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Les commanderies des Templiers de Belgique

Commanderies de Flandre
Le comté de Flandre a désigné autrefois un pagus carolingien, puis l'une des principautés du royaume de France, particulièrement impliquée dans les conflits franco-anglais, aux frontières et à l'influence durement disputées depuis sa création au IXe siècle jusqu'en 1384, date de la mort du comte Louis de Male.

Commanderie d'Ypres
Commanderie de Bas-Warneton
Commanderie de Courtrai
Commanderie de Slijpe
Commanderie de Leffinge
Commanderie de Gand
Commanderie de Gistel
Commanderie de Bruges
Commanderie de Steene
Commanderie de Nieuport
Commanderie de La Haie-Lille
Commanderie de Perenchies
Commanderie de Cassel
Commanderie de Caëstre
Commanderie de Steenwerck
Dîmes de Saint-Venant


Commanderie d'Ypres
Pays: Belgique, Région: Flamande, Communauté: Flamande, Province: Flandre-Occidentale, Arrondissement: Ypres

Commanderie de d'Ypres
Localisation: Commanderie de d'Ypres

Première commanderie régulière connue puisque son premier acte est daté du mois de septembre 1128, Ypres reste dans l'ombre et dans l'interrogation si nous en croyons les « ésotériques farfelus » qui voulurent en faire une maison à caractère secret. Nous sommes loin de ces conclusions. Dans le Temple, le secret est le même que celui des autres Ordres monastiques: la symbolique médiévale arrêtée par l'œuvre bornée d'un Thomas d'Aquin.

A l'aube du Moyen Age, Ypres connaissait la renommée. Ville de foire, de commerce et d'échange, elle était le centre le plus actif de la Flandre avec Bruges. Dès l'approbation de la Règle par le concile de Troyes, le 13 janvier 1128, Hugues de Payens et Geoffroy de Saint-Omer fondèrent une maison de leur Ordre dans le faubourg immédiat de la ville, à Upstal ou Opsal (1). Ce lieu appartenait au comte de Flandre et dès ses débuts une communauté importante fut installée. Les Annales d'Ypres pour l'année 1128, nous donne le nombre de quinze religieux: treize avec en plus le supérieur et le chapelain.

Peu de temps après la fondation, les Templiers étaient en conflit avec les chanoines de Saint-Martin de la ville. En 1132, le prévôt de Saint-Martin contestait aux Templiers le droit d'inhumer les maîtres et les frères défunts. Les deux parties firent un accord et les templiers purent enterrer leurs morts en toute tranquillité (2). Cette position du prévôt de Saint-Martin provient de la libre possession des terres d'Upstal octroyée par le comte Robert II en 1110 (3).

La chapelle d'Upstal a fait l'objet de confirmation dès les débuts de l'Ordre. A la fin de l'année 1131, Rainaud, archevêque de Reims et Milon, évêque de Thérouanne, lors d'un concile provincial tenu à Reims confirmaient aux Templiers, en présence de Bernard abbé de Clairvaux et de nombreux prélats, les cérémonies et les offrandes faites en la dite chapelle. L'acte précise que les chevaliers du Temple de Jérusalem conserveraient les offrandes qui sont faites durant les trois jours des rogations et les cinq jours qui suivent (4).

L'année suivante, l'évêque de Thérouanne en présence de nombreux évêques, dont certains assistèrent au concile de Troyes confirmait, en sa qualité de diocésain, les offrandes octroyées par le concile de Reims. On y voyait les évêques de Reims, Chartres, Arras, Soissons, Laon, Châlons et l'abbé de Clairvaux. La prévôté de Saint-Martin était représentée par l'archidiacre, le doyen et le chantre tandis que d'autres églises avaient délégué des représentants (5). Les biens de la commanderie d'Ypres s'agrandirent. En dehors des donations générales, faites par les divers comtes de Flandres, la maison d'Ypres reçut elle-même, divers biens tant des seigneurs et bourgeois que de simples paysans, avec toujours les confirmations des comtes. Le 21 décembre 1166, Thierry, comte de Flandre et Philippe son fils, notifient que Robert fils de Guillaume d'Ypres confirmait que son père avait donné aux frères de la Milice du Temple le relief des fiefs qui dans le comté de Flandre pourraient et pourront être tenus par eux (6). Le même comte, mais avec sa femme la comtesse Sybille, donnent un pré (7).

Il faudra attendre la fin du siècle pour qu'un acte signale une concession à Ypres même. En effet, les échevins d'Ypres notifient que Robert de Miliaco, humble ministre de la Milice du Temple en France, du conseil et du consentement de ses frères concède un pré situé sur le territoire de la ville d'Ypres, appelé Briel et une masure y attenant. Cette concession est faite à Guelin, huissier du comte de Flandre et à ses héritiers ainsi qu'à Jean, fils de Wautier de Stadis et ses héritiers. Cette concession fut faite contre une rente annuelle de sept marcs d'argent de la monnaie d'Ypres. Guélin paiera deux marcs et Jean cinq, sous les conditions suivantes: quatre seront payés pour la fête de saint Bavon et les trois autre pour la mi-mars. Ces sommes seront payées aux frères du Temple par l'intermédiaire du frère représentant le maître en France dans les reliefs de Flandre. Les preneurs devront en outre donner un setier du meilleur vin que l'on vendra dans la ville d'Ypres (8). Cet acte non daté peut être reconnu dans son année d'émission puisque le rédacteur spécifie bien que cette concession fut octroyée l'année où Philippe, roi de France, Richard, roi d'Angleterre et Philippe comte de Flandre furent en pèlerinage en Terre Sainte, soit en 1199.

Il semblerait que les deux bourgeois payèrent leur contribution, ce qui ne fut pas le cas pour la ville d'Ypres puisque le 19 avril 1214, les échevins d'Ypres et la communauté reconnaissent devoir aux Templiers d'Ypres deux cents livres de Flandre pour la prochaine fête de Saint-Jean-Baptiste. La quittance ajoute qu'ils assigneraient annuellement soixante et quinze sous et quinze deniers sur la halle de la ville ou sur un autre lieu (9).

Le pré situé à Briel n'était pas la seule possession des Templiers. Il semblerait que les frères du Temple possédaient d'autres propriétés ou tout au moins des droits sur cette partie du territoire d'Ypres puisque au mois d'octobre 1220, Robert, doyen de la chrétienté d'Ypres notifiait que Guillaume Provendier et Alix son épouse avait donné à Dieu, à Sainte Marie et aux frères de la milice du Temple, tout ce qu'ils possédaient en droit au lieu-dit Briel sur le territoire d'Ypres. Les donateurs, en présence de plusieurs clercs et laïcs déposèrent leur charte sur l'autel de la chapelle des frères du Temple d'Ypres avec la signature de plusieurs témoins parmi lesquels se trouvaient frère Soybert, commandeur de Flandre, Th. chapelain et frère Etienne (10).

La comtesse Jeanne fut une généreuse donatrice, non seulement pour la commanderie d'Ypres, mais pour les Templiers de son comté pour lesquels elle affermit les droits de l'Ordre. Dès 1224 elle entre dans le droit et la confirmation des privilèges, juridictions et donations. Grâce à ses interventions l'Ordre du Temple pourra faire valoir ses droits propres face aux seigneurs souvent avides et face aux communautés qui se libéraient de la tutelle des suzerains et même de certaines corporations.

Le 26 juin 1224, dans un acte signé de Paris, Jeanne, comtesse de Flandre et de Hainaut, notifie à son bailli d'Ypres, Jean Loup, qu'un compromis a été établi entre elle et les templiers. Roger châtelain de Lille, Gilles d'Aigreinont et Pierre de Buech sont chargés de juger le différend qu'il y a entre les templiers et elle-même au sujet de la fête annuelle que les frères ont chaque année dans la ville d'Ypres à l'époque de l'Ascension du Seigneur. La comtesse fait savoir à son bailli qu'il ne doit pas intervenir et qu'il doit laisser les templiers dans leurs anciens usages jusqu'à ce que les trois envoyés aient trouvé un compromis (11).

L'année suivante tout le monde semble s'être mis d'accord puisqu'en 1225 les échevins, avec le consentement de la comtesse Jeanne font connaître l'accord intervenu entre eux et les Templiers d'Ypres au sujet de divers droits que les frères avaient dans la ville et sur son territoire (12).

La comtesse Jeanne de son côté confirmait les conventions entre les deux parties quant à l'exécution des bans de la ville et principalement sur le territoire que les Templiers possédaient. La comtesse de Flandre et de Hainaut reconnaît aussi ne pas avoir de juridictions sur ces terres, mais que par l'accord passé entre elle et les frères du Temple, elle entend jouir des droits qui leur revenaient sur les foires tenues à Ypres et dans la banlieue durant les sept jours de la semaine des Rogations. Elle retenait aussi les amendes et les échanges effectués sauf celles dues par les manants du Temple. La comtesse se réservait pour elle-même le droit d'installer des foires où elle le jugerait bon. Le maître en France, Olivier de la Roche se soumit malgré le détriment porté à l'Ordre. Les Templiers devenaient ainsi les ennemis jurés des habitants (13).

C'est alors que prit naissance une légende qui parcourut les siècles. Légende ou plutôt prophétie. Les Templiers murmuraient contre les habitants d'Ypres et déjà en 1221 la bonne harmonie entre les deux communautés était assez dissonante car les Templiers se rendirent coupables d'injures et de calomnies vis-à-vis des échevins. Après une plainte auprès du pape, Honorius III envoya une bulle à l'abbé de Sainte-Walburge de Furnes afin de calmer les esprits (14).

Venons-en à la « prophétie ». Après que la comtesse et les échevins eurent dépossédé les Templiers, un chevalier de l'Ordre renommé par sa piété, sa charité et sa bonté, voyant les préjudices financiers, juridiques et temporels causés par cet acte d'innovation qui allait contre les droits octroyés et par Philippe d'Alsace en 1171 et par l'Eglise lors de la fondation de l'Ordre, ce frère donc parcourut la ville et fit entendre sa prophétie. Selon lui, un esprit céleste lui aurait apparu au cours d'un songe et lui aurait annoncé la destruction de la ville. Ypres devait périr sous un déluge un jour de la fête de l'Ascension, afin de punir les habitants qui allaient, par cet acte, jouir de prérogatives et d'avantages qui appartenaient aux frères de la Milice du Christ. Cette légende prophétique fut propagée durant plusieurs siècles et l'on voyait encore au début du siècle des habitants quitter Ypres aux environs de l'Ascension pour revenir de chez quelques parents peu après la fête (15).
Les contestations ne s'arrêtèrent pas là et la comtesse Jeanne de Constantinople reconnut que son action de 1225 ne pouvait que mettre les deux parties en accord.

En 1273, Franco de Bort « maître et humble visiteur et Lieutenant du maître des maisons de la milice du Temple dans toutes les parties cis-marines », inscrit en vidimus l'acte de la comtesse par lequel elle mettait la paix entre les deux parties et confirmait les prérogatives et les franchises des Templiers. La comtesse ordonnait que les Bans que les échevins feraient pour l'utilité de la ville, les Templiers devaient le faire pour leur territoire. La comtesse déclara en outre que les amendes qui seraient payées par contraventions seraient partagées entre les deux. Les Templiers recevront les trois quart et les échevins le quart restant. Les Templiers pouvaient avoir dix hommes sur le territoire de la ville d'Ypres, 5 à Brielen et 5 à Ypres. Ces hommes, comme leurs seigneurs avaient le pouvoir de faire des bans, d'arrêter ceux qui commettaient des forfaits et de les sommer à comparaître le jeudi avant midi: ad feriam quintam ante meridiem dit le texte, pour les affaires et à la semonce des Templiers. Lorsque les échevins seraient élus et qu'ils viendraient pour la première fois sur le territoire des Templiers, ils devraient jurer de conserver les privilèges des frères et des habitants de leur juridiction; que si un bourgeois commet un méfait sur le territoire des Templiers, il sera jugé par les échevins. Les Templiers de leur côté promettent la même chose. Le bailli de la comtesse doit procurer aux templiers la part des amendes qui leur revient sur les biens meubles qui appartiennent à celui qui commet des forfaits sur les domaines de la comtesse. Les Templiers promettent aussi que leurs manants et leurs biens seront dans les libertés de la ville et soumis aux coutumes des bourgeois de la ville d'Ypres. Il fut décidé en outre que les Templiers ne pourraient recevoir sur leurs terres et domaines aucun homme demeurant sur le territoire juridictionnel d'Ypres et appartenant à la comtesse, sans le consentement et l'accord de celle-ci ou pour cause de mariage. Les Templiers libèrent ensuite les échevins d'Ypres des rentes leur appartenant sur les halles et spécifient que les biens appartenant à l'Ordre et situés dans la ville sont soumis aux mêmes impositions que les habitants.

Cela n'empêcha aucunement l'intervention de Roger, châtelain de Lille qui, en 1226 fit savoir la composition qui eut lieu entre Soybert, précepteur des maisons du Temple en Flandre et les Hospitaliers du Temple à Ypres au sujet d'une somme de deux cent quarante livres de Flandre que ceux-ci leur devaient. Les frères durent payer quatre-vingt livres pour la Saint-Rémy, quatre-vingt pour la Saint-Jean et les quatre-vingt dernières pour la Saint-Jean d'été (16).

Le comte de Flandre, Ferrand, intervint lui aussi en 1227, mais son action s'étendra sur toute l'étendue du comté et sur les deux principales commanderies: Ypres et Slijpe.

Le 27 octobre 1227, le dit comte confirme les décisions prises par la comtesse Jeanne en 1225, mais fait des concessions. S'il est en accord pour supprimer les foires aux Templiers, il donne en échange une rente de quarante livres que les Templiers lui devaient à Slijpe (17). Toutefois il donne son approbation à une convention entre les Templiers et les échevins, convention dans laquelle se retrouvent les mêmes conditions que nous signale l'acte de la comtesse Jeanne, mais où nous devons ajouter l'exemption totale des tailles et corvées. Afin d'être libres de toutes actions les frères du Temple acquittèrent les échevins et la ville de toutes les rentes qu'ils avaient l'habitude de recevoir sur la halle de la ville. Par contre les Templiers purent avoir un conduit d'eau venant du fossé de la ville (18). La comtesse confirmera cette décision en 1228 (19).

Au cours de la description des diverses possessions on constatera que les seigneurs flamands firent fi des divergences qui existaient entre les échevins d'Ypres et les Templiers et continuèrent leurs libéralités en faveur des Templiers d'Ypres qui agrandirent ainsi la juridiction de l'Ordre.

Les discussions continuèrent et allèrent bon train ce qui fait qu'à la fin du XIIe siècle il fallut trouver un autre sujet pour le palabre. Cela n'allait pas tarder à venir. Les affaires des foires avaient été complètement réglées, on trouva alors l'affaire du vin que l'on vendait en détail sur le territoire des Templiers, ainsi que la maltote que l'on percevait. Le visiteur de France et d'Angleterre, Geoffroy Vichier, trancha le litige et dans une charte du 5 avril 1288, il notifie la transaction passée entre les deux parties en déclarant que « les habitants des terres du Temple les Ypres ne pourront pas vendre du vin au détail (à la broque) à quiconque mais seulement en gros et en pièces, qu'ils pourront aussi débiter de la cervoise et autres boissons, le vin excepté ». Le visiteur poursuit « que les frères du Temple pourront avoir du vin dans leur maison et qu'ils reconnaissent que la ville leur a payé en dédommagement deux mille livres parisis; que les échevins et la communauté d'Ypres seront tenus d'assigner aux Templiers deux mille livres, pour acheter cent livres de revenus annuels dans les limites du comte de Flandre, à condition que, quand on retrouvera à acheter quarante livres de revenu en même temps, frère Pierre dou Sac, Maître de la milice du Temple en Flandre, pourra en faire l'acquisition avec partie de cette somme; que si l'on ne trouve point à acheter ce revenu en tout ou en partie, la communauté d'Ypres payera annuellement en deux termes, audit Pierre dou Sac, pendant sa vie, cent livres parisis, tandis qu'à sa mort les échevins remettront aux Templiers la dite somme de mille livres, ou ce qui restera ». Le frère Geoffroy Vichier donne un détail assez important lorsqu'il déclare « Comme il y avait aussi contestation entre les Templiers et la ville d'Ypres, au sujet des conduits d'eau, il a été convenu que les Templiers auraient un seul conduit d'eau qui irait de leur maison à Ypres mais qu'ils en auraient quatre dans leur habitation hors de la ville » (20).

La fin du XIIIe siècle est calme pour les Templiers d'Ypres. Le suzerain de Flandre, Philippe IV le Faux-Monnayeur, dit le Bel, toujours à court d'argent fut tout de même généreux pour les frères de la ville. Il paraît incroyable que ce roi de France qui fut le destructeur de l'Ordre octroya de nombreux privilèges. Prévoyait-t-il déjà son coup d'éclat. Peut-être pas, le cynique Nogaret n'étant pas encore en vue. Quoiqu'il en soit, au mois de décembre 1296, le roi de France déclarait que les paiements effectués par les hostes du Temple sur leur part dans un subside qui avait été accordé, n'auraient aucun préjudice à leurs privilèges, leurs libertés et leurs franchises (21). Philippe le Bel voyait-il déjà sa vengeance puisque quelques années après, vers 1304, un nouveau litige éclata entre les échevins et les Templiers.

Les habitants d'Ypres voulaient que les hostes du Temple aient part aux dépenses de la commune pour la guerre qui opposa le comte de Flandre au royaume de France. Les hostes du Temple firent jouer leurs privilèges et l'exemption des exactions, impositions et tonlieux. Philippe le Bel ayant vu son absolutisme bafoué par les flamands ne voulait-il pas en jouant sur les deux tableaux, gagner la partie ? Quoiqu'il en soit l'affaire fut soumise à l'arbitrage du comte Robert de Béthune qui voulant aller à l'encontre des décisions du déposte roi de France, déclara par lettre datée de la veille de Pentecôte 1306, que les hostes du Temple devaient payer leur part comme les habitants et ceux d'Ypres et cela pour le bien de tous (22).

Après le crime du roi de France, les bûchers de l'Inquisition, le procès absurde, les bourgeois d'Ypres reçurent une lettre datée du mois de mai 1309 qui leur signifiaient de payer entre les mains des curateurs et intendants des biens de l'Ordre du Temple en Flandre les sommes qu'ils devaient au moment de l'arrestation des frères d'Ypres (23).

Lorsque les Templiers reçurent leur coup de grâce par la perfidie d'un roi de France en l'occurrence Philippe IV, la fourberie d'un Nogaret et le manque total d'honneur d'un Clément V, les biens passèrent à l'Ordre du Saint-Jean de Jérusalem.

Les chevaliers de Saint-Jean héritèrent d'un beau domaine. Les archives de la ville d'Ypres sont assez élogieuses sur le domaine temporel des Templiers. Autour de la maison le domaine utile était vaste. A lui s'ajoutait celui de Brielen. L'Upstal dont nous avons parlé au début possédait une maison où se réunissaient les Templiers et les échevins pour mettre en valeur leur droit de justice (24).
La commanderie d'Ypres fut démolie en 1320, elle fut le siège provincial du commandeur de Flandre.
Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.

Notes — Ypres
1. — Optai, Upstal, nom d'origine saxonne signifiant refuge, asile.
2. — Flandre illustrations, tome l, page 369.
3. — Ypres, Archives de la Ville, C. 10, n. 27.
4. — D'ALBON, Cartulaire, n. 41.
5. — Ibid., n. 45.
6. — Cartulaire de Flandre, folio 8-8 v., n. 9.
7. — Ibidem, folio 49, n. 87.
8. — Ibidem, folio 83v-84 v, n. 137.
9. — Ibidem, folio 16 v, sans numérotation dans le manuscrit.
10. — Ibidem, folio 21-21 v, n. 38.
11. — Ibidem, folio 49 v, n. 88.
12. — Ibidem, folio 85-85 v, n. 138.
13. — Ibidem, folio l-2 v, n. 1.
14. — Ypres, Archives de la Ville, Layette 20, n. 8.
15. — Ibidem, Annales manuscrites de la ville.
16. — Cartulaire de Flandre, folio 9-9 v, n. 11.
17. — Ibidem, folio 24-24 v, n. 46.
18. — Ibidem, folio 27 v.-29, n. 50.
19. — Ibidem, folio 47-47 v, n. 79.
20. — SAINT-GENOIS, Mon. Anciens, page 767.
21. — Ypres, Archives de la Ville, livre jaune, folio 171 v.
22. — Ibidem, folio 172.
23. — Ibidem, folio 173 v.
24. — Ypres, Archives de la ville, Layettes 13, n. 9.

Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.

Seigneries d'Ypres
Les seigneuries particulières étaient
1. — La justice de la prévôté de Saint Donat de Bruges sous le domaine du comte dans la paroisse de Bail leul 1 mentionnée dans un acte du mois de novembre 1278 par lequel Jean de Dampierre petit fils de la comtesse Marguerite vendit à l abbaye de Clairma rais ses rentes en blé et en avoine sur 93 mesures et 20 verges de terre y situées appartenant à la dite abbaye (2).
2. — L enclave et seigneurie de la commanderie appartenant à l'ordre du Temple dès avant 1182 et s'étendant sous les paroisses d'Eecke et de Caestre. On l'appelait aussi la cour du Temple à Eecke.
Sources: Histoire administrative et constitutionnelle des villes et chatellenies d'Ypres, Cassel, Bailleul et Warnêton jusqu'à l'an 1305 sur le plan de l'ouvrage Allemand, page 299. (Livre numérique Google)

Don d'un homage à Bas-Warneton 1239, au mois de janvier, Bauduin V de Comines et Gertrude, son épouse, cèdent à l'église des Frères de la Milice du Temple (5), à Ypres, l'hommage de V bonniers de terre sis à Bas-Warneton, que Guillaume Gérin, clerc, tenait de Jean de La Lys (de Leyà), avec toute justice. C'est le dernier diplôme, à notre connaissance, où nous voyons figurer les noms de Bauduin V de Comines et de Gertrude. Après le mois de janvier 1239, on ne retrouve plus, dit Monsieur Leuridan, Baudouin, châtelain d'Aire, qui paraît être mort cette année, même avant le mois de septembre, époque où son fils Bauduin VI, fait acte de seigneur de Comines.
Au mois de mai suivant, Bauduin Ier le Jeune et J., son épouse, confirment la donation de leurs parents (6).
Outre Bauduin le Jeune, son fils ainé, Bauduin V laissa encore:
5. — Leuridan, Recherches, etc., page 25.
6. — Léopold Devilliers, inventaire analytique des archives des commanderies Belges, page 194. Le seigneur de Comines possédait à Comines-Sud, la cense du Temple, probablement ancienne propriété de la commanderie d'Ypres. Comte des baronnies de Comines et d'Hallewyn, rendu par Guillaume d'Ousthoren en 1667, folio 39.
Sources: Histoire chronologique, politique et religieuse des seigneurs et de la ville de Comines (3 volumes), page 75. (Livre numérique Google)

Comines (Comines-Warneton) Une seule seigneurie comprenait Bas-Warneton, Comines-France, Houthem, Zantvoorde et la partie occidentale de Comines-Belgique; la partie orientale de Comines-Belgique dépendait des seigneurs d'Oosthove à Wervik; toutefois, Comines-Belgique relevait de la châtellenie d'Ypres et Comines-France était la capitale du quartier Ferrain, dans la châtellenie de Lille; localité définitivement divisée par la Lys, frontière d'Etat, depuis le traité d'Utrecht en 1713 (mais il n'y eut deux municipalités distinctes qu'à la Révolution); le chroniqueur Philippe de Commynes (XVe siècle) fut un des seigneurs du lieu; commune du département de la Lys sous le régime français; détachée en 1963 de la province de Flandre occidentale et rattachée à la province de Hainaut, sauf le hameau néerlandophone de Kruiseik cèdé à Wervik (W. V).
Sources: Jean-Jacques Jespers — Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, page 204. (Livre numérique Google)
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Commanderie de Bas-Warneton
Pays: Belgique, Région: Wallonne, Communauté: française de Belgique, Province: Hainaut, Arrondissement: Mouscron, Commune: Comines-Warneton

Dès la fondation de l'Ordre et comme je l'ai fait remarquer auparavant, les seigneurs locaux furent de généreux donateurs, mais les premières commanderies proviennent des fondateurs eux-mêmes. C'est le cas de celle de Bas-Warneton, fief de la famille des seigneurs de Saint-Omer.

Quelques mois après la fondation de l'Ordre, le 15 septembre 1128, les fondateurs de l'Ordre, alors en Flandre, recevaient à Saint-Omer, la donation du fief de Bas-Warneton. A cette occasion le comte Guillaume, châtelain de Saint-Omer, considérant ceux qui travaillent pour le bien et qui combattent contre les païens dans la terre de Jérusalem, font donation, en aumône aux chevaliers du Christ du Temple, du relief qui lui était du à la mort d'un homme sur sa terre de Bas Warneton suivant les us et les coutumes de ses fiefs (1).

Cette première donation peut paraître de moindre importance. Cela peut se croire, étant donné que le Cartulaire de Flandre ne signale plus d'actes jusqu'en 1171, mais entre temps, il dut y avoir d'autres documents, mais les contestations ne furent pas très importantes où n'existèrent pas comme ce fut le cas dans le deuxième acte connu et cela est explicitement indiqué. En effet, ce jour-là, Baudouin de Legendhem, commandeur de Flandre, recevait le relief des fiefs en Flandre et Philippe, comte de Flandre et de Vermandois confirmait la cession faite aux chevaliers du Temple par Guillaume, châtelain de Saint-Omer, avec le consentement d'Otton, de Guillaume et de ses autres fils, que tout homme de fief qui doit le relief, soit de sa châtellenie, soit de son fief de Bas-Warneton devra payer non pas à lui, ni à ses héritiers, mais aux frères du Temple ou à leurs receveurs. Le comte ajoute que le petit-fils, lui aussi Guillaume et son successeur dans la châtellenie de Saint-Orner, après certaines contestations ont reconnu le droit des Templiers et rendent les chevaliers du Temple quittes de cette possession, en présence de plusieurs témoins (2).

Le même seigneur confirmera ces droits, le 15 septembre 1178, en présence de Jean, évêque de Thérouanne, qui brandit la menace d'excommunication contre ceux qui iront contre cette décision (3).

Ce sera au XIIIe siècle que le Bas-Warneton sera mieux connu comme membre direct de la juridiction d'Ypres. En dehors des mentions faites par les embryons d'actes des chapitres généraux (4), le XIIIe siècle donnera quelques détails supplémentaires quant aux possessions. Au mois de janvier 1239, le seigneur de Comines, Baudouin et Gertrude sa femme, font la concession à l'église des frères de la milice du Temple à Ypres de cinq bonniers de terre que Guillaume Guérins, clerc, tenait de Jean de Lys et Gertrude son épouse qu'ils avaient apportés en hommage légitime entre leurs mains et situés à côté des près de B., avocat de Béthune et sur le territoire du Bas Warneton, près de la Lys. Ils abandonnent en toute liberté de cinq bonniers, toute la haute justice et les droits qu'ils avaient sur la dite terre. Ils concèdent cela à la dite église librement, en paix et à perpétuité (5). Au mois de mai suivant, c'est la confirmation de cet hommage de la part de B. le Jeune, fils aîné de B. de Comines qui laisse les Templiers libres de toute exaction (6).

La commanderie du Bas-Warneton fut sans grande importance. Elle ne vivait que sur des reliefs, des droits de justice et des dîmes. Au chapitre général de 1293, elle n'était plus considérée que comme simple maison avec deux frères sergents.
Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.

Notes — Bas-Warneton
1. — Cartulaire de Flandre, fol 82v-83 v, n. 136.
2. — Ibidem, folio 2 v-3 v, n. 2.
3. — Ibidem, folio 3 v-4, n.3.
4. — cf. Laurent DAILLIEZ, Les Templiers gouvernement et Institution.
5. — Cartulaire de Flandre, folio 29 v.-30.
6. — Ibidem, folio 20 v.

Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.
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Commanderie de Courtrai
Pays: Belgique, Région: Flamande, Province: Flandre-Occidentale, Arrondissement: Courtrai

Les frères du Temple possédaient quelques biens dans la ville de Courtrai ainsi qu'il apparaît dans un acte du XIIIe siècle dans lequel les échevins de Courtrai: Gérard de la Pierre, Syger, fils d'Hadewif, Roger Tolner, Symon Roment, Wautier Ture, Henri de la Pierre, Jean Crumbelin et Guillaume Walo, font savoir à tous présents et à venir que les frères du Temple, du commun conseil du chapitre de la maison, ont cédé à Roger de Halle, une maison avec la terre et ses dépendances provenant de la donation de frère Mathieu. Le preneur tiendrait cette maison ainsi que ses héritiers perpétuellement moyennant un cens annuel qui serait perçu par les frères du Temple. Pour garantir cette cession, le dit Roger paiera 50 sous pour la fête de Saint Nicolas, qui est célébrée avant la fête de Noël, il assigne en plus aux dits religieux, une maison qu'il avait près de la Halle de Courtrai qui possédait un cellier construit en pierre et située du côté de la cour dame Jeanne, comtesse de Flandre et de Hainaut (1).
Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.

Notes — Courtrai
1. — Cartulaire de Flandre, folio 14v-15, n. 22. On doit noter la précision du terme de paiement. Il existait en effet au Moyen Age deux fêtes de saint Nicolas, évêque de Myre. La fête principale était célébrée le 6 décembre, c'était la saint Nicolas d'hiver ou de Noël entrant, la seconde était pour le 9 mai, c'était la saint Nicolas d'été et commémorait la translation du corps à Bari.
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Commanderie de Leffinge
Pays: Belgique, Région: Flamande, Communauté: Flamande, Province: Flandre-Occidentale, Arrondissement: Ostende, Commune: Middelkerke

Commanderie jumelle de Slijpe, c'est-à-dire que les deux noms étaient non seulement liés mais que le commandeur de l'une était commandeur de l'autre sans restriction, avec la particularité qu'à Leffinge, s'il y avait une communauté, le sous-commandeur était supérieur de cette partie de la famille templière. Cela ne veut pas dire que Leffinge était une commanderie régulière, puisque le titre était commandeur de Slijpe et Leffinge. C'est l'ensemble des deux qui formait la communauté, et le titre seul de Leffinge était rattaché à la terre ce qui n'était pas le cas pour Slijpe siège du titulaire. On trouve plusieurs cas de ce genre dans l'Histoire de l'Ordre principalement en Espagne ou dans le Languedoc dont le plus bel exemple est la commanderie de Vaour dans le Tarn.

Les biens de Leffinge vont pratiquement de pair avec l'évolution du domaine de Slijpe. Toutefois on rencontre des donations propres à la terre dans la dernière partie du XIIe siècle. Vers 1160, Gérard, évêque de Tournai notifiait une controverse entre les frères du Temple et le clergé de Leffinge. Assurément il est plus intéressant de comprendre le pourquoi de cette controverse pour les lumières qui doivent briller dans l'église, mais là n'est pas notre propos. Nous verrons plus loin l'attitude du clergé séculier et celle des Templiers au sujet des biens d'Eglise. Le but de ces lignes concernant les commanderies est seulement de prouver, par les documents l'existence d'une commanderie ou de biens et réfuter les possessions inventées (1).

En 1172 c'est le successeur au siège de Tournai, Evrard qui notifie encore une affaire d'Eglise lors de la réunion d'un synode à Leffinge (2).

A Ypres, nous avons vu que des contestations eurent lieu très souvent avec les échevins, les bourgeois et les marchands. A Leffinge, il semblerait qu'une opération de ce genre pouvait avoir lieu, aussi il fallut prévoir et au mois de mai 1230, Eustache, chambellan de Flandre, seigneur d'Oudenburg et châtelain de l'office de Leffinge, fait savoir par cette présente page à tous, anciens et modernes que lui et ses successeurs n'ont et n'auront aucun droit dans la wateringue dont il a l'office. Il jure sur les saints évangiles que personne ne pourra fossoyer dans la wateringue et que celui qui fossoiera, paiera 6 livres de Flandre d'amende. Cette amende sera répartie en trois parts: 40 sous au châtelain, 40 sous au comte et 40 sous pour l'office. Il s'avère que l'office revint aux templiers, aussi le seigneur confirme-t-il cette position. Il signe l'acte avec Henri Brolose de Leffinge, Reisiny de Slijpe, Inguerran de Slijpe, Thomas, fils de Thomas Canis, Henri Vlamenc, Haketi, chevaliers et juges, Hildebrand, fils de Thierry, Ingeton, Baudouin d'Oudenburg, hommes du seigneur comte (3).

La paroisse de Leffinge n'était pas intégralement occupée par les biens templiers. Toutefois sur les templiers certaines communautés devaient des redevances. C'était le cas de l'Hôpital Saint-Jean de Bruges. Au mois de mai 1252, le maître et les frères dudit hôpital reconnaissent tenir du maître des Templiers en Flandre dans trois reliefs situés dans les paroisses d'Oostkamp Pays: Belgique
Région: Flamande, Communauté: Flamande, Province: Flandre-Occidentale, Arrondissement: Bruges
et de Leffinge. Ils envoyèrent un de leur frère, Jean de Ostboch auprès des Templiers afin d'acquitter les biens à sa mort: il tenait dans la terre d'Oostkamp, deux reliefs: un de dix livres, l'autre de 50 sous. La terre de Leffinge comprenait le troisième relief de six livres dont il solda les Templiers (4).

Lorsque les hospitaliers prirent cette possession, ils lui conservèrent son union avec Slijpe, mais ils lui donnèrent sa véritable fonction territoriale tout en conservant la mention de Temple. Les Records de l'Ordre de Malte nous montrent ces dénominations: 1503-1516 Templiers Waghelkin et cela jusqu'en 1666.
Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.

Notes — Leffinge
1. — Cartulaire de Flandre, folio 71 v, n. 118.
2. — Ibidem, n. 119.
3. — Ibidem, folio 68-69, n. 114.
4. — Ibidem, folio 48-48 v, n. 82.
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Commanderie de Gand
Pays: Belgique, Région: Flamande, Communauté: Flamande, Province: Flandre-Occidentale, Arrondissement: Gand

Les Templiers possédèrent à Gand une petite commanderie qui, comme je l'ai dit et démontré par ailleurs (1) n'était autre qu'une maison régulière servant principalement de lieux de passages, de rencontres et quelques fois d'entrepôt, mais alors nous tombons dans un domaine juridictionnel autre que celui qui nous intéresse et que nous verrons par ailleurs.

Ce type de maison, très souvent commanderie, était établi dans les villes épiscopales comme à Courtrai ou Liège dans le seul but de veiller à la sauvegarde des privilèges contre les états ecclésiastiques dont les membres s'appropriaient bien souvent l'apanage et d'où découlaient d'interminables procès. Au contraire de ce que l'on a toujours cru et indiqué les procès n'eurent pas toujours comme origine les Templiers. Ces mentions sont dues à l'interprétation des élucubrations et des falsifications du Sieur Dupuy, bibliothécaire du roi Louis XIV qui voulant démontrer la puissance de certains rois de France, ancêtres du roi soleil, et entre autre du cynique et faux monnayeur Philippe dit le Bel, n'hésita jamais à salir la mémoire d'hommes très souvent plus justes et courageux que ce souverain français.
La fondation de la maison et de la chapelle du Temple de Gand date des environs de l'année 1180 (2).

En dehors de cette mention de la fondation, le premier acte connu est daté du mois de novembre 1200. Il s'agit d'une confirmation faite à Baudouin, comte de Flandre et de Hainaut concernant une donation faite par Syger, châtelain de Gand et de Courtrai du consentement de sa femme et de ses parents. Le seigneur fait plusieurs donations aux Templiers: son alleu de Viggensele avec ses dépendances, ses droits dans la forêt que l'on appelle Ywerie ou quatre offices, ainsi que sa maison située à Gand dans le quartier de Briel et qui avait été fondée par Robert (3).

La même année, mais sans mention de mois, c'est la châtelaine de Gand et de Courtrai qui concède aux frères du Temple de Jérusalem toutes les aumônes et faveurs, ainsi que toutes les concessions faites par Syger châtelain de Gand et de Courtrai (4). Cet acte paraît être la confirmation du précédent.

Deux ans plus tard, en 1202 et en présence de Baudouin, comte de Flandre et de Hainaut, de Gérard prévôt de Bruges, de Guillaume grand-père du comte et Bernard de Rosbais, Syger châtelain de Gand notifie qu'il confirme toutes les aumônes que son seigneur et cher père, châtelain de Gand, fit aux frères de la milice du Temple lorsqu'il renonça au siècle et prit l'habit des frères de la Milice du Temple et qui se composent ainsi: l'office du seigneur Salomon de Samesclacht, l'alleu de Viggensele avec toutes ses appartenances, la masure de Robert le noir de Briel dans la ville de Gand et dans la forêt des quatre offices ou métiers (5).

La châtelaine douairière de Gand et de Courtrai, dame Pétronille ne tarda pas à approuver, dans un acte non daté les donations faites par son époux Syger et que confirma, Syger, son fils. Elle promet de respecter toute la convention faite entre les dits chevaliers du Temple et les châtelains en présence de plusieurs témoins (6).

Par les actes de l'Ordre de Malte nous connaissons bien l'emplacement de la maison du Temple de Gand. Plusieurs plans de la ville des XVIIe et XVIIIe siècles situent bien l'ensemble des bâtiments. Malheureusement là encore nous n'avons aucun nom de commandeurs.
Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.

Notes — Gand
1. — Laurent DAILLIEZ, Les Templiers en Provence, passim.
2. — Si la fondation de la commanderie de Gand n'est pas signalée dans les actes du cartulaire nous avons la mention de 1180, n. 37 de l'inventaire en fin de volume extrait des Antiquitates Flandriae.
3. — Cartulaire de Flandre, folio 15, n. 23.
4. — Ibidem, folio 19 v, n. 33.
5. — Ibidem, folio 16-16 v, n.25.
6. — Ibidem, folio 33, n. 57.
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Commanderie de Gistel
Pays: Belgique, Région: Flamande, Communauté: Flamande, Province: Flandre-Occidentale, Arrondissement: Ostende

Commanderie titulaire ainsi que nous le signale l'acte du chapitre provincial de 1257 et les records de l'Ordre de Malte Gistel ne nous livre pas grand-chose de sa période templière et les résultats des recherches ne se sont pas avérés très fructueux. Malgré le dépouillement des archives des monastères de la région nous ne pouvons rien dire. Les chartreux qui habitaient non loin de la commanderie ne nous signalent l'existence qu'après la dissolution de l'Ordre du Temple. Toutefois nous savons que dans la période templière il y avait une chapelle. Le seul document que nous possédions nous parle justement de cette chapelle et il reste intéressant au sujet d'une question que l'on débat actuellement dans certains milieux.

Guillaume, prêtre à Moerkerke Pays: Belgique
Région: Flamande, Communauté: Flamande, Province: Flandre-Occidentale, Arrondissement: Bruges, Commune: Damme
, déclare aux religieux et discrets hommes, le maître et les frères de la Milice du Temple en Flandre, qu'ils avaient admis son fils Nicolas, lui aussi prêtre, pour régir leur chapelle de Gistel et tout ce qui appartenait aux frères. 11 recommande aux frères de lui donner les conseils nécessaires pour bien gérer ces biens et d'être aussi son protecteur. Le père se porte garant de son fils dans le cas où il ne se comporterait pas comme il le devrait, ainsi que des abus qu'il pourrait commettre (1)
Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.
1. — Cartulaire de Flandre, folio 79 v, n. 131.
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Commanderie de Bruges — Scheepsdalelaan
Pays: Belgique, Région: Flamande, Communauté: Flamande, Province: Flandre-Occidentale, Arrondissement: Bruges

A Bruges, les Templiers avaient une commanderie située à Scheepsdale. Toutefois les biens de l'Ordre dans les abords immédiats de Bruges sont assez nombreux et dans le dictionnaire de Toponymie nous avons une liste assez intéressante (1).

Le domaine s'étendait aussi sur Sint-Pieter-op-den-Dijk, à 3 kilomètres de Bruges. Mais si pour cette dernière possession les documents datent de l'après Temple il n'en est pas de même de la commanderie de la ville.

Malgré un fond d'archives important, non pas dans le sens des papiers de la commanderie mais des relations avec des sociétés de l'époque, nous possédons quelques renseignements sur la vie de la communauté.

Ce n'est qu'au mois de juin 1202 que Bruges apparaît dans les actes. Le prévôt de Bruges, chancelier de Flandre notifie à tous présents et futurs qu'en sa présence se constitua Guillaume de Capella, prêtre et qu'il déclara que l'étable, la cuisine et la chambre de sa maison furent construites par les frères du Temple de Slijpe, mais que le reste avait été construit à ses frais. Cette partie qui lui appartenait en propre, il la donne en aumône à l'Hôpital des pauvres de Bruges que l'on appelle Saint-Jean. Mais les dits templiers, pour ne pas que leurs biens soient séparés, technique chère aussi bien aux Templiers, qu'aux cisterciens qu'aux Prémontrés achetèrent cette partie aux pauvres de Bruges pour la somme de cent sous de Flandre. A la suite de cet achat les frères du Temple garantirent au prêtre la jouissance viagère de la dite maison et précisèrent qu'ils la feront réparer à leurs frais lorsque cela s'avérerait nécessaire (2).

Comme quoi il ne faut pas trop généraliser. Les Templiers agirent bien avec le prêtre. Cependant ils acquirent quelques biens et privilèges entre autre celui du droit de l'eau et celui du droit de péage sur le transport du bois qui passait par l'eau depuis la maison du Temple jusqu'à Zeebruge ou Zeebrugge. Cette affaire d'eau et de transport de bois n'a jamais fait l'objet de contestations mais quelques documents en parlent et de ce fait nous pouvons presque exactement signaler l'emplacement de la maison du Temple de Bruges. A la fin du XIIIe siècle plusieurs documents précisent cet emplacement, principalement en 1275 et 1285 où nous avons les mentions: outre le pont vers le court de le maison du temple, nort del fossei et de l'eauwe ki la keurt — Pro lignis ad ducendam aquam de domo tem- pli usque ad scepsbrueghe — En 1295 nous avons cette spécification dans le cartulaire d'Eechout: prochie van sinte pieters upten dijc encle in steden den tempelhove ende daer clais van sceepstale woent, sint pieter op den dijk est la banlieue de bruges (3).

Revenant aux possessions foncières des Templiers à Bruges, c'est en 1210 que Guillaume, prévôt de Bruges et chevalier de Flandre, fait savoir que Rembaud Fligra et Ghiselin son fils, avec le consentement de leurs femmes: Ogive et Alix ont constitué toute la terre qu'ils tenaient de lui aux frères de la Milice du Temple pour la somme de 40 livres qu'ils leur devaient. Les dits Rembaud et Ghisselin ainsi que leurs héritiers renoncent à cette terre et les Templiers rendent quittes les deux terres (4).

Au cours du XIIIe siècle ce sont deux frères, L. et Raoul, châtelain de Bruges, qui font savoir que pour l'espoir d'une rétribution future, ils cèdent à perpétuité aux chevaliers du Temple tous les reliefs de leurs terres et cela ils le notifient non seulement pour eux mais aussi pour leurs successeurs (5).
Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.

Notes — Bruges
1. — KAREL DE FLOU, Woordenbock der Toponumie — 1934, col. 741-742. On trouvera un évantail important de références.
2. — Cartulaire de Flandre, folio 74-74 v. n. 124.
3. — note 1 et Cartulaire d'Eechout, folio 72. Je remercie Monsieur Ghyssaert, Bibliothécaire à la ville de Bruges d'avoir bien voulu me traduire ce document.
4. — Cartulaire de Flandre, folio 17, n. 27.
5. — Cartulaire de Flandre, folio 16 v, n. 26.
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Commanderie de Steene
Pays: Belgique, Région: Flamande, Communauté: Flamande, Province: Flandre-Occidentale, Arrondissement: Ostende, Commune: Middelkerke

Cette maison dépendante de Slijpe est connue dès les origines de la commanderie puisqu'en 1142 les possessions de Slijpe s'étendaient sur ce territoire (1). La même mention peut être faite en 1171 lorsque Philippe, comte de Flandre et de Vermandois, concède les dîmes novales sur les dépendances de Slijpe et Leffinge (2).

C'est tout ce que nous savons que cette possession du Temple quant aux biens temporels. L'enquête de Grégoire XI souligne cette possession comme ayant eu un domaine et une chapelle pour les offices des « gens du Temple. »
Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.

Notes — Nieuport
1. — Cartulaire de Flandre, folio 35-36.
2. — Ibidem, folio 7v.-8.
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Commanderie de Nieuport, Nieuwpoort
Pays: Belgique, Région: Flamande, Communauté: Flamande, Province: Flandre-Occidentale, Arrondissement: Furnes

En Flandre, il est rare de voir des mourants donner leurs biens aux Templiers. Cela arriva à Nieuport puisqu'au mois de février 1239, les échevins de la ville de Dixmude notifiaient que dame Ogive, veuve de Gilles Quathar, à l'extrémité de sa vie légua en leur présence à Villard Molensten pour le salut de son âme et en récompense des services qu'il lui octroya, le quart d'un fond, une maison et une grange qui sont situés près du Nouveau Port où habite Bove de Score. Cet acte fut passé en présence de Guillaume et Henri, prêtres de Dixmude (1). On va peut-être se demander ce que vient faite cet acte là au milieu puisqu'il n'y a aucune mention des Templiers. C'est très simple, le dit Willard Molensten était commandeur d'Ypres depuis 1237.

Lors d'une enquête faite après la dissolution du Temple en 1313, la mention du Temple à Nieuport est faite et on la retrouve aussi dans les archives (2).
Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.

Notes — Nieuport
1. — Cartulaire de Flandre, folio 80, n. 133.
2. — cf. KAREL DE FLOU, col. 748. Je ferais constater encore une fois que les élucubrations de Monsieur Saint-Hilaire ne font pas force de loi, car même dans les Archives de l'Ordre de Malte qui ne sont que la succession de celles des Templiers, tout comme dans celles des comtes de Flandre et encore dans celles des communautés religieuses environnantes et des communautés civiles entourant la région, il n'est jamais fait mention de la tour de Nieuwpoort comme possession des Templiers. Aux lecteurs de juger sur cette littérature plus faite pour en mettre plein la vue et dans la poche, que la réalité.
La province templière de Flandre comprenait d'autres commanderies situées sur l'actuel territoire français, ce qui n'est effectué que par une séparation moderne des anciennes provinces, des anciens comtés, mais que l'on doit respecter à cause de l'ethnie, de la mentalité et de la culture. Aussi nous ne pouvons dissocier ces commanderies tout comme cela sera fait pour le Hainaut, laissant ainsi de côté le découpage politique de l'Europe des XIXe et XXe siècles et pour rester dans l'esprit du Temple qui tout en n'ayant pas de frontières avait divisé ses provinces et ses juridictions d'après les frontières politiques et ecclésiastiques de l'époque (1).

Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.
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Commanderie de La Haie-Lille
Département: Nord, Arrondissement et Canton: Lille — 59

Commanderie de Lille
Localisation: Commanderie de Lille

Cette commanderie flamande est située dans la partie française de la province et comme la plupart des fondations du Temple qui vont suivre, elle fait partie du deuxième grand essor de l'Ordre du Temple que donnèrent les papes Innocent III et Honorius III.

La Haie et Lille sont deux maisons du Temple régit par un seul supérieur. Un seul commandeur, à la fois commandeur régional des biens du Temple dans toute la région gérait les affaires de l'Ordre dans la châtellenie. C'est pour cela que nous consignons les deux maisons sous la même rubrique (1).

La commanderie de La Haie paraît avoir été fondée aux environs de 1200 et le premier acte connue date de 1205 et émane d'Etienne, abbé de Loos, notifiant que sa communauté a échangé avec les frères de la milice du Temple de la Haye, une terre contenant une mesure de dix-sept centeniers, contre un pré situé dans le fossé dudit monastère et cela libre de toutes rentes et exactions. Cet acte fut passé en présence de deux frères de La Haie: Jean et Rainaud et entre les mains du commandeur frère Jean, désigné dans l'acte avec le titre de maître de La Haie (2).

Les donations furent très importantes et le Temple de La Haie fut l'une des commanderies dont le domaine utile était le plus immense. Malgré ces superficies il faut spécifier que les propriétés étaient très éparpillées malgré les nombreuses tentatives de remembrements. Nous trouvons ainsi une succession de granges, de maisons dépendantes, de chapellenies etc., dont le commandeur était chef juridictionnel.

C'est ainsi qu'au mois de février 1217, Pierre de Buech fait savoir qu'Yderus de Holebecca, tenait une dîme sur le territoire de Wasquehal et provenait de Thierri de Wasquehal et de Didèle son épouse. Cette dîme était située sur la paroisse de Roncq qui devint ainsi seigneurie de l'Ordre. Les témoins de cette donation furent nombreux parmi lesquels on note les frères du Temple, Robert, frère du châtelain de Lille et le frère Artérius (3).

Ce même mois de février 1217, le châtelain de Lille, Rogier, confirme les donations faites par son frère Robert lors de son entrée dans l'Ordre du Temple. Ces donations concernant principalement les dîmes situées dans les paroisses:
De RoncqCommanderie de Roncq
Commanderie de Roncq
, Département: Nord, Arrondissement: Lille, Canton: Tourcoing-Nord — 59

De WasquehalCommanderie de Wasquehal
Commanderie de Wasquehal
, Département: Nord, Arrondissement: Lille, Canton: Roubaix-Ouest — 59

D'HaubourdinCommanderie d'Haubourdin
Commanderie d'Haubourdin
, Département: Nord, Arrondissement: Lille, Canton: Haubourdin — 59

De PrémesquesCommanderie de Prémesques
Commanderie de Prémesques
, Département: Nord, Arrondissement: Lille, Canton: Armentières — 59

D'Ennetières-en-WeppesCommanderie d'Ennetières-en-Weppes
Commanderie d'Ennetières-en-Weppes
, Département: Nord, Arrondissement: Lille, Canton: Lomme, Commune: Englos — 59

De RadinghemCommanderie de Radinghem
Commanderie de Radinghem
, Département: Pas-de-Calais, Arrondissement: Montreuil, Canton: Fruges — 62

Le MaisnilCommanderie Le Maisnil
Commanderie Le Maisnil
, Département: Nord, Arrondissement: Lille, Canton: Lomme — 59
Ci-dessus, toutes situées dans le diocèse de Tournai.

De Sainghin-en-WeppesCommanderie de Sainghin-en-Weppes
Commanderie de Sainghin-en-Weppes
, Département: Nord, Arrondissement: Lille, Canton: La Bassée — 59

De FleurbaixCommanderie de Fleurbaix
Commanderie de Fleurbaix
, Département: Pas-de-Calais, Arrondissement, Béthune, Canton: Laventie — 62

D'Erquinghem-LysCommanderie d'Erquinghem-Lys
Commanderie d'Erquinghem-Lys
, Département: Nord, Arrondissement: Lille, Canton: Armentières — 59

D'ArmentièresCommanderie de Armentières
Commanderie de Armentières
, Département: Nord, Arrondissement: Lille, Canton: Armentières — 59
Ci-dessus, toutes situées dans le diocèse d'Arras.

Comme témoins nous rencontrons l'abbé de Loos J. et l'abbé de Phalenpin aussi dénommé J. (11).

La commanderie de Lille-La Haie comme on le constate, fait partie de cette deuxième vague de donations que je date de la fin du XIIe siècle jusqu'en 1240 environ. Comme je le signale par ailleurs (12), la majeure partie des commanderies furent fondées dans cette période à partir de la perte de Jérusalem en 1191. Lorsque le pape Innocent III fut élu il donna un nouvel élan pour la Croisade tandis que l'Ordre du Temple mettait en valeur son Institution enlevant toute autorité au Grand Maître laissant les directives au Chapitre Général et de lui aux chapitres provinciaux. Le Grand Maître comme les maîtres provinciaux devenaient les représentants de l'Assemblée capitulaire ce que confirma la grande réforme de l'Ordre de 1205 qu'avait préparé le chapitre général de 1190 suite au désastre de Gérard de Ridefort et sous l'influence de Robert de Sablé. L'Ordre du Temple malgré son système synarchique n'en avait pas moins un gouvernement parlementaire. Synarchique = Relatif au gouvernement d'un état exercé par plusieurs personnes.

Pour la Flandre, la commanderie de Lille est l'exemple de ces fondations comme dans la province de Liège le cas est donné par Villers-le-Temple.

Le 6 mai 1220 l'archidiacre et le chanoine hospitalier de Tournai notifient qu'Elisende de Radinghen et Robert son fils ont donné à la maison du Temple de la Haie le droit qu'ils avaient ou pourraient avoir sur la dîme du Val-Pierre, ainsi que deux bonniers de terre qu'ils avaient audit lieu. Ils se résignent de ces biens et les concèdent à perpétuité en présence de plusieurs chanoines de Tournai (13).

La Haie était la maison extérieure, mais les Templiers avaient une maison en ville qui faisait l'objet de grandes largesses émanant du châtelain. Le seigneur servait aussi de témoin aux diverses donations surtout que son frère Robert était templier. C'est ainsi que le 14 mars 1224, le châtelain de Lille, Roger fait savoir que Gilles de Skelmes, son homme, et en sa présence et du consentement et de la volonté de sa mère Ode, donne en aumône à la maison de Dieu et de la Bienheureuse Marie et de la Milice du Temple de Jérusalem tout le droit qu'il avait sur la maison de Gérard de Créancier, près de Lille, à l'extérieur de la porte de Wepes et qu'il tenait en fief de lui. Cette donation fut approuvée par deux hommes du seigneur-châtelain: Pierre de Verto et Roger de Plicio (14).

Quelques années plus tard, le 2 janvier 1226 le même Roger faisait une donation personnelle lorsqu'il fit savoir que pour le salut de son âme et de celle de ses prédécesseurs, il donnait les biens qu'il énumère à Dieu, à la Bienheureuse Marie et aux frères de la Milice du Temple à Jérusalem. Les frères reçoivent la maison de Mauni, un bois, un pré et cinq bonniers de terre arable (15).

La commanderie de Lille-La Haie s'enrichit des dîmes sur l'église de Marquette ainsi que nous l'apprend un acte du mois de janvier 1243 émanant de la comtesse Jeanne notifiant qu'elle devait payer chaque année sur l'église de Marquette une dîme pour frère Laurent, moine de Loos, qui avait été son chevalier. Pour cela elle acquitte aux frères du Temple la rente annuelle d'un muid de froment moins un demi havot (8750 litres) qui lui était dû sur une terre que la dite église de Marquette avait achetée de Bouchard Blarie et qu'elle avait échangée avec les frères de la Milice du Temple.

Les successeurs de la comtesse Jeanne et du comte de Ferrand et du comte Thomas, continuèrent leurs libéralités tant par des donations que par des confirmations. Après avoir prodigué sa garantie au maître de Flandre, en 1 250, la comtesse Marguerite, confirma au mois de janvier 1252, de faire observer la convention conclue entre le vice-maître, les frères et les sœurs de l'Hôpital situé près de Notre Dame de la Salle et les frères du Temple. Cette convention passée devant la comtesse précisait que le maître et la maison du Temple en Flandre sont exemptés perpétuellement et cela moyennant une somme de douze livres de Flandre, d'acquitter les droits d'usage que possédait ledit Hôpital sur les moulins à vent situés devant la maison du Temple de La Haie. Il s'avère que ces droits avaient été donnés à l'Hôpital par sa sœur la comtesse (16).

Le même jour, le vice-maître, les frères et les sœurs de l'Hôpital notifiaient aux maître et frères du Temple en Flandre qu'ils s'engageaient à respecter cette convention (17). Il paraît curieux qu'à la suite de ces deux actes nous n'ayons aucun témoin cité et qui ait assisté aux diverses transactions.

Le dernier acte connu concernant cette commanderie est daté du mois d'octobre 1243. Mathieu doyen de la chrétienté de Lille fait savoir que par devant lui s'est constitué Jean dit Tourête et qu'il a reconnu tenir cinq bonniers de terre qui appartenaient à Jean Danekin et qui étaient situés dans la paroisse de Faces. Ces bonniers appartenaient aux frères du Temple. Le dit Jean reconnaît devoir aux frères sept bas de blé de rente annuelle à la mesure de Lille sur les cinq bonniers, sur une autre terre de trois quartiers au même lieu quatre bas et demi et sur sept quartiers de terre six bas et un demi bonnier. Il paiera cette rente annuellement pour la fête de la Toussaint. C'est tout ce que nous savons. A la suppression de l'Ordre tous les biens passèrent à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (18).
Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.

Notes — La Haie-Lille
1. — Je tiens à signaler qu'il existe un ordre du Saint-Sauveur ou Templier du Saint-Sauveur de Montréal qui se prétend descendre des premiers rois de Navarre soit vers 800 et quelques années et qui vient chercher quelques successions à Rissel ou Rixel, faubourg (sic) de Lille. Cet ordre est tout ce qu'il y a de plus bidon puisque fondé de toute pièce en 1962. Il faudrait que le prétendu Nème Grand-Maître mais en réalité fondateur, sache que Rissel est le nom flamand de Lille et non du faubourg.
2. — Cartulaire, folio 19v.-20, n. 34.
3. — Ibidem, folio 20-20v., n. 35.
11. — Cartulaire de Flandre, folio 23v.-24, n. 45.
12. — Laurent DAILLIEZ, Les Templiers, banquiers, financiers et commerçants.
13. — Cartulaire de Flandre, folio 54v.-55, n. 94.
14. — Ibidem, folio 17v-18, n. 29.
15. — Ibidem, folio 52v, n. 90.
16. — Ibidem, folio 52v-53, n. 91 et 56v.-57, n. 97.
17. — Ibidem, folio 58v-59, n. 99.
18. — Ibidem, 59v-60, n. 101.

Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.
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Commanderie de Pérenchies
Département: Nord, Arrondissement: Lille, Canton: Quesnoy-sur-Deûle, lieu-dit le Temple — 59

Commanderie de Pérenchies
Localisation: Commanderie de Pérenchies

Première commanderie lilloise, Pérenchies sera rapidement évincée par La Haie sous la juridiction de laquelle elle sera rapidement mise. Si de certaines commanderies nous avons des actes épars concernant uniquement les Liens et les propriétés, les procès et les arbitrages, de Pérenchies nous avons un seul acte et il s'agit de la fondation de la commanderie, ce qui est très rare. Cette fondation date de 1167.

Cette année-là, le prieur de Saint-Quentin en l'Isle, Dom Baudouin, notifie que du consentement et de l'avis de son chapitre, il cède la terre qui appartient à son monastère et qui se situe à Pérenchies aux frères de la Milice du Temple. Cette donation comprenait aussi tous les hommes attachés à cette terre. Les frères du Temple s'engage à payer le cens d'un demi marc d'argent aux religieux de la dite abbaye et cela chaque année pour la Noël. Les frères s'engagent aussi à élever et entretenir un prêtre. Cet acte est passé en présence de frère Baudouin de Lithdenghem, commandeur de Flandre, David, chapelain de la maison du Temple de Douai et Philippe, comte de Flandre et de Vermandois (1).
Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.

Notes — Pérenchies
1. — Paris, Bibliothèque Nationale, Cartulaire de Saint-Quentin, folio 63 v.
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Commanderie de Cassel
Département: Nord, Arrondissement: Dunkerque, Canton: Cassel — 59

Commanderie de Cassel
Localisation: Commanderie de Cassel

Si nous en croyons les élucubrations du pseudo-ésotériste Saint-Hilaire qui veut prouver sans preuves par l'intermédiaire de contradictions à chaque paragraphe de sa prose, prose dénuée de toute valeur historique, documentaire, spirituelle, logique et même ésotériste, la Commanderie de Cassel serait la réserve d'un Temple équinoxial dont seul l'auteur pourrait nous dire le pourquoi mais pour une fois avec des preuves irréfutables et non avec (les suppositions faisant état du plus petit sens critique et basées sur des données hypothétiques johannites.

Après le concile de Troyes, certains frères du Temple furent députés dans diverses régions de l'occident. La Provence, l'Aragon et le Portugal se voient gratifiés des premiers envoyés (1). Le Nord de la France et de la Flandre eut l'honneur de voir arriver chez eux les fondateurs eux-mêmes, Hugues de Payens et Geoffroy de Saint-Orner accompagnés d'un autre chevalier: Payens de Montdidier. Avant d'entreprendre sa chevauchée à travers l'Anjou, la Touraine, la Vendée puis l'Angleterre, le premier maître du Temple s'en alla avec son compagnon dans ses terres où le 13 septembre 1128, ils reçurent certains biens situés à Cassel entre autre certaines offrandes faites à l'église Saint-Pierre de Cassel (2). Pouvons-nous dire que ce jour-là la commanderie était créée, c'est difficile, mais il y avait de quoi mettre un pied dans la terre. Je ne voudrai pas m'avancer à mettre la date de fondation de Cassel cette année-là car nous n'avons rien qui puisse nous donner un quelconque renseignement et il n'est pas de mon devoir de mettre sur papier une chronique du Moyen Age et plus spécialement du début du XIIe siècle à la fin du XXe comme le fait Saint-Hilaire dans ses élucubrations.

Il faudra attendre le mois d'août 1191 pour comprendre que Cassel était une commanderie de juridiction majeure puisque ce mois, il y eut une réception en la personne de Robert Bretus (3). A cette occasion le nouveau templier qui s'était donné au Temple corps et biens octroie aux frères qui le reçoivent tout ce qu'il possédait sur l'église Saint-Pierre de Cassel (4).

La commanderie de Cassel est pratiquement une inconnue en dehors des mentions des chapitres généraux. Or on peut constater et il peut paraître curieux que ce sont les commanderies — pas toutes fort heureusement — qui sont le moins fournies en documents, mais que M. Saint-Hilaire ne s'emballe pas trop vite, cette manière de « disparitions » de documents est normale. Il s'avère que d'après le droit de l'Ordre les actes n'avaient pas d'effet en tant que tel, mais plutôt les confirmations. Comme les chapitres canoniaux ou épiscopaux et les seigneurs connaissaient cette clause, surtout depuis la bulle de confirmation « Omne Datum optimum » du pape Innocent III, il n'était pas utile, bien souvent, de mettre en valeur certaines donations qui ne portaient pas à contestation. Il y a ensuite la confirmation générale des biens de l'Ordre du Temple qui passèrent à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem après la dissolution de l'Ordre. Cette confirmation générale fut faite par le pape Grégoire XI après qu'une enquête qui dura plus de deux ans fut faite sur les dits biens Templiers. C'est ainsi que l'on peut comprendre que n'ayant plus besoin d'encombrement et ayant cette charte à l'appui, beaucoup de maisons de Saint-Jean supprimèrent les archives, surtout lorsqu'elles n'étaient plus classées comme commanderies dans leur nouvelle institution (5).

Il y avait en plus les Records de l'Ordre de Malte qui confirmaient aussi les biens anciens et tout au long de la lecture de ces visites régulières les nouveaux occupants des biens Templiers rappelèrent souvent: Jadis du Temple. C'est ainsi que nous savons par les documents conservés aux Archives Nationales de Paris et ce qui a été sauvé à Mons (7), que Cassel possédaient de nombreux biens dans toute la région.

Si certains actes font mention de la commanderie, ils n'ont trait qu'à des possessions extérieures, c'est-à-dire à d'autres commanderies, les maisons ou des fermes comme c'est le cas pour Stenwerke.

En 1127, le chapitre de Cassel et le maître du Temple en France vendent à Hugues de Viry, chanoines de Paris, deux maisons qui avaient appartenu à Etienne le Poitevin (8). Le même mois, cette vente fit l'objet d'une transaction qui fut passée entre les héritiers d'Etienne le Poitevin et les églises de Cassel, de Fécamp et l'Ordre du Temple. Cette transaction fut passée par devant l'évêque de Poitiers (9).
Le dernier acte connu consiste en une vente faite entre les Templiers et l'abbaye cistercienne de Clairmarais.
Au mois d'août 1253, l'abbé de Clairmarais et le chapitre conventuel notifient qu'ils possédaient quatre fiefs que l'abbaye avait achetés et qui étaient situées l'un sur la dîme de [Renteke] qui fut jadis à Baudouin d'Aire, un autre provenant des hommes d'Arques et un autre à Cassel qui appartint au connétable tandis que le quatrième consistait en une somme de trente sous qu'avait reçus ladite abbaye de la part de Baudouin de Mernes, chevalier et qui étaient situés dans le comté de Flandre. Les cisterciens donnèrent ces quatre fiefs aux « religieux hommes, le commandeur et les frères de la Milice du Temple en France » contre la somme de trente-cinq livres et demi parisis pour lesquelles l'église de Clairmarais donna quittance.
On ne connaît pas de commandeurs de cette maison du Temple.
Après la dissolution de l'Ordre, les biens de Cassel passèrent à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et de Rhodes.
Steenwerck — Département: Nord, Arrondissement: Dunkerque, Canton: Bailleul-Nord-Est — 59
Fécamp — Département: Seine-Maritime, Arrondissement: Le Havre, Canton: Fécamp — 76
Clairmarais — Département: Pas-de-Calais, Arrondissement: Saint-Omer, Canton: Saint-Omer-Nord — 62
Renteke (Renty) — Département: Pas-de-Calais, Arrondissement: Saint-Omer, Canton: Fauquembergues — 62
Cassel — Département: Nord, Arrondissement: Dunkerque, Canton: Cassel — 59

Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.

Notes — Cassel
1. — cf, Laurent DAILLIEZ, Les Templiers en Provence, chapitre I.
2. — Paris, Archives Nationales, K 22, liasse 5, n. 3.
3. — voir plus loin les réceptions dans l'Ordre du Temple.
4 — Cartulaire de Flandre, folio 15v-16, n. 21.
5. — 6 et 7, Aux Archives Vaticanes dans les registres des papes et à Paris les séries L. M. MM. et S. Je ferais remarquer au passage que les Archives Vaticanes dites secrètes ne sont pas plus secrètes que les autres. Il ne faut surtout pas croire qu'il y ait des secrets aussi bien gardés. Il y a, c'est un fait certain des archives que l'on communique qu'avec précaution, comme dans tout dépôt d'archives qui se respecte, à cause de la rareté du document, sans plus. Ceux qui se gargarisent dans leurs références d'Archives secrètes ne savent pas qu'ils ne peuvent pas influencer. Certains auteurs vous exposent dans leurs livres une lettre les autorisant à consulter les Archives, mais qu'ils se rassurent, tout chercheur qui se respecte écrit d'abord aux divers conservateurs et suivant les réponses se décide à aller ou pas consulter les documents. Donc amis lecteurs ne vous laissez aucunement influencer par les références concernant les Archives secrètes du Vatican. Il s'agit aussi d'une série qui a trait aux anciennes archives secrètes des papes, mais ces papes sont en poussières pour la plupart. Aux Archives Vaticanes les seules archives que l'on ne peut pas voir sans autorisation spéciale sont les documents ayant à peine 50 ans d'ancienneté.
8. — Paris, Archives Nationales L 248, n. 5 1.
9. — Paris, Ibidem, n. 52.

Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.
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Commanderie de Caëstre
Département: Nord, Arrondissement: Dunkerque, Canton: Hazebrouck-Nord — 59

Commanderie de Caëstre
Localisation: Commanderie de Caëstre

Commanderie dont on ignore beaucoup de choses, Caëstre ne doit son titre que dans un acte concernant le chapitre général de 1293. La documentation est d'une extrême pauvreté. Un seul acte est signalé et encore le nom de Temple tout comme celui de frère ou de Templier n'apparaissent pas. Il s'agit simplement d'une confirmation de libertés et franchises aux habitants de Caëstre (1).
Aucun renseignement ne vient agrandir les données de l'existence de cette commanderie régulière sinon la mention des biens qui passèrent à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
1. — Cartulaire de Flandres, folio 33-33v, n. 58.
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Commanderie de Steenwerck — domaine
Département: Nord, Arrondissement: Dunkerque, Canton: Bailleul-Nord-Est — 59

Commanderie de Steenwerck
Localisation: Commanderie de Steenwerck

Cette petite possession du Temple dépendante de La Haie fait aussi partie des donations du XIIIe siècle, du moment où les nouvelles croisades sont lancées après la perte de Jérusalem. Elle fait partie aussi de l'élan donné par le pape Innocent III pour les pèlerinages en Terre Sainte. Les Templiers firent de Steenweerk un simple domaine sans que nous ayons la mention de quelques bâtiments. On ne sait pas exactement la date de prise de possession des biens mais il faut penser que ce soit dès les premières années du siècle, car nous la connaissons pour la première fois lors d'une contestation. Au mois d'octobre 1227, Raoul, abbé et Léon, prieur, de l'abbaye de Saint-Jean des Vignes de Soissons, font savoir qu'ils furent envoyés par l'autorité apostolique à la demande des frères de la Milice du Temple de Jérusalem pour trancher un litige. En effet, Gérard Tornai avait déclaré qu'il tenait une dîme à Steenwerck, alors que les frères disaient qu'elle leur appartenait et qu'elle leur avait été donnée par Robert Breton, fils d'Arnulphe Breton avant son départ en pèlerinage en Terre Sainte, ainsi que cela est collationné dans un acte authentique, sous la signature de Raoul, comte de Soissons, ce que les frères montrèrent. Le dit Gérard Tornai reconnut que la dîme de Steenwerck, grande et menue, appartenait de droit aux frères de la Milice du Temple et il les rendait quittes en renonçant à ce droit ainsi qu'à tout ce qu'il réclamait. A cet acte assistèrent, Agnès, épouse de Gérard Tornai, Michel, Pierre, Guillaume, Mathilde, Christine et Agnès ses enfants et héritiers qui, en présence des juges et de Th, prieur de Fives et de A., doyen de Lille, approuvent la reconnaissance de leur père (1).

Le 20 juillet 1261, c'est le chapitre de Cassel qui règle une affaire litigieuse pour une dîme provenant du même donateur. Ce jour-là, Guillaume, prévôt, Henri, doyen et tout le chapitre de Saint-Pierre de Cassel notifient par ces présentes lettres qu'ils concèdent aux frères de la Milice du Temple, la dîme de Steenwerck grande et petite située à [Lohiersland] ressortissant de leur église et qui leur avait été donnée par Robert Breton, fils d'Arnulphe Breton en toute quittance, liberté et paix, moyennant un cens annuel, payable à la Saint-Martin d'hiver (2), consistant à trente-deux hots d'avoine, le hot d'avoine valant quatre quartiers et demi de Cassel et l'avoine devait valoir deux deniers moins que celle qui est la meilleure vendue dans ce lieu. Les chanoines de Saint-Pierre ne pourront pas exiger plus. Le chapitre apposa son sceau à cet acte pour confirmer la clause (3).
Au mois d'août suivant, l'évêque de Morinie notifia ces lettres, les confirma et les ratifia en apposant son sceau (4).
Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.

Notes — Steenwerck
1. — Cartulaire de Flandre, fol 11 v,-12, n. 16.
2. — Comme pour la fête de saint Nicolas il y avait la saint Martin d'été que l'on fêtait le 4 juillet, tandis que la Saint-Martin d'hiver se célébrait le 11 novembre.
3. — Ibidem, folio 34-34v., n. 61. Ce document est transcrit une seconde fois, folio 30 v., n. 53.
4. — Ibidem, folio 29-29v, n. 51.
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Saint-Venant — (dîmes de)
Département: Pas-de-Calais, Arrondissement: Béthune, Canton: Lillers — 62

Saint-Venant
Localisation: Saint-Venant

Il ne s'agit aucunement d'une maison, d'une commanderie ou d'une construction quelconque. Nous n'avons que la mention d'une dîme en date de l'année 1204. Cette année-là, la dame de Guarin et de Saint-Venant, Sibille, restitue aux Templiers de la châtellenie de Saint-Venant, vingt-cinq livres qu'elle avait perçues indûment sur les fiefs de cette châtellenie, alors que ces fiefs appartenaient aux frères du Temple selon la donation du comte Thierry. A la suite de cet oubli, la dame châtelaine fait savoir qu'elle reconnaît pour elle-même et ses successeurs n'avoir aucun droit sur ces reliefs et que tout serait remis que le même pied que du temps du comte Philippe (1).

Ce texte permet d'élucider quelques donations de reliefs que les comtes de Flandre effectuèrent vis à vis des Templiers. Le comte Thierry donna en effet plusieurs reliefs sur ces terres, le 7 avril 1157 (2), puis le 21 décembre 1166 (3). Le comte Philippe, successeur de Thierry renouvela ces donations à chaque fois que cela s'avérait utile et nécessaire pour les Templiers, mais ce n'est qu'au mois de janvier 1196 que nous apprenons comment se faisait et s'effectuait cette levée de dîmes.
La comtesse Mathilde donne tous les détails et les moyens de perception de ces levées (4).
Sources: Laurent Dailliez — Les Templiers en Flandre, Hainaut, Brabant, Liège et Luxembourg — Nice: Alpes-Méditerrannée Éditions — Impres-sud, 1978.

Notes — Saint-Venant
1. — Cartulaire de Flandre, folio 31, n. 54.
2. — Ibidem, folio 26-27, n. 49.
3. — Ibidem, folio 8-8v., n. 9.
4. — Cf., le chapitre concernant les Templiers et les comtes.


Commanderies d'Artois

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