacune des communes qui le composent - par J. Roman. A. Picard (Paris) - 1887-1890

Montmirail
Montmirail (Mandement de)
— Ancien mandement comprenant tout le territoire situé entre les torrents de Bocodou, de Banafré et la rivière de la Durance. Il fut supprimé vers 1480 et partagé entre les communes de Crottes et de Savines.
— Mandamentum Montismirati, 1479 (Is. B, 2,992)

Montmirail, hameau de la commune de Crottes
— Montmira, 1132 (H.-A. Bosc)
— Monsmiratus, 1142 (H.-A. Bosc)
— Monsmiratus, 1234 (H.-A. Bosc)
— Monsmiratus, 1268 (H.-A. Bosc)
— Monsmiratus, 1320 (Embrun Livre des copies)
— Monsmiratus, 1508 (Is. B, 2,993)
— Monsmiratus, 1532 (Pic)
Sources: Dictionnaire topographie du département des Hautes-Alpes rédigé par M. J. Roman. Paris Imprimerie Nationnale M. DCCC. LXXXIV.

Après la chute du Temple
Domaine du Temple à Montmirail
1308 - 23 mai.

Inféodation par Jean Bonfils, au nom du Dauphin, aux consuls d'Embrun, des biens des Templiers de Montmirail, moyennant 50 livres une fois payées et 20 de rente annuelle.

1308
7 juin.
Ratification par le Dauphin de la vente faite par son procureur aux consuls d'Embrun des biens des Templiers à Montmirail.

1316 - 27 avril
Transaction entre Geoffroy de Cubriis, commandeur de Saint-Jean de Jérusalem à Gap et à Embrun, et l'abbaye de Boscodon, relativement à des biens dans le territoire de Montmirail, provenant des Templiers et qu'ils se disputaient. Raymond Payan, arbitre, règle que les choses resteront en l'état.
Témoins: Guillaume Galle, précepteur de Notre-Dame du Lauzet, Pierre de Rousset, précepteur du Saint-Sépulcre [de Charges], religieux de Boscodon.
Montmirail. Originale, Archives des Hautes-Alpes.
Tableau historique du département des Hautes-Alpes. Inventaire et analyse des documents du Moyen âge relatifs au Haut-Dauphiné, 561-1500. Par Roman, Joseph. Editions Picard, Paris 1887.

 

Montmorency   (95)
Maison du Temple de Montmorency
Département, Val-d'Oise, Arrondissement: Sarcelles, Canton: Montmorency - 95


Maison du Temple de Montmorency
Localisation: Maison du Temple de Montmorency


Les Templiers de Paris formèrent leur maison de Montmorency au moyen des donations que leur firent en grande partie les seigneurs du lieu. La première chose qu'ils en reçurent fut une rente de deux setiers de châtaignes que Bouchard de Montmorency leur accorda en 1192, à prendre chaque année dans ses bois.

D'autres seigneurs, Nicolas de Mahaut, en 1263, et Bauduin Des Fossés, en 1266, leur firent également des donations, pour obtenir, après leur mort, leur anniversaire dans l'église du Temple à Paris.

Domaine des Templiers En 1269, Mathieu, seigneur de Montmorency, leur octroya des lettres d'amortissement pour tous les biens qu'ils possédaient audit lieu, sans réserve d'aucun droit de justice ou de seigneurie, mais sous la condition expresse qu'ils ne pourraient jamais y élever aucune tour ni forteresse. Cette charte énumère toutes leurs possessions, et particulièrement leur maison située à Montmorency, près de la Fontaine, dans la rue de l'Etang, « subtus fontana in vico de Stanno », ainsi qu'une autre voisine, qui servait de pressoir pour faire leurs vins.

Quelques années après que les Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem eurent pris possession du Temple de Montmorency, c'est-à-dire en 1348, le seigneur du lieu, qui était alors Jean de Montmorency, fit saisir féodalement leur domaine, sous prétexte qu'il n'avait pas été amorti par lui et ses prédécesseurs. Pour éviter un procès avec un aussi puissant seigneur, Simon Le Rat, alors Grand-Prieur, jugea à propos de transiger et de payer une somme de seize cents livres parisis, pour obtenir la libre possession de ses biens.

A partir de ce moment, on voit les Chevaliers prendre en dégoût leur maison de Montmorency. Ils cédèrent à cens ou rente perpétuelle presque toutes leurs terres. Ils ne conservèrent que la maison qu'ils convertirent en cellier avec cinq à six arpents de vigne et un bois de douze arpents, au chantier de la Fontaine Bourdonné, appelé le Bois du Temple.

Duchesne, dans son histoire des seigneurs de Montmorency, ne fait mention que d'un seul titre ayant rapport aux Templiers, c'est une donation à eux faite, en 1221, par Mathieu de Montmorency, d'une partie de la dime de Deuil et de Montmagni.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Montmorency
Il y eut un fief du Temple, originairement acquis aux Templiers. C'est pourquoi l'on appelle encore rue du Temple celle où était le siège dudit fief. Le grand prieur de France en a perçu le revenu pendant plusieurs siècles.

Nous y reconnaissons aussi la maison de campagne que Sauvai (1) dit avoir été occupée par le grand-prieur de l'ordre de Malte, à Montmorency, sur la côte.
1. Antiquités de Paris, tome I, page 614.

En 1221 seulement, le connétable Matthieu gratifie les Templiers de Montmorency de la moitié de ce que lui doivent les moines d'en bas de la côte. Les seigneurs prennent ainsi d'une main, pour donner de l'autre ; mais il en résulte des querelles dont les incidents font du bruit.
Lefeuve, Charles - Le tour de la vallée. Histoire et description de Montmorency, etc. Page 31. Montmorency 1867. - Bnf

 

Montmorot   (21)
Maison du Temple de Montmorot
Département: Côte-d'Or, Arrondissement: Dijon, Canton: Grancey-le-Château-Neuvelle, Commune: Salives - 21


Maison du Temple de Montmorot
Localisation: Maison du Temple de Montmorot


Le hameau de Montmorot, où était le siège de cette petite circonscription, fait partie de la commune de Salives, canton d'Is-sur-Tille.

Les Templiers y avaient fait construire une chapelle et un château devenu résidence des commandeurs de Malte.

En 1293, on voit Hugues de Peraud, alors précepteur de la maison du Temple de ce lieu, conclure plusieurs échanges de terres sur Montmorot et Fraignot avec Guillaume de Grancey.

En 1309, on fit comparaître au procès un frère nommé Martin de Montmoroti, Lingonensis diocesis.
Sources: César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.

Maison du Temple de Montmorot
Montmorot est désignée comme domus de Montmorot, si l'on se référe aux actes la concernant.
Aucun « commandeur de Montmorot » n'est mentionné. De plus, les transactions clairement destinées aux frères de Bure. Montmorot ne serait qu'une maison du Temple dépendante de la commanderie de Bure.

Les Templiers de Bure acquirent en 1294, un pré sis à ce lieu.
Sources: De Delphine Marie; Les Templiers dans le diocèse de Langres, Des moines entrepreneurs au XIIe et XIIIe siècle. Dominique Guéniot, éditeur.

Montmorot, château et ferme sur la commune de Fraignot.
— Ancienne Maison du Temple, puis de Saint-Jean de Jérusalem, avec chapelle dédiée à Saint-Jean-Baptiste.
— Monmorot, 1294 (Montmorot, H 1244)
— Montmorot, 1295 (Bruel, VI, page 819)
— Montmoret, 1295 (Archives du Temple de Bures, H 1156)
— Mons Morotus, 1300 (Montmorot, H 1245)
— Monmoret, 1301 (Garnier, d'après B 200 ancien)
— En 1789, la commanderie de Montmorot était de la paroisse de Fraignot.
— Un arrêté du directoire de la Côte-d'Or, du 29 mai 1791, a distrait la métairie de Montmorot du canton de Minot, district de Châtillon, et l'a unie à la commune de Fraignot, conton de Salives et district d'Is-sur-Tille.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Côte-d'Or, rédigé par Alphonse Roserot. Paris Imprimerie Nationale, MDCCCCXXIV.

 

Montormentier   (52)
Domaine du Temple à Montormentier
Département: Haute-Marne, Arrondissement: Langres, Canton: Prauthoy, Commune: Cusey - 52


Domaine du  Temple à Montormentier
Localisation: Domaine du Temple à Montormentier


Les Templiers de la Romagne possédaient en ce lieu des rentes, cens, et quelques terres en la paroisse de Cusey.
Sources: César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.

Montormentier
Montormentier, commune de Prauthoy
— Montourmentié, 1715 (Archives de la Côte d'Or, Temple de la Romagne)
Sources: Alphonse Roserot. Dictionnaire topographique du département de la Côte d'Or. Paris MDCCCCXXIV.

 

Montpellier   (34)
Maison du Temple de Montpellier
Département: Hérault, Arrondissement et Canton: Montpellier - 34


Maison du Temple de Montpellier
Localisation: Maison du Temple de Montpellier


La maison du Temple de Montpellier fut sans aucun doute une des plus considérables de cet Ordre, dans le midi de la France; elle était située non dans Montpellier, mais près de cette ville « in domo militie Templi site juxta Montempessulanum », d'après un acte de l'an 1204.

Cependant, le Temple de Montpellier ne fut pas le seul important de la région; il y eut aussi la commanderie de Saint-Gilies. Dans l'un comme dans l'autre couvent se tenait les chapitres généraux et provinciaux: « in capitulo provinciali Montispessulani. » C'est dans ces chapitres que se rendaient les comptes et que se faisaient les mutations de précepteurs et de frères, que les uns étaient créés précepteurs ou commandeurs et d'autres, plus modestes, « grangiarii », quand il ne s'agissait que de granges du Temple.

Parmi les Templiers étrangers à la province qui étaient venus, à Montpellier, se trouve le commandeur de l'Ile-Bouchard en Touraine qui assista a un chapitre général tenu à Montpellier et le visiteur de France, Hue de Perraud.

Dans le résumé qui va suivre des réceptions faites à Montpellier, il n'en est peut-être pas une où il ne soit fait mention de ces chapitres du Temple. C'est d'abord frère Raymond Alamandin, précepteur de Bruguière, reçu sergent vers l'an 1270, à Montpellier, par le commandeur de Provence Ronssolin de Fos, et qui assista à un chapitre général tenu en cette ville. Après lui, vient frère Bertrand de la Selve, chevalier, plus tard arrêté à Montpellier, et reçu, vers 1280 ou avant, par Ronssolin de Fos, déjà cité; il eut occasion d'assister à un chapitre général à Montpellier, mais il fut aussi présent à d'autres chapitres, et il cite Raymbaud de Caromb,précepteur de Chypre.

A la même époque ou à peu près (1280), et par le même Ronssolin de Fos, Raymond Fabre était reçu sergent du Temple, en cette même église de Montpellier; il assista lui aussi à une dizaine de chapitres.

Raymond Alazard ou Alasaud reçu sergent, en 1285, à Montpellier par Pons de Brozet, autre maître de Provence, cite parmi les témoins de sa réception, les frères Pierre Alamandin précepteur de cette maison de Montpellier, Pierre Gailhard déjà nommé à propos de Launac, et d'autres encore. Pierre Alamandin aussi assistait à la réception faite à Montpellier, en 1291 ou 1293, par Pons de Brozet, d'un prêtre enquêté plus tard à Alais, réception faite en présence de frère Bernard Ajuda-Dieu, chapelain et de frère Raymond Delechosi.

A Pierre Alamandin succéda Guillaume « del Ranc » ou « de Ranco », sergent et dernier précepteur de la maison; le précepteur d'Albinhac reçu, vers 1291, à Montpellier, par Pons de Brozet, l'avait été en présence de ce Guillaume déjà précepteur, qui devait être plus tard, détenu à Alais.

Enfin, Guigue Adémar successeur de Pons de Brozet, paraît avoir présidé, en 1305, à Montpellier, un chapitre général, ou mieux provincial, Raymond Delechosi, sergent, et Pierre d'Aguzan étant chambriers de la maison.

Précepteurs de Montpellier
Pierre Alamandin (Petrus Alamandinus) 1284, 1293, 1297
Commandeur de Montpellier 1267-1290-1304 (sic)
« Commandeur de la maison du Temple de Montpellier au nom de la maison du Temple de Saint Gilles », 1297

Vers 1292-1307, frère Guillaume del Ranc, sergent.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

Un désaccord entre les chanoines de Maguelone et les Templiers
L'affaire fut portée au Pape Célestin, qui nomma des arbitres dont l'Archevêque d'Arles était le Chef. On s'en tint à leur jugement, à condition qu'il serait confirmé par le Saint-Siège. Cet accord porte:
1. que dorénavant les Chanoines percevront la troisième partie de toutes les offrandes en argent, luminaire, pain, vin et autres denrées qui se feront dans l'Eglise du Temple; que les jours de fêtes solennelles, ils auront droit sur la moitié de ces mêmes offrandes, soit qu'elles soient présentées sur l'autel, ou données de main à main.

2. Que sans avoir rien à prétendre sur le luminaire pour les morts, ils tireront aussi la troisième partie des droits d'enterrements, des legs pieux, des donations, de tous les meubles et immeubles abandonnés aux Chevaliers par ceux qui choisissent leur sépulture dans leur Eglise, à l'exception cependant des équipages, des armes et chevaux, qui resteront sans partage à la Maison du Temple.

3. Que si un mourant vient à léguer aux Chevaliers du Temple de l'argent, une terre ou quelque autre chose, pour acheter des armes ou des montures, le Chapitre en percevra la troisième partie, comme de toute-autre donation faite par les malades à qui les Chevaliers donnent l'habit de leur Ordre, c'est-à-dire le manteau blanc et la croix rouge, à moins que ces moribonds ne se soient engagés par voeux solennels à demeurer toute leur vie dans l'Ordre, comme membres de cette Chevalerie, et ne se soient rendus à la Maison du Temple sans aide ni secours de personne. En ce cas, les Chanoines n'auront rien à prétendre de ce qui viendra de ces infirmes, quand bien même ils ne relèveraient pas de leurs maladies, non plus que sur ce qu'ils auront légué aux Templiers du lieu où ils meurent.

4. Pour ce qui est de la dîme, les Chanoines la percevront sur les vins, grains et légumes de toute espèce, et les Chevaliers du Temple sur les novales, sur les fruits des jardins, des arbres, des prés, et sur la pâture des animaux de quelque nature qu'ils soient. En outre, il fut arrêté que les Templiers ne construiraient aucune Eglise ni Chapelle, n'ouvriraient aucun cimetière dans le Diocèse de Maguelone, sans le consentement de l'Evêque, et que l'Oratoire qu'ils avaient commencé à Lunel serait démoli; qu'ils demeureraient néanmoins paisibles possesseurs des terres de Granolet et de l'étang de Cucule, et de tout ce qu'ils avaient autrefois acheté de Fulcrand, Prévôt du Chapitre; enfin qu'ils n'accorderaient ni la sépulture ni l'entrée dans leur Eglise à aucun des excommuniés ou interdits par l'Ordinaire; que les jours auxquels l'Evêque ou le Prieur-Curé de la Paroisse jugeront à propos d'assembler leurs ouailles, les Templiers n'admettront personne à leur office, qu'il n'ait eu lieu de satisfaire à son devoir de Paroissien; et comme, durant ces débats, les sujets du Chapitre et du Temple s'étaient causé plusieurs dommages, par invasions, saisies et reprises d'animaux, les Juges-Arbitres conseillent aux parties de se les remettre et pardonner mutuellement, ce qui fut accepté et ratifié de part et d'autre, avec promesse de faire agréer le tout par le Saint-Siège, par le Chapitre général des Templiers, et par une Assemblée capitulaire des Chanoines de Maguelone. Cet acte fut passé dans le Palais épiscopal d'Arles, en préfence d'un grand nombre de témoins. Du côté des Chanoines, furent présents Gui de Ventadour Prévôt de Maguelone, Pierre d'Aigrefeuille Archidiacre, Guillaume d'Autigniac, et un quatrième, tous députés par le Chapitre, dont les membres étaient alors Chanoines réguliers.

Du côté des Templiers, furent présents de la part du Grand-Maître, Frère Déodat de Berzé Précepteur dans les Provinces d'Arles, de Narbonne et autres, Frère Pierre de Cabrespine Commandeur de Montpellier, et Frère Guillaume de Solers Commandeur d'Arles, qui se soumirent à tous ces articles, quoiqu'on y dérogeât, en plusieurs points, aux privilèges accordés à l'Ordre par Urbain III et ses prédécesseurs.
Sources: Histoire critique et apologétique de l'Ordre des chevaliers du temple. Par Claude Mansuet Jeune - Paris - M. DCC. LXXXIX

Plan de la commanderie templière de Montpellier
Les domaines du Grand Saint-Jean de Montpellier, près de la Porte de la Saunerie, provenant de la commanderie des Templiers de Montpellier.

Ce domaine, celui du Petit Saint-Jean à Montpellier, qui appartenait dès l'origine aux Hospitaliers, et d'autres biens dans et hors la ville firent l'objet en 1750-1751 d'un très beau recueil de Plans géométriques des domaines, fiefs et directes de la commanderie du Grand et Petit Saint-Jean de Montpellier (55 H 3). Sur ces plans, les domaines de la commanderie sont marqués d'une croix de Malte (les Hospitaliers étant devenu ordre de Malte en 1530); les parcelles chargées de redevances envers la commanderie portent un numéro en rouge.
Archives de l'Hérault le plan de la commanderie des Templiers appelé le Grand-Saint-Jean

Commandeurs
— Airald (Airal-dus) - 1153, 1157, 1166-1181
— Girbert de Costebelle (Girbertus de Costabella) - 1184, 1191-1192, 1195
(Costebelle, Alpes de Haute-Provence, cotran. La Breole) ou (Costebelle, Hyères, Var, arrondissement de Toulon)
— Pierre de Saint Gregoire (Petrus de Sancto Gregorio) - 1189
(Tarn, arrondissement Albi)
— Hugues de Coste (Hugo de Costa) - 1195
— Pierre de Cabrespine (Petrus de Cabrespina) - 1196-1200, 1202, 1204, 1206, 1209, 1221-1225.
(Aude, arrondissement de Carcassonne)
— Guirald d'Alès (Guiraldus de Alesto) - 1202
(Alès, Gard)
— Bernard de Case (Bernardus de Casa) - 1215-1218
Commandeur de Saint Gilles.
— Jean de Castroboc (Johannes de Castroboc) - 1230, 1236
Commandeur de Saint Gilles 1236, 1241
— Bérenger de Case (Berengarius de Casa) - 1238
— Pierre de Farrar (Petrus Ferrarii) - 1246
Commandeur de Jalez.
— Raymond de l'Amandelaye (Raimundus Amenlarius) - 1249-1250, 1262-1264
Commandeur de Montfrin.
— Guillaume de Ranc (Guillelmus de Ranc) - 1307
(Ranc-d'Avenne, Ardèche, canton Joyeuse, commune Grospierres)
Commandeur de Gap et de Jalez.

Sous-commandeurs
Raymobd de Montpellier (Raimundus de Montepessulano) - 1200
Guillaume de Pierre (Guillelmus Pétri) - 1218
Commandeur d'Arles 1229-1231.
Etienne - 1223
Etienne de Ruf (Stephanus Rufi) - 1225
Guillaume (Guillelmus) - 1230
Etienne Blanc (Stephanus Blanc) - 1233-1236
Pierre de Fartaller (Petrus de Fartalleriis) - 1236
— Fonds: Arch. Bouches du Rhône H2 101-105;
— Archives de l'Hérault, H fonds de Malte;
— voir Trudon des Ormes page 252

Sources: E.-G. Léonard. — Introduction au Cartulaire manuscrit du Temple (1150-1317), constitué par le marquis d'Albon et conservé à la Bibliothèque nationale, suivie d'un Tableau des maisons françaises du Temple et de leurs précepteurs. — Paris, E. Champion, 1930. ln-8º, xv-259 pages.

Maison du Temple de Montpellier
Premières donations reçues en Roussillon en 1132, à Montpellier avant 1145, R. Vinas, L'Ordre du Temple, page 16.

A Montpellier, les Templiers sont encore installés près d'une porte de l'enceinte, au faubourg de la Saunerie.
Entre 1158 et la fin de ce siècle, les acquisitions se portent également dans le quartier Saint-Jacques, situé à environ un kilomètre des murs, sur la route de Montpellier.

On a vu des princes en visite dans les commanderies ou témoins d'actes passés par les frères, on rencontre plus souvent encore ces derniers dans la suite comtale: En novembre 1153, Raimon Bérenger IV est témoin d'une transaction passée entre Peire de Rovira, maître du Temple en Provence-Espagne, et Gaucelm d'Assillan, prieur de Saint-Gilles. Il est le 23 octobre 1155 au Temple d'Arles, Alphonse II et Sanche sont au Temple de Montpellier en juin 1204, Raimon Bérenger V est au Temple d'Aix le 12 septembre 1235.

En 1156, Peire de Rovira était déjà aux côtés de Raimon Bérenger IV et de son neveu à Montpellier, Histoire Générale de Languedoc, t. II, p. 479 et col. 554. Uc Jaufré a accompagné Alphonse Ier pendant sa tournée pacificatrice en Provence au printemps 1176. Arnaut de Torroja, issu d'une famille proche des comtes de Barcelone, a surtout fréquenté Alphonse Ier outre-Pyrénées, mais on le trouve tout de même plusieurs fois à sa suite dans les régions de Nîmes, Aix et Montpellier entre 1167 et 1177.

Les commanderies d'Arles, de Marseille et de Saint-Gilles avec celle de Montpellier sont aussi, autant qu'on puisse en juger, les seules à accueillir des chapitres provinciaux voire généraux.

En l'absence de sources statutaires produites au niveau provincial, les réunions capitulaires sont uniquement révélées par les actes de la pratique. Un chapitre provincial est mentionnés à Arles en 1152 et en 1296 s'y tient un chapitre général, Bibliothèque municipale d'Aix, ms 338, fol. 645; et G. Digard, Les registres de Boniface VIII, tome I.

Les liens avec le trafic maritime
Les ordres se sont d'abord appliqués à obtenir la liberté de navigation pour leurs marchandises et la possibilité d'embarquer des passagers sur les navires qu'ils affrétaient. A partir du XIIIe siècle, lorsque la documentation notariale jette un nouvel éclairage sur les échanges maritimes, l'activité de Saint-Gilles, concurrencée par Aigues-Mortes et Montpellier, doit déjà stagner.

Le maniement de l'argent
En 1212, les recettes des cens récoltés par l'Eglise romaine dans la région sont conservées dans les commanderies d'Arles, de Saint-Gilles et de Montpellier avant d'être centralisées au Temple de Paris, Léopold de Delisle, Mémoire des opérations financières des Templiers, page 25.

L'entrée dans le Temple
Les Templiers n'ont pas maintenu la tradition bénédictine, parfois poursuivie jusqu'au XIIe siècle, d'accompagner la profession par la rédaction d'une cédule récapitulant les voeux ou par l'inscription du nouveau profès sur un rouleau d'entrées dans l'ordre.

De nombreux milites ont en effet agi à la manière de Guilhem VII de Montpellier confiant, en 1177, son fils Gui afin qu'il soit élevé parmi les Templiers pendant six années et qu'il prenne l'habit.

L'organisation interne
Bernat de Casa fut à la tête de la maison de Saint-Gilles en 1199-1200, puis après un bref passage à Arles (1201) et à Marseille (1202), il revint à Saint-Gilles en 1204-1205, avant de repartir à Montpellier (1215-1218), à Pézenas (1222-1224) et, enfin, de se retrouver à Montfrin (1227-1228). Les mutations à partir de Saint-Gilles sont surtout fréquentes vers Montpellier, mais les déplacements peuvent parfois mener jusqu'en Ardèche, dans le Larzac, le Roussillon ou le Toulousain.

Rotations entre Saint-Gilles et Montpellier: Gisbert de Costabella, Joan de Castrobroc, Bernat de Casa, Peire Ferrier, Peire Alamandin; mutations vers Jalès: Guilhem de Riallac, Peire Ferrier, Bertran de Vivariis.

Arrestation des Templiers et le Procès
Jacques de Molay débarqua à Marseille en mai 1293, dans le but de tenir un chapitre général à Montpellier en août. Après le chapitre général d'Arles, le 15 août 1296, il rentra probablement à Chypre par le port « phocéen. » Enfin, appelé de Chypre par Clément V pour l'organisation d'une nouvelle croisade, il transita encore par la Provence, entre octobre et novembre 1306, A. Demurger, Jacques de Molay, p. 118, 121-123 et 211-212.

Arrestation et premières procédures (octobre 1307-avril 1308)
Le 13 octobre 1307, soixante-six Templiers furent donc saisis dans la sénéchaussée de Beaucaire et conduits dans les prisons d'Aigues-Mortes (pour quarante-cinq d'entre eux), de Nîmes (quinze frères) et d'Alès (six frères).

Vingt-cinq frères provenaient de la commanderie de Saint-Gilles et de ses dépendances, les autres avaient été arrêtés à Montpellier et Lunel (vingt-trois) et à Jalès (huit), tandis que cinq frères étaient originaires du diocèse du Puy.

Le commandeur de Saint-Gilles, Bernat de Selgues, avoua les déviances dont on soupçonnait les Templiers au moment des admissions et confessa même avoir vu, au chapitre de Montpellier, la figure du démon ainsi qu'une apparition féminine.
Sources: Extraits de l'ouvrage de Damien Carraz, L'ordre du Temple dans la Basse vallée du Rhone (1124-1312) - Presses Universitaires de Lyon - 2005

 

Montredon   (43)
Maison du Temple de Montredon
Département: Haute-Loire, Arrondissement: Le Puy-en-Velay, Canton: Craponne-sur-Arzon, commune: Bellevue-la-Montagne - 43


Maison du Temple de Montredon
Localisation: Maison du Temple de Montredon


Les Templiers y avaient une commanderie. On connaît deux de ses commandeurs: Etienne de Mazard en 1213 et Pierre de la Boche en 1254. Peut- être convient-il de leur adjoindre Guillaume de Menteyres, dit Pouget, au nom duquel Raymond Chambararut, précepteur du Puy, transigea en 1273 avec Guillaumette de Peyre, abbesse des Chazes. En 1252, Lyon, chanoine de Saint-Agrève du Puy, légua deux sous à l'église de Montredon, « ecclesia de Templo. » C'est vraisemblablement à cause du préjudice qu'il avait causé à cette commanderie durant sa guerre privée avec Guigon de Châteauneuf, doyen du Puy, que Pons d'allégre, chanoine de Notre-Dame, légua aussi, en 1252, une indemnité de 300 sous aux Templiers.
Sources: Augustin Chassaing, Le Cartulaire des Templiers du Puy-en-Velay. Paris 1882.

Montredon, commune de Bellevue-la-Montagne, Haute-Loire.
Cette commanderie primitivement desservie par les Templiers, est dirigée en 1213, par Etienne de Mazard, commandeur.

Ce domaine possédait un grand manoir, dit château, des bâtiments, un moulin et de nombreuses terres. Les Templiers étaient en possession de la chapelle, cette même chapelle fut èrigée au XIe siècle. Elle à été dèfigurée au fils des siècles, mais, reste tout de même d'un grand intérêt architecturale roman du Velay.
La chapelle romane était destinée aux chevaliers et au personnel de la milice templière.

On connaît deux de ses commandeurs Templiers: Etienne de Mazard en 1213 et Pierre de la Boche en 1254.

Le château manoir, brûla au XVIe siècle, ce château était sous les Hospitaliers la résidence du commandeur.
Sources: Le diocèse du Puy-en-Velay des origines à nos jours, De Pierre Cubizolles

Maison du Temple de Montredon
1139, donation par Guillaume Amiel, aux Templiers, de fiefs dans le territoire de Montredon.

1230, transaction entre le commandeur de Douzens et Guillaume Amiel, au sujet de la juridiction de la ville Montredon et son territoire.

Le commandeur avait la seigneurie temporelle, foncière et directe, avec toute juridiction, des ville de Douzens, de Cabriac, de Fajac, de Saint-Jean-de-Molières, de Magrié, de Campagne, de Peyriac, la seigneurie spirituelle de Salles, de Notre-Dame-de-Vaux, de Cours, des fiefs et des rentes à Limoux et à Montredon; son revenu net, en 1751, était de 6,055 livres.
Sources: A. Du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse - Toulouse - 1883.

Eglise de Montredon
Le petit hameau de Montredon est situé au fond d'une vallée au centre de l'ancienne baronnie d'Allègre: c'était une ancienne commanderie de templiers relevant de celle du Puy.


Eglise de Montredon
226. Eglise de Montredon et chapiteau de la façade. D'après un dessin exécuté en 1850.


Voici en quels termes s'exprime la plus ancienne des visites de Malte conservée aux Archives du Rhône: « Ce qu'ayant entendu sommes entrés dans ladite chapelle que nous avons trouvée avoir onze cannes de long et quatre de large toute voultée sur arcades de fort belle structure. Pavée de pierres de taille en partie, le coeur séparé d'un barreau de bois avec ses portes sans serrure ny clefs; un autel de pierre dans ledit coeur, qui n'est sacré ni plus que l'autre qui est dans la nef: quatre fenêtres, les vitres rompues; deux portes à ladite chapelle sans serrure ni clefs. Au-dessus dudit autel sont les images de Notre-Dame. »

Le plus ancien commandeur connu est Etienne de Mazard, qui exerçait ses fonctions en 1213 (1).

Le château, résidence du Commandeur, fut brûlé au XVIe siècle, durant les guerres religieuses (2).

Avant d'avoir été dévalisée, la chapelle, de dimensions assez restreintes, était un des 22 édifices romans les mieux construits et les plus élégants du Velay.

Elle est bâtie en beaux blocs de granit très bien appareillés, mais déjà les pierres de taille des contreforts sont arrachées et on s'attaque à celles des murs.

Les bâtiments de la Commanderie étaient déjà en ruines. — Archives départementales du Rhône. Visite de 1616. H. 138, fol. 965 V. — En 1616, Montredon était un membre de Devesset.

Un portail assez large, encadré de deux contreforts, occupait le centre de la façade; il a été enlevé, mutilé et transporté à l'église récente de Lissac; un des contreforts a aussi également disparu (fig. 225).


Eglise de Montredon
225. Eglise de Montredon. Façade occidentale


Au-dessus de la place anciennement occupée par le portail se voient, comme dans certaines églises du Midi, trois modillions d'assez grandes dimensions: sur l'un est sculptée une tête, sur l'autre une étoile, sur le troisième une série de tores.

Plus haut encore se trouve une fenêtre dont l'archivolte est formée de plusieurs tores juxtaposés séparés entre eux par des filets et des gorges; les chapiteaux qui la supportent sont décorés de têtes, les colonnettes ont disparu.


Eglise de Montredon
229. Eglise de Montredon. Façade septentrionale.


La façade septentrionale (fig. 229) est presque plaquée contre la montagne dont elle n'est séparée que par un étroit passage: l'appareil n'en est pas moins fort soigné. Une fenêtre s'ouvre dans l'espace qui sépare chaque contrefort: les baies en plein cintre sont entourées d'archivoltes d'un profil analogue à celui que nous avons signalé sur la façade; les colonnettes qui les supportent ont toutes disparu.

Entre chaque fenêtre se déroule un cordon composé d'un biseau, d'un onglet et d'une doucine. Au-dessous de la toiture, enfin, règne une corniche d'un profil identique reposant sur des modillons sculptés avec soin.


Eglise de Montredon
227. Eglise de Montredon. Façade méridionale.


Sur la paroi méridionale (fig. 227) se trouvait à la première travée une autre porte, aujourd'hui transportée à Saint-Paulien où elle a été employée dans la construction de la chapelle de l'hôpital (pl. CVIII. nº6); au-dessus, se voit encore, comme sur la façade, une série de modillons. Cette travée n'a pas de fenêtre; les autres, séparées entre elles par des contreforts, en sont pourvues.

L'abside, qui, extérieurement tout au moins, paraît avoir présenté plusieurs pans, est presque entièrement démolie; les fenêtres et les modillons ont été transportés soit à Saint-Paulien, soit à Lissac.


Eglise de Montredon
231. Intérieure de l'église de Montredon.


L'intérieur, actuellement divisé en deux étages par un plancher, est transformé en étable et au-dessus en fenil: la voûte romane en berceau brisé est encore intacte, les voussoirs alternativement blancs et noirs sont disposés avec une régularité parfaite (fig. 231); les doubleaux simples, de forme brisée, reposent sur des chapiteaux taillés avec soin représentant des feuillages, soit simples, soit entremêlés de têtes d'un grand caractère (fig. 230 et 232). Ces chapiteaux sont eux-mêmes portés sur de petits pilastres en encorbellement (fig. 228). Il ne semble pas qu'il y ait eu d'arcs latéraux. Une corniche, formée d'un bandeau, un onglet et une doucine, marque la naissance de la voûte.


Eglise de Montredon   Eglise de Montredon   Eglise de Montredon
228. Eglise de Montredon. Pilastre supportant le doubleau.
230. Eglise de Montredon. Chapiteau de l'intérieur.
232. Eglise de Montredon - Chapiteau de l'intérieur.


Le profil des arcs et des moulures, la recherche apportée dans tous les détails, assignent pour date à ce monument l'extrême fin du XIIe siècle, tandis que la présence de modillons au-dessus des portes et l'absence d'arcs latéraux semblent indiquer que l'architecte qui l'a construit était étranger au Velay.
1. Chassaing, Cartulaire des Templiers du Puy-en-Velay, Paris, Champion, 1882, in-16, page XI.
2. Chassaing, Cartulaire des Hospitaliers du Velay, Paris, Picard, 1888, in-8º, page XLI.

Sources: L'Architecture Religieuse à l'époque Romane dans l'ancien diocèse du Puy. Texte de Noël Thiollier, gravures de Félix Thiollier. Imprimerie R. Marchessou, Le Puy 1900.

Montredon, village sur la commune de Bellevue-la-Montagne
— Maison du Temple, transférée en 1313 aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui est devenue un membre de la commanderie de Devesset.
— Maginter de Mont-Redont, 1213 (Maison du Temple du Puy)
— Ecclesia de Templo, 1252 (Saint-Agrève)
— Domus Militie Templi de Monte Rotundo, 1293 (Archives du Rhône, commanderie de Montredon, tome I, 1)
— Domus Montis Rotondi, 1345 (Terrier de Pons de Céaux)
— La commanderie de Montredon, 1585 (Johanny nre)
— Vocable depuis 1313: Saint-Jean Baptiste.
— Cure: collateur, le commandeur de Montredon.
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Haute-Loire, par M. Auguste Chassaing. Paris Imprimerie Nationale MDCCCCVII

 

Montricoux   (82)
Maison du Temple de Montricoux
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Nègrepelisse


Maison du Temple de Montricoux
Localisation: Maison du Temple de Montricoux


La commanderie de Montricoux située sur la rive droite de l'Aveyron, a conservée un donjon rectangulaire à deux étages avec des murs épais de plus d'un mètre. Ce donjon aurait été bâtit par les Templiers de Vaour au XIIe siècle. On peut aussi voir quelques pans de murs de l'ancienne enceinte de la commanderie.

Les chanoines réguliers de Saint-Anthonin ou Antonin (Rouergue) fondèrent la première templerie du Quercy. En 1181 Etienne, leur prieur, donna au Maître (1) « Forsenetius », qui en prit possession au nom du Grand-Maître Arnaud de Toroge ou Tour-Rouge (Arnaldus de Turri Rubra) (2) les biens que possédaient les chanoines à Montricoux (où était l'ancien monastère de Saint-Pierre de Mormac), Saint-Benoît de Castres, Saint-Laurent de Marsa (ou Mauressac), près Beauregard.
1. De la Province, sans doute.
2. Originaire de l'Arragon.


Les conditions de cette donation portaient que les Templiers prendraient l'engagement de faire célébrer l'office divin dans les églises de ces trois paroisses. Les bénéficiaires s'empressèrent d'entourer leurs nouvelles propriétés de solides murailles que l'on voyait encore vers 1678 (3).
3. Abbé de Fouilhac: Chronologie du Quercy, 1208 à 1560 (manuscrits)


Donjon des Templiers de Monticoux
Sources: Le donjon des Templiers de Montricoux était bien plus haut à l'origine, mais il reste assez impressionnant aujourd'hui.


M. Dumège, de l'Aveyron, a trouvé des documents, cités par M. Belhomme (4), relatifs au Temple de Montricoux et datés de 1276.
4. Revue Archéologique de Toulouse, Tome V. page 193.

M. Belhomme, d'après un acte découvert dans les archives de la seigneurie, écrit que « l'an 1313, les consuls de Montricoux remettent la décision d'un Procès qu'ils ont avec Guillaume Marcoyran, de Caussade, à Squin de Florian, balet du roi et seigneur audit Montricoux.

L'on voit que les Hospitaliers n'héritèrent pas de tous les biens des Templiers, mais que peu de temps après la condamnation de l'Ordre, l'un des dénonciateurs possédait l'une des neuf mille seigneuries qui avaient appartenu à cette milice célèbre » (5).
5. De Barrau: Documents sur les Ordres du Temple et de Saint-Jean de Jérusalem dans le Rouergue, page 99.

Pour la clarté de cette dernière phrase, il faut se reporter à la déclaration du Templier Raoul de Gisiac, qui accusa nettement le comprieur de Montfaucon Esquius de Floyrac, de Béziers, d'être l'un des dénonciateurs de l'Ordre et l'un de ses ennemis acharnés (6).
6. Michelet: Procès des Templiers, tome, I. page 36.

En novembre 1268, le Commandeur de Montricoux était Sancelin de Cericys.
Sources: Les Templiers de Cahors, par M. L. Esquieu - Bulletin de la Société des Etudes Littéraires, Scientifiques et Artistiques du Lot. Tome XXII, 1898 et tome XXIV 1899. Cahors, Imprimerie F. Delpérier

Maison du Temple de Montricoux
Département: Tarn-et-Garonne, Arrondissement: Montauban, Canton: Nègrepelisse - 82


Rue de Montricoux
Rue de Montricoux - Sources: Toulouse visites


Dès les premières années de leur établissement dans le pays, les Templiers eurent des biens dans le Quercy, et on a vu qu'en 1178 le comte de Saint-Gilles amortit toutes les acquisitions qu'ils avaient faites au Brétou et dans la juridiction de Castres; le 14 mai 1181, les chanoines de Saint-Antonin leur donnèrent l'entier territoire de Montricoux avec ses trois églises, et, en 1182 et 1184 , les vicomtes Frotard et Sicard confirmèrent ces donations leurs biens étaient donc étendus en ce pays et formèrent le membre le plus considérable de la commanderie de Vaour, désigné souvent comme distinct, quoique, à nos yeux, il lui ait été toujours attaché (1).
1. On a considéré, en effet, Montricoux comme une commanderie indépendante, et on n'en a fait le siège d'un prieuré relevant de Vaour que vers la fin du XVe siècle (Montricoux, par M. Devais aîné: Mémoires de l'Académie des sciences de Toulouse, année 1864, page 422).

Les chanoines de Saint-Antonin donnèrent aux Templiers tous leurs droits dans les églises, paroisses et honneurs de Castres, de Mairet et de Montricoux, sous un marabotin d'or d'acapte et la réserve de l'entière dîme du blé, des autres grains et des légumes, dont les Templiers devaient leur faire apporter la moitié à Saint-Antonin, à leurs frais; ils se réservèrent encore les bois nécessaires pour l'entretien et réparation du cloître, de l'église conventuelle et de l'église et des bâtiments de Sallet; les Templiers devaient faire faire le service religieux , entretenir les églises en bon état, et avoir toujours au moins dix paires de boeufs pour travailler les champs. Les Templiers acceptèrent cette donation avec toutes ses charges et firent desservir les églises par des frères servants de l'Ordre; mais bientôt, considérant qu'il était en dehors de toutes les règles qu'ils fussent chargés du service religieux sans prendre aucune portion des dîmes, ils firent un procès au chapitre et obtinrent, par jugement de l'abbé de Gaillac, la moitié de la dîme des trois paroisses. Les Templiers en avaient l'entière juridiction, et, le 10 octobre 1273, le siège de Cahors étant vacant, Jean de Vileri, sénéchal d'Agen et de Cahors, fit remettre entre leurs mains, pour le juger, un individu de Montricoux qui avait été arrêté pour vol.

Les Templiers contribuèrent beaucoup à la prospérité de Montricoux, surtout en accordant à ses habitants, le 6 janvier 1277 (1276), des franchises municipales et des droits de pacages très étendus (2).
2. La charte qui les contenait a été publiée par M. Devais, loto citato; elle fut octroyée par Rosselin de Fos, maître du Temple de la langue de Provence.
Les curés desservant les paroisses de Montricoux profitèrent, dit-on, de la captivité du seigneur et de la minorité de sa fille, ainsi que des troubles que les événements malheureux de la guerre avec les Anglais amenèrent dans le pays, pour s'emparer de cette moitié de dîmes que le sieur de Caraman avait acquise du chapitre; ils eurent ainsi toute la dîme. Les chevaliers de Malte, collateurs des églises, s'approprièrent à leur tour l'entière dîme, et mirent le curé et ses vicaires à la congrue. L'usage sanctionna bientôt ce nouvel ordre de choses, et, jusqu'à la Révolution, le commandeur de Vaour perçut les dîmes, qui valaient, en ces derniers temps, 7 à 8,000 livres; il pensionnait le curé et ses vicaires et entretenait les églises: vers 1549, Isnard de Montrozier, commandeur de Vaour, prieur de Montricoux, fut condamné par le parlement à élever le clocher de l'église de Montricoux à ses frais, sauf le transport des matériaux qui étaient à la charge des paroissiens. En 1632, il n'y avait plus qu'un vicaire, et la pension du curé était seulement de 7 setiers de blé, 2 setiers de seigle, 5 pipes de vin et 60 livres; alors le commandeur donnait 80 1ivres au prédicateur de l'Avent et du Carême.


Sous les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem
Les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem succédèrent aux Templiers dans la possession de la terre de Montricoux; ils l'échangèrent, le 9 février 1332 (1331), contre la terre de Peyriac, avec Pierre Deuze ou Dueze de Caraman, neveu du pape Jean XXII, qui donna en sus 5,500 florins de pur or au coin de France. Les chevaliers se réservèrent tous leurs droits ecclésiastiques, et par suite, la moitié des dîmes qu'ils prenaient comme desservant la paroisse; l'autre moitié appartenait aux chanoines de Saint-Antonin, et le sieur de Caraman la leur acheta par la cession de la terre de Palet, située auprès de Saint-Antonin.

Les donations de 1178 et 1481 sont faites aux Templiers sous l'acceptation de Fort-Saus, que nous savons attaché à la maison de Vaour; les confirmations des vicomtes, en 1182, sont formellement passées en faveur de Fort-Saus, maestro de la maio de Vaor; les unes et les autres sont transcrites dans le cartulaire des biens de la maison de Vaour, que Pieire del Castel, précepteur, fit dresser en 1202, in quo scribentur omnes carte omnium terrarum et bonorum quas ipsa domus de Vahor et fratres posside debant. Nul doute donc que Montricoux n'ait fait primitivement partie de la commanderie de Vaour; mais comme c'en était le membre le plus important, il a pu être géré par des frères qualifiés de commandeur; d'ailleurs le commandeur d'une maison prenait successivement le titre de commandeur du membre pour lequel il agissait spécialement, ainsi que le montrent tous les titres. Il n'est donc pas étonnant de trouver la qualification seule de commandeur de Montricoux, lorsque ce membre eut acquis toute son importance; car déjà, dès les premières années, on trouve commandeurs de Castres, P. de La Casse en 1184, Bernard Abausit, et Fort-Saus lui-même en 1186.


Dessin de Montricoux - Frère Michel Thivel
Montricoux par Frère Michel Thivel - Sources: Frères Missionnaires des Campagnes


Il s'éleva, dans la seconde moitié du siècle dernier, une discussion entre de Crucy-Marcilhac, commandeur de Vaour, et le comte de Montricoux, celui-ci demandant pour lui-même ou le chapitre de Saint-Antonin, en vertu des titres précédents, les dîmes novales d'un domaine considérable qu'il venait de faire défricher et que les fermiers du commandeur réclamaient. Cette question était présugée par l'usage et les règlements, et le comte ne l'eût pas sans doute soulevée s'il n'avait été depuis longtemps en procès avec le commandeur au sujet des droits seigneuriaux et de pâturages dans une partie de la terre de Montricoux.

— Pendant ce procès, le seigneur menaça le commandeur de l'obliger à rebâtir l'église de Saint-Geniés, près Montricoux. Cette église était abandonnée depuis longtemps. La déclaration de 1632 confond ses dîmes avec celles de Montricoux, mais ajoute que la, commanderie y avait 4 rases de blé, 1 setier 1/2 quart d'avoine, 2 poules et 6 livres 3 sous de rente; les lods étaient de 6 deniers 1 d.

Il y avait anciennement des forêts immenses dans la communauté de Montricoux, et les Templiers avaient accordé, en 1277, tous droits d'usage, herbes, eaux, glands et bois aux habitants dans ces forêts, excepté dans celles de Brétou et de Castres, où ils ne pourraient faire paître leurs bestiaux ni prendre du gland et du bois au delà de leurs besoins particuliers. Dans l'acte d'échange de 1332, le commandeur s'était réservé la propriété du bois des Cartons, voisin de celui de Brétou. Des contestations s'élevèrent au sujet des limites de ces bois, en 1615, entre Charles de Beaumanoir, évêque du Mans, Claude de Beaumanoir, son frère, Catherine de Longueval, veuve de Jean de Beaumanoir, et Pierre Blanchard Néaule, commandeur de Vaour, qui, le 29 avril, confirma les habitants de Montricoux dans l'usage qu'ils avaient de couper du bois dans les Cartons. La cour, le 13 décembre 1616, chargea le juge de Najac d'informer si le terroir des Cartons était compris dans Montricoux. Le bois des Cartons fut laissé en propriété aux chevaliers, car il est compris dans l'énumération des biens de 1632 et déclaré d'une contenance de 100 setiers. Les limites de ce bois, du côté de Casals, furent réglées le 6 octobre 1693, à la suite d'une assignation aux requêtes du Palais, donnée par le commandeur aux consuls de Casals et à Jean Roger de Comminges, vicomte de Bruniquel, Casals et autres places.

Un nouveau procès s'éleva au sujet du bois des Cartons. Le seigneur de Montricoux en réclama encore la propriété, voulant en même temps enlever aux habitants leurs droits d'usage non seulement dans ce bois, mais encore dans celui du Brétou. Plusieurs arrêts intervinrent: celui du 2 mai 1767, favorable au commandeur, contre dame de Valadi de Montricoux et les sieurs Cabrilles et Clergué du Durfort, qui était intervenus au débat, n'empêcha pas M. de Malartic, premier président de la cour des aides de Montauban, de réclamer contre Bailly de Bélesta, commandeur de Vaour, la propriété des Cartons, comme faisant partie du Brétou; le procès n'était pas terminé à la Révolution.
Sources: Toutes ces informations proviennent des dossiers personnels de M. Petitimbert, propriétaires du Relais Templiers de Vaour et cartulaire du Temple de Vaour

Eglise de Montricoux
L'église de Montricoux a été bâtie par les Templiers, la croix du temple est encore figurée sur la voûte de l'une des chapelles; le cimetière qui y est annexé servit de sépulture aux membres de cette milice religieuse et guerrière. Une autre chapelle sépulcrale a été construite au milieu de son enceinte. Cet asile de la mort touche également à leur ancienne maison, aujourd'hui le château.

Le château de Montricoux, ancienne propriété des Templiers, « n'offre de remarquable, dit M. Du Mège, que la partie inférieure d'une grande tour carrée, ayant à chaque angle une tourelle, et quelques restes des murs de l'ancien monastère des chevaliers de la milice du Temple. »
Bulletin monumental, publié sous les auspices de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques; et dirigé par M. de Caumont. Auteur: Société française d'archéologie. Paris. Tome 4, 1838.

Montricoux et cartulaire de Vaour
Le Cartulaire des Templiers de Vaour nous a révélé en 1136, les noms d'une quarantaine de Saint-Antoninois bienfaiteurs des chevaliers du Temple en 1185 (1). Déjà quatre ans avant la Concession des coutumes, en 1136, diverses reconnaissances avaient été consenties à Bernard de La Roque, commandeur de Vaour et de Montricoux, à La Vayssière, à Viars, à La Volvène et autres lieux de la juridiction de Saint-Antonin (2).

Enfin quatorze habitants de Saint-Antonin sont nommés à l'acte où les chanoines, réunis dans le cloître, donnèrent aux mêmes Templiers les pâturages, bois et dîmes de Montricoux, le 14 mars 1175 (1176) (3). Les donations ainsi faites au Temple durent être nombreuses et importantes, car en avril 1182 les vicomtes Frotard et Sicard reçurent des Templiers, à titre d'indemnité pour les redevances annuelles qu'ils perdaient, 300 sous de Melgueil, et le vicomte Isarn 200 sous quelques jours après (4).

Il semble admis que les salvetats furent établies pour garantir la liberté du paysan; le serf de corps et de casalage étant à la merci de son seigneur, qui pouvait le réclamer partout, ce refuge lui eût été inutile; les salvetats servaient donc à ceux dont la liberté était menacée.

Or, deux villages portent le nom de Salvetat, un celui de Sauveterre, qui est équivalent. Avant d'être érigés en bastides par Alphonse, comte de Poitiers, les lieux de Nohic et Orgueil étaient des salvetats de Dieu, créées par les chevaliers de Saint-Jean, en 1120, sur un terrain à eux donné (5). Les chevaliers, du Temple avaient aussi, antérieurement à 1154, appelé les colons dans Une ville de Dieu (La Villedieu), qu'ils fondèrent sur le territoire de la paroisse d'Albefeuille (6).

Les Templiers de Vaour eurent de nombreux bienfaiteurs à Montricoux, à Castres, au Brétou, à Saint-Cirq, à Mayressi (aujourd'hui Saint-Laurent-de-Meynet), à Bioule, de 1179 à 1186; ces donations nous ont fait connaître une centaine d'hommes libres ou de témoins, outre trois ou quatre seigneurs dominants (7). Les uns donnaient leurs domaines, les dîmes, les fiefs presbytéraux, d'autres enfin se donnaient eux-mêmes.

Quand, le 16 septembre 1164, Amiel, abbé: de Saint-Théodard, transigea avec les Templiers de La Villedieu, au sujet de la paroisse d'Albefeuille, sur le territoire de laquelle ils avaient bâti leur nouvelle ville, les deux parties contractantes prirent conseil des prudhommes, « consilio proborum hominum in pace convenerunt (8). »

Quand, le 14 mars 1175 (1176), le prieur du monastère, Etienne de Morlhon, abandonna aux Templiers de Vaour l'usage des pâturages, bois et fontaines, ainsi que la dîme du bétail dans le territoire de Montricoux, douze témoins intervinrent au contrat; leurs noms sont ceux des bourgeois et même des chevaliers saint-Antoninois et d'un chanoine, R., de Fonianis, lo canorgues; mais s'ils ne portent pas le titre de bons hommes, ils sont certainement, conformément aux coutumes de 1140-1144, les ornes de la villa (9) dont l'approbation (le laudament) était nécessaire à la validité des actes; pour qu'il n'y ait pas lieu d'en douter, le scribe ajoute que cette donation fut approuvée de tous les susnommés, « fuit laudata et confirmata ab omnibus supra nominatis (10). »
— 1. Le Cartulaire des Templiers de Vaour
— 2. Archives de Tarn-et-Garonne, chapitre collégiale de Saint-Antonin, G, 1000.
— 3. Collection Doat, v. 124, folio 288. - Cartulaire des Templiers de Vaour.
— 4. Cartulaire des Templiers de Vaour, nº LIX et LXII.
— 5. Archives de la Haute-Garonne; fonds de Malte, Nohic, Orgueil.
— 6. Archives de Montauban, Registre des donations en faveur du chapitre cathédrale, folios 23 et 115 vº.
— 7. Cartulaire des Templiers de Vaour, les seigneurs dominants étaient: Raimond de Toulouse, Hugues-Bernard de Laroque, les vicomtes de Bruniquel.
— 8. Cartulaire Devals, nº. 11, et Archives de Montauban, Registre des donation du chapitre cathédral, nº 23, fº,3 et — nº 5 vº. Raimond Sarrasin, témoin à cet acte, est aussi nommé dans la charte de Montauban (1144).
— 9. Histoire du Languedoc, édition Privat.
— 10. Ch. Portal et Ed. Cabié, Cartulaires des Templiers de Vaour, appendice.

Sources: Le nombre des hommes libres dans le pays de Tarn-et-Garonne aux XIe et XIIe siècles, par M. l'Abbé F. Galabert. Société archéologique du Tarn-et-Garonne, tome 29. Montauban 1901

Fondation d'une maison de Templiers à Moniricoux
Le comte de Toulouse ayant fait au commencement d'août 1181 un voyage dans son comté du Quercy, vint à l'abbaye de la Garde-Dieu, et, sur le conseil de Guillaume de Melle, son viguier, donna à Géraud, troisième abbé de ce monastère, les seigneuries de Viminiès, d'Esparsac et autres lieux qu'il avait reçus de Pierre, abbé d'Aurillac, et de Sicard, doyen de Cayrac, pendant qu'il était campé devant Capdenac. Cette donation se fit en présence de Géraud Hector, évêque de Cahors, de Raymond II, vicomte de Turenne, et de Guillaume de Balaguier, abbé de Figeac, qui venait de succéder à Eble de Ventadour, frère d'Eble IV, vicomte de Ventadour et successeur de Hugues de Montmurat, dont nous avons parlé au sujet de l'élection d'Isembert, abbé de Saint-Martial de Limoges.

Le comte de Toulouse acquit, en même temps, de frère Odon, prieur de la maison des Hospitaliers de Saint-Gilles, de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem et d'Armand et de Bertrand, Hospitaliers de la maison de Saint-Amans, dépendante de celle de Saint-Gilles, 30 sous de rente avec les dîmes et tous les droits ecclésiastiques que les religieux de la Garde-Dieu étaient obligés de payer aux Hospitaliers de Saint-Amans, pour la terre de la Grange, de la Coste et de la Boissonnie que ceux-ci leur avaient cédée. Cette acquisition faite, le comte en fit don au monastère de la Garde-Dieu qui, grâce à la générosité de ce prince, fut ainsi affranchie de tout droit envers la commanderie de Saint-Amans.

Nous avons dit que Saint-Amans nous paraissait être la maison la plus ancienne possédée dans le Quercy par les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem (1). Nous ne croyons pas que les Templiers y en eussent encore. Du moins les monuments qui pourraient prouver le contraire nous sont inconnus. Mais cette année, Etienne, prieur des chanoines réguliers de Saint-Antonin, leur donna un établissement à Montricoux (2), où était l'ancien monastère de Saint-Pierre de Mormac. Pour cette fondation, il céda au grand maître du Temple, qui était alors Arnaud de Toroge, les biens qu'il avait dans ce lieu, ainsi qu'à Saint-Benoît de Castres et à Saint-Laurent de Marsa, près de Beauregard, à la condition que le grand maître et les Templiers de Montricoux feraient dire l'office divin dans les églises de ces paroisses et sous la réserve d'une certaine quantité de lin (3).

— 1. Dans un renvoi, en marge du manuscrit, Lacoste ajoute: « La première maison que les Templiers eurent dans le Quercy fut donnée par le comte de Vayrols. Plus tard il les établit dans un château, devenu, après la suppression des Templiers, la chartreuse de Cahors. » Voir tome 11, page 31. (C. C.)
— 2. Foulhiac, Chroniques de Quercy.
— 3. Cette plante à laquelle le Quercy devait sa célébrité sous les Romains, était encore très cultivée dans ce pays; mais elle avait peu réussi cette année, au rapport d'un historien du temps (Geoffroi de Vigeois); ainsi une chemise de lin qui ne coûtait ordinairement que 9 deniers, coûtait alors 2 sous. L'usage du lin n'était pas borné, à cette époque, au linge de corps et de table; on en faisait encore des habits et on en fabriquait des chapeaux. On cultivait aussi dans le Quercy les abeilles; le prix ordinaire de la cire qui était de 4 deniers la livre s'éleva, cette même année, à cause de la longueur et de la rigueur de l'hiver, à 10 deniers. Dans les donations, on avait coutume de se réserver tant de lin, tant de cire, à titre de cens ou de redevance; et, comme le prix de ces denrées était évalué en deniers, on les appelait « denaïrada. » Ce mot se rencontre souvent dans le cartulaire de l'église de Cahors: « et dono censum quatuor denaïradas de cera S. Slephano. » On l'employait encore pour désigner une quantité de terre qui n'était évaluée qu'un denier; c'est ce qu'on peut prouver par le même cartulaire, où il est dit qu'un particulier engagea pour douze ans, deux denierées de vigne: « damus duas denaïradas de vinea in pignore, per duodecim solidos. »

Guillaume Lacoste - Histoire générale de la province de Quercy. Tome 2, Cahors M. DCCC. LXXXIV.

 

Montsaunes   (31)
Maison du Temple de Montsaunès
Département: Haute-Garonne, Arrondissement: Saint-Gaudens, Canton: Salies-du-Salat - 31


Maison du Temple de Montsaunès
Localisation: Maison du Temple de Montsaunès


Au fond du comté de Comminges, non loin des Pyrénées, le petit village de Montsaunès, bien déchu aujourd'hui de son ancienne importance, groupe ses maisons autour d'une imposante église du XIIe siècle et de quelques ruines presque méconnaissables. Ce fut jadis l'un des principaux établissements de l'Ordre du Temple dans nos contrées. Cette portion supérieure du bassin de la Garonne présentait des conditions éminemment favorables à la prospérité des familles féodales. Dans ces temps-là les hauts barons affectionnaient tout particulièrement ces contrées montagneuses et d'un accès difficile pour y établir leurs demeures a l'abri de toutes les puissances qui eussent pu venir inquiéter leur vie indépendante et aventureuse. Aussi les cimes des hauteurs boisées des environs, premiers échelon de la chaîne des Pyrénées, sont-elles pour la plupart couronnées de vieux murs en ruines qui déchiquettent sur le fond du ciel leurs dentelures pittoresques.


Eglise de Montsaunès
Eglise de Montsaunès


Institution féodale par excellence l'Ordre du Temple ne put que prospérer rapidement dans un milieu qui lui était aussi sympathique. Aussi voit on à chaque page de son histoire les membres des familles les plus illustres de la contré venir prendre l'habit du Temple dans l'église de Montsaunès ou accroître par des donations incessantes son domaine qui ne tarda pas à devenir l'un des plus étendu de l'Ordre.

Les archives de la Maison du Temple de Montsaunès ne nous ont pas conservé la charte de sa fondation. Quoique nous ne puissions pas par suite en préciser la date, nous pouvons dire cependant qu'elle ne fut pas de beaucoup postérieure à celle premiers établissements du Temple dans le Midi; puisque nous voyons en l'année 1142 le Temple de Montsaunès existant déjà et recevant de Fourtanier de Toulouse donation d'une de ses vassales, du nom de « Placeuza » et de ses enfants.

Parmi les familles qui se signalèrent tout d'abord par leur générosité envers la maison de Montsaunès, il faut citer celle des seigneurs d'Aspet. Nous voyons le chevalier Aramon d'Aspet donner au Temple de Montsaunès, le 28 juin 1156, la ville et le château de Canens. A quelques jours de là ce même seigneur ajoutait à cette première donation, celle de sa personne. Celles de ses droits sur les hameaux de: « Podiola, Arzog et Airot », ainsi que celle d'un repas annuel que ses vassaux devaient à tous les membres de sa famille et pour laquelle le moine d'Aleth (chargé du Prieuré de Roquefort) était tenu de fournir deux setiers de froment, trois de vin, dix d'avoine, dix-huit deniers morlans et sept poules. »

Cette donation faite en présence de Pierre évêque de Couserans eût lieu au de juillet de l'année
1156.
Un de ses parents, Raymond d'Aspet, imita quelques années plus tard cet exemple; en 1186, il entrait dans l'Ordre du Temple en faisant donation à Raymond de Canet, Maître en Provence et en Espagne, et à Augier des Cuns Commandeur de Montsaunès, de tous ses biens, « les fiefs de Scis et d'Arrot, avec ses hommes, ses femmes, ses baillis (vicarii), les herbes, les eaux, les landes, les montagnes pour la dépaissance des troupeaux, tous ses droits sur la ville du Vernet, etc. »

Citons aussi la donation remarquable que tenons fit Pons Francazal; surnommé Mor, en 1183. Il accorde aux templiers le droit de; dépaissance pour leurs troupeaux dans fous ses domaines et déclare en outre que « qes vassales pourront aller se marier librement dans les fiefs des Templiers. » Privilège qui, en exemptant ses vassales du droit qu'elles devaient payer à leur seigneur pour aller se marier hors de ses terres, avait pour but de faciliter l'accroissement du nombre des vassaux du Temple.


Eglise de Montsaunès
Eglise de Montsaunès - Sources: Sociétés savantes de Toulouse


Non loin de Montsaunès, au sommet d'une hauteur boisée, solidement assis sur sa base de rochers, s'élevait un sombre et fier château qui semblait commander à toute la contrée et dont les ruines majestueuses nous disent encore son ancienne splendeur. C'était la demeure des nobles seigneurs de Montpézat, race illustre et chevaleresque, qui nous présente un type accompli de la féodalité de cette époque. Il n'était pas une guerre où elle ne figurât avec honneur, pas une fondation pieuse, pour laquelle elle ne contribuât généreusement. Aussi, longue est la liste de ses membres qui enrichirent la Maison du Temple de leurs bienfaits: en 1166, c'est Arnauld de Montpézat qui l'ouvre en donnant à la maison de Montsaunès les droits seigneuriaux que lui devaient les habitants de « Couroule », hameau appartenant aux Templiers.

Après nous avoir énuméré les libéralités de Pons, de Pelegry, d'Alègre, de Fortanier, d'Arsin et de Wilhelm de Montpézat, le vieux cartulaire de Montsaunès nous introduit dans la grande salle du château et nous montre le chef de la famille, Waïfre « assis sur son trône » et entouré de tous les siens, donnant au commandeur Augier des Cuns, une portion du territoire de Figarol. Cet acte passé sous l'épiscopat d'Arsive, doit remonter aux dernières années du XIIe siècle. Parmi les bienfaiteurs de la maison nous retrouvons presque tous les seigneurs des environs: Pierre de Barthère; Adhémar de Pointis; Pons de Saint-Félix; Gille d'Encausse; Bonhomme de Roquefort, etc.

Au-dessus de toutes ces familles puissantes, celle des comtes de Comminges ne cessait d'entourer les Templiers de sa plus éclatante protection. C'était pour ainsi dires une pieuse tradition qu'ils se transmettaient de père en fils. Le premier témoignage de cette sympathie que nous rencontrons dans les archives est un acte de 1178, par lequel Bernard V, Comte de Comminges, céda à Sainte-Marie de Montsaunès, sa juridiction sur la ville de Saint-Quentin ainsi que ses droits d'albergue sur les habitants de « Serrad » et de « Castelsubra »

Son fils Dodon ou Dod qui avait épousé une fille d'Alphonse Jourdain, comte de Toulouse lui succéda peu de temps après et se signala par son affection pour l'Ordre du Temple. Nous le voyons d'abord se dépouiller en faveur de la maison de Montsaunès de toutes ses possessions situées entre Salies et la Maison du Temple, ainsi que de ses droits sur le hameau d'Ulsen.

Par un autre acte il exempta les Templiers des droits de leude et de péage dans tous ses domaines ainsi que dans ceux de ses fils et de ses frères.

Voulant enfin contenter sa piété d'une manière plus complète, il se rendit un jour a l'églisepeinture église de Montsaunès
Eglise de Montsaunès
de Montsaunès et là, en présence des membres de sa famille, il reçut l'habit de l'Ordre des mains d'Odon de Bazus, Commandeur. L'éclat de la cérémonie était rehaussé par la présence d'Arnaud-Roger, évêque de Comminges et de son frère Eude, évêque de Couserans. Cet acte reproduit plusieurs fois dans les archives soit en latin soit en roman, doit remonter à peu près à l'année 1180, autant que nous pouvons le déduire de la présence des divers personnages qui y figurent. Avant de se démettre de son autorité, Dodon fit jurer a son fils, Bernard, de toujours protéger les Templiers de Montsaunès de tout son pouvoir.

Fidèle à son serment, ce dernier témoigna plusieurs fois sa sympathie à la maison de Montsaunès. Car le cartulaire contient plusieurs donations de ce prince, entre autres, celle qu'il fit dans le chapitre de Saint-Gaudens et entre les mains d'Arsive Daujon, évêque de Comminges, d'une partie de ses droits sur la ville de Saint-Gaudens.

Presque vis-à-vis de Montsaunès, sur l'autre rivé de la Garonne, s'élevait un autre établissement religieux qui, grâce des libéralités continuelles, voyait aussi son importance croître de jour en jour; c'était l'abbaye de Bonnefont de l'ordre des Cisterciens. A peu près vers l'époque de lal fondation du Temple de Montsaunès, Flaudrine de Montpézat et ses enfants avaient donné à l'abbé de Morimond en Lorraine et à ses religieux un vallon silencieux et fertile que la nature semblait prédestiner à devenir l'un de ses calmes asiles de la religion, et où les cisterciens s'empressèrent de jeter les fondements d'un monastère (1136). Les deux établissements voisins dont les domaines se rapprochaient de plus en plus grâce à leur extension simultanée, ne tardèrent pas à voir s'altérer la bonne harmonie de leurs rapports et la lutte qu'ils engagèrent devait se reproduire sous une forme, ou sous une autre, presque jusqu'à la fin de leur existence. Ce fut tout d'abord au sujet des limites de leurs possessions que les difficultés surgirent entre Pierre Berenger, Commandeur de Montsaunès, et Pierre II, abbé de Bonnefont; elles furent apaisées en 1165 grâce aux efforts de Roger, évêque de Couserans, qui, avec l'aide d'Arnaud-Roger, évêque de Comminges, de Pons abbé de Grand-Selve et de Bernard, abbé de Gimont, réussit a rétablir la concorde au moins pour quelque temps.

L'attiédissement de la piété générale qui se produisit presque partout au XIIIe siècle, ne semble pas avoir apporté ici de ralentissement dans l'empressement des fidèles à enrichir par de fréquentes donations au Temple de Montsaunès. A coté de la ferveur qui les animait, on peut à ce fait une explication que nous avons déjà indiqué pour d'autre commanderies. Sentant que l'issue de la guerre contre les Albigeois finirait par leur être défavorable, les grands seigneurs du midi s'empressèrent de se mettre à l'abri des représailles des vainqueurs et du reproche d'hérésie, en témoignant hautement de leur zèle pour la religion et la sincérité de leur orthodoxie, et en multipliant leurs donations aux maisons religieuses et spécialement à l'Ordre du Temple qui jouissait d'un très grand crédit auprès des Croisés du Nord, d'autant plus que ces mêmes Templiers n'ont jamais prit part aux combats en restant neutre. Voici la liste rapide des plus importantes donations de cette époque troublée: En 1201, une des plus illustres familles du comté avait vu l'un de ses membres, Galen de Benque, venir recevoir le manteau de Templier des mains du commandeur de Montsaunès et donner à cette maison plusieurs hameaux, dont les habitants étaient tenus à l'avenir de donner à manger à tous les frères et serviteurs du Temple qui se rendraient chez eux, aussi bien que leurs moyens le leur permettraient.
Ceci se passait au château d'Aulon, en présence de tous les parents du donateur, le douzième jour des Calendes de janvier (19 décembre).

Nous, voyons ensuite:
Bernard de Mazères donner son fief de la « Coltera » (1212);
Guillaume de Montaigut, celui de Gap-Subran et Dame Brayde, sa femme, les 1,050 sols merlans qui composaient sa dot (1245);
Arnaud d'Aspet, le fief de « Botelas », entre Montsaunès et la Garonne (acte passé dans le cloître de Montsaunès, le troisième jour des Calendes de mars 1256 (1257).

Fidèles aux traditions de leurs ancêtres, les comtes de Comminges ne s'étaient pas départis de l'affection que leur famille avait de tout temps porté au Temple de Montsaunès.
Nous voyons, en effet, successivement Bernard VIII confirmer à l'Ordre la donation des fiefs de « Capsubran » et de « Salacbielh » (1254) y ajouter en 1258 celui « dels Gartos » et faire cession de tous ses droits sur le territoire de « Morcens » (1268).

Pendant ce temps, les discussions des Templiers avec leurs voisins de Bonnefont avaient recommencé avec acharnement.
Pour mettrez fin à de longs débats sur leurs juridictions respectives, « et au scandale qu'ils pourraient occasionner dans le peuple », Raymond VII (d'Olson), abbé de Bonnefont, et Bernard de Mancioux, Commandeur de Montsaunès, résolurent de recourir aux moyens de conciliation. D'un commun accord, ils remirent l'affaire au jugement de quatre arbitres, présidés par l'évêque de Comminges. Sur cet acte passé à Saint-Bertrand, au mois de février 1250 (1251), l'évêque, l'abbé, le commandeur apposèrent leurs sceaux « pour donner plus de stabilité à la paix » qui venait de se conclure, mais qui, malgré ces précautions, ne devait pas être durable, ainsi que nous allons le voir.

Il s'agissait cette fois de la possession d'un bac, situé sur la Garonne, à hauteur du bourg de l'Estelle. Après bien des débats, une transaction fut acceptée. Les arbitres, présidés par noble Bernard, « par ta grâce de Dieu », Comte de Comminges, rendirent, le 8 avril 1284, leur sentence, par laquelle les deux parties devaient posséder le port, la navigation et le passage à l'île de « Cortes » et à celle de la « Nauze » et y tenir un bateau construit à frais communs, pour transporter « hommes chevaux et animaux de travail, en partageant les produits par moitié. »

Signalons encore la transaction conclue entre le commandeur et Raymond Althon d'Aspet au sujet du territoire de « Marsolam » (Marsoulan), et dans laquelle le Templier renonçait à ses prétentions et recevait en échange les droits de son adversaire sur la ville et le château de Roquefort (1306).

Les archives nous permettent de terminer cette étude sur le Temple de Montsaunès par un sujet plus digne d'intérêt que ces monotones discussions. L'esprit nouveau d'indépendance avait fait sentir son souffle jusque dans ces contrées reculées et primitives, les habitants de Montsaunès suppliaient leurs seigneurs de leur octroyer une charte de privilèges, pour consacrer leurs libertés communales.

Les templiers se rendirent à leurs voeux vers la fin XIIIe siècle. Un vieux et respectable manuscrit, écrit en langue vulgaire, et conservé dans les archives du Temple, nous à transmis le souvenir de cet acte important.

Le cinquième jour du mois d'avril de l'année 1288, le Maître des Maisons du Temple en Provence, Pons de Brohet, était de passage à Montsaunès, dans le cours d'une de ses inspections des commanderies de sa province: après avoir pris l'avis du commandeur, Célébrun de Pins, et des autres frères de la maison, il accéda « aux demandes et aux humbles supplications » des consuls de Montsaunès, Bonet de Martres et Aramon de Bénac. La première ligne du manuscrit est ornée d'une charmante vignette, représentant Pons de Brohet revêtu de ses insignes et de son manteau à croix rouge, assis sur un fauteuil et remettant la charte aux deux bourgeois, dont l'attitude exprime bien le respect et la reconnaissance.

Cette charte est surtout remarquable par la largeur de ses vues et par l'octroi relativement fort considérable des libertés. Ainsi, après avoir proclamé l'utilité pour tous d'un gouvernement établi sur des lois justes et raisonnables, les donateurs fixent d'abord la délimitation d'attribution, ainsi que le mode d'élection de chacun des officiers, soit du Temple (juge, bailli, greffier), soit de la communauté de Montsaunès (2 consuls avec leurs conseillers). Ils promettent, pour eux et pour leurs successeurs d'être « de bons et fidèles seigneurs » pour leurs vassaux et « de les protéger contre tout malfaiteur. » Après avoir énuméré les droits qu'ils se réservent, tels que ceux de la haute justice, du tournage, de la forge, etc., ils concèdent à chaque habitant un arpent de pré, un demi arpent de vignes, leur donnent l'autorisation d'avoir pour surveiller leurs propriétés un garde choisi par les consuls, leur octroient la liberté de tester, la faculté de vendre ou de louer leurs biens, meubles ou immeubles, à un habitant quelconque de Montsaunès. Puis la charte établit avec la plus grande minutie, tout le code criminel, en Interdisant la prison préventive, excepté dans certains cas; on ne pourra appeler des arrêts de la cour, composé du juge et de consuls, qu'aux tribunaux de Maître du Temple en Provence.
Remarquons, comme particularité, l'injonction à tous ceux qui trouveraient des abeilles devraient donner aux Templiers la moitié du miel et de l'essaim, et aux chasseurs, de leur remettre la moitié du gibier tué, mais défense expresse de prendre « des éperviers, vautours ou faucons », dont le commandeur se réservait la propriété exclusive.

A la même époque, les Templiers de Montsaunès octroyaient des libertés et des franchises à plusieurs autres villes dépendant de la Maison du Temple, comme nous le verrons tout à l'heure.

Quelques années plus tard, ils étaient arrachés leurs châteaux et jetés dans les cachots. Parmi les Templiers qui protestèrent hautement contre les accusateurs et s'offrirent pour défendre l'Ordre et prouver son innocence, nous remarquons Arnaud-Guilhem de Comminges et Bertrand de Montpézat; ces nobles familles, après avoir fondé et entretenu de leurs bienfaits le Temple de Montsaunès, lui furent fidèles dans l'infortune.

Après la suppression de l'Ordre, Montsaunès devint avec ses nombreuses dépendances une des principales commanderies de l'hôpital de Saint-Jean de Jérusalem. Cette importante circonscription du Temple comprenait, outre Montsaunès avec son imposante églisePeinture église de MontsaunèsEglise de Montsaunès, auprès de laquelle se dressait, comme un fidèle gardien, le château des Templiers, Mazères dominé par son donjon, Aussein, Plagne, Figarol, Cadelhan, Salles, avec son fort et sa tour, dont en 1763 il ne restait déjà plus que le souvenir et le nom, sans compter tous les fiefs qui en relevaient, à Saint-Gaudens, Salies, Roquefort, Saint-Quentin, Saint-Ciyrac, etc.

Liste des Commandeurs Templiers de Montsaunès
1160-1166. Pierre Bérenger.
1166-1167. Pierre d'Astugue.
1168------. Albiel de Planâ Sylvâ.
1170------. Géraud de Toulouse.
1175------. Géraud de Thézan.
1176-1179. Guillaume de la Garrigue.
1180-1182. Odon de Bazus.
1183-1186. Augier des Cuns.
1186-1187. Guillaume de la Garrigue, (2e fois).
1199-1200. Bertrand de la Fitte.
1200-1201. Augier des Cuns, (2e fois).
1201-1212. Fortanier d'Estampuras.
1231-1239. Pélegry d'Isault.
1245------. Pierre du Bois (de Nemore).
1248------. Fourtanier de Séados.
1250-1251. Bernard de Mancioux.
1253-1260. Ariol d'Aspet.
1260-1261. Hugues Radulphe.
1270-1271. Pierre de Sombrun.
1272-1273. Pierre de Gavarret.
1276------. Arnaud-Raymond de Prunière.
1279-1293. Celebrun de Pins.
1298-1299. Arnaud de Calmont.
1300-1302. Celebrun de Pins, (2e fois).
1305-1306. Bernard de Revel.

Les archives de la commanderie de Montsaunès ne nous ont pas conservé la charte de sa fondation. Quoique nous ne puissions pas par suite en préciser la date, nous pouvons dire cependant qu'elle ne fut pas de beaucoup postérieure à celle premiers établissements du Temple dans le Midi; puisque nous voyons en l'année 1142 le Temple de Montsaunès existant déjà et recevant de Fourtanier de Toulouse donation d'une de ses vassales, du nom de « Placeuza » et de ses enfants.
Sources: Grand-Prieuré de Toulouse, M.A. Du Bourg (1883)

Les Maîtres connus par le cartulaire de Montsaunès
1161, août 1165, mai: Pierre Berenger.
v. 1165 - Pierre de Toulouse.
v. 1165-1168 - Arbiel de Plana silva.
1170, août - Guilhem de Toulouse.
v. 1175-1176 - Odon de Bazus.
v. 1176-1177 - Arnaud At d'Ariels.
1177, novembre
1179, septembre - Guilhem de Garrigue.
1180, janvier
1184 - Auger de Cun.
v. 1184 - Guilhem de Garrigue.
1184-1193 - Auger de Cun.
Sources: M. Charles Higounet - Bulletin Philologique et Historique, (jusqu'à 1715) - Comité des Travaux Historiques et Scientifiques - Années 1955 - 1956. Presses Universitaires de France - 1957.

Cartulaire général du Temple
Cette maison était le siège principal du Temple dans le diocèse de Toulouse, et présidait les petites commanderies ou granges de:
— Canens (Haute Garonne, arrondissement Muret, canton Montesquieu-Volvestre);
— Salles (commune Gaillac-Toulza, arrondissement Muret, canton Cintegabelle);
— Cadeillan (Gers, arrondissement et canton de Lombez);
— Saint-Lizier-du-Plante (canton Lombez).

Selon Du Bourg, Bernard de Rethel:
— commandeur de Montsaunès est aussi « commandeur de Cadeillan » en 1305.

Vers le milieu du XIIe siècle, Montsaunès fut tantôt réuni aux commanderies de la Gascogne, tantôt à celles du Toulousain. Ainsi, d'après les chartes nous voyons Guillaume de Verdon, « maître des maisons de la chevalerie du Temple en Gascogne » s'en occuper; en 1166, c'est Pierre d'Astugue, « maître des maisons du Temple dans le Toulousain » peu après, une donation est faite « en la main » de Pierre de Toulouse, maître de Montsaunès et de Toulouse. En 1186, au contraire, c'est R. de Caneg « maître et commandeur de la Gascogne » qui reçoit une donation faite à Montsaunès.

Commandeurs
Odo de Bazus (Odo de Bazus) - 1150
(Bazus, Haute Garonne, arrondissement Toulouse, canton Montastruc-la-Conseillière)

Pierre Bérenger (Petrus Berengarius) - 1162-1167
Arbiel de Planselve (Arlielus de Planasilva) - sans date
Géraud de Toulouse (G. de Tolosa) - 1170

Guillaume de La Garrigue (G. de la Garriga) - 1177-1179
— Commandeur de Jalez 1181, 1187 q.v.
— Commandeur de Sainte Eulalie 1184

Augier de Cuns (Augerius de CUNIS) - 1177, 1182-1188, 1190, 1201, 1206, 1207

Fortaner d'Estampuras (Firtanerius de Stampuras) - 1190, 1202-1203, 1210-1213, 1220-1222
(Estampuras, Haute Garonne, arrondissement Tarbes, canton Trie-sur-Baise)

Bertrand de Zivita (Bertrandus de Zivita) - 1201
Arnaud de Martres (arrondissement de Martres) - 1224
(Martres, Haute Garonne, arrondissement Muret, canton Cazères)

Pelegry d'Isault (Peregrinus d'Isalt) - 1230, 1235-1237, 1240
Fortaner de Seados (Fortanerius de Seados) - 1244-1249
Pierre du Bois (Petrus de Nemore) - 1245
Bernard de Mancioux (Ber. Mancipius) - 1250-1251
(Mancioux, Haute Garonne, arrondissement Saint Gaudens, canton Saint Martory)

Ariol d'Aspet (Ariolus d'Espello) - 1253-1258
(Aspet, Haute Garonne, Saint Gaudens, chef-lieu de canton)

Pierre de Sombrun (Petrus de Sombrun) - 1270-1271
(Sombrun, Haute Pyrénées, arrondissement Tarbes, canton Maubourguet)

Pierre de Gavarret (Petrus de Gavarreto) - 1272-1273
— Commandeur de Toulouse 1283-1284 q.v.

Arnaud de Raymond de Prunières (Arnaldus Raimundi de Pruneriis) - 1277
(Prunières, Lozère, arr, Mende, canton Le Malzieu-Ville)

Celebrun du Pin (Celebrunus de Pinu) - 1278-1280, 1287
Bernard Guillaume d'Aspet (Bernardus W. d'Espello) - 1279

Arnaud de Caumont (Arnaldus de Cavomonte) - 1290
— Commandeur de Toulouse 1276 q.v.

Bernard de Revel (Bernardus de Aravello ou Rethello) - 1305
(Revel, Haute Garonne, arrondissement Toulouse)
— Commandeur de Cadeillan même date.
— Voir Du Bourg Commandeur d'Espalion et de La Selve vers même date.
— Archives Haute Garonne, Malte, fonds de Castillon, Martres, Montsaunès, Roquefort, Saint-Gaudens, Saint-Martory, Sainte-Mayronne, Soyieix.
— Voir Trudon des Ormes, page 249.
— Du Bourg pages 177 et 197.

Sources: E.-G. Léonard. — Introduction au Cartulaire manuscrit du Temple (1150-1317), constitué par le marquis d'Albon et conservé à la Bibliothèque nationale, suivie d'un Tableau des maisons françaises du Temple et de leurs précepteurs. — Paris, E. Champion, 1930. ln-8º, xv-259 pages.

Chartes de Montsaunès
13... Guilem de Benque, chevalier du Temple, figure dans les coutumes données par les Templiers à la ville de Montsaunès, qui était le siège d'une commanderie.
Histoire des Populations pyrénéennes, tome I, page 461. - Notes de M. du Mège, page 7. - Revue d'Aquitaine, mai 1863.

1307. Raymond-Guilhem de Benque (peut-être le même que le précédent), Templier, Commandeur de Boudrac, est mentionné dans la triste et célèbre procédure qui amena la condamnation et la suppression de son ordre en 1313. D'après M. du Mège, le diocèse de Comminges était représenté par sept chevaliers dans Cette procédure.
Histoire du Languedoc, tome VII. - Notes de M. du Mège, page 7. - Revue d'Aquitaine, mai 1863.

Divers Images de Montsaunès
Images église de Montsaunès
Voir cette page de Claustro sur les symboles peints de l'église.
Les images des frèsques proviennent du site et sont de Roger31600

 

Montsegur-sur-Lauzon   (26)
Domaine du Temple Montségur-sur-Lauzon
Département: Drôme, Arrondissement: Nyons, Canton: Saint-Paul-Trois-Châteaux - 26


Domaine du  Temple Montségur-sur-Lauzon
Localisation: Domaine du Temple Montségur-sur-Lauzon


Les Templiers possédaient quelques biens à Montségur-sur-Lauzon, nous lisons dans les chartes de Richerenches comptent en effet plusieurs mentions de transferts d'hommes, souvent accompagnés de leurs progénitures, en faveur du Temple: Cartulaire de Richerenches, nº 44 - Un homme à Montségur-sur-Lauzon avec toutes ses possessions et son tènement, [1142].
Sources: Damien Carraz, L'ordre du Temple dans la Basse vallée du Rhone (1124-1312) - Presses Universitaires de Lyon - 2005

 

Montseugny   (70)
Maison du Temple de Montseugny ou de l'Hôpital ?
Département: Haute-Saône, Arrondissement: Vesoul, Canton: Pesmes, Commune: Germigney - 70


Maison du Temple de Montseugny
Localisation: Maison du Temple de Montseugny


— Montseugny s'appelait en latin « Mans Sanguinis », nom qui semblerait se rapporter à quelque sanglant combat livré sur la hauteur où est situé le village.
A quelle époque ?
Aucune tradition ne l'indique. « De Mons Sanguinis » on a fait d'abord « Montsangoin », et par corruption Montseugny.
— Dans une charte de 1120 et dans plusieurs titres subséquents, ce village est appelé « llom Ciconius » (mont de la Cicogne)
— Montseugny est mentionné dans une charte de 1120. A cette époque l'église du lieu dépendait de Saint-Etienne de Dijon, qui la céda aux Templiers lorsqu'ils fondèrent leur établissement de Montseugny. Les biens de l'ordre du Temple ayant passé, lors de sa suppression, aux chevaliers de Malte, ceux-ci maintinrent la commanderie de Montseugny et en firent un membre de la commanderie de Sales. (V. Chantes) Leur chapelle, anciennement devenue l'église paroissiale du village, a été partiellement reconstruite en 1833-34-35. La partie conservée paraît remonter au XIIIe ou au XIVe siècle, et avoir été bâtie avec des matériaux provenant d'un édifice beaucoup plus ancien encore: en perçant des murs, on y a trouvé des fragments de colonnes, de chapiteaux, etc. Les Templiers, en faisant édifier leur chapelle, auront vraisemblablement utilisé des débris trouvés dans les ruines de la bourgade sans nom connu que mentionne M. le président Clerc.
— Une belle sculpture antique et d'assez grande dimension décore le portail de l'église. Elle représente Jésus-Christ assis au milieu des apôtres, levant la main droite au ciel, et tenant de l'autre un livre ouvert sur la première page duquel est un alpha, et sur la seconde un oméga. A droite et à gauche du Seigneur sont figurés les emblèmes des quatre évangélistes: l'ange, le boeuf, le lion et l'aigle. Ce monument vient de l'ancienne église.
— L'église actuelle a été reconnue comme succursale par le décret du 30 septembre 1807.
— Fête patronale, l'Assomption.
— Montseugny a été le berceau et continue d'être le siège de la congrégation enseignante connue sous le nom de communauté des Enfants de Marie.
— Le château des chevaliers de Malte existe encore presque tout entier. On en a fait la maison commune.
La Haute-Saône, Dictionnaire Historique et Topographique et Statistique des Communes du Département. Par L. Suchaux. Tome II, Vesoul, 1866.

 

Montsoreau   (72)
Maison du Temple de Montsoreau
Département: Sarthe, Arrondissement: La Flèche, Canton: Malicorne-sur-Sarthe, Commune: Arthezé - 72


Maison du Temple de Montsoreau
Localisation: Maison du Temple de Montsoreau


Montsoreau, nom de deux établissements religieux, qu'il ne faut pas confondre avec la ville de Montsoreau en Anjou.

Le premier est une ancienne commanderie de l'ordre des Templiers puis de Malte, à laquelle un fief était annexé, fondée près l'étang du même nom, à 300 mètres au N. du bourg du Bailleul, réunis par la suite, à la commanderie de Précigné.
Sources: Dictionnaire statistique de la Sarthe. Par J-R. Pesche, tome 4. Paris M. DCCC. XXXVI.

Maison du Temple de Montsoreau
Qui est d'origine templière, a également maison, chapelle, grange, métairie (1).

Sous les Hospitaliers de Saint-Jean, en 1381, frère Jean du Ronceray est commandeur de Montsoreau (2); mais en 1385 la commanderie de Précigné et de Montsoreau ont le même commandeur (3).

Une bulle du grand maître de l'Hôpital du 8 septembre 1453 unira les commanderies de Précigné et de Montsoreau au Temple d'Angers (4), ce qui sera confirmé au chapitre du prieuré d'Aquitaine le 9 juin 1457 (5).
1. Archives départementales de la Vienne, 3 H 1/104.
Ibidem, 3 H 1/121
Ibidem, 3 H 1/125
Ibidem, 3 H 1/131
Ibidem, 3 H 1/125

Sources: Robert Favreau - Bibliothèque de l'Ecoles des Chartes, tome 164, deuxième livraison, juillet-décembre 2006. Librairie Droz, Paris Genève 2007.

 

Montvicq   (03)
Domaine du Temple de Montvicq
Département: Allier, Arrondissement: Montluçon, Canton: Montmarault - 03


Domaine du Temple de Montvicq
Localisation: Domaine du Temple de Montvicq


On y voit encore des vestiges d'une forteresse féodale qui appartenait aux templiers, bâtie sur un mamelon et entourée de fossés ; il y a aussi une petite église romane.
Sources: M. Théodore de Jolimont. L'Allier pittoresque : histoire, géographie, statistique et biographie du département de l'Allier.Moulins 1852 - Bnf

 

Moret-sur-Loing   (77)
Maison du Temple de Moret-sur-Loing
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Fontainebleau, Canton: Moret-sur-Loing (Chef-lieu) - 77


Maison du Temple de Moret-sur-Loing
Localisation: Maison du Temple de Moret-sur-Loing


Guy de Bourron, sergent du Roi, qui fait en 1221 au prieuré de Flotin donation d'arches du pont de Grès sur le Loing, à lui concédées par Philippe-Auguste (1), et en 1228, aux Templiers de Moret-sur-Loing, d'un muid de blé à prendre chaque année sur la dîme d'Ecuelles (2).
1. Archives Nationales, J 261, nºI; Bibliothèque Nationale, manuscrits nouveau, acquisitions latines 400, page 195.
2. Archives Nationales, M II, nº9.

Sources: Annales de la Société historique et archéologique du Gâtinais - Auteur: Société historique et archéologique du Gatinais - Editeur: Impr. E. Bourges (Fontainebleau) - 1883-1939

Moret-sur-Loing
C'est au règne de Philippe-Auguste que paraît se rapporter l'établissement de l'ancien couvent des Templiers, dont il reste encore quelques ruines à Moret.

Les Templiers avaient une de leurs maisons à Moret même. Nous ne connaissons aucun document sur lequel nous puissions nous appuyer pour fixe l'époque de leur établissement dans cette ville, pas plus que celle de leur disparition. Il est probable que cette fondation remonte à la fin du XIIe siècle, alors que les Templiers fondaient trois maisons successives dans la ville de Provins, la première à la date de 1193. Ils eurent aussi un établissement près de Villecerf, dont on voit encore les restes au pied de la montagne de Trains.
Ils possédèrent vraisemblablement ces divers établissements jusqu'à l'époque de leur suppression.

C'est en 1307 que Philippe le Bel donna l'ordre d'emprisonner tous les Templiers qui résidaient dans le royaume. Ceux de Provins, arrêtés le 13 octobre de ladite année, furent conduits dans les prisons de Melun. Or, comme l'ordre d'arrestation comprenait non seulement les Templiers de cette ville, mais encore ceux des villes voisines, on doit supposer que c'est dans la même occasion que les Templiers de Moret durent quitter leur commanderie, pour aller rejoindre leurs malheureux frères dans les cachots.

Les biens des Templiers furent transférés aux hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ordre de chevaliers auxquels était dévolue, comme aux Templiers, la mission de défendre la chrétienté contre les mécréants.

Le couvent de Moret logea-t-il ces nouveaux hôtes ?
C'est ce que l'on ignore complètement. Du reste, l'emplacement qu'il occupait, et dont l'une des façades se trouvait sur la grande rue, près de la porte de Bourgogne, n'offre plus aucun vestige de ses constructions primitives. On cite néanmoins un pan de muraille surmonté d'une cheminée de briques, donnant sur la rue des Faisceaux, comme leur ayant appartenu. Il existe encore, sous les maisons qui ont remplacé les anciens bâtiments des Templiers, des caves monumentales, notamment une ayant son entrée sur la grand'rue dont la voûte repose sur des colonnettes du XIIe siècle, non moins intéressantes par leur ornementation que par leur antiquité.

On a prétendu, sans preuve et sans vraisemblance, que les Templiers ont possédé Saint-Nicaise.
On désigne sous ce nom des restes d'antiquité qui se trouvent sur le sommet d'une montagne, en dehors de la ville de Moret, à gauche de la route de Montereau, presque en face et non loin de Saint-Lazare.
Sources: Pougeois, Alexandre, L'Antique et royale cité de Moret-sur-Loing, 3e édition ornée de gravures héliotypiques hors texte, page 83. Moret 1928. - Bnf

 

Morlaine   (60)
Domaine de Morlaine-le-Temple
Département: Oise, Arrondissement: Beauvais, Canton: Nivillers - 60


Domaine de Morlaine-le-Temple
Localisation: Domaine de Morlaine-le-Temple


A une lieue de Beauvais, sur la paroisse de Tillé, entre Morlaine, jadis nommé Morlaine-le-Temple et Nivillers, mais plus près de Nivillers, on voyait autrefois un beau domaine seigneurial ayant appartenu aux Templiers, lequel prit le nom de ferme de l'Hôpital, lorsqu'il eut passé en la possession des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.

Il y avait une chapelle dans la cour de la ferme, dont dépendaient, en 1373, deux charrues de terre affermées avec un moulin et onze journaux de pré, au prix de douze muids de blé, douze muids d'avoine et quatre mines de pois par an, à la mesure de Clermont.

Le Commandeur avait toute justice et seigneurie, droits de cens, rentes et dîmes à Morlaine et aux environs.

Au siècle dernier, les terres du domaine étaient d'environ 200 arpents. Elles étaient louées, avec la ferme et l'hôtel de Saint-Pantaléon, à Beauvais. Le fermier était obligé, en outre, de faire dire une messe tous les dimanches dans la chapelle, pour laquelle il donnait 30 livres aux capucins de Beauvais.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Mormant   (52)
Maison du Temple de Mormant
Département: Haute-Marne, Arrondissement: Chaumont, Canton: Arc-en-Barrois, commune: Leffonds - 52


Maison du Temple de Mormant
Localisation: Maison du Temple de Mormant


Cette circonscription, ainsi que ses dépendances, reposaient sur une enclave de la Bourgogne, dans la Champagne, qui, depuis 1790, fait partie du département de la Haute-Marne.

Son siège, Mormant, se trouve situé sur la commune de Leffond-en-Montagne. En 1120 et 1135, Hugues, seigneur de Château-Villain, donna des fonds et un moulin aux Templiers pour les aider à établir à Mormant une maison avec préceptorerie. En 1307, lors du commencement de leur procès, le frère Jean de Château-Villain déclare qu'il fut reçu en la maison de Mormant, « Domus Tempti de Mormentum per fratrem Laurentium de Belna, » précepteur, lequel fut brûlé à Paris eu 1310.

Mormant image Jack Bocar Plusieurs fois encore-il est fait mention de cet établissement dans l'instruction du procès.

Procès des Templiers tome 2, MORMENTUM (Domus Templi apud), Trecensis diocesis, page 369.
Sources: César Lavirotte - Mémoire Statistique sur les Etablissements des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Bourgogne - Membre de la Société française pour la conservation des Monuments - 1852.

Pocès des Templiers tome II page 369
Item frater Johannes de Castro Villari, etatis triginta annorum, juratus eodem modo de se et aliis in causa fidei dicere veritatem, et
interrogatus de modo et tempore sue recepcionis, dixit per juramentum suum quod fuit receptus apud Mormentum diocesis Trecensis, per fratrem Laurencium de Belna preceptorem dicte domus quatuor anni sunt in festo Magdalene instanti proximo preterito presentibus fratre Juliano capellano dicte domus, et quibusdam aliis de quorum nominibus non recolit.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

Pocès des Templiers tome II page 531
Domus Templi de Mormentum Lingonensis diocesis
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

Maison du Temple de Mormant
Mormant Blason Image Jack Bocar Mormant « Mormentum » Les Château-Vilain y donnérent leurs fonds aux Templiers en 1135 et 1199, leur droit sur le moulin en 1276.

Cette Commanderie fut fondée par Hugues de Mormant en 1120, sous le titre d'Abbaye; il y avait même au XIIIe siècle un vaste Hôpital desservi par des Frères et des Soeurs qui avaient pour Recteur un saint homme nommé Herbert.

Enfin cet Hôpital et la Préceptorerie furent remis en 1230 par l'Evêque Hugues de Montréal à Guerin Maître des Chevaliers Hospitaliers en France.
Sources: Description Historique et Topographique du Duché de Bourgogne - M. DCCC. LXXXI. Dijon.

Maison du Temple de Mormant
La commanderie de Mormant, fondée en 1120, dépendait de Voulaines, en Côte-d'Or. Elle présente des restes de fortifications, un hôpital (12e-13e siècle) et une très belle salle capitulaire ornée d'une fresque du 14e siècle. C'est à Mormant que fut reçu le templier Taylafer de Gênes qui avoua avoir renié le Christ et craché sur la croix lors de son initiation, et avoir vu cette fameuse tête magique qui n'était peut-être qu'un reliquaire.

La maison du Temple de Mormant, qui avait chapelle, était du diocèse de Langres, bien qu'elle soit indiquée parfois comme du diocèse de Troyes: « domus de Mormant », « de Mormantio », « in Mormant de Borgondia. »

Mormant était de fondation toute récente en tant que possession du Temple, et les Templiers venaient de l'acquérir « de novo acquisita », ainsi que le raconte l'un d'eux reçu, en 1304, en cette maison.
Un autre, nommé Henri de Faverolles, nous apprend par l'interrogatoire qu'il subit en mars 1311, que lui et d'autres, qui tous étaient convers ou donnés de l'hôpital de Mormant, avaient reçu l'habit du Temple, alors que l'hôpital était devenu maison du Temple, en la chapelle de la maison, des mains de Laurent de Beaune: « [ipse et alii] qui omnes erant conversi seu donati hospitalis de Mormantio, Lingonensis diocesis, cum dictum hospitale pervenisset ad Templarios, fuerunt recepti..... »; c'était en 1301, au temps de l'Avent.

Il y avait donc eu un hôpital à Mormant, et cet hôpital avait été transformé en maison du Temple, très probablement dans le courant de l'année 1300. Cette transformation ne dut pas se faire sans solennité; il est certain que le visiteur de France vint à Mormant cette année même, car deux des Templiers interrogés dans la suite prétendirent avoir été reçus à Mormant, en octobre 1300, par Hue de Perraud en personne, en présence de divers personnages dont le maréchal du Temple, et le chapelain de la maison, frère Julien.

Julien, nommé aussi Julien « de Dinisel », ne fut pas le seul chapelain de la nouvelle maison de Mormant, il y en eut un autre nommé Gautier de Bure, qui fut également infirmier de l'Ordre; quant à Laurent de Beaune, que nous avons dit avoir été le dernier précepteur de la baillie d'Epailly, il aurait été le premier précepteur de la baillie de Mormant, de 1300 à 1304 tout au moins, d'après divers témoignages. Laurent était encore à Mormant à la fin de l'année 1303 et se déplaçait parfois, puisqu'on le trouve, à la Saint-Martin d'hiver, au Temple de Corgebin; son successeur fut peut-être un chevalier nommé Guillaume de Lorraine, qui reçut à Mormant, en 1305, au moment de Pâques.

Précepteurs de Mormant
1300-1303, frère Laurent de Beaune, sergent;
Vers 1305, frère Guillaume de Lorraine, chevalier.
Laurent de Beaune fut ensuite précepteur de la baillie d'Epailly.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

Maison du Temple de Mormant
Morment, ferme sur la commune de Leffonds.
— Maison du Temple, Hôpital puis abbaye.
— Molmentum, 1120 (Gall. Christ., IV col 156)
— Sancta Maria de Mormant, 1151 (Morment)
— Molmentensis domus, 1159 (Auberive)
— Mormentum, 1162 (Temple de Thors)
— Mormannum, 1182 (Temple de Thors)
— L'Ospital de Mourmant, 1351 (Morment)
— Mormant 1732, (Pouillé de 1732, page 129)
— Mormand, XIXe siècle (cadastre, section A)
Ps. Vous remarquerez que sur le dictionnaire topographique, le nom Morment
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Haute-Marne, rédigé par Alphonse Roserot. Paris M. DCCCC. III.

Domaine du Temple de Mormant
L'évêque de Langres, dit Robert de Châtillon (1203-1209) a été supposé parent de saint Bernard. Cette parente purement hypothétique n'a d'autre fondement que le surnom « de Châtillon. » Or ce surnom reste plus ou moins une énigme : il peut avoir pour origine une fausse graphie ou une mauvaise lecture. Robert appartient à la maison de Tilchâtel, comme le prouvent les titres suivants.

Avant sa promotion à l'épiscopat, Robert fut successivement trésorier et doyen de Langres. Etant trésorier, il fit une donation aux Templiers de Mormant : en voici la charte :
« Ego Gerardus Dei gratia lingonensis decanus notum facio... quod Robertus de Tilicastro lingonensis thesaurarius dedit fratribus Templi quidquid calumniae et juris habebat in Dominico de Praelis (1) et uxore ejus Gondrea et liberis corum, et eos prefatis fratribus quietos clamavit...
Testes fuerunt Belinus, Ebraudus, Hunaudus presbiteri et cononici lingonenses; Rudulphus de Conflucnto (2), Hugo-Favinellus, diaconi ; Milo-Malamanus, Renaudus, Bernardus, subdiaconi ; Acelinus capellanus de Wandelencurte, Dodo Engonensis, Albericus major de Maresco.
Actum anno 1184. »
Archives de la Côte-d'Or, Ordre de Malte, Mormant, H. 1375.
1. Cf. Cartulaire du prieuré de Vignory, par J. d'Arbaumont, Langres, 1882, page 199 ; Gallia christiana IV. col. 647.
2. Coublanc, canton de Prauthoy, Haute-Marne.

Sources: Chomton, Louis - Saint Bernard et le château de Fontaines-les-Dijon : étude historique et archéologique. Tome 2, Dijon 1894 - Bnf

Quelques Images de Mormant


Maison de Mormant

Maison de Mormant

Maison de Mormant

Maison de Mormant

Maison de Mormant

Maison de Mormant

Maison de Mormant
Sources images: Jack Bocar



Deux commandeurs de l'ordre de l'Hôpital, d'origine fribourgeoise, dans la Bourgogne du XIVe siècle
Dans sa monumentale histoire des ducs de Bourgogne, Ernest Petit cite, à la date de 1360, Girard de Montigny, de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, en se référant à une lettre du pape Innocent VI, en date du 6 avril, adressée à Philippe duc de Bourgogne à propos de la restitution de la ville de Flavigny et de démêlés avec l'évêque d'Autun. Pour la même année mais à la date du 30 septembre, il nomme le même personnage Girard de Marigny et le qualifie de « prieur de Champagne de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. »

Une étude très approfondie de Monsieur Monsieur Jean-Bernard de Vaivre - Suite

 

Mortefontaine   (02)
Maison du Temple de Mortefontaine
Département: Aisne, Arrondissement: Soissons, Canton: Vic-sur-Aisne - 02


Maison du Temple de Mortefontaine
Localisation: Maison du Temple de Mortefontaine


Les Templiers possédaient cette maison et, on voit, d'après l'inventaire de 1309, qu'il appartenait à la maison de Mortefontaine, « ad domum de Mortefontanea », neuf muids de terre, rapportant alors neuf muids de blé, avec des rentes en avoine, en vins et argent, tant à Mortefontaine qu'au hameau de Vauberon, « apud Vauberum »; le tout d'un revenu de 70 livres 2 sols 8 deniers.

Nous ne connaissons cette maison du Temple « de Mortuofonte », au diocèse de Soissons, que par son dernier précepteur, frère Robert de Cernay « Procès, tome II, page 329. »

précepteur de Mortefontaine: 1307, frère Robert de Cernay.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

Procès des Templiers tome II, page 329
Item frater Robertus de Sarnaco Belvacensis diocesis, preceptor domus de Mortuofonte Suessionensis diocesis, predicti ordinis milicie Templi, quadragenarius vel circa, eodem modo constitutus, juratus et interrogatus, dixit per juramentum suum quod in festo sancti Andree instante erunt novem anni vel circa, quod fuit receptus in domo de Berneval Ambianensis diocesis, per fratrem Garinum de Magno Villari magistrum de Pontivo, presentibus defunctis J. de Cernay, fratre Laurencio senescallo dicte domus, fratre Petro de Limecourt, et aliis de quorum nominibus non recolit.
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

Maison du Temple de Mortefontaine
Les Templiers possédaient cette maison et, on voit, d'après l'inventaire de 1309, qu'il appartenait à la maison de Mortefontaine, « ad domum de Mortefontanea », neuf muids de terre, rapportant alors neuf muids de blé, avec des rentes en avoine, en vins et argent, tant à Mortefontaine qu'au hameau de Vauberon, « apud Vauberum »; le tout d'un revenu de 70 livres 2 sols 8 deniers.

Au XIVe siècle, cette maison avait passé on ne sait comment, en la possession des chartreux. Par des lettres, datées de Compiègne, du mois de janvier 1339, les cardinaux Pierre et Bertrand, nonces du Pape, mandèrent à l'official de Soissons de faire une information pour savoir pourquoi le commandeur du Mont-de-Soissons était taxé de contribuer à leurs procurations pour la maison de Mortefontaine, qui appartenait alors aux frères chartreux. Les nonces demandaient comment ceux-ci l'avaient acquise, et s'ils avaient donné aux Hospitaliers quelque compensation pour la posséder.

On ne dit pas le résultat de l'enquête, mais les hospitaliers ne rentrèrent point en possession de cette maison.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

Temporel de Mortefontaine
— Lucien Marchand. Essai historique sur Bourgfontaine ou la Fontaine-Notre-Dame, ancienne chartreuse du diocèse de Soissons (1323-1792) (Château-Thierry, M. Marchand, 1953. In-8º, 59 pages, cartes et plans).

— Se basant sur la thèse de Mlle Françoise Billotey: La Chartreuse de Bourgfontaine-en-Valois, des origines à la Révolution (Ec. des Chartes, 1948), à laquelle il renvoie notamment pour l'étude du temporel de l'abbaye, l'auteur a retracé d'une manière vivante l'histoire de cette chartreuse située à quelques kilomètres de Villers-Cotterets, dans une vaste clairière de la forêt de Retz.

Charles de Valois la fonda en 1323, afin de s'y aménager une retraite et de compléter la défense du Valois. La chartreuse de Bourgfontaine, qui compta d'abord quatre moines, devait en 1540 en avoir jusqu'à vingt-six, pour retomber à vingt à la fin du XVIIIe siècle. L'histoire de la chartreuse aurait été exempte de troubles graves, hormis l'attaque et le pillage qu'elle subit, de la part des réformés, en 1567, si certains moines n'avaient été à la tête du mouvement des appelants lors de la crise janséniste du XVIIIe siècle. Sur trente et un chartreux qui s'enfuirent en Hollande pour y former un nouveau monastère, cinq étaient de Bourgfontaine, dont le prieur de la nouvelle maison, Dom Soufflot.

Les moines s'adonnaient au travail du bois et un certain nombre de boiseries et de statues des églises de la région furent leur oeuvre au XVIe et au XVIIe siècle. Le monastère fut aussi, à la même époque, un centre de traductions des oeuvres de Catherine de Gênes, Denys le Chartreux, Suso, sainte Thérèse d'Avila, etc.

Aux bâtiments traditionnels de ce genre d'établissement, qui présentaient la particularité d'être fortifiés, s'ajoutaient des appartements royaux, où les souverains, jusqu'à Charles VI, aimaient à faire retraite, notamment Philippe VI, fils du fondateur.

Le temporel qui comprenait à la fondation environ trois cents hectares de biens provenant des Templiers et situés à Sennevières, Beauvoir et Mortefontaine, s'élevait en 1671 à deux mille hectares de terres et bois situés dans les vallées de l'Ourcq et de la Savières, auxquels il fallait ajouter un certain nombre de rentes en argent, droits d'usage dans la forêt de Retz et droits de pêche dans l'Ourcq. La chartreuse de Bourgfontaine disparut à la Révolution. Le 1er octobre 1792, les chartreux la quittaient définitivement. Les bâtiments furent vendus pour être en partie démolis.

En résumé, monographie rapide, qui ne dispense pas d'avoir recours à la thèse de Mlle Billotey, mais pourvue d'une bonne bibliographie, d'une liste des sources, de cartes et de plans. L'historien de l'Ordre des Chartreux, de l'histoire militaire du XIVe siècle ou du jansénisme consultera utilement ce petit ouvrage.
Sources: Persée: J. Queguiner. Revue d'histoire de l'Eglise de France. « La Revue d'histoire de l'Eglise de France, fondée en 1910, s'efforce de tenir ses lecteurs au courant de tout ce qui concerne le passé religieux de la France, depuis les débuts du christianisme jusqu'à nos jours. Année 1954. Volume 40 »

 

Morterolles   (87)
Maison du Temple de Morterolles
Département: Haute-Vienne, Arrondissement: Bellac, Canton: Bessines-sur-Gartempe, Commune: Fromental - 87


Maison du Temple de Morterolles
Localisation: Maison du Temple de Morterolles


— Morterolles, en Poitou, diocèse de Limoges, ressort de Montmorillon, Parlement de Paris, à 4 lieues de Pauliac.

2. Membre.
— Saint-Amand-Manassez, en La Marche, diocèse de Limoges, à demi-lieue de Morterolles. Métairie de Laget-Troisnet, dans la paroisse de Saint-Maurice, à 2 lieues de Morterolles.

3. Membre.
— Le Moulin de Chabranes, en la paroisse de Vareilles, pays de Poitou, à 4 lieues de Morterolles, à 1 lieue de la Souterraine (Creuse, arrondissement de Guéret).

4. Membre.
— Solaventour,en la Basse-Marche, diocèse de Limoges, à 2 lieues de Morterrolles, à 2 lieues de la ville de Maignac.
— Moulin de Lontanaud, à 2 lieues de Solaventour, à un quart dé lieue de Morterolles.

Charges de la commanderie 981 livres »
Commandeur: M. de Vatand.
Etat de la commanderie en 1745.
Sources: Léopold Niepce: Le Grand-Prieuré d'Auvergne - Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Lyon, Librairie Générale Henri Geors - Bâle - Genève - 1883.

Maison du Temple de Morterolles
Les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, héritèrent de la Maison du Temple de Morterolles, qui devint une commanderie de l'Hôpital, dont le chevalier Guy de Blanchefort, neveu du grand maître, était alors commandeur. On voyait à Morterolles, au XVIIe siècle, un château « consistant en une maison-forte quarrée, flanquée de trois tours, entourée de fossés remplis d'eau, à fond de cuve, et d'une palissade tout autour dudit château, un pont dormant, et un pont-levis à l'entrée d'iccluy, garni de ses chaisnes, etc. » (1).
1. Procès-verbal de la visite de 1677, d'après A. Vayssière, L'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem en Limousin, 1884, page 125.
Sources: Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin Auteur: Ducourtieux, Paul (1846-1925). Date d'édition: 1846

 

Mortessagne   (87)
Domaine du Temple de Mortessagne
Département: Haute-Vienne, Arrondissement: Limoges, Canton: Saint-Léonard-de-Noblat - 87


Domaine du Temple de Mortessagne
Localisation: Domaine du Temple de Mortessagne


En 1201, on voit les chanoines d'Aureil en contestation avec les Templiers de Mortesaigne à propos d'un étang. Après arbitrage, on aboutit à un accord qui établit que la jouissance de l'étang est reconnue à Auteil et son prieuré d'Alesme, moyennant le paiement annuel d'une rente en froment à Mortesaigne, et à condition que les chanoines ne procèdent pas à un rechaussement de la digue qui accroitrait la superficie de l'étang et noierait par conséquent de nouvelles terres.
Document Historiques sur Lamarche et le Limousin, édition A. Leroux, E. Molinier, A. Thomas, tome I, Limoges 1883, charte XXXVIII, page 156. Il s'agit du village et de l'étang d'Alesme, sur la commune d'Auriat, canton de Bourganeuf (Creuse). Le Temple de Mortesaigne se trouvait sur la commune de Saint-Léonard (Haute-vienne)
Sources: Limousin médiéval: le temps des créations: recueil d'articles par Bernadette Barrière, page 170

 

Motte-aux-Templiers (La)   (18)
Domaine du Temple à La Motte-aux-Templiers
Département: Cher, Arrondissement: Vierzon, Canton: Lury-sur-Arnon, Commune: Preuilly - 18


Domaine du  Temple à La Motte-aux-Templiers
Localisation: Domaine du Temple à La Motte-aux-Templiers


Ce lieu de La Motte est ainsi nommé parce qu'on y voit les retranchements de terre qui commandent le cours du Cher, et qui vraisemblablement remontent au temps des invasions normandes. Ces fortifications ont beaucoup d'analogie avec celles de Dèvre, près Vierzon, et qu'on nomme aussi La Motte.

On l'appelle ici La Motte-aux-Templiers, parce que ce territoire leur fut donné en 1196 par Raoul de Mehun (Dedi eodem Templo totum nemus et totam terram quam habebam ad locum qui dicitur ad Motam). Il est situé dans la paroisse de Preuilly qui dépendait alors du chapitre de Sainte-Austregesile, or le seigneur de Mehun ayant, avant sa donation au Temple, concédé aux chanoines certains privilèges sur ce même lieu, de graves différents surgirent de ce fait entre les Templiers et les chanoines.
En 1201, un accord survint.

Il s'agissait des droits d'usages dans les bois de La Motte, du pacage des porcs et de la pêche dans le lac de La Motte. Il résulte de l'accord: que les chanoines auront le droit de prendre chaque jour une charretée de bois mort dans le bois, et tout ce qui sera nécessaire en bois vif pour les travaux à faire à l'église de Preuilly et à la Grange des Dîmes; le doyen et les chanoines, quand ils viendront à Preuilly, auront le droit de pêche dans le lac; tous les paroissiens de Preuilly auront le droit de pacage pour leurs bêtes et porcs.

Les hommes de corps du Temple ne pourront habiter dans la franchise de Preuilly sans la permission expresse du Chapitre.

Il est convenu en outre qu'à titre de cens pour les terres qu'ils cultivent dans la paroisse, les Templiers paieront chaque année à la Saint-Médard dans la maison même du Temple sise dans le cloître de Saint-Etienne de Bourges, quatre setiers de froment-quatre d'orge et quatre d'avoine, mesure de Bourges.

Parmi les nombreux témoins qui souscrivirent cette charte, figurent: Monseigneur 0, de Seuly; Eudes, grand-chantre de Bourges; Raoul Trousseau; Mathieu, chapelain de Preuilly; Phillippe de Mehun; Foulques de la Porte; Joseph Constantin; Humbaud Petit; Frère Salvagius, précepteur de Lormeteau; Frère Chalans, précepteur de Jussy; Frère Joseph de Blois; Guillaume Lelarge; Geoffroy de Ragon; Armand Archenauz, chanoine de Saint-Austregesile et plusieurs autres qui « adstabant. »

En 1405, on trouve encore mention de « L'Hôtel de la Motte du Temple, assis sur la terre de Mehun. » Cet hôtel datait-il des Templiers, c'est possible, mais en tout cas il a été rebâti ou retouché dans les premières années du XVIe siècle. On voit en effet, à la ferme actuelle de La Motte, un dernier vestige de cet hôtel qui sert de bergerie; la façade est percée de deux portes moulurées et d'une fenêtre double à meneaux; sur l'une de ces portes est sculpté, sur le linteau, un écusson chargé d'une croix ancrée; ce sont là les armes de Pierre de Breuillebault qui était commandeur de Lormeteau en 1507.

Il y avait à La Motte, d'après la visite prieurale de 1789: « une chapelle ayant une cloche bien sonnante, pesant environ cent livres, plus une autre chapelle sans cloche dont on a fait depuis longtemps une grange. »

De ces deux chapelles il ne reste rien que la cloche « bien sonnante » de l'une d'elles qui, paraît-il, serait restée au Coteau, près de La Motte, et aurait été transportée récemment au château de Chailleau, près Vierzon.

Elle porte la date de 1521 et cette inscription: S. Johannes ora pro nobis: « Antoine Desprez me fit faire-1521 » « Jean Patureau me fit. »

Le Commandeur de Lormeteau était alors Aymar du Puy. Antoine Desprez fut sans doute le donateur et nous connaissons le nom du fondeur Jean Patureau.

La métairie de Chambon, en la paroisse de Sainte-Lizaigne, avait aussi une chapelle; dans les baux anciens, le fermier devait y faire dire à ses frais une messe par semaine, et une à chacune des grandes fêtes annuelles. En 1789 elle était depuis longtemps désaffectée et servait de cellier.
Sources: M. Le comte de Toulgoët-Treanna - Mémoires de la Société des Antiquaire du Centre Volume XXXIVe année 1911 - Editeurs Tardy-Pigelet et Fils - Bourges - 1912.

 

Mouffle (La)   (28)
Fief du Temple de La Mouffle
Département: Eure-et-Loir, Arrondissement: Dreux, Canton: Dreux-Ouest, Commune: Vert-en-Drouais - 28


Fief du Temple de La Mouffle
Localisation: Fief du Temple de La Mouffle


C'était une ferme en la paroisse de Vert-en-Drouais, à cinq quarts de lieue de Dreux, à droite du chemin qui conduit de cette ville à Nonancourt.
Ce domaine paraissait s'être formé à l'aide des donations faites à l'Ordre du Temple par les seigneurs de Louvilliers (Louvilliers-en-Drouais), village voisin.

L'un d'eux, Théon de Louvilliers (paroisse de Vert-en-Drouais 28), « de Loviler » en prenant l'habit de la religion du Temple en 1191, donnait à l'Ordre dont il allait faire partie, sept arpents de terre situés à La Mouffle, « ad Moflam » touchant à la terre déjà donnée par un de ses oncles, Roger de Louvilliers.

La Mouffle était un fief qui relevait au XIIe siècle, de Gervais de Châteauneuf. Pendant les guerres du XIVe siècle, la maison de La Mouffle fut brûlée par les Anglais.
Les terres abandonnées restérent longtemps incultes. En 1373, on n'y cultivait que deux arpents de vigne qui rapportaient 40 sols. C'était alors tout le revenu de ce domaine qui, en 1757, se composait de 16 arpents de terre, sans bâtiments, affermés à diverses personnes avec les droits seigneuriaux, 630 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Mouflieres   (80)
Maison du Temple de La Mouflières
Département: Somme, Arrondissement: Amiens, canton: Oisemont, Commune: Bouillancourt-en-Séry - 80


Maison du Temple de La Mouflières
Localisation: Maison du Temple de La Mouflières


L'origine de cette maison du Temple remonte au XIIe siècle. Il paraît que les Templiers, avant de se fixer en cet endroit, se seraient établis à « Busménard. ».
Nous lisons, en effet, dans M. Darsy, que « BusménardBien du Temple à Busménard
Domaine du Temple à Busménard
 » autrefois appelé « Rohastre », avait été donné au Temple par Anselme de Cayeux, avant 1164. Les frères du Temple auraient fait abandon de la dîme des moissons à l'abbaye de Sery, ce que Jean, comte de Ponthieu, aurait confirmé en 1176.

Toujours d'après M. Darsy, la ferme et le domaine de « Rohastre » auraient été cédés à l'abbaye par les Templiers, au temps de Baudouin de « Gant », maître des maisons du Temple au diocèse d'Amiens, en échange de la ferme de Mouflières, et d'une terre à Villeroy. Thibaud, évêque d'Amiens, aurait confirmé cet échange (28 mars 1185-86).

Ce qui semble confirmer l'assertion de M. Darsy, c'est qu'en 1185 Guillaume de Cayeux reconnut à la maison de « Rohastre » le droit de prendre le bois mort dans le bois de Sery, comme les frères du Temple en avaient l'habitude.

Pour résumer, la maison du Temple de Mouflières daterait de l'an 1184 ou 1185, et les frères du Temple de la maison de « Rohastre (Busménard) » y auraient trouvé asile.

Quant à Mouflières, nous ne connaissons son existence que par le procès des Templiers. En effet, le mercredi 3 février 1311, un frère sergent du Temple, Jean de Grez, qui comparaissait enfin devant ses juges, après trois ans passés de captivité, déclarait avoir été reçu, en l'an 1280, dans la chapelle du Temple de Mouflières, par le chevalier du Temple, Hervé de Villepreux, précepteur du Ponthieu, en présence d'Henri de Gamaches, chapelain, curé d'Oisemont, et du précepteur de Mouflières, Arnoul de Guise, frère sergent.

Ce même Arnoul était encore précepteur de la maison vers 1290, car Jean de Grez avait assisté, il y avait plus de vingt ans, à la réception d'Etienne, écuyer d'Arnoul, dans la chapelle de Mouflières; réception qui avait été faite par Arnoul. On sait que les précepteurs des maisons pouvaient avoir un écuyer. A cette époque Jean de Grez était sénéchal de la maison.

Le chapelain d'Oisemont, Gilles de Rotangy, présida, lui aussi, à la réception dans le Temple, et à Mouflières, d'un certain Nicolas de Bornel; c'était en 1305 ou environ, et sur l'ordre de Robert de Beauvais, qui était alors précepteur du Temple en Ponthieu.

En 1273, la maison de Mouflières était devenue une maison d'Hospitaliers pour les Pèlerins, et le centre d'une petite baillie; la chapelle existait encore.

Ses revenus étaient, à cette époque, de 115 livres parisis, qui pouvaient se décomposer ainsi: 4 livres de cens et rentes; 75 livres, produit de 500 journaux de terre, chaque journal ne rapportant que 3 sous; les dîmes en nature de Mouflières et de Lignières, avaient été affermées pour 28 livres; il y avait encore d'autres dîmes, de la valeur de 23 livres. La cure de Mouflières était desservie par l'Hôpital, et il y a tout lieu de supposer que le chapelain du Temple en avait eu jadis le soin, comme nous l'avons vu à Oisemont.
La visite prieurale faite sous les Hospitaliers, en 1495, ne parle pas de la chapelle du Temple, qui n'existait déjà plus, sans doute « membre de Moufflières où quel a église parrochialle et une ferme où a maison, granges et estables. »
Pour ce qui est des charges de la maison elles étaient assez minimes.

Précepteur de Mouflières
En 1280 - et encore vers 1290 - Arnoul de Guise, frère sergent, auparavant précepteur d'Oisemont.
Sénéchal.
Vers 1290. - Jean de Grez, frère sergent.
Sources: Trudon des Ormes: Possessions de l'Ordre du Temple en Picardie. Editions Yvert et Tellier. Amiens 1893

 

Mougues-les-Eaux   (58)
Maison du Temple de Mougues-les-Eaux
Département: Nièvre, Arrondissement: Nevers, Canton: Pougues-les-Eaux, Commune: Parigny-les-Vaux - 58


Maison du Temple de Mougues-les-Eaux
Localisation: Maison du Temple de Mougues-les-Eaux


Cette maison située, comme nous l'avons dit, dans la paroisse de Parigny-les-Vaux, se trouvait placée sur le chemin de Fresnay à Nevers. Elle avait une chapelle et une vingtaine d'arpents de terre à labour, avec quelques pièces de bois et de pré.

Mougues était un fief qui relevait du Roi, à cause de son château de Saint-Pierre-le-Moutier.
Ce petit domaine, dont les charges dépassaient le revenu au XVe siècle, fut alors donné à cens et rente perpétuelle par le commandeur Simon Carpentier, à Guillaume et Mathieu Rabardeau qui, dans un acte du 4 juin 1489, s'engagèrent à tenir à cens et amodiation perpétuelle, le lieu de Mougues, membre de la commanderie de Biches, avec les terres en dépendant, à la réserve faite par le Commandeur de la chapelle avec ses oblations, de la justice du lieu et de la moitié de la pêche de la rivière de la Nièvre, et à la charge par les preneurs de livrer chaque année au Commandeur la moitié de tous les grains provenant des terres et, dans le cas où le Commandeur voulût résider à Nevers, de lui mener en cette ville deux charretées de foin, deux de paille et quatre autres de bois, avec six fromages et un porc gras.

Comme condition de ce bail perpétuel, les preneurs devaient, dans les trois premières années de leur entrée en jouissance, reconstruire la maison, avec faculté de prendre dans le domaine de la commanderie le bois dont ils auraient besoin à cet effet.

Au XVIIe siècle, la maison de Mougues et la chapelle n'existaient plus.

Les anciens domaines de Champallement et de Mougues rapportaient, en 1783, 750 livres.
Sources: les commanderies du Grand-Prieuré de France - Eugène Mannier - Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 (Paris)

 

Moulin (les)   (86)
Maison du Temple Les Moulin
Département: Vienne, Arrondissement: Châtellerault, Canton: Les Trois-Moutiers, commune: Bournand - 86


Maison du Temple Les Moulin
Localisation: Maison du Temple Les Moulin


En 1699, lors d'une visite du prieur d'Aquitaine, ce moulin est dit se trouver « à 50 pas de la commanderie, situé sur le ruisseau de la masse. » Il se trouve sous un bâtiment composé d'une pièce avec cheminée, d'un corps de logis avec une étable au rez-de-chaussée, d'une pièce au premier étage et d'un grenier.

Il y eut comme un lien entre la maison du Temple de l'Ile-Bouchard et celle des Moulins « in predicta domo de Insula Bochardi et in domo de Molinis conjuncta et vicina eidem », d'où la présence frèquente aux Moulins du commandeur de l'Ile-Bouchard.

Le Temple des Moulins était cependant mieux qu'une grange, car la maison avait chapelle « in capella domus Templi de Molendinis Pictavensis diocesis »; c'est même dans cette chapelle que celui qui devait être le dernier précepteur de Coudrie, avait été reçu avec un autre, en 1289, par le précepteur du Poitou (et de l'Aquitaine) frère Amblard de Vienne, en présence du précepteur de l'Ile-Bouchard et d'un sergent du Temple, originaire du Dauphiné, frère Gérard d'Annonay, également précepteur et cité plus haut.

Nous avons dit qu'à l'Ile-Bouchard le précepteur Jean de Saint-Benoît avait fait admettre un de ses neveux; aux Moulins il vint recevoir, en 1306, un autre de ses parents, Guillaume de Saint-Benoît, en présence du précepteur de Champgillon, qui, en 1311, sera parmi les Templiers détenus à Chinon.

Ne serait-ce pas de cette même petite maison du Temple qu'un ex-Templier, originaire de Paris et qui se trouva être du nombre des frères du Temple interrogès à « Alais », aurait voulu parler quand il dit qu'il fut reçu « in Francia in quadam grangia que vocatur Molendines », par un certain frère Jean, « grangiarius » dudit lieu.
Sources: Trudon des Ormes: Les possessions templières recueillent durant les interrogatoires des templiers par les hommes de Philippe le Bel et les commissions pontificales des diocèses de France.

Procès des Templiers tome I, page 223
Requisitus si illa hora qua dictus valetus intravit dictam cameram, ipse testis Induerat mantellum, respondit quod non, sed post abnegacionem et spuicionem predictas. Unde propter illa que ipse fecerat et que fuerant precepta eidem, credebat firmiter quod predicta fierent et servarentur in toto ordine, verumptamen nunquam interfuerat, ut dixit, receptioni alterlus, nec capitulis eorumdem, nec in aliquibus aliis domibus dicti ordinis, nisi in predicta domo de insula Bochardi in qua moratus fuerat tribus annis, et quod in domo de Mollnis ou Domus Templi Molinis conjuncta et vicina eidem in qua steterat per annum cum dimedio vel circa, ut dixit, et in ea fuerat captus, et ex iride ductus fuit Laudunum, et de Lauduno apud Caynonem coram Baylivo de Toroyne, coram quo fuit confessus premissa, ut dixit, absque tormentis, et dixit se fuisse gavisum [...]
Sources: Procès des Templiers, publié par M. Jules Michelet, tome 1 et 2 - Imprimerie Nationale - Paris - M. DCCC. LI.

 

Moulin de la Fosse   (77)
— Moulin de la Fosse.
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Provins, Canton: Coulommiers, Commune: Lescherolles - 77


Moulin de la Fosse
Localisation: Moulin de la Fosse


Ce moulin est très ancien : on le trouve cité dans un accord passé entre les Templiers et Guy de Monthier, chevalier, en septembre 1243, au sujet de la réparation de la chaussée du Vivier de Marolles.

Par cet accord, Guy de Monthier donnait à rente aux Templiers, moitié du moulin de la Planche-Oudin sur l'Aubetin, et 1/3 du revenu du moulin de la Fosse, moyennant 3 muids d'avoine de rente, mesure de Coulommiers.
(Inventaire des titres de la Maison du Temple de Chevru, page 268).

Il est muni de 3 paires de meules.
Sources: A. Bazin - Etudes sur la rivière et la vallée du Grand-Morin, page 216. Coulommiers 1907 - Bnf

 

Moulin de Planche-Oudin   (77)
— Moulin de Planche-Oudin.
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Meaux, Canton: Coulommiers, Commune: Saints - 77


Moulin du Temple de Planche-Oudin
Localisation: Moulin du Temple de Planche-Oudin


— Très ancien moulin, cité dans un accord intervenu le 4 septembre 1243, entre Guy de Monthier, chevalier, et les Frères du Temple, pour la réparation de la chaussée du moulin de Marolles ; Guy donne aux Templiers, 1/2 du moulin de la Planche, et 1/3 de celui de la Fosse sur le Grand-Morin, moyennant une rente de 3 muids d'avoine, mesure de Coulommiers.
(Inventaire des titres de Chevru).

En 1860, c'était encore un moulin à blé appartenant à M. Pinguet. Depuis il a été détruit. Les bâtiments seuls ont été conservés et servent à une exploitation rurale.
Sources: A. Bazin - Etudes sur la rivière et la vallée du Grand-Morin, page 232. Coulommiers 1907 - Bnf

 

Moulin de Triangle   (77)
— Moulin de Triangle.
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Meaux, Canton: Coulommiers - 77


Moulin de Triangle.

Localisation: Moulin de Triangle.


C'est un moulin très ancien, bâti sur la rive droite de la rivière, en face de celui de Trochard. Son existence est déjà constatée dès le mois de mars 1292, dans un bail à cens, consenti par les religieuses de Faremoutiers à Symon Foullon et à sa femme, moyennant 60 sols de cens par an, avec la maison, Touche et l'eau, avec deux îles en dépendant.
(H. 448. Archives départementales).

Par suite de donation, il devint la propriété des Templiers et fit partie des domaines de la Commanderie de Maison-Coulommiers, dont les biens passèrent aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Ceux-ci le conservèrent jusqu'à la Révolution.

Pendant le cours du XVe siècle, il tomba en ruines, mais quand le calme fut revenu dans la Brie, qu'avait ravagée l'Anglais, l'abbaye de Faremoutiers l'aliéna, à charge par l'acquéreur de construire un moulin à blé, et encore moyennant le paiement d'une faible redevance.

A la fin du XVe siècle, le détenteur était Fiacre Le Meignen, qui en passa bail à rente, le 27 mars 1498, à Jehan Petit, avec deux îles et une chènevière, moyennant 3 muids de blé de mouture à prendre audit moulin, et à payer aux religieuses.

Le 20 avril 1785, frère François-Marie-Thérèse de Géraldin, chevalier profès de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, passa bail de ce moulin, pour 9 années, devant Maulnoir, notaire à Coulommiers, à Louis Darsonville, meunier à Charly, et à sa femme Marie-Elisabeth Lefort, à commencer du 1er mai 1785, moyennant diverses charges et 750 livres par an, payables par trimestre. Le preneur était en outre tenu de curer à ses frais la rivière au-dessous du moulin et de maintenir les berges au moyen de pieux que devrait lui fournir le bailleur. Il devait encore construire divers petits bâtiments.

Confisqué à la Révolution, il fut vendu comme bien national, le 18 brumaire an IV, à Jean-Martin Clausse, de Paris, moyennant 16 443 livres tournois 9 sols 6 deniers.
(n° 56, Z, 8. Archives départementales).

Il passa ensuite entre les mains de la famille Liénard, dont l'un de ses membres l'exploite encore aujourd'hui.
Sources: A. Bazin - Etudes sur la rivière et la vallée du Grand-Morin, page 168. Coulommiers 1907 - Bnf

 

Moulin Drevault ou Arnould   (77)
— Moulin Drevault ou Arnould.
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Meaux, Canton: Serris, Commune: Villiers-sur-Morin - 77


Moulin Drevault ou Arnould

Localisation: Moulin Drevault ou Arnould


Ce moulin s'appelait précédemment d'Orval, Ourvaux, Revault. Il est établi, sur la rive gauche du Grand-Morin, en face de celui du Saule ; il était moulin à blé en 1202, et appartenait aux Templiers de Montaigu. Il portait à cette époque, avec le moulin du Saule, le nom de moulins de Montaigu (de Monte aculo ou Mons acutus).

En 1237, frère Ponce d'Albon, commandeur du Temple, cède ces moulins à rente à Hugues de Châtillon, comte de Saint-Pol, moyennant les charges suivantes :
« Celui d'Orval et les 3/4 du moulin du Saule, avec les 4 deniers de cens dus par Jean Lecuyer, pour le dernier quart de ce dernier moulin, moyennant 4 muids de grains par an »
(Archives nationales, S. 5 008, Suppléments, n° 60-61).

De moulin à blé, il devint, après la guerre de Cent-Ans, moulin à draps, puis moulin à huile au XVIIe siècle.

Il figure dans un compte des domaines de la reine Jehanne de France et de Navarre, des années 1363-1364, présenté par Jean Doufour, receveur de cette reine.
(Registre K. K. 4. Archives nationales) (1).

Il passa avec le domaine de Crécy (1289) entre les mains du roi et suivit ensuite toutes les mutations du domaine.

En 1574, il figure dans les comptes rendus au roi, avec le moulin de la « Saux », sous le nom d'Orvaux. Les recettes sont « néant » parce que, est-il dit dans ce compte, « lesdits moulins ont été longtemps en ruines, et depuis baillés à rente pour y faire appliquer moulin à drap pour 10 livres tournois par an »
(E. 1649. Archives départementales).

Section historique.
D'un registre de comptes coté K.K.4 a été extrait ce qui suit :
C'est le compte Jehan don Four receveur madame la royne Jahnne, royne de France et de Navarre en son bailliage de Crécy de la value, profris et emolumens des domaines et revenues d'icelle dame de la terre de son douaire en Champaigne et en Brye des chastellenes qui sont oudit bailliage c'est assavoir de Creci en Brie, de Coulomiers, de Chastiautherry, de Chasteillon seur Marne et de Nuilly saint front pour un an commencié à la Magdalene l'an mil trois cent soixante trois quatre...
Et s'ensuit le compte de son propre héritage de Braye-Conte-Robert et de ses conques de Gournay seur Marne.

Recepte.
Premierement la creste du compte précède...
Crécy en Braie et les villes appartenans.
Des cens de Crécy le jour de la Saint-Remy prisiez en l'assiette Madame...
Des deux moulins à yaue de Greci l'en compte ci-après ou chapitre des grains...
De la value du molin de la Chappelle et des deux molins de Villers l'en en compte ci-après ou chapitre des grains...
Autre recepte du temps de Jean dou Four dont mention est faite ou compte précédent.
De Maciot Godin et Ancelet Piol, fermiers jadiz des molins de Creci, de la Chappelle et de Villers qui devoient à ma dite dame à cause de leur dite ferme quatre muids huit setiers de bled moulture, les deux pars grosse et la tierce bonne pour la moitié du terme de la Magdalene trois cent soixante et un, dont Madame leur avoit donné respit de paier jusques à la fin de leurs années qui se feni à la Toussaint trois cent soixante-deux, si comme il appert par le compte précédent et depuis Madame leur a quitté VIII setiers de ladite moulture...

Recepte de grain de ceste présente année en la terre de Creci, de la Value des molins de Creci, de la Chappelle et de Villers prisiez en l'assiette Madame soixante quatre muis de bled et pour ce onze-vingt livres tournois que Milet de Mangnis, tient à ferme à trois ans commenciez à la Toussaint trois cent soixante-deux...
De la value des molins Ernoul, Ourvaux et la Saux prisiez en l'assiette Madame...
1. Direction générale des archives de l'Empire. E. 1649, Archives départementales (années 1363 et 1364).
Sources: A. Bazin - Etudes sur la rivière et la vallée du Grand-Morin, page 110. Coulommiers 1907 - Bnf

 

Moulin du Temple (Civray)   (86)
Moulin du Temple de Civray
Département: Vienne, Arrondissement: Montmorillon, Canton: Civray - 86


Moulin du Temple de Civray
Localisation: Moulin du Temple de Civray


Moulin du Temple, sur la Charente, à Civray.
— Appartenant à la Maison du Temple de Civray.
— 1388, 1403 (Grand Gauthier, folio 207 et 224)
— 1498, 1601 (fief de la Chan)
— Ce moulin n'existe plus ou, du moins, n'est plus connus sous ce nom.
— Le puy du Temple est mentionné en 1404 (Grand Gauthier, folio 195 vº)
— 1563 (Commanderie de Civray, 1)
— L'Isle du Temple en 1498 (fief de Fayolle)
— Une rue de Civray est appelée rue du Temple
Sources: Dictionnaire topographique du département de la Vienne, rédigé par M. L. Rédet. Paris Imprimerie Nationale M. DCCC. LXXXI

 

Moulin, de Quinte joie   (77)
— Moulin, de Quinte joie.
Département: Seine-et-Marne, Arrondissement: Meaux, Canton: Serris, Commune: Couilly-Pont-aux-Dames - 77


Moulin, de Quinte joie.

Localisation: Moulin, de Quinte joie.


Etabli sur la rive droite du Morin, au-dessous du pont de Couilly, ce moulin appartenait en partie, dès février 1209, aux Templiers de la Commanderie de Chevru (canton de la Ferté-Gaucher).

En cette année 1209 (1210), ils acquirent l'autre partie de Pierre de Cornillon, de Meaux, en échange de certaines redevances qu'ils tenaient de la libéralité de Manasses, seigneur de Coulommes (1156 à 1179).

Un peu plus tard vers 1216, à l'occasion de l'érection (sous le vocable de Sainte-Marie et de Saint-Jean-Baptiste) d'une chapelle à Mont-Denis (commune de Sancy), par les seigneurs de Quincy, le même Pierre de Cornillon fit don pour l'entretien de ladite chapelle de 40 livres provinoises ; cet exemple fut suivi plus tard par deux de ses parents, Raoul et Jean de Cornillon, et par d'autres personnes pieuses qui ajoutèrent des rentes en vin à prélever sur la dîme de Crécy, et des redevances en blé à « percevoir sur le moulin de Quintejoie ».

Enfin Pierre, évêque de Meaux, par une charte donnée en 1234, avant Pâques, confirme « l'abandonnement », fait par le couvent de No

 

Moulin-du-Temple (Le)   (21)
Moulin du Temple de Thoires
Département: Côte-d'Or, Arrondissement: Montbard, Canton: Châtillon-sur-Seine - 21


Moulin du Temple de Thoires
Localisation: Moulin du Temple de Thoires


Moulin-du-Temple (Le), commune de Thoires.
— Molendinum Templi, de Toyre, 1220 (Fonds de la Maison du Temple d'Epailly, H 1187)
— Molendinum de Thoyra, quod est fratrum milicie Templi, 1233 (ibidem)
— Les Moulins du Temple, de Thoires, 1635 (ibidem)