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Les cartulaires de certaines commanderies de france

Notice du Cartulaire de la Commanderie de Provins
1. — La Commanderie  2. — Temporel Formation  3. — Temporel Description  4. — Temporel Exploitation  5. — Revenus et Emploi  6. — Le Procès des Templiers de Provins  7. — Les commandeurs de Brie  8. — Introduction au Cartulaire  9. — Dates et Nº des Actes  10. — Actes hors Cartulaires  11. — Notice Cartulaire


Notice sur le Cartulaire de Provins (XIIe et XIIIe siècle) par Félix Bourquelot
La publication du procès des Templiers, par M. Michelet, a rappelé dernièrement l'attention sur l'histoire de cet ordre célèbre. C'est ce qui m'engage à dire quelques mots d'un cartulaire des Templiers de Provins, aujourd'hui conservé aux Archives de l'empire, et qui contient des actes remontant à la première époque de l'établissement des chevaliers du Temple en France, et des notions intéressantes sur leurs possessions et leurs richesses au douzième et au treizième siècle.

En fait de cartulaires d'ordres religieux militaires, le grand dépôt des Archives de l'empire possède ceux de Fieffés, dans la Picardie, renfermant des chartes de 1150 à 1218; de Mésy, contenant des actes de 1292 à 1294; d'Orléans, ayant des actes de 1148 à 1365, qui se rapportent tous trois aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem; et celui de Provins, renfermant des actes de 1133 à 1243, qui concerne les chevaliers du Temple. On trouve à la Bibliothèque impériale (fonds des cartulaires, nº 70) le cartulaire des Templiers de Roaix (département de Vaucluse, arrondissement d'Orange, canton de Vaison), dont les pièces ont pour dates extrêmes 1138 et 1227. Enfin, le Catalogue des Cartulaires, publié par la Commission des archives, indique dans les départements, à Troyes, à Strasbourg, à Colmar, à Dijon, à Marseille, à Toulouse, à Alby, une douzaine de cartulaires d'ordres religieux militaires, dont la moitié seulement appartient aux Templiers et dont la plus ancienne pièce est de 1135. Le nombre restreint de recueils de ce genre ajoute à l'intérêt de celui dont j'ai à m'occuper, et qui, comme on peut le remarquer, a, par l'âge des chartes transcrites, l'avantage sur tous les autres.

Le cartulaire des Templiers de Provins est un cahier de vingt-quatre feuillets de parchemin, accidentellement réunis. Les premiers se distinguent par une écriture de moyenne grosseur et d'une couleur pâle; la seconde partie, depuis le dix-huitième feuillet, par une écriture plus fine et plus noire; les trois derniers feuillets semblent être de la même main que les premiers. Dans tout le cours du recueil, la forme des caractères annonce le milieu du treizième siècle. Plusieurs feuillets sont coupés par le bas, de façon que quelques lignes ont disparu. On ne rencontre aucun ordre méthodique dans la disposition des pièces les unes par rapport aux autres Le cahier, aujourd'hui coté S. 5162, nº 25, porte, pour ancienne cote : La Croix en Brie.

L'institution des Templiers date, comme on sait, de l'an 1118, et l'un des neuf gentilshommes qui en eurent l'initiative est un chevalier champenois, Hugues de Pains, de la maison des comtes de Champagne. Installé par le roi Baudouin II à Jérusalem, près des ruines du temple de Salomon, confirmé en 1128 parle concile de Troyes, protégé par les papes et par les rois, doté d'importants privilèges, le nouvel ordre eut un développement des plus rapides. Des succursales, préceptories ou commanderies, s'organisèrent sans délai en Orient et en Europe ; chacun aspira à entrer dans la sainte milice. L'enthousiasme causé par les croisades était alors dans toute son énergie ; les Templiers firent l'objet de libéralités nombreuses et considérables : rois et seigneurs, artisans et bourgeois, de tous côtés les fidèles voulurent contribuer à aider ou à récompenser ces valeureux soldats du Christ qui formaient pour combattre l'islamisme une armée permanente et sûre. En 1129, l'ordre du Temple avait déjà, dit-on, des établissements dans les Pays-Bas.

Si l'on se restreint au point spécial de la France auquel s'applique notre cartulaire, on voit les Templiers fixés dans la Champagne et la Brie peu d'années après l'institution de leur ordre (1). « Hoc dedi et concessi », dit Thibault IV, comte de Blois, dans une charte de concession et de confirmation de biens à Barbonne, en faveur des Templiers, « hoc dedi et concessi anno octavo ab institutione prenominatorum commilitonum Christi, in vigilia omnium sanctorum (2). » L'acte manque de toute autre indication chronologique. Si l'institution dont il s'agit ici était celle de 1118, la concession se rapporterait à l'an 1126, ce qui n'est pas en désaccord avec l'époque à laquelle Thibault, déjà comte de Champagne, est devenu comte de Blois (juin 1126); mais je doute qu'il en soit ainsi, et probablement l'institution des Templiers, mentionnée dans la charte de Thibault, est la confirmation donnée par le concile de Troyes, ce qui nous reporte à l'an 1136. Le même cartulaire renferme Une charte de donation, en faveur des chevaliers du Temple, par Withier de Barbonne (3), dans laquelle figure Haton, évêque de Troyes, ce qui prouve que cette charte a dû être rédigée entre les années 1122 et 1145;

En tous cas, la présence des Templiers dans la Brie, aux époques primitives de l'existence de l'ordre, est attestée formellement par un acte de 1133 et par diverses pièces d'une date très-ancienne. Dans la charte de 1133, il est question de biens cédés aux religieux, à Baudement et aux environs de cette localité (4); des pièces de 1159 (5) et 1164 (6) font connaître des dons accordés aux Templiers sur le tonlieu des marchandises vendues aux foires de Troyes, et sur le tonlieu de la laine, du fil, des couvertures, des coussins vendus aux foires de Provins. Le cartulaire offre, sous l'année 1165, une charte par laquelle le comte de Champagne cède ses droits sur une maison qu'il possédait à Provins, dans la vallée de Saint-Ayoul (7) ; cette cession a lieu en faveur de Bernard de la Grange, « in augmento casamenti quod de comite tenebat. » Sans que le nom des Templiers y soit prononcé, elle fait, ce me semble, pressentir l'établissement de ces religieux à Provins. En 1171, on les trouve possesseurs à Provins d'une maison, « in novo foro », qu'ils échangent, avec l'agrément du comte de Champagne, contre une autre maison en pierre, voisine de l'église de Notre-Dame du Val. Dans l'acte d'échange, on voit inscrits au nombre des témoins, avec un procureur des affaires du Temple, cinq frères de l'ordre (8). Dans une charte de 1173, figure une maison du Temple établie à Coulommiers, à laquelle sont faits divers dons de moulins et de serfs (9). Sous l'année 1178, se présente une autre charte du même genre que celle de 1165 (10). Le comte Henri le Large cède à Habran de Provins, son chambrier, en augmentation de casement, ses étaux où l'on vend les fruits à Provins, dans le vieux marché (11).

C'est particulièrement à l'an 1193 que l'on rapporte l'établissement, à Provins, d'une succursale de l'ordre du Temple. A cette époque, la vicomté de Provins, détachée du comté par le comte Etienne, dit Henri (1101) (12), était entre les mains de la famille des Bristauds, famille puissante à la cour de Champagne (13), dont un membre eut le gouvernement de la Brie pendant l'absence du comte Henri le Large, parti pour la terre sainte. Plusieurs actes du cartulaire se rapportent à l'intervention des Bristauds dans les affaires du Temple. En 1193, Henri Bristaud, vicomte, et Héloïse, sa mère, vicomtesse de Provins, font don aux Templiers de plusieurs maisons, chambres, greniers, terrains, dans le voisinage de l'église Sainte-Croix (14). Cette donation est approuvée par la comtesse Marie, en l'absence de son mari (15). En 1207, Raoul Bristaud, chevalier, et Marguerite, sa femme, cèdent aux frères de la milice du Temple, demeurant au Mesnil-Saint-Loup, ce qu'ils avaient sur le « Moulin du Vicomte », à Provins (16).

Les édifices abandonnés aux Templiers par Henri Bristaud et sa mère servirent de chef-lieu aux Templiers de la Brie, et, s'il faut en croire la tradition, d'hôpital ou de refuge aux pèlerins qui allaient à Jérusalem ou qui en revenaient. Deux autres maisons de Templiers se formèrent à Provins : l'hôpital de la Madeleine, à la ville haute, dans la rue de Jouy, et l'hôpital des Templiers, dans la vallée, près du hameau de Fontaine-Riante. Ce dernier établissement a été, jusqu'à la révolution, connu sous le nom de chapelle de Notre-Dame de la Roche et d'Ermitage.

Le cartulaire donne des notions sur divers biens possédés à Provins, par les Templiers, au douzième et au treizième siècle.
Il y est question de la maison des Frères, sans autre désignation (1205, 1225, 1232);
D'une loge et des vignes qui en dépendaient (1232);
De la maison des Templiers située rue Sainte-Croix (1193, 1225, 1232);
De chambres, places, etc., au château, près du palais des comtes de Champagne (1232);
De maisons dans la rue de Jacy (1220, 1234);
Aux Marais (1233);
Dans le cours aux Bêtes, à la ville haute (1228);
Devant les anciens étaux des bouchers (1234);
En la rue de Culoison (1219);
A la Tuilerie (1241);
De chambres situées près du Buat (1236);
D'un four (1242);
De tiroirs (1221);
D'étaux (1211);
De droits, péages et tonlieux sur différents marchés et établissements de la ville (1211, 1214, 1218, 1219, 1242) (17).

Dans divers écrits concernant Provins, la vicomté et la commanderie du Temple sont considérées comme unies l'une à l'autre et comme confondues dans les mêmes mains. Voyons jusqu'à quel point et dans quelles limites cette proposition peut être acceptée. D'une part, les gentilshommes auxquels on attribue la fondation de la commanderie de Provins, ont certainement possédé la vicomté de cette ville; de plus, la maison des Bristauds, près de l'église Sainte-Croix, donnée aux Templiers en 1193, est devenue chef-lieu de commanderie ; enfin, après la destruction de l'ordre du Temple, sous Philippe-le-Bel, les commandeurs de la Croix-en-Brie, qui ont hérité des droits et possessions des Templiers de Provins, ont pris le titre de vicomtes de Provins.
— D'autre part, il faut noter qu'avant le quatorzième siècle, on ne trouve la mention d'aucun commandeur du Temple, vicomte de Provins ; que les chartes copiées dans notre cartulaire ne relatent nulle part l'union de la commanderie du Temple et de la vicomté; que, par un acte de juillet 1248, dont le texte est parvenu jusqu'à nous, la vicomté de Provins a été vendue, avec ses dépendances, au comte de Champagne, par Guillaume des Barres, beau-frère de Jean Britaut (18); que, d'après un compte de 1268-69 (19), elle était encore à cette époque entre les mains du comte de Champagne, et qu'aucun document positif ne la montre depuis lors se séparant du comté de Champagne ; enfin que Guillaume des Barres, dans l'acte de vente de la vicomté de Provins, figure comme agissant pour lui-même, et nullement au nom des Templiers.
— Ce que l'on ne peut s'empêcher de reconnaître, c'est que, malgré le contrat de 1248, et le silence des documents à l'égard d'une vente ou d'une cession nouvelle, la vicomté de Provins, par un acte dont il ne nous reste pas de trace, est redevenue la propriété des Templiers, puisqu'elle a pu être, en 1312, transmise aux commandeurs de la Croix-en-Brie; avec les biens de l'ordre du Temple. Le texte d'un accord conclu au mois de décembre 1300 entre les Templiers de Provins, d'une part, et les abbé du Moutier-la-Celle et prieur de Saint-Ayoul, de l'autre, au sujet des droits de minage, constate que les chevaliers du Temple possédaient alors la vicomté ou le franc-aleu ; qu'ils étaient propriétaires et seigneurs, dans la chaussée de Sainte-Croix, d'un certain espace de terrain, dont les limites sont fixées par l'acte lui-même (20). Ces limites paraissent précisément comprendre les fonds cédés aux Templiers par les Bristauds. Déjà, dans le dernier quart du treizième siècle, la vicomté avait cessé d'appartenir aux comtes, car il n'en est pas question dans « l'Extenta terre comitatus Campanie et Brie (21) », ni dans un compte des revenus du comté de Champagne de l'an 1287, conservé à la Bibliothèque impériale (22).

Quelques mots, avant d'aller plus loin, sur la commanderie de la Croix-en-Brie, à laquelle furent transportés les biens des Templiers de Provins, en 1312. Le prieuré de la Charité-sur-Loire, appartenant aux religieux de Cluny, céda, en juillet 1203, aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, tout ce qu'il possédait à Châteaubleau, Coutançon, Corroy, etc. ; deux mille livres, sur le prix de vente, furent payées au mois de septembre 1203 par Isambard, prieur de l'Hôpital de France (23). En 1221, les Hospitaliers obtinrent de l'archevêque de Sens le droit de posséder l'église de la Croix-en-Brie, avec celui de présentation et de patronage à la cure. On voit par un titre de 1233, portant échange avec Pierre de Jeancour, qu'ils avaient à Provins plusieurs droits et possessions (24). La Groix-en-Brie fut le chef-lieu d'une commanderie de l'ordre de Malte, de la langue et du grand prieuré de France. Les biens des Templiers à Provins, la Madeleine, le Temple devant Sainte-Croix, et Notre-Dame de la Roche furent, en 1312, abandonnés au commandeur de la Croix-en-Brie.

Revenons au contenu de notre cartulaire. On y trouve une vingtaine d'actes du douzième siècle, dont le plus ancien, à date certaine, est de 1133. Les autres pièces, se montant à une centaine, sont de la première moitié du treizième siècle, jusqu'en 1243. Cette masse de documents est digne d'attention sous divers rapports. Elle présente :
1º des notions sur les possessions et les richesses des Templiers, depuis leur établissement dans la Brie jusqu'en 1243;
2º quelques faits notables au point de vue diplomatique;
3º des indications relatives à l'histoire;
4º des mentions de monnaies et de mesures usitées dans les provinces;
5º des notions biographiques;
6º des renseignements concernant l'histoire spéciale de la ville de Provins.

Qu'on me permette de réunir quelques détails sur chacun de ces points en particulier.
1º Possessions des Templiers. Depuis le moment où paraissent dans la Brie des membres de l'ordre du Temple, les possessions de cet ordre y prennent un développement rapide et considérable, par dons, legs, ventes, etc. Les comtes de Champagne, les gentilshommes du pays, les bourgeois rivalisent de générosité à leur égard. A la fin du douzième siècle, la bonne volonté des comtes de Champagne envers eux paraît cesser; depuis 1195 jusqu'à 1243, le cartulaire ne présente plus un seul acte qui la témoigne, et l'on sait qu'en 1228 un grave désaccord s'était élevé entre Thibault le Chansonnier et les frères de la milice du Temple. Mais c'est là un fait à peu près individuel. Les actes de notre cartulaire montrent les Templiers possédant ou recevant, sur divers points du territoire, des bois, des champs, des vignes, des moulins, des pressoirs, des maisons d'habitation, des ateliers de draperie, des fours, des dîmes, des cens et des rentes, des droits de tonlieu sur les denrées, des serfs en grand nombre, etc. J'ai mentionné à part, les biens des Templiers à Provins ; l'énumération des autres biens que leur attribue le cartulaire serait d'un intérêt trop minime pour que j'insiste davantage sur ce point.

2º Faits, notables au point de vue diplomatique. Les actes de notre cartulaire offrent de nombreux exemples des habitudes particulières de la chancellerie des comtes de Champagne. Pendant la seconde moitié du douzième siècle et les premières années du treizième siècle, les chartes des comtes de Champagne contiennent pour la plupart, à la suite de la date, la mention nominale d'un chancelier et d'un notaire, sous cette forme : « Traditum, datum, data per manum N. cancellarii. Nota N. » Quelquefois le chancelier figure seul. Au treizième siècle, sauf quelques exceptions, le nom des officiers de chancellerie disparaît, et les chartes des comtes de Champagne sont terminées la plupart du temps par la simple indication de la date.
— Notons encore, dans une charte de « Henricus, comitis T. filius » (Henri le Large, 1152-1181), le sceau désigné par les mots « impressione mee ymaginis (25) », et une date fixée par celle de l'institution de l'ordre du Temple. Il a été plus haut question de ce fait.

3º Indications pour le droit et l'histoire du moyen âge. Un acte de 1133, du genre de ceux qu'on désigne sous le nom de Notices, offre la mention du couteau qui a servi de signe à la tradition de biens que cet acte constate : « Hujus rei testes sunt : Hugo de Petrafonte, qui cultrum dedit per quem donum factum fuit... (26) » A Une charte dont on ne peut guère apprécier la date que par la mention qu'elle renferme de Haton, évêque de Troyes (1122-1145), porte cession, par Withier de Barbonne, aux chevaliers du Temple, de ses biens, vignes, terres, etc., et de ses livres : « libros suos, scilicet breviarium et missale (27). » C'était là évidemment toute la bibliothèque du donateur.
— Dans un acte daté du mois de juin 1240, je remarque un emploi curieux de l'excommunication. Etienne de Rouilly s'y reconnaît débiteur de cent sous provinois envers les Templiers, à raison du louage d'une vigne, et il s'y soumet, au cas où il manquerait à ses engagements, à ce que les frères : « facibus accensis, pulsatis campanis, quocumque loco residentiam faceret, eum excommunicarent et excommunicari facerent, donec de predictis, cum dampnis habitis, dictis fratribus satisfactum fuerit ab eodem (28). »
— Dans un autre acte du mois de février 1240, Renaud, fils d'Odeline, dite-Blanche, parvenu à l'âge de puberté, et libre de toute tutelle, déclare et reconnaît que sa mère l'a adressé au seigneur frère de la milice du Temple de Provins, et l'a offert, avec ses biens et ceux qu'elle doit lui laisser, à Dieu et aux Templiers (29). Les actes de vente copiés dans notre cartulaire offrent la disposition que voici : les acheteurs de maisons, moyennant un cens ou une rente, sont tenus d'employer une certaine somme à l'amélioration de l'immeuble. Ainsi, dans une charte constatant la vente par les Templiers à Herbert Tueboeuf, boucher, et à ses héritiers, d'une maison sise à Provins, devant les vieux étaux des bouchers, moyennant une rente de cinquante sous provinois, et un cens de deux deniers (1234), après la mention du prix, on lit : « Super quam domum, predictus Herbertus Tueboeuf tenelur ad emendationem infra tres annos, respectu bonorum virorum, XX libras ponere, ita tamen quod, si forte domus illa aut incendio aut alio quoeumque casu corruerit sive devastata fuerit, predictus Herbertus Tueboeuf, sive successores sui, eam reedificare tenebunlur, vel, si non possint eam reedificare, onere paupertatis oppressi, nichilominus pro platea dictam pensionem cum censu prenotato per fides suas persolvere tenebuntur (30). »

Dans un acte de janvier 1231, les acheteurs donnent une grange en garantie d'une rente qu'ils doivent aux Templiers (31).
— Dans les actes d'admodiation ou de louage, comme par exemple dans une charte datée de 1233, veille de la Saint-Jean-Baptiste (32), et dans une charte datée d'octobre 1234 (33), les preneurs s'engagent à l'emploi d'une somme d'argent, "in augmentum et meliorationem."
— Notre cartulaire offre diverses mentions d'individus partis ou au moment de partir pour la terre sainte, en 1227 (34) 1239 (35) etc.

4º Mentions de monnaies et de mesures. La monnaie la plus fréquemment désignée dans nos chartes de templiers est la monnaie provinoise, livres (sous et deniers) qui avait, comme on sait, une grande vogue au douzième et treizième siècles. Il y a une distinction marquée entre les provinois ordinaires et les provinois forts, qu'on voit figurer dans les actes du cartulaire, en 1237, 1239 et 1241 (36).
— En 1159, le comte de Champagne, Henri le Large, donne aux Templiers 10 marcs d'argent, et, pour ces 10 marcs, 24 livres de Provins sur son tonlieu de Troyes, 12 à la Saint-Remi, 12 à la Saint-Jean (37).
— Il est aussi question dans le cartulaire de deniers, de poitevins et d'oboles de cens (1228, 1239), et de besants (1122-1145). Quant aux mesures, on trouve mentionnés : pour les surfaces agraires, l'arpent, le journal, le quartier, la charruée, la tensa ou toise; pour les céréales, le muid, le setier, la mine. On doit aussi noter dans les actes des tuiles à 14 sous provinois le millier (janvier 1241), et du blé à la mesure de Provins (charte de Mélisende, abbesse de Paraclet).

5º Notions biographiques. Je comprends, sous ce titre, des indications relatives à certaines personnes notables et aux fonctions qu'elles ont remplies. Occupons-nous d'abord des fonctionnaires ecclésiastiques. Quant à l'abbaye de Saint-Jacques de Provins, je vois figurer dans les actes du cartulaire, à titre d'abbés, Geoffroy et Pierre, que le Gallia christiana inscrit dans sa liste de 1201 à 1235, puis Gui (Guido de Vilonissa), qui porte, dans une charte de 1240, le titre de Minister ecclesie S. Jacobi, et que des documents étrangers au cartulaire des Templiers montrent vivant encore en 1249.
— En continuant à comparer nos renseignements avec les listes du Gallia christiana, pour l'abbaye de Jouy, je remarque que le Gallia christiana indique successivement comme abbés Léothericus, de 1221 à 1235, et Garnier, en 1235 (38) et que notre cartulaire permet d'ajouter entre ces deux dignitaires, en 1233 : Johannes, ecclesie Joyaci inister humilis, et donne le nom de Garnier en 1241.
— L'article de Melisende, abbesse du Paraclet, à la lin du douzième siècle, laisse beaucoup à désirer dans le Gallia christiana. Notre cartulaire contient un acte, malheureusement sans date, par lequel « Melisendis, Dei gratia Paraclitane ecclesie humilis ministra », cède aux chevaliers du Temple, contre une rente annuelle, des biens situés à Ville-gruis (39).
— Les autres indications du même genre contenues dans notre cartulaire, portent sur des établissements non mentionnés dans le Gallia christiana. Voici ce que fournissent des rapprochements avec les manuscrits locaux :
— Pour le chapitre de Saint-Quiriace de Provins, Mathieu est indiqué comme doyen en 1164 (40) ; G. ou Geoffroy (Gaufridus de Poulemeure) paraît de 1211 à 1225. Les listes qui se trouvent dans l'ouvrage de M. Ythier, signalent Geoffroy en 1196, puis Etienne de Cucharmoy, en 1232, puis Simon de Courpalay, en 1237, puis Jean de Visines, de 1238 à 1273. C'est ce dernier que notre cartulaire désigne, en 1241, par l'initiale I.
— Pour le chapitre de Notre-Dame du Val, je remarque, à titre de doyen, de 1211 à 1220, Etienne, que M. Ythier qualifie de chancelier du comte Henri de Champagne, et qu'il indique comme doyen de Notre-Dame, dès 1198. Foucher paraît ensuite, en 1228 et 1232 (M. Ythier le place en 1221), puis Etienne, en 1233, et Eudes, en 1240 et 1241.
— Pour l'Hôtel-Dieu, je trouve, en 1211 et 1218, Odo, pauperum Domus Dei minister; en 1224, Johannes; en 1237, Henricus, avec la même qualification.
— Guillaume intervient comme archidiacre de Provins, en 1243;
— Hémery, comme doyen de la chrétienté, de 1225 à 1243.
— Enfin, quant à la direction des affaires du Temple, on rencontre le nom de Eustachius Canis (41), vice magistri tunc temporis (1171), rerum Templi procurator in Gallia (42).
— En dehors de l'ordre ecclésiastique, les actes du cartulaire des Templiers de Provins me permettent de signaler, au mois de juin 1220, Raoul des Ponts, bailli de la comtesse de Champagne (43) ; en 1242, "Gilo , dictus Hurez", maire de la commune de Provins (44) ; "Tynochius ou Estinoches", prévôt de cette ville, en 1242 (45), etc. Citons encore : "Milo de Pruvino", Milon de Bréban ou le Bréban, qui prit une part glorieuse à la croisade de 1204, et fut élevé à la dignité de Bouteillier de Romanie (46) ; Guillaume le Maréchal, père de Milon; Jean Bréban, fils de Milon, en 1233 et 1243; plusieurs membres de la famille des Bristaud, que l'on a vue contribuer, par ses libéralités, à l'établissement des chevaliers du Temple à Provins; divers personnages qui ont fait partie de la magistrature municipale de Provins, ou dont les descendants ont rempli dans cette ville des fonctions échevinales, les Pentecoste, les Corions, les Tueboeuf, les Juliot, les Comtesse, les Bebuede; des individus qui sont désignés comme membres de la familia du comte de Champagne, Hugues de Lisy, Nicolas de Sézanne, Hugues de Bernon (1133) (47), ou comme les grands de sa cour et ses fidèles, "astantibus et testantibus proceribus et fidelibus meis (1171) (48), les seigneurs de Trainel, de Rameru, de Garlande, Artaud le Chambrier, Geoffroy et Girard l'Eventé, etc.

6º Renseignements concernant l'histoire spéciale de la ville de Provins. On trouve indiqués dans notre cartulaire :
— La Vieille rue (1237), les rues de Jacy (1220, 1234, de Sainte-Croix, des Marais (1233), des Osches (1237);
— Des étaux à fruits dans l'ancien marché (1178) ou la Regraterie (1211), les vieux étaux des bouchers;
— Le minage de la vallée et celui du château ; le cours aux chevaux;
— Les halles de la vallée (1211);
— Le moulin des Changis (1237), le moulin Moucenne, sur le Durtain (1232, 33, 36);
— Le palais des comtes à la ville haute;
— Le four à la Chaîne, appartenant aux Templiers (1242);
— La porte de la Pisserote (1232, 33);
— Les églises de Saint-Thibault, de Sainte-Croix, de Notre-Dame du Val (1171, 1193, 1232, 33), etc.
Le comte Henri le Large, en confirmant la vente faite aux Templiers, par Henri Burda, d'une maison située à Provins, près de l'église Notre-Dame du Val, affranchit (in integra libertate) cette maison et les édifices qui en dépendent, tant aux foires que hors foires, "ita quod", ajoute-t-il, "omnes mercatores, quicumque in ea vel in edificiis ad idem tenetnentum pertinentibus negotiationem suam facere voluerint, ibidem libere negotiantur (1171) (49).
— On voit aussi l'Hôtel-Dieu de Provins vendre aux Templiers ce qu'il possédait "in oschiis que sunt ante halas, in valle Sancti Aygulphi, exceptis duobus tensis in longum et ex traverso (1211) (50).
— Enfin deux actes, de juillet 1214 (51) et de décembre 1218 (52), font mention de la vente aux Templiers, par Adam de Tachy, du consentement de sa femme, d'abord de quatre jours, puis de deux jours de marché, formant deux parts qu'il possédait sur les cinquante-deux jours annuels du marché du minage et des revenus de ce minage (53).

Je ne joins pas à cette étude le texte en latin des chartes de 1133, 1164, 1171, 1214, 1231 et 1240, dont j'ai eu occasion de parler (54). Sources : Félix Bourquelot, Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, Tome quatrième, quatrième série, Paris M DCCC LVIII.
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Notes
1. D. Vaissete fait remonter à 1136 le premier établissement des Templiers en Languedoc.

2. Cartulaire, p. 40, col. 1, nº2.
3. Cartulaire, p. 38, col. 2, nº1.
4. Cartulaire, p. 37, col. 1, nº1.
5. Cartulaire, p. 39, col. 2, nº2.
6. Cartulaire, p. 37, col. 2, nº2.
7. Cartulaire, p. 9, col. 2, nº1.
8. Cartulaire, p. 39, col. 1, nº 2.
9. Cartulaire, p. 39, col.. 1, nº 1.
10. Cartulaire, p. 27, col. 2, nº 1.

11. Par une charte de 1191, donnée au siège de Saint-Jean d'Acre, qui ne figure pas dans notre cartulaire, le comte Henri confirme tous les dons et privilèges que son père et son aïeul avaient 'accordés aux Templiers. (Cartulaire Campan, collection dite des 500 de Colbert, nº 56, à la Bibliothèque impériale, fol. 122 vº.)

12. Les lettres d'érection de la vicomté de Provins, attribuées au comte Etienne-Henri, portent, suivant M. Ythier (Histoire civile de Provins, ms. de la bibliothèque de la ville, t. I, p. 189), « Mous avons désuni de notre comté de Provins les choses dessus mentionnées et spécifiées, pour être séparément tenues et possédées en titre de foi et nom de vicomté. » — Une charte du comte Henri le Large, de 1156, promulguant une donation faite à l'abbaye de Jouy, est approuvée par Margarita, Pruvini vice-comitissa. (Ythier, Histoire ecclésiastique, t. IV, p. 68, et Histoire civile, t. I, p. 192 et 195.)

13. Voici les renseignements que les chartes m'ont fournis sur la famille des Bristauds. Je crois devoir les donner ici, parce qu'ils ajoutent quelques notions à celles qui se trouvent dans l'ouvrage du Père Anselme. Pierre Bristaud est mentionné comme témoin dans les chartes des comtes de Champagne, en 1155 et dans les années suivantes, tantôt seul, tantôt avec son frère Dreux, qui parait aussi sous le nom de « Droco de Pruvino. » (Voyez entre autres un acte de notre cartulaire, p. 37, col. 2, nº 1.) Pierre Bristaud, qui fut connétable du royaume de Naples, vivait encore en 1176; sa femme Hawide était morte (Grande charte de Saint-Quiriace). Par un acte sans date, mais qui doit être de l'an 1176, la comtesse Marie, fille du roi Louis VII et femme du comte Henri le Large, fait don d'une serve à Dreux Bristaud. (Collection de M. le Dr Max. Michelin, à Provins.) Dreux Bristaud figure parmi les témoins dans la grande charte de Saint-Quiriace, en 1176. En 1193, on voit paraître Héloïse de Nangis, femme (seconde femme ?) de Pierre Bristaud, vicomtesse de Provins; Henri Bristaud, fils d'Héloïse, vicomte de Provins; Dreux, Gilles, Hugues et Marie, frères et soeur de Henri; enfin Herbert, Raoul et Geoffroy Bristaud, frères. (P. 38, col. 1, nº 1, et p. 3, col. 2 de notre cartulaire.) L'année suivante, Héloïse et Henri font à l'Hôtel-Dieu de Provins une donation qui est approuvée par Dreux. (Petit cartulaire de l'Hôtel-Dieu, aux archives de cette maison, fol. 22 rº.) Il est question d'Héloïse dans le petit cartulaire de l'hôtel-Dieu, titre 101, et dans le grand cartulaire, fol. 44. Henri Britaud et Dreux, son frère, vivaient encore en 1224, comme le témoigne un acte du mois de juin de cette année. (Bibliothèque impériale, Chartes et Diplômes, à la date.) Elle épousa en secondes noces Adam, vicomte de Melun. Henri Bristaud est mentionné dans une charte d'avril 1239 (Cartulaire Campan. Bibliothèque I Colbert, nº 58, fol. 187 rº.) Un ancien censier de l'Hôtel-Dieu de Provins (aux archives de cette maison), porte : « Porprisium Templi, quod fuit Henrici Bristaudi — Domus Henrici Bristaud, inter duos pontes. » On rencontre en outre, dans les actes du treizième siècle, Raoul Britaud (1207-1226), lequel avait cessé de vivre en 1238 ; Marguerite, sa femme (1207-1238); Henri Britaud (1239, avril); Jean Britaud, chevalier, seigneur de Nangis et de Champcenetz, connétable du roi de Sicile et pannetier du roi de France (1241, 1248, 1264, 1276, 1277), mort vers, 1279; Marguerite de Trainel, sa femme (1287); Héloïse, sa soeur, femme de Guillaume des Barres ; Philippe, sa fille, femme de Bouchard de Montmorency, seigneur de Saint-Loup et de Nangis. Voyez, au sujet de la filiation de Philippe, une charte de septembre 1282, dans le grand cartulaire de l'Hôtel-Dieu, fol. 71, et un acte d'avril 1285, dans les mss. de M. Ythier, t. XII, p. 197.

14. Cartulaire, p. 38, col. 1, nº 1.
15. Cartulaire, p. 3, nº 2 et 38, col. 1, nº 2 — Une charte de Pierre, abbé du Moutier-la-Celle, et de frère Joscelin, prieur de Saint-Ayoul de Provins, contient la cession aux Templiers de dix sous de cens qu'ils avaient droit de percevoir sur les biens mentionnés dans la charte de la comtesse Marie, 1193. (Ythier, Miscell., ms. de la bibliothèque de Provins, p. 215)

16. Cartulaire, p. 41, col. 8, nº 3.
17. Dans l'Extenta terre comitatus Campante et Brie, conservé aux Archives de l'empire K, 1154, au chapitre Baillivia Pruvinensis, on lit : Item (habet dominus) tholoneum lane... sed sciendum quod templarii habent medietatem istius tholonei, quia quondam fuit totum ipsorum. Et ipsi associaverunt ad hoc dorninum, eo quod melius gauderenl de eo...

18. J'ai publié le texte de l'acte de vente dans mon Histoire de Provins, t. II, pièces justificatives, p. 403. — Par des lettres du mois de juin 1248, Jean Eritaut, chevalier, ratifie la vente de la vicomté de Provins faite par Guillaume des Barres et Héloïse, sa femme. (Inventaire, du Trésor des chartes, à la Bibliothèque impériale, nº 9418, t. II, 268.)

19. Bibliothèque impériale, deux feuillets de garde à la fin du "Liber sacramentorum" du pape saint Grégoire, fonds latin, nº 818.

20. Cartulaire de Michel Caillot, à la bibliothèque de Provins, fol. 86 rº. — On voit dans Du Cange que le mot vicomté a désigné au moyen âge un office, une dignité ou un fief. Brussel (Usage général des fiefs, p. 678) dit : « Les vicomtés héréditaires consistaient dans une partie de château ou de ville forte, » et il s'appuie sur l'acte de vente de la vicomté de Provins, de 1248.

21. Archives de l'empire, K, 1154.
22. Compotus terre Campanie et Brie, Mélanges Clairambault, vol. IX. VI.

23. Voyez, au sujet de l'acquisition faite en 1203 par les Hospitaliers, des actes conservés aux Archives de l'empire, sect. doman, 5162, liasse 19, nº 1 et suiv. — En 1178, le comte Henri le Large avait exempté de sa justice tous les hommes appartenant aux frères de l'Hôpital. (Ythier, Hist. ecclés. de Provins, t. VII, p. 213.)
24. Cartulaire de Michel Caillot, fol. 87 rº, à la bibliothèque de Provins.
25. Cartulaire, p. 40, col. 1, nº3.
26. Cartulaire, p. 37, col, 1, nº1.
27. Cartulaire, p. 38, col. 2, nº 1.
28. Cartulaire, p. 13, col. 2.
29. Cartulaire, p. 5, col. 1, nº 2, et p. 25, col. 2, nº 2.
30. Cartulaire, p. 7, col. 1.
31. Cartulaire, p. 3, col. 1.
32. Cartulaire, p. 46, col. 2.
33. Cartulaire, p. 26, COl. 2.
34. Cartulaire, p. 43, col. 2, nº 2.
35. Cartulaire, p. 9, col. 2, nº2.
36. Cartulaire, p. 43, col. 2, nº 3, et p. 7, col. 2.
37. Cartulaire, p. 39, col. 2, nº2.

38. Dans le Gallia christiana, sont cités des actes de Léothericus, en 1233, 1234, 1235 ; cet abbé, selon les Bénédictins, serait mort en 1235, et après lui seraient venus Garnier, dont la date de mort n'est pas donnée, puis Geoffroy, qui figure en 1256.

39. Cartulaire, p. 40, col. 1, nº 1.

40. Cartulaire, p. 37, col. i,nº 2. Frater Mattheus, Pruvinensis ecclesie decanus.

41. Cartulaire, p. 39, col. 1, nº 2. Eustachius Canis, frater de Templo, témoigne dans une donation de Raoul de Coucy à l'église de Nazareth, 1168 (Archives de l'empire, M. 20).

42. Voici, d'après M. Ythier (Histoire ecclésiastique, t. VII, p. 329), la liste des commandeurs de la milice du Temple en France, Brie et Provins :
— Andreas de Colors, praeceptor domorum T. in Francia (1214, déc.);
— F. Olivier de la Roche, domorum militiae templi in Francia prceceptor (1224);
— F. Jean de Tournus, domus templi pruvinensis humilis praeceptor (1225);
— F. Jean de Beaulieu, ou de Beaubourg, domorum militiae templi quoe sunt in Bria praeceptor humilis (1233);
— F. Ponce de Albon, domorum militiae templi in Francia praeceptor (1236, 1237);
— F. Hugues, domorum militiae Templi in Bria praeceptor (1256) ;
— F. Aimery de la Roche (1256-1269);
— F. François de Bort (1274);
— f. Jean de Monceaux, commandeur de la baillie de Brie;
— F. Jean, commandeur du temple de Provins (1277);
— F. Raoul, praeceptor humilis et procurator domorum militiae templi in Bria (1299).

43. Cartulaire, p. 16, col. 1, nº 2.
44. Cartulaire, p. 29, col. 1.
45. Cartulaire, ibid.

46. Cartulaire, p. 27, col. 2, nº 1. voyez, sur la famille des Brébans, mon Histoire de Provins, T, 1, p. 152 et suiv.
47. Cartulaire, p. 37, col. 1, nº 1.
48. Cartulaire, p. 39, col. 1, nº 2.
49. Cartulaire, p. 39, col. 1, nº 2.
50. Cartulaire, p. 41, col. 1, nº 3.
51. Cartulaire, p. 4, col. 1, nº 2.
52. Cartulaire, p. 31, col. 2, nº 1.

53. Voyez la donation faite, en 1212, aux Templiers, par Pierre Dain de Chalautre la grande, de deux setiers de blé sur le minage de Provins (Cartulaire, p. 41, col. 2, nº 1), et la vente, par le même personnage aux Templiers, de dix setiers de blé sur le minage de Provins. (1212 — Cartulaire, col. 2, nº 2.) Deux pièces qui se rapportent à ce sujet, et que M. Ythier cite (Histoire ecclésiastique de Provins, t. V, p. 114), manquent dans le cartulaire, aussi bien qu'une sentence de juin 1240, dont l'origine existe aux Archives de l'empire, section histoire, M. 20.

54. En dehors du cartulaire que je viens d'analyser, et des pièces extérieures que j'ai indiquées, on possède plusieurs documents se rapportant aux templiers de ta Brie et de la Champagne pour le douzième siècle et la première moitié du treizième. Je citerai seulement celles qui rentrent entièrement dans notre sujet : Charte de Jean de Tournus, précepteur des maisons du temple de Provins, constatant un échange de censives entre les Templiers et le chapitre de Saint-Quiriace (1225, mars. —Ythier, Histoire ecclésiastique, t. VII, p. 216) ;
— une charte de Thibault le Chansonnier, où il est question, à propos de la vente de deux serfs, d'une obligation imposée au frère Aimard, ou à quiconque tiendra la maison du temple de Provins. (1222. — Cartulaire Campan., à la Bibliothèque impériale, nº 5992, fol. 315 vº.) ;
— des transactions entre l'Hôtel-Dieu de Provins et les Templiers. 1237, 1249. (Petit cartulaire de l'Hôtel-Dieu, fol. 33, 81. — Grand cartulaire fol. 94).
— Il existe aussi plusieurs actes des années 1228 et suiv., qui concernent la querelle survenue entre le comte de Champagne et les Templiers.
— Enfin je dois mentionner une pièce sans date, mais qu'on peut approximativement rapporter au milieu du treizième siècle, et qui a pour titre : « Ce sont li grief as bourjois de Provins que li Templier lor font contre les us et les costumes de Provins. » (Archives de l'Empire, J. 203, nº 196.)
Sources : Félix Bourquelot, Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, Tome quatrième, quatrième série, Paris M DCCC LVIII.
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