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Les commanderies des Templiers de Belgique

Préface
Inventaire analytique des archives des commanderies Belges de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem ou de Malte

En tête du volume que nous mettons au jour, il nous paraît utile de placer un aperçu historique sur l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, sur les commanderies que cet ordre célèbre posséda dans les provinces Belges, sur les archives de ces commanderies qui ont été réunies au dépôt de Mons, et d'exposer la marche que nous ayons suivie jour la confection de notre inventaire.
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§1. Origine et vicissitudes de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem
La nécessité de protéger les chrétiens qui se rendaient en Terre-Sainte contre les vexations des Arabes et les périls sans nombre auxquels ils étaient exposés, donna lieu à rétablissement, à Jérusalem, vers l'an 1050, d'un hôpital pour les pèlerins d'Europe. Cet hôpital, sous l'invocation de saint Jean-Baptiste, était desservi par des religieux qui adoptèrent d'abord la règle de saint Benoît et qui suivirent ensuite celle de saint Augustin, comme étant plus conforme à leur état. En effet, pour faire escorte aux pèlerins fréquemment attaqués sur les chemins de l'Orient, ces religieux avaient dû s'armer et ajouter aux trois vœux qui les consacraient à Dieu, un quatrième par lequel ils s'engageaient à défendre, des insultes des Sarrasins, les chrétiens qui visiteraient la Palestine.
Telle est l'origine assignée à la religion de Saint-Jean de Jérusalem par ta plupart des auteurs qui en ont parlé (1).

Cet ordre fut tout à la fois militaire et hospitalier.
Après la prise de la ville sainte par les croisés, en 1099, l'hôpital de Saint-Jean eut pour supérieur frère Gérard, qui doit être un belge, Gérard d'Avesnes (2), compagnon d'armes de Godefroid de Bouillon, et non un provençal, comme plusieurs historiens l'ont fort légèrement avancé (3).
Les hospitaliers reçurent de Godefroid de Bouillon (4) et des autres princes chrétiens, des privilèges importants que les souverains pontifes confirmèrent.
1. De Boissat, Histoire des chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Hiérusalem, édition augmentée par J. Baudouin et F.-A, de Naberat, Paris 1659. — Abbé Vertot, Histoire des chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, Paris 1726. — Moreri, Le grand dictionnaire historique, Vº Malte. — L'Art de vérifier les dates des faits historiques, 3e édition, tome I, page 512.
2. Le dictionnaire des dates, publié sous la direction de M. D'Harmonville, Paris 1843, tome II, page 856, commence la chronologie des grand-maitres de Malte par Gérard d'Avesnes, 1099-1221.
3. D'après Paulo Antonio Paoli (Dell' origine ed instiluto del sacro militar ordine di S. Giovam-Battista Gerosolimitano, detto poi di Rodi, oggi di Malta, Dissertatione di Paulo Antonio Paoli ; Rome, 1781, in-4º), l'hôpital de Saint-Jean eut pour fondateur Gerard d'Avesnes, d'où il résulterait que cet hôpital n'aurait été fondé qu'après l'entrée des croisés à Jérusalem : ce qui est très plausible. Il est certain qu'un Gérard figure en tête des grands-maîtres de l'ordre, qu'il gouverna de 1099 à 1121, avec le titre de prévôt ou de gardien.
Quant au surnom de Tum ou Tunc que certains auteurs donnent à Gérard, il est évidemment le résultat d'une erreur. Cette erreur provient d'une mauvaise lecture de la phrase : FR. GERARDUS TUM HOSPITALIS PRAEFECTUS CUM A CHRISTIANIS DUCE GODEFREDO HYERUSALEM CAPTA EST ANNO DOMINI MLXXXXIX.
Nous ajouterons que si des historiens font mourir Gérard d'Avesnes sur le rempart d'Arsouf, d'autres, au contraire, soutiennent que ce personnage et son parent Lambert d'Avesnes échappèrent comme par miracle à la mort et ne tardèrent pas à rejoindre Godefroid qui les pleurait. — Michaud, Histoire des croisades (Bruxelles, 1841), tome III, page 7. — Fastes militaires des Belges, tome II, page 61. — Michaux, aîné, Chronologie historique des seigneurs d'Avesnes, page 6.
4. Voyez à la page 117 de l'inventaire, la mention « de aucunes grâces que Godefroy de Buillon fût à Lospital. » Les chartes (III paires de chartes) qui rappelaient ces immunités avaient appartenu à la maison du Fresnoy en Cambrésis ; elles avaient été emportées par le prieur de France et déposées à « l'ospitai anchien à Paris, et i estoient au capitle de « l'an mil CCC et XLVIIj. » Nous en avons vainement cherché le texte dans les cartulaires de nos commanderies. On rapporte que Godefroid fit don à l'ordre des seigneuries de Montboire et Monalem, dans son domaine de Brabant. — Bulletin de la commission royale d'histoire, première série, tome XV, page 5.


Afin de pourvoir à la garde des lieux saints d'une façon permanente et efficace, un autre ordre fut créé par sept gentilshommes, en 1118. Sa première maison se trouvait à proximité de l'emplacement qu'avait occupé le temple de Salomon : ce qui fit donner aux membres du nouvel ordre le nom de Templiers.
La valeur que les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem et du Temple déployèrent en faveur de la religion, leur influence politique, le lustre qu'ils donnèrent à leurs corporations, les rendirent célèbres dans toute la chrétienté et fit naître l'idée d'instituer d'autres ordres militaires qui eurent aussi pour objet de garder les lieux saints. Les ordres du Saint-Sépulcre et des chevaliers teutoniques acquirent une brillante renommée. Mais les événements ne permirent pas longtemps à la chevalerie de conserver la haute position qu'elle s'était faite en Palestine.
En 1187, les chevaliers de-Saint-Jean de Jérusalem durent abandonner cette ville, que Saladin avait enlevée pour toujours aux chrétiens. Ils se retirèrent à Acre, d'où ils furent chassés en 1291. Alors ils s'installèrent dans le royaume de Chypre. Ils conquirent, en 1310, l'île de Rhodes et en firent le boulevard de la chrétienté contre les infidèles.
Deux ans après, l'ordre des Templiers était aboli et, Tannée suivante, son grand-maître, Jacques de Molay, était brûlé vif à Paris.
Une bulle du pape Clément V, datée du 2 mai 1312, fit passer à l'ordre de Saint-Jean les biens, les titres et les privilèges des Templiers. Cette disposition, prise de commun accord avec les princes chrétiens, augmenta considérablement les possessions, déjà fort importantes, des chevaliers de Rhodes.
Malheureusement, en 1522, ils durent céder à Soliman II, cette île de Rhodes où ils s'étaient vaillamment maintenus pendant plus de deux siècles, et ils se virent forcés de chercher une retraite, sous la conduite de leur grand-maître Villers de l'Isle-Adam, en Candie, puis en Sicile, ensuite à Rome. L'empereur Charles V leur donna pour résidence l'île de Malle, en 1530. C'est depuis cette époque que l'institution a reçu la dénomination d'Ordre de Malte.
Le général Bonaparte s'étant emparé de l'île de Malle, le 12 juin 1798, le grand-maître Ferdinand de Homspech alla s'établir à Trieste d'abord, puis à Messine, et enfin à Catane où il mourut (1803). Le siège de l'ordre, quoique devant être à Ferrare, d'après une bulle papale du 12 mai 1826, a été fixé à Rome, en 1834.
Depuis le dernier grand-maitre, Jean Tomassi, décédé le 15 juin 1805, l'ordre est gouverné par un chef qui ne prend que le titre de lieutenant du magistère.
Les membres de l'ordre sont divisés en cinq classes : les chevaliers de justice, qui doivent faire preuve de seize quartiers de noblesse, dont huit du côté paternel et autant du côté maternel ; les chapelains conventuels ; les servants d'armes ; les prêtres frères d'obédience, qui desservent les églises et les bénéfices ecclésiastiques de l'ordre ; les donats. Les membres des quatre premières classes portent la croix de l'ordre. La demi-croix de donat est accordée en forme de récompense à des laïques.
Les principaux dignitaires étaient autrefois: le grand-maître, les grand 'croix, l'évêque de Malte, le prieur de l'église, le grand commandeur, le maréchal, le grand hospitalier, l'amiral, le grand conservateur, le turcoplier, le grand bailli et le grand chancelier.
L'ordre était partagé en huit langues ou nations, dont celle de France comprenait les grands prieurés de France, d'Aquitaine, de Champagne, et les grands bailliages de Saint-Jean de Latran et de la Trésorerie de Corbeil Les prieurés comprenaient un certain nombre de commanderies.
Les armoiries de l'ordre consistaient en une croix d'argent à huit pointes sur un champ de gueules.
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§ II. Commanderies de l'ordre
Par la libéralité des princes et des fidèles de la chrétienté, les chevaliers de Saint-Jean avaient acquis en Europe, de même que les Templiers, des biens considérables. L'administration et la surveillance de ces biens étaient confiées à des religieux. Ceux-ci résidaient dans des maisons conventuelles dont le supérieur avait la qualité de maître, de bailli, de précepteur ou de commandeur. Ces maisons filiales servaient à recueillir les fidèles qui avaient pris l'engagement de faire le pèlerinage de la Terre-Sainte. On les y hébergeait, tout en les préparant à ce pieux voyage et en facilitant leur embarquement. Au besoin, on les escortait. S'ils tombaient malades et se trouvaient hors d'état de poursuivre leur entreprise, ils étaient reçus dans une maison de la religion et y étaient soignés.
Les religieux chargés de la comptabilité des biens de l'ordre, après avoir pris ce qui était nécessaire aux maisons qu'ils administraient, devaient expédier le reste au grand-maître, et ces revenus généraux étaient entièrement employés à des armements contre les infidèles. « Mais, dit l'abbé Vertot (1), comme la dépense de ces administrateurs absorboit souvent la recette, et d'ailleurs que l'ordre, pour fournir aux frais immenses d'une guerre continuelle, avoit besoin d'un revenu fixe et certain, dans un chapitre général tenu à Césarée, on arrêta un rôle des sommes que chaque maison enverrait à la Terre-Sainte et au trésor ; et parce que dans les obédiences et les commissions qui furent depuis données aux chevaliers chargés de cette administration, on se servoit de celle expression : commendamus, cette administration particulière de chaque maison prit le nom de commendataria, d'où est venu le nom de commanderie et celui de commandeur. Cependant ce titre n'étoit pas alors à vie, il étoit amovible, et fut substitué à celui de précepteur. On réduisit ensuite ces commanderies sous différents prieurés. Le prieur étoit chargé d'en faire la visite, et d'envoyer à la Terre-Sainte, en troupes ou en argent, les contributions ordinaires de chaque commanderie de son prieuré, appelées responsions, qui pouvoient être augmentées selon les besoins de l'ordre, et en conséquence des ordonnances et des décrets du chapitre général. »
1. Tome premier, page 402.

Les commanderies étaient originairement les pépinières de l'ordre. C'était là qu'on formait les chevaliers, qu'on les initiait aux statuts et aux traditions. Mais le relâchement s'y introduisit et elles devinrent de simples apanages. Beaucoup de gentilshommes tirèrent vanité de la croix de Malte, sans trop se soucier des rudes obligations qu'elle imposait. Certains oublièrent même le but de leur religion, au point de se mettre au service des souverains, lors de leurs expéditions militaires.
On a dit que, dans l'ordre de Malte, les commandeurs étaient plutôt les fermiers de l'ordre que des bénéficiers. Cela est vrai. Toutefois ces grands fermiers, qui remettaient à d'autres le soin de faire valoir les riches propriétés qui leur étaient confiées, en tiraient ordinairement des revenus importants, grâce aux privilèges et immunités qui les mettaient à l'abri des impositions de tous genres et même des logements et des prestations militaires.
Une commanderie ne devait être accordée qu'au chevalier qui avait fait cinq années de résidence à Malle et quatre caravanes ou voyages sur mer. On appelait commanderie magistrale celle que le grand-maître se réservait ou donnait à tel chevalier qu'il lui convenait.
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§ III. Commanderies belges
Dès le XIIe siècle, des maisons de l'ordre existèrent en Belgique. Elles y furent assez nombreuses, surtout après la suppression des Templiers (1).

La religion réunit successivement ces commanderies (2), de manière à n'en former que sept grandes dont la composition répondait assez bien à la division politique du pays, savoir : la commanderie magistrale de Hainaut-Cambrésis ou du Piéton ; les commanderies de Chantraine, de Vaillempont et de Tirlemont, en Brabant ; la commanderie de la Braque, dans la mairie de Bois-le-Duc ; les commanderies de Castres et de Slype, en Flandre ; la commanderie de Villers-le-Temple, au pays de Liège. Toutes appartenaient à la langue de France. Leur organisation subit, à diverses époques, des modifications qui étaient ordinairement occasionnées ou par la situation financière de l'ordre ou par les événements politiques.
1. Les Templiers eurent aussi des maisons de leur ordre dans les provinces belges, au XIIe siècle. En 1171, il y avait un maître du Temple en Flandre ; c'était Bauduin de Lidenghem. En 1176 et en 1186, on trouve comme maître des maisons du Temple dans le Hainaut, Bauduin de Gant.
2. Mirisus (Opéra diplomalica, édition Paquot, tome II, page 1165) énumère les commanderies qui existaient de son temps en Belgique: Chantereine, Braeckel, Piéton, Villers-le-Temple, Slipe, Castres, Haut-Avesnes près d'Arras et l'Oison près d'Hesdin.


Dans les visites ordonnées par le grand prieuré de France, on constatait la situation de chaque commanderie, les réformes à y introduire, l'état dans lequel se trouvaient les bâtiments et leur mobilier, ainsi que les mesures à prendre pour leur conservation.
Des agents généraux étaient préposés à l'administration des biens de l'ordre de Malte aux Pays-Bas. Les diverses branches de cette administration étaient confiées à des régisseurs spéciaux. A la fin du siècle dernier, l'ordre souverain de Malte avait un ministre plénipotentiaire accrédité près la cour de Bruxelles.
Voici quelques notes sur chacune de nos anciennes commanderies.
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§ Commanderie de Hainaut-Cambrésis, dite du Piéton
En 1176, frère Gérard s'intitulait maître de l'hôpital de Jérusalem dans le diocèse de Cambrai (1). Les principaux établissements de l'hôpital de Saint-Jean de Jérusalem dans le Hainaut-Cambrésis furent primitivement les maisons de Saint-Symphorien, de Mont-Saint-Jean, de Gaspendoren, de Beaulieu (à Marly), d'Avesnes-le-Sec, d'Ecuélin, de Frasnoy, de Valenciennes, qui eurent des commandeurs spéciaux, les chapelles de Chièvres, de Ville-sur-Haine, etc.

La commanderie de Hainaut-Cambrésis s'accrut, au XIVe siècle, des maisons et des bois du Temple à Piéton, à Fliémet-lez-Frameries, à Avesnes-le-Sec, à Saint-Aubin et à Sars-la-Bruyère (2). La première de ces maisons, à cause de sa grande importance, devint le siège de la commanderie et lui donna son nom (3).

La commanderie du Piéton, qualifiée de chambre magistrale, se composait des propriétés que la religion avait dans le comté de Hainaut, dans le Cambrésis, ainsi qu'à Waterloo (ferme du Mont-Saint-Jean) et à Leuw-Saint-Pierre (ferme de Gaspendoren), en Brabant.
Par suite des conquêtes de Louis XIV, la moitié des propriétés de cette commanderie fut englobée dans le territoire français.
En 1777, la commanderie de Valenciennes fut séparée de celle du Piéton.
Nous avons formé la liste suivante, évidemment imparfaite, des commandeurs et des gouverneurs de Hainaut-Cambrésis. Nous joignons aux noms des personnages les qualités que leur attribuent les documents des archives.
A la fin du XVIIe siècle, on évaluait à 18,000 livres le revenu de la commanderie du Piéton (4).
1. Ce diocèse s'étendait autrefois sur un vaste territoire qui comprenait les pagi Cameracensis, Brachbatensis, Hainoensis, Fanomartensis, Antwerpiensis et Templutensis.
2. BRASSEUR, Origines omnium Hannoniœ cœnobiorum p. 118, a confondu les maisons des Templiers en Hainaut avec celles qui avaient toujours été la propriété de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
3. Nous avons publié des notes sur les possessions de la commanderie du Piéton, au XVIIIe siècle, dans notre Description analytique de cartulaires et de chartriers, tome II, pp. 82-102, et dans les Annales du cercle archéologique de Mons, tome VI, pp. 58 à 78.
4. L'intendant BERNIER, Mémoire sur le Hainaut, Ms. de la bibliothèque publique de Mons.
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§ Liste des commandeurs
Frère Gérard, maître de la maison de l'hôpital de Saint-Jean de Jérusalem dans le Hainaut et le diocèse de Cambrai, 1176-1195.

Frère Charles, maître de l'hôpital dans les diocèses de Liège et de Cambrai, 1199.

Frère Wautier de Corbuel, idem, 1201-1203.

Frère Adam, procureur de la maison de l'hôpital dans le diocèse de Cambrai, 1214.

Frère Jean de Renaix, maître de la maison de l'hôpital dans le Hainaut, 1215-1230.

Frère Amauri, cité en 1224 comme maître de l'ordre dans le Cambrésis.

Frère Adam, proviseur de l'hôpital de Jérusalem dans le diocèse de Cambrai, 1246.

Frère Thomas Moulons, commandeur de l'hôpital de Saint-Jean de Jérusalem dans le Cambrésis, 1323.

Frère Jean de Saint-Symphorien, commandeur du Piéton, 1323.

Frère Jean de Morlainwés, commandeur de l'hôpital lez-Ecuélin, 1323, et de Saint-Aubin, 1331 ; commandeur, gouverneur et administrateur de l'ordre en Hainaut, 1327.

Jehan de Viane, commandeur de la maison du Fliémet, 1351.

Frère Hugues de Froymont, maître et commandeur de la maison de l'hôpital, à Saint-Symphorien, et des appendances d'icelle, 1354-1356.

Frère Nicolle de Fretemoule ou Frelemolle, commandeur du Piéton et de Saint-Symphorien, 1359-1371.

Frère Jean de Carnières, commandeur de l'hôpital d'Avesnes-le-Sec, 1325 ; commandeur des maisons de Beaulieu lez-Valenciennes et du Fliémet, 1346-1374. Frère Jean de Carnières jeune, gouverneur du Fliémet, 1371.

Frère Henri de Saintron, commandeur d'Avalterre, de Hainaut, et trésorier de Rhodes, 1364.

Frère Thomas Follebarbe, commandeur de Gaspendoren et de Mont-Saint-Jean, 1366.

Frère Renaud de Giresmes ou Gisrème, chevalier, commandeur de Hainaut-Cambrésis, 1385-1390.

Frère Guillaume de Lattre, commandeur de Gaspendoren, 1385 ; commandeur de Vailliampont, de Beaulieu lez-Valenciennes et de la chapelle et maison en le Viésware, 1404-1409.

Frère Théobald de le Wale, commandeur de Hainaut-Cambrésis, 1414.

Frère Renauls de Hallin, commandeur de la maison du Piéton, 1415.

Frère Thiebaus de le Wale, gouverneur de Hainaut-Cambrésis, 1418.

Frère Henri de Bie, commandeur de l'hôpital Saint-Jean à Paris, procureur et gouverneur de monseigneur le maître de Rhodes en Hainaut et eu Cambrésis, 1421-1428.

Frère Jean Dangereux, gouverneur de la religion dans le Hainaut et le Cambrésis, 1426-1427.

Frère Foukault de Rochechoart, commandeur de la Morée, Flandres et Hainaut, 1428-1435.

Frère Jean Perrin, commandeur de Sommereux et gouverneur de Hainaut-Cambrésis, 1446-1447 ; commandeur de Sommereux et de Hainaut-Cambrésis, 1448-1459.

Frère Gilles Boisart, gouverneur de la commanderie de Hainaut, 1449, commandeur de la maison et hôpital Saint-Jean d'Outre-mer, à Valenciennes, 1452.

Frère Thomas de le Walle, commandeur du Piéton, 1459.

Olivier de Croy, chevalier, commandeur et gouverneur des biens de la religion ès pays de Hainaut et Cambrésis, 1484-1485.

Frère Jacques Caliot, Cailliot ou Caillot, commandeur de Brabant, Liège, Flandre, Hainaut et Cambrésis, 1484-1498 (date de sa mort).

Frère Charles des Ursins, vicomte de Beaurieu, commandeur d'Oisemont en Vimeux et de Hainaut-Cambrésis, 1502.

Frère Guillaume de Novion ou de Nouvion, gouverneur en 1504, puis commandeur de Hainaut, Castres et Cambrésis, de 1508 à 1529.

Frère Charles de Pipa, commandeur de Hainaut-Cambrésis, Saulsoi, Baudelu, Barbonne et Waiseberghe, 1529-1515.

Frère Pierre Spifame, commandeur de Saint-Aubin au Sars-de-Dourlers, lez-Avesncs, en Hainaut, 1548.

Frère Charles de Hangest, chevalier et sénéchal de l'ordre, commandeur de Hainaut-Cambrésis, Sommereux et Boncourt, 1558.

Frère Pierre de la Fontaine, commandeur de Chantraine et de la commanderie et chambre magistrale de Hainaut-Cambrésis, 1562-1572. Reçu chevalier de l'ordre en 1512, il fut nommé grand prieur de France en 1563, général des galères de la religion en 1565, et mourut le 30 novembre 1572, âgé de 83 ans.

Frère Henri d'Angoulesme, grand prieur de France, commandeur des commanderies de Hainaut et Cambrésis, 1573-1586.

Frère Godefroid de Centurion, commandeur du Piéton en Hainaut-Cambrésis, de la Braque et Turnhout en Brabant, agent de l'ordre aux Pays-Bas, 1586-1592. Frère Martin d'Alibert, commandeur de Hainaut, 1592-1596.

Frère Claude de Ravenel-Sablonnier, commandeur des commanderies de Hainaut-Cambrésis, 1602-1611. « Il print résolution de demeurer en la province de Haynnau, au lieu du Piéton et par interval à Valencienne », lorsqu'il fut nommé commandeur.

Frère François du Mancel Saint-Léger, commandeur de Boucourt et Serincourt, Hainaut et Cambrésis, et ambassadeur près de Sa Sainteté, à Rome, 1626-1633.

Messire Jean-François de Vion-Tessencourt, grand hospitalier et commandeur du Piéton, 1638-1643.

Messire Louis de Saint-Simon-Vermandois, commandeur de la chambre magistrale du Piéton, Hainaut et Cambrésis, 1652-1665. Le commandeur de Villeneuve, agent général de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem aux Pays-Bas, et administrateur, au nom du grand-maître, de sa commanderie du Piéton, 1669.

Messire Louis-Marie-François Le Tellier, marquis de Louvois, commandeur du Piéton, 1680-1683.

Messire Gabriel de Cassagnet de Tilliadez, commandeur de la commanderie magistrale du Piéton, lieutenant-général des armées de S. M. très chrétienne, 1691 ; mort le 3 mai 1702.

Alphonse, prince de Lorraine, chef d'escadre, commandeur de Hainaut, 1703 ; tué dans un combat naval devant Gibraltar, le 24 août 1704.

Messire Antoine-François Castel de Saint-Pierre, général des vaisseaux de la religion, commandeur du Piéton décembre 1704-1709.

Messire Henri-Camille, comte de Beringhen, commandeur de la commanderie magistrale du Piéton, 1709-1721.

Frère Armand Mathurin de Vassée, chevalier, religieux non-profès de l'ordre, commandeur du Piéton, colonel du régiment de Picardie, 1740-1743.

Le chevalier Jean-André Hercule de Rosset de Fleury, chevalier non-profès de l'ordre, colonel du régiment de son nom et commandeur du Piéton, 1743-1783 (?).

Jacques-Laure Le Tonnelier de Breteuil, bailli, grand-croix de l'ordre, ambassadeur extraordinaire du même ordre près du roi très chrétien, et commandeur de la commanderie magistrale du Piéton, 1783? — décédé le 25 août 1785 (1).
1. Il figure sur la liste des chevaliers de Malte, imprimée en 1761, comme étant né le 9 février 1723 et entré dans l'ordre le 25 mai 1736.

Frère Alexandre-Louis-Hugues de Freston, bailli, grand-croix, ancien général des galères de l'ordre, commandeur de la Feuillée et du Piéton, 1785.

— Ce commandeur ayant été arrêté en France, l'administration de la commanderie du Piéton fut confiée, en 1794, à Marie-Gabriel-Louis Texier d'Haulefeuille, ministre plénipotentiaire de l'ordre de Malte ; près le gouvernement général des Pays-Bas.

— Plus tard, le bailli de Freston fut dépossédé de la commanderie du Piéton, en vertu de l'arrêté des représentants du peuple du 29 frimaire an IV (20 décembre 1795) et des lois relatives à l'ordre de Malte ; mais il eut l'autorisation de jouir des revenus de l'année 1796.

— Quelque temps après, les biens de la commanderie du Piéton situés dans les anciens Pays-Bas autrichiens, furent vendus avec les autres biens nationaux du département de Jemmapes. Précédemment déjà, le gouvernement républicain avait aliéné les propriétés que cette commanderie avait en France, en exécution du décret de l'assemblée nationale du 19 septembre 1792.
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§ Commanderies de Chantraine, Tirlemont et Vaillempont, en Brabant
Feu Emile Gachet avait commencé, dans le Bulletin de la Commission royale d'histoire, première série, tome XV, pp. 3-95, un travail étendu sur les commanderies belges de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La partie qui a paru de cette étude a surtout rapport aux commanderies de Brabant et au bailliage d'Avalterre ; elle contient une liste des commandeurs. Nous ferons remarquer ici que le chevalier de Rupierre, qui figure dans cette liste, n'a dû faire relief de la commanderie de Chantraine qu'en qualité de procureur du chevalier profès Joseph de Lancry-Promleroy, « commandeur de Chantraine et membres en dépendants. » Ce dernier ayant repris l'administration de sa commanderie, ratifia, le 25 octobre 1770, tous actes faits par le bailli de Rupierre, son fondé de pouvoir, et chargea le vicomte de Lardenois de veiller à l'entretien des bâtiments de la commanderie (1).
1. Recueil de privilèges, etc. (Nº 764 de l'inventaire), page 280.

De son côté, M. Alphonse Wauters, dans son savant ouvrage : Géographie et histoire des communes belges, a donné une notice fort intéressante sur la commanderie et sur les commandeurs de Chantraine (Arrondissement de Nivelles, tome II : canton de Jodoigne, pp. 42-44).
On trouve dans le beau livre de M. Ed. Van Even, ayant pour titre : Louvain monumental, pp. 127 et 252, de curieux détails sur la maison et sur l'église que l'ordre possédait à Louvain.
Enfin, M, Bets a publié, dans les Analectes pour servir à l'histoire ecclésiastique de la Belgique, tome X, p. 228, des Notes relatives aux commanderies de Walsbergen et de Binckom. Ces deux maisons, comme l'auteur l'a démontré, furent d'abord des commanderies particulières, et la maison de Tirlemont semble n'avoir été dans l'origine que la maison de refuge des chevaliers de Walsbergen, puisque, dans un registre des pauvres de Tirlemont (cité au bas de la page 231 du même volume), on l'appelle la maison de Walsbergen.
« En 1773, dit M. Bets, on forma, de tous les biens possédés par les chevaliers de Saint-Jean dans le duché de Brabant, trois commanderies : celles de Chantraine aux environs de Jodoigne, de Vaillampont sous Thines, et de Tirlemont. »
Nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer aux sources que nous venons d'indiquer, le lecteur désireux d'être renseigné sur ces commanderies et sur leurs dépendances (1).
1. En 1545, la commanderie de Chantraine fut séparée du grand prieuré de France, par ordre du conseil de l'empereur. C'est ce que constate la lettre suivante que le grand-maître de Malte adressa à la reine Marie, gouvernante des Pays-Bas. Nous devons à l'obligeance de M. Gachard, Archiviste général du Royaume, la communication de cette pièce. « Madame, Le grand prieur de France m'a escript et adverty qu'il a pieu au conseil de S. M. ordonner que la commanderie de Chanteraine seroit désunye et séparée dudict prieuré de France et remise en son premier estat. Pour à quoy obtempérer et obéyr aux commandemens de S. M., j'ay incontinent faict assembler la langue de France et depuis le conseil de ceste religion, et leur ay faict entendre sa volonté, à laquelle ils ont tous bien volontiers obéy et consenty ladicte séparation. J'ay envoyées les bulles sur ce expédiées audict grand prieur, pour les consigner là où S. M. ordonnera. Vous suppliant très-humblement, Madame, qu'il plaise a Y. M. accepter la protection de ceste religion en manière que les biens d'icelle ne soient pluscy-après empeschez soubz couleur de la guerre, en laquelle nous n'avons acoustumé d'estre comprins, et moyennez, par vostre bonne grâce, que ce qui pourroit avoir esté prins et levé pour la cause dessusdicte soit restitué : car c'est ce de quoy ceste religion s'entretient pour faire service à la chrestienté, suyvant son institution. En quoy faisant, nous serons de plus en plus tenuz de prier pour la prospérité de V. M. et de la servir en tout ce qui luy plaira nous commander. »
« Madame, je me recommande très-humblement à Vostre bonne grâce, et prie le Créateur qu'il veuille donner à Y. M. très-bonne et très-longue vie. De Malte, le X jour de septembre mil Ve XLV. »
« Vostre très-humble et obéissant serviteur,
« Le Maislre de l'hospital de Hiérusalem,
« JO. DE HOMEDES.
« A la Royne douairière de Hongrie. (2) »
(Original aux Archives impériales de cour et d'Etat, à Vienne.)
2. Le document dont nous venons de publier le texte, complète les renseignements donnés par M. Wauters (canton de Jodoigne, p. 43) au sujet de la confiscation des biens de Chantraine, en 1542. La commanderie avait été annexée au grand prieuré de France par le grand prieur, frère Philippe Carleau. (CACHET, volume cité, pp. 11-17.)


Nous rappellerons seulement ici que le revenu de la commanderie de Chantraine (dont le siège avait été établi au château César, de Louvain) était, en 1773, de 12,598 florins ; celui de la commanderie de Tirlemont, de 10.570 florins, et celui de la commanderie de Vaillempont (ou Valionpont), de 13,190 florins de Brabant (1).
1. M. WAUTERS a fait connaître en détail la composition des commanderies de Tirlemont et de Vaillempont, dans son ouvrage cité, Arrondissement de Louvain, Ville de Tirlemont, p. 128 ; Arrondissement de Nivelles, canton de Nivelles, pp. 3 et 4.
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§ Commanderie de la Braque
Cette commanderie, située dans le Brabant septentrional, comprit d'abord les maisons de la Braque à Alphen, de Breda, d'Oosterhout et de Rixel, qui appartinrent aux Templiers, dès le XIIe siècle (1). Elle fut séparée, au XVIe siècle, de la baillie de Chantraine (2), et on lui annexa des membres de celle-ci.

A la suite de divers événements et notamment de la prise de Breda par le prince Maurice de Nassau, le 4 mars 1590, la commanderie de la Braque perdit presque tous ses biens situés sous la domination des Provinces-Unies. Elle ne conserva que la cense de Vieux-Turnhout, qui fut primitivement un membre de la commanderie de Chantraine, la cense de Rixel, dans le Brabant hollandais, et quelques autres propriétés dans la Campine. Toutefois, par convention passée à Bruxelles, en septembre 1616, entre Philippe-Guillaume de Nassau, prince d'Orange, et le chevalier Amador de la Porte, commandeur de la Braque, une rente de 5,133 livres 6 sols 8 deniers fut assignée à ce commandeur, d'abord sur les domaines que la maison de Nassau-Orange possédait en Bourgogne et plus tard sur la baronnie de Breda.

La commanderie de la Braque, quoique ayant été maintenue, était d'une médiocre importance. Son chef-lieu avait été transféré à Vieux-Turnhout. Son revenu était, en 1783, de 15,979 livres.
1. GRAMAYE. Antiquitates Bredanœ (Lovan., in-folio), p. 20. — Description historique, chronologique et géographique du duché de Brabant (Bruxelles Ermens, 1791), p. 300. — DE RAM. Synopsis actorum ecclesiœ antverpiensis, p. 291.
2. MANNIER, Ordre de Malte. Les commanderies du grand prieuré de France, d'après les documents inédits conservés aux Archives nationales à Paris (Paris, Aubry, 1872, in-80.), p. 766.
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§ Commanderies de Slype et de Castres, en Flandre
Ces deux commanderies n'en formaient d'abord qu'une seule, la commanderie de Flandre ou de Slype, qui était chef de baillie. Elles furent séparées, en 1565. L'une conserva le nom de Slype, et l'autre prit le nom de Castres

La première semble avoir été la plus ancienne des commanderies de l'ordre du Temple (1). Elle possédait un hôtel à Bruges. Ses biens étaient situés sous les juridictions du Franc de Bruges et de la châtellenie de Furnes.

En voici le relevé:
A Slype, chef-lieu de la commanderie, la cense du Grand-Temple, la cense du Petit-Temple, la cense dite Longue-Espée et la cense dite Odekenscruyce ; des terres vulgairement appelées « terres courantes », et la dîme.
A Wilskerke, deux fermes et la dîme.

A Mannekensvere, deux fermes, dont une dite de la Froide-Grange, et la dime.

A Leffinghe, deux fermes, des terres éparses et la dime.

A Middelkerke, une petite ferme.

A Snaeskerke, une partie de terre.

A Ghistelles, la ferme du Temple, et une rente de 50 florins.

A Weslkerke, une petite ferme et la dîme.

A Moere, une petite cense.

A Jabbeke et Stalhille, une cense et un moulin.

A Middelkerke, une terre.

A Steene, une terre et la dîme.

A Schoore, une terre.

Dans la châtellenie de Furnes, une cense et des terres situées à Oostduynkerke, à Wulpen, etc.

A Nieuport, une rente de 150 florins, assignée sur le tonlieu de celte ville.

A Ypres, une rente de 23 florins 8 sols et 6 chapons due par cette ville, pour une terre située près du fort de Neeuwdame A Furnes, une rente de 50 florins et une autre de 6 florins.

La recette des grandes lettres de Flandre devait à la commanderie une rente de 20 florins, qui était payée par le receveur des domaines, à Bruges.

Les revenus de la commanderie s'élevaient, en 1787, à 41,000 livres; ils étaient grevés de plusieurs petites rentes. En outre, le commandeur devait payer des provisions aux curés de Slype, de Wilskerke et de Mannekensvere, et faire exonérer une messe par jour dans la chapelle de Slype et trois par semaine dans celle de Ghistelles.

La commanderie de Castres avait une étendue considérable. Son siège était à Eecke, village du département du Nord. On y avait affecté des biens qui avaient fait partie de la commanderie de Haut-Avesnes, dont le chef-lieu était en Artois.

Voici l'indication des propriétés de la commanderie, d'après un document rédigé le 3 décembre 1778.
1. MANNIER, Ordre de Malte. Les commanderies du grand prieuré de France, p. 728.

PAYS-BAS FRANÇOIS
Châtellenie de Bailleul
— La ferme du chef-lieu située à Eeck près de Castres.
— Le moulin du Temple au dit Castres.
— Trente mesures un quart de terres épilées (1) audit Eeck, à Nieppe, Oostouck, Bailleul et Saint-Jean-Cappel.
— Deux cantons de dime au dit Eeck.
— Deux branches de dîmes à Westoutre.
— Rentes seigneuriales et droits seigneuriaux.
1. Epilées, séparées.

Châtellenie de Cassel
— La ferme du Temple à Boore
— La petite ferme de Wenezelles.
— Cent mesures environ de terres épilées et prés situés à Saint-Silvestre-Cappel, Linde, Vleteren, Vieux-Brequin, Hazebrouck, Hondeghem, Steenvoorde, Wenezelles, Oudezelles et Zegherscappel.
— La coupe du bois taillis à Steenvoorde et Wenezelles.
— La petite dixme d'Arneke.
— Le tiers de la dixme de Zermezelles.

Châtellenie de Bergues-Saint-Vinocq
— La petite ferme de Wormhout.


Bailliage d'Aire
— Huit mesures de terres épilées, situées à Saint-Martin, près d'Aire.

Châtellenie de Lille
— La ferme du Temple (1) à Lomme avec un moulin à vent.
— La ferme de Grand-Maisnil, à Radinghem, avec sept portions de dîmes sur divers cantons.
— La ferme de Saint-Jean, à Perenchies.
— Une branche de dîme, à Roncq.
— Rentes seigneuriales et droits seigneuriaux.
1. Cet établissement, situé à proximité de la ville de Lille, était appelé Le Temple de la Haie. Voyez MANNIER, Ouvrage cité, p. 694.

PAYS-BAS AUTRICHIENS
Châtellenie d'Ypres (1) et de Furnes
— La ferme de l'hôpital à Elverdinghe.
— 124 mesures environ de terres épilées, prés, bruyères et broussailles à Vlamarting, Saint-Pierre près d'Ypres, Bischote, Langhemarck, Moerselede, Ledeghem, Boesinghe, Rosebeek, Oostvleteren, Westvleleren, Woestren et Paschendale.
— La dîme de Vlamarting.
— La partie de dîme de Langhemarck.
— Les bosquets de Woesten et de Westvleteren.
— Les rentes seigneuriales et droits d'Oostvleteren, d'Ypres, d'Elverding.
1. Les Templiers avaient à Ypres une maison et une chapelle qui était situées en dehors de la ville, entre Briclen et Saint-Jans, sur des terres dont la seigneurie leur appartenait. Ils jouissaient dans cette ville de plusieurs privilèges et revenus. La maison d'Ypres paraît avoir été détruite, au XVIe siècle, et ses biens passèrent à la maison d'Elverdinghe. — MANNIER, p. 697. — WARNKCBNIG et GHELDOLF, Histoire de la Flandre, t. V, pp. 89 et suivantes. — LAMBLIN, Les Templiers d'Ypres (Messager des sciences histoire de Belgique, 1834, p. 189).

Franc de Bruges
— La petite ferme du Temple près de Bruges.
— 32 mesures 3/4 de terres épilées, prés et bruyères à Vlysseghem, Dudezel, Bisen-Polder près d'Ardenbourg et Eessen.
— La dîme de Lisweghe.
— Rentes au dit Bruges.

Châtellenie de Gand
— La maison dite Tempelhof à Gand (1).
— Le cabaret dit la croix de Malte, ibidem.
— Six autres petites vieilles maisons et trois jardins, ibidem.
— Rentes dues en la ville de Gand.
— Rentes dues à Wachtebeke et Moerbeek.
— 25 mesures de terres épilées à Mendonck, Saffelaer et Desteldonck.
1. L'ordre avait à Gand, près de l'enclos du Temple, une chapelle vulgairement appelée l'église miraculeuse de Notre-Dame aux hirondelles. Elle avait environ 60 pieds de longueur sur 19 de largeur. « La maison du Temple de Gand était située, dit M. MANNIER (p. 703, rue Saint-Marguerite. Il n'en restait plus au XVIIe siècle qu'un grand enclos fermé, de murs, où se trouvait une motte entourée d'eau, sur laquelle était bâti un pavillon servant d'habitation au commandeur, lorsqu'il venait en ville. »

Châtellenie de Courtray
— La cense de Saint-Jean à Wareghem.
La petite cense des Frères à Anzeghem.
— La cense du Grand-Vlagt à Ruisselede.
— La cense du Petit-Vlagt au dit lieu.
— Le moulin à vent de Vlagt au dit lieu.
— 23 bonniers environ de terres, bosquets et bruyères à Ruisselede, Deerlick, Wortegbem, Desselghem et Rosselaer.
— Parties de dîmes au dit Ruisselede.
— Rentes seigneuriales et droits seigneuriaux au dit lieu.
— Rente sur le moulin dudit lieu.
— Rentes et petites portions de dîmes à Wareghem.

Châtellenie d'Audenarde
— 2 boniers 930 verges de terres épilées et prairies à Peteghem, Beveren et Swynaerde.

Châtellenie d'Alost
— 6 boniers 448 verges de terres épilées à Westrem et Wetteren

Châtellenie de Termonde
— 650 verges de terres épilées à Calcken.

PAYS-BAS HOLLANDOIS
— Axel ambacht. 334 mesures environ de terres épilées, situées au village de Saemslag.
— Au Polder dAandyck, 29 mesures de terres épilées.
— Au Polder de Stoppeldyck, 9 mesures de terres épilées.
— Hulst ambacht. 81 mesures de terres épilées, situées au Polder Ossenisse, Polder-Sainte-Anne, Omeganck.
— Un 120e dans la dîme au Polder de Saemslag.
— Un 720e dans le Polder de Out-Ottene.
— Un 725e dans le Polder de Nieuw-Ottene.

FRANGE
— Une rente de 244 livres de France sur l'hôtel de ville de Paris.
— La récapitulation générale des revenus de la commanderie de Castres est ainsi établie dans le même document:
— Partie française — 18,506 livres, 7 sols, 6 deniers.
— Partie autrichienne — 14,109 livres, 7 sols, 5 deniers.
— Partie hollandaise — 3,877 livres, 2 sols, 1 denier.
— Total: 36, 492 livres, 17 sols, argent de France.

Commanderie de Villers-le-Temple, au pays de Liège
— Cette commanderie fut séparée de celle de Chantraine, en 1466 (1).
— Son chef-lieu était à Villers-le-Temple, qui, son nom l'indique, appartint originaire nent aux Templiers.
Ses principales possessions étaient:
— Le château de Villers-le-Temple (2) et ses dépendances.
— La cense du Temple, près de Visé.
— Les moulins de Nœufmouiin, dans la paroisse de Villers, et de Larmoulin, à Hondroux.
— La maison de refuge, dite du Temple, à Huy.
— Les censes de Lomprez, de Warnant, dite Monjoye, de Hanneffe, de Bierset: en Hesbaye.
— La cense de Strée.
— La petite cense de la Sarte.
— La cense et le moulin de Leuze en Condroz.
— La cense d'Hargimont.
— La petite cense de Bonneville.
— La cense de Marcinel.
— La cense de Bertrandsart, dans la paroisse de Gerpinne.
— La petite cense d'Ahérée.
— La cense de Tanton, en Ardenne.
— Les bois de Villers, de Fremieux, de Comblen, de Fleuris (entre Villers et la Meuse), de Chaumont, de Halleux, de Bertrandsart, de Tantonnelle près de l'abbaye de Saint-Hubert, de Tanton, de Froidfontaine, du Temple-lez-Florine, etc.
— Le commandeur était collateur des cures de Villers, de Strée, de Champion, de Bierset, de Flemale, de Somme, de Samart, etc.
— Chaque cense avait une chapelle.
— Le revenu général de la commanderie était, en 1787, de 32,000 livres (3).
1. Rapport de M. WAUTERS, sur les chartes et les cartulaires belges qui existent à la bibliothèque nationale de Paris, Bulletin de la Commission royale d'histoire, IVe série, tome II, page 177. — MANNIER, page 738.
2. Le château de Villers consistait « en un gros bâtiment, flanqué de quatre grosses tours, deux de pierre et deux de briques, le tout couvert d'ardoises, et en-dedans une petite cour carrée, où il se trouve trois tourillons en cul-de-lampe, bâtis depuis par différents commandeurs..... Dans l'enceinte, près du corps de logis, est une chapelle, sous l'invocation de Saint-Jean-Baptiste, représenté sur un tableau en toile et bien peint en huile, au-dessus du tabernacle: laquelle chapelle se trouve bâtie de belle pierre de taille et briques, et bien couverte d'ardoises, avec son clocher au-dessus couvert de même, deux moyennes cloches, » etc. Les archives de la commanderie reposaient dans une tourelle de ce château. Procès-verbal de 1732.
3. MANNIER, Ouvrage cité, page 755.
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§ IV. Archive des commanderies belges
Le fonds qui fait l'objet de notre inventaire, ne se composait d'abord que des archives de la commanderie magistrale du Piéton. Nous allons tracer en quelques lignes l'historique du dépôt que cette commanderie avait établi à Mons ; nous dirons ensuite comment la plupart des titres et papiers des autres commanderies y furent successivement réunis.

Les archives de la commanderie du Piéton se trouvaient disséminées dans diverses maisons de l'ordre, avant l'époque où le commandeur Charles de Pipa obtint du chapitre noble de Sainte-Waudru, un local pour les y rassembler.

En reconnaissance d'une semblable faveur, le commandeur fit don à l'église collégiale de Mons, d'une grande verrière dont les débris sont conservés dans la fenêtre du portail méridional. Ce vitrail, représentant le Baptême de Jésus-Christ par saint Jean-Baptiste, est orné de deux croix de Malte, d'argent sur fond de gueules (1).

En outre, un acte, conçu dans les termes suivants, fut délivré aux chanoinesses:
« Charles de Pipa, chevalier de l'ordre de la saincte religion Sainct-Jehan de Jhérusalem, commandeur des commanderies de Haynnau, Cambrésis, Soissoies (2), Bosdelucque (3), Barbonne (4) et Walesberghes (5), cognois, que l'accord que me ont fait les nobles damoiselles de Saincte-Waldru de Mons, de me donner place en ung cabinet auprès du sépulcre en leur église, pour y mettre en garde comme en trésorie le coffre et les escrips appertenans aux affaires de ladicte religion, n'a esté que de leur grâce espéciale et pour faire service et plaisir tant à laditte religion comme à moy, et jusquez leur bon plaisir et rappel: dont humblement les mercie par ceste ma présente cognoissance, prometant leur en faire avoir semblable sur le séel à l'aigle de ladicte religion dedens la Sainct-Jehan-Baptiste prochain. »
« Tesmoing mon nom cy-mis, le septysme jour d'octobre mil chincq cens et trente-troix. (Signé:) F. Charles Pipa (6). »
1. Voyez notre Mémoire historique et descriptif sur l'église de Sainte-Waudru (Mons, 1857, in-4º), page 38, et le tome VI, pp. 66-70, des Annales du cercle archéologique de Mons.
2. Saussay (Le), commune d'Itteville (Département de Seine-et-Oise). — M. MANNIER (p. 89; cite le chevalier de Pipa, dans sa liste des commandeurs de Saussay.
3. Baudelu, ancienne commanderie, qui devint un membre de celle de Saussay.
4. Ancienne commanderie, qui devint un membre de celle de Coulours (Yonne).
5. Waisbergen, ancienne commanderie, qui devint un membre de la commanderie de Chantraine, puis de celle de Tirlemont.
6. Originale sur papier. Chartrier du chapitre de Sainte-Waudru, titre cote: Mons, Nº 1061, (Archives de l'Etat, à Mons).


Nous avons trouvé d'autres souvenirs sur la translation des archives de l'ordre dans l'église de Sainte-Waudru.
Les voici: « Affin de par mondit seigneur le commandeur avoir lieu et place à l'église madamme saincte Wauldru de Mons, lequel est voset, pour mectre touz les escriptz et lettriaiges de la religion, a esté donné pour une foys payer à la fabricque d'icelle église, y comprins les acoustremens estans à laditte trésorie, sicomme: aulmayres d'escrignerie pour mectre tous lesdis escriptz, tables, bancs et serrures........ iijc iiijxx Xl. »
(Extrait d'un procès-verbal des ouvrages faits aux maisons et chapelles de la commanderie de Hainaut-Cambrésis, en 1535.)

« Payet à Jehan Fourmanoir, escrignier, à l'ordonnance de ceulx du conseil de ladicte religion, pour cause d'une table à quattre piet et une longhe escabelle servant à icelle, par lui faicte et assize en la trésorie de la ditte religion en l'église Saincle-Waudru de Mons, la somme Cs. »
(Extrait du compte de la commanderie, pour 1533-1534.)

En mars 1537 (n. st.), les titres et papiers de la commanderie furent répartis en un certain nombre de layettes et inventoriés, par ordre du commandeur de Pipa.

Nous allons donner quelques indications sur ce premier inventaire des archives de la commanderie du Piéton. Il est intitulé: « Inventoire des lettreaiges, tiltres et escrips estans à la tressaurie de la religion Sainct-Jehan de Jhérusalem à l'esglise de madamme saincte Vauldru de Mons, faict au moys de mars l'an mil vº et XXXVj (v. st.), à l'ordonnance de monsgreur frère Charles Pipa, commandeur de Haynnau et Cambrésis, iceulx lettreaiges mys par laiette, ainsi que s'ensuit: Piéton, Senefet les appendances. »

Sous cette rubrique sont mentionnés quelques titres originaux qui n'existent plus aujourd'hui dans le chartrier de la commanderie, savoir: « En une petitte boicte de boys, une lettre en parchemin, en datte de l'an de l'Incarnation mil cent quatre-vingtz et ung, sellée à queue de cuyr et cire blanche, faisant mencion de xlvj muys de bled et xxxiij muys avoyne deu par l'esglise de Bonne-Espérance à la religion, sur les héritaiges du villaige de Riveroelles (1).
1. Voyez l'analyse que nous donnons à la page 118, d'une charte de l'an 1181.

« Item, une aultre lettre, aussi en latin, séellée des seaulx de frère Guy de Bassenville, prieur de France, et des abbez et convent dudit Bonne-Espérance, en datte de mil deux cens cinquante-troys, au moys d'aoust, faisant mencion de la submission de ladite rente, pour cause de la mutation de la mesure de Binche (1). »

« Item, une petitte lettre en latin, à queue pendante, sans sceau, contenant le don faict par Hoste de Trazignies aux frères du Piéton, de povoir campier et prendre marle au terroir de Trazegnies. »

« Item, ung escript en parchemin, de datte l'an mil deux cens iiijxx et quatorze, le jour sainct Pierre, aoust entrant, contenant que Mehault, chaslellaine de Bruxelles, et aultres ses hoirs ont consenty et gréet le don que messire Godefroy, sire de Senef, avoit faict as frères de le chevallerie du Temple, de quatre-vingt-cinq bonniers demy de terre audit Senef (2). »

« Item, ung escript en parchemin, de datte de l'an mil ijc iiijxx et sept, le jour des Innocents, contenant que Waultier de Brayne, sire de Bachelies, a reconneult le droit que la religion a à Senef. »

— Mons, le Temple dallé Genly (3), Sars, Noerchin et les appendant.
— Mention de « l'arrentement de la maison de Sainct-Jehan, en la rue de Haveret, à Mons. »
— Sainct-Siphorien, Veillerelles, Espiennes et les appendant.
— Vallenciennes, Beaulieu, l'Hospital de Main et leurs appendant.
— Le Mont-Sainct-Jehan, Gaspendor et les appendant (4).
— La Flamengrie.
— Le Fraisnoy et les appendant
— Avesnes les Secques et les appendant.
1. Nous avons analysé cette charte d'après une copie, à la page 119 (août 1253).
2. Voyez p. 30, Nº 129, l'acte de donation, en date de septembre 1231.

3. C'on dist le Fliémet. Inventaire de 1570.
4. C'est par erreur que M. Mannier (ouvrage cité, p. 720), dit que les maisons de Mont-Saint-Jean et de Gaspendoren ont été annexées en 1777, à la commanderie du Piéton. On trouve la mention de ces maisons dans les anciens titres de Hainaut-Cambrésis. Nous nous bornerons à constater que le registre des recettes et des dépenses de la baillie de Cambresis, en 1310-1311 (Nº 408 de notre inventaire), renseigne les Receptes de Capendore de l'an m.iije et xj, pui la mort de frère Jehan, qui trespassa environ la Touzsainz, et celles dou Mont S.Jehan et de la cense de Bruxelle.


— Offies, l'Hospital lez-Escuélin et leurs appendances.
— L'hospital de Cherves (1).
— Previlléges, bulles et tiltres des drois et auctorités de la religion Sainct-Jehan de Ihérusalem.
— Servant au bailliaige de la Religion.
— Cartulaires, inventaires et comptes.

L'inventaire fut dans la suite complété et renouvelé. Vers 1767, les sieurs de Wezemal, bailli de la commanderie, et Perlau, greffier, arrangèrent de nouveau les archives et en dressèrent un répertoire. Dans une note écrite à la même époque, on trouve des renseignements curieux sur le dépôt de ces archives. Voici cette note: « Les archives de la commanderie du Hainau et Cambrésis dicte du Piéton sont placées dans l'église collégiale de Sainte-Waudru en la ville de Mons, dans une place carrelée au-dessus de la chapelle de Saint-Eloy, qui est la première au haut de la grande nef à gauche. Cette place est de la longueur de 46 pieds 1/2 et de la largeur de 42 pieds et demi ; il y a une grande vitre avec des barreaux de fer du côté de la rue, une balustrade de menuiserie du côté de l'église de la hauteur de trois pieds quatre pouces. »

« L'armoire dans laquelle sont renfermés les titres est de la largeur de sept pieds sept pouces, de la hauteur de six pieds et demi, et de la profondeur de deux pieds quatre pouces ; elle se ferme par deux grandes portes soutenues de trois pentures de chaque côté. Il y a trois clefs dont deux sont gardées par le sieur bailli de la dite commanderie et l'autre, ainsi que deux autres qui servent à ouvrir la porte de l'escalier et de la place, par le sr greffier d'icelle. Il y a dans celte place une table de bois de chesne de la longueur de six pieds un pouce et de la largeur de deux pieds et demi, et deux bancs de même longueur. »

Enfin l'avocat Chasselet, greffier de la commanderie, forma un nouvel inventaire, en 1785. Ce document a pour titre: Inventaire des titres et papiers reposants aux archives de la commanderie magistrale du Piéton, en l'église de Sainct-Waudru à Mons, dressé, vérifié et mis en ordre par le soussigné, greffier de la dicte commanderie, ensuite des ordres de Monsieur Tirou, secrétaire de la recette générale de l'ordre de Malte, par sa missive du 28 décembre 1784, ensuite de résolution prise par le vénérable chapitre de France, en leur délibération du 28 juin 1784, pour Son Excellence Mr. le marqui de Breteuil, titulaire de ladite commanderie du Piéton. Les archives du Piéton étaient distribuées alors en vingt-deux cases. L'inventaire reproduit le numérotage des pièces, tel qu'il avait été établi en 1682 (2), mais en omettant un certain nombre de documents.

Les biens de la commanderie du Piéton situés en France ayant été séparés en exécution d'un décret du 24 juillet 1777, et placés sous l'administration d'un commandeur (3) et d'un bailli, M. Jamart, qui habitait l'hôtel du Petit-Saint-Jean, à Valenciennes (4), on avait songé à réunir dans cet hôtel les titres et papiers relatifs aux propriétés dont il s'agit, afin surtout d'éviter les inconvénients pouvant résulter d'un état de guerre entre l'Autriche et la France. Mais ce projet ne fut pas réalisé, et le dépôt que la religion avait à Mons demeura intact.

Lorsque l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem se vit menacé par la république française, l'Administration du trésor, à Paris, ordonna à tous les régisseurs des commanderies située dans nos provinces de sauver les titres qui se trouvaient sous leur garde. C'est alors que les archives qui reposaient, depuis plus de deux siècles et demi, dans l'église de Sainte-Waudru furent transférées chez l'avocat Jean-Baptiste-Marie Chasselet, l'un des héritiers de Guillaume-Joseph Drion et son successeur au poste d'agent général de l'ordre de Malte aux Pays-Bas. En outre, on y déposa une quantité d'archives des autres commanderies belges.

Ces archives n'attirèrent pas l'attention de la Commission départementale du triage des titres, établie en exécution de la loi du 5 brumaire an V. Elles furent religieusement gardées par M. Chasselet jusqu'au jour (2 juillet 1851) où ce vénérable vieillard mit à la disposition de notre prédécesseur, M. Lacroix, six grandes caisses qui, dans sa pensée, contenaient toutes les archives des commanderies de Malte en Belgique.
1. Cherves, Chièvres.
2. Voyez p. 133, Nº 718, de notre inventaire.
3. M. Mannier cite les noms de deux commandeurs de Valenciennes, depuis 1777, savoir: 1783, le chevalier Jean-Baptiste-Gabriel Fresson de la Frestonnière, colonel du régiment de Malte. 1789, le chevalier de Greische.
4. La commanderie de Valenciennes comprit:
— La maison de l'Hôpital de Valenciennes, dite l'Hôtel du Petit-Saint-Jean, dans la rue de la Viesware ou de la Viéserie.
— La maison du Temple de Beaulieu, paroisse de Marly.
— La maison de l'Hôpital de Chiply-sur-Maing.
— La maison d'Avesnes-le-Sec.
— La maison de la Flamengrie.
— La maison du Fresnoy, à Boussières.
— La maison de Cambrai.
— La maison d'Ecuélin.
En 1783, cette commanderie avait 24, 672 livres de rente. (MANNIER, Ouvrage cité, pp. 706 et suivantes)


Cependant une partie notable de ces archives avait été mêlée à d'autres papiers et conservée avec ceux-ci par un neveu de M. Chasselet, feu M. Defacqz, membre de la Députation permanente du Conseil provincial du Hainaut. Ce complément vient de nous être gracieusement remis par son petit-fils M. Ernest Rouvez.

D'un autre côté, l'Administration des archives du Royaume a envoyé aux archives de Mons un grand nombre de documents ayant appartenu aux commanderies belges de l'ordre de Malte.

Le fonds qui nous occupe, est ainsi devenu d'une rare importance autant par la masse que par l'ancienneté et la valeur des pièces qui le composent.

Néanmoins, à part les archives de la commanderie de Hainaut-Cambrésis ou du Piéton, celles des autres commanderies sont loin d'être complètes. Nous pensons que ces dernières archives, à l'exception des registres conservés aux dépôts de Bruges, de Liège et de Namur (1), ont été dispersées en partie chez des agents de l'ordre et que le reste a dû l'être adressé, à diverses époques, au grand prieuré de France (2). M. Wauters a fait connaître, dans son rapport déjà cité, que l'on conserve aux archives nationales, à Paris (3), de nombreux documents sur la commanderie de Slype. Il en cite plusieurs qui proviennent des commanderies de Castres, de Chantraine et Vaillampont, de Villers-le-Temple et de la Braque.

On sait qu'en abandonnant Malte, à la suite du traité du 12 juin 1798, les chevaliers y laissèrent leurs titres, leurs archives, leurs armes et leurs trophées, et que le grand-maitre n'emporta que trois reliques, dépouillées de leurs ornements précieux (4).

Le magistère de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, à Rome, ne possède donc pas les anciennes archives de cet ordre souverain (5); elles sont conservées aux archives royales de Malte, dont la garde est confiée à M. le docteur Xavier Camilleri. Il est probable que ces archives renferment de nombreux souvenirs sur nos anciennes commanderies. C'est un point qu'il serait intéressant de voir éclaircir, et sur lequel nous appelons l'attention de la Commission royale d'histoire.
1. Dans sa Notice sur les archives de l'Etat, à Bruges, M. d'Hoop mentionne (p. 52) trois comptes de la commanderie, de Slype, des années 1557-1559.

Le Tableau synoptique des archives de l'Etat dans les provinces, dressé en 1856 par M. l'Archiviste général du Royaume, fait connaître que le dépôt de Liège possède 48 registres provenant de l'ordre de Malte (vraisemblablement de la commanderie de Villers-le-Temple), et celui de Namur, 2 registres qui ont appartenu à la commanderie de Chantraine.

Nos honorés collègues de Liège et de Namur, MM. Schoonbroodt et Bormans, ont eu l'obligeance de nous donner sur ces documents les renseignements suivants:
La plupart des registres du dépôt de Liège contiennent des paies de 1450 à la fin du siècle dernier. Les autres sont: 1. — Deux registres du XVIe siècle, intitulés: Stock. — 2. — Deux registres aux baux, l'un commençant en 1555, l'autre, en 1698. — 3. — Un papier terrier, renouvelé en 1710. — 4. — Deux registres du XVIe siècle, ayant pour titre: Désignation des biens et deux, du même siècle: Spécification des biens. — 5. — Deux registres, dont l'un est intitulé: Spécification des revenus, et l'autre, Spécification des débiteurs.
Les deux registres conservés au dépôt de Namur sont: — 1. Registre aux cens seigneuriaux, tant en grains qu'en argent, chapons, etc., dus à la commanderie de Chantraineau pays et comté de Namur, qui se perçoivent chaque année aux jours St. Remy et St. Etienne, lendemain de Noël, ès villages de Branchon, Acoz et alentour, par ceulx de la justice des cours foncières jugeantes ès dits lieux, on par comis d'un seigneur commandeur de Chantraine; iceluy registre renouvellé l'an 1740 et suivant, par ordre de S. E. monseigneur Louis-Gabriel, bailli de Froulay, grand-croix de l'ordre de Malte, ambassadeur dudit ordre près de S. M. T. C, en sa qualité de commandeur de Chantraine et Vaillampont, etc., par le procureur et notaire Petit, au dit Namur, à ce commis par ledit seigneur. — 2. Papier terrier, fait par ordre de frère Jacques de Martigny, commandeur de Chantraine, en 1618, « afin de parvenir au plain renseignement des biens, leur scituation et joindans, comme aussy des cens et rentes qui estoient demourés stériles durant les troubles et guerres. »
Il existe aux Archives communales de la ville de Mons deux actes, des années 1293 et 1295, concernant les propriétés de la commanderie de Hainaut-Cambrésis à Ville-sur-Haine et à Vellereille-le-Sec. Nous en avons inséré l'analyse et des extraits, dans le tome VII, pp. 152-153, de notre Description de cartulaires, et dans le tome XII, pp. 417-418, des Annotés du Cercle archéologique de Mons.
Nous avons aussi publié dans le tome III, p. 291, de notre Description de cartulaires, l'analyse de pièces relatives à la collation des cures de l'ordre de Malte, et produites au conseil souverain de Hainaut, à l'occasion de la nomination de maître Pierre-Joseph Cochez à la cure de Vellereille-le-Sec, en 1740. (Nº 20,005 des procès jugés du conseil de Hainaut.)
2. En 1664, le Grand-Prieur fit déposer au Temple, à Paris, les archives des commanderies du grand-prieuré de France. « Cependant, dit M. Mannier (p. 9), il ne fut pas possible de faire rentrer les titres des commanderies de Flandre (on appelait ainsi les commanderies belges), à cause de la guerre qui existait dans le pays. En 1669, le Grand-Prieur en réclama de nouveau la réintégration ; mais alors on lui fit observer qu'en Flandre, dans les procédures qui étaient à courts délais, il fallait représenter les titres originaux, qu'on n'aurait pu produire à temps, si on avait dû les faire venir de Paris. »
Quoiqu'il en soit, un certain nombre de documents de nos anciennes commanderies, et particulièrement des papiers terriers ou registres de cens, ont été envoyés au grand-prieuré, comme le prouve l'intéressant rapport de M. Wauters. Les procès-verbaux de visites et les papiers terriers des commanderies devaient y être déposés en originaux. — Dans son rapport, M. Wauters a publié plusieurs chartes qui sont relatives aux possessions de l'Ordre à Turnhout, Rixel, Alphen et Bréda ; ces chartes sont des années 1187, 1212, 1214, 1223, 1236, 1295, 1424 et 1617. Il a reproduit le texte de deux de ces pièces et des lettres par lesquelles « l'archevêque de Reims informe Milon, évêque de Thérouane, que, dans un synode tenu à Reims, on a consenti à ce que les offrandes faites dans la chapelle de l'OBSTAL à Ypres fussent recueillies au profit de l'ordre du Temple chaque année les trois jours des Rogations et les cinq jours suivants, (1132 environ.) »
3. C'est à l'aide des nombreux titres et papiers (plus de 10,000 pièces et 800 registres environ) de l'ancien prieuré de France, que l'on conservait jadis dans la maison du Temple à Paris, et qui reposent aujourd'hui aux Archives nationales de France, que M. E. MANNIER a rédigé son précieux ouvrage sur les commanderies qui composaient ce grand prieuré.
A propos de l'origine de l'ordre de l'hôpital de Saint-Jean de Jérusalem, M. Mannier a fourni la preuve que cet ordre existait bien avant l'époque fixée par le R. P. Paoli. En effet, il cite (p. 10) des donations faites en 1060 (par Guillaume le Conquérant), en 1083, en 1084 et en 1085.
Nous devons ajouter que cette particularité détruit l'opinion avancée sans preuve par le R. P. Paoli.
4. Un écrit du temps dit que le grand-maître ne put obtenir autre chose que ces trois reliques et que « les archives lui ont été refusées. » Révolution de Malte en 1798 ; gouvernement, principes, loi, statuts de l'ordre. Réponse au manifeste du prieuré de Russie. Par Mr. le Chevalier DE M****. 1799. In-4º, p. 110.
5. Dans une lettre qui nous a été adressée, de la part de S. E. le vénérable lieutenant-grand-maître de l'Ordre, son secrétaire, M. Ferd. de Hellwald, nous a fait connaître que les archives que l'on conserve actuellement à Rome, ne remontent pas au-delà de l'année 1803, en exceptant toutefois quelques rôles des années 1778 et 1787, qui font mention des commanderies belges.
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§ V. Composition de l'inventaire
La collection des archives de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem que possède le dépôt de Mons, a été divisée en sept sections, savoir:
— I. Généralité de l'ordre aux Pays-Bas.
— II. Commanderie magistrale de Hainaut-Cambrésis, dite du Piéton.
— III. Commanderies de Chantraine, de Tirlemont et de Vaillempont, en Brabant.
— IV. Commanderie de la Braque ou de Breda, en Brabant.
— V. Commanderie de Slype, en Flandre.
— VI. Commanderie de Castres, en Flandre.
— VII. Commanderie de Villers-le-Temple, au pays de Liège.

Tel est aussi l'ordre que nous avons adopté pour l'inventaire de celte collection.
La méthode que nous avons suivie pour sa rédaction consiste à grouper dans un même chapitre les documents qui présentent une certaine analogie entre eux, et à donner une analyse suffisante de ces documents en nous attachant préférablement aux chartes.

Nous nous dispenserons de faire ressortir les services que cet inventaire pourra rendre au public et en particulier aux personnes qui s'occupent d'études historiques (1) Qu'il nous suffise de dire que, dès notre nomination aux fonctions de conservateur du dépôt de Mons, nous avons considéré comme un des principaux devoirs de notre position de mettre en lumière les précieux chartriers de cet établissement. Or, jusque-là les chartes et les autres documents des commanderies de Malte se trouvaient mêlés : ce qui ne permettait que difficilement de trouver les pièces que l'on désirait consulter. Il fallait, pour cela, délier d'énormes paquets d'archives, et chaque fois on ajoutait à la confusion de ces paquets. Nous avons voulu mettre fin à cet état de choses. Aujourd'hui l'ordre règne dans les séries de titres et papiers dont l'inventaire suit.
1. M. Wauters l'a dit avec raison: « Les deux ordres des Templiers et des Hospitaliers ont eu tant de renommée, ils ont joué un si grand rôle dans l'histoire de l'Europe qu'on ne saurait éclaircir avec trop de soin les moindres particularités de leurs annales. Malgré les travaux qui ont été accomplis jusqu'à cette heure, il reste beaucoup à faire... » Nous osons espérer que notre inventaire sera d'un puissant secours pour les érudits qui se proposent d'écrire l'histoire complète des commanderies belges, et qu'il les excitera à se livrer résolument à cette œuvre depuis si longtemps attendue.
Léopold Devilliers — Inventaire analytique des Archives des Commanderies Belges de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem ou de Malte. Mons, Belgique 1876.

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